Actu musique

12 octobre 2017

U2, 11 octobre, Estadio Ciudad de La Plata, La Plata, Argentine

Premieres partie : Joystick
Noel Gallagher's High Flying Birds

Setlist

1 Sunday Bloody Sunday
2 New Year's Day
3 Into The Mystic (snippet) / El Amenazado (snippet) / Bad
4 Pride (In The Name Of Love)
5 Where The Streets Have No Name / California (There Is No End To Love) (snippet)
6 I Still Haven't Found What I'm Looking For
7 With Or Without You
8 Bullet The Blue Sky / The Star-Spangled Banner (snippet) / America (snippet)
9 Running To Stand Still / Hallelujah (snippet)
10 Red Hill Mining Town
11 In God's Country
12 Trip Through Your Wires
13 One Tree Hill
14 Exit / Wise Blood (snippet) / Eeny Meeny Miny Moe (snippet)
15 Mothers Of The Disappeared / El Pueblo Vencera (snippet)

Rappel

16 Beautiful Day
17 Elevation
18 Vertigo / My Generation (snippet) / She Loves You (snippet)
19 You're The Best Thing About Me
20 Ultra Violet (Light My Way)
21 One / Invisible (snippet)
22 I Will Follow

Source des commentaires : U2Gigs.com

Ce soir U2 conclut sa paire de concerts dans la grande banlieue de Buenos Aires area, à La Plata. Lors de ses visites en Argentine en 1998 et 2011, U2 avait donné trois concerts, mais comme en 2006, il se limite à deux, cette fois.

La setlist est quasi identique à celle de la veille. Effectivement, et ce, jusqu'à ce que Bono demande un titre supplémentaire —I Will Follow. Il n'avait été joué qu'une seule fois sur cette partie des deux Amériques, près d'un mois plus tôt à New Orleans le 14 septembre. Ce qui, à présent, fait du nombre de performances de I Will Follow, pour cette tournée, un nombre à deux chiffres. Avant de jouer ce morceau, Bono avait clamé que le groupe s'apprêtait à jouer "son premier titre pour Island Records", et si seulement ça avait été le cas, cela aurait été en fait 11 O'clock Tick Tock.

Au début de Bad, Bono a placé un extrait de Into The Mystic de Van Morrison et cité le célèbre auteur argentin Jorge Luis Borges. Il a récité un extrait d'un poème de Borges, El Amenazado (Le menacé), d'abord en espagnol, puis—"au cas où j'aurais foiré"—en anglais. Pour With or Without You, il a fait monter une fan, Gabriela, sur scène.

En raison de nombreuses pertes du signal de la venue, des snippets ont dû être omis de la set de ce soir, mais nous corrigerons ça dès que possible.

Prochain concert samedi 14 octobre, Estadio Nacional Julio Martínez Prádanos, Santiago, Chili

U2 France

En quête de rédemption avec “Show You The Way“, le nouveau Thundercat

En février dernier, l’excentrique bassiste de Flying Lotus (lui aussi rattaché à la maison Brainfeeder), sortait son troisième et excellent album Drunk. On l’avait d’ailleurs rencontré quelques mois plus tard, juste avant son concert - évidemment sold-out - au Trabendo de Paris, pour parler du pouvoir mystique de sa basse.

Ce jeudi, Stephen Bruner et son instrument magique sont de retour avec la vidéo de Show You The Way, réalisé Katarzyna Sawicka et Carlos Lopez Estrada. Dès la réception du morceau, la paire de réalisateurs avait déjà une idée bien précise en tête : donner une suite plus joyeuse au clip, lui très sombre, de Them Changes.

Pendant presque quatre minutes, on accompagne un homme, sans bras, dans une sorte de centre spécialisé, où il se lance en quête de paix intérieure, de rédemption. Bien sûr, Thundercat n’est pas loin, nichée dans le petit écran d’une télévision, armure de samouraï sur les épaules, son éternelle basse en main. Pour info, Thundercat sera en concert le 21 novembre à L'Elysée-Montmartre de Paris.

Les Inrocks - musique

Plantés par Liam Gallagher, Yann Barthès et son équipe assurent le live de "Quotidien"

Devant assurer la promo de son album avec le single "For What It's Worth" hier dans Quotidien, l'émission de Yann Barthès, Liam Gallagher a finalement annulé sa venue sur le plateau pour des raisons médicales.

L'équipe a néanmoins lancé le titre du morceau pour improviser un playback avec Yann Barthès au chant, accompagné par ses chroniqueurs: Hugo Clément et Julien Bellver à la guitare,  Étienne Carbonnier à la basse, Azzedine Ahmed-Chaouch à la batterie, et Lilia Hassaine au piano.

"Il devait y avoir Liam Gallagher ce soir en live. Il a annulé vers 14h pour cause de maladie. Ils avaient tout installé, ils n’ont pas eu le temps de tout enlever. Pour le remplacer, ils avaient pensé à Grégoire, mais finalement non, on va le faire nous-mêmes parce qu’on n’est jamais mieux servis que par soi-même",  a déclaré l'animateur.

La vidéo se regarde ci-dessous :

Liam Gallagher est malade ?
Show must go on ! #Quotidien pic.twitter.com/Zr8h7Av2Sr

— Quotidien (@Qofficiel) 11 octobre 2017

Relayé sur son compte Twitter, l'émission a tourné ce contretemps en une vaste blague avec une série de tweets, comme cette météo présenté par… (pas Liam Gallagher) :

???? La météo du jour par… ̶L̶i̶a̶m̶ ̶G̶a̶l̶l̶a̶g̶h̶e̶r̶ @azzahmedchaouch :
➡ https://t.co/Dr6kZGFP9M#Quotidien pic.twitter.com/PcwMTZoRVQ

— Quotidien (@Qofficiel) October 12, 2017

Apparemment Liam s'est transformé en Yann et Vincent Dedienne en profite pour chanter le générique d'Intervilles :

Déçu de ne pas avoir partagé la scène avec Yann Gallagher, @VincentDedienne pousse la chansonnette pendant sa chronique. ????#Quotidien pic.twitter.com/Q85YHYFhZT

— Quotidien (@Qofficiel) October 11, 2017

Et a fini par en faire un GIF:

???? C'était soit ça, soit Grégoire.
???? Bonne soirée et à demain.

Le replay du live :
➡ https://t.co/9ua0BcqWNm#Quotidien pic.twitter.com/HmtZNshwJo

— Quotidien (@Qofficiel) October 11, 2017

Les Inrocks - musique

“Plain Jane“ : A$AP Ferg lâche un nouveau gros morceau

A$AP Ferg vient de balancer le clip de Plain Jane, titre extrait de sa deuxième mixtape Still Striving, dans les bacs depuis la mi-août.

Dans cette vidéo aux multiples distorsions colorées, et effets visuels, réalisée par AWGE's Hidji, on est plongé dans les rues de New York. Rues dans lesquelles Ferg et son crew déambulent en BMX à la façon de N.E.R.D. dans Provider. Seules différences, les New-Yorkais sont beaucoup plus nombreux, et surtout plus acrobatiques.

Après cette zone à vélo blindée de testostérone, et entrecoupée par des plans de A$AP Ferg seul en train de rapper, on passe directement à une soirée, où, visiblement une bonne partie du quartier semble être conviée.

Ah, aussi, un guest très spécial s’est glissé dans le clip, ce qui a inspiré une punchline au rappeur. On ne vous en dit pas plus, on vous laisse regarder.

Les Inrocks - musique

Entretien fleuve avec Fuzati du Klub des Loosers, qui sort son troisième album

“Le Chat et autres nouvelles”, troisième album studio de Klub des Loosers sort demain. Alors que les deux premiers étaient axés sur des thèmes bien précis: la lose de la jeunesse dans “Vive la vie”, et la reproduction dans “La fin de l’espèce”, Fuzati revient comme un jeune auteur, avec un recueil de nouvelles sous le bras, une suite de saynètes qui évoquent un écrivain cocaïné, une cosmonaute sans fusée ou un clown d’hôpital… Rencontre avec le Versaillais masqué.

Les albums du Klub des Loosers sont parfois enregistrés plusieurs années à l’avance, comme “Last Days”, c’était le cas aussi pour “Le chat” ?

Fuzati - Non, je ne pourrais pas le dater cet album. J’avais le titre prêt depuis longtemps, peut-être 2006, c’est l’album qui aurait du suivre “Vive la vie”. Jai toujours eu envie de faire un disque qui raconterait des histoires comme des nouvelles. Mais musicalement rien n’était prêt: avant sur mes albums je samplais alors que là j’ai tout composé, ça a duré deux ou trois ans. Et j’ai tout enregistré cet été.

Il n’y a plus aucun sample sur cet album ?

Non, ce n’est que de la compo. Donc ça prend forcément beaucoup plus de temps. Une fois qu’on a trouvé une mélodie, se pose la question des arrangements, des instruments… Et puis avant j’avais une esthétique très brute, très lo-fi qui allait avec ma vision du hip hop: un beat et quelqu’un qui vient rapper… Là j’ai fait beaucoup de refrains, des refrains chantés… Je voulais vraiment faire des chansons, c’était mon challenge pour cet album. “Vive la vie” était assez jazz-funk, “La fin de l’espèce” était plus rock psyché, et là ça n’a plus rien à voir, je voulais que ça soit beaucoup plus pop, même si les textes sont scandés comme dans le hip hop.

Qu’est-ce qui vous motivait à faire un album de nouvelles ?

Pour les deux premiers albums de “Klub des Losers”, il y avait des sujets transversaux, donc c’était un peu plus lourd en terme d’écriture, presque comme un film;  là j’avais moins à concevoir l’album comme un tout au niveau des texte, et j’ai bien pu me concentrer sur la composition, faire tous les claviers…

Il y avait huit ans entre le premier et le deuxième album. Cette fois, cinq ans "seulement". Vous vouliez revenir plus vite ?

Entre mes albums solos, je ne reste pas inactif, il y a eu des albums du Klub des 7, une tournée pour “la fin de l’espèce” avec un live, et ça a été très long à mettre en place. Mais c’est vrai que je vois que le temps passe vite, la vie passe, donc j’essaie de sortir des albums un peu plus rapidement.

C'est d'ailleurs un thème qui revient souvent dans l'album, “tout le monde s’oublie avec le temps”…

En fait c’est un peu un album sur l’ego: puisqu’il est conçu comme un recueil de nouvelles, l’idée était un peu de se mettre dans la peau des écrivains, qui ont souvent un égo assez énorme… Et puis de parler de cette tendance actuelle avec Instagram, Facebook où tout le monde est une mini-star, et est très auto-centré… Et de mettre ça en perspective avec la réalité :  nous sommes tous des petites poussières de rien du tout.  Comme dans “Sport d’hiver” où je me mets dans la peau d’un écrivain cocaïné persuadé qu’il est formidable alors qu’en fait… pas du tout. Mais il y a d’autres thèmes qu’on retrouve.

Lesquels ?

Mon chat déjà (Rires). Il apparaît par touches. La fuite du temps, l’oubli, avec la grande question “mais qu’est ce qui va rester de tout ça ?”.

“Vive la vie” était consacré à la jeunesse, “La fin de l’espèce” à l’âge adulte, et vous avez déjà expliqué qu’un album sur la vieillesse viendrait clore cette trilogie. Mais cet album se présente comme un “recueil de nouvelles”…  Vous avez travaillé différemment pour l’écriture ?

En tant qu’auditeur, je me suis toujours rendu compte qu’après cinq ou six écoutes d’une chanson, si on connait trop bien l’histoire, le texte, ça devient beaucoup moins intéressant. J’ai donc quand essayé de rassembler des punchlines autour d’une thématique, “Le Cosmonaute” par exemple, ça ne raconte pas vraiment une histoire, mais je pense que c’est ce genre de morceaux qui peut plus s’inscrire dans la durée que “Le Bouquet” qui est vraiment un récit. Je voulais qu’il y ait les deux types de texte.

Est ce qu’il vous arrive d’écrire des textes un peu léger, joyeux, et puis de vous dire “Non, ce n’est pas dans le ton Klub des loosers” ?

Non… Mais je n’ai pas l’impression d’être particulièrement pessimiste, ou de m’enfermer dans un personnage pour qui tout doit être noir…. Ca vient naturellement, je ne sais pas ce qu’est l’optimisme en fait, je le suis rarement. Mais ce n’est pas une posture, je suis comme ça. Quand je sors un album, je me dis toujours que personne ne me connait ou qu’on m’a déjà oublié, je ne pars jamais gagnant. Et c’est comme ça dans tout, le sport, la vie.

Dans “Poing américain”, vous parlez de l’impérialisme culturel…

Oui, je suis allé assez tard aux Etats-Unis pour la première fois, et ayant vécu dans les années 80-90, on a grandi dans un environnement américain, j’ai presque l’impression d’avoir fait la guerre du Vietnam à cause de L’enfer du devoir !… Et en arrivant là-bas, je me suis pris de plein fouet la violence de cette société, à New-York et surtout à San Francisco, où il y a énormément de SDF très jeunes. Et on sent bien aux Etats-Unis, que quand on est passé de l’autre côté, il n’y aucune chance de revenir. Et bizarrement, on ressent aussi un état d’esprit américain “tout est possible”, c’est assez contradictoire…. J’avais commencé à écrire ça au moment de la crise des subprimes en 2008, je trouvais ça très ironique: ce pays qui nous avait tant fait rêver nous avait refourgué une énorme crise économique. Mais je ne voulais pas en faire un morceau d’antiaméricanisme primaire, c’est pour ça que le deuxième couplet est sur le conspirationnisme. C’est un personnage qui commence par être déçu par les Etats-Unis, tombe dans le conspirationnisme et finit par tabasser aléatoirement un employé d’une compagnie pétrolière… Il y a un peu ça dans l’air du temps aussi.

Dans le même titre, vous dites “Les cheveux longs des hippies sont devenus courts et gris/ Depuis, beaucoup sont partis, et ceux qui restent font du profit", c'est une critique des baby boomers ?

Oui, complètement. Ils nous ont laissés quoi ? C’est la fin des utopies. Elles étaient peut-être belles leurs utopies, mais concrètement ça a donné quoi ? Ben, ils ont fait du pognon comme les autres.

Ce sont des thémes nouveaux pour vous, plus sociétaux…

Oui, j’ai déjà beaucoup traité ce qui reléve de l’intime et il faut se renouveler… Mais j’essaie de le faire de manière légère, j’ai toujours trouvé ça abominable les rappeurs qui vont t’expliquer la société… Je veux juste lancer des pistes de réflexion, je supporte pas le dogmatisme, je vais pas dire aux gens “arrêtez d’être sur Instagram”, je veux juste poser des questions aves mes punchlines mais ça ne va pas plus loin que ça.

Dans "Les Fantomes", vous évoquez l'histoire de deux collégiens un peu perdus qui deviennent amis pour ne pas rester seuls. C'est autobiographique ?

Oui, un peu. Comme beaucoup, je ne faisais pas partie des winners au collège et au lycée. Je ne trainais pas avec les gens avec qui j’avais le plus d’affinités, je trainais avec qui je pouvais (rires). Il y a ce sentiment-là et puis je voulais parler aussi des retrouvailles, toujours génantes. Quand je recroise quelqu’un du passé, je ne suis pas du genre à aller lui taper sur l’épaule pour crier “alors comment ça va ?”. J’essaie plutôt de m’éclipser discrètement… “Salut, j’ai pas du tout envie de reparler avec toi”.. Je parle souvent du passé mais je suis vraiment pas dans la nostalgie.

Après 20 ans dans la musique, l’envie de composer et d’écrire, ça se travaille ou ça vous vient naturellement ?

La composition ça se travaille: je me suis inscrit deux ans au conservatoire avant de faire cet album. Quand je pianotais sur mon clavier, il me manquait des choses pour faire évoluer ma musique… Ca a été un vrai boulot, la musique c’est un travail constant de toutes façons. Mais je ne me pose pas ce genre de questions, l’envie d’écrire et de composer est là en permanence. Je l’ai toujours fait pour moi en fait, et j’ai eu la chance d’avoir un public qui me suit depuis 20 ans. Mais si demain ça s’arrête, ça ne changera pas le fait que je vais faire de la musique tous les soirs. J’ai toujours voulu garder ce rapport là: c’est pour moi avant tout, et pas pour payer mes factures.

Vous avez déjà expliqué vous forcer à travailler chaque soir sur un titre. C’est toujours le cas ?  

Non, j’étais un peu dans l’excès à un moment. Je faisais surtout du beatmaking à ce moment là. Aujourd’hui, j’ai deux labels de réédition, donc je suis plus dans l’écoute.

Comment se sont lancés vos deux labels “Très Groove Club” et “Très Jazz Club” ?

C’est peut-être un peu prétentieux, mais j’ai une grosse culture musicale, ça fait plus de vingt ans que j'achète des disques, donc je connais la demande du marché… Et étant moi-même un gros consommateur, je vois où sont les besoins. Par exemple pour le jazz japonais, je me suis rendu compte il y a cinq ans que c’était très difficile d’en trouver, même là-bas. J’ai pensé que je ne devais pas être le seul auditeur dans ce cas, et c’est ce qui m’a motivé à en rééditer.

Vous n’aimez pas parler de votre vie sans le masque, mais vous avez toujours un travail à côté de votre carrière musicale ?

Non je n’aime pas en parler parce que les gens ont toujours tendance à fouiner, et ne comprennent pas la différence entre la vie d’artiste et le reste… Et la vie d’artiste, je ne la trouve pas intéressante. Pour nourrir mon écriture, j’ai besoin d’être dans le RER le matin à 8 heures et d’avoir une vie “normale” avec la pression. La vie d’artiste, c’est d’être dans une camionnette et d’attendre dans des salles de concert pour faire les balances… A un moment il peut y avoir une vraie dépersonnalisation, ce n’est pas une vie qui me fait rêver.

Donc la dernière tournée c’était l’horreur ?

Non parce qu’il y a une différence entre faire vingt dates, et une tournée avec cent concerts, comme ça peut être le cas pour certains groupes… On a tendance à s’épuiser, et je ne veux pas que la musique devienne un travail, que ça devienne quelque chose de machinal… J’ai envie de garder le plaisir de monter sur scène.

En 2012, vous disiez : “j’ai arrêté d’écouter du rap pour me mettre au jazz, au rock psychédélique et à la pop française des années 70”. C’est toujours le cas aujourd’hui ?

Oui je n’écoute pas de rap. J’en entends, et je me tiens un peu informé de ce qui se passe, mais je ne suis plus un auditeur. Je vois qu’il se passe plein de choses, et que c’est très bien pour les fans de rap, mais ça ne me correspond plus tellement, j’aime la musique qui est organique, qui a un grain, un peu chaude, alors qu’aujourd’hui dans le rap, tout est très compressé, il y a l’autotune… Mais c’est bien, ça prouve que le genre s’est réinventé depuis 40 ans.

Dans le rap, on clashe souvent un adversaire rappeur, là c’est des écrivains que vous dénigrez…

Oui c’est exactement ça. Comme je me sens complètement sorti du hip hop, je ne vais pas me mettre à dénigrer le hip hop ou à clasher un rappeur, je serais complètement illégitime. Donc oui, je suis comme un écrivain qui clashe d’autres écrivains.

De l’autotune sur un titre de Klub des Loosers c’est impossible ?

Non, ça ne me correspond pas, ça ne va pas avec mon style. Par contre sur cet album, il y a du vocoder, mais pour moi ça n’a rien à voir au niveau de la sonorité.

Et de la trap ?

Non, ce ne sont pas des sonorités qui m’attirent. Quand j’avais fait l’album avec Orgasmic, je lui avais laissé une liberté totale sur les prods… Sauf de la trap. Lui aime bien, mais ça ne me correspond pas. Les beats sont assez lents, très froid… Et comme moi je raconte déjà des choses assez dures, je pense que ça ne fonctionnerait pas.

Vous êtes présent dans le rap game depuis vingt ans, qu’est-ce qui a changé selon vous ?

Énormément de choses. Il y a 20 ans la musique c’était beaucoup plus dur à trouver et à écouter. La vie sans Internet… Il fallait faire des cassettes, c’était compliqué. Aujourd’hui, le moindre truc même le plus obscur est souvent sur Youtube… C’est aussi un peu pour ça que j’ai arrêté de sampler: c’était plus un challenge quand la musique était moins disponible. Et puis ça fait moins rêver aussi j’ai l’impression.

Tout est disponible, mais sur Youtube, les vues se concentrent de plus en plus sur les gros clips, les artistes les plus populaires…

Oui, ça va de pair avec toute la concentration mondiale. On gueulait à une époque contre les majors qui imposaient des trucs pas terribles au public… Mais aujourd’hui le public a tout à disposition, ils écoutent ce qu’ils ont envie d’écouter… Et ils préférent toujours aller écouter les mêmes deux ou trois artistes…

Il y a moins de starification des artistes aussi, puisqu’avec les réseaux sociaux, chacun est devenu sa propre star, et les carrières sont beaucoup plus courtes, il y a beaucoup de groupes dont ont parle pendant deux ans, puis qui disparaissent. C’est comme une médaille pour moi d’avoir duré: la plupart des groupes de hip hop avec lesquels j’ai commencé ont arrêté.

Et qu’est-ce qui a fait la différence ?

Je ne sais pas. Certains personnes veulent au fond juste être connues et quand elles ont atteint ça, elles arrêtent un peu, inconsciemment. Mais il y a plein de profils différents, et puis des accidents de vie…

Et la motivation ?

Oui, sûrement. Comme je vous le disais tout à l’heure, même si tout s’arrêtait pour moi, je continuerai à faire de la musique. D’autres ont besoin de plus de reconnaissance, et s’ils n’en ont plus, arrêtent tout. Mais je n’ai jamais connu un vrai succès. Quand on connait ça, avec une vraie starification, puis que tout retombe, c’est très difficile de retrouver la motivation. Etre célèbre c’est un vrai cadeau empoisonné.

Donc si en 2000, vous aviez signé dans une major, votre carrière aurait déjà pu s’arrêter ?

Oui, je pense que ça m’aurait dégoûté de la musique, mon style n’est pas du tout adapté à un grand public, ça n’aurait jamais fonctionné. Ou alors ça aurait été aseptisé, et ça n’aurait pas ressemblé à du Klub des Loosers. Et puis c’est impossible qu’un directeur artistique me dise “tu changes ça et ça”… Vraiment impossible.

Vous connaissez des groupes à qui c’est arrivé ?

Il y en a plein, oui. C’est l’histoire de tous les groupes signés en major. Après je ne dis pas que c’est mal, tout dépend des objectifs que l’on se fixe, il n’y a pas qu’une seule carrière possible dans la musique… Il y a des groupes très heureux en major aussi.

Et vous, vous aviez quel objectif de carrière ?

Aucun, à part faire un  album dont je sois content.

C’est le cas pour “Le chat” ?

Oui, je ne le sors pas si je ne suis pas content. Après tout le reste ne m’appartient plus, c’est l’histoire du disque. Et il y a tellement d’albums incroyables qui sont sortis sans être remarqués, on ne peut jamais savoir…

Vous n’avez pas de Snapchat, pas d’Instagram, un compte Twitter avec un seul message, ce n’est pas compliqué pour la promo d’un album ?

J’ai une page Facebook, car maintenant ça a remplacé les sites internet, mais non je n’ai pas l’impression que ce soit gênant. Et puis je ne vais pas me refaire. Si mon attaché de presse réussit à m’avoir une invitation chez Ruquier, je n’irais pas, par exemple.

Allez plutôt lire des livres.

— fuzati (@Klubdesloosers) June 30, 2010

En 2012, vous disiez “je ne rapperai plus à 40 ans”. Vous avez changé d’avis ou pas ?

C’était peut-être un peu définitif… Déjà j’estime que je ne fais plus de rap. Et j’ai l’impression d’être en phase avec mes goûts musicaux: j’ai un live band avec des supers musiciens… On s’est rencontrés au Motel, ils font tous partie de la scène indé-rock française, et c’est hyper agréable de travailler avec eux: ils ont tous leurs groupes donc il n’y a pas d’histoire d’ego, c’est juste le plaisir de jouer. Adrien Grange par exemple, il doit être dans 4 ou 5 groupes, il a un nombre incroyable de morceaux en lui… Tous ces musiciens m’impressionnent énormément, avec chacun une culture musicale gigantesque. Et je suis un gros geek des synthés analogiques, donc on peut en parler des heures… Je me sens vraiment en phase avec eux, c’est très agréable.

Quelle est la différence entre faire un concert avec un DJ et avec un groupe ?

Avec une DJ, c’est presque comme faire du stand-up pendant une heure et demi. Toute l’énergie vient de moi, donc c’est un gros challenge. Au concert à la Gaité Lyrique, j’ai du faire 22 ou 23 morceaux, et je n’avais personne pour me backer… J’ai fait ça pendant très longtemps, et j’ai l’impression d’avoir atteint les limites de l’exercice. Quand on est à Dour devant 5 ou 6 000 personnes, à un moment j’ai l’impression qu’il manque quelque chose. Et depuis très longtemps j’avais envie d’être sur scène avec un live band, c’est en phase avec tout ce que j’écoute.

Et vous partez avec eux en tournée ?

Oui ça s’enchaîne après la sortie de l’album, dès le mois d’octobre jusqu’à la Cigale le 23 mars.

Vous pourriez faire des gros festivals l’été prochain ?

Oui complétement, je ne le faisais pas avant, mais avec cette formule “live band”, j’ai l’impression que le Klub des Loosers a maintenant complètement sa place dans les festivals… Un autre objectif c’est d’avoir une playlist radio… Ca fait 20 ans que je fais de la musique, je n’ai jamais eu un morceau en playlist radio, alors qu’il y a quand même un public… Ce serait bien.

Vous dite ne plus être un rappeur. Comment vous définiriez votre musique ?

C’est de la pop ! En France dans les années 70 avec Areski, Brigitte Fontaine ou même Taxi Girl, on faisait déjà de la pop avec des textes déclamés. Actuellement je me sens plus proche de ces gens-là. Tout s’est décloisonné dans la musique: on ne se demande plus comme avant qui est rock, qui est rap… Quand j’ai commencé, on n’arrêtait pas de me dire “c’est bizarre, comment tu peux faire du rap alors que tu es blanc ?”, aujourd’hui Nekfeu, il a tout sauf la tête d’un rappeur, ça ne pose de problème à personne, et tant mieux.

Il y a quelques années vous expliquiez “vouloir faire sortir le rap du public de rap”: finalement c’est arrivé…

Oui, le rap est devenu la musique la plus écoutée, la plus populaire… Mais ce qui est triste c’est qu’aujourd’hui à la télé, on se tape encore des reportages sur Patrick Bruel et sur les yéyés… Ils ne sont plus en phase du tout. C’est pour ça que je disais que je n’irais jamais chez Ruquier, ils en sont encore à prendre le texte, le lire, le juger, comme s’ils étaient des profs qui venaient corriger les copies… Je ne comprends pas que sur le service public un chroniqueur puisse encore dire “ah moi le rap, je n’y connais rien”… C’est une musique qui a 40 ans, qui est la plus écoutée: si on est chroniqueur ce n’est pas possible.

Vous êtes parfois sollicités par d’autres rappeurs pour faire des featurings ?

Oui ça arrive. Il y aussi un grand groupe qui m’avait demandé de faire la premiere partie de leur tournée. Mais ça ne me correspondait pas musicalement, j’ai refusé. Aujourd’hui, même si un grand rappeur que j’aime bien me demandait un featuring, je ne le ferais pas, ça arrive trop tard. C’est le genre de choses que j’aurais dû faire il y a cinq ou six ans quand j’aimais encore kicker sur des beats. Je suis content d’avoir fait un featuring avec Zoxea, il y a quelques années. C’était pour faire plaisir à l’adolescent que j’étais et qui écoutait ses morceaux

Vous avez déjà expliqué vouloir vous lancer dans le monde littéraire…

Oui j’ai déjà deux livres qui sont prêts… En tout cas dans ma tête. Mais après il faut trouver le temps, et c’est un énorme travail, il y a des mécanismes, que je commence à maitriser, enfin j’ai l’impression. Ecrire un texte de seize ou vingt mesures ou un livre, ça n’a rien à voir. Je vais avoir un gros boulot de décrassage.. Et enfin je retarde toujours parce que je me dis qu’à un moment la musique ça deviendra peut-être plus compliqué de trouver l’énergie de partir en répétitions de 22h à minuit après une journée de travail, puis partir en tournée le week-end, et réenchainer avec le taf le lundi.. Alors que pour écrire, il n’y a besoin de rien…

Ce sont des romans que vous voulez écrire ?

Oui les deux livres dont je parle sont des romans, mais j’écris aussi de la poésie. Je note parfois quelques phrases dans mon téléphone, et puis je retravaille ça un peu après.

Ce sont des phrases qui peuvent se retrouver dans vos lyrics ?

Non pas du tout, ce n’est pas le même travail d’écriture. Ce n’est pas de la punchline, mais des ambiances, des sensations… Après, vu de l’extérieur, le milieu littéraire me dégoute un peu, j’imagine déjà le contrat d’édition, la question des doits… Peut-être que je m’auto-éditerai, comme je m’auto-produis dans la musique.

Quand ces livres sortiront, ce sera sous quel nom ? Fuzati ou votre vrai nom ?

Je me suis posé la question… Ce serait un peu pute de capitaliser sur Fuzati, et comme j’aime me challenger, je pense que je partirai sur un nom totalement inconnu, repartir de zéro… Bon après ça finira toujours par se savoir, mais je n’ai pas envie de vendre ça comme “le roman d’un rappeur”.

Et musicalement vous avez d’autres projets ?

Oui, pour un prochain album, j’ai écrit les textes, mais pas encore la musique. Mais je ne sais pas encore si c’est celui qui viendra clore la triologie. En fait je me suis toujours dit qu’une fois cet album terminé, j’arrêterais la musique… Et je n’ai pas encore envie d’arrêter.

Vous avez la pression avant la sortie de l’album ?

Non, il y a une pression financière parce que je m’autoproduis, que je suis pas blindé et que c’est beaucoup d’argent de sortir un album… Le but, c’est que je retrouve mes billes pour pouvoir produire à nouveau ensuite… Sinon ça va être compliqué pour la suite. Mais pour le reste, ça ne m’appartient plus, j’ai fait cet album, maintenant il va avoir sa propre histoire.

Propos receuillis par François-Luc Doyez

Les Inrocks - musique

Ce génie de Lil Uzi Vert vient de sortir 15 clips d'un coup

En septembre dernier, on retrouvait Lil Uzi Vert (accompagné de The Weeknd) en pleine déambulation crado et perchée dans les rues de Paris, pour le clip de son tube XO Tour Lif3. Un petit mois plus tard, le rappeur fait un retour fracassant en lâchant simultanément 15 nouveaux clips.

Avec ces dernières publications, les 16 titres de sa mixtape Luv Is Rage 2, disponible depuis fin août, sont désormais tous doté d’un clip. Contrairement à la vidéo de XO Tour Lif3 (réalisée par Virgil Abloh, ça compte), le rappeur est parti dans un délire animation, évidemment toujours dictés par les codes des emo-kids.

Aucune apparition physique

Dans cette série de clips, à défaut d’y voir Lil Uzi Vert physiquement, donc, on retrouve une sorte d'avatar de lui, perdu dans un univers complètement psychédélique et multicolore. La plupart de ces vidéos, au lieu d’être à réellement des clips, sont des boucles d’images, qui se répètent tout le long de la chanson.

Parmi elles, on pourra apprécier la variété des styles d’animation et leurs références ; mention spéciale à Dark Queen, où le rappeur se grime, l’espace d’un moment, en un Super Saiyan directement sorti de l’univers Dragon Ball Z. Vous pouvez regarder l'ensemble des clips, via le player ci-dessous.

Sinon, comme le rapportait le média XXL dans le courant du mois de septembre, Lil Uzi Vert et Playboi Carti auraient suggéré être en train de préparer une mixtape commune. Une information à prendre avec des pincettes : tout part d’une vidéo Snapchat.

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Molécule est parti enregistrer au Groenland pour rapporter cette pépite électronique

Il y a quelques mois, Romain Delahaye, alias Molécule, est parti enregistrer dans un village du Groenland pendant cinq semaines. De cette brillante aventure, qu'il nous racontait lors de son retour à Paris, il a tiré un nouvel album dont il dévoile aujourd'hui un premier extrait. Il s'appelle Sila - un mot rapporté du Groenland désignant à la fois la nature et l'esprit - et s'accompagne d'un clip signé Morgan Beringer. On y voit des paysages glacés en mouvement, noyés dans une vague de glitch et de progressions abstraites.

   >> A lire aussi : En s'aventurant dans le Grand Nord, une poignée de Français réinvente la musique électronique

Quant à l'album, il sortira en février prochain sous le titre -22.7°C. Et ça, ce n'est pas une abstraction, c'est vraiment la température sous laquelle a été pensé cet album de techno pas comme les autres.

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Quand St. Vincent s'invite au late show de Jools Holland, c'est en combinaison panthère intégrale

Si l'esthétique ultra sensuelle de son prochain album vous avait échappée, St. Vincent, elle, continue bien son défilé de mode pour promouvoir avec brio Masseduction (dont la sortie est prévue ce vendredi 13 octobre).

Invitée sur le plateau de l'émission TV Jools Holland (late show de BBC 2), la chanteuse américaine a livré une prestation épurée de New-York, accompagnée seulement au piano. Fidèle à son excentrique style, Annie Clark s'est présentée dans une combinaison intégrale au motif panthère et avec une ceinture verte pomme. Difficile de la manquer.

Deux autres extraits prometteurs de l'album Masseduction ont déjà été révélés : Los Ageless et Pills. Le disque est quant à lui disponible en précommande sur Apple Music.

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Le duo de Scratch Massive, toujours aussi envoûtant, est de retour avec "Sunken"

Le duo parisien, composé de Maud Geffray et Sébastien Chenut, revient avec le titre Sunken. L'album, titré lui Sunken City, est prévu pour le 23 mars prochain et sortira sur le label du groupe, bORDEL.

Premier extrait de cet album, Sunken est un titre à la fois dark et scintillant, empreint d'une tension enveloppante propre à l'électro vaporeuse du duo. La voix cristalline de Maud Geffray répond à celle, plus ténébreuse, de Leonie Pernet, pour mieux nous plonger dans leur atmosphère hypnotisante.

Le morceau s'accompagne d'un clip à l'atmosphère tout aussi envoûtante, avec à la réalisation Sébastien Chenut lui-même, qui met notamment en scène l'actrice Roxane Mesquida, déjà aperçu dans le Réalité de Quentin Dupieux ou le Kaboom de Gregg Araki.

Sunken est également en écoute sur Apple Music. 

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U2, 10 octobre, Estadio Ciudad de La Plata, La Plata, Argentine

Premieres parties : Joystick
Noel Gallagher's High Flying Birds

Setlist

1 Sunday Bloody Sunday, The Magnificent Seven (snippet)
2 New Year's Day
3 Bad, Heroes (snippet)
4 Pride
5 Where The Streets Have No Name, California (There Is No End To Love) (snippet)
6 I Still Haven't Found What I'm Looking For, Stand By Me (snippet)
7 With Or Without You
8 Bullet The Blue Sky, America (Stephen Sondheim) (snippet)
9 Running To Stand Still
10 Red Hill Mining Town
11 In God's Country
12 Trip Through Your Wires
13 One Tree Hill
14 Exit, Eeny, Meeny, Miny, Moe (snippet)
15 Mothers Of The Disappeared with El Pueblo Vencera

Rappel

16 Beautiful Day, Starman (snippet)
17 Elevation
18 Vertigo, Rebel Rebel (snippet)
19 You're The Best Thing About Me
20 Ultraviolet (Light My Way)
21 One, Invisible (snippet)

Source des commentaires : U2Gigs.com

Ce soir, U2 donne le premier de ses deux concerts dans la banlieue de Buenos Aires, à La Plata. Il s'agit de la 4e visite de U2 en Argentine ; Lors de ses deux précédentes étapes, en 1998 et 2006, il avait joué à Buenos Aires même, alors que ce soir la venue est la même que celle de ses trois concerts de 2011, La Plata.

Le soundcheck du jour incluait New Year's Day, Mysterious Ways, et Where the Streets Have No Name. Mysterious Ways n'a pas encore été jouée sur cette partie de la tournée en Amérique latine, et cela n'a pas changé ce soir.

U2 a débuté plutôt tard, vers 22 h 30 (heure locale), puisque l'écran entre le concert de nos 4 paddies et la première partie donnée par Noel Gallagher était utilisé pour la diffusion du match de qualification de la coupe mondiale de la FIFA avec l'Argentine qui affrontait l'Equateur. Pour le plus grand bonheur des fans de La Plata, l'Argentine s'est qualifiée.

Au début du concert, Bono a lancé que Lionel Messi était "la preuve avérée de l'existence de Dieu". Plus tard, il a dédié Mothers of the Disappeared à "ceux qui, en Argentine, se battent pour les droits de l'homme passe et présent ". Les fans avaient organisé un flashmob pour Mothers, brandissant des mouchoirs blancs avant le concert. Le public les agitait lorsque la chanson a débuté.

A la fin du concert, Bono a fait péter le champagne, se lançant dans un toast à la gloire de Lionel Messi, le qualifiant cette fois de "Son Excellence".

Prochain concert mercredi 11 octobre, même venue

U2 France

Kelela nous donne des frissons en reprenant un classique de Sade "Like a Tattoo"

Si l'on connaissait l'amour sans limite de Drake pour l'icône soul-jazz (il s'est même fait tatoué son visage sur le dos), c'est toute une jeune génération d'artistes qui fait désormais hommage à Sade. A commence par Kelela qui reprenait hier pour Radio 1 un classique de la compositrice britannique d'origine nigérienne.

Accompagnée seulement au piano, l'américaine Kelela fait revivre avec grâce et sobriété Like a Tattoo (extrait du disque Love Deluxe sorti en 1992), nous donnant presque la chair de poule. Cette prestation sublime confirme largement son titre de révélation r'n'b de l'année.

Et si vous n'êtes pas encore tout à fait convaincu par la gazelle, allez donc voir son interprétation de LMK chez Jools Holland (late show de BBC 2), enregistré mardi dernier. Le titre LMK est extrait de son premier album, Take Me Apart (Warp), toujours disponible sur Apple Music.

En 2016, Kelea s'est faite remarquée en collaborant avec des artistes aussi prestigieux que Solange (pour son album A Seat At The Table) ou sur le fameux Humanz de Gorillaz. Elle a également assuré les premières parties de la tournée de the xx.

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Kokoko! et BCUC, les affranchis d’Afrique sont au festival Worldstock

BCUC et KOKOKO ! On rêve de voir ces deux groupes sur la même scène, l’un après l’autre, ou l’un avant l’autre, voire ensemble pour un final qu’on voudra forcément infini. En attendant ce jour de liesse, on est déjà heureux de savoir qu’ils sont tous les deux programmés au festival parisien Worldstock, les premiers en ouverture le lundi 16 octobre, et les seconds pour la fermeture le dimanche 22. Ça va être une belle semaine.

BCUC, le deuxième album est enregistré

BCUC, on vous en parle depuis plus d'un an : un groupe sud-africain, formé dans les rues de Soweto, dont la musique est un cocktail explosif de rythmes guerriers traditionnels, de groove funk et de rage punk. Formation atypique : une basse, des percussions, du chant et c’est tout. Non, ce n’est pas tout : aussi l’urgence, la foi, l’amitié, le collectif, l’esprit, la catharsis, et une présence scénique phénoménale. Depuis novembre 2016, BCUC a sorti un album et fait environ 70 concerts. Le groupe a trouvé son public. Antoine Rajon, qui a sorti l’album sur son label Niamy Niamy et qui fait tourner le groupe, fait le bilan : « Je ne suis pas si surpris que ça ait marché, mais content que mon enthousiasme ait été partagé. Je savais que leur proposition musicale était suffisamment singulière pour trouver un écho. La force de ce projet, c’est son côté atypique et le live. Au début, ils ne voulaient pas faire disque, uniquement du live. Il n’y a eu aucun marketing autour de BCUC, uniquement la puissance de leur proposition musicale ». En juillet, BCUC a profité d’une tournée française pour enregistrer son deuxième album dans un studio lyonnais. Il devrait sortir au printemps 2018.

« On a enregistré en deux-trois jours, avec la même logique que pour le premier album : la captation d’un moment plutôt qu’une production. L’idée c’est la prise live, idéalement la première prise, il n’y a pas de chirurgie ».

Ici en concert à Food Zone, leur quartier général à Soweto :

Totalement affranchie des conventions, la musique de BCUC sonne souvent comme de la dance jouée sans machines, ou du rock sans guitares électriques. Quand on avait interviewé BCUC en novembre dernier, ils nous déclaraient : « Si on avait eu les moyens au début d’acheter du matériel, on ferait peut-être de l’électro. Mais est-ce qu’on a envie de faire de l’électro ? Non. On fait de l’afro. Ces instruments nous ont montré la voie de notre musique, ils font notre style. On dit toujours que notre musique c’est la pop du futur. Tout ce qui nous a influencés, le hip-hop, le rock, la dance, on veut mettre tout ça dans nos humbles instruments. On va élargir la boîte, sortir de ce qu’on attend d’une telle instrumentation. Toujours repousser les limites ». Et KOKOKO! n’aurait pas dit mieux.

KOKOKO!, la techno du ghetto

KOKOKO! vient de Kinshasa, au Congo. C’est assurément un groupe avec d’humbles instruments, plus humbles encore que ceux de BCUC : les musiciens les ont fabriqués avec des matériaux de récupération (qu’on appelle ici des déchets) genre bouteilles en plastique, boîtes de conserve, fil de fer, volant de voiture, et même une antique machine à écrire mécanique qui sert de boîte à rythmes. On voit tout ça très bien dans la vidéo qui suit, filmée par la Blogothèque pour Culture Box pendant l’Edition Festival à Marseille, lors de la première tournée française du groupe.

Etonnant, non ? Dans KOKOKO!, il y a ce Blanc avec un bonnet rose. C’est Xavier Thomas, alias Débruit, producteur français spécialisé dans les musiques d’ailleurs (il a notamment travaillé avec la chanteuse nubienne Alsarah, et produit un disque autour de la musique d’Istanbul), qui s’est retrouvé embringué dans le projet KOKOKO! La faute à la Belle Kinoise, la boîte de Renaud Barret et Florent de la Tullaye, déjà à l’origine du succès du groupe Staff Benda Bilili grâce au film qu’ils avaient consacré à ce groupe de bikers handicapés de Kinshasa en 2010. Staff Benda Bilili a plus tard explosé, et donné naissance à un autre groupe, les incroyables Mbongwana Star. KOKOKO! est dans la même lignée : la musique de Kinshasa qui reflète le chaos et les explosions de survie dans cette ville du futur, plutôt que l’héritage de la rumba congolaise. La Belle Kinoise préparait un film sur la nouvelle scène artistique de Kinshasa. Elle a proposé à Débruit de se joindre au projet, et c’est ainsi que KOKOKO! est né. Débruit :

« J’ai apprécié leur côté expérimental, ils ne sont pas dans les clichés de la world-music africaine. Ils ont envie de rompre avec le passé, le poids lourd de la rumba congolaise. Ils mélangent plein de choses qui sont filtrées par le chaos évident de Kinshasa, et par leur imagination. Il n’y a pas de limites, ils n’ont peur de rien ».

KOKOKO! a sorti son premier ep sur Soundcloud au printemps, et le second sort le 20 octobre. Attention, le morceau Likolo est une bombe atomique et néanmoins artisanale, dont l’onde de choc risque (où risquerait, dans un monde idéal) de se faire entendre dans le monde entier. Un mélange de house vintage, de pop et d’esprit punk totalement inédit. C’est cette vieille histoire des aller-retours entre les musiques pop occidentales et leurs supposées racines africaines : cette fois-ci, ce n’est pas le blues ou le jazz qui voyage, mais le post-punk à danser façon Liquid Liquid ou ESG.

Comme BCUC, KOKOKO! invente une forme déviante de dance music, jouée avec des instruments pas du tout faits pour ça a priori. « Je les ai produits comme un groupe alternatif. J’avais identifié dans leur musique ce truc un peu New York de la fin des années 70, même des trucs un peu house, j’ai encouragé cette direction. Ils ont mis au point leur propre style de techno, sans en connaître l’histoire parce qu’ils n’ont pas accès à internet, et sans machines parce qu’il n’y en a pas là-bas. Déjà qu’ils n’ont pas de guitares, il faut les louer et c’est cher et précieux. La techno pour eux, c’est un morceau où la grosse caisse est régulière, qui fait danser et qui est répétitif », explique Débruit. A Kinshasa, dans des conditions périlleuses, KOKOKO! a enregistré la matière d’un album, qu’on espère entendre 2018. Si tout est du niveau des morceaux déjà sortis comme Tokoliana ou Likolo, on peut prédire que KOKOKO! va être énorme.

Concerts BCUC le 11 octobre à Gennevilliers, le 12 à Nancy (festival Nancy Jazz Pulsations), le 13 à Romans-sur-Isère, le 15 à Laval, le 16 à Paris (festival Worldstock), le 18 à Rouen (festival Worldstock).

Concert KOKOKO! le 22 octobre à Paris (festival Worldstock, avec Spoek Mathambo), le 27 à Strasbourg, le 4 novembre à Feyzin, le 8 à Angers, le 9 à Rennes, le 10 au Mans, le 11 à Lorient, le 18 à Metz, le 22 à Amiens, le 25 à Boulogne.

Voici la programmation de la 5e édition du festival Worldstock, devenu la référence parisienne pour la rentrée des "musiques du monde" : BCUC le 16 octobre, Antonio Zambujo le 17, DakhaBrakha le 18, Trio Da Kali le 19, Elena Roger y Escalandrum le 20, Rabih Abou-Khalil le 21, Orlando Julius & The Heliocentrics le 21, Mélissa Laveaux le 22, Yom Quatuor IXI et Mario Batkovic le 22, Spoek Mathambo et KOKOKO! le 22. Les concerts ont lieu au Théâtre de Bouffes du Nord, au New Morning et au Musée du Quai Branly.

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