Actu musique

29 septembre 2017

The Inspector Cluzo rend hommage à Charles Bradley et Sharon Jones dans une lettre exclusive

Sept 2009 – Tous les vendredis soirs, nous recevions notre coup de fil hebdomadaire de New York : c'était le label Daptone Records et leur management . Depuis juin 2004, nous nous occupions des tournées européennes de tous leurs groupes et sortions leurs disques sur notre label Ter à Terre – notre groupe, The Inspector Cluzo n'existait pas encore et notre ancien groupe s'était arrêté. On avait monté cette agence un peu par hasard en s'occupant d'artistes géniaux sur des marchés faibles voire inexistants, qu'il fallait créer.

La passion du début, celle qui nous avait conduits à conduire leurs camions de tournées que nous avions montées, promotionnées avait peu à peu disparu depuis un an. C'était un style très peu en vogue à l'époque du premier album Dap Dip in (2004), de Naturally de Sharon Jones ou autre Pure Cane Sugar de Sugarman 3. On était bien loin de l'explosion du style post “Amy Winehouse”. Et à part quelques irréductibles comme Francis Vidal, notre vieil ami qui nous avait présenté Sharon et ses Dap Kings lors d'un concert d'anthologie au CAT à Bordeaux, le réseau soul funk en Europe n'était pas fait.

Pendant plus de sept ans, nous avons donc recherché et fidélisé des promoteurs passionnés aux quatre coins de l'Europe, en général des disquaires de soul funk passionnés comme notre ami Bruno de Cosmic Groove à Monptellier par exemple. On montait des tournées peu, voire pas rentables, au début, mais développant une musique noire américaine qui est le fondement de notre cursus musical. On le faisait pour la musique et pour ces gens très authentiques, très talentueux.

Nous avons monté douze tournées européennes pour Sharon Jones, sorti trois albums dont le dernier 100 days & 100 nights vendu à plus de 17 000 exemplaires en France. On adorait cela, on était devenu très proche de Sharon , qui était devenu un peu une maman pour nous. Elle nous gueulait dessus sur les “fenêtres trop petites” de ses hôtels ou encore quand la clim ne marchait pas au fin fond de l'Espagne, ce à quoi on répondait qu'on n'avait pas de chaîne de Motel 6 ici ! On se prenait du coup une belle “arralgade” (engueulade monumentale en gascon ) et comme on se marrait , elle éclatait de rire et nous prenait dans ses bras. Elle a beaucoup compté pour nous, on s'est battu comme des chiens avec les promoteurs pour elle, on se sentait investis de cette mission de propager la bonne nouvelle de la soul et de ce mouvement néo soul. Fans de blues américain, nous avions l'impression de faire quelque chose d'important et d'aider ce style de musique R&B & soul, un des innombrables rejetons du blues.

On a porté les valises au sens propre et figuré de cette femme extraordinaire qui nous épatait tous les soirs et retourner les salles quelques soient les conditions. Dont ce fameux concert à Hambourg où, fâchée contre ses Dap Kings, qui lui avaient fait une infidélité en partant tourner avec Amy Winehouse, allait leur montrer qui c'était la boss. Les Dap Kings seront un peu dépassés par le train infernal qu'imprimait la chanteuse – c'était violent, wild, crasseux… En sortant de scène, elle envoya une magnifique missile très stylé : “sur l'affiche, il y a écrit Sharon avant les Dap Kings, que ce soit clair les gars !” Nous étions sans voix devant ce petit bout de femme qui avait parlé devant huit gaillards médusés, baissant la tête.

Des années plus tard, nous avons appris son décès avant un concert de Cluzo, dans les loges… Le manager nous a appelés le lendemain et nous a demandé si on voulait venir à la cérémonie à New York et que Sharon avait toujours gardé une place dans son cœur pour nous. Les années passant, le succès montant, l'argent a commencé à devenir le seul et unique sujet de ces conversations du vendredi. Pour faire court, les valeurs qui nous avaient unis autour de la musique et de la passion s'étaient distordues, on n'y trouvait plus notre compte tout en les comprenant. Les derniers coup de fils du vendredi n'étaient plus du tout marrants.

Suite à cette fin de collaboration, nous avions décidé de nous consacrer à TIC et de démarrer un retour à la terre avec la ferme Lou Casse. Après la soul et le blues retour à son origine : la terre. Nous devions quand même monter une tournée pour notre ami Lee Fields pour fevrier 2010. C'est dans ce contexte qu'on nous demanda de faire une dernière tournée de développement pour un de leurs nouveaux artistes, Charles Bradley. Malgré notre refus de travailler avec eux, on apprit que les Ménahan étaient son backing band. On y avait beaucoup d'amis, notamment Tom Brenneck, ancien guitariste des Dap Kings, parti se consacrer à un chanteur aux 1000 vies dont il était tombé amoureux : Charles Bradley. En studio, quel que soit le taux de compression appliqué, le micro saturait et avait mal tellement ce chanteur chantait fort. Sur la première tournée européenne de Charles Bradley et Lee Fields, nous sommes montés à la capitale pour produire la date parisienne qui avait lieu au New Morning – sold out – et pour voir Lee et Charles. Quand Charles ouvrit la bouche, la première chose qui nous frappa, c'est sa puissance vocale, sa voix était peu contrôlée mais brut de décoffrage, incroyable. Il foudroyait littéralement le public, en décochant de véritables flèches d'amour. Nous avons rarement vu autant de gens les larmes aux yeux , surtout quand il chantait Why it is so hard…

Toutes ses histoires, il les avait vécues, dans une vie passée par tous les états. On revenait à l'essence de cette musique, la soul, juste la soul, l'amour, les sentiments à plat, bruts… Sharon arpentait la scène sans relâche, telle un fauve, vous prenant à la gorge pour mieux vous dire “j'en ai chié , je vais vous marcher dessus et vous allez m'aimer” avec sa voix si pure et brute sans faux semblant. Charles, lui, avait transformé toutes ses souffrances en amour, qu'il distribuait comme des pétales de roses au public, tel un Al Green. Charles était scéniquement peu expérimenté à cette époque – il avait surtout fait des “James Brown tribute” dans des bars de NY. Mais dès le premier soir, Lee Fields l'a pris sous sa coupe, il ne voyait pas un concurrent, juste un frère qui avait souffert et qui chantait la soul comme lui.

Charles n'était jamais sorti des USA, on était tous au petit soin pour lui. Il était touchant, gentil, poli, ça aurait pu être notre grand-père. C'était un peu la chance de sa vie et il allait la saisir de la plus belle des manières, tous les soirs avec Lee : ils nous firent des concerts – enfin plutôt des galas – exceptionnels faisant le bonheur des gens qui assistèrent à cette tournée – Pour nous la boucle était bouclée. Enfin, on reparlait de musique et uniquement de musique. Grâce à Charles, nous étions réconciliés avec ce pourquoi nous avions fait tout cela :la musique, les gens, bref la vie. Mais il était pour nous temps de partir vers d'autres horizons, c'était une magnifique dernière tournée, grâce à Charles et à Lee. En novembre 2011, lors de notre dernière tournée pour Sharon, nous lui disions également au revoir à La Cigale. Sharon était en larmes, c'était la dernière fois qu'on la verrait.

Adishats Charles, Adishats Sharon.

The Inspector Cluzo 

Les Inrocks - musique

Dans la digne lignée de Sauvage, R. Missing perpétue un rock new-yorkais brutal et sombre

Depuis les pionniers Silver Apples et Suicide, dès la fin des années 1960, l’histoire du rock new-yorkais est riche en duos à l’électronique primitive, brutale, sale, sombre et romantique. Clairement, celui composé des mystérieux She et He Missing s’est abreuvé à cette source toxique, à cette fontaine pas claire. Les chansons des deux New-Yorkais en sont ressorties le teint livide, l’humeur noire…

Les Inrocks - musique

Avec "Un mouvement pour le vent", Petit Fantôme souffle un vent de fraîcheur sur la pop française

A-t-on encore besoin de clamer notre amour pour la musique de Petit Fantôme ? Sans doute, puisque le temps est enfin venu pour lui de sortir son “premier album économiquement normal”. Après avoir publié les superbes mixtapes Yallah et Stave, en 2011 et 2013, le jeune musicien a arrêté la musique, “pour faire du bâtiment”, et il était impossible de passer à côté…

Les Inrocks - musique

"Tenderness" : l'expérience amoureuse et complexe de Blue Hawaii

Sur la pochette de Tenderness, un couple posé sur un lit, le regard rivé sur des téléphones. Loin de seulement dépeindre une addiction à la technologie, cette photo raconte l’histoire de Raphaëlle, moitié du duo canadien, ayant vécu une relation intime principalement par le biais de textos. Tout au long de l’album, c’est cette étrange aventure qui est décrite : de la passion à la reconstr…

Les Inrocks - musique

La tornade canadienne Weaves signe un nouvel album poignant et électrique

En 2016, à l’écoute de la voix de la chanteuse Jasmyn Burke, il était évident que ce quatuor énervé et poétique allait marquer les esprits. Un an plus tard, Weaves est de retour avec Wide Open, un album poignant qui confirme les remous déjà créés par cette magnifique tornade sonore.

Le disque démarre en trombe, avec ses guitares incisives…

Les Inrocks - musique

Pépite, Témé Tan, Eddy de Pretto... en accéléré

Fantasmant un été éternel, le duo parisien Pépite se lance dans une Renaissance, un second ep savamment orchestré. Il y explore des territoires reculés et des contrées sauvages, suivant le cap de son précédent ouvrage, Les Bateaux, en 2016. Dans cette excursion nocturne et nébuleuse, on se perd au détour d’un club de dub jamaïcain, et la voix enflammée de Thomas…

Les Inrocks - musique

Omar Souleyman confirme son statut de maître de l’electro-chaâbi dans "To Syria with Love"

En septembre 2015, Omar Souleyman décide de faire une pause dans sa tournée pour parler de la situation en Syrie et du sort réservé aux réfugiés du pays à travers le monde. Dans une lettre, le porte-étendard de l’electro-chaâbi se veut alors très clair : “Notre peine pour la Syrie ne cesse de s’accroître”, dit-il en préambule, avant d’annoncer vouloir dédier ses futurs concerts au peuple…

Les Inrocks - musique

Après le poing levé, le genou à terre pour contester les violences envers les Afro-Américains

Protester aux Etats-Unis quand on est noir n’a jamais été simple. Ainsi, il a suffi que quelques joueurs de foot s’agenouillent pendant l’hymne national pour déclencher l’ire présidentielle. Dans un de ces tweets incendiaires dont il a le secret, Donald Trump a encouragé les propriétaires de clubs à virer tous les “fils de pute” adoptant pareille attitude “anti-américaine”. Du co…

Les Inrocks - musique

Wolf Alice, le groupe indispensable du rock indé anglais

En Angleterre, le rock indé se porte bien. Il suffit de se pencher sur le groupe chéri du public anglais pour le constater : Wolf Alice porte les couleurs du genre depuis 2015 avec la sortie d'un premier disque My Love Is Cool. Deux ans plus tard, les cinq Londoniens évoluent dans le même registre mais affirment un peu plus leur identité sur le second volet, Visions of A Life, paru ce vendredi 29 septembre.

Un titre énigmatique comme si la bande, désormais sortie de l'anonymat, se drapait de mystère pour mieux nous surprendre. Ellie Roswell, chanteuse vive et sombre, explique cet intitulé étrange d'un ton monocorde :

«On voit les chansons comme des petites histoires. Le titre répond à la pochette de l'album : il y a une petite fille qui joue, imaginant un scénario dans sa tête, c'est comme si elle avait des perceptions d'une autre vie. Je me sens assez proche de ça, l'idée de me projeter dans des images d'une vie alternative. M'imaginer plus vieille, dans une réalité différente. Je faisais ça beaucoup, surtout quand j'étais petite fille."

Our new album ‘Visions Of A Life’ is out 29 Sept. u can preorder nowhttps://t.co/tveSixMztO pic.twitter.com/AfUSRHZBqE

— wolf alice (@wolfalicemusic) July 5, 2017

Etonnant de constater qu'Ellie Roswell et ses comparses se plongent dans des réalités différentes quand ils pourraient se contenter de leur success story : en 2015, la bande, originaire du nord de Londres, sortait son premier long format, certifié depuis disque d'or en Grande Bretagne et s'insère même dans le top des ventes américaines. Un an après, ils sont nommés aux Grammy, aux Brit Awards et se voient encensés par le NME, référence culturelle anglo-saxone. Autre preuve de reconnaissance artistique : le titre Silk présent sur My Love Is Cool figure dans la bande-originale de T2 Trainspotting aux côtés de Blondie, de Queen est des Clash. Il aura suffi de deux EPs et d'un disque pour que Wolf Alice deviennent les nouveaux enfants chéris de l'indie rock britannique.

Bien qu'heureux de collecter ces trophées, les membres de Wolf Alice ont longuement appréhendé le retour en studio et ont préféré s'exiler aux Etats-Unis, sous le soleil californien, pour enregistrer le second album plus complexe que les singles n'y paraissent.

Crossover entre pop et alternatif

S'ils font preuve d'une grande sensibilité avec des titres comme Heavenward et Sadboy, cela n'empêche pas les londoniens de rugir de colère, notamment sur Yuk Foo. Sur ce dernier morceau, qui marque leur retour en juin 2017, on entend Ellie Roswell hurlant à plein poumons son ennui mortel.

Wolf Alice fait le grand écart entre des sonorités atmosphériques et des refrains nerveux mais ne craint pas non plus de flirter avec la pop, comme sur Beautifully Unconventional, un morceau qui a dérouté plus d'un fan. D'ailleurs, le terme ne leur fait pas peur : "Je ne comprends pas pourquoi on considère la pop comme un gros mot, encore maintenant," confie le bassiste. Joel Amey renchérit :

«C'est très difficile d'écrire de la bonne musique pop. C'est sûrement le genre le plus compliqué à composer. Certains groupes sont moqués pour avoir écrit des chansons simplistes et faciles, mais si tu t'intéresses un peu au songwriting, c'est plus passionnant qu'on le croit.»

Pour Theo Ellis, la différenciation des styles n'a plus beaucoup d'importance de toute façon, parlant même de "crossover" entre la pop et l'alternative dans le rock indé.

Le voilà le talent du groupe, maintenir une identité musicale cohérente en s'ouvrant à d'autres possibilités. "Si tu restes coincé dans un style, c'est difficile de s'en échapper et de se sentir libres après," répond sobrement Ellie Roswell. Les membres du groupe n'essayent pas d'intellectualiser leur musique inutilement. Après un court silence, Theo Ellis ajoute :

"On a de la chance de se sentir très libres dans la musique qu'on fait. C'est un peu le meilleur côté de notre groupe : on embrasse tous notre individualité propre, personne ne nous dit ce qu'on doit être. On profite d'une possibilité d'être créatif et très différent sur notre second album. On s'est vraiment rendu compte de ça, de la chance qu'on avait."

Musique torturée et rockeurs militants

A l'écoute de Visions of a Life, on en vient à une même conclusion : ce disque dépeint le côté tourmenté du groupe. Dans leurs chansons, on décèle le reflet de leur propres angoisses, liées en partie avec le contexte politique et social au niveau mondial peu engageant pour la jeunesse actuelle. Éveillé politiquement, le groupe s'est engagé auprès de la cause des migrants et a apporté un soutien public à Jeremy Corbyn aux élections législatives de 2017.

Claim your future and let's unite against the tories. 8th of June! Don't forget! We r here to help if u need it @elliecrowsell @SteadyTheo

— wolf alice (@wolfalicemusic) May 5, 2017

("Acclamez votre futur et unissons-nous contre les conservateurs. Le 8 juin ! N'oubliez pas ! Nous sommes là pour vous aider si vous en avez besoin")

Avec leur musique presque exorcisante, ils répondent à un besoin urgent mais refusent de se placer comme les voix d'une génération. Ellie Roswell explique : "On pense plutôt avoir une responsabilité auprès de notre public, de représenter des valeurs auxquelles on croit profondément."

Pour le moment, Wolf Alice se projette dans une tournée très longue à travers le monde avec Visions of a Life sous le bras, et n'aspire pas à se projeter plus loin. Ce n'est pas pour autant qu'ils voient le futur de la bande d'un œil inquiet. "Dans la vie, je n'ai pas confiance en beaucoup de choses", avoue la jeune chanteuse, "mais je me sens très fière de ce qu'on a réalisé jusqu'à aujourd'hui et j'ai envie qu'on dure encore comme ça, en tant que groupe, encore quelques années."

Concert :  le vendredi 27 octobre à Paris, La Maroquinerie.

Les Inrocks - musique

Vald va ambiancer votre weekend avec 5 nouveaux clips !

Le rappeur d'Aulnay-sous-Bois, vient de partager cinq nouveaux clips, rassemblés à la façon d’un court métrage : Strip, Je t’aime, Totem, L.D.S et LEZARMAN. Tous, sont extraits de son premier album Agartha – paru en janvier (et certifié disque d’or) et ont été réalisés par la paire Kub & Cristo, habituée à travailler avec le rappeur.

On y retrouve Vald - visiblement pas tout à fait remis de la veille - affalé sur les w.c. de son appart et, en face sa copine ou plutôt son ex. Directement, le rappeur nous raconte les péripéties de sa soirée d’hier, face à un miroir, pendant qu’il se lave les chicots. Il erre chez lui pendant un moment, jusqu’à que son pote Suikon Blaz AD, vienne le sortir de cette torpeur : “Tu sais qu’on à un showcase dans deux heures gros ? Dans un anniversaire de merde… “. Allé hop, sous la douche (forcé), on s’habille d’un maillot de l’OM – joli clin d’œil à la polémique du Vélodrome - et en voiture direction l’anniversaire.

Les trois premiers clips : Strip, Je t’aime et Totem sont à visionner à la suite ci-dessous :

Suite et fin

Tunique bleu ciel de l’Olympique de Marseille sur le dos, les deux rappeurs arrivent au showcase, évidemment accueillis par des supporters parisiens. Un K.O. plus tard pour Vald – on apprécie l’apparition furtive de Mac Tyer, alors que le MC est dans les vapes – et c’est parti pour le mini “concert“. Quatrième épisode, le clip de L.D.S est à visionner ci-dessous :

Retour chez lui, posé devant son ordinateur et le mystérieux clip de LEZARMAN – un petit tour par la fenêtre obligatoire pour se soulager - la journée de Vald continue, comme si de rien n’était. Avant d’aller chercher quelques cigarettes, une surprise l’attend :

Si ce court métrage (très réussi) vous a chauffé, il ne vous reste plus qu'à prendre vos places pour un concert du phénomène. Il reste encore quelques places pour sa tournée Agartha. Infos à retrouver ici. Et, pour voir à quoi ressemble un showcase du rappeur, on vous conseille de regarder (ci-dessous) la vidéo de Trophée, dévoilée il y a tout juste deux semaines :

Les Inrocks - musique

Entre François de Roubaix et une séance de méditation, vous allez adorer Ojard

Dans la famille Daoud, voici venu Maxime ! Musicien épaulant les fameux projets Forever Pavot, Ricky Hollywood ou encore celui de son frérot Adrien Soleiman, Ojard (nom de scène de Maxime) propose une musique instrumentale bienveillante. Il vient tout juste de publier son premier album Euphonie (Contours), disponible en écoute ci-dessous :

Enregistré en "one shot" dans l'appartement-studio du guitariste Pierre Antoine (accompagné par la flûte traversière d'Arnaud Sèche), ce premier album témoigne de la richesse et de la diversité du bagage musical d'Ojard. A 30 ans, ce musicien chevronné est en effet passé par le Conservatoire, le jazz, le grindcore ou encore l'ambiant et la pop… affectionnant tout autant Brian Eno ou Erik Satie.

Bienfaisant et introspectif

Et on peut dire que son disque Euphonie (déf. : qualité des sons agréables à entendre ou aisés à prononcer) porte bien son nom. S'ouvrant sur Plage de la Concurrence, le sable doux de La Rochelle semble filer entre nos doigts de pieds. Et nous voilà comme parachuté dans la B.O. d'un film des sixties, dans la digne lignée des travaux de François de Roubaix.

Poétique et mystérieux, chaque titre ressemble à un mantra ou un message subliminal (Sans craindre le vent et le vertige ; Quelle histoire, là-bas, attend sa fin ?). Si vous avez besoin de faire le vide intérieur et la paix avec vous même en ces semaines de rentrée plutôt chargées, c'est le moment d'écouter Euphonie à fond les ballons. Dans la voiture, ou dans son bain, les bienfaits sont immédiats.

En concert, demain 30 septembre au Zorba (10e, Paris).

L'album Euphonie est disponible sur Bandcamp en digital mais aussi en version vinyle, limitée à 500 exemplaires.

Les Inrocks - musique

Tyler, The Creator en live avec Kali Uchis chez Jimmy Fallon

C'est la sensuelle See You Again que Tyler, The Creator a choisi d'interpréter sur le plateau de Jimmy Fallon, en duo avec Kali Uchis, chanteuse de r'n'b avec qui il a collaboré à de nombreuses reprises. Le morceau est extrait de son dernier album, Flower Boy sorti en juillet dernier.

A relire : notre critique de l'album. 

Les Inrocks - musique

Des seins et des vagins géants au programme du nouveau clip de Peaches "Dumb Fuck"

Fidèle à son esthétique charnelle, Peaches remet le couvert avec Dumb Fuck, son premier clip de l'année, avec son frêre Craig Nisker à la réalisation. Tournée dans le désert Californien, la vidéo met en scène la Canadienne se baladant tranquillement vêtue d'une veste faits de seins, accompagnée de deux vagins géants aux cheveux blonds. Dumb Fuck était sorti en 2015, sur son album Rub, les autres clips de l'album dont Vaginoplasty ou Dick In The Air sont à revoir sur sa chaîne youtube.

Les Inrocks - musique

Le trublion Homeshake (ex guitariste de Mac DeMarco) va vous retourner le cerveau avec son nouveau clip

Homeshake est le projet solo de Peter Sagar, plus connu pour avoir été le guitariste de Mac DeMarco. Le Montréalais a sorti son troisième album Fresh Air en début d'année sur Sinderlyn Records et il revient aujourd'hui avec un extrait vidéo Getting Down Pt II (He's Cooling Down). Dans ce clip très perché, Homeshake met en avant notre rapport à internet.

La vidéo a été réalisée par Pierce McGarry, aussi bassiste de Mac DeMarco, et habitué des vidéos wtf pour ce dernier ou Alex Calder. Alors que le morceau démarre par une ligne de basse très cool, un message s'affiche : "Peter S. a subi une opération chirurgicale extrêmement risquée et très coûteuse. Son cerveau a été retiré de son corps pour être téléchargé sur internet. C'est le premier de son genre. Voyons voir comment il réagit aux stimulations extérieures." 

Par des montages assez approximatifs plus que des prouesses techniques, qui collent bien à l'esthétique très lo-fi du morceau, le visage de Peter Sagar arrive sur différents écrans et se balade dans différents contextes pour un rendu assez drôle. Interrogé par The Fader, Peter Sagar a déclaré "La vidéo montre ma conscience téléchargée sur le Web, ce qui n'est malheureusement pas très éloigné de ma routine quotidienne". 

Les Inrocks - musique

On a trouvé le fils spirituel de Jeff Buckley et il s’appelle Isaac Gracie

Nouvel espoir britannique décrochant la mâchoire de bon nombre de médias et de scènes prestigieuses, Isaac nous présente aujourd'hui son premier EP studio, The Death of You & I. Rencontre avec ce phénomène à la voix désarmante et au charisme certain, qui accompagnera Angus & Julia Stone sur toute sa tournée européenne et fera un détour le 31 octobre à Paris (Café de la Danse) pour le festival Pitchfork Avant-Garde.

Tout commence en 2015, sur un conseil d’un copain insistant pour qu’Isaac envoie en ligne un morceau à BBC Introducing, un tremplin de jeunes talents initié par la radio britannique. Ce titre c’est Last Words, il l’enregistre dans sa chambre d’adolescent en seulement une demi-heure, entre son laptop et sa guitare : “j’ai fait cela assez vite, c’était un peu flou mais j’en étais plutôt satisfait”. Peu de temps après, Isaac reçoit une réponse positive, et se retrouve sur les ondes de l’antenne régionale, puis nationale, avant d'atteindre la première place du Spotify Viral Chart en Angleterre. A l’époque, il a seulement 20 ans, et il est loin de se douter du ramdam médiatique et de l’emballement des labels qui vont suivre.

Isaac est un étudiant à l’université East Anglia (au nord est de Londres) et étudie en Littérature Anglaise. En dilettante, il enchaîne les open-mics (scènes ouvertes) mais n’a qu’une poignée de concerts au compteur : “J’avais joué 15 ou 20 shows, accompagnée de ma copine de l’époque Alice au chant, c’était vraiment pas terrible et le public n’était pas vraiment au rendez-vous.” Chose difficile à croire, quand on écoute ses débuts sur scène sur l'ep Live Songs in Black and White (2016), on y découvre une voix brute et unique dans la veine de Jeff Beckley. Ce dernier étant une idole pour Isaac, il reconnait volontiers avoir trouvé en lui une source d’inspiration très nette, “même si j’ai entendu parler de lui assez tard, vers mes 16 ans.”

Des débuts classiques comme choriste d’église

Et il faut dire qu’avant ses 16 ans, Isaac s’est exercé dans un tout autre registre. Celui de la chorale religieuse. De 11 à 15 ans, il y passe quasiment tous ses weekends et vacances. Tous les jours après les cours, il file répéter à la paroisse d’Ealing : “C’était intensif, presque comme un boulot.” De cette expérience, il conserve une croix portée en pendentif, qu'il ne quittera plus jamais “c’est une partie de moi”. Un souvenir qui se révèle plus symbolique que spirituel : “Je ne suis pas religieux mais j’adore la musique.“

Élevé à Londres, c’est un foyer lettré et non religieux qui le voit grandir, sa mère Judith Gracie étant psychothérapeute et poétesse. C’est elle lui fera écouter les grands, de Léonard Cohen à Bob Dylan. Et c’est la Beat génération qui va attirer particulièrement son attention avec de grands noms comme Kerouac, “mais aussi les grands romantiques tels que Shelley [Percy Bysshe]”. Grâce à eux, il commence à écrire et aborde la chanson avec beaucoup de sincérité, d’émotions (et aussi pas mal d’ivresse).

“Je ne peux pas écrire si je ne suis pas bouleversé, sinon j’ai l’impression de faire ça pour les mauvaises raisons et ça sonne faux.”

Le magistral titre Since the Death of You and I, né ainsi d’une douloureuse rupture amoureuse. Sur cette chanson, confrontant une guitare douce et un déchaînement de batterie, Isaac envoie valser les codes, entre rage et amour, tendresse et rudesse, pour mettre en scène “les différentes facettes de mon caractère et pour rompre avec l’image préconçue que les gens ont de moi”. Exit le petit choriste, Isaac est devenu un homme, et au passage un sacré songwriter.

Un premier ep studio et un album en route

Après avoir été invité sur des scènes de festivals aussi prestigieux que The Great Escape, SXSW ou encore Glastonbury (deux années de suite), Isaac est entré en studio au printemps dernier pour mettre en boite son premier EP, The Death of You and I (sorti aujourd'hui même chez Virgin / Mercury). C’est seulement accompagné de son ingénieur son et de son fidèle ami bassiste, qu’il enregistre les quatre titres qui le composent. Ensemble, ils jouent tous les instruments et Isaac commence à prendre ses marques autour de la console : “C’était un peu fou ! Tout s’est fait vraiment facilement. Le titre The death of you and I, par exemple, on l’a enregistré en une seule journée.” Avec ce premier ep studio, Isaac réussit ainsi à conserver toute sa spontanéité juvénile, la même qui avait séduit le public sur son tout premier EP Songs From My Bed Room (oeuvre de jeunesse enregistrée comme son nom l’indique dans sa chambre et avec les moyens du bord), et s’annonce comme un des plus talentueux songwriters britanniques de sa génération.

Et Isaac n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. Pour son premier album, qui suivra en 2018, ce n’est autre que Markus Dravs qui est venu lui tenir main forte côté console. Un producteur allemand, qui a fait ses armes avec Brian Eno et déjà remporté multiples Grammys, signant des chefs d’oeuvre de Coldplay ou encore d’Arcade Fire. Impressionné par le personnage et son professionnalisme, Isaac reconnait avoir trouvé en lui “ce père” qui était absent de la maison… Une rencontre décisive qui devrait nous apporter un ouvrage de taille. A suivre.

L'ep The Death of You and I est disponible sur Apple Music.

En concert le 31 octobre au Café de la Danse (Paris) pour le festival Pitchfork Avant-Garde et en première partie de la tournée européenne d'Angus & Julia Stone. Toutes les dates sont ici.

Les Inrocks - musique

Le rappeur Young Thug se lâche dans son dernier clip (et y invite son pote d'Atlanta, Future)

Les deux rappeurs d'Atlanta Young Thug et Future se retrouvent pour le clip de Relationship, extrait du dernier album Beautiful Thugger Girls de Thugger Thugger. Dans cette vidéo tournée à Miami, réalisée par The Rite Brothers et Jeffrey lui-même, on y retrouve les deux MCs à bord d’un yacht, et visiblement en très bonne compagnie.

Le bateau est rempli de filles en maillot de bain saillant, de drogue, d’alcool ; ce qui semble être particulièrement au goût de ce duo infernal, qui affiche un large sourire, tout au long de la vidéo. On apprécie tout de même l’aspect vintage du clip, que quelques passages tournés en caméra main accentuent.

L'album Beautiful Thugger Girls est toujours disponible sur Apple Music.

Les Inrocks - musique

 François & The Atlas Mountains prépare une surprise de taille pour son concert parisien

Si le groupe bénéficie d'ores et déjà d'une solide réputation dans l'art de créer de joyeux baroufs lors de leurs concerts, il semble ici vouloir aller encore plus loin à l'occasion de leur concert à la capitale du 6 novembre prochain.

>>> A lire aussi : Frànçois & The Atlas Mountains de retour avec un album politique "Solide Mirage"

Accompagné d'une chorégraphe et d'"une vingtaine de danseurs-mirage, pour faire plus de vagues", les FATM (pour les intimes) joueront dans la fosse pour avoir le même son que le public, "comme ça on se baignera avec vous dans les mêmes vagues de son" ont-t-ils précisé dans une publication facebook (visible ci-dessous). Le live sera quant à lui filmé pour un futur clip. Un secret guest répondant aux initiales de F.B. et "grand maître du chant sinusoïdal" est également attendu. En attendant, on vous laisse vous casser la tête sur l'identité de ce mystérieux invité…

Le groupe a également posté un teaser vidéo sur sa page facebook, accompagnée du message :

«Nous préparons un concert bien spé à La Cigale le 6 novembre !!  On va jouer dans la fosse pour pouvoir avoir le même son exactement que le public. Comme ça on se baignera avec vous dans les mêmes vagues de son. Et aussi on aura une vingtaine de danseurs-mirage autour de nous. Pour faire plus de vagues. Et en plus on aura un secret guest, dont les initiales sont les même que FaceBook, grand maitre du chant-sinuzoïdal. Et on filmera un clip en direct en Meta-cinema, ça va être balèze ! Vive les vagues ! Vive la musique ! Vive les Cigales ayant chanté tout l'été !»

Une seconde Cigale, toute aussi prometteuse que leur dernière en date

FATM était déjà présent à la Cigale en 2012, ce concert, qui s'était terminé sur scène pour une partie du public (vidéo ci-dessous), avait directement rejoint notre top 10 des meilleurs concerts en 2012. Un bon présage pour tous ceux qui hésiteraient encore à acheter leurs billets.

Pour accéder à la billetterie en ligne, c'est par ici. Le reste de la tournée est à retrouver là.

Les Inrocks - musique

« Les dernières news

Septembre 2017
LMMJVSD
3
10