Actu musique

28 novembre 2017

Après qu'il a leaké, Booba précipite la sortie de son album

Centurion, Friday, Drapeau Noir… Ça vous dit quelque chose ? Ce sont quelques-uns des 15 titres du nouvel album de Booba, Trône, qui une fois sorti ne quittera plus les oreilles de certains. Et ce moment arrive plus tôt que prévu.

Car Trône se balade sur la toile depuis quelques heures maintenant. Source du leak ? Inconnue. La date de sortie était fixée au 15 décembre mais Booba vient de l'avancer – sur les plateformes de streaming – au 1er décembre. Une annonce faite via son compte Twitter, qui s’accompagne de la tracklist officielle de ce nouveau long format, sur laquelle on peut y voir la participation de Damso, Niska ou encore Gato. La date de sortie physique de Trône reste toutefois inchangée : rendez-vous toujours fixé au 15 décembre.

1. 12. 17. #TRŌNE pic.twitter.com/BUx57UC6Tl

— Booba (@booba) 28 novembre 2017

On en profite aussi pour vous rappeler que Booba donnera un concert exceptionnel et unique en octobre 2018. Toutes les infos sont a retrouver ici.

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Le Printemps De Bourges dévoile ses premiers noms

Ça y est, on connaît les premiers artistes à avoir confirmé leur présence au Printemps De Bourges 2018. En attendant la liste complète qui sera dévoilée le 1er février prochain, on peut d’ores et déjà vous dire que du lourd est prévu sur la grande scène du W, tout comme pour le Week-End Electro (Happy Friday & Rock'n'Beat - qui fête ses 10 ans cette année)

Début de semaine

Le mardi 24 avril sera réservé à la chanson française, et, ont confirmées leurs présences, deux grandes dames de la discipline, Véronique Sanson et Catherine Ringer, ainsi qu’une troisième – en phase de le devenir – Juliette Armanet, l’une des révélations de cette année.

Le lendemain, mercredi, on pourra assister à la performance du soulman anglais Rag’N’Bone Man, à celle du duo Brigitte, au live de la formation canadienne Walk Off The Earth ; les L.E.J seront également présentes.

Le hip-hop en force

Le jeudi sera réservé à la scène rap et hip-hop. Pour le moment, sont attendus, en plus de la paire belge Cabalerro & JeanJass, un autre citoyen du plat pays, le brillant Damso (dont on est encore sous le charme de son dernier freestyle au micro de France Inter). Côté français, Dj Weedim – figure très importante du rap français – viendra avec Biffty (accessoirement neveu de Michel Gondry), un proche de Vald et de la légende Alkpote. Le dernier nom qu’on vous propose, n’est autre que celui de… Orelsan !

Le Happy Friday (vendredi) de cette année, qui s’annonce très éclectique, a su réunir des artistes comme Shaka PonkIbeyi (qui enchantaient la scène du Casino de Paris lors de leur passage aux Inrocks Festival), Synapson et Mat Bastard ou encore Hollysiz et Alice Merton. Un live de Polo & Pan, un DJ set de Feder, et Hollie Cook, dont on attend le troisième album avec impatience, complètent ce casting.

Samedi électronique

En plus du line-up déjà excellent pour le hip-hop, les fans de musique électronique seront aussi comblés. On ouvre tout de suite le bal avec le “papa de l’électro française”, Laurent Garnier, directement suivit par Amélie Lens, Nina Kraviz et Ann Clue. Denzel Curry, Joris Delacroix, Boris Brejcha et Rone (de la maison InFiné) viendront ensuite ; tout comme le Stand High Patrol. Concernant les concerts du dimanche, on peut juste vous annoncer celui de Big Flo & Oli.

On vous laisse avec le premier teaser de l'événement :

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Eddy de Pretto, l'ascension du game à voix nue

“Je m’appelle Eddy de Pretto et je suis sur tous les réseaux sociaux.” Sur la scène du théâtre de Villefranche-sur-Saône, élégant, bonnet sur la tête, pantalon taille haute et chemise ouverte sur T-shirt blanc, Eddy de Pretto enclenche son iPod et lance un instrumental. Disposé sur la droite de la scène, son batteur au groove tranquille lui emboîte le pas et joue une rythmique hip-hop.

De Pretto s’avance. Son corps s’étend, s’arc-boute, son bras droit s’avance dans l’air. Et la voix sort. Puissante, très puissante même, propulsée avec force depuis l’abdomen. Lyrique aussi, charriant dans ses “r” roulés des faux airs de Nougaro et cette façon de chanter le français à tue-tête, à pleins poumons.

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Avec son premier album, Renart torpille les clichés de la techno

À quelques heures de son concert au New Morning, à Paris, le garçon a le sourire aux lèvres. Son premier long format, Fragments Séquencés, est sorti depuis quelques jours, et Renart (alias emprunté au Roman de Renart), semble heureux. Il sirote tranquillement son café. “Ma mère me lisait souvent ce livre quand j’étais petit, raconte-t-il. Elle m’a transmis un certain intérêt pour le Moyen-Age, et aussi, pour la littérature. Puis, quand j’ai commencé le projet Renart, le délire de base c’était de faire de la techno moyenâgeuse". 

En continuant sur ce même thème, l’artiste détaille avec plus de précision ce qui l’a poussé à embrasser ce surnom, soufflant même quelques mots de philosophie : “Renart est à la fois un seigneur du Moyen-Age et un paria. Lévi-Strauss a identifié le personnage comme étant la figure du décepteur - “celui qui trompe, qui trahit“. C’est à la fois quelqu’un qui fait rire et qui peut être cruel. C’est un personnage ambivalent ”. Cette ambivalence, justement, est une notion clef pour comprendre à la fois la musique de l’artiste, et l’homme qui se cache derrière.

renart-melchio-tersen-1.jpg ©Melchio Tersen

Renart, l’anticonformiste

“Je n’arrive pas du tout à me conformer, à faire ce qu’on voudrait que je fasse”, concède le producteur. Une affirmation qui se colle aussi bien à sa musique qu’à ses goûts. Lui, ce “fan des reconstitutions du début de la Renaissance”, a pris goût à la musique via un disque pour le moins atypique : “Quand j’étais jeune, j’écoutais un CD de reconstitution de musique de la Grèce Antique. Il m’a énormément influencé. J’adore son côté ultra dark ”.

Pourtant, quand on écoute la musique de Renart, son attirance pour l’Histoire n’est pas aussi frappante que quand il en parle.

“C’est une des ambivalences dont je parlais tout à l’heure. Avec le projet Renart, j’ai envie d’utiliser tous les codes sonores actuels. Le message que j’essaye de délivrer reste assez intemporel. Du coup, il peut rappeler le passé, il peut être référencé. Il y a ce double-jeu.” Un processus de création peu commun, qui a su séduire plusieurs labels.

renart-melchio-tersen-7.jpg ©Melchio Tersen

Des labels et des amis

Depuis 2010, ils sont deux à s’être acoquinés avec le canidé. “Légèrement en premier ” la maison lyonnaise Dawn Records, qui s’est faite porte-voix de deux EP, Et les rêves Absents et De Bellvm Civille (qui emprunte son nom à un livre écrit par Jules César). Puis, la troupe parisienne de Cracki Records, d’abord tombée sous les Petits Charmes (EP) de Renart, avant de s’engager sur un plus long format, Fragments Séquencés, donc. “Tout s’est fait ultra naturellement des deux côtés, ils sont devenus des amis, mêmes. Dans ces conditions, c’est carrément plus agréable de faire de la musique. Ils me connaissent bien, on se fait confiance ” sourit l’artiste.

Alors qu’avec ses amis lyonnais le DJ se permet de “plus mettre en avant des choses extrêmes”, ses productions pour Cracki se veulent plus “mélodiques”. D’où le choix de la maison parisienne, pour la confection d’un premier album : “Je ne voulais pas que l’album soit monotone, alors j’ai essayé de brosser tout le spectre de ce que je savais faire. Vu que j’avais déjà sorti quelques EP avant, il fallait que je fasse une sorte de mini-anthologie, avant de pouvoir réellement passer à autre chose. J’avais besoin que chaque morceau représente une partie différente de ce que j’avais fait”.

renart-melchio-tersen.jpg ©Melchio Tersen

La confection d’un premier album

Au milieu de ce processus de création, deux personnes ont joué un rôle important pour le canidé, François et Kraft de Cracki. D’abord pour définir quelle serait la tracklist finale, surtout, en tant qu’“oreilles extérieures” : “C’était marrant d’élaborer ce projet à trois, même si c’était moi qui choisissais les éléments qui me paraissaient indispensables. Ça m’a permis de faire quelque chose d’ouvert aux autres, que l’album ne soit pas totalement autistique de ma personne”. Des témoins privilégiés à la création de ce long format, que Renart aura mis “un peu prêt un an” à faire.

Un premier album donc, dont la création s’aborde différemment de celle d’EP : “Je ne voulais pas faire une autoroute techno. Je le voyais un peu comme les albums de rock progressif : tu commences à la chanson une et tu finis à la dernière. Ça a été vachement dur d’arriver à quelque chose de cohérent, et en même temps, avec des matières différentes”. Une entreprise parfois ponctuée de moments “de doutes” ou “difficiles”, qui aura permis au goupil de “laisser libre-court à toutes les autres choses que je fais quand je crée de la musique, mais que je ne peux pas forcément montrer”.

cover-renart.jpg Cover Fragments Séquencés by Jean Phunk

Frangments Séquencés

De cet album, parlons-en. Pourquoi ce titre ? “Je me suis imaginé ce qu’il se passerait, si un jour, on trouvait une partition musicale ancienne sur une exoplanète, et qu’on devait la réinterpréter. D’ou le sens de Fragments Séquencés : c’est une machine qui pourrait lire les Fragments et qui en ferait une réinterprétation libre. Mais, quelque chose de non humain quoi ”. Une démarche empruntée à l’archéologie musicale, qui retrace la vie d’un personnage appelé Singifus Pontifex :

“L’introduction (Cyber-moineaux et Souvenirs miroirs) accompagne l’arrivée du personnage sur la planète. Ces morceaux représentent une certaine forme d’adolescence, il y a quelque chose d’assez naïf. Ensuite le passage de Musette Pénitence à La Prise du Pouvoir, le corps de l’album, représente l’accession de Singifus Pontifex aux hautes fonctions de l’Etat. Ils expliquent aussi, comment le pouvoir le pervertie, le rend cruel, voire même un peu fou. La fin de l’album s’éloigne du personnage pour regarder l’ensemble. Comment, après sa mort, les gens l’ont mythifié, sans vraiment savoir qui il était. ”

Cette histoire s’accompagne d’un univers musical tout aussi précis, qui se balance entre plusieurs horizons, plusieurs périodes. Selon la même organisation décrite plus haut, l’introduction est plus douce, plus lente, et s’apparente à un son, tout droit tiré “du psychédélisme des années 70”. Le corps de l’album, quant à lui, gagne en puissance et en noirceur, à la façon d’une techno industrielle, aux BPM plus élevés.

La dernière partie, plus orientale – particulièrement avec Le Culte de Noire-Vouivre – prend son inspiration dans “une gamme plus indienne”. Une initiative pensée avec le saxophoniste du conservatoire de Paris Axel Rigaud, qui, une nouvelle fois, fait écho à l’histoire : “Dans l’Antiquité, l’Orient représentait déjà quelque chose de mystique et de sombre, en même temps très attractif ”, explique l’artiste.

Et pour la suite ? Renart nous annonce “des projets bien fats” à venir, notamment “une tournée qui commencera sans doute à partir de février ou mars”.

renart-rebekka-deubner-2.jpg ©Rebekka Deubner

Fragments Séquencés est disponible sur Apple Music.

Renart sera de passage à la Gaîté Lyrique le 27 janvier prochain.

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Lomepal se ridiculise dans un hôpital psychiatrique pour le clip de "Club"

Après avoir sorti il y a quelques jours le titre inédit "Club", Lomepal ne relâche pas la pression, et diffuse le clip qui illustre ce morceau, extrait de la réédition de "Flip", album dont nous parlions ici avec le plus grand bien. Pour l'occasion le rappeur se met en scène dans un concert donné au sein d'un hôpital psychiatrique. Evidemment l'ambiance est plus que calme, ce qui n'empêche pas Lomepal de se donner à fond, et même un peu plus… Créant ainsi une gêne palpable  parmi les autres participants. Bref un clip qui ne ferait pas tache sur malaise tv

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Safia Bahmed-Schwartz rend hommage à Kanye West avec "Sight", son nouveau morceau

Dans le petit texte qui accompagne son nouveau titre, Safia Bahmed-Schwartz est présentée comme "la fille cachée de Mylène Farmer et de Booba". Ça relève de la formule mais ça fait sourire, surtout quand on découvre le nouveau titre en question, Sight. Le morceau et son clip partent toutefois d'une situation réelle et plutôt sérieuse : "Il y a un an maintenant, raconte Safia Bahmed-Schwartz dans le même texte, Kanye West, en plein burn out, était hospitalisé. (…) J'ai voulu revenir sur un mal qui touche beaucoup plus qu'on ne le croit en lui rendant hommage. Avec Micha, jeune réalisateur parisien, on s'est inspiré du court métrage qu'avait réalisé pour lui - et avec lui - Steeve Mc Queen, et qui a été retiré d'internet depuis."

Un programme que Safia Bahmed-Schwartz propose de poursuivre sur scène, à Paris, le 30/11 au Centre FGO Barbara puis le 14/12 au Palais de Tokyo. La suite sera la sortie d'un nouvel ep en janvier.

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Tricky continue d’explorer ses propres zones d’ombre sur l’envoûtant "Ununiform"

Pourquoi as-tu décidé de déménager à Berlin ?
J’y habite depuis deux ans maintenant. Il y a un rythme très calme, très lent, sans le bruit des voitures. J’ai juste eu envie de vivre là-bas. Si je vis près de trop gens que je connais, j’ai trop de distractions. Je préfère être seul.

Dans quel état d’esprit as-tu composé Ununiform ?
Je venais de finir une tournée. Les chansons Obia et Wait for Signal ont environ sept ans. Quand j’entre en studio, je ne sais jamais quelle tournure ça va prendre. Tout ce que je savais, c’est qu’il n’y aurait pas plus de treize morceaux au final. Le son se crée tout seul.

Ça t’arrive de réécouter ta musique ?
Non, jamais. Si je réécoute Pre-Millenium Tension, Maxinquaye, ou Nearly God, je ne les reconnais pas. C’est comme si ce n’était pas ma musique, comme si je ne pouvais plus me reconnaître. Pas seulement dans les paroles, mais aussi dans les sonorités et l’ambiance. Dès que je sors un album, il ne m’appartient plus. Pour Ununiform, on me demande beaucoup d’interviews, presque autant que pour Maxinquaye, et dans plein de pays. C’est bizarre. C’est peut-être parce que ce nouvel album est un peu moins étouffant que les derniers. On vit une période assez sombre comme ça - je me suis dit que je n’allais pas en rajouter ! (rires)

Tu te sentais plus léger ?
Je n’étais plus sous pression. Ces dernières années, j’ai eu un problème d’impôts en Amérique et un mec m’a fait un procès pour me réclamer une grosse somme. Je n’ai jamais voulu être millionnaire. Je n’ai qu’un petit appartement, avec un petit studio dans un coin, pas de voiture… C’est la première fois de ma vie que j’ai été obligé de faire en sorte de gagner une certaine somme par an. Mes trois derniers albums ont payé tout ça. Pour Ununiform, j’ai pu prendre mon temps pour peaufiner comme je voulais. C’est la grande différence avec mes albums précédents.

Que recherches-tu quand tu composes ?
J’ai de la chance de ce côté-là. Hier, j’ai joué pour la première fois When We Die en live. C’est un morceau qui hante, à la fois sombre, magique et doux. Quand on écoute du vieux blues, comme Billie Holiday, on n’entend pas que de la musique : il y a quelque chose qui flotte dans l’air. C’est exactement cette énergie que je recherche, sinon la musique ne m’intéresse pas.

Comment vis-tu tes concerts ?
C’est un peu comme une méditation. On est là et ailleurs en même temps. Parfois, on part loin et puis on revient. On ne pense à rien, ni au passé ni au futur. On est simplement dans le moment présent.

Que penses-tu de ta voix ?
Je ne m’en occupe pas et je n’y pense pas. C’est étrange : c’est pourtant grâce à ma voix que j’ai fait de la musique. Je l’oublie souvent parce que c’était il y a très longtemps, mais l’une des raisons qui m’a fait décrocher un contrat avec une maison de disques, c’est le son de ma voix sur la chanson Aftermath. Je mets ma voix parce que je m’y sens un peu obligé pour faire mes propres albums.

Tu ne te vois jamais comme un chanteur ?
Non. J’aimerais pouvoir chanter comme Billie Holiday, ou Kate Bush. Voilà ce que j’appelle de vraies chanteuses.

Tes albums comportent toujours des voix féminines. Aimes-tu écrire du point de vue d’une femme ?
Je n’y pense pas vraiment. Ça arrive tout seul. J’ai été élevé par des femmes. Il n’y avait pas beaucoup d’hommes dans mon entourage quand j’étais petit. C’est peut-être pour ça.

Comment est née cette passion pour la musique pendant ton enfance ?
C’est la seule chose que je pouvais faire. C’était soit ça, soit un job que je n’aurais pas aimé. La musique a toujours été une partie importante de ma vie. Quand j’avais quinze ans, j’ai commencé à aller à des concerts de blues et de reggae, parfois dans des clubs illégaux. J’ai composé mes premières chansons quand j’avais quatorze ans. Tout s’est passé très vite. J’ai commencé à écrire, puis des gens m’ont proposé de mettre ma voix sur leurs chansons et j’ai eu un contrat avec un label. La musique est venue à moi, plutôt que l’inverse.

album Ununiform (False Idols/!K7)
concerts le 15 décembre à Paris (Elysée Montmartre) et le 16 à Strasbourg

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Si vous n'avez pas vu King Krule en concert, vous avez probablement raté votre vie

20h, la nuit est tombée sur la capitale. Sur un trottoir de la rue de Clichy, quelques courageux bravent le froid, fument leurs cigarettes et finissent leurs canettes de bière. Une voiture de police traîne dans le coin, observe la foule d’un oeil méfiant et fouille vaguement quelques kids avant de repartir, sans succès. Ce dimanche, 1500 personnes ont décidé de sacrifier les ondes de leur radiateur et le Monaco-PSG pour écouter King Krule au Casino de Paris.

Une fois entré dans l’enceinte du bâtiment, pas de grande surprise : l’age moyen du public oscille autour de 25 ans. On se doute donc que chacun a grandi en écoutant le premier album d’Archy Marshall, paru en 2013. Désormais, les poils de barbe ont - un peu - poussé et le jeune Anglais a sorti The Ooz, qu’il s’apprête à défendre sur scène. On rate avec regret la première partie du concert, Horsey, pour cause de foule au bar ; et c’est donc directement King Krule qui nous accueille sans un bonjour, ni un merci.

Une publication partagée par Muriel Silaire (@mur_sil) le 26 Nov. 2017 à 14h30 PST

Sa fidèle Mustang au poing, le chanteur lance Has this Hit ?. Si la balance du son est parfaite, si la voix et les musiciens sont excellents, le concert a un peu de mal à se lancer. Il faudra attendre le troisième morceau (donc pas très longtemps) pour que la tuerie Dumb Surfer fasse décoller le set. Entre ses relents punk et bossa-nova, ses éclats de saxophone et ses transitions modulaires, le morceau met tout le monde d’accord. Archy Marshall semble n’avoir jamais été aussi impliqué, aussi habité que ce soir. Arpentant la scène et crachant dans son micro, le musicien danse, titube, agite brusquement sa guitare. Son groupe le suit sans aucune fausse note jusqu’à la fin de The Locomotive, qui marque une pause bienvenue. Là, un roadie apporte à King Krule un piano, et le chanteur se transforme en crooner/rappeur/jazzman. Comme d’habitude, on ne sait pas trop quel qualificatif lui attribuer. Tout ce qu’on peut dire c’est que l’enchainement The Logos / Sublunary est magnifique. Et que la décharge qui suit sur Rock Bottom l’est tout autant, ravivant de doux souvenirs de jeunesse.

Une publication partagée par Camille Cardot (@camillect) le 27 Nov. 2017 à 0h33 PST

Ensuite, Archy Marshall déroule. Tout en urgence, le chanteur balance les titres les plus puissants de The Ooz, ne s’interrompant que pour marmonner le nom de certains morceaux. Les musiciens sont, on le répète, excellentissimes, chaque chanson est parfaitement revisitée et les minutes fuient sans que l’on s’en rende compte. Vient finalement l’heure de l’au revoir sur Easy Easy, qui résonne comme un véritable hymne dans le public, puis du rappel sur Out Getting Ribs. Et là, très sincèrement, même avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de trouver les mots. D’abord, la partie de guitare de ce morceau est sûrement l’une des plus belles de la musique des années 2010. Ensuite, King Krule chante ce soir comme si sa vie en dépendait, et ne laisse aucun répit aux frissons qui parcourent l’échine du public. Enfin, ce même King Krule explose sa Mustang sur le sol au moment de la dernière note. Puis il s’éclipse sans dire un mot.

Cet instant de rage pure laisse le public parisien complètement hébété. Chacun ressort de là un peu sous le choc, sans trop comprendre ce qu’il s’est passé, ce à quoi il a assisté. Et la réponse, finalement, est assez simple : il s’agissait juste là d’un des plus beaux concerts de l’année 2017.

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Bagarre revient avec "Béton armé", nouveau single plutôt solide

Deux ans déjà ont passé depuis Musique de club, l'ep avec lequel on s'était pris Bagarre en pleine face. Les cinq parisiens, eux, ont pris leur temps, ont beaucoup travaillé (notamment dans une maison à la campagne, au calme, détail qu'on ne remarque pas trop à la première écoute), et les voilà qui reviennent avec Béton armé, le premier single d'un premier album à paraître le 23 février prochain.

Le morceau est livré avec un clip signé Helmi. C'est plein de couleur et d'idées, comme la musique de Bagarre en général et Béton armé en particulier. La suite arrive bientôt, toujours via le label Entreprise.

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Live à Fip : Alpha Blondy & Toots and the Maytals

Photo by Barbara Zanon Redferns via Getty Images Diffusion des concerts de Alpha Blondy & Toots and the Maytals enregistrés au Sunsplash en 2017

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