Actu musique

13 septembre 2017

U2, 12 septembre, Arrowhead Stadium, Kansas City, MO, Missouri

Premiere partie : Beck

Setlist

1 Sunday Bloody Sunday, The Magnificent Seven (snippet)
2 New Year's Day
3 Bad, America (Simon and Garfunkel) (snippet)
4 Pride
5 Where The Streets Have No Name, California (There Is No End To Love) (snippet)
6 I Still Haven't Found What I'm Looking For
7 With Or Without You
8 Bullet The Blue Sky, Black Dog (snippet), War (snippet), America (Stephen Sondheim) (snippet)
9 Running To Stand Still
10 Red Hill Mining Town
11 In God's Country
12 Trip Through Your Wires
13 One Tree Hill
14 Exit, Eeny, Meeny, Miny, Moe (snippet)
15 Mothers Of The Disappeared

Rappel

16 Beautiful Day, Starman (snippet)
17 Elevation
18 You're The Best Thing About Me (video)
19 Vertigo, Rebel Rebel (snippet), It's Only Rock And Roll (But I Like It) (snippet)
20 Ultraviolet (Light My Way)
21 One, Drowning Man (snippet)

Source des commentaires U2Gigs (traduction en cours)

Tonight U2 played in Kansas City—the one in Missouri. U2 have only ever scheduled two concerts in the actual state of Kansas, both on the War Tour, and only one of those actually went ahead. Missouri is more familiar territory, with this being their fifteenth concert in the state.

It has been a while since they last played Kansas City, however. Their last visit to the city was back on 27 November 2001. That occasion was marked by the only appearance of When I Look At The World. Arrowhead Stadium, the venue for tonight, has seen the band twice before.

The setlist tonight was identical to that played in Indianapolis two nights ago, but with the order swapped for Vertigo and the new single You're the Best Thing About Me. Bono changed the lyrics of Beautiful Day to reference the local baseball team : "see the world in white and blue/KC Royals right in front of you". One again had a snippet of Drowning Man at the end.

Bono claimed tonight as having the second performance of The Best Thing. That is true enough for the tour proper, but of course it is actually the third, after Indy and Fallon's show.

Prochain concert jeudi 14 septembre, Mercedes-Benz Superdome, New Orleans, Louisiana

U2 France

Patti Smith et ses enfants reprennent "People Have The Power" chez Jimmy Fallon

Invitée au late show de NBC, The Tonight Show, la chanteuse américaine a rendu hommage à son défunt mari, Frederick Dewey Smith, dont c'était aujourd'hui l'anniversaire.

Accompagnée sur scène par ses deux enfants : Jackson (guitare) et Jesse Paris (clavier), mais aussi par son collaborateur de longue date Tony Shanahan et Questlove (musicien de The Roots), Patti a offert une version émouvante et pleine d'espoir de cette chanson parue en 1988 sur l'album Dream of Life, et co-écrite par Frederick Dewey Smith.

Les Inrocks - musique

Lana Del Rey amoureuse dans le nouveau clip de "White Mustang"

Ce n'est franchement pas le meilleur clip de Lana Del Rey. Dans White Mustang, troisième extrait de son dernier album, Lust for Life, la chanteuse s'invente en amoureuse d'un musicien aux cheveux longs et à la veste en cuir super noir. Il y a aussi beaucoup de plans sur les autoroutes périphériques de Los Angeles, histoire de filer une belle métaphore sur les chassés-croisés de l'amour.

Les Inrocks - musique

Rattrapé par une affaire de violences bien glauque, XXXTentacion lâche le clip très dérangeant de "Look At Me!"

On parle désormais plus de XXXTentacion dans la rubrique faits divers que dans la rubrique musique. Son nouveau clip, Look At Me! ne déroge pas à la règle avec ses cinq minutes d'hyper violence qui trouvent leur climax dans la pendaison d'un enfant blanc par le rappeur floridien sous les yeux d'un enfant noir. On n'aura rarement vu image aussi choquante dans un clip balancé en public sur Youtube.

La scène n'a aucun rapport avec les paroles du tube, qui traitent essentiellement de "dick" et de "bitch". Mais tout à voir avec la diatribe finale de XXXTentacion, qui appelle à la non-violence en pourfendant le racisme anti-blanc et anti-noir, condamnant la castration et le meurtre d'un ado noir dans le Mississippi en 1925, comme la fusillade perpétrée par un suprématiste noir, Kori Ali Muhammad, à Fresno en avril dernier.

"Il voulait me couper la langue" 

Un message surprenant lorsque l'on connait les passé et présent judiciaires du rappeur de 19 ans. Le 8 septembre, Pitchfork publiait un résumé des 142 pages de la déposition de son ex-compagne qui a déposé plainte pour violences conjugales. La jeune femme rapporte avoir été frappée à de nombreuses reprises, même lorsqu'elle était enceinte. Aux enquêteurs qui lui demandent d'indiquer les jours où XXXTentacion a explicitement menacé de la tuer, la jeune femme répond : "Et bien, lorsque nous vivions à Orlando, c'était littéralement chaque jour." Les exemples se succèdent, tous d'une extrême violence.

Un jour, le rappeur devient fou parce qu'elle fredonne le morceau d'un de ses amis, et se met à la frapper à la tête comme à l'estomac, avant de la coincer dans la baignoire pour continuer de la tabasser. "Il voulait me couper la langue car je chantais ce morceau" raconte-t-elle. La jeune femme finit par s'enfuir, mais XXXTentacion la rattrape dans la rue et la tabasse sur le trottoir.

Par la suite, la soupçonnant de l'avoir trompé au moment où il était en prison et redoutant donc de ne pas être le père de l'enfant qu'elle porte, le rappeur la frappe jusqu'à ce que ses yeux saignent et qu'elle manque de perdre la vue, avant de l'étrangler jusqu'au bord de l'évanouissement. La jeune femme finit par vomir dans le lavabo. XXXTentacion refuse qu'elle aille à l'hôpital de peur que la police ne vienne l'arrêter et finit par l'enfermer dans une chambre. Les fenêtres ont des barreaux, son téléphone a été confisquée. La jeune femme y passe deux jours, avant de parvenir à s'enfuir et d'appeler son ex avec le téléphone d'un passant. C'est la mère de cet ex qui la conduit au poste de police. Le sergent Amel Soto, qui l'interroge en premier, dira par la suite : "Je n'ai jamais, dans toute ma carrière, entendu une histoire de la sorte." Le procès doit s'ouvrir le 5 octobre.

De son côté, XXXTentacion a démenti les attaques de son ex-compagne dans une story instagram, refusant "d'accepter une réalité qui n'est pas la sienne", "des histoires fabriquées".

Dans la série de vidéos qui suit, le rappeur fait monter la violence d'un cran. "A tous ceux qui me traitent d'agresseur domestique, je vais agresser domestiquement les chattes de vos petites sœurs par derrière". déclare-t-il , avant de se moquer du féminisme et de lâcher : "Si vous voulez voir votre chatte abusée domestiquement, appelez moi".

Des concerts fous

Au début de l'année, XXXTentacion a passé quelques mois derrière les barreaux pour vol à main armée. Le rappeur a été relâché en mars. Entre temps, son morceau Look At Me, sorti fin 2015, avait littéralement explosé sur Soundcloud, classant son auteur jusque-là inconnu dans la catégorie des "Soundcloud rappers". Depuis, A$AP Rocky l'a encensé, et XXXTentacion s'est offert un clash avec Drake sur fond d'accusation de plagiat.

Mais ce sont aussi et surtout ses concerts, réputés engranger une bonne dose de violence, qui ont assuré sa renommée. En juin, XXXTentacion se faisait mettre k.o sur scène lors d'un live à San Diego avant d'être évacué. Son agresseur avait fini à l'hôpital après avoir reçu plusieurs coups de couteau.

Une dizaine de jours plus tard, c'est lui qui assénait un coup de poing à un spectateur, sans raison apparente mis à part une forte dose d'excitation mal placée.

L'un des disques de la rentrée

Pourtant, son premier album sorti fin août, 17, n'a rien d'un condensé d'électricité. Il se situerait plutôt du côté de la dépression et semble adresser un gros fuck à la mode du banger afro(-trap) dans laquelle s'enfoncent tous les rappeurs actuels (exception faite de monuments comme Jay Z ou Kendrick Lamar).

Guitare sèche, chant assumé, mélodie pop serre-cœur, 17 ressemble à tout sauf à un album de rap classique. Noyé dans la tristesse, il propose une mixture de r'n'b, de grunge et de torch songs, et nous entraîne hyper loin dans les larmes et le Xanax. Jocelyn Flores parle même du suicide d'une de ses amies dans une chambre d'hôtel. Ambiance bof LOL. La claque assénée repose inévitablement la question de l'écoute éthique et de l'humain derrière l'artiste : peut-on écouter, aimer voire défendre 17 alors que son auteur est accusé de violences conjugales ?

Kendrick Lamar a, lui, fait son choix, invitant ses fans à écouter l'album, rempli, selon lui, de "pensées crues".

https://t.co/ovjuQN8weO listen to this album if you feel anything. raw thoughts. https://t.co/ovjuQN8weO

— Kendrick Lamar (@kendricklamar) 26 août 2017

A lire aussi : De XXXTentacion à Lil Uzi Vert, le retour des emo-kids

Les Inrocks - musique

A (re)voir : Roméo Elvis en concert surprise Gare de Lyon pour Les Inrocks

Mercredi 30 août, Les Inrockuptibles ont lancé leur nouvelle formule à travers un événement spécial organisé tout au long de la journée dans les rues de Paris. Accompagnée par l'agence Romance et la Blogothèque, l'opération "Maintenant en kiosques" a dévoilé cinq concerts surprises dans différents quartiers de la capitale. En attendant de revivre cette journée en vidéos, vous pouvez découvrir l'intégralité du concert surprise de Roméo Elvis en plein milieu de la Gare de Lyon.

Les Inrocks - musique

Phoenix interprète le génial "Ti Amo" dans le théâtre italien Bibiena pour La Blogothèque

Après le Trocadéro pour Wolfang Amadeus Mozart et le Château de Versailles pour Brankrupt, Phoenix a accepté une troisième collaboration filmée avec La Blogothèque. Ti Amo étant un titre et un album profondément inspiré par l'Italie, c'est tout naturellement dans un théâtre italien, le teatro Bibiena, à Mantoue, que l'équipe a filmé la bande de Versaillais, entourés de figurants issus de la ville.

Les Inrocks - musique

Le groupe de metal Decapitated accusé de viol collectif

Les quatre membres du groupe de death metal polonais Decapitated sont accusés d’avoir kidnappé et violé une femme le 31 août au soir, après leur concert à Spokane, une ville située au nord de la cote ouest.

Comme le rapporte Stereogum, la femme a rapporté l’incident à la police directement après les faits. Elle affirme qu'elle et une amie ont discuté avec le groupe à la fin du show avant d'être invitées à prendre un verre dans leur bus de tournée.

L’ambiance aurait changé

Seulement, une fois dans le bus, l’ambiance aurait changé. Les membres du groupe auraient commencé à parler en polonais tandis que le batteur Michal Lysejko se serait mis à lui toucher la poitrine. Suggérant à son amie de s'en aller, le chanteur du groupe Rafał Piotrowski l’aurait suivie dans la salle de bains du bus, avant de la déshabiller de force, accompagné par les autres membres du groupe qui l’auraient violée chacun leur tour, sous les yeux de son amie, mise à terre.

La police a rattrapé le groupe polonais,  qui était en route pour Los Angeles. Leur avocat Steve Graham a déclaré que "le groupe compte combattre pleinement les allégations qui sont portées contre eux" et "qu’un témoin a aperçu la femme monter dans le bus de son plein gré et d’en repartir en bons termes."

Les Inrocks - musique

King Krule toujours aussi excellent dans le clip de "Dum Surfer"

Dum Surfer est le deuxième extrait qu'Andy Marshall, alias King Krule, dévoile de son prochain album, The OOZ, attendu pour le 13 octobre. Réalisé par Brother Willis, le clip se révèle aussi excellent que le morceau qu'il accompagne, avec King Krule et sa bande en live dans un bar étrange peuplé de freaks aux yeux cernés.

Les Inrocks - musique

Exclu : Rone nous offre sa nouvelle bombe “Brest“

On quittait Rone, Erwan Castex pour l'état civil, après un set enflammé sur la scène Cascade, lors du dernier jour de Rock en Seine, alors que la nuit s’emparait petit à petit du domaine national de Saint-Cloud. Quelques semaines plus tard, le voici de retour avec un morceau tout neuf, Brest, qu’on vous dévoile en avant-première.

Avec ce nouveau titre, l'artiste démontre une nouvelle fois sa maîtrise parfaite – qui est aussi l’un de ses points forts – des couples mélodie et grosse ligne de basse, calme et puissance.

En attendant l’album

Brest est le tout premier extrait de son futur album Mirapolis, qui sortira le 3 novembre sur le fin label InFiné. La réalisation de la très belle pochette de ce quatrième album est signée Michel Gondry, dont la réputation n’est plus à faire.

Le producteur défendra ce nouveau projet à l’univers si spécial le 13 décembre au Trianon de Paris, lors d’un show qui s’annonce déjà comme l’un des événements à ne pas manquer.

Les Inrocks - musique

Grandaddy réédite son album classique et en dévoile une démo inédite

Pour fêter le vingtième anniversaire de leur culte et premier album Under the Western Freeway, les Californiens s’apprêtent à en sortir une réédition qui sera disponible le 20 octobre prochain via Friendshipforever (précommande disponible en support vinyle, les cassettes étant déjà sold out). Cette dernière – qui aura la forme d’un double album – proposera 8 démos jusque là jamais publiées, en addition du disque de 1997.

Les 250 premiers qui commanderont cet album anniversaire recevront un autre disque - en bonus - Practice ’97 : une compilation de 8 autres démos datant de l’année du titre. La tracklist complète des 3 galettes est disponible ici. Dans ce coffret, il y aura aussi un livret regroupant des photos, des flyers, et des notes manuscrites de Gruff Rhys de Super Furry Animals.

Grandaddy entre joie et peine

2017 est une année bien spéciale pour le groupe de Jason Lytle, son chanteur à la voix délicate. D’abord, une année heureuse, bercée par la sortie d’un cinquième album – 11 ans après le précédent – Last Place, paru à l’orée du mois de mars. Un autre long format qui confirme que “l’essence de Grandaddy reste intacte et inoxydable".

La suite de l’année a été marquée par un tragique événement ; la mort du cofondateur et bassiste du groupe, Kevin Garcia, dès suite d’un accident cardio-vasculaire survenu le 2 mai dernier. Le décès de celui que ses collègues et amis considéraient comme un “véritable ange" les poussera à annuler leur tournée en Amérique du Nord.

Une première démo inédite pour patienter

En attendant la sortie de la réédition anniversaire de Under the Western Freeway, le 20 octobre prochain, le groupe a partagé Hawaiian Island Wranglers, l’une des pistes figurant dans la compilation des démos inédites – que vous pouvez écouter juste ci-dessous :

Les Inrocks - musique

Une conversation avec Cortex, le musicien de 70 ans samplé par Damso, Rick Ross et Wiz Khalifa

Les riverains de cette petite rue coquette de Bourg-la-Reine ne se doutent pas qu’une légende sommeille derrière la maison aux volets bleus. La soixantaine à peine débordée, Alain Mion est un homme discret. Quand il ne perd pas trop de temps derrière "ce piège chronophage que l’on appelle ordinateur", il occupe ses journées à soigner son jardin en repensant à l’époque des galas au Blue Note : cet ancien club de jazz mythique du huitième arrondissement de Paris. Pour les connaisseurs et les diggers de vinyles, Alain est connu comme le cerveau derrière Cortex : l’un des rares groupes français assez dingues pour tenter l’expérience du jazz-funk. Ne lui parlez pas de Magma.

ll y a une quarantaine d’années, Alain Mion a signé des disques comme Troupeau Bleu, Pourquoi et I Heard a Sigh. Autant de sorties marquées par une intention et une production si singulières que leur écho habille aujourd’hui les tubes des héros de la musique dématérialisée. Comprenez : les rappeurs. D’une voix de parrain, celui qui cite Damso et Wiz Khalifa avec l’assurance d’un millenial buté à Snapchat avoue ne pas bien comprendre le son et les mots de la musique d’aujourd’hui.

« Il y a un truc que je ne pige pas dans le succès des rappeurs. J’ai essayé d’en écouter mais rien n’y fait. En tout cas, grâce à eux, je suis plus populaire aujourd’hui que je ne l’ai jamais été.»

A la fois surpris et heureux que ses mélodies ressurgissent du passé, Alain Mion n’oublie pas de réclamer son dû lorsque certains rappeurs et producteurs samplent la musique de Cortex sans son accord. Il distribue les souvenirs et les punchlines dans ce long entretien accordé sur le perron de son jardin.

Comment se compose la formation de Cortex aujourd’hui ? J’ai vu que le groupe tournait encore.

On sera toujours cinq mais la formation évolue en ce moment. Ce qui ne bouge pas c’est moi, avec mon piano Fender et Patrik Bauman à la basse. Il vit en Suède mais il me rejoint pour les concerts. Il y a aussi un jeune batteur de 26 ans ou 27 ans qui va nous rejoindre : Hugo Polon. Très carré, pas forcément très interventionniste. Mais c’est la bonne définition d’un batteur selon moi. Celui que je préfère, c’est Harvey Mason. Le premier batteur des Headhunters. Il y a aussi quelques batteurs de jazz que j’aime beaucoup comme Peter Erskin et Steve Gadd. Le genre de types qui ne donnent pas l’impression de faire grand-chose mais au final le son pousse tout seul. Il y a plus de quinze ans que je joue avec Patrik, il connaît très bien mon répertoire. On se sent. Avec les batteurs c’est parfois délicat : on peut tomber sur des mecs qui veulent trop s’imposer. J’ai été élevé à la sauce de mecs comme Art Blakey ou Kenny Clarke. La batterie simpliste par excellence : très sobre et très impressionnant en même temps.

Vous recevez beaucoup de messages de personnes qui ont découvert votre musique grâce au rap ?

Oui très souvent ! Et ça vient de partout. Ce qui est marrant c’est que ma popularité a explosé par rapport à l’époque de Cortex. Je ne raconte pas de char ! Hier j’ai encore reçu un message de Grèce. Il y a beaucoup d’Allemands qui m’écrivent, des Scandinaves… Aujourd’hui la musique de Cortex passe en radio dans plein de pays, notamment aux Etats-Unis sur les radios universitaires. Il y a un mec qui vient de ressortir Troupeau Bleu en cassette à Seattle. Il en a vendu pas mal et il a même reçu des commandes du Japon. C’est assez dingue l’attrait des Japonais pour le jazz-funk. On avait déjà été réédité là-bas par une boîte japonaise.

Ce doit être un sentiment assez particulier de constater que vos morceaux composés en 1975 touchent finalement leur public avec 40 ans de retard.

J’avais déjà joué en Belgique, en Suisse et au Maroc à l'époque… Donc on peut dire que Cortex avait déjà mis un petit pied à l’international mais rien de comparable à ce qu'il se passe aujourd’hui. Ca fait forcément plaisir et ça me permet de continuer à jouer. Récemment, j’ai fait un concert au New Morning, à Paris. Et un autre au Petit Journal Montparnasse. On est aussi allé jouer à Londres et à Milan. A chaque fois l’accueil a été super. Il y a trente ou quarante ans, je devais ramer. On parvenait à faire un peu parlait de nous mais c’était plus compliqué.

Il règne parfois un esprit conservateur dans le milieu du jazz, surtout lorsque de nouveaux courants apparaissent pour briser ou populariser codes. Ca été un handicap pour Cortex à l'époque ?

Ah c’est sûr qu’il y a des gens qui rigolaient. Certains artistes me disaient qu’il n’y avait rien à jouer dans cette musique. Pour eux, Herbie Hancock ce n’était pas intéressant. Ils ne pigeaient pas le truc. Je me souviens avoir enregistré avec un batteur et un bassiste. Je ne citerai pas leurs noms mais c’étaient vraiment des cadors. Des mecs qui avaient joué avec Dexter Gordon ou Johnny Griffin. Ils ont enregistré le truc en vitesse, genre en une seule prise. Pour eux c’était de la merde.

A cette époque vous gagniez quand même votre vie grâce à la musique ?

J’ai toujours réussi à vivre correctement grâce aux droits d’auteur.
Avant je faisais complètement autre chose. J’étais conducteur de travaux mais je me suis arrêté en 1974. Je ne pensais pas refaire de la musique un jour. Ce travail m’a tellement bouffé qu'un jour j’ai décidé de ne plus jamais bosser comme salarié. C’est à ce moment-là que j’ai monté Cortex. Je jouais avec deux Américains : Jeff Huttner et Allan Jaffey. Piano, basse et guitare. J’ai toujours aimé ce format, en trio, car je n’aime pas trop accompagner les gens. Je ne suis pas un accompagnateur, je suis un soliste. Récemment je suis tombé sur une vidéo de BB King sur YouTube dans laquelle il raconte la même chose à un mec de U2. Autant le dire hein ! J’ai envie de me défoncer, je suis un soliste. L’album Troupeau Bleu avait pas trop mal marché à sa sortie. Et comme je te le disais, à partir de 1975, j’ai toujours reçu des droits d’auteur assez conséquents. Les morceaux passaient en radio, on a fait quelques télés et puis les discothèques payaient quand elles jouaient les morceaux à l’époque. Quelques-uns ont été utilisés dans des documentaires donc derrière tu avais de l’argent qui tombait. En revanche, pour trouver du boulot et des dates de concerts c’était plus compliqué. Quand le groupe Cortex s’est séparé, je me suis un peu cherché mais j’ai réussi à composer un succès au milieu des années 80 avec un projet perso beaucoup plus détendu. Le truc s’appelait Pheno Men et le morceau avait bien tourné en radio.  Après il y a eu une rupture : je me suis remis au jazz et je suis parti enregistrer un disque à New-York.

Si on reprend l’histoire au tout début, quand vous étiez enfant, qu’est-ce qui vous a poussé à vous asseoir derrière un piano pour la première fois ?

Il y avait un piano à la maison. C’était un Klein. Il venait du Maroc car ma grand-mère l’avait acheté à l’époque où ma famille habitait Casablanca. Plus jeune, elle avait joué avec le grand-père de Sardou mais au début des années 20, elle composait surtout pour des musiques de films muets. Ma mère jouait aussi un peu. Il y a toujours eu un esprit musique dans la famille mais ils étaient tous branchés opérette et variété. Mon frère aîné lui écoutait du jazz : des trucs comme Art Blakey ou Oscar Peterson. Je suis tombé dedans tout de suite. J’ai pris des cours de piano pendant deux ou trois anas mais ça me gonflait. J’ai arrêté  les cours en rentrant au collège et puis je m’y suis remis tout seul vers l’âge de 13 ans. Les deux grands chocs de ma vie ont été Ray Charles et Art Blakey. Et puis Bobby Timmons aussi quand même !  J’ai monté des groupes en amateur avec des copains, on a continué à jouer et puis j’ai évolué.

A quel moment avez-vous décidé de sortir de ce cadre et de ces références classiques pour tenter l’aventure du jazz-funk ?

Ca s’est fait progressivement. Vers 1971, j’étais encore dans un répertoire très jazz. Je jouais des trucs comme Automn Leaves. Ce qui a marqué la différence, c’est la rencontre avec ces deux musiciens américains qui étaient très influencés par le rock et la pop. De mon côté, j’avais toujours été très mélodiste dans l’âme et j’ai aussi été influencé par des musiciens comme Sergio Mendes. A un moment j’ai été très branché bossa. Des trucs comme Vinicius De Moraes m’ont beaucoup marqué. Et puis à cette époque, Miles a commencé a joué du binaire, Hancock a débarqué avec l’album Head Hunters, Chick Corea est arrivé… Tous ces artistes ont nourri mon envie de proposer autre chose et Cortex est né dans ce contexte.

Vous avez déjà travaillé en tant que pianiste sur des projets d’autres groupes ou pour d'autres artistes ?

Non, jamais. J’ai toujours bossé en mon nom ou sous celui de Cortex. J’ai composé pour une musique de film il y a longtemps et j’ai fait un peu de pub aussi… Des conneries, genre les meubles Atlas tu vois. J’ai une personnalité assez particulière, j’aime bien contrôler la musique que je produis et celle que je sors.

Du coup, j’imagine que ça doit faire bizarre de tomber sur des morceaux de Rick Ross ou Damso qui utilisent et modifient la musique de Cortex 40 ans après ?

Je suis tombé des nues. La première fois que c’est arrivé, je ne comprenais rien à ce qu’il se passait. Je crois que c’était en 2001. Bob Sinclar m’avait pompé un truc. Ca s’était très mal passé avec son label. En gros leur réponse c’était : "Papy, on va t’apprendre comment on fait des disques maintenant ". Il ne faut pas me parler comme ça. J’ai encore des choses à leur apprendre. Je l’ai foutu en procès direct et il a dû banquer. Pas grand-chose hein ! Je l’ai fait assez tôt et il n’avait pas vendu grand-chose.

Il aurait fallu attendre.

Avec lui j’aurais dû attendre oui (rires). Avec d’autres non. En tout cas c’est vraiment à partir du début des années 2000 que des gens ont commencé à me contacter pour me dire qu’en fait Bob Sinclar n’était pas le seul à m’avoir samplé. Je crois que le premier c’était Madlib. Il avait fallu batailler pour obtenir gain de cause d’ailleurs : je me souviens que Stones Throw ne voulait rien entendre. A cette époque, j’étais dans un milieu très jazz et je ne pouvais rien savoir de ce qu’il se passait dans les autres musiques. Internet a tout changé. Aujourd’hui j’ai des alertes sur Google qui me préviennent en temps réel dès que le nom de Cortex sort quelque-part. Et puis il y a le site Who Sampled. Tous mes samples n’y sont pas répertoriés mais je crois qu’il y en a 75 en ce moment… Ca me permet de m’y retrouver.

Certains artistes prennent la peine de vous créditer alors qu’ils vous ont samplé illégalement.

Ils doivent croire que je suis mort. Je n’ai pas une grosse estime pour ces gens. Pour certains rappeurs, le plus important après un succès musical c’est de créer une ligne de vêtements. Ca m’étonnerait qu’un mec comme Beethoven ait un jour pensé à se lancer dans la moutarde. Si tu es vraiment animé par une passion, tu la vis jusqu’au bout. Je ne comprends pas trop comment fonctionnent la plupart des artistes rap. J’ai essayé d’écouter pourtant…

C’est une culture dans laquelle les notions de transmission et de rupture des conventions sont très importantes. Ce que vous racontez au sujet des disques de jazz que vous piquiez à votre grand-frère ressemble énormément à la manière dont certains gamins découvrent le rap aujourd’hui.

Ouais… Mais je n’arrive pas à réaliser ce qu’il y a d’intéressant dans le rap. Je dois être bloqué. Ce n’est pas un "non" définitif. J’aimerais pouvoir rentrer dedans mais c’est compliqué. Je déteste le free jazz et je sais pourquoi : la liberté harmonique totale, ce n’est pas mon truc. Je suis un mélodiste et pour que j’aime morceau, il me faut un minimum de technique.

L’expression rap a longtemps été enfermée dans un cadre très technique. Il fallait rapper dans les temps, respecter un certain nombre de fondamentaux sur le plan rythmique… Depuis quelques années cette musique s’ouvre beaucoup plus à la mélodie justement. Et les artistes semblent plus libres. Vous avez écouté des mecs comme Damso ou Sopico qui ont samplé I Heard A Sigh de Cortex ?

J’ai écouté Amnésie de Damso et j’ai l’impression qu’il évolue quand même dans un cadre assez structuré. C’est en place. De ce point de vue-là il n’y a rien à dire. Ce qui me dérange le plus, c’est qu’il a baissé le pitch du morceau original que j’ai composé. C'est n’importe quoi. Sopico : mon avocat lui a envoyé une lettre mais ce n’est pas allé plus loin. Il a quatre sous pour vivre je ne vais pas l’embêter pour le mettre sur la paille. Ce n’est pas le but. Il y a quand même des étapes à respecter : avant de sortir le morceau ils auraient pu contacter mon éditeur pour demander les droits. Aux Etats-Unis, les mecs bossent beaucoup mieux. Généralement, une boîte de clearance te contacte, ils te proposent un chiffre, tu discutes un peu et ça se concrétise. Et il n’y a pas de lézard. C’est ce qu’il s’est passé avec Lupe Fiasco par exemple. Avec Rick Ross aussi c’était propre. Même si après je crois qu'il m’a fait une entourloupe. Il a d’abord sorti un truc sur une mixtape car, apparemment, ce format échappait au cadre légal sur les samples… Et puis finalement je crois qu'il a refoutu le morceau sur un album.

Selon plusieurs sites, votre nièce écoute souvent du rap et elle vous remonterait les infos sur les samples illégaux.

Elle écoute des trucs de son âge donc il lui arrive d’écouter du rap oui. Cet été, un journaliste du Mouv a fait un article en racontant que ma nièce était la maîtresse de Damso et qu’elle m’avait demandé de l’attaquer en justice pour se venger. Bon, c’était évidemment sur le ton de la blague mais c’était très, très lourd. Mon avocat a appelé Radio France direct et ils ont retiré le truc immédiatement [NDLR : l'article et le passage sont toujours en ligne]. En fait c’est EMI qui m’a prévenu du sample utilisé par Damso. Certains de mes morceaux sont chez eux mais pas celui-ci… Mon problème dans cette histoire ce n’est pas Damso. Je pense qu’il est passé par ce qu’ils appellent des beatmakers en plus. Non, le vrai souci c’est le label. Ils sont commerçants, ils gagnent de l’argent donc ils me doivent quelque chose. Demain, si je me mets à vendre des vélos volés je vais avoir des ennuis. J’ai cru comprendre que Damso est proche de Booba non ? C’est marrant car la première fois que j’ai entendu parler de Booba, c’était lorsqu’un autre mec qui se faisait appeler Cortex le cherchait partout sur Internet. Encore quelqu’un qui a voulu surfer sur mon nom (rires).

Vous êtes Cortex, le morceau de Damso s’appelle Amnésie : cette histoire risque d’alimenter les théories du complot dans les cerveaux des Youtubeurs spécialisés en rap et en conspirations.

Ah il y a même des gens spécialisés là-dedans maintenant ? Ce qui m’embête le plus dans cette histoire en fait c’est que le morceau original a des paroles très poétiques en anglais. Quand j’ai écouté les paroles qu’il a rajoutées par-dessus je n’ai vraiment pas apprécié. Il aurait pu choisir la  Chevauchée des Walkyries  et ça aurait été parfait.

Propos recueillis par Azzedine Fall

Cortex sera en concert à Mons en Belgique samedi 16 septembre

Les Inrocks - musique

Le duo Cults s'essaye au headbanging dans le clip "I Took Your Picture With My Eyes Closed"

Quatre ans après avoir sorti leur deuxième album, Static, le duo pop new-yorkais Cults fait son retour avec I Took Your Picture With My Eyes Closed, un clip tout en cheveux. A l'image du groupe.

L'idée de faire faire du headbanging à la chanteuse Madeline Follin vient du réalisateur Elliott Sellers. "Il souhaitait faire ressortir la réalité physique du morceau… et mon cou me fait toujours mal à cause de ça" a expliqué Follin à Billboard.

I Took Your Picture Wtih My Eyes Closed est extrait de Offering, leur troisième album attendu pour le 6 octobre.

Les Inrocks - musique

Rami Malek reprend "Bohemian Rhapsody" en live sur le tournage du biopic de Queen

La semaine passée, on découvrait enfin les premières images du biopic sur Queen, Bohemian Rhapsody, et un portrait très ressemblant de l'acteur Rami Malek en Freddie Mercury. On en sait aujourd'hui un peu plus sur son tournage. Le média The Sun vient de dévoiler une vidéo live nous replongeant dans leur concert mythique, le Live Aid de 1985, au Wembley Stadium (Londres). On y voit Rami interprétant en playback le fameux hit Bohemian Rhapsody, accompagné de Gwilym Lee (dans le rôle de Brian May), Ben Hardy (Roger Taylor) et Joseph Mazzello (John Deacon). La sortie en salle est prévue pour février 2018 en France.

Les Inrocks - musique

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