Actu musique

24 novembre 2017

Quelque part entre l'Australie et la Bosnie-Herzégovine, il y a Hector Gachan (ton nouveau meilleur pote)

“La chanson ‘Balkan Boy’ c’est, en gros, moi quittant Sarajevo pour Sydney à 19 ans et me retrouvant comme un no land man”, lâche Hector Gachan dans un fou rire, avant de renchérir quelques secondes plus tard : “Un no land man, mec ! Tu vois le jeu de mots ? Je me suis senti comme un outsider.” Il peut bien s’esclaffer de l’autre côté du combiné, on devine les cicatrices.

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Le label Tigersushi sort la compilation "Musique ambiante française Vol.1"

L’ambient, dont la définition demeure aussi évanescente et atmosphérique que l’expérience d’écoute qu’elle sous-tend, bénéficie ces jours-ci d’une cote de popularité qui, au-delà de l’effet de mode, s’explique par la présence hégémonique de la techno dans la musique électronique : “L’ambient est le pendant de la techno, explique Joakim, le fondateur de Tigersushi à l’origine de la compilation. Il y a toujours eu dans les raves des chill-out rooms pour décompresser, les deux sont hyperliées et cette association est toujours valide.”

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Parcequ'on ne l'a jamais oubliée : réédition de la discographie de Lhasa De Sela dans un album intégral

Dans le deuxième album de Lhasa de Sela, The Living Road, il y avait cette chanson titrée Para el fin del mundo o el año nuevo, “Pour la fin du monde ou le nouvel an” – et ce furent les deux mon capitaine, puisque Lhasa a rendu l’âme à l’âge de 37 ans, vaincue par le cancer, le 1er janvier 2010. Un ange est passé. De son vivant, la chanteuse américano-mexicaine basée à Montréal a sorti trois albums : La Llorona en 1998, The Living Road cinq ans plus tard, puis Lhasa en 2009.

De l’histoire ancienne ? Sauf qu’on ne s’est jamais vraiment consolés de la mort de Lhasa, ni remis de ses chansons. Qu’on n’a jamais cessé d’y revenir, et qu’on envie ceux qui vont les découvrir maintenant, à la faveur de la réédition de sa discographie (aussi en vinyle pour le premier album), de la sortie d’un live inédit et d’un grand concert hommage à la Philharmonie de Paris.

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Le catalogue du label ECM est désormais disponible en streaming

Dans l’univers du jazz, des musiques improvisées et du classique contemporain, l’annonce a fait l’effet d’une bombe. Depuis le 17 novembre, la totalité du catalogue du label ECM est désormais disponible sur toutes les plateformes de streaming, et les longs silences qui inaugurent une grande partie des enregistrements ECM depuis presque cinquante ans connaissent ainsi une nouvelle vie numérique. Sans parler des merveilles qui les suivent.

Enfin libre

Fondé en 1969 à Munich par Manfred Eicher et Karl Egger, ECM (acronyme de Edition of Contemporary Music) est devenu au film des années et des enregistrements mythiques l’une des cellules de création les plus singulières et fertiles de l’histoire de l’industrie musicale. Le premier album publié par ECM était signé du pianiste de jazz Mal Waldron, et son titre, Free at last, semblait un incipit parfait pour l’aventure qui allait naître. Très vite, les noms de Paul Bley, Gary Burton, Chick Corea, Don Cherry, Art Ensemble Of Chicago allaient agrandir cette écurie d’exception, sans parler de Keith Jarrett et son fameux Köln Concert de 1975, qui s’écoulera à plus de trois millions d’exemplaire et fera la fortune d’un label originellement voué à la confidentialité.

Mystérieux

En accueillant en parallèle des monstres de la musique contemporaine comme Steve Reich, ECM a élargi son champ d’influence, conduisant en 1984 à la création d’une division baptisée ECM New Series, dont la star absolue deviendra Arvo Pärt, compositeur estonien aussi prolifique que mystérieux, dont certaines œuvres comme Tabula Rasa, seront également des best-sellers.

Réputé pour la qualité sonore prodigieuse de ses enregistrements, pour ses œuvres savamment articulées ainsi que pour ses pochettes minimalistes et ses livrets riches en informations, ECM n’était pas a priori configuré pour le flux désordonné et intempestif de l’écoute en streaming. Mais les curieux un peu intimidés par le continent en soi que représente la firme indépendante allemande tiendront là une bonne occasion d’y tremper une oreille. Et il y a de fortes chances pour que certains d’entre-eux s’y noient à jamais, avec beaucoup de sensations fortes et de bonheur à la clé.

L'intégralité des enregistrements ECM est disponible sur Apple Music

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Voici venu “Souvenir”, le premier extrait du prochain disque de Feu! Chatterton

Il y a un peu plus de deux ans, Feu! Chatterton, l’association de cinq trublions (Arthur, Raphaël, Sébastien, Clément et Antoine), lâchait un premier album, Ici le jour (a tout enseveli) - la suite logique de leur EP Feu! Chatterton. En peu en amont de cette parution, on en profitait pour les rencontrer dans un luxueux studio de Göteborg (où ils enregistraient ce premier disque), pour parler de leur ascension fulgurante.

Seulement quelques mois après cette première entrevue, on en profitait, une nouvelle fois, pour s’entretenir avec eux, en marge de leur concert au Trianon de Paris. Une occasion toute choisie, alors que leur tournée battait son plein.

Retour à aujourd’hui ; jour choisi par la superformation pour (enfin) lâcher Souvenir, premier extrait d’un prochain disque à venir. Pour l'écouter, il vous suffit de vous rendre sur ce lien Apple Music. Comme on ne pas vous laisser finir ce papier sans rien écouter, voici un extrait que le groupe a partagé sur son compte Facebook :

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La Brabançonne by Damso ?

“Merci pour cette belle publicité les copains, là si j’annonce un album j’peux battre Orelsan qui sait ?” Ainsi s’exprimait Damso le 22 novembre en légende d’un post Facebook compilant plusieurs titres de presse sur “la polémique”. Le choix de l’Union belge de football de lui confier la composition de l’hymne des Diables rouges en vue du Mondial 2018 a fait grincer des dents. Surtout celles de Viviane Teitelbaum. Dans un billet de blog, la présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique donne un “carton rouge à Damso”.

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Vous aimez la musique africaine des années 70-80 ? Vous aimerez le label Habibi Funk

Dans les bacs, les amateurs de musiques un peu rares et exotiques ont commencé à repérer les disques du label Habibi Funk : belles pochettes sobres avec photo vintage en noir et blanc, et titres écrits en arabe sur la pochette. Tout concorde : en activité depuis 2015, ce label berlinois (émanation d’un autre label, Jakarta Records) a pour mission d’exhumer, compiler et rééditer des morceaux pop (au sens large, de l’ère pop) enregistrés dans les années 1970-80 dans le monde arabe, du Maroc au Soudan.

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The Jazz Butcher, Peter Broderick, NxWorries... en accéléré

Ce n’est pas seulement parce que les frimas l’imposent qu’il faut se gaver de sirop contre la toux. Quitte à l’allonger à la gnôle des campagnes, histoire de rendre plus flous les contours, léthargiques les sons, ralenties les visions. On en aura besoin pour accompagner de jolis disques assoupis. Avec ou sans Nils Frahm, Peter Broderick partage ce trait avec Max Richter : une capacité à enchaîner les projets tout en prodiguant la musique la plus apaisée, voire réparatrice, de l’époque. Comment peut-on ainsi tenir une allure de sprinteur punk tout en jouant à la façon d’un paresseux sur un arbre en mousse ? Ce qui sidère sur cet album compilant des projets sans liens (BO de films, musiques de ballet, pièces pour mariage…), c’est la cohérence de l’esprit et du son. L’Américain joue tout, c’est souvent mystérieux, nébuleux, mais toujours prenant. C’est surtout cette façon d’illuminer la mélancolie de l’intérieur, de faire sourire le spleen, avec cette discrétion laconique réservée aux amis de la nuit.

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Le compositeur Marc Mélia rend hommage au Prophet, avec ses "Music For Prophet"

Il y a les groupes qui écrivent leurs albums sur une histoire d’amour passée, ou ceux qui les dédient à un être cher. Et puis il y a Marc Melià, compositeur né à Majorque désormais implanté à Bruxelles, dont les onze titres du premier album ont été créés en l’honneur du Prophet, l’un des synthétiseurs phares de la musique analogique.

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Tommy Keene, mort d’un chanteur discret

C’était un nom qui n’occupait jamais les têtes d’affiche, mais qui figurait souvent sur les pochettes de ses amis Paul Westerberg, Robert Pollard ou Peter Buck de R.E.M. Tommy Keene, qui vient de mourir dans son sommeil à l’âge de 59 ans, était une figure constante de ce genre typiquement américain qu’est la power-pop, auteur d’une douzaine d’albums solo en 40 ans de carrière, après avoir commencé comme guitariste au sein des oubliés The Rage ou The Razz de Washington D.C.

Originaire du Maryland, Keene aurait rêvé devenir guitariste de Bruce Springsteen, son idole, mais il devra se contenter d’occuper l’ombre d’artistes moins célèbres et de bâtir une petite œuvre estimable qui ne dépassera jamais vraiment les frontières U.S., à l’intérieur desquelles il tournait inlassablement, souvent en première partie des Replacements ou de Matthew Sweet. En 1984, il avait frôlé la gloire avec Places that are gone, extrait du EP du même nom, qui se classa parmi les meilleures ventes des charts indépendants durant quelques semaines.

Ce coup de projecteur lui avait valu de signer chez Geffen pour deux albums aux succès mitigés. Une fois ce coche raté, il poursuivra à son rythme une carrière de songwriter plutôt plaisante, formant en parallèle un éphémère duo avec Robert Pollard (Guided By Voices) sous le nom de The Keene Brothers.

Tommy Keene avait publié son dernier album, Laugh in the dark, en 2015.

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Un nouveau clip très coloré pour Sufjan Stevens

Timing parfait pour le chanteur à la voix de velours. Sufjan Stevens partage aujourd’hui sa nouvelle vidéo, The Greatest Gift, au même moment que sa mixtape The Greatest Gift—Outtakes, Remixes, & Demos from Carrie & Lowell voit finalement le jour – initialement, elle était attendue pour octobre.

Dans cette vidéo réalisée par Sufjan Stevens himself, le chanteur a opté pour le slow motion, compilant photos et autres illustrations papier, pour la plupart, ayant une connotation religieuse. Comme souvent avec cette technique, le résultat donne lieu à quelques situations cocasses, qui se ponctuent régulièrement de sourires.

La mixtape The Greatest Gift—Outtakes, Remixes, & Demos from Carrie & Lowell est disponible sur Apple Music.

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KillASon lâche "Blow", un nouveau titre très politique

KillASon a la particularité d'être un jeune rappeur français s'exprimant en anglais. Son nouveau titre Blow ne déroge pas à la règle.  Ce qui ne l'empêche pas de fustiger la politique migratoire et le climat de haine et de défiance actuel. "Définir les migrants comme des animaux est désespérément normal/les médias surnomment la ville de Calais la jungle" lâche-t-il en ouverture.

Le réalisateur, Mathieu Brelière, explique avoir eu un coup de coeur pour KillASon lors de son passage à Solidays. "Ce que j’ai découvert ce soir là c’est un mélange d'Iggy Pop, de Tricky, de Die Antwoord et de Wu Tang, le tout en maîtrise totale du son,du flow, et de la performance. J'ai compris l'esthétique, la construction et la sobriété nerveuse qui composent l'artiste." L'ayant vu au festival Art Rock à Saint-Brieuc au printemps dernier, on ne peut qu'acquiescer.

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Le clip fou d'OK Go avec 567 imprimantes

Certes la musique d'Ok Go ne nous a jamais fait grimper au rideau, mais les clips du groupe sont toujours délirants. La preuve avec la vidéo de leur nouveau titre "Obsession": pour l'occasion, 567 imprimantes forment deux murs, et crachent du papier de toutes les couleurs. Que les plus sensibles à l'environnement se rassurent: toutes les feuilles utilisées pour le clip ont été recyclées. Par contre on n'ose pas imaginer le nombre de "bourrage papier" des imprimantes pendant le tournage…

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From Namek to Bercy, PNL à jamais dans la légende

"On a besoin d'aller au bout de nos idées pour que ce spectacle soit à la hauteur de ce qu’on veut faire (…) Nous voulons vraiment faire des spectacles dignes de vous et de nous-mêmes : on n’arrivera pas sur scène sans faire des concerts de fou !" C'est avec ces mots que les deux frangins de la cité des Tarterêts avaient expliqué en avril dernier le report de leur tournée initialement prévue pour l'été. Perfectionnistes, peu habitués de la scène et peut-être aussi soucieux de ne pas disparaître des radars aussi vite qu'ils ont retourné les codes du rap jeu français, ils avaient en effet préféré décevoir momentanément leur public pour mieux tenter de rentrer - définitivement et physiquement cette fois - dans la légende. Et c'est chose faite.

Après avoir tranquillement enchainé les Zénith aux quatre coins du pays et avoir rempli un premier Bercy mardi soir, PNL a conclu sa tournée ce mercredi avec un show monumental d'une heure et demie devant plus de 16 000 fans, tous QLF. Un moment de communion rare, où l'extravagance de la scénographie ait parvenu à sublimer le jeu de scène minimaliste du duo "venu pour tout niquer", dans le calme et la sérénité.

Merci beaucoup Lyon c'était pas humain hier !!! ????#PanamBientotOnPartSurNamek #Bercy21et22Novembre #QLF #QueLeWorld

A post shared by PNL (@pnlmusic) on Nov 16, 2017 at 1:07pm PST

jeu minimal / show maximal 

Après de longues minutes d'attente et malgré l'euphorie hallucinante d'une foule au bord du malaise, c'est avec leur flegme habituel que N.O.S et Ademo montent sur scène. Au beau milieu de celle-ci, devant deux écrans géants, un immense coeur sculpté (celui présent sur la pochette de leur premièr album QLF) s'anime au rythme du morceau Dans ta rue qui ouvre le show. Les visages blasés des plus impatients s'éclairent aussitôt, le chant du public recouvre immédiatement celui du duo, et en quelques secondes, la magie opère.

Il faut dire que la scénographie mise en place sur cette tournée est aux antipodes de ce à quoi nous avait habitué PNL jusque là. Au delà du coeur géant animé par des effets de mapping et des projections pas toujours réussies, un long catwalk sinueux menant à un arbre mort avance jusqu'au milieu de la fosse. Après avoir enchainé Oh La La et Porte de Mesrine, les deux frères l'empruntent enfin sur Mexico, tandis que l'arbre reprend vie comme par magie. Jamais le duo n'avait été aussi proche de ses fans, assez fous pour jeter par dizaines leurs téléphones sur scène, espérant obtenir le saint graal. N.O.S et Ademo s'en emparent avec joie pour se filmer, tout en enchainant avec La vie est belle, et cette phrase qui résonne encore : "On est pas comme eux…".

Merci beaucoup à Nantes pour cette première date c'était n'da !!! Les chicos, les chicas, on arrive à Marseille, demain c'est la jungle !! ???????? #PNLTour #QueLaFamille #LeMondeOuRrrrrr ????@anthonyghnassia

A post shared by PNL (@pnlmusic) on Nov 7, 2017 at 11:32am PST

"Pas comme eux"

Un constat depuis longtemps évident pour quiconque connait leur univers, mais qui prend une nouvelle ampleur à mesure que les titres et les surprises s'enchainent. Le jeu de scène minimal du duo se voit en effet contrasté par des effets spéciaux toujours plus cool et innovants, au fur et à mesure que le show avance. Comme lorsque un jeu vidéo en 2D façon Streets of Rage mettant en scène les deux frères fracassant leurs ennemis est projeté pendant le morceau Dans la légende, ou que les deux acteurs principaux de leurs derniers clips montent sur scène pour un face à face armé…

Pourtant, c'est dans une ambiance hyper fraternelle que se sera déroulé l'ensemble du concert. Ouvertement émus, N.O.S et Ademo ne prennent la parole entre les morceaux que pour exprimer leur reconnaissance à leurs fans et à ceux qui les ont suivi dans cette tournée, qui s'annonce déjà comme historique. Espérons que ce ne soit que la première d'une longue liste, ce dont ne semble pas convaincu N.O.S qui lance un "à bientôt… peut-être !" avant de quitter la scène…

About last night. #pnl #pnlmusic #pnltour #qlf #danslalegende #accorhotelsarena

A post shared by Etienne Perrin (@etienneperrin) on Nov 23, 2017 at 6:46am PST

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