Actu musique

3 novembre 2017

Myd prolonge un peu l'été avec un EP aux sonorités pop, lo-fi et psyché

Le très cool label parisien Bromance ayant raccroché les gants après cinq ans de bons et loyaux services, Quentin Lepoutre aka Myd, membre fondateur des expérimentateurs de Club Cheval, s’est retrouvé quelque peu orphelin. Pas pour longtemps, puisque de retour de studio avec les trois titres de l’ep All Inclusive, le gars signe cash sur Ed Banger, l’écurie de Pedro Winter, qui lui propose d’accompagner la sortie du disque d’un projet plus large, incluant un bouquin de photos prises par Alice Moitié, mettant en scène Quentin dans diverses situations loufoques à bord d’un paquebot, lors d’une croisière sur les mers Adriatique et Ionienne.

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Angel Olsen nous montre l'étendue de ses talents dans "Phases"

Après un album fracassant de justesse, My Woman (2016), et une tournée mondiale couronnée de succès, l’Américaine Angel Olsen revient dans un tout autre registre, beaucoup plus intime et introspectif.

S’émancipant de son groupe live, la songwriteuse nous ouvre les portes de son studio, en offrant un album qui regroupe une douzaine de demos, ses essais bruts, enregistrés en solo avec les moyens du bord.

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Kaaris est de retour en tenue de “Dozo”

Un fan de Kaaris qui se réveillerait d’un long coma aurait vraisemblablement du mal à reconnaître l’homme qui a traumatisé le rap français au début des années 2010. Révélé par des titres hardcore (Kalash, Zoo), le golgoth de Sevran opère depuis l’année dernière un grand écart musical façon Van Damme dans Bloodsport.

Un plus large public et une adaptation aux exigences de l’époque

Mis en confiance par le succès d’Okou Gnakouri, le roi de la trap française poursuit ses incursions chantées et gorgées d’auto-tune dans ce nouvel album. De retour en tenue de “dozo” (une confrérie de chasseurs d’Afrique de l’Ouest) après des vacances passées en Côte d’Ivoire, Kaaris semble prendre un malin plaisir à retourner les a priori qui lui collent aux sandales.

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Le petit génie de l'electro française Rone revient avec "Mirapolis"

“Je pense que c’est l’un des rares compositeurs actuels à avoir su conserver en lui, et à traduire par sa musique, une forme de joie native, à une époque qui est, pour l’essentiel, particulièrement triste et désenchantée.” Ça, c’est l’écrivain Alain Damasio qui nous parle de son ami et collaborateur occasionnel Erwan Castex, aka Rone.

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Hamza, la nouvelle sensation belge dévoile une prometteuse mixtape

Il y a quelques jours, Hamza était à Paris pour le MaMA Festival. Mais devant la salle, à Pigalle, une queue badante se forme jusqu’au coin de l’immeuble et la rue adjacente. Beaucoup ne réussiront pas à entrer et rateront, du coup, le concert du nouveau chouchou du rap belge. “Mucho mucho love, mucho mucho love”, chante ce dernier sur la mixtape qu’il vient de sortir. De l’amour, beaucoup, voilà ce que Hamza reçoit depuis quelques mois de la part du public et de l’industrie musicale.

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L'histoire (oubliée) du yacht rock

“Tu connais pas Steely Dan ? Ce sont les rois du yacht rock, mec, lâche Peter Sagar aka Homeshake, devant le Point Ephémère à Paris. C’est le style le plus lustré et parfait qui soit ; de la musique lissée et sans erreur, si tu préfères.” Ce n’est pas que l’on ignore qui sont feu Walter Becker et Donald Fagen, les membres fondateurs du groupe, ni ce que peut recouvrir le terme yacht rock, cette espèce de r’n’b haute-fidélité, smooth et sophistiqué, c’est juste qu’on ne s’était pas penché sur la question jusqu’à la sortie en 2013 de Random Access Memories, de Daft Punk.

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MØ, Warhaus, Majid Jordan... en accéléré

Trois ans après son bluffant premier album No Mythologies to Follow, et quelques papillonnements avec Major Lazer (sur le tubesque Lean on), la Danoise nous revient avec un ep surprise, When I Was Young. Fidèle à son sens du groove et à sa pop moderniste, Karen Marie Ørsted y apporte “un regard à la fois sur le passé et le futur”. Compilant des morceaux écrits au cours des quatre dernières années, ce carnet intime confie des expériences personnelles de MØ : son ressenti sur sa carrière fulgurante, une certaine forme de nostalgie et d’évasion, et les pensées “d’une jeune adulte dans un monde très étrange et qui a beaucoup changé”. Concis et hautement addictif !

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Joey Bada$$ a littéralement retourné l’Élysée Montmartre, on y était, on vous raconte

20h30, la salle est déjà remplie, l’espace se fait rare dans la fosse. Un DJ, perché sur des platines légèrement surélevées, fend la pénombre ambiante et se met à bidouiller ses machines. Quelques extraits de son d’ambiance plus tard, un homme masqué vient s’accaparer la scène. La foule, déjà bien excitée, croit y voir son champion. Il révèle son identité et c’est en réalité IDK, l’une des premières parties de Joey Bada$$. 30 minutes de bonne découverte, très énergique, rondement mené par le MC.

Trust me, we ain’t worried about a list over here ????#HXLY

Une publication partagée par JAY IDK (@idk) le 2 Nov. 2017 à 13h19 PDT

Il est plus de 21h30, et le public tassé, commence à s’agacer au fur et à mesure qu’un autre DJ continu de faire scander le nom de Joey. Quelques sifflets s’échappent, pour finalement laisser place à des cris de joie, quand le rappeur de Brooklyn fait son apparition. Devant un drapeau américain – façon imprimé de bandana - en guise de scénographie, Bada$$, vêtu d’un large manteau, s’empare du micro et pose son flow à capela ; court, mais intense. Un petit “Fuck Donald Trump“ au passage, et on continu. Devant une foule chauffée à bloc, le rappeur l’harangue encore plus, via de simples salutations. Elles laissent rapidement place, aux phases de son titre Ring The Alarm, que l’artiste s’égosille à poser. “Hands up“ cri t’il, aussitôt dit, aussitôt fait, les fans balancent leurs mains de haut en bas, comme dans les meilleures scènes de 8-Miles - cet effet de yoyo, ne s’arrêtera pas du concert. Tout comme les fanatiques, qui ne cesseront de jouer le rôle de “backeur“.

Grand moment avec @joeybadass ce soir ???????? #ElyseeMontmartre #Joeybadass

Une publication partagée par ELYSEE MONTMARTRE (@elyseemontmartre) le 2 Nov. 2017 à 18h04 PDT

S’enchaînent plusieurs titres de son dernier album, ALL-AMERIKKKAN BADA$$ (un grand disque de rap de ce début d’année 2017, comme on vous disait), dont les plus groovy For My People, et Land For Free. Il ira même jusqu’à se la jouer crooner, micro posé sur son pied et briquets allumés comme preuves, pour Legendary. Désormais torse nu, le jeune homme de 22 ans en appelle à ses “Day one fans“ pour la chanson suivante. Ils ne manqueront de suivre, et s’embraseront littéralement au fur et à fur que Paper Trail$ et Big Dusty, bangers très efficaces de son ancien projet, avancent. Acclamation. Plus encore, il invite dans la foulée ses “Day zéro fans“ à l’accompagner sur Survival Tactics, superbe morceau de sa première mixtape, 1999 (2012).

Paper trails @joeybadass #proera #elyseemontmartre

Une publication partagée par T. (@theoblkr) le 3 Nov. 2017 à 3h08 PDT

La fin de ce show se fait sur les chapeaux de roues, les projecteurs rayonnant de plus belle, des espèces d’extincteurs crachant de la fumée se joindront à la danse, qui se terminera d’ailleurs sur un “Pull-up“ général, qui fera perler une ultime les fronts des fans, venus en nombre. Malgré les rappels, rien n’y fait, la fête se poursuivra à l’aftershow.

@joeybadass 2/11/2017 ALL-AMERIKKKAN BADA$$ #show #joeybadass #paris #tour #elyseemontmartre #smoke

Une publication partagée par Julien Tondu (@julien__tondu) le 3 Nov. 2017 à 1h55 PDT

ALL-AMERIKKKAN BADA$$ est toujours disponible sur Apple Music.

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Bernard Lavilliers : l’insoumis de la chanson française

Au mois d’octobre, Bernard Lavilliers a publié 5 minutes au Paradis, son 22ème album studio, et fêté ses 71 ans. D’une carrière démarrée en 68, on retient une fidélité sans faille à certains idéaux révolutionnaires, associés à des voyages qui imprègnent au fil des aventures musicales un style en mouvement, dont le dénominateur reste cette voix de mâle, à la fois poète et animal, boxeur caressant et militant des causes perdues sur des musiques tropicales. Mais, en faisant appel sur son nouvel album à des musiciens en prise avec leur temps (Romain Humeau, Fred Pallem, Feu ! Chatterton, Florent Marchet, Benjamin Biolay, Jeanne Cherhal), l’Indiana Jones de la chanson française a voulu resserrer son propos musical autour d’une actualité brûlante, celle des migrants, des attentats, de la violence sociale, revenant musicalement à ce que furent ses débuts de rocker urbain et d’anarchiste empathique. Le disque est une réussite, sans doute l’un des plus puissants de son auteur, l’un des plus raffinés aussi, et la parole de Lavilliers est toujours bonne à saisir dans le brouhaha actuel. On l’a retrouvé dans un bistrot du 11ème où il croise parfois Mélenchon, mais le véritable insoumis, désolé Jean-Luc, c’est bel et bien ce bon vieux Nanard.

Votre album s’intitule 5 minutes au Paradis, on ne vous imaginait pas croyant, même pour cinq minutes…

Bernard Lavilliers Oui, normalement, le Paradis c’est pour l’éternité, mais c’est un titre ironique, ce qui me faisait rire c’est que le pire des salauds, dans la cohérence entre le bien et le mal, peut monter au paradis en raison d’un mauvais aiguillage. D’ailleurs, le pire des salauds de l’album, c’est celui qui monte cinq minutes au paradis après avoir vendu des armes.

Il s’agit d’un disque complètement imprégné par l’actualité, avec beaucoup de salauds et de drames, il n’y avait qu’à se baisser pour en ramasser ?

C’est vrai que l’actualité des dernières années a été assez intense. Il y a à la fois une grande tension politique et sociale, et puis cette histoire de terrorisme qui ne va pas s’arrêter demain matin. J’avais pas mal d’amis à Charlie Hebdo, au moment où a lieu la tuerie je suis à New York, je ne sais pas comment réagir, alors je choisis le silence. Que faire d’autre ? On sait que l’on va devoir remonter sur scène, après le Bataclan, une salle où j’ai souvent joué, ou comme ce fut le cas pour moi au lendemain de l’attentat de Nice. On est sur scène et on sait que l’esprit des gens est accaparé par ce qui vient de se produire, que plus rien de sera plus jamais comme avant.

Pour traduire cette tension, vous avez choisi de faire appel sur ce disque à des musiciens qui sont en prise avec l’époque…

Je voulais changer la couleur, même si Fred Pallem et Romain Humeau figuraient déjà sur mes derniers albums. Avec Biolay, qui a arrangé deux titres, cela faisait longtemps qu’on voulait travailler ensemble, mais il est toujours très occupé par ses propres disques ou par le cinéma. Quand je lui ai proposé Montparnasse, je savais que c’était pour lui, le côté un peu jazzy, en plus ça parle de Buenos Aires… Mais il était déçu d’en avoir qu’une, alors j’ai écrit Paris la grise spécialement pour lui. Je savais en revanche que Vendredi 13, qui parle du Bataclan, c’était pour Romain Humeau. Concernant Feu ! Chatterton, j’avais chanté sur scène avec eux, on a repris Est-ce ainsi que les hommes vivent, auquel ils ont rajouté un riff de rock assez étrange qui fonctionnait très bien. C’est une chanson magique, le texte d’Aragon, la musique de Léo Ferré, c’est un truc dans lequel les gens entrent immédiatement. Pour l’album, on a répété deux morceaux, à l’ancienne, en jouant les chansons quinze ou vingt fois comme lorsque je travaille pour la scène, afin de créer cette dynamique qu’on n’a plus forcément en studio. J’ai rencontré de vrais bosseurs, ce ne sont pas des punks ces mecs. Sur Charleroi ils ont réussi à trouver une atmosphère un peu planante à la Dark Side of The Moon.

Leur musique vous a parlé immédiatement ?

J’ai très vite été intrigué par ce groupe, leur chanteur est très particulier, très lyrique, avec un langage très élaboré, et ce qui est bien, c’est qu’il parle aussi comme ça entre les chansons. Il a quelque chose d’Alfred de Musset, ou de Vigny, même physiquement il ne ressemble pas aux autres.

Il s’agit d’un album plus sédentaire cette fois, vous n’avez pas beaucoup voyagé pour l’écrire et l’enregistrer.

On l’a fait à Paris et à Charleroi. Mon bassiste est de Charleroi, je suis pas mal allé là-bas et j’y ai trouvé des similitudes avec Saint Etienne, des villes qui ont connu après la guerre un afflux massif d’immigrés, notamment des italiens, et que l’on a vu ensuite décliner lorsque les usines ont commencé à fermer. Charleroi, ça pourrait être Detroit ou Memphis, une ville complètement déserte, en proie à la désolation. Sinon, j’ai pas mal voyagé au Brésil ces dernières années, mais ce n’était pas la couleur qui correspondait au propos. On oublie que j’ai commencé par ça, par des disques comme Les Barbares ou 15ème round qui possédaient déjà cette tonalité très sombre, urbaine.

Vous parlez aussi de Florange, qui est un vieux combat pour vous…

Moi, j’ai travaillé là-dedans, j’étais ouvrier dans la sidérurgie, ça me rapproche fatalement du combat de ces gens. Ça commençait à décliner quand j’ai écrit La Fensch Vallée, en 1976, et par la suite il y a eu les délocalisations, et il y a eu ce court espoir au début des années 80 lorsqu’ils ont cru que Mitterrand allait sauver cette industrie. Ça ne s’est malheureusement pas passé comme ça. J’y suis allé quand je pouvais parce que je me devais de soutenir ce combat, qui est aussi le mien comme celui de mon père. Je ne suis pas naïf, par ailleurs. Je sais que la robotisation, par exemple, est inévitable, et que chaque mutation industrielle laisse mécaniquement des gens sur le carreau. Ce qui continue de me perturber, c’est ce fossé qui se creuse entre ceux qui subissent le déclin d’un monde ancien et ceux qui sont de plain pied dans le nouveau. Mon petit fils est dans l’école de Xavier Niel, c’est un vrai geek, je suis bien placé pour voir ce qui est en train de se passer. Il va sans doute monter une start-up dans ce domaine, celui du service, comme Uber. Des gens qui créent un nouvel esclavagisme. Je ne suis pas d’accord avec lui là-dessus.

Vous continuez quand même à y croire, comme Mélenchon, qui parle du monde ouvrier comme si rien n’avait changé ?

Mélenchon sait très bien que tout ça est en train de disparaître. Je le connais bien, il était tout le temps fourré dans ce bistrot à une époque. Les nanas qui travaillaient dans le coin venaient toutes me voir, et lui était jaloux parce que personne ne s’intéressait à lui.

Vous vous situez où politiquement aujourd’hui ?

Je suis un solitaire. Comme disait Léo Ferré : « l’anarchie, c’est la solitude. » Je ne vote pas parce que c’est un piège, la preuve : soit Marine Le Pen, soit Macron. Soit les fascistes à l’ancienne, soit le libéralisme. Merci bien. Ceci étant, je trouve Macron charmant, c’est un mec qui a décidé d’être optimiste, il n’est pas facile à démonter. Après, il y a des choses qui me plaisent dans ce que raconte Mélenchon, en dehors du fait qu’il se laisse parfois emporter par son lyrisme, un lyrisme très Hugolien dans le fond, très XIXème. J’ai surtout parlé poésie avec lui, c’est un type qui connaît par cœur certains poèmes et ça je trouve ça bien. En revanche, son discours est empreint de formules qui ne correspondent plus forcément à la réalité d’aujourd’hui. Il est sur des schémas de la gauche des années 60 ou 70. Il me fait quand même penser à un mec qui se trouve une jeune gonzesse et qui se met à faire de la boxe. Au bout d’un moment, il s’épuise. C’est un vieux socialiste qui a changé de vie, ça le galvanise. Je discute plus souvent avec un de ses lieutenants, Eric Coquerel, même si c’est un trotskiste.

Vous avez fréquenté pas mal d’hommes politiques à une époque, notamment François Mitterrand…

Oui, mais il savait que je ne votais pas, et qu’il ne parviendrait pas à m’enrôler. Les chanteurs qui s’engagent derrière un candidat, je trouve ça malsain. Ce n’est pas notre boulot. En plus, aux Etats-Unis on a vu que ça pouvait avoir un effet repoussoir. Toutes ces vedettes chics de la soul qui ont soutenu Hillary, ça a sans doute servi Trump au final.

Par quoi avez-vous débuté dans la musique ?

J’avais un groupe de potes, on faisait de la surf-music en imitant les Shadows. On s’appelait les Typhons, mais ça n’a pas duré longtemps. En parallèle, j’ai appris la guitare classique avec une copine, donc je pouvais jouer dans les deux registres. J’ai découvert la musique brésilienne grâce au film Orfeu Negro, ça m’a beaucoup marqué quand j’étais très jeune. Du coup, quand j’ai eu l’âge de voyager, au lieu d’aller faire la route des Indes comme les autres, je suis parti au Brésil. J’étais fasciné par Baden Powell, par les inventeurs de la Bossa Nova, Comme j’avais cette culture classique, je pouvais jouer de la Bossa, et c’est ce qui m’a attiré vers les musiques qui chaloupent.

Le son de vos premiers albums est très particulier, cela est dû à quoi ?

J’ai inauguré les Studios Ferber en 1974, je jouais avec les musiciens de Christophe. Moi j’enregistrais dans la cave, parce que j’étais moins important, et lui était dans le grand studio au rez-de-chaussée. Comme Christophe travaillait la nuit, moi j’embarquais ses musiciens la journée, et c’est comme ça qu’on a fait San Salvador. J’ai eu envie à partir de cette époque d’avoir un vrai groupe, de trouver cette énergie collective dont on manquait à l’époque, parce que les disques étaient confiés à des arrangeurs qui créaient la couleur musicale. Moi j’ai eu de la chance, je suis tombé sur des bons, comme Yvan Julien et Karl-Heinz Schäffer, mais j’avais quand même cette frustration de ne pas avoir mon mot à dire. Ceci dit, Schäffer a fait des choses magnifiques, L’arrangement de L’histoire extraordinaire d’un billet de banque, par exemple, c’est quelque chose !

Il y a des rendez-vous manqués dans votre carrière, des choses que vous regrettez ?

J’ai failli enregistrer avec Gil Scott-Heron, mais il a eu des problèmes de came, il a fait de la taule, et au moment où on devait se retrouver il est mort. Je l’avais rencontré à Los Angeles, il avait le même manager que Tom Waits et Lenny Bruce.

On raconte parfois que vous vous êtes inventé des vies, vous répondez quoi ?

Si les gens savaient… J’en ai fait beaucoup plus qu’ils ne croient. Par exemple, il y a de ça plusieurs années, j’ai sponsorisé l’équipe de foot de la Goutte d’or. J’ai financé l’équipement pour vingt-deux joueurs, du maillot jusqu’aux chaussures. Mon guitariste de l’époque avait un petit studio dans une cave à La Goutte d’or, et j’allais boire le thé chez un mec qu’on appelait Jeannot l’Arabe. Un homme d’affaire, on va dire. C’est lui qui m’a proposé d’aider ces jeunes, qui jouaient quasiment pieds-nus. Je voulais faire ça discrètement, je leur avais proposé de mettre le nom de ma société sur le maillot. Tu parles, ils ont foutu ma gueule en gros plan, la photo de l’album Voleur de feu. Pour la discrétion, on a fait mieux (rires). Je n’en ai jamais parlé, et puis il n’y a pas longtemps je me suis retrouvé à Dakar pour chanter quelques chansons en hommage à Ousman Sow, qui aimait beaucoup ma chanson Les mains d’or. Là je vois arriver un mec, 42 ans, beau gosse, qui me montre la photo de l’équipe de La Goutte d’or à l’époque. Lui avait joué ensuite au Bayern de Munich mais il se souvenait de cette équipe, il me présentait à ses potes en m’appelant « Monsieur Lavilliers. »

Vous avez fait des affaires qui ont mal tournées ?

Forcément, car je suis tout sauf un homme d’affaires. J’ai eu des billes dans les mines d’or, des trucs comme ça, mais généralement ça tournait mal. J’ai même été gérant du Casino de Paris, j’ai monté une école de chant, une école de danse, ça me fascinait d’avoir un lieu pareil, sauf qu’il faut y passer sa vie, alors que moi j’étais en tournée tout le temps. Mais ça m’a aidé à mieux comprendre les problèmes que rencontrent les mecs qui tiennent des salles. Bon, pour moi ça s’est mal terminé, je me suis retrouvé en taule parce que je me suis battu avec un vigile.

Si vous n’avez pas réussi dans la musique, vous pensez que vous auriez fait une carrière dans la légalité ?

Pas sûr (rires). J’aurais peut-être navigué entre les deux. Un peu comme Xavier Niel, qui a commencé dans le minitel rose, les sex-shops, et qui est aujourd’hui ami avec le président. J’ai fait plein de boulots, j’ai été ouvrier, et puis après j’ai fait de l’intermittence, pour bouffer, parce que le succès n’est pas arrivé tout de suite. J’ai été chauffeur de taxi, camionneur, portier, plein de trucs. Je chantais dans un restau quand un mec de Decca m’a repéré. Je reprenais du Boris Vian, du Brassens, du Boby Lapointe, j’avais un petit public, je m’en sortais comme ça. Quand on me dit que j’ai 50 ans de carrière, c’est en partie vrai parce que j’ai commencé à chanter il y a cinquante ans, mais je n’ai pas réussi à gagner ma vie et à nourrir ma famille avant 76, soit presque dix ans après. Pour moi, la carrière d’un musicien commence lorsqu’il parvient à vivre de sa musique. Avant, on est un amateur.

Vous avez commencé à avoir du succès au moment du punk, ça vous parlait ce qui se passait dans la musique à cette époque ?

Les Barbares, c’est pas punk musicalement, mais le propos n’est pas si éloigné du punk. J’ai beaucoup aimé Clash, Ian Dury aussi. Sex and drugs and rock’n’roll, super disque. Chez certains il y avait du reggae, ça me parlait. J’aimais Police, et puis après les Talking Heads. J’ai rencontré David Byrne à New York quand il a commencé à faire de la salsa.

Comment en êtes-vous venu au reggae ?

J’ai d’abord connu les Gladiators. Je voulais vraiment connaître cette musique de l’intérieur, savoir comment ça groovait, parce qu’on peut très bien faire semblant de faire du reggae, comme on peut faire semblant de faire du blues, et au final on fait de la merde parce qu’on n’a rien compris. J’ai voulu aller en Jamaïque pour comprendre, même si ce n’était pas simple de pénétrer ce milieu. Mais ils ont vu très vite que j’étais un musicien, pas un exploiteur. Et puis j’ai rencontré Marley en 79, j’ai suis devenu pote avec des cadors, j’ai attendu de connaître un peu les mecs pour oser composer. J’avais le « skank » du reggae, je pense que j’avais compris le truc quand j’ai écrit Stand the ghetto le jour même où j’allais en studio. Gainsbourg a écrit avant, et il a produit là-bas, alors que moi j’ai toujours écrit sur place, et je parlais des choses que j’observais en direct. C’est possible que j’en refasse un jour, je connais des musiciens à Tuff Gong, des vieux, parce que plus personne ne joue du reggae en Jamaïque.

L’an dernier vous avez rejoué votre album Pouvoirs sur scène. Pourquoi celui-là, parce qu’il résonnait avec l’époque ?

Oui, même si c’est un album qui n’a pas eu beaucoup de succès à sa sortie, je trouve qu’il y a des choses encore très modernes. Un morceau comme La Peur, ça fonctionne encore aujourd’hui. C’est un disque où je parle du pouvoir capitaliste de l’argent et des banques, je suis d’accord avec Emmanuel Todd quand il dit que les puissances financières sont beaucoup mieux organisées que les partis politiques. Du coup ça valait là peine de rejouer ces chansons, de monter que les choses n’évoluent pas beaucoup dans le fond.

Vous avez été proche de Léo Ferré, vous étiez en désaccord avec lui parfois ?

Très souvent, parce que Léo était quelqu’un de très conservateur. Il passait son temps à dire du mal des musiciens contemporains, alors qu’il disait pourtant des choses très modernes dans ses chansons. Mais c’était un vrai nostalgique, il avait un côté rimbaldien, même si c’était aussi quelqu’un avec qui on se marrait, qui avait beaucoup d’autodérision.

Vous venez d’avoir 71 ans, pourtant on a l’impression que vous n’accusez pas votre âge…

Avec Higelin, on est des survivants de l’époque, celle des bateleurs de la scène. Moi je m’entretiens, j’ai fait beaucoup de sport, beaucoup d’excès aussi, mais je compense. Ce matin j’ai encore fait une demi-heure de cordes, un peu de sac. De temps en temps je mets encore les gants avec des amis de mon âge, mais je ne me risquerais pas à boxer contre un jeune.

Bizarrement vous n’avez pas trop de liens avec les rappeurs, alors que je suis certain que pas mal d’entre eux vous admirent…

Ça arrivera peut-être. C’est vrai que je connais surtout les anciens, Oxmo Puccino, IAM, Solaar… Les plus récents je ne sais pas trop. J’aime bien des textes, en général, il y a des trouvailles, mais la musique ça me parle moins. Booba, il en fait des caisses : les chaînes en or, Miami, l’amour des gangsters… Bon, dans le fond, à part les chaînes en or je suis un peu comme lui (rires).

En tournée à partir du 3 novembre (Evry) jusqu’en avril 2018. A L’Olympia à Paris du 24 novembre au 3 décembre.

Album 5 minutes au Paradis (Barclay/Universal)

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Invités sur le plateau de Stephen Colbert, Courtney Barnett et Kurt Vile jouent "Over Everything" avec une grande tendresse

Invités sur le plateau TV The Late Show With Stephen Colbert, le californien Kurt Vile et l'australienne Courtney Barnett ont interprété le titre Over Eveything, extrait de leur album en duo Lotta Sea Lice, paru en octobre dernier. Et le moins qu'on puisse dire c'est que ces deux là sont définitivement sur la même longueur d'onde. Un vrai bonheur pour les oreilles.

Un peu plus tard, dans les coulisses de l'émission, les deux songwriters ont également joué, seulement accompagnés de leurs guitares acoustiques, le morceau Continental Breakfast. De quoi vous donner des idées pour attaquer le weekend avec entrain…

En tournée nord américaine pour présenter Lotta Sea Lice, Courtney et Kurt nous donnaient récemment des frissons en jouant dans une église de Chicago.

>> A lire aussi : Courtney Barnett et Kurt Vile, déjà l'un des grands duos de l'histoire du rock

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King Krule livre une version live complètement dingue de "Dum Surfer" au late show Conan

Invité du late show Conan (diffusé sur la chaîne américaine TBS), le Londonien de 23 ans et son groupe se sont prêtés à une interprétation totalement inédite, voir déchaînée de Dum Surfer. Affublés de lunettes de soleil, Archy Marshall et son bassiste (à la voix grave et bien flippante) se sont lâchés et le résultat est plutôt jouissif !

Ce morceau est extrait de l'album The Ooz, sorti le 13 octobre dernier chez True Panther.

>>> A lire aussi : Rencontre avec King Krule, l'un des génies d'aujourd'hui

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De “La Haine“ à “Tueurs“, comment le rap francophone s’est invité au cinéma

En début de semaine, on vous relayait le dernier clip de Roméo Elvis, Méchant, l’un des titres qui figurera sur la bande originale de Tueurs, réalisation de François Troukens, une ancienne figure du grand banditisme belge. Avant que ce film ne sorte, le 6 décembre prochain, il sera précédé d’une bande originale, à paraître le 1er décembre ; une énième confirmation que rap et cinéma font bon ménage.

Pour l’habillage sonore de ce polar 100% belge, la fine fleur hip-hop du plat pays s’est donc mobilisée. En plus de Damso, qui lui, figure à la fois dans le casting et sur la bande originale, des artistes comme Caballero & JeanJass, Coely, Hamza, Isha, Kobo, Krisy, Lord Gasmique, Senamo, Yanso et Zwangere Guy ont été conviés à la confection de ces 12 titres.

Des clichés ici aussi

Comme on l'a vu récemment, lors de quelques émissions de télévision, certains clichés ont la peau dure. Un de ceux-là, voudrait qu’une bande originale de rap soit forcément associée à un film de gangster ou de caïd ; ce qui n’est, évidemment, pas vrai. Parmi la multitude d’exemples qui invalide cette idée, Comment c’est loin (2015), le film d’Orelsan et de Gringe trouve parfaitement sa place.

En plus d’être à la réalisation, les Casseurs Flowters – alias qu'ils embrassent quand ils rappent ensemble - se sont occupé de confectionner la bande-son de ce film, pendant lequel on suit les aventures de ces deux trentenaires un peu loosers, et surtout complètement flemmard, galérer à réaliser leur premier album. Ce disque, du même nom que le film, est depuis disponible chez Wagram Music et 3ème Bureau.

Le rap aussi dans les films d’horreur

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le hip-hop au cinéma s’est aussi invité dans quelques films d’horreur, dont un, culte, paru en 2006 : Sheitan de Kim Chapiron. Le réalisateur, membre du collectif Kourtrajmé, qui regroupe une panoplie d’artistes, tout univers confondu - dont il est à l’initiative avec Romain Gavras, Toumani Sangaré, Ladj Li, Mouloud Achour et bien d’autres - à donc logiquement fait appel à ses collègues pour composer la bande originale du film.

À l’intérieur de cette dernière, l’on retrouve donc des productions de certains des membres l'équipe Kourtrajmé. Parmi elles, un son de DJ Medhi (dont l’apport dans le rap n’est plus à prouver), des chansons de TTC, de La Caution (non, Thé à La Menthe n’en fait pas parti), de Rim’K, ou encore d’Oxmo Puccino. D’ailleurs, l’un des titres les plus classiques du rap français s’est glissé dans ce long métrage ; le cultissime Pucc fiction, de Booba et d’Oxmo, justement.

Avant les années 2000

Même avant l’avènement du 21e siècle, on pouvait regarder des films tout en écoutant du (très) bon rap. 20 ans plus tôt, en 1997, le cinéma français s’apprête à accoucher de ce qui deviendra (et restera) la meilleure bande originale de toute l’histoire de la discipline, Ma 6-T va Cracker, qui habille le long métrage du même nom. On ne peut que vous conseiller de l’écouter, et, vous précisez que dans son dernier album, DAMN., Kendrick Lamar à utilisé un sample de La Sédition, titre génial de 2 Bal et Mystik. Bon, c’est vrai, à la base, cette mélodie vient de la chanson Be Ever Wonderful de Ted Taylor. Mais qui s’est inspiré de qui… ?

On arrive à l’année 1995, et au premier temps fort de ce couple rap/cinéma, que le film de Mathieu Kassovitz, La Haine, symbolise à souhait. Même si la bande originale est majoritairement constituée de titres - qui s'écartent du hip-hop - empruntés à nos voisins américains, tout le monde garde en tête, cette scène culte, où le DJ Cut Killer fait étalage de tout son talent aux platines, posées devant la fenêtre de son appartement, inondant la rue avec le titre Police de NTM.

Les années 80, de l'autre côté de l'Atlantique

Tout comme la naissance du hip-hop en France, s’est calée sur ce qu’il se faisait aux États-Unis, le couple hip-hop/cinéma, a lui aussi commencé à se faire des appels du pied, dans le pays de l’Oncle Sam, dès le début des années 80. Un des exemples les plus probants date de 1983, et se matérialise avec la parution de Wild Style, réalisé par Charlie Ahearn. Déjà, les pionniers du genre unissaient leur force, pour composer la bande originale.

Cette tendance s’est ensuite répandue, et à donner naissance à des œuvres – devenues cultes – comme Do the right Thing (1988) de Spike Lee, où le Fight The Power de Public Enemy résonnait. La liste est encore fournie, et comprend des longs-métrages comme Boyz n the Hood (dans lequel le rappeur Ice-Cube est également acteur) ou encore Menace II Society (1993).

Tueurs de François Troukens sortira dans les salles obscures le 6 décembre prochain tandis que la bande originale, du même nom, sera elle disponible le 1er décembre. Le single Méchant est disponible sur Apple Music.

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Neil Young revient avec un album anti Trump

Plus il vieillit, plus Neil Young ressemble à la version rock du capitaine Achab, héros ronchon, tempétueux et inflexible du roman de Herman Melville Moby Dick. Après sa diatribe anti Monsanto, le très controversé fabricant de pesticide auquel il a consacré tout un album à charge en 2015 (The Monsanto Years), sa nouvelle baleine blanche se nomme Donald Trump. Ses intentions hostiles à l'égard du nouveau président américain sont d'ailleurs clairement affichées dans la symbolique vestimentaire d'une photo prise tout récemment et sur laquelle on le voit portant un t-shirt à l'effigie d'Emiliano Zapata, le révolutionnaire mexicain. Probablement dans l'intention de faire bouillir de rage un Trump dont on connaît l'obsession à propos du fameux mur frontalier, et qui lors d'un discours de campagne avait qualifié tous les migrants mexicains de violeurs potentiels. Suite à un premier harpon, intitulé Children of Destiny, où il enjoignait la jeunesse américaine à résister, à se battre pour défendre ses convictions et préserver la démocratie, captain Neil revient donc à la charge avec une nouvelle salve de chansons acérées et vindicatives réunies sur un album à paraître le 1er Décembre baptisé The Visitor.

Changer le monde

Il est vrai qu’à 72 ans, le canadien reste en verve, confirmant qu’il est bien en train de se payer une nouvelle jeunesse et n’a peut être jamais aussi bien porté son nom. Récemment divorcé de Pegy Young après 36 ans de mariage, et en pleine romance avec l’actrice Daryl Hannah de 16 ans sa cadette, Young ne semble pas décidé à renoncer à changer le monde. Ni à ranger sa guitare. Autre preuve de sa vigueur actuelle, son association avec The Promise of The Real, groupe formé par le fils de Willie Nelson, Lukas Nelson (29 ans), dont on avait pu apprécier toute l’efficience lors de la tournée Earth au printemps 2016. C’est flanqué du même équipage que Neil a enregistré les 10 chansons de The Visitor dont un extrait, Already Great, est disponible à l’écoute.

Rock et trains électriques

Avec ce nouveau missile sonore, Young le têtu portera t’il un coup fatal au monstre à toupet orange qui squatte la Maison Blanche ? Réponse en Décembre. C'est par ailleurs le 12 du même mois que le Loner mettra aux enchères à Los Angeles une partie de son impressionnante collection de trains électriques ainsi que quelques voitures, selon l'agence Reuters. Une large part des profits de cette vente étant destinés à la Bridge School de Californie, qui prend en charge des enfants handicapés, dont Young et son ex-épouse, directement concernés, soutiennent le combat depuis le milieu des années 80.

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Flying Lotus lâche le très animé et barré “Post Requisite“

Le génial producteur californien vient de partager le clip de son titre, Post Requisite ; un morceau que vous avez peut-être déjà entendu dans son film fou et flippant, Kuso, paru l’été passé.

Winston Hacking s’est chargé de réaliser cette vidéo, exclusivement tournée en stop-motion, ou les images les plus absurdes se mêlent, se superposent, s’enchaînent. Un voyage sonore et visuel dans le plus pur style Flying Lotus.

Selon Pitchfork Il serait en train de mettre la dernière touche à son prochain album, à paraître chez Warp sans doute l'an prochain, et après cette mise en bouche, on a très hâte.

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Judah Warsky publie "La Voiture ivre", une des plus belles chansons de l'année

Il y a des morceaux comme ça : une seule écoute et c'est l'évidence. C'est le cas avec La Voiture ivre de Judah Warsky, à découvrir dans le player ci-dessus avec un clip signé Marianne Aventurier et Alex Voyer. A propos de l'ensemble, le musicien raconte dans un petit texte : "C'est un clip d'amour. C'est la mise en image d'une chanson un peu intime par un de mes plus vieux amis. C'est un clip d'amitié. C'est l'avant et c'est l'après, c'est le passé qui remonte à la surface parce qu'il est plus léger que l'eau, c'est un baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs. C'est un rêve que je fais souvent."

La Voiture ivre est le premier single d'un nouvel album de Judah Warsky, à paraître le 19 janvier 2018 chez Pan European. Oui, c'est dans longtemps. Il faudra donc être et patient et se contenter de cette première merveille, bon aperçu des moments de grâce à venir.

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Eddy de Pretto atteint des sommets dans sa dernière session live Vevo : "Beaulieue"

Nouvelle sensation française qui défraie la chronique depuis la sortie de son EP KID (disponible sur Apple Music), Eddy de Pretto revient faire parler de lui et se met en scène dans ce qui ressemble à une gare désaffectée pour une très belle session live VEVO. Habitué des grands espaces pour ses représentations, et encore une fois seul et accompagné de son fidèle iPhone, l'ambiance sobre et intimiste est sublimée par son décor défraîchi et les lourds cuivres de Beaulieue. Ses paroles brutes font référence à Créteil, la ville où il a grandi et dont il “garde toutes tes briques” même si il y a eu des hauts et des bas.

Sélectionné parmi les dix lauréats des inrocks lab 2016, le Francilien expliquait devant la caméra des inrocks, la génèse de son titre Beaulieu :

«J'avais envie de retranscrire à l'écrit toutes ces années vécues à Créteil, où il y avait une atmosphère particulière, différente de Paris. C'est grâce à toute cette vie en banlieue, ces influences urbaines, ces rencontres, ces classes sociales… tout plein de choses qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui, et j'ai pas du tout envie de les oublier. C'est quelque chose que  j'intègre en moi totalement et dont je me sers pour retranscrire quelque chose dans mon art aujourd'hui.»

En concert le 9 novembre à Saint-Lo, le 25 novembre au festival Chorus (La Défense) et le 27 novembre aux Etoiles (Paris).

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Un an après sa disparition, Feist rend hommage à Leonard Cohen dans une reprise poignante

Le 8 novembre dernier, le songwriter canadien nous quittait à l'âge de 82 ans, peu de temps après nous avoir offert l'album sublime You Want It Darker. Pour lui rendre hommage, la chanteuse Feist vient de sortir officiellement la reprise Hey That's No Way To Say Goodbye, disponible en écoute ci-dessous sur Apple Music. Ce titre est extrait du premier album du défunt songwriter, Songs of Leonard Cohen, publié en 1967.

Ce n'est pas la première fois que l'auteur-compositrice-interprète canadienne reprend Leonard Cohen. En effet, il y a quelques mois de cela, à l'occasion de la cérémonie des Juno Awards, l’équivalent canadien des Grammys, elle avait déjà chanté Hey, That’s No Way To Say Goodbye. Et quelques années auparavant, en 2011, c'est Closing Time qu'elle revisitait avec brio pour la B.O. du film Take This Waltz.

Concert hommage à Montréal

Feist participera également à un concert hommage, Leonard Cohen, Tower of Song, prévu le 6 novembre prochain à Montréal. Sont également attendus : Sting, Lana Del Rey, Patrck Watson…

Posted by Feist on Tuesday, September 19, 2017

Au printemps dernier, Feist a sorti un nouvel album, Pleasure, aux accents blues. Elle est actuellement en tournée mondiale pour défendre ce sixième disque.

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[Vidéo] Nekfeu et Bertrand Chameroy découvrent qu'ils étaient amis d'enfance

Invité dans Bonjour la France, sur Europe 1, pour la promotion de Tout nous sépare, le film dans lequel il joue avec Catherine Deneuve, Nekfeu a fait une découverte incroyable : il était ami d'enfance avec Bertrand Chameroy. C'est l'ancien chroniqueur de Touche Pas à Mon Poste qui l'a interrogé directement et sans certitudes : "Nekfeu, tu as 27 ans ! Tu es né à La Trinité, dans les Alpes-Maritimes. Moi, j'en ai 28 et j'ai grandi à Cantaron à deux kilomètres de La Trinité. Quand j'étais petit, je jouais souvent sur le manège du supermarché avec un petit garçon qui porte ton prénom, Ken. Je ne le voyait qu'à cette occasion, au manège de chez Auchan." Nekfeu lui lance : "Tu lisais des Dragon Ball dans les rayons du Auchan? Mais man, c'est fou, c'est possible!" Une histoire digne d'un prochain titre ?

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