Actu musique

10 octobre 2017

La vidéo de "Ti Amo" de Phoenix, c'est la dolce vita et l'été indien en même temps

Un voyage à Rome, ça vous dirait ? La station Rome, sur la ligne 2 du métro parisien. C'est drôle, et c'est dans la vidéo de Ti Amo de Phoenix, clin d'oeil nostalgique et malin à tout un tas de clichés italiens. Une vidéo tournée en 16 mm, et tellement vintage que le groupe a décidé de la vendre au format VHS sur ses prochains concerts. Bon, va falloir ressortir le magnétoscope de la cave.

Les Inrocks - musique

Sharon Jones, un nouveau morceau de son prochain album posthume

Décédée il y a bientôt un an (le 18 novembre 2016), la regrettée soulwoman Sharon Jones s'apprête à revenir un peu, avec la parution de l'album ultime et posthume Soul Of A Woman. "Les dernière années, Sharon se battait (contre le cancer, ndlr) Quand elle se sentait plus forte, on rentrait en studio. Sharon n'était pas capable de faire semblant. On travaillait uniquement quand elle le sentait vraiment", raconte Bosco Mann, bassiste des Dap-Kings et producteur de l'album. Soul Of A Woman sortira le 17 novembre sur le label Daptone, et on peut dès maintenant découvrir le titre Matter Of Time en vidéo.

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Exclu : un nouveau clip de Son Lux, avant le nouvel album

Depuis quelques jours, le groupe Son Lux poste des indices mystérieux sur sa page Facebook : des illustrations mystiques représentant des mains dorées, qui ont suscité la curiosité des fans, et annonçé surtout que quelque chose se tramait du coté de Son Lux. Il faut dire qu'on l'attendait. Après deux EP's, (Remedy sorti en mai dernier et Stranger Forms en 2016), Son Lux a bien annoncé la sortie de son cinquième album, Brighter Wounds, pour février 2018.

Premier extrait de l'album, Dream State s'accompagne d'un clip visible ici. Des ses premières notes, le morceau arrive comme un soulèvement instantané, un cri perçant les synthés. Une intensité propre à Son Lux, toujours avec ces arrangements bien à eux, porté par la voie énigmatique de l'américain Ryan Lott.

Remedy était un EP directement lié à l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. Quatre morceaux en guise de catharsis émotionnelle, en réponse à la colère engendré par le résultat des élections. Les bénéfices des ventes avaient été reversés à une association luttant contre la haine aux Etats-Unis.

Sur le nouvel album, Brighter Wounds, Ryan Lott a laissé les thèmes universels derrière lui, pour se concentrer sur une écriture marquée par ses expériences personnelles : alors qu'il commence à composer les chansons, il devient père d'un petit garçon (née juste après le jour de l'élection de Trump…) et perd un de ses meilleurs amis à la suite d'un cancer.

Le nouvel album Brighter Wounds est donc prévu pour le 9 février 2018. Son Lux sera en tournée française à partir de février, le 15 à Lyon (L’Epicerie Moderne), le 16 à Nantes (Stéréolux), le 18 à Lille (L’Aéronef), et le 19 à Paris à La Cigale.

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On y était, on vous raconte : le Ouest Park Festival au Havre, avec Metronomy, Georgio, Timber Timbre, The Jacques...

Vendredi dernier, direction Le Havre pour le Ouest Park Festival. Un bref passage par le port, avant d’emprunter une route qui s’échappe sur les hauteurs de la ville et offre au passage une jolie vue sur la Porte Océane. En fin d’après-midi sous un ciel gris, on arrive devant le Fort de Tourneville, un ancien site militaire qui pour ce week-end a décidé de faire la fête.

À l’entrée, on ne peut pas manquer l’imposant chapiteau qui enveloppe la scène principale. En face, au bout d’un chemin cerné d’un côté par la scène couverte du Fort et de l’autre par Le Chapapa’s, se dresse le Tetris. À l’intérieur, en plus de quelques bornes de jeux d’arcade et d’un bar, se cache une autre scène.

Georgio dans la foule, en terrain conquis

Il est presque 20 h 30. Le moment de se diriger sous la toile de la scène Chapiteau, où Georgio s’apprête à entrer en piste. Les premières notes résonnent, et c’est un riff de guitare électrique : étonnement pour un rappeur. À quatre sur scène, ils entonnent L’Espoir meurt en dernier, titre d’ouverture de Héra, le dernier album de Georgio. C’est réussi : les applaudissements claquent fort sous ce chapiteau. La troupe enchaîne coup sur coup, Rêveur une chanson écrite pour son frère Anatole, et Brûle. Pendant les refrains, chantés, le public fredonne volontiers ces paroles qu’il connaît par cœur.

Changement de registre avec On rêvait tous de s'envoler, un titre estampillé de la noble marque "rap du 18e". La chanson Héra clôture le show et comme ultime fantaisie, Georgio se jette dans la foule. Alors que les artistes quittent la scène, le rappeur lâche un dernier : "La vie est une fête bande d’enfoirés !".

Timber Timbre pour les amoureux

Il est déjà 23 h, il fait nuit noire, et la petite laine n’est pas de trop pour le concert suivant : les Canadiens de Timber Timbre. Le chanteur Taylor Kirk devient de plus en plus cosmique, la foule se serre et absorbe cette aura quasi visible qui émane de la scène. Mention toute spéciale à la ballade Hot Dreams…

Timber Timbre #ouestpark

Une publication partagée par ????marine (@marinabrocolli) le 9 Oct. 2017 à 6h29 PDT

Pourtant, Timber Timbre semble avoir un peu boudé, soufflant à la foule de venir les voir à un "vrai" concert. Le public n’a peut-être pas assez montré d’affection ? En tout cas, l’affection était bel et bien le thème de ce show. Les amoureux présents ne diront pas le contraire, trop occupés à s’enlacer.

Minuit passé depuis un bout, une paire de quadras visiblement habitués du Ouest Park esquisse un premier constat : “ Il y a un peu de monde, mais il manque une partie de la jeunesse, des étudiants. Ils seront sans doute là demain“. C'est noté. La soirée se termine avec quelques titres du concert de Morcheeba, et un extrait du live bourré d’énergie de Ko Ko Mo, déjà torse nu à ce moment-là.

The Jacques, pour traverser la mer

Samedi, à 21h, retour à la salle Tetris pour The Jacques, que l’on a hâte de retrouver depuis leur passage à Rock en Seine. Dès les premiers accords, on est téléportés dans un pub de Camden Town. On y restera tout au long du show, particulièrement quand ils joueront Painkiller et leur tube No Kamikaze, emprunt d'une nonchalance qui rappelle celle des BabyShambles.

#thejacques #ouestpark #festival #letetris #lehavre #rockmusic #live #england

Une publication partagée par @fabulous76 le 7 Oct. 2017 à 13h12 PDT

Une fois sorti, un détail saute aux yeux : le nombre de capuches et de parapluies – il y a clairement plus de monde que la veille. Le site du Ouest Park s’anime, l’espace se fait plus rare, tant mieux.

A 23 h, il est temps de retourner au Tetris. En fond de scène est projetée la pochette de Savage Times, dernier album du musicien qui s’apprête à se lancer : Hanni El Khatib.

Quelques notes de Father Strecht My Hands, Pt. 1 (l’un des titres de Kanye West (?) résonnent en guise d’introduction ; vite balayées par le violent Baby’s OK, que l’on se prend en pleine tête ; le ton est donné ! Il est un atténué par le plus pop Paralyzed, et le langoureux Come Down. Mais redouble de puissance lorsque Hanni El Khatib s’égosille sur Fuck It, You Win (tiré du premier album Will the Guns Come Out). La formation californienne finit en apothéose, quand le chanteur descend dans le public.

hanni el khatib #ouestpark #lh #uneteauhavre #letetris

Une publication partagée par keke (@_keke_lh) le 8 Oct. 2017 à 11h29 PDT

Metronomy, merci pour Corinne

Il est minuit, il ne pleut plus, et on se rapproche de la scène principale ou Metronomy s’apprête à jouer. Sous un tonnerre d’applaudissements, Joseph Mount et sa troupe gagnent la scène. Metronomy ouvre avec classe son éventail de chansons. Débutant avec le dernier album Summer 08, glissant avec style du superbe The English Riviera (qui déclenchera plusieurs moments de liesse quand The Look et The Bay seront joués) à l’excellent Love Letters (ils clôtureront le concert avec Reservoir). On a encore des frissons quand on repense à Corinne, que la batteuse Anna Prior a une nouvelle fois sublimée.

The "Havraise" Riviera avec Metronomy #metronomy #concert #encoreettoujours #ouestpark #lh #fortdetourneville #jesuisalouest #moveyourbooty

Une publication partagée par Emelyne (@emyzenurse) le 8 Oct. 2017 à 9h53 PDT

Et aussi, joyeux anniversaire Le Havre, qui fête ses 500 ans.

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Bertrand Cantat : “On finit toujours par se retrouver seul face à soi-même”

En 1991, Nino Ferrer avait les yeux qui brillaient quand il égrenait devant nous des mots-clés comme “simplicité”, “sérénité” ou “apaisement”. Il évoquait sa propriété chaleureuse de La Taillade, paresseusement allongée à flanc d’un côteau du Lot. Les mêmes mots pourraient s’appliquer aux chansons que Bertrand Cantat y enregistre un quart de siècle plus tard. C’est là, à quelques kilomètres de Montcuq, que l’ancien chanteur de Noir Désir, désormais aussi ancien chanteur de Détroit, a posé son maigre barnum. Dans une dépendance à murs épais et protecteurs que le fils de Nino, le radieux Arthur, a transformé en studio d’enregistrement.

Entouré de fidèles, dont Pascal Humbert et le producteur Bruno Green, il enregistre sous son propre nom, ce mot maudit “Cantat”, un premier album solo. Un long voyage introspectif et géographique qui a commencé dans le Lot, s’est poursuivi en Espagne, en Italie, au Chili en janvier. Loin de tout, ils ont passé, perdus dans la pampa, un mois dans ce que Bertrand Cantat décrit comme le studio le plus équipé et sidérant de sa carrière. Jouet d’un couple de richissimes Chiliens, le studio en question accueillait pour la première fois des musiciens européens.

L'urgence de la ville

Et surtout des musiciens en phase d’expérimentation, créant en direct, utilisant à la stupeur du staff ces montagnes d’équipements pour inventer plutôt que pour simplement enregistrer. Un mois en bulle, en autarcie, qui a posé les bases faussement nonchalantes d’un album parti ensuite s’urbaniser, se densifier, s’électrifier à Berlin en mars. Loin des studios-résidences où il fait bon inventer en paix, le groupe s’est reconnecté à l’urgence de la ville, pour un mois intense dans les anciens locaux de la maison de la radio est-allemande.

cantat-1-img_3653.jpg © Photo Rüdy Waks pour Les Inrockuptibles

Mais Cantat et ses hommes n’avaient pas oublié La Taillade dans le Lot, et sont revenus à cette case départ. Ils ont donc repris leurs habitudes autarciques dans l’ancienne maison de Nino Ferrer, où la sérénité et l’accueil contribuent à la fluidité, à la créativité débridée des musiciens. On ne distingue ainsi aucune horloge aux murs, pas plus que la moindre odeur aseptisée de musée : tous les instruments de Nino Ferrer sont présents en monceaux multicolores. Mais pas question de vénération : ils sont là pour être utilisés, maltraités, joués, comme ils le furent en toute malice dans les seventies et eighties en ce lieu dédié aux plaisirs.

Pendant ce temps, le chanteur travaille en solitaire, sur quelques lambeaux de textes inachevés, dans sa roulotte

Une chanson encore en chantier, Aujourd’hui, donne du fil à retordre au groupe. Elle a démarré en acoustique et Bertrand Cantat souhaite désormais la détourner vers une énergie et des dynamiques plus électroniques. Le groupe reprend donc le titre à ses racines, le répétant inlassablement, en mantra, dans la grande pièce en pierre de taille. Pendant ce temps, le chanteur travaille en solitaire, sur quelques lambeaux de textes inachevés, dans la roulotte qui a été son home sweet home pendant un mois. “Ça tourne bien”, se réjouit-il en découvrant la nouvelle direction qu’a pris le titre en son absence, en crescendo lyrique.

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Kendrick Lamar annonce une date supplémentaire à Bercy

Suite à l'annonce de la tournée européenne de Kendrick Lamar, et la mise en vente des billets pour son unique date française le 25 février prochain à l'AccorHotels Arena, on peut dire que les fans ont littéralement pété les plombs, les 18 000 places que comptent la salle parisienne s'étant vendues en quelques minutes seulement.

Laissant sur le carreau des milliers de fans, le rappeur de Compton vient finalement d'annoncer une date supplémentaire, le 26 février à l'AccorHotels Arena (Paris), toujours dans le cadre de sa tournée THE DAMN. TOUR.

La mise en vente des billets se fera vendredi 13 Octobre dès 10h. Cette fois-ci, vous n'avez plus aucune excuse pour louper le coche. Plus d'infos sur la billetterie ici.

James Blake en première partie

Et bonne nouvelle : le grand James Blake est toujours annoncé en première partie du MC américain.

Pour rappel, la tournée européenne de Kendrick couvrira plus d'une quinzaine de dates dans 11 pays différents, en commençant par Dublin, en Irlande le 7 Février. Puis il s'envolera pour l'Angleterre, l'Allemagne, la Hollande, l'Ecosse, la France, la Belgique, le Danemark, la Norvège et la Suède.

Cette tournée accompagne la sortie de son quatrième album, DAMN, paru au printemps dernier et vendu à plus de 2 millions d'exemplaires. Album hyper politique, l’artiste de Top Dawg Entertainment et vainqueur de sept Grammys, scrute déjà les premières places de notre palmarès 2017. Et à en croire ses fans et son auteur, ce disque est une pépite à écouter dans un sens ou dans l'autre, "Ainsi, il s'écoute comme une histoire à part entière et avec un rythme même bien meilleur".

Les Inrocks - musique

Vampires, r'n'b et gueule de bois : rencontre avec Oscar And The Wolf

"Merde ! J’ai oublié l’interview. J’ai fait la fête hier soir !", s'exclame Max Colombie alias Oscar And The Wolf en nous ouvrant sa porte. De fait, le sol du loft bruxellois du chanteur de 26 ans est encore jonché de cadavres de bouteilles et la vaisselle déborde dangereusement de l’évier. Mais si on ose interrompre la gueule de bois du musicien flamand, c’est parce qu'il sort ces jours-ci un excitant deuxième album.

Exit le brouillard de reverb, les mélodies ouateuses et les odeurs de sous-bois qui avaient fait le charme, d’Entity, son premier disque (lire notre précédente critique). Cette fois, Colombie revient avec Infinity,  une collection de chansons solaires, sorte de réponse belge au r'n'b sensible de Frank Ocean ou de Drake : "Drake est une influence énorme pour moi, avoue le musicien. Pendant que je bossais sur l’album, je me passais en boucle Fire & Desire. Récemment j’ai découvert qu’il s’était fait tatouer le visage de la chanteuse Sade. Maintenant je comprends pourquoi je l’aime autant : il y a tellement de Sade dans sa musique !" C’est pas faux.

Bruxelles, New York, Los Angeles

Ce nouveau chapitre a été enregistré entre Bruxelles, New York, Los Angeles mais sans fascination particulière pour la mythologie des studios américains.

"On a enregistré deux chansons à L.A., Last Night et Chevrolet. Et j’ai visité au moins quatre studios à New York. Mais je n’étais pas spécialement émerveillé. Tu sais, quand les musiciens étrangers découvrent les studios ICP, ils sont épatés."

ll est vrai que les qualités du studio bruxellois ont attiré Pharrell, Suede ou plus récemment Royal Blood.

New York

A post shared by Oscar & The Wolf (@oscarandthewolf) on Oct 16, 2015 at 3:47pm PDT

Pour la production, Colombie a fait appel à l’Américain Noah Breakfast, jeune producteur originaire de Philadelphie, aussi à l’aise auprès des rappeurs comme Tory Lanez et Cakes Da Killa que des chanteuses pop Santigold et Christine and the Queens. Mais aussi au turbulent DJ Jeroen de Pessemier, ex-membre du duo The Subs, qui, en 2011, avait déjà aidé Étienne Daho à reprendre 'Amoureux Solitaires' de Jacno.

Elton est fan

À l'arrivée, cela donne un disque transgenre, étiré entre electro percutante (Runaway), poussées de fièvres dancehall (Susato) et r’n’b ralenti (Last Night). Un petit miracle accompli avec un équipement rudimentaire.

"Je n’aime pas disposer de trop d’options: un Moog, un Juno et un Mellotron, ça me suffit. Et si j’ai besoin d’une partie de guitare, j’appelle mon pote Leo Abrahams".

Ce requin de studios anglais a notamment travaillé avec Pulp, Brian Eno ou Carl Barat: "Quand on enregistrait l’album il recevait des coups de fil lunaires de Mark Ronson : 'Hey Leo, tu peux enregistrer un petit truc funky pour Bruno Mars ?'"

Dans son panthéon personnel, outre Drake, Colombie cite pêle-mêle les Smiths, Rihanna ou Lana Del Rey. En ce moment, son meilleur attaché de presse est sans doute ce bon vieux Elton John qui chante un peu partout les louanges du chanteur flamand. Pourtant, à part une extravagante garde-robe et leur orientation sexuelle (Max Colombie est ouvertement gay), les deux hommes n'ont pas grand chose en commun.

"Je ne sais pas comment il m’a découvert mais il a passé deux morceaux dans son émission de radio sur Beats 1. Il fait beaucoup de namedropping. Les Britanniques adorent ça. C’est un bon coup de promo, non ?" 

Sûrement. Et même s'il s'en défend, le succès monstre de Stromae autorise désormais les artistes belges comme Max à croire en une carrière anglo-saxonne.

Thank you @eltonofficial for supporting 'Breathing' on your @Beats1 (@AppleMusic) show earlier this week. ???? #ReadyForInfinity pic.twitter.com/3CcIeO67L2

— Oscar and The Wolf (@oscarandthewolf) August 3, 2017

De plus, Colombie chante en Anglais. Un choix tactique dans un pays marqué par les tensions entre deux langues :

"C’est une évidence. C’est la langue que je respecte le plus. Celle de la musique et des films que j’aime. Puis tu sais, Bruxelles est une ville hyper cosmopolite. C’est le bordel de l’Europe. Ici, mes potes viennent du monde entier, alors l’Anglais nous permet de nous comprendre. Et puis mon français s’est effondré depuis que j’ai quitté l’école."

Vie éternelle

Avant de se consacrer à la musique, Colombie a suivi les cours d'une école d'art à Gand. Même si aujourd’hui il ne plus touche un pinceau, il en a gardé un sens aigu de l'esthétique, comme le prouvent ses shows ou ses clips ultra léchés. Dans la vidéo Breathing, premier single de ce nouvel album, il apparait le visage constellé de strass. "J'ai eu l'idée en matant le RuPaul's Drag Race", confie-t-il. D'ailleurs il ne rate pas un seul épisode de la compét' de drag queens de la télé américaine.

La télé, les séries, les films inspirent les chansons d'Oscar And The Wolf, plus sûrement que la littérature. Max avoue un goût prononcé pour les histoires de vampires. D’où le titre de l’album, Infinity. "J’adore Only Lovers Left Alive, True Blood et même Twilight ! Tout ce qui touche au vampirisme. J’ai le fantasme de vivre éternellement. Vieillir me fait terriblement chier." D'ailleurs, ses chansons sont souvent peuplées de créatures nocturnes consumées par le désir.

"Ne pas nourrir les terroristes"

En Belgique, le chanteur est déjà une superstar capable de gaver des arenas. Il répète volontiers qu’il "ne s’imaginerait pas vivre ailleurs qu'à Bruxelles". Mais il avoue aussi que les attentats terroristes qui ont frappé la capitale belge le 22 mars 2016 ont changé l’atmosphère de sa ville. "On garde tous ça dans un coin de notre tête. Je ne dis pas que la peur a gagné. Mais c’est toujours présent." De là à écrire une chanson sur le sujet ? « Jamais de la vie. Je refuse de donner de l’importance aux terroristes. Ils se nourrissent de cela. Alors plutôt crever."

Infinity d’Oscar And The Wolf, est disponible chez PIAS. En concert le 16 novembre 2017 au YOYO, à Paris.

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