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18 septembre 2017

On a passé la nuit à la Flip Party de Stupeflip, et ça valait quand même le crou d'y aller

Pour trouver le Dock Pullman, spot secret de la Flip Party, il suffisait de suivre les membres du "crou". Vers 23 h, on se presse devant l'imposant bâtiment planqué plaine Saint-Denis de l'autre côté du périph', au milieu des studios de télévision – celui de Salut les Terriens par exemple.

L'immense pièce de 3 200 m2 est débarrassée de ses tribunes et les murs sont recouverts d'écrans projetant parfois le concert, parfois des artworks du groupe. On est tout de suite dans l’ambiance grâce au live de Pogo Car Crash Control qui retentit à ce moment là. Un rock bien gras et puissant,  une bonne découverte qui colle bien avec l’univers éclectique de Stupeflip, qui ne tardera d’ailleurs pas à monter sur scène pour un premier mini-live.

Les adeptes du "crou" – la plupart sont déguisés, ou portent une marque d’allégeance à Stupeflip (t-shirt, masque, oreilles de lapin…) – se ruent au milieu du dancefloor. Agités, bière dans une main, cigarette (et plus si affinité) dans l’autre, les premières frictions éclatent, un pogo se déclenche rythmé par le titre Stupeflip Vite!!! qui résonne à fond. King Ju, tout de noir vêtu, veille sur la foule du haut de la scène, bien épaulé par ses fidèles compères Mc Salo et Cadillac ("Cadillac c’est caca", peut on lire sur un t-shirt).

Quelques titres plus tard, Dr Vince (DJ du "crou") reprend son set, il est bientôt 1 h. Le moment parfait pour prendre une pause, faire un tour à l’extérieur et découvrir le reste des installations. Dehors, même s’il fait froid, les adeptes du "crou" se sont réunis en petit groupe, profitant des boissons ou de la nourriture achetées dans l’un des quelques stands prévus à cet effet. Thierry Ardisson sirote tranquillement sa bière pendant que l’un des (nombreux) hommes masqués se fait visiblement "introniser". Des cris retentissent à l’intérieur de la salle, on y retourne.

Au milieu de la foule, un convoi d’hommes tout habillés de noir, capes et masques compris, se déplace en direction de la scène, drapeaux estampillés "Régions Confédérées" dans les mains. La Religion du Stup se répète en fond sonore  – on apprendra plus tard que ces drapeaux ont été dessinés par King Ju, qu’ils n’ont pas de signification particulière et qu’on pouvait déjà les voir dans le livret du premier album en 2003. Ils montent sur la scène, se figent, leur yeux rouges et brillants fixant le public, alors que King Ju et sa bande entament une deuxième session live.

C.R.O.U #FlipParty #Stupeflip #crou #lapin

Une publication partagée par Tchuck Norris (@hickone) le 17 Sept. 2017 à 3h46 PDT

Les lumières ambiantes se teintent de rose et de vert, Stupeflip propose des titres du dernier album Stup Virus. En plein milieu du planant The Solution, une fille lâche : "Je ne sais pas trop pourquoi je suis là… ". Un autre soulève son masque démoniaque qui arbore un large sourire et lui répond : "Rejoins le crou, tout le monde est le bienvenu". Flippant.

Après The Antidote, Creepy Slugs, Lonely Loverz, Stalactites…, les "adeptes" qui étaient restés bloqués sur la scène disparaissent. Peu après 2 h, un DJ arrive : "C’est Dee Nasty les mecs !!" s’étonne un spectateur vêtu d’un peignoir, d’un masque de lapin et d’une cape. Bien vu.

Le père de l’émission H.I.P. H.O.P (prononcé "à chiper, à choper") se lance pour une heure de set hip-hop/rap, sa spécialité. King Ju reste sur scène, les gens apprécient et dansent, même Casimir qui lui aussi était présent : "C’est ça l’esprit Stup, des vidéos, des temps morts, des animations ! Je suis fan !", s'excite-t-il.

#stupeflip #flipparty #deenasty #djdeenasty #dj #stup #flip

Une publication partagée par Émilie Lajfk (@rastoubil) le 16 Sept. 2017 à 18h35 PDT

Dee Nasty se retire après presque une heure de show, sous les applaudissements de la foule conquise mais réduite, car il se fait tard. L’ambiance change d’un coup, il est presque 4 h du matin. La salle est plongée dans le noir l’espace d’un instant, puis se rallume sur fond de métal, habillée d’une scénographie représentant des flammes. Pophip (que le groupe avait laissé aux portes de l’enfer dans le titre Des nouvelles de Pophip, de l'album Stup Virus) apparaît ligoté au milieu de la scène, cerclé par des flammes, et chante sa douleur.

Pophip disparaît rapidement dans le feu, que des lumières vertes et des écriteaux qui défilent sur les murs remplacent vite. Le "crou" reprend la scène et enchaînera quelques morceaux supplémentaires. Ce sera le dernier acte, avant la fin de la Flip Party, soldée par une vidéo d’au-revoir.

Certains se diront déçus, "parce qu’il n’y avait pas assez de Stupeflip et trop de DJ set". D’autres souligneront le prix "exorbitant" des consommations et de la nourriture. En tout cas, l’on retiendra la "belle fête" que Stupeflip a donné, réussissant une fois de plus à faire rentrer tout ce joyeux monde dans l’univers cultivé par le groupe depuis maintenant plus de 10 ans.

#FlipParty
Paradis pour les uns
Enfer pour les autres
C'était une métaphore du purgatoire @stupeflip pic.twitter.com/2WEPQH9j8j

— Gilles Noeppel (@gilgamed1) 17 septembre 2017

Les Inrocks - musique

Vidéo: "Tropical Fruit", le clip planant de Fantastic Mister Zguy

Ambiance tatami, gymnastique et lèvres bleues dans le nouveau clip en exclu de Fantastic Mister Zguy, Tropical Fruit, réalisé par le studio Bengale. Un clip doux et planant, comme la pop du quintet français. Rythmée par la grâce de Lorna - double championne de France de gymnastique rythmique et sportive - qui fait une petite démo de danse des rubans avant d'atteindre le septième ciel sur un tas de tissus bleus et d'effectuer un saut extatique dans les airs. Un peu comme dans le clip Tame Impala pour The Less I Know The Better. 

Tropical Fruit nous fait penser à du Mac de Marco dans les guitares et harmonies, porté par la voix très cool du chanteur Zguy. Le groupe se définit comme "Feel Good Indie", et c'est en effet, le terme idéal pour décrire leur musique.

Tropical Fruit est présent sur son second EP 4 titres Oh Me Oh My, sorti cet été.  Il y a quelques mois, sortait aussi le clip de Zguy on the Silk Road. 

Fantastic Mister Zguy sera en concert au Pop Up Du Label (Paris) le 28 Septembre et au Bus Palladium (Paris) le 14 octobre.

Les Inrocks - musique

Comment le conflit nord-irlandais a donné naissance à l'un des plus grands tubes du rock britannique

Dimanche 30 janvier 1972, Billy Doherty parcourt à pieds les quelques centaines de mètres qui le séparent du terrain de foot du coin, près de sa maison du Bogside. Le quartier est situé à l’ouest de la Foyle, fleuve qui sépare encore aujourd’hui les communautés catholiques et protestantes. Le futur batteur des Undertones, comme les autres membres du groupe, a été élevé dans une famille catholique et républicaine. Dans son enfance, les titres des Beatles ou Steely Dan se mélangeaient à ceux de Rory Gallagher et Horse Lips, groupe de rock traditionnel irlandais. Des artistes que personne n’écoutait sur la rive d’en face. À 13 ans, Billy n’a aucun ami protestant, ségrégation oblige. Ce jour-là, il tombe sur une poignée de soldats, bâtons et flingues en main, qui le font vider son sac et le secouent un peu. Un début de journée mouvementé, mais rien en comparé de ce qui va suivre.

Un mauvais pressentiment

L’après-midi, Billy et son père se rendent à une marche pacifique organisée par le mouvement des droits civiques pour protester contre les internements sans procès de membres de l’IRA. Depuis 1969, l’armée britannique campe dans toute l’Irlande-du-Nord. La manifestation est interdite mais démarre quand même dans les quartiers républicains. Alors que le défilé se dirige vers le centre-ville, zone neutre, la route est barrée. Le père Doherty a un mauvais pressentiment et souffle à son fils : " Rentrons, ça va dégénérer." Pendant ce temps-là, Damian O’Neill, est tranquillement chez lui, dans une maison surplombant le Bogside.

Bientôt auteur du riff exaltant de Teenage Kicks, il a refusé de se rendre à la marche pour suivre un match de Chelsea à la télé. Avec cette voix de deuil commune aux gens de la ville lorsqu’ils évoquent ce jour sombre il raconte :

« On a entendu les tirs vers 16h, un peu après le match. On pouvait bien voir depuis ma chambre, sous les toits, alors on est monté avec ma sœur. On voyait les gens s’enfuir, se mettre à l’abri des tirs. C’était le chaos.»

Dans la foule, certains tirent des projectiles. Les soldats britanniques répliquent, à balles réelles. De chez lui, Billy observe les évènements à travers ses jumelles. Il entend les tirs, voit les gens courir se cacher. Damian est lui sans nouvelle de ses parents, jusqu’à se que son père entre avec fracas, une heure plus tard. "Il avait l’air d’avoir très peur, narre-t-il, ému. Il tremblait. Il avait perdu ma mère en s’enfuyant des balles. Il répétait : «  Où est votre mère ? » Elle n’était pas là alors il y est retourné, même s’il avait très peur. Ils ont fini par revenir ensemble. »

Le lendemain, la mère O’Neill amène son fils sur le lieu du drame. La bannière des droits civiques est couverte de sang, les trottoirs aussi. La ville est plongée dans un silence de mort.Ce jour, connu sous le nom de Bloody Sunday, a fait 14 victimes tombées sous les balles britanniques. Sur le sujet, Damian conclue :

«Ça a laissé une cicatrice psychologique sur la ville. Elle est toujours présente.»

Du beau bruit dans un endroit laid

Malgré la cicatrice, les Undertones n’aborderont jamais réellement la question dans leur musique.

John O’Neill, compositeur du groupe et grand frère de Damian, explique :

« Je n’avais pas la confiance nécessaire pour écrire sur la situation politique. Ça n’aurait pas été assez bon. C’était aussi trop évident que venant de Derry on essaie d’écrire des slogans niais sur la guerre. Sur notre troisième LP, il y a une chanson, Crisis of Mine dans laquelle je parle de mon incapacité à écrire sur le conflit. À le faire bien. J’ai essayé, mais ça sonnait toujours forcé.»

À la place, les Undertones se concentrent sur des chansons d’amour, des flirts adolescents. La vraie rébellion.

John pose:

«Teenage Kicks est juste une chanson pop. Je ne pense pas que ce soit une grande chanson mais elle capturait un sentiment d'excitation et de simplicité. Je m'identifiais à la solitude adolescente des chansons Doo Wop que j'aimais beaucoup. Je savais que l'univers qu'elles dépeignaient, ces ados américains dans des diners, qui faisaient des courses de motos et rompaient avec leurs copines, ça n'existait pas vraiment. Mais comparé aux horreurs qui se déroulaient en Irlande, c'était réconfortant.»

S’ils n’abordent pas le conflit, c’est donc aussi pour s’en extraire, penser à autre chose. Après des enfances heureuses, la vie des membres du groupe s’est bien assombrie, comme celle de tous leurs semblables, à l’orée des Troubles.

« Dès 1969, l’atmosphère est devenue beaucoup plus tendue, relate Damian, de sa voix douce. Puis ça a empiré. Surtout après Bloody Sunday. Tu ne pouvais plus aller en ville sans te faire fouiller. Un anneau d’acier entourait la ville, parce qu’il y avait des bombes plantées ça et là par l’IRA. Ma mère a commencé à toujours s’inquiéter de là où on allait.»

Pour Billy, le jour où l’obscurité a envahi son existence est un souvenir très précis. L’air grave, il raconte :

« Ma mère et moi faisions les magasins dans le centre, j’avais besoin d’un nouveau pantalon. Je devais avoir 13 ans. Ce gang catholique de dix catholiques avait tendu une embuscade à un protestant. Ils l’ont battu très violemment. Sa copine a essayé d’intervenir et ils lui ont mis des coups de pieds. C’était un truc que tu aurais vu quand les nazis persécutaient les juifs. Ce gars a essayé de se cacher dans un magasin mais ils l’ont mis dehors. Ma mère était traumatisée. Ça m’a beaucoup choqué de la voir comme ça. C’est là que j’ai pris conscience de la violence des divisions.»

Pour échapper à ça, les Undertones tentent de faire abstraction. À Derry, on se souvient de l’été 77 comme deux mois inhabituellement chauds et secs. Les O’Neill roulaient souvent jusqu’au plages du Donegal, à 15 minutes, au son des Beach Boys et de Creedence Clearwater Revival. Loin de la guerre. Plus souvent, l’échappatoire se fait par des parties de foot endiablées. Puis surtout par la musique.

« Jouer dans un groupe était une manière d’échapper à ce qui se passait autour de nous, pense-John. C’était une manière positive de passer le temps, mieux que de participer aux émeutes. C’est important que durant un conflit, l’imagination garde son espace et son intégrité. L’écrivain et activiste Eamonn McCann a décrit nos chansons comme ‘du beau bruit dans un endroit laid.’ Ça m’a toujours plus.»

Pintes de Guinness et tolérance religieuse

Si Derry, son centre aux rues pavées et ses remparts, n’est pas vraiment laide, l’endroit où les Undertones se sont faits les dents, Damian O’Neill le qualifie bien de "minable". "La Casbah, développe-t-il, c’était un ancien pub qui avait sauté et avait été reconstruit avec des matériaux qu’on voit sur des chantiers, des trucs temporaires. Les gens qui y allaient étaient des genres de hippies. Il y avait seulement des groupes heavy. Qu’on y joue, c’était un miracle." Micky Bradley, le bassiste des Undertones ajoute : "Sur un an et demi, c’est devenu presque chez nous. On était un des groupes résidents. On connaissait presque tout le monde : le patron, les serveurs. Chaque soir, c’était génial."

Damian enchaîne :

« La première fois qu’on y a joué, en Avril 77, Billy mettait des coups de pieds dans sa batterie, à la Keith Moon. Un jour j’ai pogoté avec ma guitare et mon pied s’est bloqué dans un morceau de bois. Il y avait 3 mètres en dessous donc j’aurais pu mourir. Une autre fois notre chanteur, Feargal, a fait tout le concert avec un sac en papier sur la tête. On faisait ces trucs débiles que les groupes punks faisaient.»

Très underground, la Casbah permet aux Undertones de s’entraîner face à un public réel, entre deux pintes de Guinness et dans de discrètes effluves de marijuana. Sans pression, sans personne pour écrire de critique et avec un petit noyau de fans s’épaississant de jour en jour.

the-casbah-pic-unknown.jpg (c) Damian O'Neill

Plus que le lieu qui a fait des Undertones un "vrai groupe", la Casbah est aussi un havre de tolérance religieuse. Micky explique : " La Casbah était à côté d’un check point, mais c’était un endroit très neutre. Personne ne te demandait ce qu’était ta religion. La plus grosse différence c’était entre les punks et les hippies." Ainsi, c’est là que les Undertones rencontrent pour la première fois des protestants. Ceux de leur ville, des gamins qui aimaient les guitares, portaient des jeans droits et des vestes en cuirs. Pas des treillis et des armes automatiques au bout des bras.

Damian sourit :

« C’était ce qui était génial dans le punk et dans le fait de jouer là: pouvoir enfin rencontrer des gens d’une autre religion. Il y avait un gars, Monty Montgomery, dont le père était dans l'Ordre d'Orange (organisation protestante qui prit part aux combats, ndlr). Mais lui s’en foutait de ces conneries. Il était dans le punk à fond. C’était difficile pour lui de venir parce qu’il aurait pu se faire rouer de coups, mais il était courageux. On est devenu amis donc il venait même à la maison.»

De l'éducation et de la chance

Inviter un gars de la rive d’en face en plein milieu du conflit, pas tout le monde ne l’aurait fait. Mais les Undertones était un groupe pacifiste.

«Ça vient d’abord de notre éducation, estime-Billy. Mon père a été désavantagé toute sa vie parce qu’il était catholique. Socialement, économiquement, au niveau de l’éducation. Mais il n’a jamais pris les armes. La vie de ses parents était pire. Mais eux non plus. J’ai toujours admiré ça.»

Ainsi, les Undertones n’ont jamais choisi le chemin de la violence, préférant admirer John Hume, l’homme qui a toujours recherché une solution pacifique et fut récompensé d’un prix Nobel de la Paix pour son rôle dans les accords du Vendredi Saint en 1998. Cette position, Billy, l’explique par un deuxième facteur : durant les Troubles, les familles proches des membres des Undertones sont épargnées. Même si la mort n’était jamais bien loin.

« Un jour, la British Army a tiré sur mon père, révèle Damian O’Neill. Juste à l’extérieur de chez nous, alors qu’il parlait à un voisin. Les balles l’ont loupé de quelques centimètres. Les soldats étaient pleins de ressentiments envers les catholiques. Mais la plupart étaient des gamins qui avaient très peur et ne voulaient pas être là. Alors parfois ils décidaient de nous faire peur. Ça arrivait.»

Pour Billy Doherty, la chance a donc un rôle clef dans le pacifisme des Undertones. Il grimace : " Mon attitude aurait pu changer si ma mère avait été tuée ou que la British Army avait tirée sur ma sœur. Je peux comprendre la révolte des ceux qui n qui perdaient un proche. Être catholique en Irlande faisait de toi une cible pour le gouvernement et les institutions."

Cette chance, beaucoup ne l’ont pas eu. D’autres l’ont ignorée. Le visage fermé, Micky révèle : "Des amis de l'école ont vite pris part aux émeutes. Certains ont rejoint l'IRA. Certains sont morts." Tout aussi froidement, Damian ajoute : "Deux amis ont été tués, un que j'ai connu au primaire, l'autre au collège." Pacifistes, les Undertones ne peuvent pas non plus être neutres. Parmi leurs amis, certains sont faits prisonniers politiques. Billy assure que " ces gars normaux" recevaient les disques des Undertones en avant-première, avant les magasins.

Des disques dont la jaquette, entre autres symboles, comporte toujours un petit drapeau irlandais. Plus fort encore, en 78, le groupe pose devant le mur de Free Derry, haut lieu de la résistance républicaine, à l’entrée du Bogside. Michael Bradley esquive : " Les touristes s’y prennent en photo aujourd’hui. Ce n’était rien de plus que si un groupe parisien s’affichait près de la Tour Eiffel." Si Damian O’Neill assure que le côté politique du cliché était involontaire, il admet un possible statement inconscient.

«On était fiers de venir du Bogside et de Creggan, ajoute-t-il. On a joué sur le fait d’être Irlandais. On faisait toujours en sorte que lorsqu’on faisait des interviews, c’était marqué Derry, pas Londonderry (le nom donné à la ville par les irlandais celtiques contre le nom officiel de l’establishment britannique, ndlr).»

Impossible d’échapper totalement au poids de la guerre, même pour des pacifistes. En tournée, puis carrément basés à Londres, les Undertones découvrent un style de vie bien loin de ceux de leurs voisins au pays. Mais les Troubles finissent toujours par les rattraper. Lors de 5 dates au Marquee, club mythique d’Oxford Street, tout le monde vient voir l’escouade nord-irlandaise. Bob Geldof est là, mais aussi un certain Jake Burns. Né à Belfast, il est le leader de Stiff Little Fingers, groupe d’Ulster punk, politiquement à l’opposé de l’entourage des Undertones. Pourtant, le chanteur accoste tout sourire John O’Neill et Billy Doherty. Le dernier grince des dents :

«Il pensait qu’on ferait copain copain. Mais John et moi l’avons bougé. On l’a questionné sur ce qu’il voulait dire dans ton titre Alternative Ulster. Il n’a pas su répondre. Parce qu’il n’écrivait pas les chansons. Donc on lui a dit : 'quoi ? Tu chantes n’importe quoi sur les Troubles à Derry et Belfast et tu t’en fous ?' Pour nous, ils exploitaient la situation en Irlande-du-Nord. On voulait qu’il parle de la situation, des horreurs. Mais il n’en fut rien. On lui a fait peur. Ça chauffait alors il s’est barré.»

Aujourd’hui, Billy regrette un peu son attitude. Il aurait du la jouer plus cool, être moins dans la confrontation. Facile à dire en temps de paix – relative – plus difficile à mettre en œuvre en plein conflit.

Une Irlande unie

Quarante ans après leur éclosion été 77, les Undertones jouent encore et finissent toujours leurs concerts sur Teenage Kicks. Leur positionnement politique tend vers le même but : la réunification de l’Irlande. Billy précise : " C’est ce que j’ai toujours voulu, mais ça ne doit pas se faire par les armes. Pas comme l’IRA. Il faut que ce soit un consensus."  Démographiquement, la partition de 1921 montrait que les six comtés d’Irlande-du-Nord étaient peuplés d’une majorité de protestants. Ce qui est toujours le cas et l’inverse du sud.

« Je suis en faveur de l’union, mais ça doit être une union socialiste, conclue-John. La communauté loyaliste, qui veut rester Britannique, est un grand obstacle. Elle pense qu’elle est intrinsèquement Britannique. Tout ce qui affaiblirait le lien avec les Britanniques serait anti-protestant. Ce qui est des conneries.»

Que faudrait-il donc aux deux communautés pour " s’aimer ", comme le réclame Billy Doherty ? Peut-être, déjà, mettre en lumière tout ce qu’elles ont en commun. Comme leur amour de la même musique et des Undertones, groupe qui transcendent les divisions, comme l’atteste un épisode de 1980, raconté par Billy : " On avait signé, on avait fait Top of Pops. Je marchais vers chez John et une patrouille nous arrête pour qu’on leur donne nos noms, nos adresses, nos jobs. On leur a dit qu’on était musiciens." Le batteur sourit et reprend en imitant un accent anglais condescendant : " Regarde, mate, on a des musicos ! Alors comme ça tu joues dans un groupe ? C’est quoi le nom ?" Billy répond : "The Undertones". Le soldat explose : "Wow mate, comme Jimmy Jimmy ?" Ses camarades, excités, commencent à encercler le groupe.

Billy conclue :

« En principe, quand la British Army encerclait quelqu’un, c’était drapeau rouge : ces mecs vont se faire arrêter. Mais tous ce qu’ils voulaient, c’était des autographes. Ils avaient le même âge que nous, ils venaient du même milieu social. C’était des gars normaux.»

Les Inrocks - musique

Les 5 albums à absolument écouter cette semaine

Ariel Pink - Dedicated to Bobby Jameson

Trois ans après l'épatant Pom Pom (et un EP partagé avec la belle Weyes Blood), Ariel Pink est enfin de retour, troquant ses cheveux blonds peroxydés pour un noir corbeau. Le Californien nous présente un onzième ouvrage dans la digne lignée de son répertoire de pop zinzin et géniale à la fois. Il rend ici hommage à Bobby Jameson, songwriter de L.A. qui après avoir connu une courte heure de gloire dans les années 60 plongera dans un oubli abyssal (avant de refaire un retour discret en 2007 avec une autobiographie en ligne). Fasciné par ce loser magnifique, Ariel Pink se lance à coeur perdu dans un récit initiatique : "On suit le protagoniste affrontant une flopée d'épreuves et déboires de la vie, la première le voit renaître d’entre les morts". C'est donc par la fin que commence ce disque de 14 titres savamment ponctué de distorsions et d'échos, et qui se révèle comme un rêve délirant imaginé par un gars ultra-sensible.

Disponible sur Apple Music

Angus & Julia Stone - Snow

Si le célèbre producteur californien Rick Rubin (Run DMC, Beastie Boys) a réussi à les réunir (après des années de brouille) et les faire groover comme jamais sur leur précédent disque éponyme, Angus et Julia s'émancipent à présent de leur mentor pour composer en ermite cet album définitivement plus personnel et intime. Composé chez eux, dans la campagne australienne (côte Est de Byron Bay), cet ouvrage est né d'une collaboration étroite entre le frère et la sœur. Réunis sous les étoiles, ils pilotent 11 chansons d'amour sublimes, comme deux danseurs sur la piste. On entraperçoit leur âme de hippie à travers leurs mélodies nomades et de poétiques paroles. A écouter en boucle.

Disponible sur Apple Music

Francobollo - Long Live Life 

Paru discrètement à la mi-juillet, le premier album de ces Suédois exilés à Londres mérite amplement qu'on s'y attarde, voir qu'on y plonge la tête la première en la secouant dans tous les sens. Produit par le fameux producteur Charlie Andrew (Alt J, Nick Mulvey, Bloc Party), Long Live Life fait appel à des guitares furieusement punk, des voix rigolardes et des refrains de pop jouissive, comme le fameux "Good Times !"Un arrière-goût de grandes vacances qui n'est pas pour nous déplaire. En concert le 17 novembre au Supersonic (Paris)

Disponible sur Apple Music.

Mdou Moctar - Sousoume Tamachek

Abandonnant les boites à rythmes et autres effets auto-tune, le guitariste touareg revient avec un disque beaucoup plus sincère, s'éloignant de ses débuts assez kitsch. Enregistré en studio à Portland (EU), il y joue tous les instruments et assure également les chœurs. Avec une guitare sèche comme seule compagne (ou presque), le voilà déroulant le fil d'une aventure intime et de thèmes tels que "la religion, la spiritualité et les peines de coeur". Un disque concis (8 pistes seulement) mais entier, et qui saura vous réchauffer tout au long de cet automne.

Disponible sur Bandcamp

Micah P. Hinson - Presents The Holy Strangers

Révélé en 2004 avec son élégant disque inaugural Micah P. Hinson and The Gospel Of Progress, le songwriter de Memphis est de retour avec un ouvrage en forme "d'opéra folk moderne" et enregistré entièrement en version analogique au Texas. Mêlant habilement folk grinçante et americana poussiéreuse, Micah P. Hinson signe ici un ouvrage à la hauteur de son talent, et racontant l’histoire d’une famille en temps de guerre. De la naissance, au mariage, des enfants à la trahison, de la guerre au suicide, tous les dégradés de la vie y sont illustrés avec brio et font de The Holy Legends un disque de chevet promettant des nuits agitées. A ne pas manquer en concert : le 12 octobre à Mouscron / Roubaix (Belgique), le 16 octobre à Paris (Point éphémère), le 18 octobre à Bordeaux (Rock School Barbey) et le 22 octobre à Dijon (Consortium).

Disponible sur Apple Music

Les Inrocks - musique

Radiohead annonce une collaboration avec Hans Zimmer

Comme le rapporte la BBC, Thom Yorke et Hans Zimmer viennent d’enregistrer un remake du morceau Bloom - figurant sur l'album de Radiohead, The King of Limbs (2011). Rebaptisé pour l’occasion, (ocean) Bloom, cette nouvelle version du titre sera disponible le 27 septembre prochain, en même temps qu’un teaser de 5 minutes du documentaire, et apparaîtra sur la bande originale de Blue Planet II, réalisé par David Attenborough.

Pour cette reprise, où Thom Yorke a enregistré de nouvelles paroles, il s’est entouré de l'orchestre de la BBC, et du compositeur Hans Zimmer. À propos de ce dernier, le leader de Radiohead a déclaré dans un communiqué de presse : “ Hans est un compositeur prodigieux qui arrive sans effort à superposer plusieurs genres musicaux, c’était libérateur pour nous de travailler avec un tel talent et de voir comment il assemble la musique de la série et Bloom. “

Une chanson originale inspirée par le premier opus du documentaire : “Blue Planet“

Déjà en 2011, l’enregistrement original de Bloom, s’inspirait de la série Blue Planet ; comme le confirmait Thom Yorke. Une initiative que Hans Zimmer – via le même communiqué – s’est chargé de louer : “ Il se trouve que Bloom a été écrit en avance sur son temps en renvoyant aux formes de vie impressionnantes et aux paysages marins que voient les spectateurs dans Blue Planet II “ ; avant d’ajouter que sa collaboration avec Radiohead a été “merveilleuse“ et lui a “ donné une vision intéressante de leur monde musical “.

Blue Planet 2 airs on the BBC on the 27th of September 2017 Note it in your diary ❤???? #Blue #Planet #2 #Planet #Earth #Natural #World #Animal #Animals #WildLife #Sea #Ocean #Water

A post shared by Blue Planet 2 / Planet Earth 2 (@blue.planet.2) on Sep 14, 2017 at 9:09am PDT

Concernant le documentaire Blue Planet II, la BBC a précisé que l’on pourrait y voir des “créatures“ jusque là encore “jamais filmés“, comme une nouvelle espèce de crabe au corps recouvert de poil, en plus d’autres découvertes scientifiques récentes.

De son côté, Radiohead publiait récemment son tout nouveau clip, Lift. Une vidéo “magique“ réalisée par Oscar Hudson, que vous pouvez revoir via ce lien.

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Un casting très classe pour le concert en mémoire de Leonard Cohen

Le 7 novembre 2017, cela fera exactement un an que le poète et musicien légendaire nous a quittés. La famille Cohen a annoncé un concert hommage à l'occasion du premier anniversaire de sa mort : “Tower of Song: A Memorial Tribute to Leonard Cohen” sera organisé le 6 novembre 2017 au Center Bell de Montréal.

Sting, Feist, Lana del Rey, Philip Glass, Elvis Costello, l'irlandais Damien Rice, Wesley Schultz et Jeremiah Fraites (batteur de The Lumineers), Patrick Watson et la chanteuse canadienne K.D. Lang seront présents. D'autres artistes et acteurs devraient être révélés prochainement.

"Je vois ce spectacle comme la réalisation de mes engagements envers mon père" 

Adam Cohen, fils de Leonard Cohen, est co-producteur de l'événement. Il explique suivre les souhaits formulés par son père, qui lui aurait confié avant son décès :"Organise une petite cérémonie avec les amis proches et la famille à Los Angeles… Si tu veux un événement public, fais-le à Montréal". Adam respecte ainsi les vœux de son père comme il a pu s'exprimer dans un communiqué de presse : "Je vois ce spectacle comme la réalisation de mes engagements envers mon père".

Le spectacle sera filmé par le réalisateur Jack Bender (Lost, The Sopranos et Game of Thrones) pour une prochaine diffusion. Les bénéfices du concert seront reversés au Conseil des Arts du Canada, au Conseil des Arts et des Lettres du Québec ainsi qu’au Conseil des Arts de Montréal. L’événement annoncera le début d’une semaine d’hommage au poète et musicien canadien, et lancera l’exposition  Leonard Cohen : une brèche en toute chose / A Crack in Everything, qui se tiendra à partir du 9 novembre au Musée d’art contemporain de Montréal.

>>> Pour relire notre hommage à Léonard Cohen

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Kendrick Lamar révèle le tout premier concert où il est allé

Dans une interview accordée au magazine Bilboard, le 14 septembre passé, Kendrick Lamar et Anthony 'Top Dawg’ Tiffith - qui a découvert et managé Kendrick dès l'âge de 15 ans, puis fondé le label indépendant Top Dawg Entertainment (Schoolboy Q, Jay Rock, SZA…) - se sont confiés sur les débuts de ce qui sera un des meilleurs labels de hip-hop.

En plus des questions autour de “Top Dawg“, la façon de gérer le label, ou comment ce grand gaillard de 1m85 s’est lancé dans la musique, on y apprend notamment que Kendrick Lamar (alias K Dot, son pseudo de jeunesse) a assisté à son premier concert, à l'occasion de… sa première prestation sur scène ! Pour expliquer cette première expérience live à la fois comme spectateur et comme artiste, Kendrick précise :

«Je n'allais même pas aux concerts. A l'époque, on n'avait pas l'argent pour ça".

Kendrick Lamar appears on our latest cover. You can read the story in full at RollingStone.com. The rapper discusses his vices, working with Beyoncé on ‘Lemonade,’ his latest album ‘Damn.,’ the future and more. “You can talk about dreams all day and ‘what I want,’” he says, “but you gotta put an action behind it.” Photograph by Mark Seliger (@markseliger)

Une publication partagée par Rolling Stone (@rollingstone) le 9 Août 2017 à 5h40 PDT

Premier concert en 2006 en compagnie de The Game et Jay Rock

"Le premier concert auquel j’ai assisté, c’est quand je suis parti en tournée avec The Game [et Jay Rock, en 2006] “ confirme Kendrick Lamar au média américain, tout en expliquant que ces shows “coûtaient trop d’argent ! Rien que l'essence à payer “. Il reprend : “ Être sur scène, c’est pour moi un accomplissement de deux choses bien différentes : la performance d’abord, mais aussi de m’amuser comme le public est en train de le faire. “

Outre cette information inédite, qui renforce encore un peu plus la légende de Kendrick Lamar, on a aussi pu apprendre que l’enregistrement de Good Kid, m.A.A.d City, a pris plus de temps que prévu :

“Oui, on a fait trois ou quatre versions de Good Kid, avant que le monde ne le découvre. (…) On y a ajouté de nouvelles chansons, plein de nouvelles choses. Je voulais raconter cette histoire, mais il fallait la produire correctement. Le gros de mon travail repose sur la réalisation. Les titres peuvent être bons, les arrangements aussi, mais si ce n’est pas bien réalisé/interprété/exécuté, le résultat ne peut pas donner un grand album. “

Précisons que depuis, le natif de Compton a multiplié les shows, et vient juste de terminer sa tournée nord-américaine où, il s’est produit plus de 30 fois, dans presque autant de villes. Vous pouvez aussi retrouver l’interview complète via ce lien.

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The Magic Ray nous offre en exclu un extrait de son super premier album produit par Cosmo Vitelli

C'est sous l'alias The Magic Ray que Fred Bigot, ex-Electronicat (début des années 2000 tout ça) lâchera le 22 septembre un premier album, The Magic Ray, qui mêle habilement pop, transe et musiques expérimentales, invitation à mener une expédition dans la jungle, comme un pique-nique sur une plage californienne. Un ovni un peu bruitiste et très psychédélique, qui convoque la scène pop-garage américaine comme les délires soniques de Zombie Zombie. C'est intriguant, c'est prenant, c'est frais.

En exclusivité, The Magic Ray nous offre un premier extrait, Hollywood, dont le clip est signé du dj et photographe Marco Dos Santos :

Produit par Cosmo Vitelli, boss du label I'm A Cliché (Simian Mobile Disco, Yuksek, Tacteel…), l'album fut enregistré à Berlin Est. Il s'agit de la deuxième sortie d'un autre label : Dischi Autunno, lancé en début d'année par la DJ Jennifer Cardini (également à la tête du label allemand Correspondant, qui bosse main dans la main avec le distributeur Kompakt Records) et Noura Labbani.

En concert : Le 30 septembre dans le cadre de la soirée clubbing Kill The DJ organisée au Centre national de la Danse à Pantin, avec Kiddy Smile et Les seconds couteaux. Plus d'informations ici.

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Exclu: le clip de ""Préface", le nouveau titre de Klub des Loosers

Après "Préface" dévoilé il y a quelques semaines, Klub des Loosers continue de dévoiler son nouvel album "Le Chat et autres histoires", qui sortira le 13 octobre: le clip de "Préface" est à découvrir seulement pour les Inrocks. Dans ce titre qui clashe des écrivains, Fuzati commence fort: "on a tous une histoire à dire, souvent elle n'intéresse personne, et si ta fin est un cancer, essaie d'en trouver une plus bonne". Le clip présente une suite de photos qui le voit jouer sur un synthé, déambuler dans un cimetière puis rendre visite à une conquête. Niveau lyrics Fuzati reste dans la veine pleine de noirceur et de fatalité qui a toujours marqué se textes. On en reparle très vite avec une longue interview sur les Inrocks.

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Les MCs montreuillois de TripleGo lâchent un clip planant pour “PPP“

Le duo TripleGo continue de balader son spleen dans PPP, dernier extrait de leur EP 2020 - disponible sur leur site officiel. Dans cette vidéo réalisée par Arnaud Deroudilhe (qui a déjà bossé pour Busy P ou PNL) , on se replonge avec plaisir dans les brûlantes journées d’été - qui semblent maintenant bien lointaines. Un farniente entre potes, à base de soleil, de “peuf“, de FIFA, de chameau,  toujours guidé par des BPM très lents et un beat planant, marque de fabrique du groupe.

>>> A lire aussi : TripleGo : “A la base, le rap est un spleen”

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Björk frappe un grand coup avec le clip sublime de "The Gate"

Dévoilé il y a trois jours, The Gate, premier extrait de son prochain album du même nom, a désormais son clip. Réalisé par Andrew Thomas Huang, vidéaste travaillant à Los Angeles, il plonge une Björk vêtue d'une création féérique dessinée par Alessandro Michele de Gucci, dans un monde kaléidoscopique.

De son album attendu pour novembre, l'Islandaise a expliqué qu'il s'agirait d'un "album Tinder", racontant "la recherche du bonheur, et le fait d’être amoureux. Passer du temps avec une personne que l’on aime, c’est quand le rêve devient réalité." Son dernier album, Vulnicura, sorti en 2015, racontait son désespoir d'après sa rupture très douloureuse avec l'artiste Matthew Barnett.

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