Actu musique

26 septembre 2017

Deux membres du staff de The Weeknd accusés de viol

Selon des sources policières citées par TMZ ce mardi 26 septembre, une femme a déposé plainte auprès de la police de l'Ohio. Le viol se serait déroulé le 19 septembre, juste après un concert donné dans la ville de Columbus, au Jerome Schottenstein Center. L'artiste de Toronto n'est pas impliqué dans cette affaire, et avait déjà quitté les lieux au moment des faits. Les deux présumés violeurs travaillaient de manière temporaire pour lui, juste le temps de la tournée.

Les faits se seraient déroulés dans les backstage

La jeune femme a déposé plainte au lendemain du concert, le 20 septembre dernier, et explique avoir été violée "dans les backstage" par les deux hommes, peut-on lire sur la plainte que TMZ s'est procuré. La police tente actuellement de récupérer des images de la scène issues des caméras de vidéo-surveillance. "La police a déclaré que les 'armes' utilisées lors du viol présumé comprenaient les mains, les pieds et les dents", indique TMZ qui précise que "tous étaient en état d’ébriété". L'enquête est encore en cours.

Les deux hommes renvoyés

Les organisateurs de la tournée, XO et Live Nation affirment auprès du site américain que les deux hommes ont été immédiatement virés de la tournée :

«En apprenant les accusations visant deux membres du personnel de notre tournée, nous avons immédiatement résilié leur emploi". Ils ajoutent : "Nous travaillons avec la police afin de leur fournir toutes les informations, et l'aide dont ils peuvent avoir besoin".

Malgré ces graves accusations, le Starboy : Legend of the Fall Tour se poursuivra aux Etats-Unis tout au long du mois de novembre avant de s'envoler pour l'Australie.

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SZA, Kelela, Cardi B... bienvenue dans la playlist de Grimes

La playlist s'appelle "the faé list" et comprend 21 titres d'artistes pour la plupart indépendants, "qui écrivent et produisent leur propres trucs" et avec qui Grimes se sent connectée "dans une certaine mesure", déclare la canadienne dans un post instagram (ci-dessous). Les morceaux choisis sont également des productions assez récentes. La playlist devrait être mise à jour "semi-régulierement" .

On y retrouve pas mal de titres de hip hop avec Prom de SZA , Fruit d'Abra, Bodak Yellow de Cardi B, How To Talk de Lil Uzi Vert, mais aussi I Bet on Losing Dogs de Mitski, LMK de Kelela, SGL de Now,now, Aorta de Tanya Tagaq’s ou plus surprenant, Look What You Made Me Do de Taylor Swift .

Starting a Spotify playlist. K had an edible before writing this so… its gonna be meandering-----------------—--• In any case — obvïs missing a lot of artists/ songs on here but I plan to rotate it semi regularly, and for now trying to stick to recent ish releases -----------------—--• Description: songs i love.. tryin' to stick to independent artists, not always possible tho, and gnerally artists who write or produce their own shit. Artists I feel a kinship towards in some capacity. its a good energy for gaming or drawing in particular -----------------—--•----------•???????????????????????????????????????? Also creating my own genre cuz ppl always ask what my genre is. theres more to it, but this is the first paragraph of my manifesto haha -----------------—--•---—--------—• "The fae are the children living at the end of the world, who make art that reflects what its like to live knowing the earth may not sustain humanity much longer. We live knowing that environmentally driven genocide is nigh, that the least equipped are to be struck down by the very earth itself. Repentance by the innocent for the sins of the rich. This does not mean that all fae art is directly about this, but that the influence of this reality is inescapable for the fae” @purityring @hanatruly and @nicoledollanganger have already joined me in our nu apocalypse subgenera link in bio

Une publication partagée par Grimezsz (@grimes) le 25 Sept. 2017 à 17h59 PDT

Répondant à une fan par commentaire, qui s'insurgeait de ce dernier choix musical, Grimes s'est défendue " elle l'a écrit elle-même! ce qui est rare de la part de grands artistes pop, et un critère majeure pour cette playlist. (…) Mais je suis une fan, je ne peux pas le nier, en particulier son album Red. "

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Courtney Barnett & Kurt Vile, un nouveau morceau qui se ballade dans les années 90

Un téléphone avec un fil, un jeu d'arcade, des chemises à carreaux, un bowling, des instruments, des enfants et des personnes âgées (avec des chmises à carreaux), une fête foraine et même un DVD de Kurt & Courtney : Courtney Barnett et Kurt Vile continuent leur ballade en duo dans la feel-good music et la nostalgie des années 90. Encore un peu plus folky que Over Everything, le premier morceau de leur album à venir (le 13 octobre), Continental Breakfast sonne comme un vieux Yo La Tengo acoustique, et ça nous va bien.

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Charlotte Gainsbourg et Sebastian, l'interview exclusive à deux voix

Au déclenchement de l’écriture, y a-t-il toujours la mort ? La perte, les pertes sont au centre de Rest, le nouvel et magnifique album de Charlotte Gainsbourg. En 2013, sa sœur Kate Barry décède tragiquement. Et plus rien ne sera comme avant. L’actrice et chanteuse française se trouve prise d’une nécessité. Ecrire, faire quelque chose de cette douleur, et de toutes celles, autres, anciennes, qu’elle fait ressurgir.

Au diable le regard des autres, et le lourd héritage paternel qui empêchait jusqu’alors d’écrire en français. Elle écrira, en français, sur son intimité, ses doutes, ses sentiments les plus profonds. Epaulée par Sebastian, jeune producteur electro français ultradoué, qui a notamment collaboré avec Katerine et Frank Ocean, elle s’attelle à Rest.

Un disque somptueux, impudique, ample, gainsbourien (une des grandes intelligences du projet est justement de ne pas fuir l’héritage paternel mais de l’embrasser), qui joue sans cesse du chaud et du froid, des contrastes entre charge émotionnelle des textes et rythmes electro entraînants, discoïdes. “Rest”, en anglais, signifie “repos” : celui des morts, éternel, mais aussi celui que l’on s’accorde à soi même lorsque l’on s’autorise à se regarder telle que l’on est, lorsqu’on s’autorise enfin à être soi.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Charlotte Gainsbourg – Quand j’ai écouté ce que faisait Sebastian, j’ai tout de suite eu envie de voir si ça pouvait coller avec ma voix et s’il aurait envie d’une collaboration. Le côté electro et très violent de sa musique m’attirait. C’est quelque chose de très brutal et en même temps très mélodieux. J’adorais ce qu’il faisait.
Sebastian – La première fois que l’on s’est vus, pour la petite histoire, ça ne s’est pas très bien passé. Je suis arrivé un peu bourré.
Charlotte Gainsbourg – Il m’a demandé si j’avais de la bière (rires). Mais j’étais tout de même convaincue que j’avais envie de travailler avec toi…

Sebastian, tu étais intimidé ?
Sebastian – Oui probablement, il y avait un mélange de plein de choses. J’ai eu l’air arrogant, je pense. J’ai commencé par dire à Charlotte “Moi, ce qui m’intéresse, c’est ça”.

Ce “ça”, qu’est-ce que c’était ?
Sebastian – Le français. C’était important, pour moi, si je travaillais avec Charlotte, de préserver cette dimension française, même dans les référents musicaux. J’avais un début d’idée, mais après il fallait la proposer et entendre les siennes. Le rôle d’un producteur, c’est avant tout d’aider un artiste à accoucher de son album, de faire la sage-femme. Pas de faire son propre disque. Cela peut nécessiter du temps. Pour ce disque, quatre ou cinq ans.
Charlotte Gainsbourg – J’avais en tête, assez précisément, des musiques de films d’horreur ou de films français plutôt populaires des années 1970. J’y retrouvais la même ampleur que dans la musique de Sebastian. J’avais envie qu’on fasse quelque chose qui se rapproche du Clan des Siciliens. Je pensais aussi au Mépris.

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Mais qui a influencé la musique des Rolling Stones ?

capture-decran-2017-09-26-a-15-25-32.png Rolling Stones 2017 - HS

Le 16 avril 1964 paraît le primal The Rolling Stones qui ne comporte qu'une composition originale, Tell Me (You're Coming Back), le reste n'étant que révérences à leurs maîtres, parmi lesquels Chuck Berry, Jimmy Reed ou Willie Dixon. Près de cinquante ans après, Blue and Lonesome, leur dernier album, n'est lui aussi composé que de reprises. Alors quels sont ceux, piliers du blues ou pionniers du rock, qui sont à l'origine des Rolling Stones ?

Muddy Waters Mannish Boy
“I'm a full grown-man, I'm a man, I'm a rolling stone”. Voilà pour ce qui est de la première pierre. Un riff rugueux de Muddy Waters qui mêlent d'autres influences majeures des Stones, puisqu'il répond au I'm a Man de Bo Diddley, lui-même puisé dans le Hoochie-Coochie Man composé par Willie Dixon. Mais gare aux faux amis : c'est bien du morceau Rollin' Stone, du même Muddy Waters, que vient le nom du groupe.

Chuck Berry Come On
On retrouve Muddy Waters (du moins un de ces disques) à la gare de Dartford où se trouvent un jour par hasard Mick Jagger et Keith Richards, amis d'enfance qui s'étaient perdus de vue depuis. Sous le bras de Mick donc un best-of du tenant du Delta Blues et des disques de Chuck Berry sur lesquels roulent la conversation. Le 10 mai 1963, ils enregistrent leur premier single, Come On, avant d'autres reprises du king du duck-walk (Carol, Around and Around…)

Jimmy Reed Brights Lights, Big City
Les plus jeunes ne verront là que le roman phare de Jay McInerney. Il s'agit auparavant d'un standard du blues signé Jimmy Reed dont la carrière se verra écourtée par un alcoolisme chronique. Enregistrée en demo mais jamais publiée, la version des Stones est donc logiquement écoutable sur nombre de bootlegs. Le groupe lui préférera, toujours sur le premier album, la vibrante déclaration "Honest I Do".

Bo Diddley Bo Diddley
Ou tout autre chanson de Bo Diddley, qui a infusé tout le rock moderne (jusque, au hasard, Jesus And The Mary Chain), Keith Richards par sa science du riff bref, haché, ou Mick Jagger par son chant hoqueté en prise directe avec la sauvagerie électrifiée de la guitare. Soit une bonne part du côté crade des Stones même si, comme dirait ce bon vieux Bo, "You Can't Judge a Book by His Cover".

Elmore James Dust My Broom
Figure du Mississippi Blues, Elmore James doit son plus grand succès à cette reprise de Robert Johnson (que nous retrouverons un peu plus tard dans la discographie des Stones). Aux côtés de Muddy Waters, il contribuera à la naissance du son Chicago Blues avant de mourir prématurément à 45 ans. Alors qu'il promène sa guitare de groupe en groupe dans le Londres d'avant les Rolling Stones, Brian Jones choisira le pseudonyme Elmo en son hommage.

Dale Hawkins Susie Q
Le titre de Dale Hawkins est devenu au fil du temps un standard. La même année que chez Johnny Hallyday, il  apparaît sur la version américaine du deuxième album des Stones, 12 x 5. Mais c'est en 1968 qu'il remportera son succès le plus massif dans la version qu'en donne Creedence Clearwater Revival. On retrouvera encore Susie Q onze ans plus tard, chantée par Flash Cadillac & The Continental Kids sur la BO d'Apocalypse Now.

Buddy Holly Not Fade Away
Dans la théorie d'hommages à la musique noire américaine (du blues à la soul) qui truffent leurs premiers disques se glisse une anomalie, Buddy Holly, blanc-bec à lunettes que d'aucuns accusent d'avoir glissé le ver pop dans le fruit rock encore en pleine maturation. Un choix qui peut sembler détonner et ne laisse pas d'étonner mais que le groupe maintient jusqu'en 1995 en en proposant une nouvelle version pour l'album mi-live mi-studio Stripped.

Willie Dixon I Just Want to Make Love to You
De I Just Want to Make Love to You sur le premier à I Can't Quit You Baby sur le dernier, les chansons de Willie Dixon auront traversé toute la carrière des Stones. Rien que de plus normal puisque l'ancien boxeur, qui a fui le Mississippi pour Chicago à cause de ses démêlés avec la justice, a écrit une dizaine de standards blues repris par le gratin du genre puis adoptés en terre anglaise par toute la scène du British Blues Boom, son I Can't Quit You Baby précité devenant ainsi un des morceaux de bravoure des live de Led Zeppelin.

Master Musicians of Joujouka
Lors d'un voyage au Maroc en 1968, Brian Jones découvre ces maîtres de la musique soufie, une rencontre qui fera l'objet du disque, Brian Jones Presents the Pipes of Pan at Joujouka (1971). Ils symbolisent ici l'appétence du Stone blond pour les musiques orientales et océaniennes dont il nourrira le groupe. C'est ainsi d'un séjour aux îles Fidji (là même où, quelques années plus tard, Keith Richards a failli mourir d'une chute de cocotier) qu'il rapporte le sitar qui pimentera Paint It Black ou Street Fighting Man. Quatre ans après la mort de Brian Jones, la ligne de flûte qui ouvre et clôt Can You Hear Music, son caractère planant et lancinant et ses paroles (“Sometimes you're thinking you've been push around and your rainbow just ain't hère”) laisse penser à un dernier adieu de la part de ses anciens bandmates.

Little Walter Juke
A l'instar de Neymar et Cavani se disputant l'honneur de tirer les penalties au PSG, l'équipe des Stones, plus particulièrement Brian Jones et Mick Jagger se sont battus sur un enjeu tout aussi important : savoir qui serait le titulaire du poste d'harmoniciste au sein du groupe, rôle à l'origine dévolu à Jones et dont Jagger obtiendra la garde exclusive quelque temps avant l'éviction de son “concurrent”. Blue and Lonesome, titre de leur dernier album, est aussi celui d'un morceau de Little Walter qui a révolutionné le son blues par son approche nouvelle de l'harmonica, comme sur ce Juke, premier morceau joué uniquement avec cet instrument à entrer dans les charts.

Marianne Faithfull As Tears Go By
L'histoire retiendra que le premier morceau composé par la paire Jagger/Richards gravé dans la cire a été interprété par une jeune fille de 18 ans, la compo n'étant pas jugée assez musclée pour un album des Stones (où elle atterrira pourtant l'année suivante). Mais Marianne Faithfull, en plus d'être muse, influencera à plusieurs reprises l'œuvre du groupe. Ainsi est-ce la lecture du Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov, que lui avait conseillée Marianne Faithfull, qui a inspiré Sympathy for the Devil à Mick Jagger. Et, certes avec quelques années de retard (lire plus bas), elle sera une des rares personnes créditées sur un album des Stones, hors covers.

Robert Johnson Love in Vain
Après trois albums truffés de reprises paraît en 1966 Aftermath, premier album entièrement signé Jagger/Richards tout comme le suivant Between the Buttons (1967) et Beggars Banquet (1968) – Their Satanic Majesties Request (1967) ne faisant exception que pour In Another Land crédité à Bill Wyman. C'est aussi, presque, le cas de Let It Bleed (1969) qui livre une version tout en retenue et émotion de la chanson de celui qu'on considère comme le père fondateur du blues qu'on retrouve dans une belle relecture live en studio sur Stripped.

The Beatles Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band
On le sait, les Rolling Stones obtiennent leur réel premier succès national avec une chanson signée Lennon/McCartney, I Wanna Be Your Man avant que médias et fans entretiennent une supposée guerre entre les deux groupes. Six mois après la parution du chef-d'œuvre absolu des Beatles, les Rolling Stones publient leur album psychédélique Their Satanic Majesties Request que les plus indulgents décriront comme une parodie pour en masquer les défauts. L'affaire, peu convaincante dans l'ensemble, recèle quelques trésors psyché comme She's a Rainbow.

Fred McDowell You Gotta Move 
Deux ans après Let It Bleed, le principe de reprise unique est reconduit sur Sticky Fingers (1971) avec ce You Gotta Move poisseux (cosigné par un certain Reverend Gary Davis dont les intentions ne paraissent pas très catholiques) qui s'intègre à merveille parmi les compos vénéneuses du duo Jagger/Richards. Pour l'anecdote, il faudra attendre 1994 pour qu'une autre signature apparaisse enfin sur Sticky Fingers, celle de Marianne Faithfull enfin créditée pour Sister Morphine.

Slim Harpo Shake Your Hips
Exile on the Main St., entre autres qualités, demeure sans doute comme un des albums les plus sexuels de l'histoire du rock'n'roll (des sessions d'enregistrement aussi épiques que mythiques ajoutant à sa légende). il exsude la moiteur du Sud, celui des bayous et des voyous mais aussi celui de la France puisqu'il a été créé pour l'essentiel dans la fameuse villa Nellcôte de Villefranche-sur-Mer. Ils y retrouvent notamment l'harmoniciste de Louisiane à qui ils avaient déjà emprunté I'm a King Bee par le passé.

The Tempations Papa Was a Rolling Stone
Autre constante de l'univers Stones, ses tributs à la soul music qu'elle vienne d'Atlantic, Stax ou Motown, qu'elle soit signée Marvin Gaye, Rufus Thomas, ou Stevie Wonder, entre autres. L'un des groupes vocaux les plus populaires du genre, The Temptations sera honoré deux fois sur des albums plus tardifs, It's Only Rock'n'Roll (avec Ain't Proud Too Beg) et Some Girls (avec Just My Imagination).

Peter Tosh Don't Look Back (feat. Mick Jagger)
Les Rolling Stones découvrent la Jamaïque en 1972 lors de l'enregistrement de Goats Head Soup au Dynamic Sound Studio. Mais il faudra attendre 1976 et l'album Black & Blue pour que le reggae apparaisse dans l'univers stonien avec le classique d'Eric Donaldson Cherry Oh Baby ou Hey Negrita. Deux ans plus tard, Mick Jagger duettise avec Peter Tosh sur Don't Look Back, extrait de Bush Doctor, premier album que l'ex-Wailer publie sur Rolling Stones Record.

Bob Dylan Like a Rolling Stone
Ego-trip ou hommage tardif ? Il faudra attendre le milieu des années 1990 pour que les Rolling Stones reprennent le morceau le plus emblématique de Bob Dylan dans un clip de Michel Gondry où la “rolling stone” de la chanson est incarnée par Patricia Arquette. Quid de l'éventuelle influence de Dylan sur la musique et les textes du groupe ? Elle s'exerce sur eux comme sur la plupart des contemporains du prix Nobel qui ont écrit de la musique durant la même période que lui.

Jimmy Rogers Goin' Away Baby
Jimmy Rogers fait partie de ces seconds couteaux du blues, pour ceux qui considèrent qu'un second couteau peut être bien utile, qui a connu une seconde carrière inespérée qui constituera l'essentiel de sa discographie dans les années 1990. Membre du band de Muddy Waters aux côtés de Little Walter, son come-back a pour point culminant Blues, Blues, Blues  et son casting de rêve. En sus de Mick Jagger et Keith Richard ici présents (ainsi que sur une relecture du Trouble No More de Muddy Waters), il réunit Eric Clapton, Jimmy Page et Robert Plant sur Gonna Shoot You Right Down (Boom Boom) de John Lee Hooker.

Was (Not Was) Walk the Dinosaur 
Dans le morceau le plus connu de ce groupe – hormis (tiens, tiens) leur reprise de Papa Was a Rolling Stone – il est question (tiens, tiens, bis) de dinosaure donc. Ironique quand on sait que l'un des deux Was (Don, en l'occurrence) est considéré par la majorité des fans comme la pire influence des Stones dont il a produit les efforts les plus patauds et les moins audibles. Alors pas merci à Was d'en avoir fait des has been…

Bonus track - Howling Wolf  The Red Rooster
Quand le vétéran blues natif de White Station (Mississippi), dont le chant à mille autres reconnaissable a guidé celui de Mick Jagger et plus encore celui de Keith Richards, débarque à Londres à 60 ans en 1970, toute la crème se presse à ses London Sessions. Sur ce morceau, Eric Clapton, Bill Wyman et Charlie Watts que l'on retrouve sur d'autres avec notamment et dans le désordre Steve Winwood, Ian Stewart ou Ringo Starr.

20 morceaux repris par les Rolling Stones en une playlist

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Le Dynamo Fest va faire le tour de l'Afrique en musique

L’année dernière, la Dynamo fêtait ses dix ans d’existence avec la création d’un "mini-festival", le Dynamo Fest. Pour rappel : la Dynamo est la salle de Pantin liée au festival Banlieues Bleues, qui toute l’année programme des concerts, accueille des résidences d’artistes et sert d’incubateur pour la nouvelle scène du jazz français.

La dynamique, c’était de continuer, et le Dynamo Fest est donc de retour du 6 au 8 octobre, pour une seconde édition qui tourne autour des musiques africaines.

On commencera le voyage en douceur le vendredi 6 octobre avec Léontina Fall, qui chante en solo en caressant son kamele n’goni (un petit cousin de la kora) un tendre blues baigné dans les souvenirs du Sénégal. Suivront deux groupes qui savent déclencher les foudres du groove : les Français The Afrorockerz d’abord pour une création avec section de cuivres, suivis du ghanéen Pat Thomas, légende du highlife dont il est aujourd’hui le plus ardent représentant sur la scène mondiale.

Le lendemain, c’est la pianiste Eve Risser, une habituée de la Dynamo, qui invite des percussions pour une création à la découverte des musiques africaines. Puis la soirée continue et se termine avec deux formes de groove qui font le grand écart tout en ayant pour point commun le monde lusophone. Tout d’abord la musique vintage, acoustique, campagnarde et toujours très dansante de l’accordéoniste cap-verdien Bitori, légende du funana redécouvert toujours vert grâce à une compilation sortie l’an dernier par le label Analog Africa. Ensuite débarquera une autre légende, mais versant musique électronique, le DJ Batida, qui dans son grand chaudron festif et autant sonore que visuel fait bouillir beaucoup de rythmes angolais.

Le dimanche, c’est plus tôt (début des concerts à 17h), mais à peine plus calme, avec pour commencer l’étrange et réjouissant groupe Electric Vocuhila. Ces musiciens viennent du jazz, option free, et jouent de la musique africaine comme si c’était du rock. De la musique africaine d’aujourd’hui, avec une prédilection pour le tsapiky malgache : tourneries de guitare électrique et rythmes fous, pour une forme de musique de transe très proche du meilleur rock, en effet. On pourra ensuite se reposer un peu avec le retour de Blick Bassy. Ancien résident de la Dynamo, il y a créé il y a plus de deux ans son projet Akö, qu’il revient jouer ici après avoir bourlingué dans le monde entier. Le retour de l’enfant prodigue, donc.

Dynamo Fest, du 6 au 8 octobre à Pantin, renseignements sur le site de Banlieues Bleues.

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Lil Peep est le gendre idéal que la musique de 2017 attendait

Il fallait bien que ça arrive. Comme le rock avant lui, le rap connaît sa période emo, et celle-ci se cristallise, entre autres génies, sur les tatouages de Lil Peep. S’il est toujours difficile d’enfermer un musicien dans un registre, les chansons du jeune Américain de 21 ans semblent pourtant se définir à merveille comme un mélange inattendu entre My Chemical Romance, Beyoncé et Gucci Mane.

"Tromper l'ennui et les envies suicidaires"

L'histoire débute il y a un peu plus de deux ans. Gustav Åhr, lycéen un peu chelou et solitaire, a pour habitude d’escalader le mur de son lycée de Long Island et de sécher les cours. Il traînasse donc dans sa chambre, fume des joints, joue aux jeux vidéo et s'emmerde devant MTV, comme des milliers d’autres ados. Au milieu de l'ennui, il finit par s’acheter un micro à 200$ au magasin du coin de la rue. Quelques mois plus tard, Veins débarque sur Soundcloud. L'aventure est lancée et le morceau cartonne sur les internets. Les autres connaitront le même succès.

En un an et demi à peine, Lil Peep a trouvé le temps de se tatouer un énorme Daddy et des étoiles sur le poitrail, de se teindre les cheveux en rose, noir, blond et, plus important, de sortir quatre mixtapes et une poignée d’EPs. Tout ça ‘’pour tromper l’ennui et les envies suicidaires’’, comme il le déclarait récemment chez The Fader. Son style s’affine, se précise. On trouve là des guitares déprimées, samplées chez Brand New (Crybaby), Oasis (Yesterday) ou encore Giles Corey (Come Around), une voix triste et pâteuse, des déclarations d’amour aux filles et aux drogues dures, et pour finir, des beats de 808 tout droit venus d’Atlanta. Une formule difficile à identifier et qui ne cesse de diviser. Certains détestent le rappeur parce qu'il est trop différent, d’autres le méprisent parce qu'il rappelle leurs mèches noires et les groupes émo des années 2000. D’autres l’adulent pour sa capacité à compresser les genres. Tandis que ses fans n'hésitent déjà pas à le comparer à des idoles comme Kurt Cobain.

A lire aussi : les emo-kids sont de retour… Et en 2017, ils font du rap

Popstar en devenir

De plus en plus d'artistes se réclament de la scène emo-trap, ou peuvent en tout cas être rangés dans cette nouvelle forme d'expression, entre rap et dépression. Bones, XXX Tentacion, SpookyBlack ou Lil Tracy : la concurrence est rude. Mais grâce à une personnalité hors du commun qu’il prend plaisir à exalter via les réseaux sociaux, Lil Peep se démarque sans peine. Il sait s’entourer (jetez un oeil sur son crew Gothboiclique), et possède un talent sans équivoque quand il s’agit d’écrire des hymnes pop et des refrains qui collent au cerveau. Il suffit d’écouter des titres aussi accrocheurs que Witchblades, Crybaby ou The Brightside pour s’en convaincre.

Le mois d'août 2017 aura en tout cas marqué un tournant dans la carrière du musicien, puisqu’il a publié son premier album officiel, Come Over When You’re Sober Pt.1. Soit 23 minutes de tristesse cocaïnée, de beats acérés, dde riffs apathiques. Une une nouveauté vient compléter le geste. L’album ne comporte aucun sample, toutes les parties instrumentales ayant été composées pour le disque..

Ce début de carrière ultra prometteur suffit déjà à Lil Peep pour dépasser les frontières des Etats Unis et arriver aux oreilles de l’Europe du stream.  On a maintenant hâte que des morceaux comme The Brightside ou Benz Truck résonnent dans l’enceinte de la Maroquinerie, le 27 septembre.

Lil Peep sera en concert à Paris ce mercredi 27 septembre à La Maroquinerie.

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Frank Zappa annonce une tournée pour 2018 (en hologramme)

Décédé en 1993 à l'âge de 52 ans, Frank Zappa revient pour une tournée mais… sous forme d'hologramme. Les dates de tournée devraient être révélées courant 2018.

La nouvelle a été annoncée par la Frank Zappa Trust, l'entreprise de gestion de patrimoine de la famille de Frank Zappa. "L’hologramme jouera ses plus grands classiques ainsi que des morceaux rares et non enregistrés", a commenté Ahmet Zappa, le fils de Frank Zappa, comme le rapporte Pitchfork. Steve Vai, Ian Underwood, Adrian Belew, et Arthur Barrow, des musiciens connus pour avoir joué aux cotés de Frank Zappa (et toujours vivants, eux) devraient également collaborer à cette tournée. D'autres musiciens seront annoncés prochainement.

Eyellusion, l’entreprise derrière la création de cet hologramme, a aussi annoncé réaliser une production holographique autour de Joe’s Garage: The Musical, l'opéra-rock de Frank Zappa découpé en trois actes, avec l’hologramme de Zappa dans le rôle du narrateur.

Un procédé en vogue

Depuis le live de Tupac à Coachella en 2012 (à voir ci-dessous), tous s’y mettent. Billie Holiday, Michael Jackson, Claude François ou encore Dalida ont retrouvé une seconde vie sur les planches grâce à cette technologie. Des  politiques comme Jean-Luc Mélenchon ou Erdogan en ont également fait usage ces derniers temps…

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Le banger de la semaine est signé Tommy Genesis 

Tommy Genesis continue son bonhomme de chemin. La native de Vancouver publiait sur son compte Instagram, en fin de semaine dernière, une série de photos parmi lesquelles figurait une probable cover - une photo d’elle dans le plus simple appareil - de son prochain album. Vendredi 22 septembre, elle lâchait le single Tommy, en écoute dans le lecteur ci-dessous.

Un banger efficace, qui apporte avec lui un gage de qualité : le producteur Charlie Heat, nominé aux Grammys pour son travail sur The Life of Pablo, dernier album de Kanye West et rattaché à la maison G.O.O.D. Music. Un résultat puissant et sec, qui colle parfaitement avec le flow de la Canadienne.

>> À lire aussi : Confirmation : il est impossible de résister à Tommy Genesis <<

La musique et la mode

En parallèle de quelques incursions remarquées dans le monde de la mode (où elle avait notamment posé pour la campagne 2016 de Calvin Klein ou, plus récemment, s'était affichée au côté de M.I.A. dans la vidéo Fashion Story de Mercedes-Benz), la rappeuse a déjà sorti un excellent projet, World Vision, estampillé Awful Record, création du rappeur d’Atlanta Father.

En véritable touche à tout, la jeune femme - en plus de réaliser ses clips – s’est fendue d’un autre projet, cette fois en la compagnie de son ami Ye Ali et de Wes Period. baby.daddi (dont les premiers titres sont en écoute via Soundcloud) révèle un côté plus pop dans sa musique.

Tommy Genesis entamera une tournée européenne à la fin du mois d’octobre et sera de passage à Paris dans le cadre du Pitchfork Avant-Garde Festival le 3 novembre prochain. Toutes les dates sont à retrouver ici.

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Chance The Rapper est de retour avec un nouveau morceau (et c'est très beau)

En toute décontraction, assis dans un décor épuré, Chance The Rapper a joué un nouveau morceau sur le plateau du Late Show de Stephen Colbert sur CBS. Un morceau "tout frais", écrit quelques jours plus tôt seulement, dit-il dans l'interview qui accompagne cette performance avec, à la guitare et au chant, Daniel Caesar. (On vous conseille le premier album de ce jeune musicien s'il n'est pas déjà passé par vos oreilles.) Ce morceau, presque soul, n'a pas encore de titre.

Pour le reste, Chance The Rapper est actuellement en studio en train d'enregistrer des pistes. Pas de projet précis en vue, mais sans doute quelques idées sont-elles en confection pour ce qui deviendra la suite de Coloring Book, dernière mixtape impeccable parue en 2016.

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