Actu musique

25 octobre 2017

Club Jazzafip du mercredi 25 octobre 2017

Fats Domino en 1967 De 19h à 20h, ça jazz à fip ! Jane Villenet (du lundi au jeudi) et Charlotte Bibring (du vendredi au dimanche) reçoivent chaque soir un programmateur pour une émission où s’entremêlent tous les jazz, des grands standards aux artistes émergents.

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Légende du rock, Fats Domino est mort à 89 ans

En août 2005, son piano à queue Steinway noir avait été salement amoché par l’ouragan Katrina. Puis exposé tel quel, cassé, sale et couché sur le flanc tel un orque échoué, au Musée de l’Etat de Louisiane. Le sort réservé à ce piano que Fats Domino avait acheté une trentaine d’années plus tôt fut celui d’une relique. Et c’est dire ce que le musicien pouvait représenter pour la musique de la Nouvelle-Orléans, et bien au-delà. Selon certains : rien de moins que l’inventeur du rock’n’roll, dont il avait au moins allumé la mèche (ou l’une des mèches) en sortant dès 1949 (soit une poignée d’années avant la naissance officielle du rock) la chanson The Fat Man, un morceau de rhythm’n’blues vendu à l’époque à un million d’exemplaires.

The Fat Man était une adaptation délurée et glougloutante d’une autre chanson, Junker’s Blues, enregistrée en 1941 par un autre pianiste de la Nouvelle-Orléans, Champion Jack Dupree. Mais son plus grand tube, celui qui se doit de figurer sur toutes les compiles de oldies qui se respectent, c’est Blueberry Hill, sorti cette fois-ci en plein ouragan rock’n’roll : 1956. Blueberry Hill fut repris dès l’année suivante par Elvis Presley, grand fan de Fats Domino. Et elle fut même chantée en 2010 par Vladimir Poutine lors d’un gala de charité. C’est dire.

Mais Louis Armstrong avait enregistré sa version de Blueberry Hill dès 1949. En somme, Fats Domino n’a certainement pas inventé le rock’n’roll. Mais il fut un des premiers à le rendre populaire. Dans la catégorie pianiste, Professor Longhair, Little Richard ou Jerry Lee Lewis furent beaucoup plus fantasques, voire sauvages, que Fats Domino. Pianiste assez classique, homme réputé timide, Fats Domino a incarné le versant romantique, tendre et souriant du rock’n’roll, comme un le souvenir d’un premier amour. Ou, dès le départ, sa nostalgie.

Fats Domino a réussi à vendre plus de 100 millions d’albums dans sa longue vie, en ayant finalement assez peu enregistré – après les années 60: la plupart de ses disques sont des enregistrements de concerts. Il avait donné son dernier mini concert en 2007, dans un club de la Nouvelle-Orléans. Né le 26 février 1928 à la Nouvelle-Orléans (cinq jours après Mardi-Gras), Fats Domino est mort dans son sommeil, dans la nuit du 23 au 24 octobre, à la Nouvelle-Orléans. Le meilleur moyen de lui dire au revoir, c’est peut-être de revisionner cet extrait de la saison 3 de la série Treme, où le vieux Fats recevait à domicile, dans son canapé en forme de Cadillac Eldorado 1959, de couleur rose.

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Bonobo nous invite dans l'intimité de trois couples avec "Break Apart"

Le producteur anglais, que l’on avait laissé en janvier dernier, juste après la sortie de son album Migration, signe son retour avec le clip de Break Apart (en compagnie du duo Rhye) deuxième titre de ce dernier long format.

Avec ce clip, Spencer Creigh, le réalisateur, a mis en scène trois couples, enfermés chacun dans une chambre d’hôtel pendant 24h, sans moyen de communication ni de distraction. Un cadre très intime, voulu par le réalisateur, pour que le spectateur puisse “d’une certaine façon participer à la vidéo“ en adoptant une posture de “voyeur“, qui lui donne l’impression “de déranger leur tranquillité“. Bien sûr, la ritournelle planante et cotonneuse de ce titre renforce ce sentiment d’intimité.

Bonobo sera en concert au Zénith de Paris le 18 novembre ; Nick Hakim qui assurera sa première partie. L'album Migration, est toujours disponible sur Apple Music.

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Le pionnier du rock 'n' roll Fats Domino est mort

Fats Domino en 1967 L'interprète de "Blueberry Hill" et "Walkin' to New Orleans" s'est éteint à l'âge de 89 ans dans sa ville natale de Louisiane.

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Morrissey dévoile un nouveau morceau

Après avoir publié le clip de Spent the Day In Bed (ou l’on voit le footballeur Joey Barton), Morrissey vient de lâcher IWish You Lonely, un nouvel extrait de son prochain album, Low in High School, à paraître le 17 novembre.

L'ex-Smiths l'avait interprété au début du mois sur les ondes de la radio BBC 6 Music, avec When You Open Up Your Legs, Home Is A Question Mark, et Jacky’s Only Happy When She’s Up On The Stage. Tous font d’ailleurs partie de la tracklist officielle que vous pouvez consulter via Apple Music.

Autres informations sur l’album

Ce onzième album de Morrissey, a été produit par la légende Joe Chiccarelli, et enregistré dans des studios qui le sont autant que l’Américain : celui d'Ennio Morricone, le Forum Studios à Rome, et celui de la Fabrique, situé dans la petite ville française de Saint-Rémy de Provence.

Rappelons également que Morrissey a déjà annoncé les dates de sa tournée nord-américaine (du 31 novembre au 7 décembre).

Low in High School sera disponible le 17 novembre prochain, et l'est déjà en pré-commande sur Apple Music.

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St. Vincent, seule sur scène, nous fait un grand fuck

Il reste des stigmates. Une interview faite il y a quatre ans avec l'artiste qui s'était tellement mal passée que le photographe qui nous accompagnait nous avait offert un chocolat chaud après la rencontre, histoire de nous remonter le moral. Elle avait été martiale, laconique. On n'avait précédemment jamais autant ramé contre le sens du vent. On s'est demandé si c'était nous, et puis non. Tout le monde a du mal en interview avec St. Vincent. Preuve en est le sentiment de malaise qui s'est emparé de nous quand on a vu ses récentes vidéos sur les réseaux sociaux où elle se moquait des questions posées par les journalistes, qui ne font malheureusement que leur travail. Et pourtant, portée par la même pulsion masochiste, on a voulu y retourner, re-côtoyer St. Vincent de plus près.

Parce que Digital Witness était bien et que Masseduction est encore mieux, on s'est donc rendus ce mardi 24 octobre au soir au Trianon, pas plein mais bien rempli, pour assister à la nouvelle messe de l'artiste américaine. Il s'en est passé des choses depuis notre dernière rencontre. Les couvertures des magazines people, les gens qui s’intéressaient plus à sa vie amoureuse qu'à ses talents de musicienne, même de guitar hero. C'est dommage. Et c'est surement en réaction à tous ces comportements indiscrets, cette fascination déplacée, qu'on a assisté hier à une présentation qui se voulait claire et précise : St. Vincent est une artiste, et St. Vincent nous emmerde.

Il a fallu deux jours pour se renseigner sur sa première partie The Birthday Party. Et non, ce n'était pas le comeback du groupe de Nick Cave, mais bien un court-métrage signé Annie Clark, alias St. Vincent, où une mère au foyer se retrouve à devoir planquer le cadavre de son mari pour ne pas gâcher la fête d'anniversaire de sa fille (pourquoi ? On ne sait pas. Si vous avez des éléments de réponse, écrivez à la rédaction qui transmettra).

Quand fut venu son tour, personne d'autre qu'elle sur scène. Pas de musiciens. Pas de scénographie, à part un superbe rideau illustré. Des projections de son visage, en grand. Control freak au possible, on a émis des théories, pensé qu'elle avait peur que ses musiciens fassent des pains, et du coup qu'il valait peut-être mieux qu'elle se débrouille seule. Et cette solitude, bien que froide, bien que perturbante (allons, merde, même Beyoncé est accompagnée par un big band sur scène) était forcément touchante. Avec sa guitare, elle affrontait le public, balançant ses morceaux sans sourciller, sans transpirer, poussée par un sentiment non pas de bien faire, trop facile, mais de mieux faire. Tout était parfait : son set bien rangé (première partie, les anciens morceaux, deuxième partie, les nouveaux), son concert tellement beau qu'on l'aurait cru exclusivement réfléchi pour les posts instagram, son changement de guitare (celle qu'elle a imaginée pour Ernie Ball, évidemment) sur quasi-chaque morceau, ses deux tenues en vinyle sur quoi tout coule et rien ne s'attache.

On ne va pas se mentir : St. Vincent nous a fait peur, encore une fois, même en chantant sa ballade, le superbe New York, à la fin de show. Elle contrôle tout. Elle ne laissera jamais rien passer, à part quelques émotions qu'elle aura précédemment finement ciselées. Elle ne fera aucune erreur. Elle n'a pas le temps pour ça. Mais le pire, c'est qu'on sait qu'on y retournera. Et qu'on prendra encore après, pour s'en remettre, un bon chocolat.

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Laurent Garnier, Jeff Mills, Jack Lang et d'autres gueulent contre la baisse du son en festival

Comme on peut le lire sur la page Légifrance, le décret 2017-1244, datant du 7 août 2017, vise à “protéger l'audition du public exposé à des sons amplifiés à des niveaux sonores élevés dans les lieux ouverts au public ou recevant du public, clos ou ouvert, ainsi que la santé des riverains de ces lieux“. Il s’applique “pour les lieux dont la capacité d'accueil est supérieure à 300 personnes“ et se matérialise par une chute conséquente du volume sonore, mais pas que.

Cette réforme amène avec elle un lot d’investissements et d’obligations auxquels les organisateurs d’événements devront se plier. Selon les alinéas du décret, ces derniers devront : enregistrer en décibels et en continu les volumes sonores émis, s’équiper d’un dispositif permettant de consulter ces données, “créer des zones de repos auditif ou, à défaut, ménager des périodes de repos auditif“ pendant lesquelles le son ne devra pas dépasser les 80 décibels.

“Santé publique“ VS “Liberté artistique“

Face à cela, les artistes et les acteurs des milieux concernés ont uni leur voix dans les pages du quotidien Libération, signant une tribune le 20 octobre dernier, au nom bien trouvé : “Faites du bruit pour sauver la musique“. Parmi eux, on peut retrouver une multitude de signataires venant d’horizons différents (Jack Lang, Jean-Michel Jarre, Radio FG, Les Nuits sonores, Laurent Garnier ou encore Jeff Mills).

Tous s’accordent à dire que la parution d’un tel décret constitue un frein à la liberté artistique, que de telles restrictions sur le son amplifié représentent “une atteinte au droit moral des auteurs sur leurs œuvres, par là même dénaturées“, voire même “une atteinte à la liberté du commerce et de l’industrie, au respect de la liberté artistique et une forme de violation du droit moral de leurs auteurs“.

La mort des petits établissements

Qui plus est, toujours dans cette tribune, en plus de l’argument artistique, les signataires évoquent l’aspect économique : “ce décret entraînera inéluctablement le déclin de la fréquentation et, du même coup, une baisse importante des recettes des établissements festifs et des festivals “ En précisant par la suite que la mise en place de ces investissements évoqués plus haut provoqueraient “la mort“ de ces établissements.

Une demande d’annulation de cette réforme a été déposée au Conseil d’État le 9 octobre 2017. C’est Aurélien Dubois, le président de la Chambre syndicale des lieux musicaux, festifs et nocturnes (également fondateur de l’agence Surprize) qui s’en est chargé. Affaire à suivre…

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Avec Matt Mondanile, Julia Holter "avait peur pour sa vie"

Dans un post Facebook publié le 24 octobre, l'artiste américaine Julia Holter  a apporté son soutien aux femmes ayant accusé Matt Mondanile, son ex, de harcèlement et/ou d'agression sexuelle. "Leurs accusations sont en phase les unes avec les autres, et correspondent à ce que j'ai appris sur Matt par le passé, c'est-à-dire qu'il n'a pas de barrières" écrit-elle notamment, avant de déclarer :

«Me concernant, il a été émotionnellement abusif, au point que j'ai du engager un avocat et que j'avais peur pour ma vie.»

Julia Holter explique avoir toujours été franche concernant son expérience avec Matt Mondanile avec ses "amis, amours, et même dans la sphère professionnelle avec les gens de la musique" car, dit-elle, "je pense que cette transparence était importante et il me semblait que cette manipulation n'aurait pas pu cesser juste avec moi". Julia Holter affirme qu'"avant la semaine dernière", elle n'avait pas connaissance "d'autres récits d'abus". Des récits qui l'ont "aidé à comprendre" :

«Quand vous êtes dedans, vous questionnez votre propre réalité et vous vous demandez si vous invitez des choses ou si vous faites des caisses de rien. ça aide quand d'autres se manifestent et valident le fait que vous n'aviez pas tort. Merci aux femmes qui ont parlé, et s'il y en a d'autres qui trouvent ça trop dur, ce qui est compréhensible, sachez juste que vous n'êtes pas seules.»

Sept femmes ont accusé Matt Mondanile, ex-guitariste de Real Estate, de harcèlement et/ou d'agressions sexuels dans un article publié par Spin.

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Angel Olsen nous offre un clip intime et DIY pour "Special"

Extrait de son prochain EP, Phases, à paraître le 10 novembre prochain chez Jagjaguwar, le morceau Special se dévoile ici dans un clip réalisé par l'artiste américaine elle-même. Lo-fi et vintage, on retrouve dans cette vidéo des souvenirs intimes de l'été dernier. Angel précisant dans un communiqué de presse :

"Un ami est venu me rendre visite un weekend et j'avais toutes ces grandes idées pour faire un nouveau clip. Mais ça a été une longue année de tournée, et puis les clips et toute cette pression pour rester intéressant ou important. Du coup, je me suis levée le matin suivant et j'ai changé d'avis, je me suis dit que ça serait bien de juste mettre en boite ces journées passées ensemble et de capturer l'instant avec la caméra. Ces jours-là ont été les plus durs et aussi les plus doux de l'été."

L'ep Phases réunira des phases B et des titres inédits d'Angel Olsen. Disponible en précommande sur Apple Music.

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Les squelettes glamour de Lee Ranaldo

Lee Ranaldo - Uncle Skeleton (Official Video)L’ancien guitariste de Sonic Youth dévoile un clip psychotrope tiré de son nouvel album "Electric Trim".

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Crystal Castles : Alice Glass accuse son ex-partenaire Ethan Kath d'agressions sexuelles

Le texte publié mardi 24 octobre par Alice Glass, ancienne chanteuse du duo Crystal Castles, sur son site perso est bouleversant. On y découvre l'envers du décor, à savoir que son départ en 2013 ne serait pas du à une incompatibilité artistique ou l'envie de voir autre chose mais à la somme d'abus psychologiques et physiques que lui aurait fait subir Ethan Kath, son partenaire, depuis leur rencontre lorsqu'elle avait 15 ans et lui 25, affirme-t-elle. Nous l'avons traduit dans son intégralité :

"Certains d'entre vous savent que j'ai déjà parlé des abus que j'ai subis par le passé. J'ai été très prudente concernant les informations divulgués et je n'ai pas révélé publiquement de noms, car j'avais peur. J'ai été menacée et harcelée, ce qui a eu pour conséquence de me faire taire, par peur.

L'élan créé récemment par les nombreuses femmes courageuses qui ont confié leurs histoires m'ont donné l'envie d'être enfin plus directe, quel qu'en soit le prix. C'est pour ma propre guérison, pour les autres femmes qui ont été, sont actuellement ou peuvent être dans une situation similaire avec un homme qui a abusé de moi durant des années, et pour celles qui sont dans des relations abusives et qui cherchent à se relever et parler.

J'ai rencontré "Ethan Kath" (Claudio Palmieri) en 10e année. La première fois qu'il a abusé de moi je devais avoir 15 ans. Il avait dix ans de plus. Je suis venue à l'arrière de sa voiture extrêmement ivre (des verres qu'il m'avait donné toute la nuit). Nous ne nous sommes pas reparlés durant des mois après ça. Il a tout mis en oeuvre pour me retrouver, me traquant, passant devant mon lycée en me cherchant.

Il m'a retrouvé, s'est pointé aux endroits où je traînais et nous avons reconnecté. J'étais très jeune, naïve et en péril dans ma vie. Je le voyais comme une rock star locale car j'avais vu son groupe, Kill Cheerleader, à la télé. Beaucoup de mes amies de la scène punk avait aussi été abusées par des hommes beaucoup plus âgés donc pour moi, c'était une situation qui avait été normalisée.

Claudio était très manipulateur à mon égard. Il a trouvé mes faiblesses et les a exploitées. Il utilisait ce qu'il apprenait sur moi contre moi. Pendant plusieurs mois, il m'a donné de la drogue, de l'alcool et couchait avec moi dans une chambre abandonnée dans un appartement qu'il gérait. Ce n'était pas toujours consenti et il restait sobre lorsque nous étions ensemble.

A 16 ou 17 ans, il m'a donné un CD et m'a demandé d'écrire et de chanter sur les morceaux. J'ai écrit des paroles et des mélodies et enregistré des morceaux que j'aimais. Mais même avec la musique, il créait un environnement toxique auquel j'avais l'impression que je devais m’accoutumer. Lorsque nous avons enregistré notre premier EP, l'ingé-son m'a sexuellement harcelé dans le studio. Claudio a ri de moi et m'a poussé à aller avec lui. Il a baptisé notre premier single "Alice Practice" et a dit que ma voix était un test-micro. Il a concocté cette histoire et a répété à la presse que c'était un enregistrement "accidentel", diminuant intentionnellement mon rôle au sein de la création. C'était un autre moyen de me rabaisser et de jouer avec mon manque de confiance en moi.

Peu après, nous avons été invités en tournée en Angleterre. J'étais submergée par la vitesse à laquelle les choses nous arrivaient et Claudio m'a convaincu de lâcher le lycée peu avant d'être diplômée. Comme nous commencions à nous faire connaitre, il a commencé à systématiquement et abusivement cibler mes incertitudes et à contrôler mon comportement : mes habitudes alimentaires, à qui je pouvais parler, où je pouvais aller, ce que je pouvais dire en public, ce que j'avais le droit de porter. Il m'a tenu éloignée des interviews et des sessions photo s'il ne contrôlait pas la situation. Notre renommée a grossi mais il n'avait pas le sentiment d'avoir la reconnaissance qu'il pensait mériter.

Il a commencé à abuser de moi. Il me tenait au-dessus d'escaliers et me menaçait de m'y jeter. Il me levait au-dessus de ses épaules et me jetait sur le bitume. Il prenait des photos de mes bleus et les postait sur le net. J'ai essayé de partir mais il jurait que ça ne se reproduirait plus, qu'il n'abuserait plus jamais physiquement de moi. Mais des abus psychologiques et émotionnels encore plus sévères se sont produits.

Il contrôlait tout ce que je faisais. Je n'avais pas le droit d'avoir mon propre téléphone ou ma propre carte de crédit. Il décidait qui étaient mes amis, lisait mes emails, restreignait mon accès aux réseaux sociaux, régulait ce que je mangeais. Il me réprimandait et me criait dessus, me disant que j'étais une blague, que tous les gens qui venaient à nos concerts ne s'intéressaient qu'à ses instruments et que je ruinais le groupe. Il a cassé des portes de douches en verre pour m'effrayer, il m'a enfermé dans des chambres. Il me disait que mon féminisme faisait de moi une cible pour les violeurs et que lui seul pouvait me protéger. Il m'a forcé à avoir des relations sexuelles avec lui sinon, disait-il, je n'aurais plus le droit de jouer dans le groupe.

J'étais malheureuse et mes textes parlaient indirectement de la douleur et de l'oppression que j'endurais. Mais, comme parfois dans les relations abusives, sa cruauté était souvent suivie de gentillesse. Il était très doué à garder privé le traitement terrible qu'il me faisait subir. Il était charmant parfois, très protecteur et surtout j'aimais le groupe que nous avions ensemble. Mais il me disait souvent combien j'étais remplaçable. Il me disait même qu'il cherchait activement quelqu'un pour me replacer. Il me gardait dans l'insécurité et sur la brèche, puis me disait qu'il était le seul au monde à croire en moi. Il me disait que c'était nous contre tous les autres, car tout le monde pensait que j'étais une loseuse, une blague, un clown dansant sans talent. Je le croyais. J'ai été suicidaire pendant des années.

Quitter Crystal Castles a été la seule décision la plus difficile que j'ai jamais prise, ce groupe était tout pour moi. Ma musique, mes performances, mes fans étaient tout ce que j'avais au monde. J'ai tout abandonné et tout recommencé, non pas parce que je le voulais mais parce que je le devais. Aussi difficile que cela fut, je savais que quitter le groupe était l'une des meilleures décisions à prendre. J'ai mis des années à me remettre d'avoir enduré presqu'une décennie d'abus, de manipulation et de contrôle psychologique. Je m'en remets encore."

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Habibi Funk, voyage groove dans le monde arabe

La compilation Habibi Funk 007 Le label allemand sort le 1er décembre une compilation de 16 bijoux enregistrés dans les années 70 et 80 en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

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Hyphen Hyphen : « Tout le monde doit trouver sa propre façon de s’exprimer »

C’est la deuxième fois que vous participez au Levi’s® Music Project : est-ce que le cadre a changé ?
La première fois était plus courte. Le projet a évolué, nous avions plus de temps, et nous avions comme participants des danseurs en plus des musiciens et des chanteurs.

Vous aviez précédemment choisi de les faire travailler sur l’un de vos morceaux : sur quoi vous êtes-vous attardés sur cette session 2017 ?
On a sorti une exclusivité pour le projet, un morceau qui s’appelle Take My Hand, qui figurera sur le deuxième album, en cours d’enregistrement. Du coup les participants sont dans la confidentialité, on leur a fait confiance. C’est l’un des titres avec lesquels on va faire notre première prise de parole. Nous avons ainsi pu le voir sous un autre angle, l’arranger différemment, puisque nous étions avec des musiciens. Nous avons pu sentir les différentes interprétations et c’était très intéressant, puisqu’on est toujours en train de l’enregistrer.

J’avais cru comprendre que votre deuxième album était presque terminé en vous suivant sur les réseaux sociaux…
Nous sommes en phase de mixage. Du coup on n’est pas encore en phase de finalisation, on avance. Cela fait six mois qu’on travaille dessus, on part sur une sortie en 2018.

Combien de participants sur cette deuxième édition du Levi’s® Music Project ?
Il y avait seize jeunes. Autant de danseurs que de musiciens et de chanteurs. Le casting était pertinent : les danseurs en voulaient vraiment et avaient une implication physique intense. Ils fonctionnaient parfaitement avec ce nouveau titre qui demande d’osciller entre le calme et le chaos. Cette année, les chanteurs étaient en plus musiciens, tout s’est passé plus facilement. Nous avons vraiment appris ensemble.

Est-ce de mener des ateliers comme celui que vous avez actuellement avec Levi’s® vous aide à poser un nouveau regard sur vos compositions ?
Ca nous donne plus des idées pour le live, que pour les compositions. Ici nous avons travaillé avec des danseurs, c’est une idée auquelle nous réfléchissons actuellement. La musique de ce deuxième album est plus encline à la danse, elle rentre dedans, elle est beaucoup plus urgente, les beats sont beaucoup plus violents. Nos corps, déjà bien sollicités, seront encore plus impliqués, mais l’idée de chorégraphie nous parle beaucoup.

Vous travaillez donc déjà le live ?
Non, mais on y pense quand nous écoutons nos productions. Pour le moment nous nous concentrons sur l’aspect producteur, puisqu’on le réalise nous-mêmes. Nous faisons tout pour que le son soit le plus lourd possible.

Ça ne fait pas peur d’avoir la casquette de producteur sur un second album où on attend souvent les artistes ?
On ne le considère vraiment pas comme le deuxième, plutôt comme un premier plus affirmé. Pour ce disque, nous avons envie d’aller plus loin sur tout, et ça s’entend notamment sur Take My Hand, où il y a un vrai parti pris et aucun compromis.

Vous aviez l’impression d’avoir fait des compromis sur le précédent ?
C’est un premier album, et c’est sur un premier album qu’on apprend. Nous étions jeunes. Mais là nous sommes très fiers, on est hâte que les gens l’écoutent.

Vous supervisez une jeune génération d’artistes avec ce projet, vous avancez dans votre carrière, pensez-vous être plus adulte, d’être plus technique, plus professionnel ?
Le regard s’est affiné, bien sûr, mais nous avons toujours fait les choses de manière instinctive. C’est ce que nous essayons de faire passer aux participants du Levi’s® Music Project : nous n’imposions pas les notes, plutôt de se lâcher, de sortir ce qu’ils avaient en eux et de devenir un peu fous. Il y a eu ainsi de grands moments de folie, de lâcher prise, qui ont du même les surprendre eux.

Vous avez donc réalisé un clip ?
Oui, nous avons tourné une vidéo ensemble avec un edit de notre morceau.

Ce n’est pas difficile de prendre le statut d’enseignant ?
Pas du tout. Il y avait des coachs pour cela, et ils ont eu ce rôle de transmission et de technique. Nous n’étions quant à nous juste là pour s’amuser avec les participants (rires). Nous avons tenté de leur dire que nous avions le même but, la musique, et qu’on allait avoir du fun même si c’était beaucoup de boulot. Nous voulions essayer de sortir quelque chose en eux.

C’est un projet caritatif : est-ce que vous pensez que l’artiste se doit de s’engager dans des causes en 2017 ?
Ce n’est pas notre volonté de politiser. Nous tentons de faire une musique pop et universelle. Après il y a des causes qui nous touchent plus facilement que d’autres, et du coup on le fait naturellement, mais on ne se pose jamais la question. Nous essayons d’apporter de la légèreté aux gens, et sur scène, encore plus, pour que les gens se transcendent et oublient leur quotidien. Si nous arrivons à faire oublier aux gens qu’ils ont passé une sale journée, nous avons gagné notre pari.

C’est quelque chose qu’on retrouvera toujours sur ce prochain disque ?
Oui, il racontera ce que nous sommes, des jeunes un peu perdus mais avec beaucoup d’espoir et une envie d’être plus forts ensemble.

Vous avez travaillé sur une présentation live avec les jeunes ?
Oui, nous allons chanter le morceau avec une chorégraphie qu’on a travaillé tous ensemble. Nous ferons aussi un DJ set, une formule qui nous va bien entre deux albums. C’est un DJ set poussé, avec nos propres remixes, pas forcément nos morceaux mais ceux aussi qui nous inspirent, et Santa chante. C’est une nouvelle formule que nous apprécions beaucoup, que nous avons commencé pour la Gay Pride. Nous produisons pas mal de musique actuellement, pourquoi pas éditer nos propres remixes ?

Vous vous voyez produire d’autres artistes dans le futur ?
C’est quelque chose que nous aimerions faire depuis longtemps. Nous commençons aussi à composer pour d’autres. Mais pour le moment, nous souhaitons vraiment finir notre album.

Est-ce que vous avez des conseils à donner aux jeunes ?
Nous sommes très mal placés pour donner des conseils. Ça passait ou ça ne passait pas. Tout le monde doit trouver sa propre façon de s’exprimer ; c’est comme ça que tu deviens vraiment musicien.

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Julien Doré nous offre une escapade en bateau pour son dernier clip "Porto Vecchio"

Après nous avoir réchauffé le coeur avec sa session live Coco Câline, Julien Doré est de retour avec le clip de Porto Vecchio, extrait de son quatrième album & (à prononcer "Esperluette"). Réalisé par, la vidéo suit la chevelure blonde de Juju dans une balade en bateau et en compagnie d'un fidèle ami canin. De quoi prolonger l'été indien !

Julien Doré partira en tournée dans toute la France dès novembre, dont un passage très attendu les 15 et 20 décembre à l’AccorHotels Arena (Paris). Toutes les dates de concert sont à retrouver ici.

L'album & est toujours disponible sur Apple Music. Et pour les fans ultimes, un EP de remix du tube Coco Câline propose des version revisitées notamment par Dim Sum, ou encore une version Karoké.

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Le producteur Moodkint nous offre une session live bien stylée dans un garage moto rétro

Récemment signé sur le label parisien LCA Records, Moodkint nous offre une session live enregistrée dans le garage rétro de Saint-Brooklyn Motorcycle (Saint-Brieuc). Accompagné par Frank Richard (Yelle, Octave Noire) à la batterie, le producteur sublime ici son single The Strange Boardwalk. Contrôleurs et claviers côtoient grosses cylindrées et vibrent sur le même tempo. Irrésistiblement chill, la mélodie risque de vous faire planer pour le reste de la journée !

Le single The Strange Boardwalk est disponible sur Apple Music.

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Un chanteur russe aurait été torturé puis assassiné en Tchétchénie

Quelques heures après son arrivée, confient des proches à la chaîne Dozhd TV5, il avait été arrêté par la police à cause de son homosexualité. Une source proche de NewNowNext un site spécialisé sur l'actualité LGBT affirme qu'il aurait été torturé à mort par la police.

Selon le discours officiel des autorités tchétchènes, le chanteur russe de 26 ans serait en vacances en Allemagne. Comme le rapporte BFMTV, au mois de septembre, des médias tchétchènes auraient posté une vidéo d'un homme ressemblant à Zelimkhan et se présentant comme tel, affirmant vivre en Allemagne. Cependant, des militants LGBT assurent que cette vidéo est un montage.

Au micro de RTL, Arnaud Gauthier-Fawas, porte-parole de  l'Inter-LGBT raconte que "sa mère n'a aucune nouvelle alors qu'il avait systématiquement l'habitude de l'informer de ses voyages à l'étranger" et que "ses amis nous expliquent qu'il n'a pas de visa Schengen ni de passeport donc qu'il n'a pas pu quitter le territoire fédéral."  Puis poursuit en précisant que la situation de "purge" dans le pays est telle que des parents liquident eux-mêmes leurs enfants gays pour ne pas subir la honte de la société.

"Aucune plainte officielle"

Comme le rapporte l'OBS, une enquête aurait été ouverte par le parquet général russe, mais les enquêteurs disent n'avoir reçu "aucune plainte officielle". 

Après différents témoignages anonymes, Maxime Lapounov a été le premier le 16 octobre dernier a avoir porté plainte et a avoir dénoncé publiquement et à visage découvert au Novaïa Gazeta, le journal indépendant qui avait révélé ce printemps la purge anti-gay en Tchétchénie, les violences policières opérées dans le pays.

Il raconte avoir été arrêté le 16 mars par des policiers en civil puis embarqué et enfermé 12 jours en cellule. "L'accusation principale contre moi était d'être homosexuel" assure Maxime dans une conférence de presse, zToutes les 10 ou 15 minutes, ils [les policiers] venaient dans ma cellule en me disant que j'étais gay et qu'il fallait tuer les gens comme moi." Maxime Lapounov a également raconté avoir été "battu très longtemps avec des bâtons […] sur les jambes, les cuisses, les fesses et le dos." Il a été libéré le 28 mars dernier après avoir été contraint "d'avouer" son homosexualité et de quitter le pays.

Sa plainte a été remise au comité d'enquête russe, chargé des principales investigations dans le pays

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