Actu musique

21 novembre 2017

Echappé de Bon Gamin, Ichon sort une mixtape coup de poing

Il est né en 1990. Il a écouté Booba, puis Portishead, Beck, Cocorosie, Phoenix. Il rit devant notre air étonné, un rire d’une douceur de velours, pourpre d’insolence et d’étrangeté. “Il n’y a que les cons qui ne s’ouvrent pas”, embraye-t-il dans un sourire immense, éclatant. Ichon s’est donc ouvert vers l’âge de 16 ans, parlant aux rappeurs, aux skateurs, aux fans de reggae, selon qui avait le joint en main. Et ça s’entend.

Les mélodies, les images se sont faufilées en lui, s’y sont accouplées. Dix ans plus tard, il sort Il suffit de le faire, première mixtape aussi dépressive qu’arrogante, trempée dans le trop-plein de tout. De fêtes, de drogues, d’alcool, de références, d’ironie, de Terre qui tourne, d’espace, d’azur et de firmament. Sa voix grave s’étire, se traîne, hurle de rage et se désespère. Ou bien se coule dans un r’n’b pastel de lover.

Ichon est un jeune type soucieux. Anxieux même, face à ce monde qui lui échappe et qu’il peine à apprivoiser. Sur ses morceaux, il ne parle ni politique ni écologie, mais n’en reste pas moins porteur d’un rap conscient : celui de sa génération, celle qui a eu 10 ans en l’an 2000 et pourrait se faire tatouer “s’en balec” sur le majeur en sirotant un peu de lean – mélange de Sprite et de codéine.

Ichon turbine dans sa tête, dégoûté par la société capitaliste

“Ma philosophie, c’est qu’on est déjà mort et qu’il suffit donc de faire ce qu’on a envie de faire, explique-t-il. On est dans une boucle. Tous les jours, tu fais la même chose : tu taffes, tu as du cash, tu payes, tu dois recommencer le lendemain. Il fait jour, nuit. Ta mère, ton père meurent… Si tu veux décrire l’enfer, comment tu veux mieux faire ?!”

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Live à Fip : Dizzy Gillespie

Photo de Craig Lovell | Getty Images Le concert exceptionnel d’un des trompettistes qui a marqué l’histoire du jazz enregistré au festival international de Laren aux Pays Bas en 1973.

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Reportage à New York avec Katerine pour le “Tonight Show” de Jimmy Fallon

New York, mercredi 15 novembre 2017, c’est l’heure du déjeuner. La ville semble faire une pause même si les taxis jaunes défilent toujours à toute allure. Un type au volant d’un camion frigorifique fumant klaxonne sur un passant qui traverse un peu n’importe comment. Il fait froid, mais le soleil est magnifique sur la Grosse Pomme.

Béret noir retourné, écharpe en laine turquoise sur manteau marron bien chaud, pantalon et chaussures blanches, Philippe Katerine, moustache apparente, pousse une valise à roulettes sur la 50e Rue, située pile entre la Ve et la Vie Avenue. Nous sommes à quelques mètres du Rockefeller Center et de sa patinoire en plein air. Nous sommes surtout en face des mythiques studios de la chaîne NBC qui accueillent le légendaire Tonight Show.

“Eh ben voilà, c’est là, on y est”, lance Katerine d’une voix très douce. Sa fille et son manager, qui ont fait le voyage avec lui, décochent les appareils photo pour immortaliser le moment. Des badauds s’arrêtent en se demandant qui peut bien être ce type qui se fait tirer le portrait. Ils le sauront bientôt. Les appareils rangés, la troupe entre au pas de charge dans le bâtiment de NBC et, après quelques contrôles rapides, direction le sixième étage où les répétitions commencent dans une poignée de minutes.

Première apparition dans le show le 17 juillet

Katerine sera ce soir l’un des invités du Tonight Show de Jimmy Fallon, au même titre que la mannequin Gigi Hadid, l’acteur Gary Oldman, la légende du base-ball Darryl Strawberry, ou encore le rappeur Macklemore. Avec le groupe qui rythme officiellement chaque émission, The Roots, emmené par le génial Questlove, Katerine interprétera en live Moustache, un titre datant de 2010 que Fallon avait lui-même diffusé dans son émission il y a quelques mois.

Rappel des faits. Le 17 juillet, en conclusion d’une séquence nommée “Do not play” (“Ne pas écouter”, donc), Jimmy Fallon s’écrie : “Allez, on arrive à la dernière chanson, c’est celle d’un artiste français qui s’appelle Philippe Katerine.” Fallon dégaine un vinyle de l’album intitulé Philippe Katerine, celui où le chanteur pose entouré de son père et sa mère. “C’est Philippe au milieu. Et je pense que ce sont ses parents.” 

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Le jury de The Voice of Germany ne reconnaît pas Rita Ora

C'est de manière incognito que Rita Ora s'est rendue sur le plateau du The Voice allemand. La chanteuse pop décide alors de "pranker" le jury de la célèbre émission et d'interpréter son propre single "Your song". Epoustouflé par la performance (et pour cause), le jury se retourne à l'unanimité.

Mark Forster, l'un des jurés, loue la performance vocale de la candidate et, admiratif, confie que celle-ci ressemble énormément à la chanson originale. Pourtant, le coup de théâtre tant espéré n'arrive pas: aucun des membres du jury ne semble reconnaître la chanteuse. Un comble, puisqu'en plus d'être artiste, Rita Ornella a été jurée… pour le The Voice britannique, en 2015. Contrainte d'avouer elle-même la blague, les jurés semblent d'abord circonspects, croyant qu'elle est un sosie, avant de réaliser leur erreur.

Décidément, la lovely Rita est à l'image de sa chanson, une "alarm without no warning" (une alarme retentissant sans avertissement).

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Après un accident, Melody’s Echo Chamber donne des nouvelles sur Instagram

Melody Prochet aka Melody’s Echo Chamber a donné des nouvelles. Les premières depuis l’annonce en juin dernier d’un “grave accident” qui l’avait obligée à se reposer pendant plusieurs mois, l’empêchant de sortir son second album et de partir en tournée.

Aujourd’hui, la chanteuse a l’air d’aller mieux et vient de poster un selfie sur sa page Facebook, en remerciant ses fans pour toutes les lettres de soutien et l’amour reçu.

Dear friends, a million Merci for all the support letters and love Goodness health love and peace of mind to you all ???? Melody

Posted by Melody's Echo Chamber on Sunday, November 19, 2017

Un peu avant son accident, au mois d’avril, la chanteuse avait sorti Cross My Heart, un titre qui devait figurer sur son second album Bon Voyage prévu pour cette année, mais qui, au vu des circonstances, n’a malheureusement pas été dévoilé.

Le premier disque de Melody’s Echo Chamber est sorti en 2012, produit par Kevin Parker, le leader de Tame Impala.

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Une bonne dose de soleil et de détente avec “Banda lo” : dernière vidéo de Bamao Yendé

La Fédération du Boukan sonne une nouvelle fois le glas, sa tête pensante, Bamao Yendé, en chef de fil. Sous cet alias se cache William Essef, un infatigable touche à tout : organisateur de soirées, DJ et patron du label Boukan Records.

Aujourd’hui, le jeune Français vient chasser la morosité ambiante d’un jour gris, avec sa nouvelle vidéo, Banda lo. Réalisé par Lexomeal, le clip agit comme une pilule d’énergie complètement psyché de 6 minutes, et fait resurgir la nostalgie de l’été ! Quant à la musique, elle agit comme un parfait catalyseur et inonde de good vibes les images qui se suivent. Ah, et on a kiffé l’apparition de deux personnages de Dragon Ball. D’ailleurs, vous les reconnaissez ?

Bamao Yendé sera en concert au FGO-Barbara de Paris le 8 décembre prochain.

>> Aussi à lire : Le présent et l’avenir des musiques électroniques françaises ont un nom : Bamao Yendé <<

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Le Festival MOFO est de retour pour une 14e édition toujours aussi excitante

En plein hiver, au beau milieu de janvier 2018, le festival s’installera à nouveau dans son habitat de Saint-Ouen, dans le complexe Main d'Œuvres, qui à ce moment donné, n’aura plus que ses chauds habits comme protection, à défaut d’être toujours sous couvert d’un bail. Une pétition, “ UN NOUVEAU BAIL POUR MAINS-D’OEUVRE ” circule déjà sur la toile.

Quand bien même, cette 14e édition s'appliquera, toujours selon l’esprit qui habite le festival : à "s’éloigner des lieux communs” au sens propre, comme au figuré. Au vu de la programmation, qui réunit une ribambelle d’artistes de tous horizons, internationaux ou locaux, le MOFO est en passe de réussir une nouvelle fois son pari.

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3 jours pour 20 artistes, voici le programme. Dès jeudi, le festival commence fort avec un des pionnier de l’électro française, Étienne Jaumet, qui pour l’occasion, se séparera de ses fidèles Zombie Zombie, au profit d’une nouvelle alliance (temporaire) avec Emmanuelle Parrenin et Eat Gas. Une autre tête bien connue de la musique électronique, cette fois du Nigéria, Mammane Sani viendra conquérir les festivaliers avec son orgue, marque de fabrique. Les Parisiens de Limousine et Matar El Mio, sont également attendus.

Le lendemain, vendredi, on aura le droit à : Camera et leur krautrock tout droit venu de Berlin ; au post-punk bien entêtant de Poison Point ; ou encore à la musique hybride (rock, métal, punk…) des Lyonnais de Noyade. Tandis que les concerts du samedi - qui débuteront dès 17h - seront assurés par la formation Cliché (depuis signé chez Microqlima), DBFC (dont on se souvient encore du clip Leave My Room), les Hollandais de Dollkraut, et aussi, l’un des collaborateurs du grand Omar Souleyman, Rizan Said, également adepte du mélange musique traditionnelle syrienne et électro.

Pour voir la programmation complète, on vous invite à vous rendre sur le site officiel du festival. Et si vous voulez vous procurer des places, c’est par ici.

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Part Company livre un road trip trash sur la Côte d'Azur pour son dernier clip &quot;Vartan&quot;

Réalisée par Ramón Ayala Ortega, la vidéo met en scène des photographies d'Alba Yruela, s'inspirant du court métrage La Jetée de Chris Marker. Dans ce roman photo animé, on suit l'intimité d'une idylle entre de jeunes gens, profitant des joies du road trip sur la côte méditerranéenne, entre La Grande Motte et Saint Tropez.

L'an passé, le duo nomade Part Company sortait son premier album Seasons sur le label GUM, dont est extrait le morceau Vartan. On y retrouve un savant mélange de couleurs et d'épices, de Sun Ra à Syd Barrett, mélangeant psychédélisme, dream pop et énergie brute.

L'album Seasons est toujours disponible sur Apple Music.

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Tito Candela met le feu avec &quot;Fuego&quot;, son nouvel EP

Les chemins qu'a choisi la musique de Tito Candela sont aussi obscurs que mystérieux – du Vénézuela à Granville. Mais qu'importe : la musique est tellement huilée (solaire), limpide et fraîche qu'elle ne porte aucune trace de fatigue, de stress. Et puis de toute façon, le voyage n'est pas fini et le temps est radieux sur cette feel good music carabinée, qui envisage les Beach Boys en vacances canailles aux Caraïbes.

https://soundcloud.com/titocandela/sets/faya-ep/s-Q1S6Q

Déniché en hamac, en tongs et en slip par le label Kidding Aside, fondé par un des Naive New Beaters, Tito Candela met aujourd'hui le feu – littéralement, avec son nouvel EP chaloupé Fuego, qui donne envie de ne rien faire, même pas le sexe, car grande est la torpeur. Une autre de ses chansons s'appelle La Cosa Buena et ce titre-là non plus ne ment pas sur le contenu : un genre de funk des plages, à danser obligatoirement dans des gestes de grande dépravation, de libération définitive.

Une troisième de ces petites perles s'appelle Sarthou. On n'est pas certains qu'elle ne soit pas, en patois de la Sarthe, un hommage à François Fillon.

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[Vidéo] Charlotte Gainsbourg, émue aux larmes, découvre une magnifique chanson inédite de son père

Charlotte Gainsbourg, qui vient de sortir un somptueux nouvel album très gainsbourgien, Rest, était l'invitée de Patrick Cohen sur Europe 1 ce 20 novembre. Ce dernier lui a fait écouter une valse en russe chantée par son père dans l'émission 5 6 7, le 31 juillet 1974 sur Europe 1. Ce très bel extrait a profondément ému Charlotte Gainsbourg, qui a fermé les yeux pour savourer l'instant. "Vous me le donnez, l'extrait ?", a-t-elle demandé à la fin. Un moment de radio très touchant.

>> Lire aussi : Charlotte Gainsbourg et Sebastian, l'interview exclusive à deux voix <<

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Il y a 30 ans, Spacemen 3 enfonçait les portes de la perception avec &quot;The Perfect Prescription&quot;

En 1986, Spacemen 3 amorce une révolution esthétique avec Sound of Confusion, son premier album : une alchimie sonore où la radicalité du Velvet Underground côtoie l’intensité des Stooges. Le groupe y sublime les classiques des sixties pour les rendre encore plus beaux, plus flamboyants, plus indispensables, comme Losing Touch with My Mind, une chanson basée sur un riff de Citadel des Rolling Stones :

Formé quatre ans plus tôt autour de deux étudiants en art, Peter Kember (aka. Sonic Boom) et Jason Pierce (aka. J. Spaceman), à Rugby, une ville située en Angleterre centrale, le groupe se gave de garage-rock psyché des compilations Nuggets ou Pebbles. Très vite, il se place en rupture radicale avec la doxa dominante, dans une période où Bananarama et The Bee Gees squattent les charts anglais : une attitude passive-agressive évoquée par Jason Pierce dans Rétromania de Simon Reynolds :

«Nous ignorions totalement les années quatre-vingt. Musicalement et politiquement, nous étions des intrus. Nous nous sommes réfugiés dans un univers musical – les années cinquante et soixante – qui n’avait rien à voir avec le mainstream.»

Un an plus tard, en 1987, pendant que Morrissey annonce aux Inrocks la séparation des Smiths, Peter Kember et Jason Pierce élèvent la création à la hauteur de leurs addictions avec un deuxième album : The Perfect Prescription.

oversized-digipak-final.jpg pochette The Perfect Prescription

Dans une symphonie hypnotique, Spacemen 3 raconte une longue montée de trip où il est question de s’abandonner afin de franchir les frontières de l’expérience. En studio, les musiciens se livrent à cet état apathique afin d’accéder à de nouvelles sensations. Une philosophie qui rappelle celle de Timothy Leary qui, dans Mémoires acides, écrit que les drogues permettent de "devenir sensible aux divers et multiples niveaux de conscience ainsi qu’aux embrayeurs spécifiques qui permettent d’y accéder".

Emphase minimale pour effet maximal

Accomplissement d’une quête sensorielle, The Perfect Prescription s’érige comme un hymne spirituel qui débute avec Take Me to The Other Side, une invitation vers un ailleurs extatique, pour s’achever sur un titre inspiré par J.J. Cale : Call The Doctor, élégie ultime avant l’overdose.

Nourri de références abondantes, du gospel au psychédélisme, de Lou Reed à The Red Krayola, Spacemen 3 outrepasse les limites du rock avec un deuxième album protéiforme au caractère complexe, mais à la puissance indéniable, qui voit la collaboration entre les deux musiciens portée à son paroxysme. Jason Pierce se découvre une passion pour l’écriture, Peter Kember pour les arrangements.

Sur Ecstasy Symphony, le musicien met un point d’orgue à accéder à la plénitude grâce à une seule note retravaillée à l’excès : un "la" enregistré sur un Vox. La production reste fascinante pour qui se plaît à disséquer la musique jusque dans ses moindres fréquences. Durant près de dix minutes (des versions tronquées existent), divers effets se superposent aux cordes que l’on retrouve sur Transparent Radiation. Une dimension planante qui contemple, inévitablement, la musique ambient "capable d’accommoder tous les stades d’intérêt sans forcer l’auditeur à écouter", selon Brian Eno. Une lévitation magique décrite par Peter Kember dans la biographie du groupe, Spacemen 3 & the Birth of Spiritualized d’Erik Morse :

"Ecstasy Symphony correspond au leimotiv ‘prendre des drogues pour faire de la musique pour prendre des drogues’. C’est exactement ça, c’est un titre qui résume à lui-seul, tout ce que nous voulions faire.»

Ignorés par la presse musicale anglaise

Pourtant, hormis une critique marginale dans l’hebdomadaire Sounds, les réverbérations de Spacemen 3 ne trouvent aucune résonance dans la presse musicale anglaise qui préfère se faire l’écho de groupes comme Loop ou The Pastels. Aux Etats-Unis, en revanche, le critique musical Byron Coley (connu pour avoir signé les notes des pochettes de Sonic Youth, Dinosaur Jr ou John Fahey) encense le disque dans le magazine Forced Exposure. Il devient l’un des favoris de Thurston Moore et influence Dean Wareham :

«Quand on a commencé Galaxie 500, en 1987, notre son ressemblait à celui de Spacemen 3. À l’époque, on regardait les groupes anglais d’un œil méfiant, mais leur musique avait quelque chose de très américain. Ils arrivaient à créer une ambiance, ce qui n’est pas facile : souvent, la voix du chanteur ou les paroles ne collent pas à la mélodie.»

Après quatre albums studio, Spacemen 3 se sépare, en 1991 : Sonic Boom fonde Spectrum ; Jason Pierce, Spiritualized. Trente ans plus tard, l’effet procuré par The Perfect Prescription reste immuable.

Irrésistiblement visionnaire, l’influence du groupe s’est amplifiée avec le poids des années pour prolonger la voie esquissée par The Jesus and Mary Chain : celle de toiser son époque avec distance et d’ouvrir une brèche dans laquelle de nombreux groupes se sont engouffrés, de Brian Jonestown Massacre à MGMT (Peter Kember a produit Congratulations, en 2010, le deuxième album du groupe new-yorkais). En 2003, Space Age Recordings, réédite, sous le nom Forged Prescriptions : The Perfect Prescription, des inédits et des titres rares. L’occasion de redécouvrir une œuvre, aussi modeste qu’immense, qui n’a jamais cessé de choyer la beauté grâce à son ineffable intensité.

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