Actu musique

6 décembre 2017

Steven Spielberg et la musique

Steven Spielberg et John Williams | Photo de Wendy Maeda/The Boston Globe via Getty Images Steven Spielberg: une success story hollywodienne qui doit beaucoup aux musiques de ses films.

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Club Jazzafip du mercredi 06 décembre 2017

Toots Thielemans Slider De 19h à 20h, ça jazz à fip ! Jane Villenet (du lundi au jeudi) et Charlotte Bibring (du vendredi au dimanche) reçoivent chaque soir un programmateur pour une émission où s’entremêlent tous les jazz, des grands standards aux artistes émergents.

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Le prix Ricard SA Live présente ses 100 candidats pour 2018

Le dispositif qui a fait découvrir Twin Twin, Colours In The Street, Fuzeta et l'année dernière Lysistrata, rempile cette année avec quelques nouveautés. Parmi les plus de 1500 artistes inscrits, le gratin des jurés, composé de dix personnalités de la musique, en a sélectionné 100. Ils proposent désormais au public de voter pour leurs 10 artistes préférés et leurs choix seront comptabilisés comme la voix d'un des membre à part entière du jury. Les 100 candidats sont à retrouver sur le site de Ricard Sa Live ou dans cette playlist Soundclound.

En réalisant leur Top 10, les internautes participeront également au vote de l'étape finale du lauréat. La date limite des votes va jusqu’au 17 décembre. Les 10 finalistes seront annoncés le 21 décembre. Pour créer un compte, c'est ici.

Une belle récompense 

De quoi faire rêver les jeunes artistes, le lauréat du tremplin se voit offrir un accompagnement à 360° autour de son projet musical, avec l'équivalent d'un investissement de plus de 60 000€. Plus de détails dans la vidéo ci-dessous :

Autre nouveautée, les 10 finalistes pourront se produire dans une salle parisienne à l’occasion d’un festival ouvert au public et gratuit qui se tiendra les 30, 31 janvier et 1er février 2018 au Café de la Danse.

Les Inrocks - musique

Antoine : “Johnny, c’est le premier en France qui a amené le rock”

La mort de Johnny, c’est d’abord une grande tristesse pour ses proches, et puis un grand vide dans le paysage français. On le voit bien avec les réactions des médias, des gens interviewés dans la rue. Moi-même, j’ai reçu des dizaines d’appels.

Johnny, c’est le premier en France, celui qui a amené le rock et qui m’a donné le goût de cette musique. Je me souviens de sa photo pour L’Idole des jeunes, il pointait le doigt vers nous comme pour nous dire : “Hey, les jeunes, à vous de vous bouger.” Plus tard, j’ai découvert d’autres chanteurs, je suis passé à Dylan, aux Stones, mais Johnny a été le premier.

Dans Les Elucubrations, (premier succès d'Antoine - ndlr) quand je disais qu’il fallait le mettre en cage à Médrano, c’était plutôt un compliment qu’une critique.
Son entourage l’a incité à mal le prendre et à répondre avec la chanson Cheveux longs, idées courtes, mais notre relation était plus subtile que ça.

On ne se voyait pas souvent mais j’ai eu des rapports amicaux avec lui. Je l’ai accompagné à la guitare lors d’un concert au début des années soixante-dix. Un jour, il portait une chemise à fleurs et il m’a dit, “Tu vois, j’aime bien ta chanson, la preuve, regarde ma chemise”.

Réunis par les opticiens

Des années après, il m’a demandé conseil pour acheter un bateau, je lui ai conseillé divers voiliers mais il a fini par acheter un gros yacht à moteur. Peut-être que s’il avait fait les mêmes choix que moi, partir vivre sur un bateau et dans les mers du sud, il aurait eu une vie plus saine, plus tranquille, moins stressante. Mais en même temps, sa longévité est marquante. J’admire les gens comme lui, Cabrel, Souchon, qui ont tenu dans ce métier pendant des années. Moi, j’ai fait un autre choix mais je ne l’ai jamais regretté.

Ce qui est marrant, c’est que Johnny et moi avons aussi été réunis par les opticiens, lui Optic 2000, moi Atoll. Il est parti, mais les lumières qu’il a allumées ne s’éteindront jamais.

Recueilli par Serge Kaganski

Les Inrocks - musique

Quand Johnny Hallyday chantait "Que je t'aime" en japonais

Histoire de conquérir l'international, Johnny s'est essayé plusieurs fois aux langues étrangères. Outre le J'ai oublié de vivre en espagnol, il a enregistré en 1973 une version japonaise de Que je t'aime, avec, en face B Le Pénitentier.

Les Inrocks - musique

En 2009, la chanson qui imagine la mort de Johnny Hallyday est interdite: les Fatals Picards racontent

En 2009, les Fatals Picards veulent inclure une chanson au thème original dans leur nouvel album Le Sens de la gravité. Intitulée Le jour de la mort de Johnny, elle prévoyait ce que nous vivons aujourd'hui le 6 décembre 2017: "Le jour où tu oublieras de vivre, j'oublierais d'être libre (…) On se sentira tous un petit belge, on se sentira tous un petit peu triste, on se sentira tous un petit peu suisse oh oui, le jour de la mort de Johnny".

Oui mais voilà le groupe a la même maison de disques que le rockeur: Warner, qui demande son avis à Johnny Hallyday… Celui-ci aurait demandé alors à ce que le morceau ne soit pas inclus dans l'album. Mais un clip a déjà été diffusé, et le bad buzz arrive. Les Fatals Picards dépublient alors leur vidéo, et diffusent un communiqué " pour couper court à certaines rumeurs, la chanson ne "souhaite" pas la mort de "l'idole des jeunes", et ne cherche en aucun cas à nuire à la personne de Johnny Hallyday. Au contraire, il s'agit d'un hommage à "l'icône" ou au "mythe" Johnny Hallyday, mais en restant sur le mode humoristique qui fait la marque de fabrique des Fatals Picards. Il était tentant de nous interroger avec humour sur la nature des manifestations qui auront lieu ce jour-là - jour que nous espérons sincèrement le plus lointain possible – et d’imaginer les éventuels débordements qui ne manqueront pas d’entourer un tel événement (…) Nous avons peut-être agi un peu vite et dans le feu de l'action nous n'avons pas réalisé l'ampleur que cela pouvait prendre. (…)Nous nous excusons donc auprès de Johnny Hallyday et de son entourage".

Laurent Honel, le guitariste des Fatals Picards et auteur de "Le jour de la mort de Johnny", revient pour nous sur l'histoire de cette chanson interdite:

Comment avez-vous eu l'idée de cette chanson ?

Laurent Honel: L'idée n'est pas venue de la mort de Johnny en fait, mais des rumeurs de son exil fiscal, dont on parlait beaucoup il y a dix ans. Je me disais: 'c'est un Belge devenu une icône française en parlant du rêve américain qui veut partir en Suisse', il y a quelque chose à dire sur ces quatre nationalités… Mais ce n'était pas du tout pour se moquer, j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour lui.

Il représentait quoi pour vous à ce moment-là ? 

J'ai grandi avec Johnny, dans les années 70…. Il était à ce moment là dans une période un peu transitoire, mais il était toujours très rock'n'roll. Mes parents n'avaient pas de disque de lui, mais j'écoutais ses titres. C'est grâce à lui que j'ai découvert Tennessee Wiliams par exemple. Et puis j'ai toujours été très impressionné par ses collaborations. Il avait toujours les meilleurs guitaristes, les meilleurs instrumentistes… Et qui écrivait pour lui ? Michel Berger, Françoise Sagan, Philippe Labro, Miossec. J'étais fasciné par la fascination qu'il exerçait auprès de l'intellegentsia intellectuelle, tout en restant très populaire. C'était le seul à réussir ça.

Vous imaginiez que le titre prendrait une telle ampleur médiatique ?

Franchement oui, un peu. En s''attaquant" à Johnny, on se doutait que ça allait buzzer. Après bien évidemment, nous n'avons jamais espéré sa mort, on le disait à l'époque, "le jour de cette mort, nous le souhaitons le plus lointain possible". Certaines personnes croyaient que nous n'aimions pas Johnny, mais franchement, on n'écrit pas sur les personnes qu'on déteste. On a fait des titres sur Bernard Lavilliers, Yannick Noah et Johnny, c'était à chaque fois parce qu'on ressentait de la tendresse pour ces personnalités-là.

Vous avez été déçus que Warner demande l'avis de Johnny sur votre titre ?

Ca ne nous a pas surpris. Nous étions un petit groupe dans une grosse industrie. Et Warner venait juste de récupérer Johnny… Nous avions écrit une lettre à Johnny pour lui expliquer le texte, mais nous n'avons jamais eu de réponse. Tout s'est fait par des intermédiaires, et ils étaient très nombreux autour de lui. Dans ce sens là, c'était vraiment l'Elvis français, il avait un entourage conséquent autour de lui.

Quelles raisons vous a-t-on données pour vous demander de retirer ce titre de l'album ?

Que le sujet était trop délicat. Que Johnny n'était pas à l'aise avec ce sujet de la mort… Après comme je vous le disais, on nous l'a fait comprendre par des intermédiaires. Nous n'avons jamais eu de discussion avec lui là-dessus.

Retirer cette chanson de l'album, ça n'a pas été trop dur ?

Si, on tenait à ce titre. Et c'est un titre qui plaisait à nos fans. En plus notre album comprenait assez peu de morceaux, donc en retirer un c'était compliqué… C'était un mauvais coup de la Warner: c'est cette censure qui a fait le buzz, on a également dû retirer le clip qu'on avait mis en ligne. Alors que sans tout ça, le morceau aurait peut-être connu une autre vie… Surtout qu'il n'est pas méchant. Je ne changerais pas une virgule au texte, aujourd'hui. C'est truffé de références aux chansons de Johnny.

Pourquoi avoir décidé de continuer à la jouer en live ?

Parce que c'est une chanson qui nous appartient, et que rien ne peut nous empêcher de jouer nos morceaux. On n'allait pas se priver d'un morceau qui nous faisait plaisir, et qui faisait plaisir aux fans. Et la jouer ou pas en concert, ça ne changeait pas grand chose.. On a arrêté au bout de 4 ou 5 ans parce qu'on en avait marre de la jouer en live…

Vous pourriez la jouer à nouveau en concert ? 

Oui, c'est possible. Peut-être pas tout de suite… Après, maintenant que c'est arrivé, le message du titre est différent. Des fans de Johnny m'ont dit que le morceau devenait plus émouvant aujourd'hui, il y a un surcroît de nostalgie, ce serait un hommage.

Si vous aviez pu discuter de ce titre avec Johnny, vous lui auriez dit quoi ? 

Ah j'aurais vraiment aimé… Je lui aurais dit "Lis juste les paroles, vois à quel point c'est bourré de tendresse pour toi, c'est truffé de références sur tes chanson, celles qui m'ont touchées. Ce n'est que de l'amour et de l'humour'. Et il m'aurait répondu "Ah que d'accord".

Les Inrocks - musique

Johnny Hallyday à la télé en 10 passages cultes

- Publicité Alba Junior (1955)

Le gamin blond, sage en apparence, que l’on aperçoit à la fin de la réclame pour la gamme junior des vêtements Alba a 12 ans. Il s’appelle encore Jean Philippe Smet. C’est "un enfant de la balle" comme on dit alors. Il apprend la guitare et la comédie et vient de faire une brève apparition dans les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot aux côtés de Simone Signoret et Paul Meurisse. Son véritable baptême d’artiste surviendra un an plus tard à l’Atlantic Palace de Copenhague où il chante La Ballade de Davy Crockett habillé en cow-boy en première partie du duo Desta et Lee Hallyday. C’est à ce père de substitution qu’il doit son nom de scène.

- Line Renaud présente son filleul Johnny Hallyday (Avril 1960)

Au printemps 1960, Line Renaud est l’invitée de l’émission l’Ecole des Vedettes que présente Aimée Mortimer sur l’unique chaîne de la télévision française. Celle qui s’est fait connaître 10 ans plus tôt avec la chanson Ma Cabana au Canada en profite pour introduire son "filleul" alors âgé de 17 ans. Maladivement timide, celui ci chante Laisse les Filles et se présente dans la brève interview qui suit comme Américain de père et Français de mère. La légende est en marche.

- Johnny à l’armée dans l’émission, Têtes de Bois et Tendres Années (1965)

Le 13 Janvier 1965, le sémillant Albert Raisner décroche LE scoop de l’année pour son émission Têtes de Bois et Tendres Années (qui deviendra par la suite Age Tendre et Têtes de Bois). En direct et en dupleix d’Offenburg en Allemagne où il effectue son service militaire, Johnny chante Johnny Reviens, adaptation du célèbre Johnny B Goode de Chuck Berry, accompagné par les Lionceaux.

- Interview par Lucien Bodard (1971)

Quand l’intelligentsia se pique de curiosité pour le phénomène Johnny. A l’émission Tempo de la télévision belge RTB, le grand reporter Lucien Bodard réalise la première interview "intello" de l’Idole. Bodard fait une synthèse d’un Johnny entre le blouson noir et le hippie, entre violence et pacifisme. Johnny avoue qu’il ne trouvera sans doute jamais la tranquillité d’âme.

- L’Ange aux Yeux de Laser (1979)

Le 26 Novembre 1979, la Porte de Pantin s’apprête à accueillir un extraterrestre ! En pleine phase Sci Fi, Johnny met une touche finale à son spectacle L’Ange Aux Yeux Laser sous la caméra/ sonde spatiale de Soir 3. En tenue lamée de martien égaré, deux faisceaux lumineux fixés aux tempes, celui qui fut rocker, puis beatnick, puis hippie, n’en reste pas moins bon père de famille puisque son fils David, 13 ans, fait ses débuts scéniques à la batterie.

- Johnny enlevé par des sidérurgistes de Longwy (1979)

Le 7 Mars 1979, Johnny est kidnappé par des sidérurgistes après un concert à Metz. France 3 relate l’épisode. Emmené sur le site d’Arcelor, menacé de démantèlement, il trouve néanmoins l’aventure "marrante". D’autant qu’elle lui rappelle une scène du film de Claude Lelouche L’Aventure c’est L’Aventure de 1972 où il est aussi victime d’un enlèvement.

- Harley Davidson par Gérard Depardieu, Serge Gainsbourg et Johnny Hallyday 1980

Bien avant la naissance du concept des Vieilles Canailles, TF1 a l’idée de réunir pour son émission consacrée à Gérard Depardieu, Numéro Un, trois enfants terribles en cuir noir. Gainsbourg chante Harley Davidson en reggae (mais assis sur une BMW !) sous le regard goguenard de Gégé et Jojo.

- Johnny à Nashville (1984)

Les Enfants du Rock d’Antoine De Caunes offre à un Johnny quelque peu dispersé depuis 10 ans un retour aux sources avec une émission enregistrée à Nashville. A l’affiche des duos enlevés avec Tony Joe White, Emmylou Harris, Carl Perkins et les Stray Cats.

- Johnny raconté par Catherine Deneuve (1993)

A l’occasion de ses 50 ans, TF1 se fend d’une soirée anniversaire en deux parties. Des extraits de son récent concert au Parc des Prince sont suivis d’une saga racontée par Catherine Deneuve. Le documentaire débute avec le clip officiel de Quelque chose de Tennessee et s’achève avec une version live du Ne Me Quitte Pas de Jacques Brel.

Les Inrocks - musique

L'Angleterre et Johnny Hallyday ne se sont pas souvent rencontrés. Histoire d'un malentendu.

Quand je discute musique avec mes collègues anglais, toutes générations confondues, c'est un point Godwin qui est toujours rapidement atteint. Avec perplexité, curiosité. Sans malice : de Johnny Hallyday, les journalistes Anglais connaissent le nom, l'aura, les chiffres inouïs même parfois. Les plus anciens savent qu'il a joué avec Jimi Hendrix et enregistré avec Jimmy Page, ce qui ajoute à l'énigme. Mais sa musique, non. Invendable, invendue au Royaume-Uni, alors que, parmi les collègues yéyé, Françoise Hardy avait connu une jolie carrière sixties dans le swinging London. Même Gainsbourg s'était offert, malgré la censure de la BBC, un numéro un avec Je T'aime moi non plus.

Johnny Hallyday, c'est comme en Angleterre la Marmite ou le Spotted Dick : il faut être né avec pour pouvoir, à défaut de le déguster, être déjà capable de l'avaler. Depuis la mort de l'idole des jeunes de 7 à 77 ans, les mêmes collègues anglais sont logiquement allés au raccourci le plus efficace, le plus réducteur aussi : “Death of the French Elvis”. Souhaitons à la mythologie Johnny qu'elle ne s'encombre pas des mêmes rumeurs et théories que la mort, ou non, d'Elvis. Pour bien souligner le triomphe principalement (exclusivement ?) franco-francophone, il aurait fallu le comparer à un artiste anglais méconnu en France mais riche de centaines de millions d'albums vendus en Albion : Cliff Richard. Après tout, l'un et l'autre sont nés de la cuisse (et surtout la hanche fertile et provocatrice) d'Elvis Presley. L'un et l'autre ont incarné, dès la charnière fondamentale entre 50's et 60's, la soif d'émancipation des jeunesses occidentales. L'un et l'autre ont ensuite traversé les âges, les mouvements et les bouleversements de leurs sociétés, tête baissée et sans économie pour Johnny, avec plus d'ascétisme et d'embourgeoisement pour Cliff, idole nationale que de sombres affaires supposées de mœurs ont ébranlé il y a quelques années. Partis du même dancefloor glissant de sueur et d'hormones, les deux carrières parallèles pourraient au finish se résumer par : deux salles, deux ambiances. Mais le titre “Death of the French Cliff”, ça avait sans doute moins de gueule (qu'est-ce qu'elle a, ma gueule ?).

En 2012, pourtant, tel Napoléon, Johnny Hallyday avait tenté une invasion anglaise. Malgré lui, tout d'abord, quand une poignée d'érudits et esthétes anglais publiaient, à l'occasion de ses cinquante ans de carrière, la compilation Le Roi de France, 1966-1969. Pas du tout sur le mode paternaliste ou ironique : non, ces gens remarquables, affiliés au magazine Mojo et au label dandy Cherry Red, s'excusaient au nom de leur pays pour avoir raté ces trésors cachés que sont A Tout Casser, La Génération perdue ou Noir c'est Noir. La période anglaise de Johnny, donc.

Mais l'invasion britannique officielle, bien des années après cette “période anglaise", était censée démarrer par une série de concerts au Royal Albert Hall, symbole prestigieux du circuit live anglais. Salles combles mais gros hic : ses premiers concerts à Londres se joueront finalement à domicile, face à un public presque strictement français. A part quelques journalistes locaux dont les chroniques confuses et parfois même effarées autant que fascinées en disaient long sur la largeur infinie de la Manche. On proposa alors à l'excellente journaliste Kitty Empire, alors rédactrice au NME, de chroniquer pour Les Inrocks cet événement. Sa réponse, terrifiée, angoissée, en décida autrement. L'invasion anglaise resta lettre morte.

“Le rock français, c'est comme le vin anglais”, ricana autrefois John Lennon.

Ce matin, en Angleterre, toute la presse parle de Johnny, monument national, “French Elvis” dont personne, outre-Manche, n'est pourtant capable de citer ne serait-ce qu'une chanson.

Les Inrocks - musique

Johnny Hallyday était le fer de lance du "yéyé"... Mais qui a inventé ce mot ?

La première moitié des sixties aura été marquée en France par la musique "yé-yé", cette pop adolescente grandement inspirée de tubes anglo-saxons (souvent repris et traduits en français) portée par des artistes comme France Gall, Sheila, Sylvie Vartan, Johnny Hallyday. Mais surtout sur-popularisée par l'émission de radio d'Europe 1 Salut les Copains qui, à partir de 1959, ne diffuse plus que des tubes du genre.

Trois ans plus tard naît le magazine du même nom, dans lequel le photographe Jean-Marie Perrier immortalise les égéries de cette nouvelle pop à la française, de Françoise Hardy, sa compagne, au mariage du couple Johnny-Sylvie en 1965, qui permettra à SLC de se vendre à plus de 800 000 exemplaires.

Une prophétie 

Ce n'est pourtant ni Sylvie ni Johnny qui ont enfanté de l'expression, mais le philosophe Edgar Morin. Dans un long texte paru dans le quotidien Le Monde daté des 6, 7 et 8 juillet 1963, Morin scrute la génération des "décagénaires" qu'il baptise "yé-yé".

«Cet article Salut Les Copains fait partie de mes petites prophéties dont je suis assez fier" déclarait-il à Les Influences en 2009.

Morin y fait de l'"analyse événementielle" en se penchant sur la soirée "La Nuit de la Nation" organisée le 22 juin 1963 par Europe 1 et SLC. La seule publicité pour l'événement est une annonce de Daniel Filipacchi, l'un des créateurs de SLC, faite à l'antenne : "Venez tous samedi soir à 9 heures, place de la Nation." 

30 000 jeunes sont attendus aux concerts de leurs idoles Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell ou encore Richard Anthony. Or ce sont 150 000 kids qui déboulent, gorgés d'hystérie. La police est appelée en renfort. Des débordements éclatent. C'est officiel : pour la première fois ou presque, la jeunesse forme un mouvement culturel solide, apolitique et expressif, miroir de ce qui se passe aux Etats-Unis depuis le mitan des années 50. Paris-Soir titre "Salut les voyous", et le clash générationnel est lancé.

«C’est dans l’univers capitaliste occidental que le phénomène s’épanouit pleinement, et par l’intermédiaire des mass media. L’adolescence en tant que telle apparaît et se cristallise lorsque le rite de l’initiation dépérit ou disparaît, lorsque l’accession à l’état d’homme se fait graduellement" décrypte alors Morin, qui profite de l'événement pour analyser cette nouvelle tranche d'âge : l'adolescence.

De "l'extase sans religion, sans idéologie" 

"Il y a un message d’extase sans religion, sans idéologie, qui nous est venu par une prodigieuse injonction de sève noire, de négritude déracinée, dans la civilisation américaine, et qui s’est incorporé dans l’humanité du XXe siècle" écrit-il également. 46 ans plus tard, il estime toujours que "cette manifestation était la version vaselinée de la culture adolescente qui jaillissait en Californie et dans le rock américain." 

Quant à la musique et la culture prisées par ces "décagénaires", Morin estime que "dans le yé-yé, il y a superposition, voire mixage de contenus de la culture de masse et d’une absence de contenus. Yé-yé est quelque chose qui sonne comme le dada de Tzara et quelque chose qui sonne déjà le gaga."

Aux détracteurs du mouvement, qui lui reprochent son manque de fond, de sens, d'engagement politique, Morin oppose un certain réalisme optimiste :

«Certes, je suis de ceux qui voudraient que les extases aient un sens , qu’elles s’inscrivent dans un mouvement de réalisation de fraternité humaine, du progrès de l’espèce. Mais je suis aussi de ceux qui préfèrent aux ferveurs trompées et corrompues des décennies 1930 à 1950, une ferveur pour ainsi dire à vide, et inoffensive.»

Le mouvement yé-yé finit par imploser sous la pression politisée de mai 68, avant de se voir définitivement enterré par l'émergence des rockeurs des années 70 qui lui reproche une niaiserie complètement déconnectée des réalités.

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Volez en rase-mottes au-dessus de la cime des arbres grâce au dernier clip de Pendentif

En attendant la sortie de leur nouvel album Vertige Exhaussé, à paraître le 9 février 2018, la formation Pendentif nous offre la très belle vidéo de L'Originel, planante et impressionnante.

À la réalisation et au montage de ce magnifique clip, on retrouve Thomas Brière, qui, pour se faire, a récupéré des images auprès d’amoureux des paysages et de voltige. L'Originel a d’ailleurs été validée par le champion de France d'ULM et ami du groupe, David Morin, dont la particularité est de proposer des vols synchronisés à la musique.

Vertige Exhaussé est disponible en précommande sur Apple Music. Pendentif sera en concert à la Maroquinerie de Paris, le 8 mars prochain, dans le cadre de la soirée PIAS NITES.

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Quand Johnny voulait "casser la gueule" de Doc Gyneco

Il y a onze ans, le Ministère A.M.E.R. enregistrait un duo avec Johnny Hallyday, Le Temps passe. Et oui.

Interviewé par Les Inrocks en 2014 à l'occasion de la sortie d'un best-of doublé d'un concert à l'Olympia, les 2/3 du Ministère A.M.E.R. revenaient sur  cette étrange collaboration, sans se souvenir précisément de leurs motivations. "Gyneco était chaud, il avait déjà fait un duo" expliquait Passi :

« J’ai donc appelé Stomy, il m’a demandé si j’étais sûr de mon coup. Je lui ai dit : “On s’en fout, on est les damnés et on va faire un titre avec la Tour Eiffel.” Johnny a kiffé le titre, il l’a mis sur son album et je n’ai pas pu le mettre sur ma compile.»

"Une sorte de revanche" pour Passi, dont la mère "écoutait du Johnny" : "Elle me disait toujours d’arrêter ma musique de voyou, que j’allais finir au poste de police. Quand je lui ai montre ce titre avec Johnny, laisse tomber." Stomy Bugsy en garde lui aussi un bon souvenir : "On l’a rencon­tré, on a voyagé en jet avec lui. On est allé à Cannes avec lui, il nous avait invité sur son bateau." 

>>>> A (re)lire :  Passi et Stomy Bugsy : "Avec le Ministère A.M.E.R. on voulait faire trembler la République". 

On est malgré tout loin du fleuve tranquille. C'est justement lors de répétitions à Cannes, que Stomy et Passi voient Johnny "mettre à l'amende Gynéco", le troisième membre du Ministère A.M.E.R., qu'il juge "trop mou dans les répétitions" comparé à ses deux acolytes. Mais le Doc est surtout coupable d'avoir manqué un déjeuner organisé par l'idole des jeunes :

 "A un moment du repas, Johnny s’arrête et me dit : “Stomy, appelle-moi Gynéco. Je lui fait à manger et il ne vient pas ?” Du coup Gynéco s’est pointé et là, Johnny l’a mis à l’amende: “Regarde-moi dans les yeux Gynéco ! Je te fais à manger et tu ne viens pas !” [Passi est hilare pendant l’imitation de Stomy] “Tu végètes Gynéco, rappe !” C’était magnifique [rires]." se souvient Stomy.

Et Passi d'embrayer : "On ne regrette pas ce titre car on a vu le coté blouson noir de Johnny."

Dans une interview à 20 minutes datant de la même époque, Stomy Bugsy ajoutait que Johnny Hallyday voulait carrément "casser la gueule" de Doc Gyneco : "Il avait été énervé de nous faire à manger et que Bruno ne vienne pas…" Et le rappeur de l'imiter : "Gynéco j'te pète la gueule, t'as compris ?! J'te fais à manger et tu viens pas ici ? Hein ?! Tu me respectes pas ?!  (…) J'te casse la gueule Gyneco !" 

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[Vidéo] Quand Johnny faisait des ronds de fumée avec Jimi Hendrix

Cette séquence a fait le tour du monde. Et pour cause, deux légendes y apparaissent ensemble, alors qu'elles ne sont encore qu'en germe : Jimi Hendrix et Johnny Hallyday. C'était en octobre 1966, à Nancy, où Johnny tenait le haut de l'affiche. Dans une salle de restaurant, il partage une table avec un jeune guitariste de génie, encore inconnu en France. Pour s'amuser devant la caméra de la TSR, ils font des ronds de fumée.

En 2011, sur l'album de Johnny Jamais Seul, un morceau, Guitar Hero, est sous-titré "A mon ami Jimi Hendrix". Mais se connaissaient-ils vraiment ? En réalité, selon Yazid Manou, spécialiste de Jimi Hendrix (décédé en 1970), beaucoup de fantasmes circulent à ce sujet. Il est vrai que Jimi Hendrix a assuré les premières parties de Johnny en France vers 1966-1967. Mais quand il affirme qu'ils "dormaient l’un chez l’autre, à Londres ou Paris, il y’a de gros doutes", comme nous vous l'expliquions à l'époque.

Johnny a en tout cas repris Hey Joe, un des tubes d'Hendrix, en français, comme il l'a fait pour beaucoup d'autres titres. Il était donc clairement dans son panthéon rock, avec Elvis Presley, Eddie Cochran, Bill Haley ou encore The Animals.

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1966 -1973 : pourquoi la période anglaise Johnny Hallyday reste la meilleure de sa carrière

Entre les inconditionnels prêts à mourir pour Johnny et les allergiques qui préféreraient vendre leurs gosses plutôt que d’écouter une seule minute la voix de Jean-Philippe Smet, il y a peut-être des nuances, un moyen terme, une pondération à trouver ? Musicalement, l’idole des jeunes ne mérite ni l’éloge ni l’indignité. Si Hallyday n’a jamais tutoyé (ni vouvoyé) les cimes où perchent Sinatra, Presley, James Brown ou autres Dylan, il a parfois assuré avec un certain savoir-faire, entouré par quelques bonnes pointures du métier. Sa meilleure période, ce sont sans doute les années 66-73, celles où Johnny carrossait certains de ses plus grands tubes, bien épaulé par des équipes de compositeurs, paroliers et arrangeurs dont la plupart venaient du pays de John Lennon et de Keith Richards – on parle là non seulement de l’Angleterre mais aussi de ce pays en soi que constitue le rock anglais des sixties.

"Génération perdue", le premier tournant de sa carrière

Après la première période, dite "yéyé", où Johnny se consacre essentiellement à franciser des classiques des pionniers du rock, l’album Génération perdue (66) marque le premier tournant de sa carrière. Il fait la connaissance décisive des british Mick Jones et Tommy Brown. Le second est batteur, compositeur et arrangeur, le premier guitariste et tout pareil, il a joué dans divers groupes et fréquente des musiciens anglais comme Gary Wright et les Spooky Tooth. Mister Jones et Brown vont amener la blonde idole vers un rock plus moderne, mature, noir, mâtiné de rythm’n’blues et de textures abrasives, qui convient peut-être mieux à son coffre profond. Ainsi Johnny reprend-il Muddy Waters et Percy Sledge et transforme l’essai avec Noir c’est noir, son premier grand tube 100% soulproof.

Toujours sous la houlette Jones/Brown, il enchaîne avec l’album Johnny 67, qui sonne presque comme une compile, Formidable rythm’n’blues avec ses reprises d’Otis Redding (La Seule vraie musique), Eddie Floyd (Aussi dur que du bois) ou Joe Tex (Pourquoi as-tu peur de la vie ?), sans oublier Je n’ai jamais rien demandé emprunté aux Small Faces Steve Marriott et Ronnie Lane, deux de ces nombreux gringalets blancs qui auraient rêvé d’être noirs. A la même époque, après avoir pris l’inconnu Jimi Hendrix pour la première partie de sa tournée 66, Johnny reprend Hey Joe avec le voodoo child à la guitare acoustique. Et il craque un autre tube soul avec l’increvable Je Suis seul de Ben E King. Après mai 68, Johnny sort Jeune homme, album mélangeant rock, soul et pop où l’on note la présence de Jimmy Page sur le morceau A Tout casser. Jones et Brown constituent toujours son pool de compositeurs, musiciens arrangeurs, désormais quasiment en CDI.

"Rivière… Ouvre ton lit", un de ses albums phares

Passons en 69 et à Rivière… Ouvre ton lit, un des albums phares du chanteur. On retrouve tous nos sujets de sa très gracieuse majesté : les habituels comme Jones et Brown, les reviens-y comme Lane et Marriott qui ne se contentent plus de composer mais viennent aussi décharger quelques riffs, ou encore Peter Frampton, guitariste qui s’est allié à Marriott pour former Humble Pie. La fine fleur du rythm’n’blues angliche est donc là pour apporter sa pierre à une nouvelle pelletée de classiques hallydayiens comme Rivière… Ouvre ton lit ou Voyage au pays des vivants. Et dans Je Suis né dans la rue, autobio en accéléré de l’idole (mais écrite par Long Chris), c’est bien la guitare barbelée de Marriott que l’on entend, avec un son gras, fuzzy, digne de ses Small Faces ou Humble Pie.

L’année suivante, changement de décennie, Johnny élargit son spectre thématique dans l’album Vie avec de nouveaux paroliers qui s’appellent Jacques Lanzmann ou Philippe Labro. Ce dernier sera originaire d’un scandale pour avoir comparé Jesus à un hippie. La mayonnaise Labro-Johnny prend vraiment sur l’album suivant, Flagrant Délit, un autre sommet de la disco Hallyday. Tous les textes sont signés par le journaliste, et Johnny reprend du lourd (John Fogerty, Leon Russell) quand il ne fait pas composer par l’habituel tandem Jones/Brown ou le Spooky Tooth Gary Wright.

Ces trois-là sont aussi aux instruments, secondés par la section de cuivres des Stones (Bobby Keys, Jim Price), celle de Sticky Fingers et Exile on main street, ainsi que leur ingé son (Chris Kimsey). L’album est cohérent, plein, juteux, couronné par Oh ! Ma jolie Sarah, un des classiques les plus inoxydables de l’idole avec son riff hachoir et ses chœurs gospel. Dernier album notable de cette période, Insolitudes (1973). Michel Mallory a pris la succession de Labro comme parolier (et pour un long moment) : ses textes sont plus doux, plus intimes, à l’aune de la musique de Johnny qui s’adoucit aussi, le rock- soul teigneux laissant peu à peu place aux ballades et aux inflexions country.

"Toute la musique que j'aime", blues impeccable

Jones, Brown, Marriott et Lane ne sont plus là, au contraire de Gary Wright et Peter Frampton, de Jim Price et Bobby Keys, auxquels s’adjoignent le bassiste de Lennon Klaus Voormann et le steel-guitariste BJ Cole. Fait notable, Johnny compose lui-même la moitié des chansons de cet album, dont le standard Toute la musique que j’aime (ah que…), un blues impeccable à tous points de vue (texte, musique, arrangements).

Voilà. On ne cherche pas à faire passer des vessies pour des lanternes ni de la bonne variète-rock pour des trésors cachés sublimissimes. Dans ces quelques années 66-73, nul Blonde on blonde, Electric ladyland, Pet sounds, Beggars banquet, Born to run ou London Calling qui auraient échappé aux radars, pas plus que de Melody Nelson, de Play blessures, de Pop satori ou de Cheyenne autumn, mais rien non plus qui justifie le rejet radical dont souffre l’auteur de Quoi, ma gueule ? auprès d’une frange du public pop-rock aux tympans délicats.

Dignité, implication et professionnalisme

Pendant cette période-là, les chansons de Johnny étaient bonnes, ses musiciens et arrangeurs aussi et notre homme servait la chanson française certes sans génie mais avec dignité, implication et professionnalisme, y insufflant de forts courants anglo-saxons en un temps où, faut-il le rappeler, rock et français étaient deux termes aussi antinomiques que couscous et Japon, subtilité et Trump, culture et Goebbels. Quand on écoute Noir c’est noir, Je Suis seul ou Sarah, pas de quoi sortir son revolver.

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Johnny Hallyday en 10 morceaux incontournables

- Laisse les filles (1960)

- Souvenirs souvenirs (1960)

- Retiens la nuit (1961)

- Le Samedi soir (1962)

- L'Idole des jeunes (1962)

- Le Pénitentier (1964)

- Les Coups (1966)

- Noir c'est noir (1966)

- Que je t'aime (1969)

- L'Aventure c'est l'aventure (1972) - B.O du film de Claude Lelouch 

- Requiem pour un fou (1976)

- Gabrielle (1976)

- Quelque chose de Tennessee (1985)

Bonus : Johnny Hallyday ft. Eric Cantona, Excuse moi partenaire (1998)

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Décès de Johnny Hallyday: le monde de la musique en deuil

Le rock français vient de perdre sa pierre angulaire. Atteint d'un cancer des poumons, Johnny Hallyday est décédé dans la nuit de mardi à mercredi. Après une carrière qui se sera étendue sur plus d'un demi-siècle, le chanteur aura enregistré 52 albums studio, 29 albums live, un millier de titres et 42 disques d'or.

Les hommages se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Patrick Bruel, Pascal Obispo, Lenny Kravitz, Jean-Louis Aubert et Céline Dion ont notamment réagi

#NouvellePhotoDeProfil pic.twitter.com/Pys5o8MkPX

— pascal obispo (@ObispoPascal) December 6, 2017

Tellement triste…

— Patrick Bruel (@PatrickBruelOff) December 6, 2017

Au revoir Notre Johnny
Avec toi ce sont nos jours qui s'envolent
Retiens la nuit
Paix amour amitié à tous tes proches

— Jean-Louis Aubert (@Aubertofficiel) December 6, 2017

Farewell Dear @JohnnySjh. Your friendship, sweetness and support are imprinted in my heart. It is an honor to have known you and to have spent time with you and your beautiful family. Your soul is pure Rock and Roll. Repose en paix. ????: @candyTman pic.twitter.com/1ZAFUewHlo

— Lenny Kravitz (@LennyKravitz) December 6, 2017

Je suis très triste d'apprendre le décès de Johnny Hallyday. Il était un géant du show-business… une véritable légende! J’ai une pensée pour sa famille, ses proches et ses millions de fans qui l'adorent. Il nous manquera beaucoup, mais ne jamais oublié. - Céline xx…

— Celine Dion (@celinedion) December 6, 2017

La compagne de Johnny, Laeticia Hallyday, a envoyé un communiqué à l'AFP:

"J'écris ces mots sans y croire. Et pourtant, c'est bien cela. Mon homme n'est plus.

Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité. Jusqu'au dernier instant, il a tenu tête à cette maladie qui le rongeait depuis des mois, nous donnant à tous des leçons de vie extraordinaires. Le coeur battant si fort dans un corps de rocker qui aura vécu toute une vie sans concession pour la scène, pour son public, pour ceux qui l'adulent et ceux qui l'aiment.

Mon homme n'est plus. Le papa de nos deux petites filles, Jade et Joy, est parti. Le papa de Laura et David a fermé ses yeux. Ses yeux bleus qui illumineront encore et encore notre maison, et nos âmes.

Aujourd'hui, par respect et par amour pour cet homme extraordinaire qui fut le mien pendant plus de 22 ans, pour perpétuer sa passion de la vie, des sensations fortes, des émotions sans demi-mesure, nous unissons tous nos prières, et nos coeurs. Nous pensons à lui si fort qu'il restera à jamais à nos cotés, aux cotés de ceux qui l'écoutent, le chantent et le chérissent depuis toujours.

Johnny était un homme hors du commun. Il le restera grâce à vous. Surtout, ne l'oubliez pas. Il est et restera avec nous pour toujours. Mon amour, je t'aime tant."

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Johnny Hallyday est mort : disparition d'une légende nationale

"Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny, / Envole-moi au ciel Zoum! / Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny, / Moi j'aime l'amour qui fait boum!" : la chanson de Magali Noel en 1956, reprise ensuite par feu Jeanne Moreau, résonne bizarrement en ce moment. Parce qu’avec Johnny qui s’efface du paysage, c’est toute une…. heu,.. deux trois, quatre, cinq (?) générations qui ont un drôle de blues. Johnny, notre James Dean parrainé par Line Renaud, puis notre Elvis, puis notre Hendrix, puis notre légende nationale, a tiré sa révérence finale, d’un seul projectile… en plein poumon. Comme avant lui, son frère de Memphis : Alain Bashung.

Avec son départ, c’est une avalanche de records dans l’industrie du disque, des containers de chroniques dans les rubriques people, des caissons entiers d’anecdotes qui s’effacent et vont venir gaver les livres hommages parce que - qu’on le veuille ou non - avec Johnny, on pouvait lire l’histoire de France. La face populaire, le profil bas du front, l’astuce de la débrouille, quand la vie ne vous a mis du bon côté de la saltimbanque, mais aussi l’aspect héroïque, la reconnaissance artistique, le charisme.

C’est ce que nous retiendrons de Johnny Hallyday : son instinct de loup, égaré de la meute yé-yé, devenu à force d’abnégation et de talent vocal une star du rock, une bête de scène, une icône, un étonnant acteur de cinéma, et forcément un gibier favori des médias et de paparazzi, courtisé par l’ensemble de l’hexagone. Chacun avait son Johnny, même ses plus modestes amateurs qui ne retenaient de lui que Que je t’aime, Le feu ou Quelque chose de Tennessee, quand il passait du statut de faiseur à celui d’artiste. Au delà des appréciations et des postures musicales, avec le temps, on avait fini par l’admirer pour son courage, sa résistance de chiendent, sa faculté éblouissante de résurrection permanente. Sa dernière tentative vient d’échouer, au bout de l’effort, de la vie et du combat.

Marc Besse

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