Actu musique

28 septembre 2017

Exclu : Leonard Lasry fait danser la lumière

En avant-première de son prochain album, Avant la première fois, qui sortira le 13 octobre, vous allez voir la lumière dans ce très beau clip de Léonard Lasry : des chorégraphies d'ampoules qui collent (et décollent) parfaitement avec la pop élégante et tendue du chanteur. La chanson s'appelle L'original, et elle l'est, originale. Et pour découvrir cet original sur scène, Léonard Lasry jouera le 19 octobre à Paris dans le cadre du festival MaMa.

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Avec “Tangerine Moon Wishes”, Sandra Nkaké décroche la lune

C’est la voix, grave, très voilée, qui surprend d’abord. On a beau l’avoir écoutée souvent, au point de la croire familière, on s’étonne encore d’un timbre aussi profond dans la conversation ordinaire. Au reste, la grande femme volubile et aux traits comme affinés par une entière franchise sait nous mettre à l’aise immédiatement. On commencera par parler des enfants, les siens, les nôtres, l’organisation que cela suppose, les défis qu’ils représentent, pour eux, pour nous… Et voilà qu’en moins d’une minute, on croit s’adresser à Sandra Nkaké comme à une connaissance de longue date.

Un engagement corps et âme

C’est que la chanteuse ne dissimule rien, sans faire pour autant preuve de la moindre impudeur. Simplement, sa démarche artistique est constamment reliée à ses interrogations, doutes, désirs et incertitudes. Parler de ceux-ci, c’est déjà évoquer celle-là. “Pour moi, il n’y a pas de cloison entre l’artiste et la personne explique-t-elle. Quoi que tu fasses, la voix te raconte dans ton intimité. ” Impossible de ne pas le constater à l’écoute de Tangerine Moon Wishes, le troisième album de Sandra, c’est même d’une telle évidence, d’une telle transparence, que l’expérience peut troubler. Il y a là un travail qui dépasse le strict cadre de la composition et, plus généralement, de la production habituelle. Un travail du son, de l’espace, un engagement du souffle, du corps et de chaque instrumentiste dont on devine qu’il a dû s’inscrire dans une démarche bien spécifique. De fait, Sandra nous confirme que c’est au plus profond d’elle-même qu’est née la nécessité de ce disque.

“J’avais envie que l’album reflète l’étape où j’en suis dans ma vie : prendre le temps d’apprécier le fait d’être en vie, être disponible pour soi et pour les autres, lire, se balader, s’ennuyer même… Prendre du recul sur son parcours, pouvoir se dire : ‘Tu n’es pas un être humain parfait et c’est ce qui est génial. Apprends à t’aimer avec tes défauts, tes aspérités, ta sensibilité aussi…’ La carapace que je m’étais construite m’a protégée pendant longtemps mais a aussi empêché le pioupiou de sortir. Je suis quelqu’un d’assez mélancolique, qui pleure facilement… J’avais envie de dire en musique qu’on a le droit d’être fragile, bancal.”

Tout se cristallise à l’instant où son complice depuis 15 ans, le flûtiste et compositeur Jî Drû, lui demande quel sera l’idée générale du prochain album. Sandra ne sait répondre que par un geste ample, mimant une immense respiration. “D’accord, on y va”, lance aussitôt Jî Drû. Merveilleuse réponse, toute simple, mais que Sandra reçoit comme un don. Abandonnant leurs compositions des mois précédents, le duo décide de s’inspirer de mots-clés, “souffle”, “voix”, “intimité”, “bivouac”, “mise à nu” et conçoit un arrière-plan que Sandra décrit comme “un parcours entre le moment où le soleil se couche et celui où la lune se lève. ”

Jouer sans filtre

La chanteuse prend ensuite la décision de produire elle-même le disque, afin de jouir d’une entière liberté tout au long de sa conception. Réunis au studio Midilive, à Epinay, elle et ses quatre musiciens (Jî Drû à la flûte, Tatiana Paris à la guitare, Kenny Ruby à la basse et Thibaut Brandalise à la batterie) ne se quitteront pas et joueront en direct, sans filtre, les émotions à vif.

“Je voulais un moment très ramassé, se rappelle Sandra, organique, sensible, que ce soit dans une temporalité qu’on gérerait tous ensemble dans le studio, qu’on puisse se voir, entendre nos respirations, des frottements de vêtements… Que ce soit brut, fragile, sans clic, sans montage, avec des accidents. On a même gardé des improvisations. ”

Le dernier instant de Tangerine Moon Wishes, album tout à fait singulier dans ses nudités et ses partages, ses enchantements et "dé-chantements" (“Je voudrais pouvoir déchanter”, nous avouera Sandra, entendant ainsi ne plus se mettre au service que “de la chanson et de l’émotion”) est ainsi constitué par une de ces improvisations. On y entend un cœur qui bat, et la voix qui murmure, comme pour ne pas conclure : “Je suis libre. ” Cette sincérité absolue qui emplit l'album, on l’aura retrouvée dans le moindre propos de Sandra Nkaké, personne étonnante, qui souhaite ne plus obéir à la moindre injonction extérieure et donne ainsi à son geste artistique, créateur d’un lieu autre où l’on serait plus soi, une grande pureté.

“On vit dans un monde très normé qui décide pour nous de la manière d’être une femme, d’être un homme etc., déclare-t-elle pour finir, mais en fait, on peut aussi envoyer tout valser pour créer notre propre espace. Cet album, c’est moi, c’est nous. ”

Et pour ne pas rater les prochains concerts de Sandra Nkaké (le 7 novembre à Granville, le 10 à Château-Thierry, le 14 à Paris, le 17 à Oberhausbergen…), c'est par ici.

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Grizzly Bear sort un clip surréaliste pour son titre "Losing All Sense"

Au vu du titre et du soin appliqué à la réalisation de chacun de leur clip, on en attendait pas moins du quator américains.

 Interviewé par le magazine Dazed, Ed Droste, guitariste et chanteur de Grizzly Bear résume finalement assez bien le clip : "C'est une dichotomie, comme si David Lynch rencontrait Les Real Housewives de Beverly Hills croisé avec Fatal Games (un teen movie version comédie noire). C'est théâtral, noir et surréel." 

Pour Loosing All Sense le groupe s'est offert un casting de choix avec Cody Critcheloe du groupe Ssion à la réalisation. On y retrouve l'actrice Busy Philipps (plus connu pour avoir joué dans Dawson ou récemment Cougar Town) et Freckle, une importante figure gender fluid aux Etats-Unis. La première débarque trempée et semble perdue dans une soirée entre copines qui tournent vite au vinaigre, tandis que la seconde, Freckle, à moitié allongé sur un piano à queue, interpète en playback les paroles teintées de mélancholie de Loosing All Sense.

Le mois dernier, le groupe sortait un autre clip assez fou, Mourning Sound avec Clémence Poesy en invitée de luxe.

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Un nouvel album surprise pour Gorillaz ?

Aucune date de sortie n'a été précisée, ni même si le dit album surprise était en cours d'enregistrement. Néanmoins, les déclarations de Damon Albarn semblent suggérer que quelque chose se prépare. Alors que Gorillaz est actuellement en pleine tournée de leur dernier album, Humanz, la nouvelle nous ramène évidemment tout droit en 2010, lorsque le groupe bluffait tout le monde en sortant l'album surprise The Fall, conçu en 30 jours et entièrement sur Ipad pendant la tournée mondiale de Plastic Beach.

Interviewé par Q Magazine, le leader de Gorillaz s'est laissé aller à des confidences: “J’aime l’idée de faire de la musique et de la jouer en live presque instantanément. (…) Ce sera un album plus complet que 'The Fall', mais espérons qu’il aura la même spontanéité ».

De nouveaux plans de tournée

Damon Albarn a également insisté sur son désir de continuer à tourner :

"Nous avons eu des idées pour de nouveaux styles de show. Si nous continuons les projets avec Gorillaz, nous ne voulons pas attendre sept ans, nous commençons à nous faire vieux. On ne sait jamais ce qui peut arriver. (…) Mon rêve d’être capable de voir des hologrammes de vraies personnes sur scène est maintenant fini. Nous avons été très patients et nous n’avons plus tout ce temps devant nous."

Ce qui est sûr, c'est que le groupe de Damon Albarn et Jamie Hewlett sera au Zénith de Paris les 24 et 25 novembre.

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Thurston Moore a enregistré un album de techno

Dans une récente vidéo pour Pitchfork, l'ex chanteur et guitariste de Sonic Youth donnait son opinion sur la musique techno : "c'est un exercice de mort cérébrale à base de musique plastique" avant d'ajouter :

«Je suis désolée mais j'aime vraiment beaucoup la techno, je pense qu'on a besoin d'en parler d'une manière plus académique, plutôt que de considérer ça comme de la musique pour cinglés qui aiment renifler de la coke et qui essayent de coucher. (rires) Et puis comme ça ne risque pas d'arriver, du coup ils sont coincés avec leurs disques de techno merdiques…

Vous avez écouté mon disque de techno ?»

Si cette dernière remarque semblait à l'époque n'être qu'une boutade, l'Américain vient pourtant de faire trembler le monde de la musique en déclarant qu'il avait bien enregistré un album entier de techno, dans un entretien avec Tyler Pope (musicien de LCD Soundsystem) pour le média TalkHouse. Cet album devrait même sortir très bientôt à en croire Moore :

«Ca ne sortira pas sous mon nom. J'ai absolument pas envie qu'on l'écoute avec une idée préconçue. Du genre, cet insupportable idiot vient de faire album techno ? J'ose même pas y penser.»

L’émission TalkHouse est à écouter dans son intégralité ci-dessous :

En attendant cette galette de 120 bpm, vous pouvez toujours réécouter le sublime album solo Rock n Roll Consciousness, sorti au printemps dernier.

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Exclu : un nouveau morceau des Limiñanas, avec Anton Newcombe au chant

Ces zozos hirsutes étaient faits pour se concentrer. Entre les Limiñanas, groupe français psyché révélé sur le tard, et Anton Newcombe, vieille légende du Brian Jonestown Massacre, le courant (électrique) passe depuis le printemps 2015. Par un tweet, les premiers apprennent que le second les adore, et qu’il aimerait travailler avec eux. Depuis, ils se sont rencontrés, ils se sont forcément aimés, ils ont partagé quelques scènes, et Anton Newcombe les a accueillis dans son studio à Berlin pour produire leur prochain album.

Début 2017, on trouvait une première trace d’enregistrement commun : la reprise du morceau Two Sisters des Kinks, sur un disque tribute du magazine Mojo. Les Limiñanas sortent aujourd’hui un morceau original, Istanbul Is Sleepy, premier single extrait de leur prochain album, qui sortira en début d’année prochaine. La bonne vieille pulsation du Velvet, la voix passée au grille-pain de Newcombe (qui joue aussi de la guitare sur ce morceau), sur des images hallucinogènes top psyché : que les fans soient rassurés, les Limiñanas sont définitivement sortis de l’ombre, mais ils ne sonnent pas encore comme un groupe de sunshine pop (d’ailleurs, il pleut tout le temps dans la vidéo de Istanbul Is Sleepy).

Il y aura plein d'autres surprises belles et vénéneuses sur le prochain album des Limiñanas. On vous en reparle bientôt.

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Stormzy revient sur son premier album avec un court-métrage

Stormzy vient de diffuser un film de quinze minutes, Gang Signs & Prayer – également titre de son premier album studio, paru fin février 2017.

Produit par The Fader et Somesuch, avec le soutient de YouTube, réalisé par Rollo Jackson, figure très respectée dans le monde du Grime, ce court-métrage revient sur l’éducation du rappeur à travers des scènes narratives, entrecoupées par quelques interprétations des chansons de l’album.

Dans une interview accordée à The Fader, Stormzy appuyait le message de son film : “Les petits jeunes comme moi, qui ont grandi dans les quartiers, on ne sait pas souvent que nous sommes les maîtres de nos destins. Il y a tellement de choses qui nous tirent dans de mauvaises directions, pourtant, nous décidons ce qui se passe dans nos vies, comme pour mon album, c’est ce que j’ai voulu monter avec ce film“.

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Pavement bientôt réunis pour leur 30e anniversaire

Après une reformation en 2009 et un concert inoubliable au Zénith de Paris l'année suivante, Pavement pourrait bien remettre le couvert en 2019 à l'occasion de leur trentième anniversaire de carrière.

Séparé pendant une décennie de 1999 à 2009, Pavement se reformait pour une tournée mondiale l'année suivante, en 2010. Depuis, certaines rumeurs circulaient, suite au concert des deux membres fondateurs, le leader Stephen Malkmus invitant sur scène le guitariste Scott Kannberg (aka Spiral Stairs, son projet solo) à l'occasion du show anniversaire des 50 ans de Scott.

Hier soir, Kannberg a précisé dans une interview, diffusée sur les ondes de la radio italienne Radio Citta del Capo, que l'idée d'une reformation commençait à germer et qu'elle pourrait porter ses fruits d'ici quelques années :

«Il n'y a encore rien de concret, mais nous avons évoqué une tournée pour le trentième anniversaire du groupe en 2019. (…) Restez à l'écoute!»

L'extrait de l'interview est à écouter à partir de la troisième minute via le player ci-dessous :

En attendant, on peut se consoler avec cette vidéo live de San Francisco, filmée à l'occasion du concert des 50 ans de Scott Kannbeg. Le chanteur Stephen Malkmus (et de son groupe The Jicks) avait convié sur scène Scott pour reprendre un des classiques de Pavement, Date with Ikea (1997).

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Pogo Car Crash Control : “A bas la hiérarchie“ en live sauvage avec Stupeflip

Lorsqu’on débarquait à la Flip Party, on tombait directement sur le live du groupe Pogo Car Crash Control, cette bonne découverte, qui nous envoyait du rock bien gras et puissant en pleine face. Un moment à revivre avec la sortie du clip A bas la hiérarchie – en featuring avec Stupeflip -, filmé pendant cette folle soirée.

En attendant le premier album du groupe prévu pour l'année prochaine, vous pouvez écouter leur EP sur ce lien via Apple Music, et d’ores et déjà vous procurer des places (ici) pour les concerts de leur tournée française du mois d'octobre, en attendant La Maroquinerie de Paris, le 12 avril 2018.

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