Actu musique

1 décembre 2017

À 24 ans, Cipierre chante des ballades sincères et poétiques dans son premier EP "Point sur la mer"

Bien garni en coquillages mais aussi en sable du Grand Ouest, Cipierre retranscrit, à 24 ans et avec simplicité, des ballades tissées à partir de souvenirs respirés et fantasmés gamin. Enregistré presque entièrement en live, en guitare-voix et sur bandes analogiques, ce premier ep suit les pas de ses idoles (José González, Bob Dylan, Robert Johnson) en conservant “des petites fausses notes ou des accidents” qui en font tout son charme. Sans tomber dans le pastiche folk, Tom Vessier (pour l’état civil) tente de tisser un ouvrage sincère et poétique, fuyant le style littéraire enflammé ou ampoulé : “J’aime bien être direct, et ça donne des images dans la tête comme un bouquin.”  Ses textes contemplatifs permettent plusieurs niveaux de lecture, et appellent le plus souvent à la réflexion et au calme intérieur. Et derrière sa métaphore filée de l’océan, il évoque indirectement son enfance et ses envies d’évasion.

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La Souterraine sort sa dernière compilation "OUF, l’anthologie souterraine 2015-2017"

La France dans les années 2015-2017, c’était et c’est encore un peu glauque. Des attentats à l’élection de Macron, trois annus horribilis qu’un peu de musique aura pu rendre moins invivables, comme d’habitude. “Et au bord de la faillite, je continue d’écrire des poésies”, chante le Parisien Chaton, dans un étrange morceau de dub auto-tuné, intimiste et doux-amer, le reflet d’une époque dans un miroir de poche.

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Babx nous fait tomber au ciel

Le 27 novembre, Babx donnait à la Cigale l’unique concert de son album Ascensions, sorti au printemps. Un concert unique, parce que les chansons de cet album important, créé pour survivre aux décombres des attentats du 13 novembre 2015, n’auraient pas supporté la répétition, la tournée, le show.

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Entre rock et musiques traditionnelles du Congo, Tshegue met tout le monde d'accord avec son premier ep "Survivor"

Pour accéder au studio de Tshegue, il faut passer par le parking souterrain d’un grand immeuble résidentiel du XXe arrondissement de Paris. Il faut le traverser puis passer une porte, puis un couloir, puis une autre porte, puis un autre couloir. C’est Nicolas Dacunha, aka Dakou, qui nous ouvre en attendant l’arrivée de Faty Sy Savanet, l’autre moitié du groupe.

Afreepunk

L’endroit est comme un petit terrier enfoui au milieu du béton. Les membres de Tshegue s’y retrouvent pour jouer, improviser, bricoler leurs prochains morceaux, suite d’un premier ep paru cet été. Avec lui, on a découvert un son brut et excité, inspiré du rock mais habité par certaines traditions musicales venues du Congo, où est née Faty. D’où le mot qu’on retrouve désormais partout pour qualifier la musique de Tshegue : afropunk. “Pourquoi pas, lâche Faty. Sauf qu’‘afropunk’, ça fait un peu ‘noir qui se rebelle’, ou ‘noir qui fait du rock’… Je ne me sens appartenir à rien de spécial musicalement, surtout si on y colle un marqueur de mon identité personnelle.” Dakou renchérit : “Si on décide d’être OK avec ce mot, il se passe quoi si demain on veut faire un morceau trap, par exemple ?” Une judicieuse question à laquelle les deux Parisiens répondent en relâchant la pression sur les formats et les attentes.

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Neil Young, Blitzen, Trapper...en accéléré

Malgré ses 72 ans et son allure de vieux cheval fourbu, il n’a pas l’intention de lâcher la bride. Depuis son combat de Don Quichotte contre Monsanto et Starbucks qui occupait son précédent disque avec Promise Of The Real (la monture quia succédé au Crazy Horse), Trump a posé son cul dans le bureau ovale et Neil Young s’emploie tout au long de The Visitor, son 39e album, à l’entreprendre lui aussi à coups de fourche. Le rageur Already Great est une réponse cinglante au “Make America Great again” de la citrouille qui transforme un peu plus chaque jour les Etats-Unis en un Halloween permanent. Outre les guitares qui cisaillent et les ballades qui réconfortent, selon l’habituelle bipolarité du Loner, on trouve ici des tentatives inédites de renouveler l’arsenal musical, avec un emprunt à Funkadelic (sur Fly by Night Deal), un extravagant Carnival façon fresque New Orleans, du blues qui accroche le bitume (When Bad Got Good) et une sorte de comédie musicale réjouissante et poignante (Children of Destiny). Forever Young, comme le suggère le dernier titre.

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Après presque 40 ans, les Olivensteins sortent leur premier véritable album "Inavable"

Cossards revendiqués comme le proclamait le titre de leur unique single Fier de ne rien faire, en 1979, Les Olivensteins auront donc mis presque quarante ans pour sortir un véritable album. On se souvient du feu follet rouennais, de son histoire foutraque et éphémère, improbable reflet de plausibles Sex Pistols normands. Sous l’égide des Dogs et du disquaire Mélodies Massacre, les frères Gilles et Eric Tandy, Vincent Denis et autres flemmards patentés, mettent à sac en quelques mois tout le décorum seventies et factice d’un rock français somnolant.

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Björk sort le tant attendu "Utopia", la bande-son d’un rêve de science-fiction

Il y a six ans, au moment de la sortie de son album Biophilia, Björk nous disait : “Si je n’ai jamais appris à jouer d’un instrument, c’est parce que je savais que je ne pourrais pas aller plus loin que ce qui a déjà été fait.” Plutôt aller ailleurs, toujours. Quitte (comme sur Biophilia justement ou, pour d’autres raisons, sur l’album suivant Vulnicura) à aller trop loin et y aller seule.

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Votez pour le meilleur album de l'année 2017

Comme chaque année à l'approche des fêtes, la frénésie des classements s'empare des mélomanes. Cette fois, à vous de rassembler vos plus belles émotions et découvertes de ces douze mois de musique pour choisir les albums qui vont ont le plus marqué.



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Le nouveau clip de Charlotte Gainsbourg tourné chez son père

Sur son somptueux nouvel album, Rest, Charlotte Gainsbourg a fendu l'armure, profitant du passage au français pour livrer des confessions inattendues de la part de cette grande pudique. Avec le clip qui illustre la chanson Lying with you adressée à son père, la chanteuse monte encore d'un cran dans ce dévoilement, en allant tourner elle-même dans la maison de Serge, au 5bis de la rue de Verneuil à Paris, l'antre fascinant aux murs noirs au sein duquel seuls quelques rares privilégiés avaient été jusqu'ici invités à pénétrer. Dans cette vidéo tournée façon snuff movie, qui fera le bonheur des psychanalystes, Charlotte se lance à poursuite d'elle-même en petite fille parmi les vestiges paternels ensevelis sous la poussière : la statue de bronze de L'Homme à tête de chou, les orgues de l'ogre génial, des marionnettes et flacons de parfums, sans oublier l'incontournable paquet de Gitanes. Freud et Lacan ont déjà liké six fois chacun.

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Eddy de Pretto, l'ascension du game à voix nue

“Je m’appelle Eddy de Pretto et je suis sur tous les réseaux sociaux.” Sur la scène du théâtre de Villefranche-sur-Saône, élégant, bonnet sur la tête, pantalon taille haute et chemise ouverte sur T-shirt blanc, Eddy de Pretto enclenche son iPod et lance un instrumental. Disposé sur la droite de la scène, son batteur au groove tranquille lui emboîte le pas et joue une rythmique hip-hop.

De Pretto s’avance. Son corps s’étend, s’arc-boute, son bras droit s’avance dans l’air. Et la voix sort. Puissante, très puissante même, propulsée avec force depuis l’abdomen. Lyrique aussi, charriant dans ses “r” roulés des faux airs de Nougaro et cette façon de chanter le français à tue-tête, à pleins poumons.

Un passage très remarqué chez Yann Barthès

“Les âmes sensibles deviennent tactiles”, chante-t-il à présent dans Rue de Moscou, une de ses nouvelles chansons. Dans la salle, le charme opère sur le public – des têtes blanches ou grisonnantes – venu dans l’ensemble pour voir Juliette Armanet, qui suivra. L’affiche du festival Nouvelles voix en Beaujolais, ce soir 100 % française, est belle : Armanet, donc, de Pretto mais également Clara Luciani, qui rôdait, accompagnée d’un groupe très psyché krautrock, avec les magnifiques chansons de son très attendu premier album, prévu pour début 2018, tout comme celui de de Pretto.

Le jeune homme a en effet avancé la date de sortie du sien à début mars, suite au raz-de-marée provoqué par son premier ep Kid. Un quatre-titres qui a suffi en quelques semaines à en faire un petit phénomène et à générer une grosse attente. De Pretto a en effet mis le feu aux poudres en un passage télé très remarqué sur le plateau de Quotidien le 6 octobre. Yann Barthès reçoit ce soir-là Marina Foïs et les jeunes acteurs de L’Atelier, le film de Laurent Cantet.

“C’est la fête de trop/Moi j’lai faite et faite et ça jusqu’au fiasco/C’est la fête de trop/Regarde je luis de paillettes, et me réduis au chaos”

Seul sur scène accompagné de son iPod, de Pretto balance avec déjà beaucoup d’assurance Fête de trop, un titre dans lequel il raconte ses soirées de déglingue, son addiction à la nuit. “C’est la fête de trop/Moi j’lai faite et faite et ça jusqu’au fiasco/C’est la fête de trop/Regarde je luis de paillettes, et me réduis au chaos.”

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Avec "Trône", Booba poursuit sa route dans l'ego trip futuriste

Dans Centurion, le premier track du nouvel album de Booba, titré Trône, on peut entendre ceci : "J'vais arrêter l'rap, gros ça pue d'la chatte/Ça paie plus les loyers, j'dépense trop de mula." Booba promet d'arrêter le rap à longueur d'albums depuis une bonne quinzaine d'années maintenant. Mais il est toujours là, en forme et plutôt constant. Il relève même de nouveaux défis en annonçant un concert à la U Arena, la plus grande salle de France (avec une capacité de 40 000 personnes environ), inaugurée récemment à La Défense. Cette annonce a d'ailleurs a été suivie de près par le leak de Trône et l'avancée de sa sortie officielle, initialement prévue pour le 15 décembre. Les mauvaises langues ont parlé de leak volontaire et de marketing. Le résultat est là quoi qu'il en soit : 13 000 places vendues en 24h selon l'équipe de Booba.

Turfu et traditions

Le rappeur tente de nouvelles choses pour son 9e album et la promotion de celui-ci. Il ressort également les vieilles recettes, comme ce clash mollasson réamorcé avec Rohff et La Fouine sur Instagram. Il prend donc note de ce qui se passe autour de lui tout en poursuivant sa route avec ses idées, ses marottes, ses expérimentations. Avec les années, il a construit une esthétique insulaire en absorbant, dans le même temps, les courants et les modes que le rap - surtout américain - produit continuellement.

Même ses imbécilités virilistes, présentes depuis toujours dans ses textes, semblent désormais prendre la mesure d'une évolution des regards : "Poches pleines de khaliss, j'aime pas qu'ces putes me résistent/Appelle-moi misogyne ou sexiste", chante-t-il sur Ridin', morceau mélodique à l'autotune plus décomplexé que jamais. Davantage dans la provoc que dans le mea culpa, Booba s'empare en tout cas d'un vocabulaire qu'il n'avait jamais utilisé avant. Ici, il indique avoir conscience d'un problème autour du traitement accordé aux femmes dans l'imaginaire de ses morceaux, comme dans le titre A la folie, où il précise : "Malgré tout, j'les respecte toutes". Mais il semble également dire qu'il s'en branle. Et qu'il n'a pas l'intention de changer.

Il y a donc des choses assez banalement traditionnelles dans ce nouvel album, qui, musicalement, se place pourtant dans le délire futuriste que Booba développe depuis l'album Futur, sorti en 2012. (Il y en a eu deux autres entre temps : D.U.C. et Nero Nemesis.) L'ambiance de Trône est crépusculaire et science-fictionnelle à peu près partout. Il y a seulement quelques passages, comme les titres A la folie et Ça va aller (feat. Niska et Sidiki Diabaté), pour venir éclaircir l'ensemble avec des prods qui promettent quelques déhanchés en soirée. Dans le genre, on retrouve aussi le tube DKR en bonus track de l'album.

Un album sombre et triste 

Le reste de Trône est sombre, et même triste. Mais c'est justement là, derrière le remplissage ego trip, que l'écriture de Booba se distingue et brille réellement. Il y a parfois une forme de nostalgie dans sa voix, comme s'il nous parlait de loin, depuis une autre époque. Le vocoder ressemble alors à un simple écho, et on oublie presque qu'il y en a. C'est notamment le cas sur Friday, morceau désarmant et lunaire sur le succès et le temps qui passe. "Passent les gos, passent les euros, passent les années/Passent les clashs, guerres, ma carrière est cellophanée", chante Booba comme s'il traduisait en mots la pochette de Trône, où le "roi" baisse la tête et se tourne vers le passé. Il poursuit : "Méprise le game, maîtrise le game depuis des années/Route pavée de pétales, fleur du mal n'a jamais fanée".

Autre grand moment de l'album : le couplet de Damso sur 113. Le rappeur belge s'emballe dans une logorrhée ultra technique à la Kendrick Lamar. Nous sommes track 11, déjà presque en fin d'album (sans compter les deux bonus tracks). Car à l'inverse des habitudes actuelles dans le rap, Trône est un album court et dense. Des fans s'en sont d'ailleurs inquiétés sur Twitter en affabulant sur une deuxième livraison de morceaux le 15 décembre, date de sortie pré-leak et désormais arrivée de l'album en version physique. En vrai, Booba en serait bien capable.

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Rasez-vous le crâne avec le dernier clip de VedeTT

Si VedeTT a un nom de bière, c’est pour mieux noyer sa mélancolie. Deux ans après la sortie du très pop et menaçant Tuer les gens, Nerlov, seul aux manettes du projet, se met en scène dans le clip de Get Off the Road, que l’on croirait tourné dans un photomaton transformé en confessionnal, au crépuscule de sa renaissance spirituelle. Une vidéo à découvrir ici.

VedeTT sortira Losing All, son nouvel EP, le 8 décembre chez Echo Orange et sera en concert à Bars en Trans, à Rennes, le 7 décembre, au Jokers Pub, à Angers, le 10 décembre et au Supersonic, à Paris, le 11 décembre.

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Les 17 concerts du mois à ne pas rater à Paris en décembre

 Kelela le 1er décembre à la Gaité Lyrique 

Déjà remarquée en 2016, en collaborant avec des artistes comme Solange ou le fameux Humanz de Gorillaz, et assurant les premières parties de The XX, la chanteuse et compositrice américaine est une des révélation r'n'b de l'année. Elle sera de passage à Paris pour une date à la Gaité Lyrique à ne pas manquer.

 Baxter Dury le 1er décembre au Trianon 

Le génialissime dandy anglais, qui vient de nous offrir un magnifique nouvel album, Prince of Tears, viendra conquérir la capitale française avec sa voix grave et solennelle et ces chansons où les cordes et les claviers résonnent en permanence. À ne manquer sous aucun prétexte.

Hercules & Love Affair le 2 décembre au Trabendo

Suivant leur lancée habituelle - un album tous les trois ans -, Hercules & Love Affair est revenu cette année avec leur quatrième opus Omnion. Ils seront de passage à Paris pour une date au beau milieu de leur tournée européenne. Avec leur electro-disco kitch et cool, mais jamais ringarde, la bande d'Andy Butler, bien connu pour ses performances toujours extravagantes, devrait embraser le Trabendo, d'une vague de grande liberté.

Ryder The Eagle le 4 décembre au Pop-up du label

Le live est surement une des choses que Ryder The Eagle préfère. Cet ancien batteur de Las Aves et The Dodoz a déjà sillonné les routes avec ses groupes mais aussi Adam Green avant de prendre la sienne en solo avec son projet Ryder The Eagle. Sur scène, le toulousain d'origine n'hésite pas à aller chercher son public, à danser avec lui et à décomplexer tout son auditoire. Rien de tel pour démarrer la semaine en ce lundi 4 décembre.

Melanie de Biasio le 4 décembre au Trianon

Une des artistes de jazz les plus captivantes du moment, Melanie de Biasio a conquit son monde avec son album Lilies, sorti cette année sur le label Pias. Avec sa voix de velours, la chanteuse originaire de Charleroi devrait également faire fureur dans la salle du Trianon.

The Limiñanas le 7 décembre à la Maroquinerie

Le duo originaire de Perpignan viendra présenter des morceaux exclusifs, présent sur leur prochain album prévu début 2018, avec un invité plus que prodigieux, le légendaire Anton Newcombe des Brian Jonestown Massacre. La jolie bande a concocté ce nouvel album dans le studio du rocker à rouflaquette poivre et sel à Berlin. Le premier extrait de cette collaboration de haut vol s'écoute juste ci-dessous avec Istanbul is Sleepy.

 Nouvelle Frontière le 11 décembre au Pop-up du label

Nouveau groupe très récent puisque crée au mois d'avril de cette année, le duo de Nouvelle Frontière a rapidement fait parler de lui. Avec pour mission de "te tendre les bras", Nouvelle Frontière travaille chaque live comme une expérience unique. Une célébration à ne pas manquer.

Son Little le 11 décembre à la Maroquinerie

Aaron Livingston aka Son Little viendra présenter New Magic, son dernier album aux croisement des influences blues, rock, soul et gospel, armé de sa guitare et de sa voix qui fait frissonner.

 Albin de la Simone du 11 au 15 décembre au Café de la Danse

Albin de la Simone continue ses pérégrinations à travers la France avec ses chansons douces mais faussement sages. Il sera présent cinq soirs de suites au Café de la Danse pour un live acoustique porté entre autres par les violons élégants de Maëva Le Berre et Anne Gouverneur. L'occasion de découvrir les nouveaux titres de son dernier album L’Un de nous.

 Boubacar Traore & Friends le 13 et 14 décembre au New Morning

Le bluesman malien présentera son album Dounia Tabolo, qu'il est parti enregistrer en Louisiane, dans la salle de jazz parisienne mythique du New Morning pour deux soirées de haut-vol.

Festival Magnétique Nord du 14 au 16 décembre à la Station - Gare des Mines et l'Aérosol 

Pour sa 4ème édition, le festival Magnétique Nord organisé par le Collectif MU revient pour trois soirées à la Station avec comme mot d'ordre défrichage et découverte : de la noise lo-fi expérimentale italienne avecentre autres Succhiamo le nouveau groupe de la chanteuse de J.C Satan, et des têtes de la musiques industrielle comme Not Waving et Eric Copeland. L'Aérosol sera investit la nuit du samedi pour une nuit techno avec Ancient Methods, J-Zbel, ou encore, DJ Pute Acier.

Malca le 14 décembre au Point Ephemere

Cet ancien lauréat des inRocks lab a vécu entre le Maroc et la France, Casablanca et Paris. Une double culture qu'il met à l'honneur dans son EP Casablanca Jungle, sorti ce mois-ci. Avec un mélange des styles entre hip-hop et musique chaabi, on a hâte de découvrir Malca en live.

Priestess le 15 décembre à la Machine du Moulin Rouge

Repéré par le rappeur MadMan, cette nouvelle tête de la pop italienne 2.0 qui s'est fait remarqué par ses titres Marie Antoinette et Amica Pusher, débarque à Paris. La soirée se continuera avec Peanuts et Fils de Vénus (Dj).

Lysistrata le 17 décembre à la Maroquinerie

Après avoir sillonné tout l'hexagone et le plat pays depuis septembre, le trio de potes de Lysistrata feront la release party de leur premier album The Thread avec Nursery & Robot Orchestra à la Maroquinerie.

18/12 : Jessica93 le 18 décembre à la Maroquinerie

Guilty Species le quatrième album de Jessica93, un groupe désormais bien installé dans le paysage rock français porté par Geoffroy Laporte. La première date du 15 décembre affichant complet, une date supplémentaire a été rajoutée pour les retardataires.

Julien Doré le 20 décembre à L'AccorHotels Arena

Plus besoin de présenter Julien Doré, après trois Zénith de Paris sold out en 3 semaines, le jeune français a su confirmer l'étendue de son talent scénique.

Mehmet Aslan le 23 décembre aux Nuits Fauves 

Le dj d'origine turc, aujourd'hui basé à Berlin et résident du Hinterhof Bar à Bâle, croise des musiques turques très traditionnelles à des beats électroniques. On l'aura déjà remarqué sur les mixtapes du label Disco Halal, aussi squatté par Acid Arab, et on devrait le remarquer encore plus lors de ces deux dates parisiennes : le 23 décembre aux Nuits Fauves (également le 15 décembre à la machine du moulin rouge dans le cadre des Nuits Zébrés organisé par Radio Nova).

Un joli programme avant la trêve des confiseurs.

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Il vaut quoi le nouveau U2 ?

Ces derniers mois, Bono est tombé. De vélo, déjà, pour une chute déjà plus documentée que celles du peloton du Tour de France un jour de verglas. De haut, ensuite, quand des hackers bien nourris ont associé son nom à ceux de vulgaires fraudeurs du fisc. On ne sait pas si les deux révélations quasi-divines – sur l'immortalité, l'intouchabilité, le statut ébréché d'icône à vilaines lunettes –, si ces deux chocs traumatiques ont contribué à pousser l'Irlandais vers un repli fœtal, une régression spectaculaire. Mais une chose est certaine : U2 a très nettement avancé. A reculons. Car il ne faut pas ici se laisser bluffer par la présence über-crédibilisante du rapper Kendrick Lamar sur le pourtant bon Get Out Of Your Own Way, par l'intrusion presque comique d'un auto-tune sans garde-chiourme sur l'excellent Love Is All We Have Left : le nouvel album de U2 s'appelle Songs of Experience et il faut souvent comprendre le mot “expérience” comme “routinier” au mieux, “gâtisme” au pire.

Simple et basique

Le pire, c'est que ça commence et finit très bien, par deux de ces ballades atmosphériques et humbles, par des bonaces entre deux tempêtes surjouées, que la voix dénudée de Bono habite avec puissance. La faute, sans doute, à un groupe devenu sourd à l'extérieur, qui laisse quelques jolis textes personnels comme rarement, simples et basiques comme dirait Orelsan, se perdre dans des échos de guitares normales, des stadium-rocks habituels dignes de gommeux, de crâneurs (l'intolérable American Soul), là où la retenue s'imposait souvent. Il n'y a donc pas de One sur ce quatorzième album, mais trop de chansons exaltées par déformation professionnelle, qui n'ont même plus la conviction, ou la naïveté, de jouer héroïque. La preuve : avec leur moral à plat, leur cœur grand ouvert, elles évoquent parfois un Coldplay en noir et blanc, The Verve sans trop de verve.

Chaussons et gros son

Du coup, U2 revient aux fondamentaux (même l'historique Steve Lillywhite fait partie des neuf producteurs enrôlés pendant les trois ans de chantier) et y retrouve même des jolis moments d'innocence, comme Love Is Bigger Than Anything In It's Way, Summer of Love ou13 (There Is A Light). Ce qui, finalement, est déjà beaucoup demander à un groupe qui existe depuis 1976 – même si on espérait une crise de la quarantaine plutôt que les chaussons et les gros sons.

U2 – Songs Of Experience (Island/Barclay/Universal)

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Le sensuel bouche à oreille de Mélanie de Biasio

Dans une chanson de Lillies, And My Heart Goes On, vous dites « j’inspire la ville et j’exhale de la beauté… ». Qu’entendez vous par là ?

Mélanie Di Biasio : J’adore marcher dans les villes. Seule. Je consacre toujours un moment à déambuler dans la ville où je me trouve.

Quelles villes vous inspirent le plus ?

New York, Bruxelles… C’est là où on fait des rencontres improbables.

Vos pas deviennent le métronome de vos musiques. Ce n’est dangereux de vous balader seule dans des villes inconnues ?

Il y a une part de moi même qui refuse d’avoir peur. Ou si peur il y a, de ne pas rebrousser chemin mais au contraire d’aller droit vers ce qui la provoque. C e n’est pas de la témérité mais une quête de lien. Parce qu’au fond, la montagne de la peur accouche souvent d’une souris.

L’année dernière vous avez sorti un disque au format atypique intitulé Blackened Cities qui est une suite de 25 minutes et dont on retrouve le thème sur votre nouvel album, Lillies. Cette chronologie était elle préméditée ?

En fait, je devais faire un concert au Cirque Royal à Bruxelles pour lequel j’ai répété avec mon groupe. C’est assez inhabituel car j’ai toujours peur de figer la musique en répétition. Tant qu’à répéter, j’ai voulu enregistrer de manière à pouvoir éventuellement rectifier le tir, dénouer là où ça coinçait. Sauf qu’après 20 minutes de répétition, toute la magie du groupe s’est éteinte. Or la seule façon de débloquer la situation fut de prendre un morceau du nouvel album, Gold Junkies, sur lequel je travaillais et d’en faire une improvisation, comme en situation de concert. Le résultat ce sont ces 25 minutes de musique qui constitue un voyage en soi et qu’on ne pouvait utiliser qu’en tant que tel.

Sortir en disque ces 25 minutes en disque n’a pas du être évident…

Certains ont même parlé de suicide commercial. Avant toute chose j’ai pris la peine de demander à mon éditeur, qui à l’époque dirigeait le label de jazz Impulse, ce qu’il en pensait et il m’a dit « Mélanie, si tu n’étais pas chez Pias, je signerais immédiatement. » Ensuite il a fallu que j’explique à la maison de disque à quel point ce morceau de musique improvisé venait de me laver de tout ce qui avait suivi la sortie de No Deal, mon précédent album. Combien ça m’avait fait un bien fou. J’avais aussi envie de titiller chez eux leur amour de l’improbable, de l’accident, de l’imprudence. Et la musique a parlé. Sortir ce disque m’a sauvé de l’enlisement.

Dans quelle mesure, Blackened Cities vous a t’il facilité le travail pour achever Lillies ?

Ca m’a permis de clarifier mon envie de revenir à la source mère, à la bouche et au souffle. Blackened Cities ça part d’un souffle. C’est ce que j’ai écrit en préambule : « «l’urgence de se soumettre au son », « le son humide, chaud, proche et direct ». Celui qu’émet une bouche en fait. Dans le disque certains sons de cymbales sont fait avec la bouche. C’est cette dimension là qui est vraiment nouvelle dans ce disque.

D’où vous vient cette attirance pour ces « villes noircies », dont on suppose qu’elles sont le produit d’une désindustrialisation ?

De mes pérégrinations lors de la tournée No Deal. Et d’une quête de ce qu’elles recèlent de beau derrière la dureté qu’elles affichent au premier coup d’œil. La rencontre, grâce au chanteur Arno, avec le travail d’un photographe, Stephan Vanfleteren, m’a accompagné dans cette démarche. C’est une de ses photos qui illustre la pochette de Blackened Cities.

Une photo de Charleroi, ville dont vous êtes originaire.

Mais ça c’est presque le fruit d’un heureux hasard parce que ce qui m’a d’abord frappé dans cette photo, qui a fait parti d’une exposition, c’est l’éclat, cet éclat qui surgit d’un lieu où vous n’avez pas envie d’être. J’ai vu dans cette photo l’illustration de mon propre processus de création, à savoir faire émerger l’improbable. L’autre coïncidence, heureuse, c’est que ce photographe qui était en résidence à Charleroi a fait cette photo alors qu’il était hanté par un disque : No Deal.

Sur Lillies, les musiques ont leurs racines dans le terreau du blues, du gospel, du jazz, du chant de travail. Le fait que vous veniez de Belgique implique une certaine appropriation culturelle. Qui peut être nourrit une réflexion?

Je crois que ce qui vient en premier dans ma musique, avant toute autre chose, c’est la pulsation. Et que j’aille bien ou pas bien, si je me mets à chanter, je vais d’abord chercher le bon tempo. Pourquoi cela prend assez spontanément la forme du blues ? Franchement je l’ignore. Ce que je sais c’est que ça me fait du bien. Tout est toujours une question de rythme. Commencer une histoire par « Il était une fois… », c’est déjà imprimer un rythme. Pareil pour l’improvisation. Pour moi improvisation est synonyme de construction, ce qui implique nécessairement un rythme. Dans un film, tout est fonction du montage, donc de rythme. Je suis restée cette enfant qui a besoin qu’on lui prenne la main et qu’on lui raconte une histoire en commençant par « Il était une fois… » C’est une nécessité assez basique, qui a sans doute pour source le balancement originel. Ce que je sais, c’est que j’en ai besoin. Comme beaucoup d’entre nous d’ailleurs.

La spontanéité semble essentielle chez vous ?

Ma philosophie c’est de choisir la première prise. Mes morceaux ce sont toujours la première, voire la seconde prise. Après c’est mort, c’est un truc empaillé. Je me situe à l’opposé de ceux qui fabriquent du son. J’ai enregistré Lillies couchée sous le piano avec un Shure M 58 qui le micro le plus merdique qu’on puisse trouver sur le marché. Pourquoi ? Pour aller au bout d’une vérité. Parce que j’ai besoin de me pousser dans mes ultimes retranchements. Il s’agissait de créer un cadre propice au dépassement. Sitting In The Stairwell je l’ai enregistré sur un ordinateur portable dans une soirée.

Une démarche à associer à votre passion pour les virées au hasard des rues. Pour autant, vos disques ont quelque chose de méticuleux, de maîtrisé, pas du tout hasardeux.

Je crée une bulle et à l’intérieur de cette bulle il y a cet organisme vivant qui est la musique. Sur la pochette de Lillies, il y a cette photo où je suis dans ce mouvement qui exprime cet impulse de vie. Dans cette « animation »

Lillies c’est quoi ?

C’est la fleur de lys. J’aime bien le mot, j’aime le prononcer. C’est une fleur qui symbolise la quête de pureté, de fécondité. Tout ce que ce qui est à l’œuvre dans ce disque, dans ce travail sur la bouche. Et puis Lillies c’est la fleur emblématique de Bruxelles où a été enregistré le disque. Des petites choses comme ça…

Le clip de Your Freedom is The End of Me où l’on vous voit sur un ring au milieu de catcheurs relève aussi d’une symbolique ?

Je ne voulais pas un clip de plus avec une fille dans la rue qui marche cheveux au vent. Je voulais une histoire. Il y a un vrai message dans cette chanson que je veux faire passer. L’idée c’était de suggérer non pas une confrontation entre un homme et une femme, mais entre une femme et la relation. Dans une histoire d’amour, il y a toujours ces trois éléments, toi, moi et la relation. Et je crois qu’il y a toujours profonde souffrance quand il y a confusion entre ces trois entités. Dans le clip la femme ne parle pas à l’homme, elle parle à la relation, à la névrose qui s’est emparé de la relation. On voit deux égos qui n’arrêtent pas de se péter la gueule.

D’où les catcheurs ?

A l’origine, il n’était pas prévu que je monte sur le ring. Mais j’ai assisté aux entraînements. J’ai commencé à monter sur le ring, à sentir la densité, à approcher la violence, les coups. Parce que ce n’est peut être que du catch, mais c’est quand même de la vraie violence. Ca fait parti de la comédie humaine mais avec quelques chose qui n’a rien de bidonné. La veille du tournage, je suis allé voir les catcheurs pour leur demander si je pouvais les rejoindre sur le ring parce que ça me semblait nécessaire que la femme invite l’homme à voir de près cette relation qui les pourrit.

Comment est venue cette idée du catch ?

En marchant dans le parc des Buttes Chaumont. Petit à petit mon pas a pris la cadence de celui d’un boxeur ou d’un catcheur à l’entraînement ou d’un catcheur et l’idée a surgit. Ce clip met en scène quelque chose qui parcourt tout l’album, la primauté de la relation dans un rapport amoureux.

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Graham Coxon, guitariste de Blur, sort en solo un single surprise

C'est par intermittence que l'on retrouve Graham Coxon, au rythme des reformations/séparations de Blur et de ses propres aventures solos dans un rock lo-fi, de guingois, ultra personnel. Son dernier album en son nom, A&E remonte à 2012, son dernier coup de guitare avec Blur à 2015 et il fallait suivre la chaîne anglais Channel 4 pour, cette année, entendre ses musiques dans la série d'humour noir The End Of The Fucking World. C'est donc par surprise qu'il revient avec Falling, disponible le 1er décembreen téléchargement et le 15 décembre en 45 t et, au bénéfice de l'association CALM (Campaign Against Living Miserably), qui vient en aide aux jeunes hommes dépressifs et lutte contre le suicide.

Le morceau est en écoute ci-dessous :

Le mélancolique Falling a été écrit par Luke Daniel, un jeune père et aspirant songwriter qui s'est suicidé l'an passé. Sa version de la chanson est incluse sur le single. Le suicide est la cause de décès la plus répandue chez les hommes de moins de 45 ans au Royaume-Uni.

A l'occasion de son album solo The Sky Is Too High en 1998, Graham Coxon avait longuement évoqué ses propres épisodes dépressifs dans une interview aux Inrocks. “A cette époque-là, je ne sortais plus, je ne voyais plus personne. Je passais mon temps à regarder la télé en buvant du café. C'est dans ces moments-là que j'ai composé l'album, ma vie avait besoin d'un peu de beauté, de quelque chose positif. C'était une fenêtre pour me sortir de ma dépression… Car pendant de longs mois, je suis devenu… étrange… J'avais arrêté de boire et je ne savais plus comment me comporter. Je ne parlais en fait qu'à mon journal intime. Mais il fallait que je purge mon sang de ces chansons, que ces idées noires cessent de torturer mon cerveau.

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30 morceaux qu'il ne fallait pas pas manquer en novembre

Bon, c’est la fin du mois du novembre. Il fait aussi froid que dans le cerveau de Ian Curtis, tout le monde a envie de partir en vacances au bord de la plage et sous les cocotiers, mais pas le choix : il faut bien gagner sa croûte. Consolez-vous, notre t30t est là pour vous réconforter. Enfin, au moins un peu.

Entre des ambiances détendues et tropicales (Myth Sizer, Dita Von Teese), des plages de mélancolie un peu lacrymales (Chaton, Pale Grey, Tomalone) et quelques décharges de violence bienvenues (Jessica93, The Soft Moon), il y a là de quoi vous faire passer par toutes les émotions possibles. En gros, novembre a été fort en extrémités gelées et en morve, mais aussi en bonne musique. De notre coté c’est plus ou moins tout ce qui importe, donc voilà. Amusez-vous bien, dansez, buvez, et à très bientôt pour de nouvelles aventures.

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