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22 octobre 2017

Alonzo : "Il y a une vraie différence entre Marseille et Paris"

Pourquoi enregistre-t-on un nouveau disque au bout de 20 ans de carrière ? Parce qu’on gère un niveau de vie, ou parce qu’on a une idée à développer ?

Alonzo - Un album n’est pas une compilation : il fixe l’émotion d’un artiste à un moment donné et possède donc une cohérence intrinsèque. Le studio est ton quotidien, tu enregistres tous les jours et tu finis par percevoir une cohérence, quelque chose qui reflète ton époque ou ta vie. Alors tu sélectionnes, tu jettes généralement les trois quarts de ce que tu as enregistré et tu te concentres sur quelques titres que tu retravailles. Peu à peu, tu sens que ton album devient plus bleu ou plus rouge, plus intime ou plus egotrip… Papa Allo en est l'illustration : je ne savais pas qu’il allait figurer sur un album mais en l’écoutant, j’ai compris qu’il parlait de ce que je vis actuellement, en l’occurrence des conversations avec mes fils qui grandissent avec un père célèbre.

Ta carrière a débuté il y a 20 ans. Quel regard jettes-tu dans le rétroviseur ?

J’ai signé mon premier contrat avec La Cosca en 1999. A cette époque, c’était le désert et c’est là que je vois le changement : on a été signé par un rappeur [Akhenaton, fondateur de La Cosca, ndlr], alors qu’aujourd’hui, tu es signé par des majors qui n’en avaient rien à cirer à l’époque. Le changement tient aussi au mode de promotion : quand j’ai commencé, il y avait peu de médias et pas d’internet, il fallait passer par des mixtapes ou par les guinguettes, les fêtes de quartiers. Il y en avait pendant tout l'été et il fallait gratter ta place pour monter sur scène et jouer trois titres. Ensuite, je dois aussi reconnaître que le rap actuel est beaucoup plus varié et intéressant qu’il y a 20 ans. C’est une des raisons de sa démocratisation.

Est-il est aussi plus rentable ? Tu parles beaucoup d’argent…

Il est rentable pour moi car j’ai des disques, des concerts et des hits à mon actif mais pour un jeune rappeur, je ne suis pas sûr. A l’époque de Block Party, même appuyé par IAM, on ne gagnait rien : quand le disque est sorti, j'avais 17 ans, j’étais peintre en bâtiment et je gagnais une misère. Je me souviens qu'un jour, j’ai débarqué dans un appartement pour peindre une cuisine et le gamin de la famille avait notre album dans la main. Je me suis senti très gêné, presque honteux… La première fois que j’ai touché l’argent de la musique c’était vers 2004 ; on est devenus intermittents mais on était déjà là depuis 10 ans.

Tu parles beaucoup d'IAM. Quelle a été leur importance ?

C’est notre O.M. à nous, les rappeurs. Ils nous ont tous fait : FF, 3e Oeil, Psy 4…

Tu dirais que Marseille est une scène unie autour d’IAM ?

A mon époque oui, aujourd’hui moins. Mais il y a une vraie différence avec Paris : Marseille est un village de 2 millions d’habitants, tout le monde se côtoie. Et au cœur de la scène rap, il y a IAM. A Paris, il n’y a pas d’équivalent en termes d’organisation. C’est de là que vient notre union.

SCH ou Jul se fichent un peu de ce patrimoine, non ? Vous ne donnez plus, désormais, l’image d’une scène unie…

On ne vit pas dans le monde des Bisounours… La scène locale est éclatée et tout le monde ne s'entend pas forcément. Malgré tout, ça reste une bourgade et tout le monde sait qu'il vaut mieux s'entendre car c'est une ville très tendue qui génère un savoir-vivre singulier. Personnellement, je n’ai de problème avec personne, de Akh à Jul, Lygne 26 ou Sch, et j’ai d’ailleurs des lignes pour chacun d’eux. J’aime beaucoup ce qui se fait dans le rap Marseillais.

Mais c’est quoi le rap marseillais ? Son identité ne s’est-elle pas dispersée dans un rap plus global ?

Le rap marseillais à participé à ce rap global. Les survêts et les cheveux longs que tu vois partout, ça vient de Marseille, ce sont les descendants des Mias. Je veux pas être chauvin, mais on ne connait pas PNL depuis très longtemps alors que les cheveux longs, à Marseille, ça ne date pas d’hier. Or, à l'époque, les parisiens disaient : "Les Marseillais ne savent pas s'habiller, ils ont des survêts et des cheveux longs". Aujourd'hui, pleins de parisiens viennent d’ailleurs faire leurs clips à Marseille…

Genre Vald avec un maillot du PSG au Vélodrome ?

Franchement j'ai pas apprécié. J’ai rien dit mais j’ai pas aimé. J'ai rien contre Paris mais le PSG c'est autre chose. C'est quand même un sacré manque de respect. C'est petit… C'est tout petit…

C'est pas juste une bonne vanne, tout simplement ?

Il y a vanne et vanne… Si on se croise dans un festival je vais lui serrer la main, c'est pas "grave". Mais c’est quand même un peu grave. C’est peut-être ça la spécificité du rap marseillais, hein…

Propos recueillis par Thomas Blondeau

Les Inrocks - musique

U2, 21 octobre, Estádio do Morumbi, Sao Paulo, Brésil

Première partie : Noel Gallagher's High Flying Birds

Setlist

1 Sunday Bloody Sunday
2 New Year's Day
3 Bad / Waters Of March (snippet)
4 Pride (In The Name Of Love)
5 Where The Streets Have No Name / California (There Is No End To Love) (snippet)
6 I Still Haven't Found What I'm Looking For
7 With Or Without You
8 Bullet The Blue Sky / War (snippet) / America (snippet)
9 Running To Stand Still
10 Red Hill Mining Town
11 In God's Country
12 Trip Through Your Wires
13 One Tree Hill
14 Exit / Wise Blood (snippet) / Eeny Meeny Miny Moe (snippet)
15 Mothers Of The Disappeared

Rappel

16 Beautiful Day / Mas Que Nada (snippet)
17 Elevation
18 (I Can't Get No) Satisfaction (snippet) / Vertigo / It's Only Rock 'n' Roll (But I Like It) (snippet)
19 You're The Best Thing About Me
20 Ultra Violet (Light My Way)
21 One

Source des commentaires : U2Gigs.com

Ce soir, U2 donne le deuxième de ses quatre concerts, à São Paulo.

Bad demeure sur la partie pré-Joshua Tree de la setlist. Bono chante un très long extrait d'une chanso d'Antônio Carlos Jobim, Waters of March, en lieu et place de America ou Heroes. Pendant Beautiful Day, Bono inclut un extrait d'une autre chanson brésiliene connue, Mas Que Nada, à l'origine écrite par Jorge Ben, et popularisée plus tard par Sérgio Mendes.

Lors de I Still Haven't Found, Bono a modifié "church not made with hands" (église pas faite avec les mains) en "Take it to church now ! The church of Neymar ! A church not made with… feet." (emmenez le à l'église, à present. L'église de Neymar ! Une église pas faite avec les pieds). Comme le premier soir à São Paulo, Bono fait allusion à l'actuel débat sur la censure de l'art au Brésil, au début de Mothers of the Disappeared, soulignant : "censorship, you are not going back, Brazil" (censure, tu ne retournes pas en arrière Brésil).

En dehors de quelques snippets, la setlist est identique à celle de vendredi. La toute première fois que U2 joue deux sets identiques lors de deux concerts donnés dans la même vile durant la tournée en cours.

Prochain concert : dimanche 22 octobre, même venue

U2 France

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