Actu musique

24 septembre 2017

Mort de Charles Bradley, dernier héros de la soul

Le cancer est un adversaire redoutable. D'autant plus  qu’il ne respecte aucune règle. Et ne vous laisse souvent vous relever que pour mieux vous asséner le coup de grâce. A 68 ans le chanteur de Soul Charles Edward Bradley vient de perdre son combat contre celui qui lui rongeait l’estomac depuis un an, et qui après un bref répit s’était mis à lui attaquer le foie. Si la métaphore nous est facile, c’est que la vie de Bradley a beaucoup ressemblé à un combat de boxe. Un combat d’une rare violence, mais qui ne s’est pas conclu sans quelques rounds victorieux et qui fut accompli avec beaucoup de panache.

Dans la soul music comme dans la boxe il y a les champions et les sparring partners. Il arrive que des figurants du ring deviennent des vedettes. La chose est rare et pour un Larry Holmes qui à ses débuts entraînait Mohamed Ali et a fini par être couronné champion du monde des lourds, combien de milliers de ces faires valoir condamnés à l’obscurité ? Charles Bradley aurait du être le sparring partner de James Brown si celui ci avait poursuivi sa carrière de boxeur. Au cinéma, il aurait pu lui servir de doublure. Ses dons d’imitateur l’y autorisaient. Dans sa jeunesse, après l’avoir découvert à l’Apollo Theater de Harlem lors de l’une de ses légendaires prestations, Bradley s’était mis à singer Brown dans des cabarets de New York ou d’ailleurs, interprétant ses chansons, sa manière de chanter, reproduisant sa gestuelle dans des costumes copiés à l’encolure près sur ceux que portaient en scène le Parrain de la soul. Le spectacle plaisait à un public qui ne serait jamais aventuré à voir un vrai spectacle de Brown dans un quartier aussi mal famé que Harlem.

Bradley en fit donc un métier sous un nom d’emprunt, un nom qu’aurait pu choisir un catcheur, The Black Velvet. Et de 1967 aux années 2000, il vécut dans l’ombre de son modèle. Puis à la mort de James Brown en 2006, il se retrouva seul à chanter du James Brown. Son heure de gloire sonna alors. Il devint un champion à son tour. Tardivement. Douloureusement. Il signa un contrat avec le label revivaliste Daptone Records, eut le temps de sortir trois albums, de multiplier concerts et tournées, de goûter à cette gloire qu’il n’avait jusqu’alors jamais connu autrement que par procuration. C’est au cours de ces années là que The Black Velvet devint enfin Charles Bradley. Que l’imitateur se débarrassa du costume de l’imité. Pas complètement certes. On ne se défait jamais totalement d’une aussi longue appropriation. Mais dans cette tardive chrysalide, il se paya quand même le luxe de mettre enfin sa vie, toute sa vie, dans sa musique. Une vie acharnée, pas franchement gaie, vécue comme sur un ring où l’on encaisse des coups, où l’on accumule blessures et K.O….

Bradley est né à Gainsville en Floride en 1948. Abandonné dès la naissance par sa mère, n’ayant jamais connu son père, il a d’abord été élevé par sa grand-mère maternelle. Puis à l’âge de 8 ans, sa mère Inez souhaitant le récupérer, il passe le reste de son enfance à Brooklyn. Il a 14 ans en 1962 quand sa sœur lui fait assister à ce fameux concert de James Brown (consigné sur le Live At The Appolo Vol 1) qui va changer sa vie. Cette même année il s’enfuit de chez lui. Fatigué de vivre dans un sous sol insalubre et une misère indescriptible, il préfère la liberté du sans abri qui a la rue pour royaume et le métro pour dortoir.

Dans un documentaire intitulé Soul of America qui lui sera consacré en 2012, Bradley raconte qu’il avait peur que sa mère, au comportement très instable, ne finisse par lui faire du mal. Une vie d’errance débute pour lui au cours de laquelle, il va devenir cuistot dans un hôpital psychiatrique, survivre d’expédients et de jobs minables entre le Maine, le Canada, l’Alaska et la Californie. Tout en accrochant ici et là d’épisodiques engagements dans des clubs. En 1996 sa mère lui demandant de se rapprocher d’elle, il retourne habiter avec elle à Brooklyn. C’est à cette époque qu’il se fait connaître sous le nom de The Black Velvet. Mais aussi qu’il manque de mourir après une injection de pénicilline et qu’il assiste impuissant au meurtre de son frère en pleine rue commis par l’un de ses neveux.

Tout ce vécu extrême du ghetto, toute cette expérience de vagabond au long cours et aux lendemains incertains, il aura finalement l’opportunité d’en traduire la douleur, la poignance dans ses propres compositions. Repéré par Gabriel Roth et Tom Brenneck de Daptones, label devenu refuge des gueules cassées de la soul ( à l’image de Sharon Jones), il est soudain propulsé dans une lumière autrement intense que celle éclairant les scènes de seconde zone où il a coutume de se produire. Sans se laisser aveugler, il saisira cette opportunité pour coucher sa vérité sur trois albums, No Time of Dreaming, Victim of Love et Changes, au goût âpre comme l’avait été toute son existence. Ces disques enregistrés avec les Bullets ou le Menaham Street Band, répondent à merveille à la vocation profonde de la soul music qui est de confire dans une exubérance rédemptrice les tragédies du quotidien. Sur le dernier album paru en 2016, on l’entend reprendre un titre du groupe de métal Black Sabbath intitulé Changes, faisant ainsi écho à tout ce qu’il avait traversé, heurs et malheurs, à ce que la roue indomptable du destin lui avait fait endurer. Charles Bradley, James Brown du pauvre devenu icône de la soul, est mort la même semaine que l’ancien champion du monde de boxe Jake La Motta. Dure semaine pour la boxe. Dure semaine pour la soul. Francis Dordor

Les Inrocks - musique

10 albums de jazz made in France à écouter d’urgence

Sylvain Rifflet, Refocus

Marcher sur les traces de Stan Getz et Eddie Sauter n’est pas chose aisée : il fallait une solide ambition, et autant de moyens, pour refaire l'union entre jazz et musique classique célébrée par Focus en 1961. Sylvain Rifflet s'y est employé dans neuf titres comme enfantés par ce modèle, profilés sur lui en ombres chinoises. Seul soliste, il a confié les arrangements de Refocus à Fred Pallem. Intuition payante : les mille et une sonorités dont l'entoure le chef d’orchestre du Sacre du Tympan définissent une cathédrale cristalline et luxueuse, écrin royal pour l'or fin et le feutre suave de son saxophone. A retrouver le 19 octobre, sur la scène du Flow.

Aldo Romano, Mélodies en noir & blanc

En noir et blanc, comme les souvenirs d’un vieux siècle où l’émotion s’imprimait en gris clair et gris foncé, érotisme de l’anthracite, terreur de l’ombre et fascination du blanc, toute une enfance de l’imagination – nos enfants, à nous, rêveront-ils jamais en noir et blanc ? Né en ce temps-là, Aldo Romano revient aujourd’hui sur neuf de ses compositions et une reprise de Manset. Il joue avec une grande simplicité, en compagnie du contrebassiste Michel Benita et de Dino Rubino, pianiste d'une distinction rare, adepte de la note juste et de la mélodie tendre. C’est d’une concision, d’une économie parfaite, où toutes les nuances ont leur place, du noir au blanc.

Pierrick Pédron, Unknown

Après la fusion futuriste de AnD The, c’est un nouveau virage à 180° pour Pierrick Pédron, qui revient à une forme plus conventionnelle, le quartet avec piano, sans renoncer pour autant à son originalité. Unknown est ainsi traversé d'abandons lyriques et de sauts d'intervalles inattendus – on songe parfois à Monk, auquel Laurent de Wilde, réalisateur de l'album va bientôt rendre hommage sur disque  –, de phrases concises, de slaloms be-bop et de tensions qui s'acheminent vers le cri sans s'y résoudre. Partout domine une vigueur dénuée de nervosité, comme si le saxophoniste acceptait pleinement d'être traversé par un tumulte d'émotions et de sentiments. Quand un musicien atteint cet état, l'écouter ne peut que faire notre bonheur. A retrouver au Duc des Lombards les 23, 24 et 25 octobre.

Fred Nardin Trio, Opening

A tout juste trente ans, Fred Nardin est le pianiste français qui monte. Depuis quelque temps, on le trouve partout, à écumer les clubs, à participer aux aventures de l’Amazing Keystone Big Band ou à accompagner des chanteuses (Cécile McLorin Salvant, Véronique Hermann Sambin…). Ce disque en trio dévoile toute l’étendue de son talent, une précision rythmique époustouflante, des développements mélodiques cohérents, une vélocité maîtrisée et un toucher toujours délicat. Répugnant aux grands effets faciles, Opening demande à être écouté avec attention : il distille le charme de l’audace chez un musicien déjà brillant, et qui n’a sûrement pas encore atteint son sommet. A ne pas manquer, le 13 octobre au Duc des Lombards.

Bruno Tocanne, Sea Song(e)s

Concevoir une suite musicale d’après le Rock Bottom de Robert Wyatt, “source inépuisable d’émotion et d’inspiration”, comme l’écrivent Bruno Tocanne et Sophia Domancich, l’idée paraît aussi stimulante qu'impossible. Il y a péril à s’approcher d’une œuvre à ce point achevée et énigmatique dont le trouble passe les années tel un ressac sans fin. Batteur et compositeur d’une grande sensibilité, Tocanne et ses acolytes ont su se placer exactement où il fallait, laissant ce trouble devenir une autre musique, non moins belle, non moins envoûtante, œuvre de résonances et d'une puissance propre, qu'on ne songe pas à comparer à son inspiratrice. Gros coup de cœur, Sea Song(e)s sort le 6 octobre.

Courtois, Erdmann, Fincker, Bandes originales

Etrange dénomination que celle de “musiques de film”. Lorsqu’elles sont réussies, elles échappent si bien au service des images qu’elles suggèrent en nous d’autres cinématographies, plus intimes, étrangères à toute réalisation antérieure. Ces films que l’on se fait, le violoncelliste Vincent Courtois en donne une très belle traduction dans ce disque plein de sève et de rêve. Avec Daniel Erdmann et Robin Fincker, il suggère des thèmes de Marin Marais (redécouvert par le grand public grâce au film Tous les matins du monde), John Williams, Nino Rota ou Giovanni Fusco pour mieux les réinventer, en inventer de nouveaux, laisser l’imagination vagabonder. Le résultat est magnifique. Bandes originales sort le 6 octobre, à découvrir en concert le 23 octobre au New Morning.

Arnaud Dolmen, Tonbé Lévé

Inutile de rappeler l’excellence des rythmiciens caribéens, il suffira de préciser qu’Arnaud Dolmen a officié auprès de Jacques Schwartz-Bart, Franck Nicolas ou Sonny Troupé pour donner une idée de sa propre valeur comme batteur. Dans ce premier album solo, on découvre aussi le compositeur, adepte du gwoka (musique et danse de tradition guadeloupéenne) et de polyphonies légères aux suavités à peine voilées de mélancolie. Au-delà des grooves – il est bien difficile de ne pas bouger à l'écoute d'une musique aussi chaloupée –, cette douce-amertume constitue la meilleure incitation à faire "tonbé lévé" le 2 novembre, au Studio de l'Ermitage.

Rodolphe Lauretta, Raw

Lorsqu’on joue du saxophone, opter à l’heure du premier album pour la formule en trio, c’est faire preuve de témérité, presque d’imprudence. Sans le soutien d’un instrument harmonique, le soliste se retrouve à devoir engager énormément de lui-même et à prendre tous les risques. Rodolphe Lauretta n’a pas reculé devant cette responsabilité, il a su choisir ses hommes (Arnaud Dolmen, que l’on retrouve ici en dynamiteur permanent, et le contrebassiste Damien Varaillon, pas moins assidu à régler son pas sur le sien) pour déployer une musique brute, pleine d’aspérités et de volonté obstinée. Un tour de force effectué avec aisance qui ravira sûrement le public de la Petite Halle, le 30 septembre.

Fox + Chris Cheek, Pelican Blues

A chaque musicien son temps, une manière de l’assouplir ou de le brusquer, de le presser ou de le retenir. Pierre Perchaud, lui, aime à instaurer une distorsion presque nonchalante de l’air où ses thèmes et soli de guitare trouveront leur envol propre, d'une souplesse pleine d'élégance. Déjà auteur d’un bel album en 2016, Fox (trio ici augmenté du saxophoniste Chris Cheek et, par instants, de Vincent Peirani et Christophe Panzani) dévoile davantage ses ambitions avec Pelican Blues, album poétique et burlesque parfumé aux épices de la Nouvelle-Orléans. Sortie le 6 octobre, à retrouver en concert le 26 octobre, au Studio de l'Ermitage.

Jacques Thollot, Thollot in extenso

Disparu il y a 3 ans, Jacques Thollot laissait une œuvre rare par le nombre d'enregistrements (5 albums sous son nom) et plus encore par son exigence, sa complète extériorité à l'évidence, au convenu. Pas tout à fait de ce monde, le batteur, ex-enfant prodige choyé par de très grands noms, était aussi un homme aimé pour ses mystères et sa poésie. Ce disque en témoigne, qui présente les dernières compositions de Thollot telles qu'il les avaient enregistrées avec son quartet, ou interprétées par des amis, sa fille Marie, des musiciens à qui il était cher. C'est un objet précieux, empli de battements de cœur et qui a bénéficié d'une édition remarquable, à la hauteur de l'intention : continuer de vivre et de faire vivre.

Les Inrocks - musique

Les 7 clips qu'il ne fallait pas rater cette semaine

Hyacinthe Le regard qui brille (feat. Ammour)

Clip de hipster signé Colin Solal Cardo, qui est par ailleurs shortlisté deux fois pour les UK Music Video Awards 2017, c'est-à-dire là où les choses se passent vraiment dans le monde du clip. Ceux que ça intéresse peuvent checker la liste complète ici en attendant la cérémonie de remise des prix. Elle aura lieu le 26 octobre à Londres.

Charlotte Gainsbourg Deadly Valentine

Avec Dev Hynes en guest <3

Lawrence Rothman Jordan (feat. Kristin Kontrol)

On vous reparlera bientôt de cette créature fascinante qu'est Lawrence Rothman. Mais pour l'heure, on se concentre sur son nouveau clip réalisé avec élégance par Floria Sigismondi.

Shamir 90's Kids

Un clip très cool et très efficacement résumé par le titre du morceau.

Orelsan Basique

C'est ce qu'on appelle un retour bien lancé : Orelsan a squatté les TL toute la semaine avec son nouveau morceau et son nouveau clip, une grosse performance visuelle signée Greg & Lio. A base de travelling arrière, de plan séquence, de drone et pourquoi pas de popopopop.

Tom Tom Club As Above So Below

Eh ouais, Tom Tom Club. Ils fêtent le 36e anniversaire de leur premier album avec ce clip bien wtf signé Nico de Pouldu et Jim Swaffield. Ça se passe sur une plage bretonne avec une batterie et des poules. Notamment.

ZHU & Nero Dreams

Et on termine avec un énorme bad.

Bises.

Les Inrocks - musique

De Kendrick Lamar à Philip Glass, Nosaj Thing est l'un des hommes-machines les plus doués de sa génération

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Nosaj Thing a fait pas mal de chemin depuis que Kid Cudi l’a découvert en 2006 via Myspace et officiellement lancé en 2008 en lui confiant la production de son single : Man On The Moon. En à peine dix ans, le Californien a collaboré avec le gratin du hip-hop américain (Kendrick Lamar, Chance The Rapper, Busdriver, etc.), tourné avec James Blake, probablement inspiré Justin Timberlake pour la réalisation de Blue Ocean Floor et remixé aussi bien Portishead et Radiohead que The XX ou Philip Glass – n’y cherchez pas de cohérence, appréciez simplement le geste, celui d’un artiste curieux qui n’a jamais cherché à masquer ses goûts derrière quelconques apparats, ni couru à tout prix après les tubes et le succès.

Un tube, sinon rien

À lire ses différentes interviews, Jason Chung ne serait pourtant pas contre l’idée de poursuivre le travail entamé au croisement des années 1990 et 2000 par Timbaland et The Neptunes, des producteurs qu’il admire et dont il a longtemps tenté de reproduire les gimmicks dans sa chambre ou en studio. Car, si Nosaj Thing (dérivé de l’expression "No such thing", "ça n’existe pas" en VF) a déjà investi avec brio le monde du hip-hop et de la pop (cf : ses collaborations avec Toro Y Moi et Kazu Makino de Blonde Redhead), il sait qu’il lui manque encore ce single qui assurerait sa notoriété et l’imposerait auprès du grand public comme l’un des grands producteurs actuels.

Important, Nosaj Thing l’est en tout cas pour tous ceux qui ont tenté de comprendre sa démarche, qui respectent sa volonté de capter des sons dans des endroits uniques (festivals, aéroports, musées) et qui ont déjà tendu une oreille attentive à ces trois premiers albums : Drift, composé le moral dans les chaussettes suite à une rupture amoureuse, Home, un deuxième album tout aussi plombé que le premier, cette fois-ci par des problèmes de santé qui l'obligeront à annuler sa tournée, et Fated, dont l’écoute au casque est fortement conseillée.

Hold-up

Le quatrième, Parallels, a sans nul doute été composé avec la même exigence, tant tout y paraît extrêmement réfléchi, méticuleux, presque narratif. Impossible pour autant de ne pas remarquer que Nosaj Thing en profite aussi pour lâcher un peu la bride, pour s’éclater et laisser ses différentes envies s’exposer plus clairement. Sur U G, on entend ainsi de quoi ambiancer n’importe quelle soirée branchée, sur Form, on distingue une simple ritournelle synthétique encourageant l’hypnose, tandis qu’How We Do et All Points Back To U font la part belle aux ambiances à la fois atmosphériques et vaporeuses. Pas un hasard quand on sait que le Californien s’est fait voler l’ensemble de son studio en 2015 (soit 20 000 dollars de matériels et deux ans de travail) et que cet incident, tel qui le confie dès qu’on lui pose la question, l’a incité à aller vers plus de spontanéité, à ne plus perdre de temps en studio.

The Man-Machine

Alors que Fated cumulait les morceaux relativement courts et un brin expérimentaux, Parallels, lui, forme un joli bloc sonore, résultant d'un véritable travail collaboratif en studio, d'“une nouvelle énergie qui m'a encouragé à ne pas me mettre de barrière”, comme Nosaj Thing le précise dans le communiqué de presse. On y retrouve Zuri Marley (petite fille de Bob et fille de Ziggy), Kazu Makino et Steve Spacek au chant, ainsi que toute une tripotée de proches conseillés, signés ou non sur son label.

Car Nosaj Thing, seul artiste électronique du catalogue d’Innovative Leisure, est également à la tête de Timetable depuis 2013, une structure qui lui permet de publier la musique de ses potes (celles de Whoarei et Gerry Read valent particulièrement le détour) tout en mettant au point des lives nettement plus aboutis que la plupart de ses contemporains. Pour cela, le Californien s'associe régulièrement au vidéaste japonais Daito Manabe, déjà auteur du clip Eclipse/Blue en 2012 et présent aux côtés du producteur lors de sa dernière performance - très graphique - au Sónar Festival en juin dernier. Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais ça en dit long sur la maniaquerie extrême d'un producteur obsédé à l’idée de mettre en son l'une des discographies les plus libres et généreuses apparues ces dernières années au sein des musiques électroniques.

Les Inrocks - musique

« Les dernières news

Septembre 2017
LMMJVSD
3
10