Actu musique

27 octobre 2017

Les clips qu'il ne fallait pas rater cette semaine

Le saviez-tu ? La cérémonie des UK Music Video Awards 2017 se tenait ce jeudi 26 octobre à Londres. Les UK Music Video Awards, c'est un peu l'alternative arty aux MTV Video Music Awards, et donc là où les choses se passent vraiment dans le monde du clip. Il y a des grosses stars du genre, c'est vrai, mais l'accent est mis sur la créativité visuelle avant tout, comme le prouvent cette année encore les différentes récompenses. A l'honneur de cette édition : Ryan Staake pour Young Thug, Henry Scholfield pour Dua Lipa, The Blaze pour eux-mêmes, Colin Solal Cardo pour Mura Masa, plein de gens pour Kanye West ou encore Jake Schreier pour HAIM. L'occasion de découvrir des réals émergents, notamment chez les Français (cocorico).

Les principales récompenses des UK MVA 2017 sont à retrouver ci-dessous, et l'intégralité du palmarès est disponible sous ce lien.

Clip de l'année : Young Thug - Wyclef Jean, réalisé par Ryan Staake

Meilleure nouvelle réalisatrice : Matilda Finn

Meilleur réalisateur : Oscar Hudson

Meilleur clip pop (UK) : Dua Lipa - New Rules, réalisé par Henry Scholfield

Meilleur clip alternatif (UK) : Alt-J - 3WW, réalisé par Young Replicant

Meilleur clip pop (inter) : HAIM - Want You Back, réalisé par Jake Schreier

Meilleur clip electro (inter) : The Blaze - Territory, réalisé par Jonathan & Guillaume Alric (The Blaze)

Meilleur clip rock/indie (inter) : Father John Misty - Things It Would Have Been Helpful To Know Before The Revolution, réalisé par Chris Hopewell

Meilleure chorégraphie : Kanye West - Fade, réalisé par Eli Linnetz et chorégraphié par Guapo, Jae Blaze et Derek ‘Bentley’ Watkins

Meilleure animation : Katie Melua - Perfect World, réalisé par Karni & Saul

Meilleure session live : Mura Masa - Blu (feat. Damon Albarn), réalisé par Colin Solal Cardo

Les Inrocks - musique

Le dandy anglais Baxter Dury se la joue Prince aux larmes de destruction massive

Depuis ses premiers pas au début des années 2000, Baxter Dury a réussi à se faire un prénom dans la pop anglaise. A l’âge de cinq ans, le fils de Ian Dury posait fièrement sur la pochette de New Boots and Panties!!, le premier album de son père. Quarante ans plus tard, il s’est construit sa propre discographie, mince mais inspirée, dont It’s a Pleasure (2014), son album précédent…

Les Inrocks - musique

Un nouvel élan rock arty avec les anglais de Pale Seas et leur nouvel album "Stargazing for Beginners"

On parlait récemment d’audaces pop avec l’Américain John Maus et il s’emporta un peu, jurant que s’il voulait écouter de la musique vraiment expérimentale, il préférait se pencher sur Olivier Messiaen ou Edgard Varèse. Cette façon d’innover avec des moyens et une culture du son souvent si précaires, de se débattre avec une grammaire aussi étroite, c’est pourtant ce qui fait de la pop-music, un ter…

Les Inrocks - musique

Excellente Rumeur

Ce n’est pas un bilan, c’est plutôt un rapport d’étapes. Il y a toujours un lendemain (éditions de L’Observatoire), signé par Hamé et Ekoué, fondateurs d’un des plus grands groupes de rap français, La Rumeur, est un livre important. Un livre qui raconte, au travers de la vie de ces deux compères, la structuration d’un certain hip-hop français. Un hip-hop qu’ici, aux Inrocks, nous…

Les Inrocks - musique

Avec Jessica93, le Do It Yourself  s'érige au rang d’art de vivre

Un samedi soir comme un autre en banlieue parisienne. Dans le jardin de la grande colocation où s’entasse le gang du Villejuif Underground (Born Bad Records), Geoffroy Laporte, aka Geoff aka Jessica93, passe en revue sa courte mais tonitruante discographie, avec une lucidité déconcertante et une conclusion un peu sévère : “Who Cares, mon premier album, avait un son digital mais assez cool et i…

Les Inrocks - musique

Jonti s'offre un tour de manège psychédélique sur "Tokorats"

Au mur du label californien Stones Throw, on imagine volontiers affiché un strict règlement intérieur : aucun dogme ne sera toléré. De quoi franchir bien des frontières. Démarré sous obédience hip-hop et soul, l’écurie dirigée (?) depuis vingt ans par Peanut Butter Wolf accueille des nomades comme Jonti, collaborateur aussi bien des Avalanches que d’Earl Sweatshirt, de The Internet que de King Kru…

Les Inrocks - musique

Novo Amor & Ed Tullett, Escape-ism, Nakhane... en accéléré

Dans la foulée, et bien malgré eux, les pauvres, d’Asgeir ou Bon Iver, il existe une génération de jeunes hommes pâlichons et sensibles, fragiles comme du verre de boule de Noël – et aux disques aussi interminables qu’un réveillon. Et ça chouine, ça couine, ça chialouze tant que ça peut, ça pleurniche, ça bave des clignots, ça pisse de l’œil à vau-l’eau sur le Heiress de Novo Amor…

Les Inrocks - musique

Notre coup de foudre continue pour Les Filles de Illighadad avec "Eghass Malan"

Les Filles de Illighadad est un groupe composé de trois jeunes femmes et d’un guitariste additionnel, originaires d’Illighadad, dans le Sahara nigérien. Inutile de chercher Illighadad sur internet, cette localité n’apparaît même pas sur Google Maps. Du blanc sur la carte et déjà le rêve et l’aventure à l’horizon.

C’est pourtant grâce à internet que ce groupe existe. Il y a quelques années, Chri…

Les Inrocks - musique

Partez en virée à Casablanca avec le dernier clip de Malca, “Casablanca Jungle“

Malca, c’est un jeune chanteur qui a vécu entre le Maroc et la France, Casablanca et Paris. Une double culture qui lui tient à cœur, et à laquelle cet ancien lauréat inRocKs lab rend hommage dans son clip Casablanca Jungle.

Dans cette vidéo, on est plongé dans un Casablanca aux multiples facettes. L’une, plus street, et plus acrobatique surtout, avec des représentants de la communauté stunteurs réputée pour jouer au chat et à la souris avec la police. L’autre, festive, ou l’on se retrouve à des soirées remplies de jeunes portant fièrement leurs baskets TN et leur T-shirt Gucci, dansant avec entrain sur la musique chaabi.

Une immersion très agréable et bien portée par la voix de Malca, qui se solde par une annonce, la sortie de son EP Casablanca Jungle le 17 novembre prochain.

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Kaaris en impose en envoyant son nouveau titre “Kébra“

Le K double A dévoile un nouvel extrait de son album à venir Dozo. Kébra, son nouveau titre, reprend tous les codes du banger moderne : une mélodie auto-tunée ponctuée par des punchlines puissantes, dont, il faut l’avouer, Kaaris a le secret ; sans oublier, le refrain chanté.

Dans cette vidéo réalisée par Chill, ou le Sevranais est le seul acteur, on passe d’une forêt hivernale et cernée de néons colorés, à des ambiances plus sombres, exclusivement en noir et blanc, ou, le “Dozo“ débite ses phases crues, parfois les pecs’ à l’air, tout en fixant la caméra. Et comme souvent avec lui, la kalash et les billets ne sont pas très loin.

Le single Kébra est disponible sur Apple Music, et l’album, Dozo, à paraître le 3 novembre prochain, l’est, lui, en précommande, également sur Apple Music.

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L'anglais Daniel Alexander revient avec sa pop mélancolique pour "Seperatehood"

Après plusieurs années en tant que bassiste au sein de Breton, Daniel Mc Illvenny aka Daniel Alexander trace sa route en solo. Signé sur le label français Maison Ainsi, l'artiste londonien revient avec Seperatehood, un morceau produit et mixé par Andy Savours (My Bloody Valentine, The Pains of Being Pure At Heart..) Seperatehood est surement un des titres les plus mélancoliques et enfouis d'Alexander, même si Andy Savours "a réussi à faire passer le son de la claustrophobie à quelque chose de plus clair" raconte Daniel. 

Ses chants désinvoltes, mêlés à des mélodies langoureuses et  messages sociopolitiques forts caractérisent l'anglaisSon dernier single sorti en juillet DOUBLEGLAZEDGAZEDOUWN racontait une problématique contemporaine, celle d'une personne devant un journal tv, à la fois triste et révoltée face à ce qu'il peut voir. Une esthétique visuelle que l'on retrouve également dans le clip de Seperatehood qui laisse entrevoir des images du monde (de guerre, de terreur, de la lune, des yeux…) défiler en boucle, difficilement identifiables.

Daniel Alexander sera le 22 Novembre et le 31 Janvier 2018 au Pop Up-Du Label à Paris.
 

Les Inrocks - musique

Kevin Shields et Brian Eno mariés le temps d'un morceau

Lancé en 2010, le "singles program" de la chaîne de télé américaine Adult Swim propose chaque mercredi un morceau inédit, disponible sur son site internet, sorte de version numérique des Single-clubs des années 80 et 90.  Parmi la liste des artistes invités à créer un titre exclusif en 2017, le vice-président et directeur artistique du network, Jason DeMarco, avait annoncé en début d'année une liste de noms prestigieux, parmi lesquels celui de Brian Eno. Le titre en question vient d'être mis en ligne et, surprise, l'ex-Roxy Music et grand sorcier de l'ambient a convié Kevin Shields de My Bloody Valentine à venir jouer avec lui à martyriser quelques textures sonores dont il a le secret. Le résultat, un morceaux atmosphérique de plus de neuf minutes intitulé Only one away my son, que l'on peut écouter ici :

Cette collaboration ne devrait pas connaître de suite, à moins que Brian Eno ne soit appelé au chevet du prochain album de My Bloody Valentine, que son coéquipier d'un jour a promis pour le printemps 2018.

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En écoute : MØ nous offre son premier disque en 3 ans "When I was Young"

Si en début de semaine, MØ dévoilait le single When I Was Young sur la radio d'Apple Music, Beats 1, on était loin de se douter que Karen Marie Ørsted  - pour l'état civil - allait balancer dans la foulée un EP du même nom.  Le premier extrait est en écoute ci-dessous :

Un ep surprise

Après avoir papillonné au côté de la formation Major Lazer avec son tubesque Lean On, la Danoise est bel est bien de retour, trois ans après son premier album No Mythologies to Follow. Ce matin, elle a surpris ses fans en présentant un EP de six chansons, dont le single (qui porte aussi le nom du disque) When I Was Young. Dans un communiqué de presse, elle précise sa démarche :

« C'est tellement dingue de pouvoir créer un univers pareil. Ces dernières années ont été un processus d'apprentissage pour savoir ce qui est important pour moi, et c'est ce que reflète l'EP. Ces chansons ont été choisies instinctivement, vraiment à l'intuition, mais elles ont toutes un regard à la fois sur le passé et le futur.

Cette dualité entre passé et présent se ressent parfaitement sur le disque. Inaugurant l'EP, le morceau Roots (Racines) se développe lentement comme une longue marche porté par la voix élégante de la chanteuse. Et le disque s'achève par un lancinant Run Away accompagné d'une guitare rock et mélo. L'ep When I Was Young est disponible sur Apple Music. et en écoute ci-dessous :

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Julien Pras nous offre un bien bel abri pour l'hiver dans son dernier clip "Divine Spark"

Extrait de son nouvel album Wintershed, qui sort aujourd'hui même chez Bramard Records, le mélodieux morceau Divine Spark se dévoile ici en images.

Réalisé par Sébastien Antoine, le clip met en scène le songwriter bordelais et sa petite famille dans une virée en pleine nature, ressuscitant l'âme d'une vieille maison de campagne.

Comme son nouvel album l'indique, Wintershed est un soyeux "abri pour l'hiver" qui vous réchauffera le cœur de ses envolées aériennes et doucement mélo, dans la digne lignée d'un Elliott Smith ou d'un Brian Wilson.

En concert le 6 décembre prochain au Point Éphémère (Paris), en compagnie de Xavier BOYER (Tahiti 80)

Les Inrocks - musique

Pas besoin de sortir ce soir, le clip de “Pink Flamingo“ de Schérazade vous résume tout

Lorsque Schérazade sortait Simple, deuxième extrait de son premier EP, Crise Humaine, on vous en parlait déjà. Aujourd’hui, elle signe son retour avec un autre clip, qu'on vous dévoile en exclusivité, celui de Pink Flamingo, du même nom qu’un nouvel EP, appelé ainsi en hommage au film culte, Pink Flamingos, de John Waters.

Cette vidéo, réalisée par Jeronimo Acero, offre une plongé en plein cœur de Paris, la nuit. On se retrouve dans la peau d’un homme à la recherche de son “faux-amour“, qui, se balance de bar en bar, de bière en bière, et plus si affinités. Comme seul guide dans cette pénombre, la voix chaude de Schérazade, qui domine à merveille cette pop nuptiale.

Le single Pink Flamingo est disponible sur Apple Music, et l’EP, Pink Flamingo aussi, le sera quant à lui, le 30 novembre prochain.

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Matias Aguayo : "Je trouve des choses et je les connecte entre elles"

Précédé par le single Cold Fever sorti début septembre, Sofarnopolis vient de paraître chez Crammed Discs, légendaire label de Bruxelles. Entre post-punk, électro, bande (très) originale de film et cabaret noir, il navigue avec superbe dans les méandres d’une ville imaginaire, Sofarnopolis. Cet album au parfum profond et capiteux marque le début d’une nouvelle aventure musicale pour Matias Aguayo, dans laquelle il se lance avec The Desdemonas, un groupe créé de toutes pièces pour le projet et composé du Colombien Gregorio Gomez (guitare, basse), de l’Italien Matteo Scrimali (batterie) et de l’Allemand Henning Specht (claviers) – ce dernier déjà repéré au sein du trio Hypnolove (et aussi auteur d’un chouette album solo, Kiehlufer 73).

Du Chili à Berlin

Berlin constitue la base principale de ce quatuor très international. "C’est une capitale très libre et tolérante, je m’y sens bien", précise Aguayo, qui y vit depuis plusieurs années (né au Chili en 1973, il a grandi en Allemagne, près de Cologne, ses parents ayant fui la dictature de Pinochet). Pour réaliser l’interview, il nous propose de le retrouver dans un café de Schöneberg au charme délicieusement désuet, et d’autant plus insolite qu’il se trouve à l’entrée d’un cimetière, en l’occurrence le Alter St-Matthäus Kirchhof, où sont notamment enterrés les frères Grimm et Rio Reiser (chanteur/leader de Ton Steine Scherben, groupe de rock contestataire emblématique du Kreuzberg des années 1970). Ledit cimetière se trouve par ailleurs non loin du fameux 155 de la Hauptstrasse, où vécurent David Bowie et Iggy Pop. Autant dire que nous sommes bien entourés.

Comment as-tu enclenché le projet de cet album ?

Aguayo : Je ne travaille pas de façon trop conceptuelle. J’essaie de créer des situations spéciales, des environnements particuliers, à l’intérieur desquels je peux avoir des idées. En 2014, je suis retourné seul à Cologne, près de là où j’ai passé mon adolescence, sans savoir ce qui allait advenir de cette expérience. Je n’avais pas encore un album en tête. J’ai loué une petite chambre pendant deux semaines. Je voulais me mettre dans la situation de faire librement de la musique sans but spécifique, en me concentrant au maximum sur la musique. Je me suis totalement déconnecté, je n’ai pas pris d’ordinateur, je ne voulais pas me retrouver face à un écran. Il était aussi important pour moi d’être restreint au niveau du matériel utilisé. J’avais seulement un micro et de petits appareils (field recorder, clavier, looper, drum machine). Ce côté minimaliste me rappelait la façon dont je faisais de la musique quand j’ai commencé à en faire. En travaillant ainsi, intensivement, sont revenus petit à petit des souvenirs ou des sensations de mon adolescence. J’ai même eu l’impression que le Matias adolescent réapparaissait dans cette chambre de Cologne et qu’il dialoguait avec le Matias adulte.

L’envie de monter un groupe est arrivée ensuite ?

Quand j’ai écouté tout le matériau réalisé pendant ce séjour à Cologne, qui était assez éloigné du contexte club, j’ai immédiatement pensé à un groupe mais plutôt à une fiction de groupe, inscrite dans un univers parallèle – d’où est venue ensuite l’idée de cette ville imaginaire, Sofarnopolis, envisagée sous l’angle d’une dystopie. Quand j’étais adolescent, je faisais déjà beaucoup fonctionner mon imagination autour des groupes. Par exemple, je dessinais des groupes qui n’existaient pas.

Comment s’est faite ton éducation musicale ?

Très jeune, au début des années 1980, j’ai eu accès à de la bonne musique – notamment du funk et de la soul – grâce à un ami de mon père qui était DJ. Un peu plus tard, j’ai découvert des musiques plus sombres, en commençant avec des groupes comme The Cure ou The Jesus and Mary Chain. A l’époque, j’avais une relation très forte à la musique via la radio : Internet n’existait pas et il n’y avait pas beaucoup de magasins de disques dans la petite ville où j’habitais. J’écoutais des émissions diffusées tard dans la nuit, qui programmaient de la new wave ou des trucs à l’avant-garde, et je les enregistrais. La radio analogique, c’était vraiment magique. On avait l’impression d’entrer en contact à travers l’air avec l’autre bout du monde. Parfois, on pouvait attraper brièvement les ondes d’une radio arabe par exemple et puis, hop, elles disparaissaient.

Tu as découvert Crammed Discs à la même époque ?

Oui, j’aimais en particulier beaucoup Tuxedomoon. C’était un groupe qui se rattachait à la new wave mais qui allait au-delà, qui était très expérimental. Leur musique me plaisait et m’attirait beaucoup. J’ai continué à suivre le label après les années 1980 car il a toujours sorti des disques intéressants. Quand notre album a été terminé, un ami m’a conseillé de l’envoyer à Crammed Discs. Je l’ai fait, un peu de temps s’est écoulé et puis Marc Hollander (fondateur et directeur artistique du label, lui-même musicien, NDR) m’a envoyé un message en me disant qu’il était intéressé. Ça s’est fait comme ça.

Comment le groupe a-t-il pris forme ?

J’ai d’abord commencé à travailler avec Gregorio lors d’un séjour en Colombie. Nous nous connaissons bien, nous avons les mêmes références, le même rapport à la musique et au souvenir de la musique. Je lui ai fait écouter les maquettes des morceaux, il a beaucoup aimé et il a tout de suite compris ce que je cherchais à faire. A ce moment-là, nous étions déjà décidés à enregistrer un album ensemble. Pour compléter le groupe, j’ai pensé à Matteo et Henning, que je connaissais tous les deux. J’avais déjà fait un peu de musique avec Matteo, comme ça, sans rien enregistrer. Quant à Henning, je l’avais sollicité pour faire une ligne du clavier sur mon remix de Colder (Your Kind) et je l’avais trouvé à la fois très sympa et très original.

Vous ne vivez pas tous dans la même ville. Comment fonctionne le groupe ?

Henning vit aussi à Berlin. Comme Grégorio et moi travaillons beaucoup ensemble, il vient assez régulièrement ici. Matteo vit à Stuttgart mais, étant un batteur très demandé, il vient également souvent ici. Une fois le groupe constitué, en 2015, j’ai envoyé aux autres toute la musique que j’avais déjà pu faire de mon côté sur ce projet pour qu’ils puissent développer des idées. Ensuite, on a enregistré plusieurs morceaux et on a aussi fait quelques premières petites tournées. Pour moi, il était important de faire mûrir le groupe avant la sortie de l’album. C’est en concert qu’on remarque ce qui va ou ne va pas. On s’est rendu compte qu’on jouait souvent mieux en live que sur les premiers enregistrements. Du coup, on a réenregistré certains morceaux.

Le projet a aussi une dimension visuelle importante.

Je suis un grand fan de BD et j’ai toujours aimé dessiner. J’ai l’habitude d’emporter avec moi des petits carnets, notamment quand je voyage, pour prendre des notes ou dessiner. Pendant le mixage de Sofarnopolis, j’ai beaucoup dessiné, sous l’influence de la musique. Au total, j’ai fait pas mal de dessins, dont l’un a été utilisé pour la pochette de l’album. J’ai aussi fait les dessins et développé un storyboard pour le clip de Cold Fever, réalisé par Céline Keller. J’ai travaillé à plein temps avec Céline sur les derniers jours de réalisation du clip. Je me suis rendu compte que faire un film d’animation représente une masse de travail considérable.

De quelle façon abordes-tu la création musicale ?

La musique joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle m’aide à m’abstraire du monde de distractions et de sollicitations permanentes dans lequel nous vivons et à me reconcentrer – au sens fort du mot. C’est presque de l’ordre de la méditation. Quand je fais de la musique, j’ai besoin de me mettre dans un certain état d’esprit, d’être le plus disponible possible, pour qu’il se passe des choses qui me surprennent et que je ne puisse pas contrôler. Pour les paroles, par exemple, je fais de longues prises en chantant des choses dans différents langages (un mélange entre anglais, espagnol et allemand) sans rien me dire en moi-même. C’est en écoutant attentivement ce que j’ai enregistré que je découvre des paroles. C’est comme ça que j’ai trouvé le nom (et le titre) Sofarnopolis, à partir de ce bout de phrase : « So far no police ». De manière générale, je n’ai pas le sentiment d’être dans la création mais plutôt dans l’observation et la découverte. Les choses sont déjà là, il faut juste les trouver. Voilà, je trouve des choses et je les connecte entre elles.

L'album Sofarnopolis (Crammed Discs) est disponible sur Apple Music

En concert : le 3 novembre à Hambourg, le 4 novembre à Cologne, le 6 novembre à Berlin (Gretchen), le 11 novembre à Santiago du Chili.

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