Actu musique

31 octobre 2017

Après un concert, Travis Scott attaqué en justice par un fan

Lors de son concert au Terminal 5 de New York, le 30 avril dernier, plusieurs des fans du rappeur se sont jeté d’un des balcons de l’imposante salle. À ce moment-là, Pitchfork rapportait déjà que Travis Scott avait incité les personnes en question à se lâcher dans la foule ; comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous :

There are no fans like @trvisXX fans. pic.twitter.com/tv04tn07p9

— RAVEN B. (@RAVIEB) 1 mai 2017

Le média américain, dans un autre article posté le lendemain, confirmait que parmi ses fans a avoir sauté, l'un d'eux, Kyle Green, avait subi de graves blessures, précisant que ce dernier avait été “hospitalisé“. Dans ce même papier, on pouvait également lire la déclaration que Travis Scott faisant en conséquence :

“La santé de tous nous concerne au plus haut point, et nous sommes en train de mener une enquête en interne pour que ce genre d’incident n’arrive plus à nouveau. Nous sommes profondément concernés par le sort de la personne blessée, et sommes prêts à lui offrir tout le soutien nécessaire“

Retour de bâton

Mais, depuis hier, et comme le souligne cette fois le New York Post, Kyle Green - paralysé de tout son côté gauche et se déplaçant maintenant en chaise roulante – a porté plainte contre le rappeur, citant aussi dans sa déclaration, le nom de David Stromberg (manager de Travis Scott), sans oublier d’évoquer le nom de la compagnie en charge de la sécurité, Strike Force Protective Services.

Le New York Post, en profite aussi pour revenir sur les conditions de la prise en charge de Kyle Green, au moment des faits. On peut notamment y apprendre que les agents de sécurité, sous les ordres de l’artiste, qui les criait depuis la scène, “n’ont pas mis de minerve“ et “ont ramené le fan sur le devant de la scène“ pour que le rappeur lui offre une bague (à voir ci-dessous).

En attendant les suites de cette histoire, vous pouvez consulter la déclaration de Kyle Green dans son ensemble, en cliquant sur ce lien.

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Les pop songs de Yaeji la DJ

Son deuxième ep s’appelle “ep2”. C’est dire l’efficacité à l’œuvre dans l’esprit de Yaeji, dont les morceaux fascinent au premier contact. Le single de cet ep, Drink I’m Sippin on, en donne une bonne illustration : derrière ses petits airs de house edgy, c’est un vrai petit tube pop en puissance. Son clip, sur YouTube, a d’ailleurs dépassé les deux millions de clics en moins d’un mois. Une jolie performance pour un morceau chanté à moitié en anglais, à moitié en coréen.

“Malgré ce qu’on pourrait penser, chanter en coréen n’est pas une marque de courage mais de timidité, nous dit‑elle par mail. C’était une façon, au début, de trouver du confort en chantant, sachant que les gens autour de moi n’allaient rien comprendre à ce que je disais. C’est seulement après que j’ai réalisé à quel point cette langue était belle associée à l’anglais dans une chanson.”

Musique vaporeuse

Yaeji a 24 ans. Elle est née dans le Queens, à New York, au sein d’une famille d’origine coréenne. Aujourd’hui, elle dit habiter “dans un avion” tant elle enchaîne les allers-retours entre sa ville natale et sa ville d’adoption, Séoul.

C’est sans doute en l’air, donc, qu’elle bricole cette musique vaporeuse inspirée de ses amours adolescentes pour Missy Elliott autant que par son exploration, plus tard, des musiques électroniques. On ne s’étonne pas vraiment quand Yaeji évoque Baths, Burial ou encore Flying Lotus.

DJ pour une radio indé

Mais elle ne veut rien graver dans le marbre. “D’un morceau à l’autre, j’essaie toujours de faire des choses différentes, nouvelles et excitantes pour moi, dit-elle. Le style n’a pas besoin d’être défini, il s’exprime par lui‑même si le travail est fait honnêtement.”

Il faut dire que Yaeji a encore beaucoup de choses à tester, elle qui n’a vraiment commencé la musique qu’une fois arrivée à la fac, en officiant en tant que DJ pour une radio indé. Radio sur laquelle, aujourd’hui, quelqu’un passe sans doute ses morceaux à elle.

Ep ep2 (Godmode)

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The Accident, tout en animation pour le clip cool de "5102"

Sous cet alias, acronyme de, tenez-vous bien, Apte A Contre Carrer Idées Débiles Et Nazes Tonton (comme on peut le lire sur sa page Facebook) – se cache Patrick Biyik, un rappeur qui se lançait dans le game en 2011. Après plusieurs années, ponctué de projets restés plutôt confidentiels, ce fanatique de The Streets en a balancé un nouveau au début de l’année 2017, dont le clip 5102 est justement issu.

Pour cette vidéo, le rappeur s’est associé au réalisateur et designer graphique Jäx. Il s’est chargé d’accompagner toutes les phases de The Accident par des images tirées de dessins animés cultes, bien sûr, en rapport avec les lyrics inventifs, lâchés par The Accident ; ce qui donne par ailleurs lieu à certaines scènes cocasses…

À titre de rappel, The Accident a sorti une mixtape, 5102, en plein mois de février dernier. Un projet long de neuf pistes que vous pouvez télécharger gratuitement en allant faire un tour sur le site officiel du rappeur : theaccident.fr.

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UTO débarque dans le pop game avec "The Beast"

Comme toutes les signatures du label Pain Surprises, la dernière en date, le duo UTO, s'annonce singulier et perché comme il faut. Preuve en est avec The Beast et son clip assez génial, réalisé par un homme mystérieux qui nous emmène au cœur des aboiements d'une horde de chiens (80 exactement) tandis que les paroles s'affichent et se baladent avec un graphisme très WordArt et nineties.

Emile et Neysa composent et vivent ensemble chez la grand-mère d’Emile, où les objets n’ont pas bougé depuis les années 70. Mais le duo, atypique, devrait définitivement remuer le paysage français d'aujourd'hui dans les prochains mois. Leur ep, Shelter for the Broken, vient de sortir et s'écoute ici.

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Moha La Squale, MC de Paris 20e et étudiant au Cours Florent

La semaine dernière, pour son 14e morceau, et donc pour la 14e semaine consécutive, Mohammed, raccourci en Moha et associé à l’alias La Squale, balançait Résumé. Un titre qui, en plus de faire une allusion à ses 13 anciens morceaux, dressait un premier bilan de son expérience de rappeur. Une expérience qui a justement débuté dès l’hiver dernier, alors que le garçon était livreur, comme il l’explique à nos confrères de Grünt.

Toujours perché sur son scooter, avec deux casques sur la tête - un de protection, l’autre pour écouter du son - La Squale déambule dans les rues de la capitale, toujours en musique. Visage au vent et rap à fond dans les oreilles, il développe son envie de poser des textes, de s’exprimer, de rimer.

“Les gens parlent d'amour, moi j'te parle de c'que j'connais"

De son quartier de La Banane, posté rue Duris – en plein centre de cette zone - ou dans les alentours, Moha enchaîne les freestyles. Dans toutes ses interventions clippées (dans son quartier ou à l'étranger), deux points communs se dégagent : le premier, le réalisateur de ces vidéos est toujours le même - 420 Workshop, un caméraman que son pote Jo Le Phéno (aussi rappeur) lui a présenté.

Le second, son rap : un condensé de verbes et rimes acerbes, exprimé à travers un phrasé spécial, qui raconte son quotidien et son histoire de manière crue – ou celle de Bendero, son double maléfique -, en toute sincérité, sur des beats entraînants, parfois trap, d’autres plus mélodieux. Le résultat est brut et sans filtre, et le personnage charismatique.

Étudiant au Cours Florent

Avant d’être un rappeur, Moha La Squale est un étudiant du prestigieux Cours Florent. Repéré par le réalisateur belge Barney Frydman pour ses passages dans les clips de ses potes, le jeune homme du 20e arrondissement de Paris se voit offrir un des rôles principaux du court-métrage La graine (diffusé en 2015 sur Arte).

Une expérience de comédien qui d’abord s’étalera sur trois semaines de tournage, avant de se transformer en une formation. Poussé par les équipes de Barney Frydman – le réalisateur en tête - La Squale intègre le prestigieux Cours Florent. Depuis, il y continue sa formation, chaque matin.

02_cc761_la-graine_02.jpg Capture d'écran “La graine“

En attendant dimanche prochain, et surtout, pour garder un oeil sur le personnage, vous pouvez revoir son dernier clip, Qui vivra verra, ou La Squale se la joue dandy, débitant ses phases saillantes dans la nuit parisienne, posté devant une classique Citroën 2 CV.

Pour suivre Moha La Squale, rendez-vous sur sa chaîne YouTube, ou directement sur page Facebook. Toutes ses précédentes vidéos y sont répertoriées.

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Thurston Moore, Roger Waters et d'autres signent une pétition pour empêcher Nick Cave de jouer à Tel Aviv

"N'y allez pas. Pas tant que l'apartheid est toujours là", s'intitule la lettre publié sur le site Artistsforpalestine.org.uk (en français : artistes pour la Palestine), signé entre autres par l'ex-Sonic Youth Thurston Moore, le Pink Floyd Roger Waters et les réalisateurs Ken Loach et Mike Leigh. Revenant sur l'accusation lancée par les Nations Unies sur l'instauration d'un régime d'apartheid d'Israël sur le peuple palestinien, la lettre déclare :

"Quand des artistes internationaux de votre envergure continuent à se présenter sur les scènes israéliennes malgré les appels des Palestiniens, le gouvernement qui instaure ces crimes et se dit que quoi qu'il en soit, iil n'y aura pas de pénalité envers eux."

Dans une lettre ouverte publié sur le même site, Roger Waters a déclaré :

«Je me demande si Nick, Bryan [ Bryan Adams, prévu pour jouer à Tel Aviv les 4 et 5 décembre, et à Jérusalem le 6 décembre], Thom Yorke et le reste de ces gars devaient passer un jour ou deux en détention administrative [sans inculpation], ou si un de leurs enfants étaient réveillé et arrêté au milieu de la nuit, s'ils ignoreraient toujours les appels désespérés de la société civile palestinienne, et s'ils traverseraient toujours la frontière.»

Un boycott culturel déjà connu

Il y a quelques mois, lorsque Radiohead avait annoncé jouer à Tel-Aviv, la même polémique avait eu lieu dans une lettre ouverte adressé à Thom Yorke et sa bande.

???? pic.twitter.com/GV95qCcYoI

— Thom Yorke (@thomyorke) July 11, 2017

Le chanteur avait fait fi des critiques déclarant que "jouer dans un pays ne signifie pas pour autant cautionner son gouvernement".

Dans la suite de son tweet en réponse à Ken Loach, Thom Yorke déclarait :

«On a joué en Israël pendant plus de vingt ans, durant lesquels les gouvernements se sont succédés… Tout comme on l’a fait en Amérique. On ne soutient pas plus Netanyahu (le premier ministre israëlien, ndlr) que Trump, mais on joue encore en Amérique. La musique, l’art et le monde universitaire traversent les frontières, ils ne les érigent pas.»

Le mercredi 19 juillet au soir, le concert sold out devant 47 000 fans dans le Parc Hayarkon à Tel Aviv avait bien eu lieu.

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Erykah Badu rend hommage à Fela Kuti dans un beau coffret

Vingt ans plus tard, la chanteuse américaine Erykah Badu lui rend hommage à Fela Kuti avec un coffret comprenant sept albums du musicien nigérian ayant eu un impact sur sa vie et son travail, sélectionnés par la chanteuse elle-même.

Le coffret sortira sur le label new-yorkais Knitting Factory le 15 décembre et contiendra également des paroles de chansons, des photos inédites de Fela Kuti ainsi que des commentaires approfondis de Chris May, le célèbre historien de l'afrobeat.

Après la playlist, le coffret

Il y a deux ans, en octobre 2015 déjà, la chanteuse sélectionnait une playlist hommage avec ses titres préférés (affichant une orientation plus politique) avec entra autres Coffin For Head Of State, No Agreement, Army Arrangement ou Beasts Of No Nation.

Les sept albums sélectionnés :

1. Army Arrangement (1977)
2. Coffin For Head of State (1980)
3. J.J.D.(1977)
4. No Agreement (1977)
5. Underground System (1992)
6. V.I.P. (1979)
7. Yellow Fever (1976)

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La Halloween Inrocks Party #2, c'est ce soir !

Après une première édition l’an passé, déjà installée dans l’imposante Brasserie Barbès, et placée sous le thème de Buffy Contre les Vampires – qui avait fourni son lot de sosies de Buffy, de Spike et de Cordelia - Les Inrocks remettent le couvert pour sa Halloween Inrocks Party #2.

Vous êtes tous attendus, une nouvelle fois, au 2 du Boulevard Barbès, dans le 18e arrondissement de Paris, à partir de 20h, et ce jusqu’à 2h, sur le dancing du dernier étage, pour venir exhiber vos costumes les plus effrayants ou les plus originaux. L’entrée est toujours gratuite et, évidemment, les déguisements sont toujours de rigueur.

Plein de surprises, et de musique

Côté musique, comme on ne change pas une équipe qui gagne, on retrouvera des journalistes du service musique pour ambiancer le dancefloor du dernier étage de la Brasserie, à grands coups de DJ set. Bien sûr, tout un tas de surprises (et de guests) sont à prévoir.

Pour checker l’événement Facebook, c’est par ici. Ah, et dernier détail très important : demain, c’est férié !

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"Octobre Rouge" : une virée nocturne pour le dernier clip du rappeur annécien Beny

Lauréat inRocKs lab en 2013, le rappeur originaire d'Annecy est de retour avec le clip Octobre Rouge, extrait de sa dernière mixtape Pepito deviendra grand, sortie en février dernier chez Östyn&Omnium.

Réalisée par Celestin Soom (Natel Studio), la vidéo suit le MC insomniaque dans les rues de sa ville natale pour une virée nocturne remplie d'interrogations, de sensualité et de rencontres hasardeuses…

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Kendrick Lamar et Rich The Kid s'ambiancent devant un resto chinois dans le clip de "New Freezer"

Le poids lourd Kendrick Lamar vient de dévoiler le clip de son featuring avec le rappeur new-yorkais Rich The Kid, New Freezer. Un truc bien efficace en partie tourné devant un resto chinois, avec accessoirement des twerkeuses et une voiture. Du grand classique très esthétisant mais un peu ronflant.

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Nick Mulvey : l'illuminati de la pop est de retour !

Riche en énergies hypnotiques et en mantras, l’écoute de la pop bigarrée de Wake Up Now (paru à la rentrée chez A Fiction Records) fait presque l’effet d’une cure de jouvence. Non pas qu’elle nous propulse à dix mille bornes des vifs emmerdes de notre planète, mais plutôt que son songwriter réussit l’exploit de montrer sans dénoncer, de chanter sans se lamenter, bref, de nous tirer du marasme ambiant pour faire entrer la lumière, celle de l’espoir dans un ouvrage engagé avec son époque et ses maux. Après avoir fait tourner en boucle son second album pendant deux longs mois, il était donc grand temps de le déguster en live à l’occasion de son unique concert français, hier soir, lundi 30 octobre, au Trabendo (Paris).

Richement accompagné, l'Anglais et ses cinq musiciens nous ont fait vivre pendant une heure et quarante cinq minutes une odyssée remplie de "vitalité, de fête et d'amour", parfois un peu trop beatnik sur les bords il faut l'avouer (notamment via une introduction digne d'un guru indien), et ponctuant son concert de nombreuses interventions où il expliquera le propos de Wake Up Now à renfort de nombreux mantras "have no fear", "trust yoursellf" ,"we are not what we think we are". Enivrant un public chaleureux et venu en nombre, la troupe de Nick, tente ainsi de retranscrire (un peu maladroitement) un second album très riche en émotions et dont la conception n'a pas été sans mal…

Une rencontre déterminante avec Brian Eno

L’épreuve d’un second album, on le devine, est une des plus douloureuses. Succédant à la frénésie des débuts, c’est cette période d’hésitations et de tâtonnements qu’a traversé Nick Mulvey, jeune prodige multi-instrumentiste, spécialiste en ethno-musicologie et en percussions Hang Drum. Pour en sortir, son label lui propose une rencontre avec le fameux producteur Brian Eno, ce dernier lui dispensant de précieux conseils pour la conception du disque :

“Je suis un grand fan de Brian Eno et je trouvais cette rencontre très (trop) ambitieuse mais à ma grande surprise, il a répondu qu’il serait ravi de me rencontrer. Il tenait vraiment à m’aider et partager des sessions pour explorer des idées ensemble. Il m’a encouragé à explorer l’aspect répétitif et hypnotique de ma musique et de libérer les chansons de leurs structures musicales. Il m’a aussi inciter à solliciter la communauté qui m’entoure. Enfin, valoriser et croiser mes nombreuses influences. “

Après plusieurs essais manqués en studio, Nick finit donc par lâcher prise et prendre du recul sur son travail : “Je savais que je ne pourrais atteindre un haut niveau de performance et de créativité, si je contrôlais tout”. En plein (baby) boom, ce futur papa se reconnecte alors à sa vie privée et relègue son travail au second plan, ce qui s'avérera finalement bénéfique pour le disque :

“Le moment clé de cet album, c’était pendant l’été 2016, ma femme enceinte et notre bébé allait bientôt arriver. Et plus mon attention se focalisait sur elle, et moins mon attention portait sur mon album et son écriture. Et meilleures devenaient mes chansons. J’ai commencé à sentir comment je voulais enregistrer cet album, la méthode mais aussi son identité, quel studio, quel producteur.

Jeune papa inspiré

Quittant Londres pour l’est de l’Angleterre, la petite famille de Nick Mulvey change drastiquement d’environnement, préférant la quiétude de la campagne à l’agitation de la capitale. “J’ai atteint une certaine forme de bonheur; en vivant à la campagne avec ma famille, et je pense que c’est pour cela que l’album est joyeux. “ Anobli par cette nouvelle vie qui s’offre à lui (et dont il fait écho sur Lullaby et Remembering, deux berceuses écrites pour son fils), Nick trouve enfin l’inspiration et la force motrice pour composer ce second album. Également très pris par ses nouvelles responsabilités, ce jeune père choisit de le réaliser à domicile et de manière collaborative, en invitant de fidèles amis musiciens.

Contrairement à son ouvrage précédent (enregistré en autarcie avec le producteur Dan Carey), il va privilégier l’improvisation et l’enregistrement live, s’éloignant d’un environnement trop propre : “’j’avais besoin de rendre l’enregistrement plus joyeux et fun, de le faire avec mes amis. “ Pour cela il fait appel à un spécialiste du genre, le producteur Ethan Johns (qui a reçu un Brit Award en 2012). Jour après jour, mois après mois, il tisse les fondations du disque en jammant en compagnie de ses copains : Dean Broderick, Federico Bruno, ainsi que sa femme Isadora Mulvey (tous les trois l'accompagnant aussi sur scène). Un peu plus tard, ce sont un batteur, un bassiste et des chanteurs qui les rejoignent à la maison de Nick pour concrétiser cet enregistrement. Mais là encore, pas question de dicter un rôle précis à chacun, il s’agit d’improviser :

“Je leur montrais comment je jouais ma chanson avec ma guitare, juste une fois. Puis ils prenaient leurs instruments, et sans que je leur dise quoi faire, je les laissais trouver leur partie naturellement. Et la seconde fois où ils jouaient, je me mettais à enregistrer. Aussi une troisième et une quatrième. Et c’était tout, la chanson était prête. “

De cet enregistrement “live” (tous les instruments sont captés en même temps), en ressort une spontanéité et une fraîcheur évidente. Si la place de la guitare électrique et du piano préparé à la John Cage (le son est altéré en plaçant divers objets - la préparation - dans ses cordes) sont des éléments nouveaux pour l’Anglais, son orchestration diffère surtout de First Mind par une omniprésence féminine, marquée par les voix de sa femme et de deux amies (Infinite Tree faisant directement référence à la divinité féminine).

Une célébration de la vie

En live comme sur pistes, Wake Up Now est une célébration de la vie et garde un cap optimiste, quand bien même des sujets assez difficiles y sont abordés (l’écologie, la crise des migrants, la mort) :  “Je voulais vraiment y aborder ces sujets difficiles mais je parle d’abord de l’existence et de la joie qui en résulte.” Et si chacun pourra le comprendre à sa manière, le message central de Wake Up Now reste ouvert, non pas comme un ordre ou un appel à la mobilisation mais comme un encouragement personnel à mieux se comprendre soi même :

“On commence seulement à réaliser que le système actuel n'est plus profitable ni pour nous, ni pour la planète. Et dans le même temps, une transformation s’opère sans lui. Et les fondations de cette transformation passent par une meilleure compréhension de qui nous sommes. Et c’est ce dont parle cet album.”

Dès la première piste, Unconditional, on prend en pleine figure un large message d’amour et une prise conscience : celle d’une dévotion spirituelle : “La conscience est sans condition”. Quant à la chanson la plus puissante mais aussi la plus engagée du disque, Myela (contant la crise des migrants, le combat des natifs de Standing Rock ou encore l’arrivée du gaz de schistes aux U.K.), elle réussit sans conteste à faire passer un message d’espoir et ce, sans tomber dans la déprime ambiante. “Les gens auraient zappé si ça leur bouffait de leur énergie, au contraire je voulais leur en apporter.” Musicalement, Myela choisit ainsi une montée en puissance, qui se termine en grande liesse, Nick récitant en boucle deux mantras jusqu’à pénétrer la chair et l’âme dans une séquence répétitive et hypnotique : le très factuel mais efficace  “I am your neighbour, you are my neighbour” et “ Freedom from the cage of this supposed civilization“ inspiré par Gandhi (et sa citation : “Ce que je pense de la civilisation occidentale ? Je pense que ce serait une très bonne idée”).

“Je suis très intéressé par les mantras. Je fais des séances de méditations tous les matins. Et j’aime la façon dont ça sollicite une certaine partie de moi. J’aime communiquer avec mon for intérieur.”

Cette forme de méditation est omniprésente tout le long du disque, on la retrouve par la suite dans When the Body is Gone, abordant une réflexion sur la mort et la naissance, et sur Imogen qui célèbre le divin. Ou encore dans le titre Transform your game (we Remain), reprenant un mantra de “Sarasvati, déesse indienne de la connaissance et de l’éloquence.”

“L’américain Ram Dass a eu une grosse influence sur cet album. [professeur spirituel et de psychologie]. Il a dit : “death is perfectly safe.” [la mort est sans danger] et j’ai réalisé que personne dans ma culture ne m’avait dit une chose pareille auparavant. J’ai trouvé cette idée vraie, elle résonnait en moi. Et c’est de la où est née la chanson When Then Body is Gone“

Résolument engagé

Au final, ce second disque reflète à merveille le parcours personnel accompli par Nick, en tant que jeune père, mais aussi professionnel, en tant qu’artiste engagé avec son temps. Car pour lui, ne pas faire écho aux injustices commises par notre société occidentale et à l'ampleur des dégâts, “Ça aurait été comme être dans une maison en feu et décider de se faire un thé.” Sa singularité étant de ne pas céder pour autant à une vision apocalyptique et défaitiste du monde, l’Anglais choisit plutôt d'aborder notre époque comme une période de transition. Une sage décision.

“Je pense que les artistes doivent être le reflet de leur époque. L’art a de multiples fonctions selon moi, mais ça ne se réduit pas à la prise de conscience politique ni à une source de divertissement pour les gens. L’art doit créer de l’espace pour les gens pour qu’ils créent leurs sentiments. Et si on commence à se comprendre soi même, ça change la façon de ressentir les choses”

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