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14 octobre 2017

Regardez le concert de Justice en direct de Bercy

Au beau milieu de leur tournée, Woman World Tour - dont il nous racontait les coulisses, l'été dernier - du même nom que leur dernier album, paru fin 2016, le duo Justice, est ce soir en concert à Paris, sur la large scène de Bercy. Un événement que vous pouvez suivre en direct, grâce à Arte Concert, venu capter le show.

Après cette dernière date française, le duo s’envolera en Allemagne, puis aux Etats-Unis. Toutes les informations sont sur leur page Facebook.

Les Inrocks - musique

Depuis la Réunion, Labelle prend le large avec un second album d'electro multicolore

Fils d’une mère française et d’un père réunionnais, ayant grandi en Bretagne, Jérémy Labelle a baigné dès l’enfance dans les musiques de l’Océan Indien (notamment le maloya et le séga) avant, à l’adolescence, de plonger tête la première dans la mer infinie de l’électronique. Devenu compositeur, sous le seul nom de Labelle, il s’attache à mêler en un même flux ces deux sources séminales de sa personnalité musicale. Quatre ans après le remarquable – et très remarqué – Ensemble, il franchit en beauté le cap du deuxième album avec le splendide univers-île, qui élargit encore plus son horizon sonore.

Situé comme le précédent au confluent de plusieurs courants, ce nouvel album s’en distingue en suivant une ligne directrice conceptuelle affirmée en amont, qui transparaît dans son titre. Univers-île constitue un monde à part entière, d’une forme hautement singulière.

«Mon premier album s’apparentait plutôt à une compilation, faite de morceaux réalisés entre 2008 et 2013, explique Labelle. Pour le suivant, je voulais vraiment développer une écriture narrative et définir la teneur de l’album avant même de commencer à composer. J’avais déjà expérimenté ce processus créatif avec le EP Kaang [enregistré en duo avec le chanteur Hlasko et sorti en 2015, NDR], une sorte d’objet conceptuel, et je voulais l’appliquer sur la longueur d’un album. Je n’impose pas à l’auditeur de la prendre en compte et de la suivre mais il y a une histoire, avec un début et une fin, qui traverse tout univers-île. Je tenais absolument à donner de la cohérence à l’album, même avec des morceaux très différents les uns des autres.»

Un album qui prend le large

Minutieusement pensé et agencé, univers-île n’est pas pour autant l’un de ces disques écrasés sous le poids du concept, à la sophistication indigeste et/ou stérile. Au contraire, irrigué en profondeur par une ardente sensibilité, il demeure tout du long vibrant et fluide. C’est un album qui prend le large, sans oublier de prendre en compte l’auditeur. C’est aussi un album qui prend le temps, qui laisse de l’espace au(x) silence(s) et se déploie en respirant lentement, dans une constante oscillation entre différentes temporalités et différentes cultures.

Mêlant instrumentaux et morceaux chantés, univers-île prend comme axe principal le maloya, ce blues de la Réunion, dont Labelle propose une moderne traduction, libérée du joug de la tradition. Vivant depuis 2011 à La Réunion, où il ressent une énergie particulière ("c’est une terre très forte et stimulante"), le jeune musicien entretient une relation de plus en plus intime avec le maloya.

«Cette musique est encore jeune et très vivante. Elle n’a aucune raison de se figer dans une forme particulière. Pour moi, le maloya représente plutôt une vision du monde, à partir de laquelle on fait de la musique – quels que soient les instruments utilisés.»

A rebours de la crispation identitaire, la vision du monde que véhicule univers-île se révèle foncièrement ouverte, accueillant en son sein, au-delà du maloya et de la culture créole, des sonorités variées. Véritable arc-en-ciel, la palette musicale de Labelle s’enrichit ici de plusieurs contributions, à commencer par celles de Zanmari Baré et Nathalie Natiembé, deux grandes figures du maloya, que l’on entend chanter sur les deux premiers morceaux de l’album, deux superbes ballades mélancoliques, mi-organiques mi-électroniques. Parmi les autres invités figurent le guitariste indien Prakash Sontakke et le joueur de kora malien Ballaké Sissoko – Labelle opérant comme un metteur en scène avec chaque participant lors de l’enregistrement puis effectuant ensuite un important travail de production (environ 10 jours par morceau) pour aboutir à la version finale.

«Je propose toujours un point de départ pour un morceau," précise Labelle, "mais j’adapte très vite les choses en fonction des réactions de la personne invitée à y contribuer. Je lance sur une piste, j’attends de voir ce qui se passe et je rebondis. Surtout, je ne force rien : si je vois que la personne n’est pas du tout à l’aise sur un point particulier, j’essaie d’en jouer ou je bifurque carrément vers autre chose. C’est une manière de travailler qui permet vraiment de creuser un morceau en profondeur.»

Dans le cadre de la tournée qui suit la sortie de l’album, Labelle est accompagné sur scène par la musicienne malgache Linda Volahasiniaina (qui joue du valiha et du kabosy, deux instruments traditionnels) et le batteur/percussionniste français Matthieu Souchet : une configuration propre à susciter une belle expansion de cet Univers-île ouvert à tous les vents.

L'album univers-île (InFiné) est disponible sur Apple Music.

En concert : le 13 octobre – en solo – à Romans, le 18 octobre à Paris dans le cadre du festival MaMa (La Machine du Moulin Rouge), le 26 octobre – en solo – à St-Denis (La Réunion), le 7 décembre à Chatenay Malabry, le 9 décembre à Brest (Festival No Border).

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