Actu musique

19 septembre 2017

La pétulante Angèle s'invite en première partie de Damso et Ibeyi (et on mise gros sur elle)

Toutes les dates de ses prochains concerts sont à retrouver ici. La jeune belge (sœur d'un certain Roméo Elvis) a annoncé via sa page facebook une tournée où elle jouera en ouverture d’un autre belge, le rappeur Damso, et du duo musical franco-venezueliano-cubain, Ibeyi. En tout, une vingtaine de dates réparties sur tout l'hexagone, avec quelques concerts en Belgique.

Piano & autodérision 

Avec son piano comme fidèle compagnon, la Bruxelloise de 21 ans s'est faite connaitre dans un premier temps via ses vidéos Youtube et ses posts Insta. Elle y publie ses reprises mais pratique aussi l'autodérision. Sa voix faussement éraillée et son humour lui confèrent progressivement une petite communauté de fans qui commencent à la suivre un peu partout.

Petit message à tous mes copains qui étudient ❤️ #ulb #bloccus #chouette

Une publication partagée par Team De Loutre ???? (@angele_vl) le 1 Juin 2017 à 15h59 PDT

Pause vacances avec ma copine bey #sorrynotsorry @averagerob m'a aidé à la capter mais c'est vraiment mon amie. Jvous jure. Habillée par @niniiworld

Une publication partagée par Team De Loutre ???? (@angele_vl) le 3 Mai 2017 à 2h29 PDT

Présente le 7 avril dernier à la Gaîté Lyrique à l'occasion d'une carte blanche inRocKs lab, la belle avait charmé le public du Arte Concert Festival. Sa prestation est à revoir en intégralité ici.

Quant à son duo avec son frère Roméo Elvis sur la ballade futuriste J'ai vu, elle se regarde ci-dessous :

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Donald Glover et Chance The Rapper devraient sortir une mixtape ensemble

Dimanche 17 septembre avait lieu la grand messe annuelle des séries américaines, les Emmy Awards. Récompensé à deux reprises pour Atlanta, en tant que meilleur acteur et meilleur réalisateur d’une série comique - le premier Afro-Américain à remporter une statuette dans cette seconde catégorie -, Donald Glover (aka Childish Gambino) n’a tout de même pas pu échapper aux questions concernant son actualité musicale.

Alors qu’il se prêtait au jeu des interviews en backstage, l’un des journalistes lui a demandé s’il allait continuer sa carrière musicale. Sourire aux lèvres, et avec beaucoup d’humour, l’auteur du sublime album Awaken, My Love a répondu :

“Je déteste faire les choses en étant forcé. Je crois que si l’on crée sous la contrainte, les choses se passent mal. Mais aussi, je pressens que si je ne fais pas une mixtape avec Chance The Rapper, un groupe de gamins de 14 ans vont me tomber dessus ! Ça me fait peur ! Donc oui, je vais probablement faire quelque chose avec lui “

Une nouvelle collaboration actée entre les deux artistes ?

Ce n’est pas la première fois que ces deux-la travaillent ensemble. Donald Glover et Chance The Rapper, s’étaient déjà associés en 2013, pour la confection de deux titres : The Worst Guys, figurant sur Because The Internet (album de Childish Gambino) et Favorite Song, tiré du long format, Acid Rap, de Chance The Rapper. Et un peu plus tôt en 2012, ils partageaient un premier titre, They Don't Like Me (sorti sur l'album Royalty de Childish Gambino). Une collaboration faite pour durer donc !

Qui plus est, et comme le soulignait le média XXL, Chance The Rapper avouait - lors d’un livestream Instagram en juin dernier - que lui “et Donald avaient d’autres chansons en commun“ (À voir ci-dessous).

Si cette collaboration voit le jour, elle ferait d’ailleurs sortir Donald Glover de sa retraite musicale, comme le confiait Pitchfork en juin dernier.

Les Inrocks - musique

Nicolas Jaar va jouer en Palestine aux côtés de collectifs underground arabes

Samedi dernier, via son compte Facebook, Nicolas Jaar partageait la nouvelle : il se rendra à Ramallah en Palestine, le 28 septembre prochain pour y donner un concert. Une annonce importante, et peu commune dans un pays où les artistes de rayonnement international se font rares.

Selon nos confrères de Trax Magazine, pour organiser ce concert – qui sera suivi par deux autres représentations dans les villes Haïfa (Nord Israël), et Amman (Jordanie) – le DJ s’est entouré des collectifs locaux : le Jazar Crew, et le Malahi Entertainment. Et si vous voulez en savoir plus sur ces deux collectifs, on vous propose de revoir la vidéo filmée à l'occasion d'une rave dans le désert jordanien : la Sa7ra-Oui.

L’aspect politique de sa musique

La portée de ce voyage en Palestine dépasse celle de la musique, elle est politique. Un spectre que le DJ américano-chilien explorait déjà sur son album Sirens, paru à la fin du mois de septembre 2016.

C’est d’ailleurs pour parler de la sortie de ce dernier long format que Nicolas Jaar expliquait sa démarche au média américain Pitchfork :

“Pour cet album, j’ai voulu prendre mon histoire personnelle [sa double culture américaine et chilienne, marquée par l’après Pinochet] et la ramener dans un contexte politique. La manière que nous avons pour mener nos luttes, c’est d’abord de savoir dire non : au profit, à un certain confort, et bien sûr, non aux meurtres d’innocents. Je sais que ça peut paraître simpliste, mais parfois, tu peux voir les choses simplement. Nous savons que des choses mauvaises se passent, pourtant, elles continuent de se produire. “

Un entretien qu’il concluait d’un : “Je ressens une affinité particulière avec l’aspect politique que peut avoir la danse. Elle peut, sûrement, devenir un moyen de protester “ ; avant de faire une référence directe au disque To Pimp A Butterfly de Kendrick Lamar, un autre artiste éminemment engagé.

En pleine tournée mondiale

Cette visite en territoire Palestinien s’inscrit dans la tournée américaine et mondiale que Nicolas Jaar s’apprête à entamer entre fin septembre et début novembre. En plus des dates annoncées, il fera une halte en Grèce, Turquie et à Dubaï, capitale des Émirats arabes unis. Vous pouvez retrouver toutes informations directement via le compte Facebook du DJ.

Et, si vous n’avez pas encore assisté à l’un des shows de Nicolas Jaar, on vous propose de (re)lire le reportage de son excellent live d’octobre 2016 à l’Élysée Montmartre.

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Justice déboule avec un nouveau clip hyper sexuel

Quoi de plus normal pour un titre baptisé Pleasure qu'un clip mettant en scène deux personnes en plein ébat sexuel ? Tous deux ayant le même réalisateur, Alexandre Cortès, Pleasure déploie le même univers que le clip de On' n' On : exploration cosmique, corps aux allures de mannequins siliconés, galaxie électronique.

Il s'agit ici de la version live du titre Pleasure, présent sur le dernier album du duo, Woman.

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Morrissey s'en prend aux médias dans son tout nouveau single "Spent the Day in Bed"

Après avoir teasé l'information hier matin sur son tout nouveau compte Twitter (inauguré le 17 septembre), l'ex chanteur des Smiths vient enfin de dévoiler un premier extrait de son album à venir. Le single Spent the Day in Bed est en écoute sur Apple Music et intégralement dans l'émission de BBC 6 Music (avancer à 1h 48min 58s) :

Spent the day in Bed, a en effet été révélée pour la première fois et en exclusivité mondiale sur les ondes britanniques de BBC 6 Music dans l'émission de Shaun Keaveny à 8h45 ce matin. Fidèle à ses mélodies au synthé, Morrissey y dépeint sa vision morose du monde actuel, recommandant de rester au lit plutôt que de lire des nouvelles "qui peuvent vous faire peur, et vous faire sentir seul et misérable". Avant de conclure avec un alexandrin qui nous donnerait presque envie de faire l'école buissonnière : "pas de bus, pas de boss, pas de pluie, pas de train". 

Ce single est le premier extrait de son prochain album Low In High-School, prévu pour le 17 novembre prochain et qualifié de "disque historique" par sa maison de disque BMG. Ce disque a été enregistré au studio de Saint-Rémy de Provence La Fabrique, et à Rome dans le Forum Studios d'Ennio Morricone, puis produit par l'américain Joe Chiccarelli (U2, Beck, Elton John…). Sa pochette révélée la semaine passée, a elle déjà commencé à faire polémique.

Une tournée à l'horizon ?

Cette nuit, un second tweet beaucoup plus mystérieux que le précédent a été publié par Morrissey. Il s'agit d'une succession de syllabes qui pourrait bel et bien annoncer les premières dates de sa tournée américaine ? OR pour l'état d'Oregon, WA pour Washington, CA pour California, AZ pour Arizona, UT pour Utah etc… La suite au prochain tweet !

OR WA CA AZ UT CO MO IL MI DC NY PA MA

— Morrissey (@officialmoz) September 19, 2017

 L'album Low in High School est disponible en précommande sur Apple Music.

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Un nouvel album en route pour My Bloody Valentine ?

La nouvelle est sortie hier sur le site du festival Norður og Niður, fondé par le groupe islandais Sigur Rós. Depuis, la communauté shoegaze reste perplexe. My Bloody Valentine vont-ils réellement sortir un nouvel album?

La bio de Kevin Shields publiée sur le site du festival précise également que le frontman du groupe irlandais serait en train de terminer une version vinyle analogique de deux albums : l'album à la mythique pochette rose envoûtante Loveless (1991) et Isn't Anything (1988).

À suivre

Si la rumeur se confirme, cela signifierait bien la suite du comeback du groupe intemporel, amorcé en 2013 avec la sortie de leur dernier album MBV, plus de 20 ans après Loveless. Mais rien ne sert de s'affoler non plus, quand on sait que Kevin Shields avait déjà déclaré en janvier 2014 au magazine NME "travailler sur de nouvelles chansons"  et fait l'annonce d'un nouvel EP prévu pour l'automne de la même année, dont il ne fût rien.

Pour lever le mystère, le média Pitchfork a annoncé avoir contacté les représentants de Kevin Shields, du groupe et du festival pour plus d'informations. À suivre, donc.

>>> Pour relire la chronique de leur dernier album MBV par les Inrocks

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Hey les gros lourds, merci de ne pas débarquer sur scène pour embrasser les filles qui jouent

Samedi 16 septembre, le groupe originaire de Toronto Alvvays donne un concert à Anvers, en Belgique. La chanteuse Molly Rankin, guitare en bandoulière, déploie leur pop sucrée sous influence Best Coast. Arrive le morceau Party Police. Tout se déroule normalement jusqu'à ce qu'un homme surgisse sur scène et tente de l'embrasser en l'attrapant par le cou. La jeune femme a un mouvement de recul, pousse un petit cri de surprise. L'homme n'insiste pas, fait semblant de s'excuser et s'en va comme il est venu. La scène est à voir ci-dessous à partir de 3:35 :

Ceux qui auraient été sensiblement capables de faire la même chose ou qui n'ont aucune conscience de la société patriarcale dans laquelle nous vivons trouveront cet incident amusant et s'offusqueront très certainement qu'on s'attarde à le condamner dans cet article. Et pourtant, débarquer sur scène pour embrasser de force une artiste n'a rien de drôle. Il s'agit même d'une d'agression dont tout le monde se passerait bien, et qui rappelle l'inégalité persistant entre artistes masculins et féminins.

"Montre moi tes nichons" 

L'incident n'est pas isolée. Les artistes femmes se font régulièrement emmerder, notamment lorsqu'elles se produisent en live, la scène étant un lieu de force mais aussi de fragilité, de mise à nu. En février dernier, lors d'un concert à Cambridge, la rappeuse new-yorkaise Princess Nokia était descendue de scène pour frapper l'un des spectateurs qui, selon elle, lui avait manqué de respect en lui adressant des obscénités du type "montre moi tes nichons". Bien entendu, le spectateur en question avait nié.

S'était alors posée la question de la violence de sa réaction. Mais pas tellement celle de la violence de l'homme dans le public. Elle témoigne pourtant de la persistance d'un comportement sexiste consistant à renvoyer l'artiste femme à sa sexualité, à l'objectifier jusqu'à la réduire à un corps soumis au bon vouloir de l'homme, lui seul habilité à agir (sexuellement comme artistiquement). En cherchant à embrasser Molly Rankin de force, en la ramenant à la sexualité de son corps, le spectateur lui refuse son statut d'artiste comme son libre arbitre, et s'inscrit par là même dans une démarche profondément sexiste. En creux, ce baiser forcé lui signifie que c'est lui qui devrait être à sa place au micro, ou tout du moins qu'au lieu de chanter, elle ferait mieux de remplir son rôle de femme soumise aux désirs de l'homme.

C'est précisément ce schéma consistant à rabaisser systématiquement les femmes, à les ramener aux rôles que la société patriarcale attend d'elles que Björk dénonçait  en janvier dernier dans un post Facebook :

«Les femmes dans la musique ont le droit d’écrire et de chanter à propos de leurs petits amis. Si elles changent de sujet pour parler d’atomes, de galaxies, d’activisme, si elles produisent leurs beats comme des geeks ou si elles font quoi que ce soit d’autre que d’être des artistes qui chantent à propos de leurs êtres aimés, elles sont critiquées. Les journalistes ont l’impression qu’il manque quelque chose… Comme si nous ne pouvions parler que de nos émotions.»

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Exclu : depuis la Réunion, l'électro-maloya de Labelle brille dans la nuit

On vous a déjà dit le plus grand du musicien qui joue sous le nom de Labelle. Et on va continuer alors que sort son nouvel album, Univers-île, toujours sur le bon label Infiné. En exclu, la vidéo nocturne de la chanson Benoîte, en hommage à une grande chanteuse de la Réunion, pionnière du séga, Benoîte Boulard. Avec au chant, une autre grande chanteuse réunionnaise, mais d'aujourd'hui, Nathalie Natiembé. Labelle jouera en vrai à Paris le 18 octobre, pour le Mama Festival.

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La programmation complète, très internationale et pointue des Trans de Rennes

Il y a quelques semaines, on vous annonçait déjà les 15 premiers noms du festival. Aujourd’hui, on partage tout le casting : pas moins de 40 artistes à découvrir durant ce week-end prolongé de décembre. Venu de France et d'ailleurs, représentants du rap, du rock et de plein d'autres genre, le panel d’artistes proposés est une nouvelle fois très large.

Des artistes venus du monde entier

Dès le mercredi 6 décembre, on est heureux de voir se débarquer le supergroupe (à suivre avec attention) Superorganism qui jouera juste après la performance de Nakhane. Natif d’Afrique du Sud, Nakhane jouera tous les jours à L’Aire Libre.

Côté Français, en plus des rappeurs de Colombine et de Kiddy Smile, on verra Repi Del Mundo, Menthine, Tample, ou encore le rappeur local ABD. Les Américains de Washed Out viendront proposer leur pop planante qui sent bon l’été, tout comme leurs confrères de Thor & Friends ou le trio Moon Hooch . Et on sera ravis d'aller voir Tshegue le samedi.

Les découvertes ne s’arrêtent pas là, tant le festival s’ouvre à de nouveaux horizons. De l’Éthiopie, à l’Israël où il s’est forgé une réputation solide, Gili Yalo, viendra proposer un son hybride, mêlant tous les genres qu’il affectionne. On retrouvera aussi la musique électronique et traditionnelle du Syrien Hello Psychaleppo, aussi, la techno de Skywalker, alias Sama’, la première femme DJ de Palestine (comme l'expliquait Trax Magazine).

Vous pouvez retrouver la programmation complète via ce lien et vous procurez des places en allant ici.

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On y était : Slowdive plane sur le festival angevin Levitation

De nos jours, il semblerait que les lieux de diffusion de la musique soient devenus presque aussi importants que la musique en elle-même. Ainsi, des gros festivals mastodontes aux caves minuscules de quartiers, des salles subventionnées de type assistance respiratoire aux baraques en banlieue improvisées en squat le temps d'une soirée, c'est comme si le cadre des concerts conditionnait plus que jamais la musique qu'on allait y entendre. La faute à des espaces de plus en plus normés, ou en tout cas disposés de manière à ne rien tromper sur la marchandise. La faute peut-être aussi à des artistes qui dévient de moins en moins d'un schéma musical pré-établi. En gros, avant même d’écouter la musique, on sait d’office ce qu’on va y trouver.

nicolas_meurillon_photograpies_4.jpg Le théâtre du Quai - Crédit : Nicolas Meurillon.

À ce titre, l’endroit où se déroule la version française du festival texan Levitation est à la fois singulier et pas très affriolant de prime abord - en tout cas pas forcément raccord avec l’idée qu’on se fait d’un festival avec de la musique de zazous enturbannés dedans. Le théâtre du Quai se présente comme une salle de type SMAC (salle des musiques actuelles) : avec sa baie vitrée donnant sur la rivière de la Maine et ses deux grandes salles adjacentes, le cadre architectural pourrait donner l’envie d’ôter les cigarettes qui rigolent de la bouche des éventuels fumistes qui s’y aventureraient.

Slowdive, toujours dans le coeur de la jeune génération d'artistes psyché

Mais le vendredi soir, la pluie battante oblige les spectateurs à ne pas s'attarder sur la terrasse et à se précipiter dès le début des concerts à l'intérieur du Forum. Ce qui fait que le concert des Californiens de Cosmonauts, fameuse signature du label local Burger Records, nous met d’office dans les meilleures dispositions : un garage rock un peu surf, un peu shoegaze, un peu kraut, très fumiste et enfumé. À la fois branleur et courtois, c’est exactement le truc que l’on a envie d’écouter lorsqu’on grelotte et qu’on commence tout juste à se chauffer. Ça fait le taff, quoi.

Difficile de ne pas voir, à l’aune de ce concert,et particulièrement du dernier morceau ( de très bonne facture au demeurant), l’influence manifeste de Slowdive sur une partie des artistes programmés ce soir-là. Le groupe de Reading, lequel aura connu une carrière ingrate dans les années 90 (méprisés de leur vivant, dieux vivants vingt ans plus tard pour toute la sphère indie), aura de toute évidence marqué de son empreinte cette première soirée de festival.

En partant aussi bien du garage slacker de Cosmonauts donc, pour aller à la minimal wave très chic des éphèbes anglais de The KVB, des très scolaires mais pas déplaisant Ulrika Spacek jusqu’au gros rock patapouf de Bo Ningen (les esthètes du hard rock japonais historiques nous en voudront, mais tant pis), tous auront en commun un goût pour le delay sur les voix et les nappes de guitares diffractées. Jusqu’au point où on se demande ce qu’est la musique psyché en 2017, et qu’on y réponde : probablement tout ce qui a émané du shoegaze depuis 1993. Genre honni, puis réhabilité, puis totalement normalisé dans les cœurs et les fesses des indie kids d’aujourd’hui (et ils sont nombreux ce soir), il est intéressant de voir qu’il est désormais le truc qu’on ne peut pas contourner, aussi bien en terme d’esthétique que de musique – regardez les bottines et écoutez les pédales de delay.

Il y a donc quelque chose d’assez réjouissant de voir débarquer Groupe Doueh & Cheveu sur la Grande Scène aux alentours de 22h. D’une part, parce que leur proposition (soit un de nos très chers groupes dada punk du terroir croisé avec un des meilleurs guitaristes sahariens) jure vraiment avec tout le reste, et d’autre part, parce que leur entrée sur scène amène un peu d’imprévu et de culot à tous les jeunes gens biens mis qui les ont précédés. Et même si le disque éponyme sorti sur Born Bad l’année dernière se démarquait par son irrégularité stylistique et ses sorties de piste plus ou moins maîtrisées, force est de constater en concert que les fameux coups de guidon non contrôlés se retrouvent rehaussés par une spontanéité bienvenue. Moins de maîtrise et plus d’approximations que les jouvenceaux d’avant, certes, mais infiniment plus de danger.

Slowdive, un groupe éternellement clivant 

Le concert de Slowdive arrive donc à mi chemin entre le cheveu sur la soupe et la cerise sur le gâteau, soit le truc de vieux sages et d’iconoclastes à la fois. Il est intéressant de voir que plus de vingt ans après leur séparation, la musique du groupe de Reading soit toujours aussi clivante, malgré une influence sur la scène rock actuelle désormais prépondérante. D’un côté, des jeunes de vingt ans battent l’air de leur poing, dans une passion non refrénée, tandis que de l’autre, certains pouffent de rire de rire devant des chansons qui, les années aidant, prennent un tour sacrément emo. Au final, on se dit que c’est assez sain qu’un groupe comme Slowdive divise toujours autant en 2017 ; ça montre qu’il reste de beaux jours avant qu’on n’arrive à circonscrire ce que doit ou ne doit pas être la musique psyché (ou shoegaze, ou dream pop, etc…), et que les musiques "aventureuses" ne sont pas encore prêtes d’être mises sous cloche, malgré ce qu’on pourrait parfois nous faire croire.

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Perez de retour avec un clip intriguant "Le Dernier Tube de L'été"

Le prince noir de la chanson française nous dévoile son clip Le Dernier Tube de L'été, premier extrait de son EP prévu pour le 20 octobre et dont le single est déjà disponible sur Apple Music.

Dans ce nouveau clip, à la fois cool et oppressant, le réalisateur Maciek Pozoga semble faire le parallèle entre la vie de fourmis (ici, coincées dans une bouteille) et la vie citadine, en multipliant des plans de personnes croisées dans la rue au hasard. A cela vient s'ajouter le rôle de Perez, qui derrière la caméra, et avec son iPhone, déambule dans la cité pour filmer ses habitants.

Avec une pop nébuleuse aux influences electro et des paroles désenchantées, rappelant un Etienne Daho ou un Lescop, Perez a tout bonnement charmé l'Hexagone. Après Un Album de collection conceptuel sorti en 2015, le Bordelais prévoit la sortie de son deuxième album Cavernes, pour février 2018.

>>> A lire aussi : Perez s’inspire d’œuvres d'art pour un nouvel album très pop et très beau

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