Actu musique

17 novembre 2017

Noel Gallagher n'a rien perdu de sa superbe et nous le prouve avec son troisième album solo “Who Built the Moon ?”

2017, année Noel Gallagher. Au printemps, on l’a d’abord retrouvé dans le rôle improbable de guest chez Gorillaz. Fin mai, Don’t Look Back in Anger, l’un de ses hymnes les plus émouvants, a incarné un fort message d’espoir après l’attentat de Manchester. C’est ensuite Liam, son petit frère, à qui il n’adresse plus la parole depuis des années, qui est revenu sous les projecteurs début octobre avec un premier album solo énergique, dans la grande tradition de la pop anglaise à guitares.

Quelques semaines plus tard, le père Noel fait lui aussi un retour remarquable. Who Built the Moon?, son troisième album depuis la séparation d’Oasis, se place dans la lignée directe du précédent, Chasing Yesterday. “Ils ont tous les deux été conçus en parallèle, explique-t-il. Pour Who Built the Moon?, tout s’est fait sur place, au fur et à mesure. Je n’avais jamais travaillé de cette façon. C’était l’idée de David Holmes, le producteur.” Alors que Chasing Yesterday était produit par Noel lui-même, ce nouvel album bénéficie de la présence de David Holmes, grand sorcier des expérimentations sonores, qui s’est illustré sur des bandes originales de films et pour sa propre carrière électro.

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Gainsbourg, les Bee Gees, Queen... en accéléré

Il s’en passait de belles, tiens, dans les sous-sols de la France de Pompidou et de Giscard. A la surface, Ariel Kalma était flûtiste et saxo de session pour Gilbert Montagné ou Adamo, mais cet amoureux de Baden Powell et de Sun Ra va vite se réfugier à l’écart des sunlights pour bâtir une œuvre colossale dont on découvre aujourd’hui des pans entiers. Inspiré par ses voyages en Inde, fort de ses expérimentations au GRM et de ses accointances avec les minimalistes américains Steve Reich ou Terry Riley et les paysagistes allemands de Tangerine Dream ou Popol Vuh, Kalma a sculpté des pièces électroacoustiques planantes d’une beauté irréelle, certaines étant désormais consignées dans un sublime coffret de quatre vinyles qui constitue la plus belle invitation à léviter que l’on pourra s’offrir pour Noël.

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Talib Kweli sort de son “Radio Silence” et met tout le monde d'accord

On ne dira jamais assez l’importance de l’introduction et de la conclusion d’un album. La première lance les hostilités, donne le ton et, si tout va bien, nous embarque pour un heureux voyage ; la seconde doit donner l’envie de ne pas défaire les valises et de repartir aussitôt pour un tour. En artisan magnifique d’un rap exigeant, Talib Kweli l’a bien compris, confiant à The Alchemist le soin d’o…

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Jean-Louis Murat se mue en parfait artisan pour ses “Travaux sur la N89”

Bien malin qui aurait su discerner dans les discrètes audaces du précédent album Morituri les prémices d’un tel ébahissement. Il faudrait, pour dire la sidération que procure la découverte de Travaux sur la N89, tenter ce genre d’analogie : ce disque, c’est Woody Allen qui déciderait de réaliser son Inland Empire. Comme le cinéaste new-yorkais, le barde Murat nous avait habitués à la régularité métronomique de ses sorties annuelles. Une route faite de hauts et de bas de moins en moins marqués : toujours plaisants, rarement renversants.

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Les petites histoires d'Instagram

Dans une récente story Instagram, Fishbach filme Clara Luciani, Pépite, Nusky, Malik Djoudi… Elle nous emmène dans les loges de l’EMB Sannois, une salle de concerts qui fête ses 25 ans ce soir-là. Les jeunes artistes y sont réunis pour rendre hommage, nous dit Fishbach, à la musique de Michel Berger. (EMB, ça veut dire Espace Michel Berger.) Une fois la story passée, on peut agiter son pouce et parcourir les dernières photos postées.

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Bienvenue dans l'“Utopia” de Darius, mêlant puissance soul vintage et irrésistiblement moderne

Il semble loin le temps où Jean Janin, fondateur du label Roche Musique, envoyait lui-même par la poste les commandes d’ep de ses artistes depuis sa piaule à Tours. Outre la trajectoire ascensionnelle exceptionnelle de FKJ et le travail acharné de Crayon, Dabeull, Kartell, Zimmer et toute cette clique de cool kids qui déambulent dans les clubs en teddy et casquette de skateur, Terence N’Guyen, aka Darius, est toujours passé pour l’une des signatures les plus prometteuses de l’écurie tourangelle. A l’aise dans ses sneakers, le Bordelais claque ces jours-ci Utopia, un premier album aux multiples teintes pastel, dont les quatorze titres sont autant d’évocations de paysages synthétiques.

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Avec la danse et la musique, la réunionnaise Ann O'Aro dompte ses démons et cherche à les comprendre

Ann O’Aro écrit et chante en créole réunionnais. L’adaptation en français de sa chanson Kapkap commence par ces mots : “Je vois l’enfant que tu incestues…” Ann O’aro revient de là, d’années de maltraitance, puis du suicide d’un père incestueux, d’une enfance en enfer qu’elle a fuie en partant vers un coin perdu du Québec.

On l’avait rencontrée en juin à Toulouse, pendant le festival Rio Loco, au lendemain d’un concert intense et terrassant. Ann O’aro parle, et on imagine le film. Un road-movie à l’américaine, avec de la solitude et de l’errance, des départs comme des fuites, des rencontres pour se retrouver, des scènes de crises tristes à mourir et un retour au pays comme une résurrection, la tête haute et le corps enfin plus léger. “C’était chaotique, mais une belle expérience, importante à vivre pour trouver une estime de moi, une confiance, un objectif.” 

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En attendant la sortie de “Utopia”, Björk a concocté une playlist

C’est presque bon, mais il faut tout de même patienter encore un peu. Pour se faire, tant bien que mal, on vous dévoilait en milieu de semaine, Blissing Me, un nouvel extrait de son album tant attendu à paraître le 25 novembre prochain, toujours sur son label de cœur, One Little Indian.

L’Islandaise en a remis une couche hier, en confectionnant pour le magazine Mixmag, une playlist hétérogène de 35 titres, faisant se côtoyer Kelela et Kelly Lee, Arca et Serpentwithfeet, ou encore Peder Mannerfelt et Aby Ngana Diop. En écoute dans le lecteur ci-dessous :

À propos de ce mix, Björk s’est exprimée :

 “ Mes chers amoureux de la musique, voici un petit set pour vous. Il se compose principalement de flûte et de la musique planante, il révèle peut-être la musique qui passaient dans mes oreilles les années passées. Je remercie tous les musiciens. ”

Utopia est disponible en précommande via Apple Music.

Tracklist :

01. Carl Stone ‘Shing Kee’ (EAM Discs)
02. Caroline Shaw ‘Partita II Sarabande’ (New Amsterdam Records)
03. Steve Reich ‘Vermount counterpoint’ (Angel Records)
04. David Lang ‘Death Speaks’ (Cantaloupe Music)
05. Philippe Hurel ‘Loops For Solo Flute’ (Nocturne)
06. Anastassis Philippakopoulus ‘Song For Bass Flute’
07. Sarah Hopkins ‘Kindred Spirits’ (Ellipsis Arts)
08. Arca ‘Anoche’ (XL Recordings)
09. Bjðrk ‘Losss’ (Flute Intro)
10. Tenores di Bitti ‘Cantu a Ballu Seriu’ (Robi Drolli)
11. Mesharyalaradah ‘Tafakarto’
12. Duchegerm ‘Augmented Flute Live’
13. Serpentwithfeet ‘Four Ethers’ (Tri Angle)
14. Mala ‘Kotos’ (Brownswood Recordings)
15. Lanark Artefax ‘Virtual Bodies’ (UIQ)
16. Lanark Artefax ‘Glasz’ (UIQ)
17. Russian Wind Instrument ‘Smiryonushka’
18. Ravoi ‘Bak, Borai’
19. Rian Treanor ‘Pattern A1’ (The Death of Rave)
20. Kelly Lee Owens Ft Jenny Hval ‘Anxi’ (Smalltown Supersound)
21. Loft ‘Funemployed’ (Wisdom Teeth)
22. Peder Mannerfelt ‘Limits To Growth’ (Peder Mannerfelt Produktion)
23. SD Laika ‘Sanpaku Island’ (Self released)
24. SD Laika ‘Latent Fish’ (Unreleased)

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L'album de Charlotte Gainsbourg est sorti et il est disponible en streaming

“ En osant enfin le français et en faisant le lien entre les seventies et le XXIe siècle, Charlotte G. réalise l’album parfait ”. C’est par ces mots, que l’on vous prenait par main, pour vous parler du dernier disque, Rest, de Charlotte Gainsbourg. On rencontrait aussi la digne fille de son père, Serge, accompagnée par le producteur français Sebastian, lors d’une interview exclusive à deux voix, dans laquelle les artistes parlaient de la confection de ce dernier long format.

L’attente fut longue, mais ça y est, depuis aujourd’hui, on peut enfin écouter en intégralité ce très bel album, estampillé Because Music. Bon, il y a quand même une condition essentielle : avoir un compte chez la marque à la pomme. Oui, c’est Apple Music qui propose le service.

L’album Rest de Charlotte Gainsbourg est disponible depuis aujourd'hui sur Apple Music donc. On vous propose aussi de (re)voir le très beau clip de Deadly Valentine, juste ici.

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Le live de Marquis de Sade à Rennes publié en CD et DVD

A l'échelle du rock français, c'était l'équivalent de la reformation des Beatles. Le 16 septembre dernier, le groupe rennais Marquis de Sade, fleuron de la new wave expressionniste frenchy et chic, donnait un concert unique dans son fief, après plus de 35 ans de silence. Comme cet évènement ne pouvait pas rester uniquement dans les mémoires de ceux qui eurent le privilège d'y assister, un double CD/DVD paraîtra le 15 décembre, et le teaser mis en ligne par le groupe fait vraiment envie. Dans le dossier de presse, c'est Dominique A., fan de la première heure, qui parle du concert : "Tous ceux qui étaient là vous le diront : nous avons ce soir-là été emmenés par Marquis de Sade bien au-delà des attentes. D’abord du fait de la grâce des chansons elles-mêmes, tant celles de Dantzig Twist que celles de Rue de Siam, qui ont conservé leur pertinence et leur tranchant. Tant dans les moments de tension (Henry, Conrad Veidt), que dans les passages plus atmosphériques (Silent world, Rue de Siam, une veine qu’on rêverait de voir le groupe creuser, si d’aventure…), la qualité et la modernité de leur écriture frappaient à nouveau les esprits." Vivement le 15 décembre.

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Sophian Fanen : "On vit une sorte de double révolution à presque 100 ans d’écart"

L'installation du numérique dans la musique aura été un parcours lent, semé d’embûches, sans cesse par freiné un marché qui n’était pas prêt à accepter cette révolution musicale, technologique et idéologique. Dans Boulevard du stream, Sophian Fanen fait la rétrospective des dernières décennies de cet industrie marquée par l’arrivée du mp3 dans les années 90, en passant par Napster en 99, jusqu’à l’avènement progressif d’internet et du streaming, dans un livre bourré d'anecdotes alimentés par plus de cinquante acteurs interviewés. Ce cafouillage des acteurs de l'industrie comme des politiques laisse un boulevard au streaming qui arrive comme une fleur au cours des années 2000.

Pourquoi avez-vous décidé de revenir sur cette époque?

Pour les Jours je m’intéresse au monde du streaming et ses changements, les relations entre les acteurs, la façon dont la musique circule. Le streaming a vraiment eu un impact sur tout parce que c’est la plus grande transformation de l’accès à la musique depuis les 78 tours. On est vraiment en train de vivre un moment comme ça. Dans les 20-30 premières années du 20eme siècle il y a eu le 78 tours et la radio qui ont complètement changé la façon de fonctionner de la musique, mais au début l’industrie était contre. Et là, avec le mp3 et le streaming on vit une sorte de double révolution à presque 100 ans d’écart, mais avec beaucoup de similarités. Je sentais le besoin de mettre tout ce qu’il y avait eu avant à plat. Surtout qu’il y a des choses qui sont très peu connues, comme le début de l’offre légale, la naissance de Deezer… Des choses qui n’étaient pas dites à l’époque.

Vous avez interviewé plus de cinquante acteurs de l'industrie musicale, aujourd'hui la parole s'est libérée ?

Plus l’histoire est ancienne et plus ils ont accepté d’en parler. J’ai eu des refus au niveau des politiques, notamment par les quelques députés de droite qui s’étaient opposés à la loi Hadopi sous le gouvernement Sarkozy. Et ceux qui ont vraiment refusé de me parler, ce sont les artistes. Ils ont subi cette époque, et en restent traumatisés. A l’époque, ils se sont retrouvés coincés entre leurs maisons de disques et leurs fans. Aujourd’hui les artistes sont beaucoup plus émancipés. Avec le streaming, les réseaux sociaux… ils ont des armes pour parler directement à leur public. Avant il fallait avoir d’un côté les canaux des maisons de disques pour rendre ces productions visibles et des attachés de presse pour parler au public. Maintenant tout le monde peut distribuer son disque, et il y a plein d’artistes qui remplissent de grosses salles en n’ayant pas de maison de disque. Il faut quand même toujours une maison de disque pour transformer un succès en carton, mais les artistes sont plus libres. Les maisons de disques deviennent des maisons de services, au service des artistes là où avant le rapport était inverse. Il y avait un rapport de salariat et de dépendance. Le contrat aujourd’hui est beaucoup plus équilibré. Il s'inverse même parfois, en France c'est le cas de PNL par exemple.

Pourquoi a-t-on mis tant de temps à se mettre au numérique ? 

Personne dans la filière musicale n’était prêt à sauter le pas du CD au streaming, ce n’était pas imaginable. Une connexion ne se faisait pas. Il fallait que l’usage naisse des auditeurs. L'industrie musicale est conservatrice, mais toutes les industries le sont. Elle n’a pas été plus ou moins conservatrice que la presse ou le cinéma. C’est un monde qui va tellement lentement : il fallait d’abord accepter que le CD devait être enterré et que la période des fêtes et des voyages en Concorde était finis. C’est toujours les usagers qui forcent le monde de la musique à bouger, sinon il ne bouge jamais de lui-même. Si les internautes n’avaient pas bousculé violemment le marché avec le peer-to-peer, les échanges libres et le streaming, cela n'aurait pas cillé. L’industrie a commencé à bouger en disant « on y va à fond » il y a seulement deux ans.

Même cafouillage au niveau politique.

Pendant toutes ces années on a pas placé l’internaute dans l’écoute, on n'a fait que vouloir reconstruire le monde physique du CD, dans une version dématérialisé. On déplace le vieux monde du physique vers le monde numérisé mais cela reste un vieux monde obsolète. On commence à peine à construire un renouveau. Toute la bataille sur la loi Hadopi a été assez lamentable,une sorte de fuite en avant. En plus, c’est un moment où Sarkozy monte et où les politique promettent au monde de la musique un nouveau souffle, et sont condamnés à faire quelque chose. C’est ce moment où les gens sont convaincus qu’il faut faire un truc, mais ne réfléchisse plus à l’intérêt ni au pourquoi de la chose. Mais à chaque moment ça avait du sens, à ce moment-là, ça avait du sens. Tout ça est en construction. C’est une époque où le monde de la musique et le monde politique ne savait pas du tout où il allait. L’époque où le marché légal de la musique tourne autour des sonneries de téléphone. C’est ça le business de la musique à l’époque alors qu’on est en 2007 et que le streaming démarre !

Les plateformes de streaming accumulent de plus en plus de pouvoir, elles se transforment même de plus en plus en radios avec de plus en plus de podcasts, est-ce qu’on peut imaginer qu’elles puissent un jour se transformer en label et être directement en contact avec les artistes pour leur diffusion ?

C’est complètement une possibilité, c’est ce que Netflix a fait dans la vidéo, au début c’était un distributeur et maintenant c’est un gros producteur. Il n’y a rien qui empêche Spotify de produire un disque aujourd’hui, Apple Music a coproduit le disque de Frank Ocean (même si Apple lui a plutôt servi de tremplin ndrl). Après ce qui les empêche de faire, c’est que ça reste quand même des métiers spécifiques : parler aux artistes, produire de la musique, travailler avec des studios d’enregistrements, de son etc… il faut savoir le faire. Les artistes passent aussi par des bureaux de management. Mais cela ne veut pas dire que les maisons de disques vont disparaître. La distribution et la promotion peuvent être effectués par d’autres entreprises mais un bon directeur artistique change un disque. Je pense que plus les maisons de disques sont artistiques et plus elles vont perdurer.

On parle beaucoup de "nouveau souffle" de l'industrie musicale, la situation est stabilisée?

Les majors clament que ça y est c’est la fête, les beaux jours sont revenus, mais en fin de compte, elles sont très fragiles aujourd’hui. C’est un nouveau souffle pour le monde de la musique dans sa globalité, mais les majors sont en train de se transformer, sont très fragilisées et construisent moins leur futur. Avant tu finançais un disque et tu en gardais la propriété sur l’enregistrement sur le master. Les masters de Miles Davies, des Beatles, ça vaut un paquet de pognon ! Aujourd’hui les maisons de disques vont signer Booba en 50/50 mais c’est Booba qui va conserver ces masters. Son trésor de guerre ne grossit plus, ou grossit moins. Elles ont construit toute leur puissance sur ça, et si elles ne construisent plus ça aujourd’hui…. Elles vont devenir autre chose.

Quelle est le rapport des labels indépendants et des plus petites structures au streaming ?

C’est une toute autre question. Il y a toutes sortes de labels indépendants. Si on parle de plus petites structures, il y a ceux qui sont rentrés dans le streaming et les autres. Ceux qui font des musiques électroniques ou du rap sont rentrés dans le streaming parce que c’est en phase avec l’écoute d'aujourd’hui.Pour ceux qui font du rock, du jazz ou de la variété, c’est plus difficile, ils restent plus encore sur le physique. Par exemple le label Vicious Circle (Mansfield Tya, Shannon Wright…) est encore ancré dans le physique, et sa préoccupation est d’avoir des disques à la Fnac, et que la Fnac ne se moque pas trop de lui avec ces conditions d’acceptation de disques. Et ensuite, il y a aussi une nouvelle génération de maison de disque, comme par exemple Roche Musique: un label de musique électronique qui est en phase sur le son du moment etc. Eux ils font ce boulot d’aller voir les personnes qui font les éditos Spotify ou Deezer, et ils sont bien repérée par les playlisteurs, notamment dans les playlists « nouveautés » ou « electro-fresh », une musique plutôt souriante. Ils se retrouvent sans le chercher dans les playlist de mood et de musique d’ambiance apéro-chill etc. C’est une manne d’écoute qui est en train de devenir gigantesque. C’est aussi un terrain qu’il faut labourer. Il y a tout un tas de labels qui n’y vont pas encore, soit parce que ça ne les  intéresse pas pour des bonnes ou mauvaises raisons, mais aussi par manque de temps. Il y a beaucoup de labels comme Vicious Circle  qui sont absents du streaming et des playlists alors qu’ils ont un patrimoine gigantesque. Tout est à construire encore.

Comme cela est évoqué dans votre dernier chapitre, avec le streaming on est passé au business du titre et non plus de l’album.

Aujourd’hui encore il faut un album pour lancer un moment médiatique, ça reste l’étalon artistique. En tout cas, à court terme ça va le demeurer. Ensuite, oui, c’est la mort de l’album qui ne sert à rien autour de trois tubes, ça avec le streaming, c’est fini, ça ne sert à rien. La question c’est de savoir ce que va devenir l’album pour la génération des 15- 20 ans aujourd’hui ayant grandi avec les playlists ou des morceaux qui s’échangent sur Messenger, sur Snapchat, de façon isolée et remixés en permanence. Aujourd’hui on a pas la réponse. On va voir comment tout ça va évoluer. Il y a d’autres étapes  qui arrivent aussi, les commandes vocales par exemple. Quand tu achètes des enceintes connectées, tu peux leur parler. Tu peux leurdemander «Tiens, Mets moi du jazz pour faire la cuisine ».  Dans cette ré-organisation, le maître étalon, ce n’est plus l’album mais c’est le titre.

 Boulevard du stream, Sophian Fanen, (Editions du Castor Astral, 2 novembre 2017)

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U2 et Kendrick Lamar de nouveau à la colle 

Quand Kendrick Lamar dévoilait la tracklist de DAMN., son dernier chef d’œuvre, les fanatiques du rappeur ne cachaient par leur étonnement en voyant le nom de U2 se glisser dedans. Un effet de surprise rapidement balayé par de la satisfaction, une fois le titre écouté.

Après que la bande à Bono se soit fondue dans l’univers de K-Dot, le rappeur lui rend la pareille, en posant ses mots sur les premières secondes de ce nouveau titre, beaucoup plus rock que le sien. American Soul, est l’un des titres du prochain album de U2, Songs of Experience, a paraître le 1er décembre.

Cette dernière chanson, est le troisième extrait que dévoile U2, après avoir déjà partagé You’re the Best Thing About Me et The Blackout. Songs of Experience est d’or et déjà disponible en précommande via Apple Music.

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La grande petite histoire du festival Elixir

C'était la préhistoire, le début des années 80. En France, le plus souvent, on ne pouvait que rêver, fantasmer sur les festivals anglo-saxons, déjà institutions pour certains. Il y avait bien entendu ici et là des envies, des actes d'inconscience pure – comment ne serait-ce qu'équilibrer les comptes de tels bazars ? –, comme les Transmusicales de Rennes ou, plus tôt encore, Loudéac, Popalia, Bourges ou le festival punk de Mont-de-Marsan.

Mais les festivals, comme expérience de la musique autant que de la communauté, ne sont pas encore rentrés dans les mœurs françaises. Et les autorités locales font souvent tout pour décourager les promoteurs. Selon une logique souvent vérifiée, la révolution vient alors de Bretagne, réputée pour toujours posséder quelques coups d'avance en termes de musique sur le reste du pays. Elle aurait pu, pour les mêmes raisons, naître en Normandie. Les deux régions sont alors des terreaux fertiles pour la scène naissante et ses activistes de terrain : une tradition locale d'intimité avec la musique, comme la proximité de l'Angleterre et sa scène débordante, donnent des envies à une poignée de fans de rock frustrés par le statu quo.

Bientôt en librairie.

A post shared by Gerard Pont (@pont_gerard) on Sep 23, 2017 at 5:17am PDT

Avant de devenir un producteur de télé et de spectacles puissant et tentaculaire, Gérard Pont est de ceux-ci. En 1979, alors que germent ici et là d'autres projets de festivals d'ampleur (comme Pulsar à Vierzon), ils décident de faire du bruit dans Landerneau. Littéralement : c'est à quelques kilomètres de la ville bretonne que se tient la première édition de festival Elixir qui, jusqu'à sa disparition en 1987, accueillera aussi bien Leonard Cohen que Clash, Fela Kuti que Depeche Mode.

C'est cette épopée, ce mélange de hasards et de choix, d'amateurisme et d'ambitions, de naïveté et de vision que raconte le livre Elixir, l'histoire du premier grand festival français. La bonne occasion de se rémémorer des sons et images oubliés, de Bernt Jansch aux Stray Cats, dont les prestations ont contribué à définir une esthétique porte ouverte, qui continue de vivre en Bretagne. Car sur ces cendres se construira une autre institution locale aux repercussions internationales : Les Vieilles Charrues.

Livre Elixir, l'histoire du premier grand festival français (de Gérard Pont et Olivier Polard), éditions Coop Breizh. Disponible en ligne.

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TOUS les disquaire indépendants recensés sur une mappemonde interactive

Si vous connaissiez déjà Discogs, base de données en ligne et collaborative recensant des tonnes d'enregistrements musicaux, et aussi Marketplace (appartenant au même groupe) qui permet aux collectionneurs et autres dingues de musique d'acheter en ligne CD et vinyles, vous allez adorer VINYL HUB.

Le principe est simple : recenser tous les disquaires de la planète. Pour les mélomanes et autres adorateurs de 33 tours, vous allez donc désormais pouvoir trouver votre bonheur, même quand vous partez en vacances à 6000 km de votre disquaire préféré. Alors heureux (se) ?

Pour chaque disquaire inscrit sur la plateforme, vous trouverez les informations suivantes : adresse, site internet, téléphone et si c'est possible : une description et les horaires d'ouvertures.

Paris, bien placée dans le palmarès mondial

Dans un récent article publié sur le blog de Discogs, un classement et maillage des disquaires dans le monde sont présentés. Ainsi, on apprend que la ville qui possède la plus grande densité de boutiques de disques, n'est pas Londres comme on aurait pu imaginer, mais bien la capitale nippone : Tokyo.

La capitale française ne se place pas trop mal, en décrochant la seconde place dans le classement des "clusters" (concentration de boutiques de disques dans un quartier), comptant ainsi 43 disquaires voisins dans une zone de moins de 1km (juste derrière Berlin qui en compte 46 et précédant Madrid avec 30 shops). Paris remporte aussi la quatrième place mondiale du nombre de disquaires par ville (avec 66 disquaires recensés).

Pour les petits curieux, vous pourrez rechercher sur la mappemonde le disquaire le plus au nord du globe (Puskas Musikk en Norvège) ou le plus au sud (Rock'n Rolla Records en Nouvelle Zélande).

Et comme c'est le cas pour Discogs, vous avez la possibilité de compléter les informations de cette carte interactive en vous créant un compte utilisateur. Un disquaire manquant sur la carte ? Des informations à compléter sur votre boutique? Allez-y, et n'hésitez pas à boostez le classement cocorico de Vinyl Hub.

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Rose Tiger illumine le week end avec son premier ep

Si par malheur vos playlists font la gueule ce week end, Rose Tiger propose de remédier à cette triste situation avec son premier ep, From Top to Bottom, que le garçon vient de publier aujourd'hui avec Greasy Records. Dessus, on retrouve quatre morceaux dont Submarine (Where Have You Been?), qu'on peut également découvrir avec un clip dans le lecteur ci-dessus. Ledit clip est réalisé par Sibylline Meynet, Apolline Meynet et Wendy Killmann lui-même, aka Rose Tiger.

L'ensemble constitue une bonne dose de joie 80's, le genre de sucrerie pop et postmoderne qu'on écoute en boucle sans trop s'en rendre compte. L'ensemble, aussi, s'achète, se streame et s'écoute librement aux quatre coins de l'internet dès maintenant. 

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Avec son album de Noël, Gaspard Royant va faire swinger le réveillon

Après nous avoir réchauffé les ailes avec des chants et des reprises sentant bon la cannelle et le vin chaud, le plus sixties de tous les crooners parisiens est de retour avec un album complet dédié à Santa Claus. Gaspard Royant Wishing You A Merry Christmas (sortie officielle le 17 novembre chez Bellevue Music) rassemble quatre années de travail, et 10 titres pour faire "rocker" les fêtes de fin d'année. Côté reprises, ce ne sont autres que Bing Crosby, John Lennon, Eels, Phil Spector, le jamaïcain Reuben Anderson, George Micheal et U2 qui passent à la casserole du savoyard pour un résultat aussi cheesy que votre fondue. Trois autres titres inédits sont à découvrir (et ne manquent pas de piquant).

Actuellement en pleine préparation de son nouvel album, l'un des songwriters les plus élégants de la capitale a bien voulu répondre à notre interview spéciale Noël…

Tu as besoin d'attendre le mois de décembre pour être composer et enregistrer un chant de Noël ?

Gaspard Royant : C'est marrant parce que depuis 3 ans je suis "en mode Noël" dès le mois de juin. C'est à ce moment là que je commence à écrire. J'enregistre en général l'été pour être prêt aux premiers froids. Je vis en hiver 6 mois de l'année quoi !

Sur ce disque, on compte des titres originaux mais aussi des reprises. Comment tu as fait le tri ? 

Le corpus des chansons de Noël est très vaste, surtout du côté anglo-saxon. J'avais envie de me plier à l'exercice de style en adaptant leurs chansons de Noël à ma sauce. Il y a des chefs d'oeuvre dans le lot comme l'album de Phil Spector, des chansons de Eels, John Lennon… C'est le genre de distraction qui me donne de l'air entre deux albums en apnée.

D’où vient ta fascination pour Noël ?

Ayant grandi en Haute-Savoie, le combo neige/longue nuit d'hiver/cheminée a toujours fait partie de mon enfance. Certains dépriment à l'approche des fêtes, mais j'ai toujours vu Noël comme une période de trêve. Ok la vie te malmène, ça a été une année de merde, mais là pendant une semaine tu vas être avec les gens que tu aimes, tu vas manger, boire, chanter et remettre les compteurs à zéro pour l'année qui vient.

Quelles sont tes règles incompressibles pour réussir Noël ?

Avoir de la neige c'est quand même mieux ! Mais bon l'important c'est ta famille ou tes amis, beaucoup trop à manger et plein à boire et mon album sur la platine évidemment !

Le Noël le plus raté ?

Il y a quelques années je voulais tourner un clip dans une grosse fête le soir de Noël. Le réalisateur m'a planté le soir même. J'ai passé le réveillon dans ma cuisine à attendre un coup de fil qui n'est jamais venu. La lose.

Le Noël plus réussi ?

J'ai des souvenirs magnifiques des Noël de mon enfance. Mon grand-père qui commence à chanter des rengaines style "Jojo le beau mâle", les éclats de rire, et moi qui m'acharne à construire un Lego pendant des plombes.

Le cadeau le plus inutile qu’on t’ait offert ?

Avec mes potes on se fait chaque année un Noël des amis. On s'offre un cadeau à moins de 5 euros. Donc produit vaisselle, biographie de Sim, pin's parlant… j'ai même eu un parpaing une fois.

Et le plus cool ?

Le plus cool c'est dur à dire, mais l'émotion quand à 14 ans j'ai déballé le double album Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins je m'en souviens encore !

Plutôt sapin Epicea ou plastoc ?

Les gens qui ont un sapin en plastique c'est un peu comme ceux qui font empailler leur animal mort, ça craint.

Côté playlist de Noël, quel est ton top 5 ?

- Christmas (Baby Please Come Home) de Darlene Love
- Fairytale of New York des Pogues
- Christmas Treat de Julian Casablancas
- Christmas is Back in Town de Gaspard Royant (ouais je sais mais j'men fous !)
- The Christmas Song de The Raveonettes

Et ton top flop ?

- J'ai rien contre le All I want for Christmas is You de Mariah Carey mais à force de trop l'entendre il commence à me gonfler.
- Do They Know It's Christmas? du Band Aid 1984. C'est pas parce que les gens sont dans la misère qu'on peut se permettre de leur faire subir une horreur pareil.
- Little Drummer Boy de David Bowie & Bing Crosby. Totalement croquignolesque ! Bowie période vampire anorexique pousse la chansonnette avec papy Bing. Faut voir la vidéo pour l'actor studio et le décor en carton.

Album Gaspard Royant Wishing You a Merry Christmas disponible sur Apple Music.

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Ana Zimmer met les points sur les I dans son dernier clip "I Got The Ball"

Lauréate du tremplin inRocKs lab en 2015, la parisienne Ana Zimmer est de retour avec le tout nouveau single I Got The Ball. En détournant cette expression sexiste (qu'on pourrait traduire par "avoir des couilles"), la belle rappelle ici que la femme qu'elle est, peut aussi peut avoir du cran et du courage. Et la diva nous le prouve avec brio en développant une mélodie dream pop entêtante, bercée de sa voix sensuelle.

Réalisée par Arsedi, la vidéo qui accompagne le single met en scène la chanteuse entre un bain en solo et une partie de bowling entre copines. Avec ce clip, elle évoque "le cheminement d'un femme qui reprend confiance en elle après s'être perdue". Un cheminement qui nécessite donc plusieurs étapes : questionnement (bain) , colère, soutien (bowling), force, confiance, émancipation et acceptation. Merci pour cette leçon de courage Ana !

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