Actu musique

8 novembre 2017

Pourquoi Jay Z brade-t-il ses places de concert à seulement 6 dollars ?

On connaît Jay Z comme un businessman affûté, mais là, il s’impose définitivement comme le véritable boss du game. Pour son 4:44 Tour, Hova’ a bradé le prix de certains billets – en fonction de leur positionnement - , faisant chuter leur coût, jusqu’à la somme de 6 dollars. Concernant le prix des places les plus proches de la scène ou en VIP, le rappeur les a volontairement proposé à des tarifs (beaucoup) plus élevés.

Une entreprise, qui, d’une part, permet à encore plus de gens d’assister à ses concerts, mais qui, surtout, coupe l’herbe sous le pied des revendeurs, un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. En se basant sur les prix que ces receleurs appliquent – tant pour les billets les plus chères, que les moins coûteux -, Jay Z les met donc hors course.

Une stratégie d’ores et déjà payante

Comme Live Nation, le tourneur de Jay Z, l’affirmait au média Billboard, cette idée a littéralement fait s’envoler le nombre de spectateurs attendus. Si on compare les chiffres de sa précédente tournée, Magna Carta Tour (2013), les ventes ont augmenté de 21%.

À titre d’exemple, et encore selon les dires de Live Nation récoltées par Billboard, le show de cette année au Honda Center en Californie, a rapporté 49% de recettes supplémentaire que son précédent passage – lors du Magna Carta Tour – en 2013. Pour conclure, Omar Al-Joulani, l’une des têtes influentes de Live Nation a affirmé, que “cette tournée [le 4:44 Tour] serait le plus gros succès de toute la carrière de Jay Z “. Rien que ça !

Le dernier album de Jay Z, 4’44 est disponible sur Apple Music.

Les Inrocks - musique

Chloé Sevigny en policière énervée pour "Police State", le nouveau clip des Pussy Riot

Un an tout pile depuis l'élection de Trump, le groupe féministe de punk russe sort un clip dystopique pour Police State. Dans une vidéo réalisée par Matt Creed, l'actrice Chloé Sevigny - qui pour l'occasion enfile l'uniforme d'une policière tenant scrupuleusement à faire respecter les règles de l'état - défonce des jouets d'enfants et attrape une membre des Pussy Riot pour lui retirer sa cagoule (laissant entrevoir la frimousse de Nadya Tolokonnikova). Pendant ce temps là des enfants, également cagoulés, sont attachés et forcés de regarder des images à la télévision du monde qui part en fumée, suivi de vidéos de Trump et Poutine se serrant la pince.

Un clip engagé et poignant comme nous ont habitué les jeunes russes, on pense notamment à leur single de l'an passé : Make America Great Again. 

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Plongez dans l’univers parallèle de Kazy Lambist avec sa nouvelle vidéo “Be Yourself“

Notre ancien lauréat inRocKs lab (prix du public) de l’édition 2015, Arthur Dubreucq alias Kazy Lambist, nous offre aujourd’hui le clip de Be Yourself, une balade très chill, pop, et entêtante.

À propos de cette vidéo, réalisée par Matheusz Bialecki (le cofondateur du label Cracki Records) dont Arthur “suit le boulot depuis un moment“, le producteur de 25 ans explique la démarche :

“J’avais la volonté de faire un morceau qui donne envie de se bouger, de créer, d’aller de l’avant, contrairement à la musique que je fais habituellement qui prône plutôt le farniente et les vacances. (…) Avec Be Yourself on a voulu illustrer différentes facettes du projet Kazy Lambist : l’affrontement continuel entre intellectualisation de la création d’un côté et laisser-aller à la sensibilité et au goût de l’instant de l’autre. Le concept du clip est de traverser le processus créatif et d’en représenter les doutes, les essais…“

Kazy Lambist sera en concert le 5 avril prochain à la Gaîté Lyrique de Paris, et au Rockstore de Montpellier le lendemain.

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Lily Allen s'apprête à publier une autobiographie “choquante et brutale“

Comme le rapporte le site The Bookseller, la chanteuse britannique a glacé ses mémoires sur papier. C’est la maison d’édition anglaise Blink, dépendante du groupe Bonnier Publishing, qui s’est imposée comme pilote pour la sortie de ce livre.

Dans cette même publication de The Bookseller, où, Lily Allen s’est exprimée, on apprend que son autobiographie évoquera des sujets qui pourront être “inconfortables, choquants et brutaux“. “Des moments de bonheur“ sont aussi à prévoir dans les pages du dit bouquin.

Une histoire écrite “sans honte“

Dans ce livre, écrit “sans une once de honte“ et qui est “authentique“, l’artiste reviendra sur certains moments difficiles de sa vie, comme, la douleur causée par la perte d’un enfant, sa famille et sa jeunesse, les hauts et les bas de la célébrité, ou encore sa dépendance à l’alcool et aux drogues. Son histoire en somme. Et elle l’espère “sonner vrai pour quiconque la lira“.

Une sensation, que le directeur de la maison d'édition Blink, Ben Dunn, a pressenti à la vue de certains échantillons du contenu : “Cet ouvrage ne séduira pas seulement sa génération et ses fans, Lily Allen parlera à un public plus large, car il met aussi en exergue des problèmes et des polémiques auxquels la société aujourd’hui fait face“.

Les mémoires de Lily Allen, dont on ne connaît pas encore le titre, sortiront pour l'automne 2018. Quant à son dernier album, Sheezus, paru en mai 2014, il est toujours disponible sur Apple Music.

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Taylor Swift ne sortira pas son prochain album (directement) sur les plateformes de streaming

En attendant sa sortie sur les plateformes de streaming, une semaine après la sortie officielle de Reputation, l'artiste propose donc à ses fans l'achat d'un CD à l'ancienne.

C'est que le revenu des ventes d'albums physiques lui est clairement plus bénéfique que celui des plateformes de streaming, avec qui l'artiste semble entretenir une relation love/hate. En 2014, elle retirait tout son catalogue de Spotify, le premier service de streaming musical en critiquant violemment les conditions de rémunérations trop faibles des artistes. Entre temps, Apple Music avait changé sa politique de rémunération lui permettant de récupérer l'artiste dans son catalogue. Contrairement aux autres plateformes Apple Music fonctionne sur un modèle 100 % payant, une évolution qui avait profité à l'ensemble des artistes !

>>> À relire : Comment Taylor Swift a fait plier Apple

L'Américaine avait cependant mis fin au boycott et ré-apparaissait en juin dernier sur les plateformes. Paradoxalement adorées par ses utilisateurs, les plateformes de streaming sont cependant vivement critiquées par les artistes, comme Thom Yorke ou Portishead, mais peu d'entre eux peuvent vraiment se permettre de les bouder.

Le tracklisting de son prochain album révélé

Le mois dernier, la chanteuse effectuait un retour fracassant comme on en voit rarement avec son clip Look What You Made Me Do, faisant exploser le record de nombre de vues sur un clip en 24 heures, avec 28 millions de vues, auparavant détenu par le clip Hello d'Adèle réalisé par Xavier Dolan. Deux jours après sa publication sur YouTube, la vidéo en comptait déjà presque le double avec près de 50 millions de vues. Avec son single, la chanteuse de 27 ans avait également pulvérisé le nombre d'écoutes sur Spotify, écouté plus de 8 millions de fois le jour de sa sortie d'après Associated Press.

Les critiques de la jeune star adressées à l'industrie musicale pourraient progressivement aider à changer le fonctionnement économique des plateformes de streaming. Les artistes de grande renommés pouvant faire preuve d’exigence pourraient entraîner un changement qui serait finalement profitable à tous les musiciens.

3 days until #reputation

Une publication partagée par Taylor Swift (@taylorswift) le 7 Nov. 2017 à 18h52 PST

Dans la foulée, Taylor a également dévoilé la tracklist de son prochain album de quinze titres qui comprendra une collaboration avec Ed Sheeran et Future. Cf la photo instagram ci-dessus.

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Kanye West pourrait bien lancer son propre service de streaming

L’information est tombée via un article du média The Blast, dans lequel on apprend que le nom de domaine, “Yeezy Sound“ a été déposé le 2 novembre 2017.  Le type de service que pourrait fournir le site est lui aussi renseigné : “Streaming de musique, audio, images, vidéos, et tout autre contenu disponible sur internet“. Si Kanye West se prépare à lancer sa propre plateforme de streaming, un autre rappeur, Jay Z, pourrait bien mal le prendre.

Depuis que Yeezus a quitté Tidal (la plateforme de Jay Z) à la fin 2016, dès suite d’un désaccord financier, rien ne va plus entre les deux artistes, qui n’ont cessé de s’envoyer des pics, très pointus, pour la plupart. Avec cette nouvelle, la probable réconciliation qu’on vous évoquait (doucement) en septembre dernier, parait maintenant bien lointaine.

theblast-com.jpg Source : TheBlast.com

Kanye revient doucement sur le devant de la scène

C’est la deuxième fois, en quelques semaines, que l’on entend parler de Yeezus, qui semble bel et bien opérer son retour. Depuis presque un an, et le fameux concert où il avait pété les plombs, et, son hospitalisation, l’auteur de The Life Of Pablo s’était fait plutôt discret.

Le 4 novembre dernier, Kanye West regagnait la scène. C’est à Chicago qu’il pointait le bout de son nez, lors d’un show de Kid Cudi. Ensemble ils ont interprété Father Stretch My Hands Pt. 1, un excellent titre du dernier long format de Yeezus, The Life Of Pablo paru pendant l’année 2016.

Le dernier album de Kanye West, The Life Of Pablo, est d'ailleurs toujours disponible sur Apple Music.

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Live à Fip : Sandra Nkaké et Shaolin Temple Defenders

Photo par Benjamin Colombel Soirée exceptionnelle à Cénon avec le groupe soul funk Shaolin Temple Defenders et la chanteuse Sandra Nkaké en live

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Brut et puissant, le chant de Foé se dévoile dans un sublime "Bouquet de Pleurs"

Il s'appelle Nicolas Foé, il est toulousain, il a 20 ans tout juste, et vous allez l'aimez ou le détester, mais c'est bien impossible que vous restiez indifférent à l'écoute de son tout premier single, Bouquet de Pleurs. 

Avec sa voix lourde et urbaine, et ses paroles qui dévoilent sans pudeur, un peu de sa jeune vie d'adulte, ce morceau est un extrait de son tout premier EP, du même nom, qui sortira ce vendredi 10 novembre chez Tôt ou Tard.

Pour le clip, c'est Colin Solal Cardo qui met en image Bouquet de Pleurs, sur une production de La Blogotheque (& Voir Pictures). Dans un décor classé, la piscine Alfred Nakache (située dans sa ville d’origine), un très jeune couple papillonne devant le piano de Nicolas Foé. Poétique et moderne à la fois.

Si la musique classique et le piano sont ses deux premiers amours, le songwriter parisien Foé a nourri son premier disque d'un éventail bien plus large d'instruments, n'hésitant pas à se lancer dans une rythmique synthétique et en phase avec son époque. Une affaire à suivre.

A retrouver en concert dès novembre. Plus d'infos ici.

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Gagnez des places pour un concert privé d'Eddy de Pretto

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, la FiftyFifty c'est un concert intimiste invitant la crème de la scène émergente internationale. Ces showcases mensuels ont lieux au coeur de la capitale belge, dans un hôtel branché : le JAM. Si pour y assister, il faut présenter à l'entrée un précieux sésame, soit une invitation à gagner ci-dessous, rassurez-vous, les concerts sont également retransmis en direct via Facebook Live sur la page fan de Les inRocKuptibles et de l'évènement.

Jeudi 23 novembre dès 19h, la FiftyFifty Session est de retour, après une première édition de rentrée festive - en compagnie du flamand Tamino et du crooner parisien Tim Dup. Et on vous promet encore de belles surprises !

>>> A lire aussi : Le ténébreux songwriting de Tamino est la plus belle chose que vous pourrez écouter aujourd’hui


A l'affiche : Ulysse et Eddy de Pretto

Pour la prochaine nouba, il sera question d'un des plus gros espoirs de l'année, le crooner Eddy de Pretto, croisant habilement chanson francophone et hip-hop. Bossant avec les producteurs de Booba et Gucci Mane, pour produire son premier ep KID, il surprend par son sens de la rime et ses punchlines engagées avec son époque. Sur scène, seul avec son iPhone, le Kid captive autant qu'il peut déranger certains. Incontournable.

Deuxième promesse, belge cette fois : Ulysse. Si ce trio d'electro-pop n'est pas encore connu en France, sachez qu'il remplit déjà dans son pays de fameuses salles et a collaboré avec le rappeur Roméo Elvis (cf clip ci-dessous). Après deux EP (U as in Ulysse en 2014 et Cashmere Guns en 2015) acclamés par la critique bruxelloise, leur dernier tube Mañana confirme l'essai. Taillé pour le dancefloor, il respire les dernières journée ensoleillées d'automne. L'ambiance risque d'être survoltée pour la FiftyFifty, vous êtes prévenus !


Pour gagner des places

Il vous suffit d'envoyer un mail à concours@inrocks.com. Les 20 premiers participants recevront chacun deux places pour assister au concert du jeudi 23 novembre, à l'hôtel JAM (Bruxelles). Les lives débuteront dès 19H. Ouverture des portes : 18H.

Les showcases seront filmés en direct et retransmis via Facebook Live sur les pages de Les inRocKuptibles et de FiftyFifty Session. Veillez à bien 'liker' les deux pages pour être prévenu du début des concerts. Et en attendant, vous pouvez revivre la chaude dernière soirée FiftyFifty en compagnie de Tamino (vidéo ci-dessus).

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Quels sont les repas préférés des clubbeurs en sortant de teuf ?

Henning, Léo, Robert et Julia, quatre clubbeurs aguerris des nuits berlinoises ont donné leurs propres recettes pour remettre tranquillement leurs corps et leurs esprit en place après une soirée à taper du pied, avec des aliments fluide pour "éviter d'avoir à mâcher" rapporte le magazine. Plats cuisinés ou collations sur le pouce, ces recommandations vous éviteront de passer tout votre lendemain de soirée comme un figurant de The Walking Dead, et pourront en intéresser plus d'un. Une nutritionniste et professeure adjoint en nutrition à l'université de New York promulgue également ses conseils.

mcdonalds_meal_in_india.jpg Source : Wikipedia. Crédit : PageImp

Pour Henning, la règle n°1 est de toujours privilégier "le confort avant la qualité". Le jeune Allemand de 27 ans ponctue ses petites matinées du sempiternel combo : Big Mac et milk-shake vanille. Pourtant ancien végétarien, mais cependant toujours intolérant au lactose, l'étudiant a l'air d'y trouver son compte en s'infligeant de plein gré cette indiscipline : "Je me suis dit que je devais choisir la pire option. Quand on brise les règles, autant y aller à fond" conclut-il. Bel esprit !

Léo, 29 ans s'est lui un peu plus pris la tête. Avec 15 ans de teufs dans les pattes, l'ingénieur a eu le temps d'écumer les snacks pour finalement trouver l'enca idéal : le Soylent, un liquide conçu pour couvrir intégralement les besoins nutritionnels humains.

soylent-bottles-close.jpg Soylent. Crédit : JohnnyBGoode11. Source : Wikipedia.

Des protéines, glucides, lipides et micronutriments, la petite fiole contiendrait tout ce dont le corps nécessite pour fonctionner correctement. Difficile d'accès en Allemagne, Léo se contente d'un dérivé, le Mana, qu'il s'enfile directement à la sortie du club : "La culture du clubbing à Berlin est tellement dans l'excès que c'est agréable d'avoir quelque chose de calmant et presque neutre à la fin de la nuit. Ça a presque le goût de la pâte à pancake et ça m'évite de vomir des nouilles au curry" explique le pragmatique ingénieur, à qui l'on décerne au passage la palme de l'honnêteté.

"Pas question de mettre les pieds au restau' avec une tête de déterré par rapport aux autres clients"

Dans un autre délire, Robert, 26 ans, étudiant en mode, est le seul à prendre le temps de se confectionner un petit plat. Après une courte sieste, pour lui rien de tel qu'un gros pancake de kimchi, une recette de crêpes coréenne épicé, à se fourrer dans la panse. Ça donne (presque) envie.

kimchibuchimgae_kimchi_pancake.jpg Crédit: sharonang, Source : wikimedia commons

Pour ceux qui préfère se la jouer discret, Julia, 26 ans, a un remède plus simple et peut être tout aussi efficient : une banane et un doux snikers. "Pas question de mettre les pieds au restau avec une tête de déterré par rapport aux autres clients" raconte la jeune suédoise, qui considère son snack comme le plus "safe", n'offensant personne, et ayant le mérite de permettre une interaction sociale limitée.  

Finalement, la nutritionniste et professeur Lisa Young vient clôturer le game avec ses préceptes de pro : la soupe de poulet, "bourrée de qualités,  restaure les fluides et le sodium", les oranges et les légumes feuilles remplis de potassium, un minéral généralement en berne après avoir ingéré une bonne dose d'alcool.

Sans oublier la base, le nectar des dieux : de l'eau.

bottles-plastic-bottle-bottle-mineral-wa Source : Max Pixel

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Rencontre avec Warhaus, génie belge à l'entrecroisement de Leonard Cohen et Tom Waits

"On peut fumer ici ?" Cela fait une demi-heure que nous discutons sur la terrasse couverte d’un bar parisien, et Maarten Devoldere se passe la main dans les cheveux de plus en plus frénétiquement, sous l’effet d’un manque de nicotine patent. Échappé du groupe de rock belge Balthazar, ce trentenaire originaire de Gand, dans la région Flamande, vient de sortir un deuxième album solo sous le nom de Warhaus, un an après We Fucked A Flame Into Being. Warhaus – c’est son titre – nous plonge dans un univers mystérieux – à l’image du clip de Mad World – où se mêlent percussions Voodoo, voix grave de crooner et une touche romantique de marimba. Avant son concert à La Maroquinerie ce soir, le 8 novembre, il nous explique comment il a composé cet opus - en partie dans les montagnes isolées du Kyrgyzstan -, et où il va puiser ses références et son inspiration.

Tu avais enregistré ton premier album sur une péniche. Cette fois-ci, où es-tu allé puiser l’inspiration ?

Warhaus – Cela s’est fait en deux parties. Je n’ai pas forcément besoin de m’isoler pour trouver l’inspiration, mais j’ai parfois besoin d’être loin de tout pour me concentrer, et trouver une discipline de travail. J’ai un ami photographe qui voyage toujours au bout du monde, dans des endroits étranges, pour prendre des photos. Je lui ai dit que je cherchais un lieu calme, et il m’a dit : "J’ai ce qu’il te faut". Il m’a conseillé d’aller rejoindre des bergers qu’il avait connus dans les montagnes du Kyrgyzstan.

J’y suis allé, j’ai conduit jusqu’à la dernière ville, puis j’ai pris une Jeep pour arriver jusqu’à une ferme où vivent cinq personnes. On m’a déposé là, et on m’a dit qu’on viendrait me chercher un mois plus tard. Il faisait moins 40 ! Je ne suis pas un grand aventurier, mais c’était quelque chose ! L’endroit était parfait. On ne pouvait pas communiquer entre nous car nous ne parlions pas la même langue, j’avais mon propre cheval pour me déplacer dans la neige… J’ai écrit quatre chansons de l’album là-bas. Les autres ont été composées pendant notre tournée. Et j’ai fait un autre voyage au Maroc pendant un mois avec Sylvie [Kreusch, qui fait les chœurs, ndlr], pour écrire les paroles.

Quelles chansons as-tu écrites au Kyrgyzstan ?

Mad World, Fall In Love With Me, Dangerous et Everybody. Ce qui est marrant, c’est qu’il a fallu que j’aille dans ce trou pommé, où j’étais en isolation complète, pour écrire les chansons qui parlent de sortir et de s’envoyer en l’air ! Je pense que c’est parce que j’étais tenu à l’écart de ma vie normale, et que je la regardais avec distance, comme quelque chose de bizarre. Mais il n’y avait pas du tout de folie là où j’étais. (Rires)

«Il a fallu que j’aille dans ce trou pommé, où j’étais en isolation complète, pour écrire les chansons qui parlent de sortir et de s’envoyer en l’air !»

A l’inverse de Magaluf, haut lieu de débauche à Majorque, où le clip de Mad World a été tourné… Le contraste est saisissant !

Oui, la vidéo a été tournée dans un vrai "Mad World". On y est allé pour prendre du bon temps. On avait l’idée de filmer le clip là-bas, mais à condition que ce soit spontané. Cette chanson me rappelle la Panthère rose, qui claque les doigts en rythme avec le générique. J’ai proposé de simplement claquer des doigts face à la caméra, avec plein de gens bourrés autour. Je me suis dit qu’en voyant la caméra, ils s’approcheraient forcément pour faire des trucs, et c’est ce qui s’est passé ! On a fait environ quinze prises, et l’une d’elles était bien, parce que les fêtards faisaient irruption dans le cadre, puis s’en allaient hors champ les uns après les autres. Les autres prises, c’était juste quatre ou cinq minutes où les filles montraient toujours leurs nichons. (Rires)

De quoi parle "Mad World" ?

Je ne suis pas habitué à aller dans des endroits comme celui-là, mais je peux m’identifier à eux. Cette chanson raconte l’histoire d’hommes et de femmes qui font des choses stupides pour s’envoyer en l’air. Comment on se ridiculise, comment on se trahit, juste pour attirer l’attention d’une fille. C’est sur ce sentiment, et sur la destruction qui l’accompagne.

Le titre de ton précédent album était une citation de L'Amant de lady Chatterley, de D. H. Lawrence. Pourquoi cet album est-il éponyme ?

(Il réfléchit) Pour le premier album, j’avais le titre avant même d’avoir les chansons. Alors que pour celui-ci, j’ai écrit les chansons et ensuite j’ai réfléchi au titre. Et je n’ai rien trouvé qui me plaisait. Je savais que la pochette allait être mon portrait. J’ai donc pensé que Warhaus serait le plus simple.

Warhaus, c’est ton "alter ego" ?

Non, c’est des conneries, c’est ce que la presse dit. Quand je dois expliquer quelque chose à ma mère, parfois je lui dis : "Ce n’est pas moi, c’est un alter ego !". Bien sûr, je joue un rôle, mais comme tout le monde. Warhaus ressemble beaucoup à Marteen Devoldere. Mais le terme d’alter ego, ça fait trop Bowie.

On entend beaucoup d’instruments exotiques dans cet album : des percussions africaines, un marimba, des instruments à cordes aux sonorités inconnues… Quel environnement musical cherchais-tu ?

Je n’avais pas vraiment de vision préétablie de ce que je voulais faire. C’est venu de manière très naturelle. Lors de l’enregistrement du premier album, pour la première fois j’ai utilisé des percussions africaines. Au moment où j’ai découvert ces instruments, j’en suis devenu fan. Pour le deuxième album, je voulais les découvrir davantage, voir ce que je pouvais faire de nouveau avec. J’en suis vraiment tombé amoureux. C’est comme pour le reste. J’ai commencé à jouer de la trompette avec beaucoup d’effets. Comme je jouais de la trompette, je me suis intéressé aux cuivres de manière générale, et une fois que tu les as autour de toi, tu commences à expérimenter. Mais je n’avais pas de plan d’ensemble dans ma tête.
Il y a en revanche deux ambiances dans l’album. Soit c’est très romantique, et dans ce cas j’utilise les cordes, pour exagérer ce sentiment. Soit c’est une ambiance plus Voodoo, mystérieuse, et les percussions étaient très intéressantes dans ce cas.

Et le marimba de Love’s A Stranger, d’où vient-il ?

J’avais une discussion récurrente avec le guitariste du groupe, qui est un bon ami à moi, sur la production musicale. Pour lui, la meilleure production revenait à Radiohead. Je lui disais : "Mais non, mec !" Pour moi, la musique a cessé de sonner parfaitement bien dans les années 1980. Je lui donnais toujours l’exemple d’Under My Thumbs, des Rolling Stones. Pour moi c’est la meilleure chanson enregistrée sur un album. Et sur cette chanson, il y a un marimba. C’est pour ça que je voulais un marimba, l’influence vient de là !

«Under My Thumbs, des Rolling Stones. Pour moi c’est la meilleure chanson enregistrée sur un album.»

La voix de Sylvie Kreusch a une place importante dans cet album. Parfois vos deux voix se superposent, ou se relayent, vous semblez jouer avec. Avez-vous pensé l’album spécifiquement pour instaurer ce dialogue ?

Je savais que je voulais ce dialogue. J’aime écrire des chansons qui mettent en scène un homme sage, un peu dandy, mais si tu regardes bien le contenu des chansons, il est complètement perdu. Je voulais trouver une fille avec une voix un peu innocente, un peu ingénue, qui sonne un peu naïve, mais en fait, si tu lis les paroles, c’est elle qui contrôle toute la situation. C’est une référence à Lolita, de Nabokov. Le vieil homme kidnappe la jeune fille, mais au fur et à mesure du livre, on s’aperçoit qu’elle contrôle toute la situation. C’est quelque chose que j’utilise beaucoup dans mes chansons. J’essaye de prétendre que c’est moi qui dirige, mais en fait j’en suis le clown.

Tu as lu beaucoup de livres pour composer ?

Pas pour cet album. J’ai commencé à lire des livres quand j’avais 20 ans. Ensuite j’ai lu intensément pendant cinq ans…

Quel est le premier livre que tu as lu ?

(Il réfléchit) Je pense que c’était un livre de Philip Roth, j’en ai lu beaucoup, je ne sais plus lequel c’était, peut-être Portnoy et son complexe. C’était l’époque où on commençait à faire des concerts avec Balthazar, et pendant cinq ans j’ai lu un livre tous les deux jours. J’ai eu cette période intense où je voulais tout lire, tous les classiques. Et il y a deux ans, j’ai arrêté de lire. Je me suis dit : "C’est bon, maintenant je sais, ça ne m’intéresse plus, je veux trouver par moi-même".

«J’ai eu cette période intense où je voulais tout lire, tous les classiques. Et il y a deux ans, j’ai arrêté de lire.»

Tu ne lis plus depuis deux ans ?

Non. Pour cet album, aucune lecture ne m’a accompagné… (Il réfléchit) Il y a cependant une référence à Breat Easton Ellis, l’auteur d’American Psycho, mais c’est parce que mon ex-petite amie était une grande fan de son travail. Je le cite dans Mad World, mais ce n’est pas parce que je le lis, c’est juste une blague.

Leonard Cohen est mort il y a un an exactement. Comment vous a-t-il influencé ?

On me compare souvent à lui. Parfois j’aimerais seulement être considéré comme Warhaus. (Rires) Mais on est tous influencés par des gens. J’aime tout chez lui : ses livres, sa poésie, ses album kitsch des années 80, que je ne comprenais pas quand j’étais plus jeune. Je trouvais que c’était ringard. Mais maintenant j’aime tout ce qu’il a fait. Ce que j’aime particulièrement chez lui, c’est qu’il a une réputation très sérieuse, il dégage une aura austère, de sagesse, alors qu’en fait il est perdu comme tout le monde, et il est très drôle. Les gens pensent que c’est un écrivain dépressif, mais en fait ses chansons sont pleines d’humour. Il faut juste savoir où regarder. Une fois il jouait à Gand, je n’avais pas de ticket, alors j’ai grimpé à un arbre pour voir le concert, qui a duré quatre heures. C’était une expérience merveilleuse, parce que j’étais tout seul, je n’avais pas à partager le concert avec les gens autour de mois. C’était un très beau moment.

«Les gens pensent que Leonard Cohen c'est un écrivain dépressif, mais en fait ses chansons sont pleines d’humour. Il faut juste savoir où regarder.»

Tu as un peu la même façon de chanter, c’est pourquoi on vous compare…

C’est vrai, je me suis fait la réflexion, je chante bas, comme lui. C’est sans doute dans mon ADN après tout, parce que je l’adore. Mais ce n’est pas conscient. On nous compare aussi beaucoup à Serge Gainsbourg, parce qu’il y a une fille, Sylvie. A Tom Waits aussi, ou Mark Lanegan.

Des artistes que tu apprécies ?

Oui, je suis très influencé par des chansons très classiques : Bob Dylan, Serge Gainsbourg, Lou Reed…

Quel genre de musique t’a accompagné pour composer ton nouvel album ?

Je n’écoute pas beaucoup de musique en général. Mes amis ne travaillent pas dans le milieu de la musique, mais ils s’y connaissent beaucoup plus que moi ! (Rires) Eux, après travailler, ils écoutent de la musique, alors que moi, quand la nuit tombe je n’ai pas envie d’en écouter encore. Fuck music ! (Rires) Je connais les albums classiques, ceux qu’il faut connaître. Je pense qu’avoir trop de références peut tuer ta créativité. Si tu connais quatre albums qui sont très bons, c’est suffisant pour faire ton propre mélange. J’aime aussi la musique contemporaine – Rihanna, Kanye West… – mais je ne pense pas que ça affecte ce que je fais.

Quels seraient pour toi ces quatre albums qu’il faut connaître ?

(Il réfléchit, puis sourit) Ça va être très cliché. C’est comme une liste des albums que tout le monde aime. Histoire de Melody Nelson de Serge Gainsbourg, Blood On The Tracks de Bob Dylan, Transformer de Lou Reed, et I’m Your Man de Leonard Cohen.

Propos recueillis par Mathieu Dejean

Warhaus – Warhaus (Play It Again Sam), sorti le 3 novembre.
En concert le 8 novembre à La Maroquinerie (Paris - complet), et le 12 novembre au Tour de Chauffe (Lille).

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Nouvelle promesse du pays plat, Charlotte se dévoile dans le clip passionnel "Ta Peau"

On connaissait Angèle, il faudra désormais compter sur Charlotte, une autre artiste belge ayant un incroyable talent. Après son premier single Pars, la Namuroise de 25 ans dévoile le clip passionnel Ta Peau. Gardant la même tunique blanche immaculée "à la Lana Del Rey" que dans sa première vidéo, Charlotte fascine par son regard bleu glacial et son timbre tranché.

Partageant une énergie commune à Yelle, de part ses productions audacieuses (peaufinées par R.O. et sous la bénédiction du DJ Alex Germys), ses textes enflammés en font la digne héritière de ses parents, stars des années 80 : Alec Mansion et Muriel Dacq.

Réalisé par Michael Dupret, le clip de Ta Peau met en scène l'artiste accompagnée de danseurs (empruntant pour l'occasion la troupe d'Oscar and The Wolf et de Loic Nottet) et d'une chorégraphie signée par la soeur de Charlotte, Betty Mansion.

Charlotte Mansion (pour l'état civil) a commencé au Cours Florent, avant de bifurquer vers la chanson. Avec l'aide du multi-instrumentiste Nico D’Avell, elle co-compose la dizaine de titres, qui figureront sur son premier album à paraître en 2018 chez Sony.

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