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8 septembre 2017

‘Vaporized in a single tweet …'

'Suit and tie comes up to me
Face orange as a rose on a thorn bush
Skin as thin as orange crush
And he's peeling off those dollar bills
Slapping them down
One hundred
Two hundred…'

U2 lors de sa participation au Tonight Show with Jimmy Fallon

Une performance aussi cinglante que torride de ‘Bullet The Blue Sky', écrite il y a trente ans et qui n'a jamais été autant d'actualité.

Ca aurait pu faire les gros titres. On dirait bien que nos diables d'Irlandais ont décidé d'adapter les paroles de Bullet the blue sky pour mieux coller a l'année 2017.

Voila ce que ça donne.

In the howlin' wind
Comes a stingin' rain
See it drivin' nails
Into the souls on the tree of pain.
From the firefly
A red orange glow
See the face of fear
Runnin' scared in the valley below.

Bullet the blue sky
Bullet the blue sky
Bullet the blue
Bullet the blue.

In the locust wind
Comes a rattle and hum.
Jacob wrestled the angel
And the angel was overcome.
You plant a demon seed
You raise a flower of fire.
We see them burnin' crosses
See the flames, higher and higher.

Bullet the blue sky
Bullet the blue sky
Bullet the blue
Bullet the blue

Suit and tie comes up to me
Face orange as a rose on a thorn bush
Skin as thin as orange crush
And he's peeling off those dollar bills
Slapping them down
One hundred
Two hundred

I can see those fighter planes

I can see those fighter planes

WMD in their veins

Ground shakes but the children can't weep
Vaporized in a single tweet
The emperor rises from his golden throne
Never knowing, never BEING known
The lights are on the presidents home
Oh my god I've never felt so alone
Outside its America
Outside its America

In a far off palace in a far-fetched land
Another baby plays a baby grand
Fingers on the keys of a siren song
Finger on the button of oblivion
And all I can think of is my son

All I can think of is my son
He misses his ma, misses his da
And he runs
And he runs
And he runs
Into the arms of america

Voir en ligne : U2.com

U2 France

‘Vaporized in a single tweet …'

'Suit and tie comes up to me
Face orange as a rose on a thorn bush
Skin as thin as orange crush
And he's peeling off those dollar bills
Slapping them down
One hundred
Two hundred…'

Catch the band on The Tonight Show with Jimmy Fallon this evening?

Blistering performance of ‘Bullet The Blue Sky', written thirty years ago and never sounding more in the moment.

Could have been a newsflash.

Looks like the band decided to run the lyrics through 2017.

Here they are, from tonight.

In the howlin' wind
Comes a stingin' rain
See it drivin' nails
Into the souls on the tree of pain.
From the firefly
A red orange glow
See the face of fear
Runnin' scared in the valley below.

Bullet the blue sky
Bullet the blue sky
Bullet the blue
Bullet the blue.

In the locust wind
Comes a rattle and hum.
Jacob wrestled the angel
And the angel was overcome.
You plant a demon seed
You raise a flower of fire.
We see them burnin' crosses
See the flames, higher and higher.

Bullet the blue sky
Bullet the blue sky
Bullet the blue
Bullet the blue

Suit and tie comes up to me
Face orange as a rose on a thorn bush
Skin as thin as orange crush
And he's peeling off those dollar bills
Slapping them down
One hundred
Two hundred

I can see those fighter planes

I can see those fighter planes

WMD in their veins

Ground shakes but the children can't weep
Vaporized in a single tweet
The emperor rises from his golden throne
Never knowing, never BEING known
The lights are on the presidents home
Oh my god I've never felt so alone
Outside its America
Outside its America

In a far off palace in a far-fetched land
Another baby plays a baby grand
Fingers on the keys of a siren song
Finger on the button of oblivion
And all I can think of is my son

All I can think of is my son
He misses his ma, misses his da
And he runs
And he runs
And he runs
Into the arms of america

View online : U2.com

U2 France

Micah P. Hinson, Fink, Yasuaki Shimizu en accéléré

Aujourd’hui, certains d’entre vous regardent brûler le cierge qu’ils ont allumé à la mémoire de Johnny Cash, disparu le 12 septembre 2003. Aux inconsolables du chanteur à grosse voix, et aux autres aussi, on conseille d’essayer le nouvel album de Micah P. Hinson. D’abord parce qu’il chante bas. Aussi, question d’AOC, parce qu’il est né à Memphis. Et qu’il y finira sans doute ses jours. Ou derrière une colline des Appalaches. Ou dans une ville fantôme du Texas. Depuis le milieu des années 2000, Micah sort des albums qui se ressemblent sans se répéter, qui visitent sans hâte ni relâche l’Amérique perdue, de préférence de nuit. The Holy Strangers fait tout pareil : country gothique et folk baroque au ralenti, comme une séance d’hypnose ou de spiritisme. Un Holy et au lit, boots de cowboy aux pieds (du 16 au 22 octobre en tournée française).

Pour se réveiller tard, et tout en douceur, on enchaînera avec Resurgam de Fink. Deuxième album cette année pour le chanteur, après l’intense et surprenant album de post-blues Fink’s Sunday Night Blues Club. Fink soigne encore son blues, mais via une écriture plutôt folk-soul, dans des chansons aux arrangements brumeux et moirés – la production est signée Flood, toujours parfait d’élégance et de moelleux (en France les 31 octobre, 10, 11 et 14 novembre).

Et tout de suite, une page de pub, avec la réédition de l’album Music for Commercials du Japonais Yasuaki Shimizu. Sorti en 1987 dans la très chic et pointue collection Made to Measure du label Crammed, ce disque compile vingt-quatre miniatures musicales composées pour des pubs télé au Japon. Le track-listing est un catalogue des produits de l’époque (Seiko, Ricoh, Shiseido, Sharp, Knorr, Honda, Bridgestone…) et la musique est un enchantement de petites pièces voletant entre electronica rêveuse, jazz minimaliste et musique de chambre contemporaine. Un grand moment de subversion rétro-maniaque : on peut enfin adorer des musiques de pubs sans connaître les pubs en question, juste en les imaginant. Pour sûr, un disque qui donne vraiment envie d’acheter des pneus Bridgestone.

Qui dit rétromania pense Simon Reynolds (auteur du livre du même nom), et on se souvient que c’est lui qui avait inventé le terme “post-rock” en 1994 dans The Wire, pour la sortie de Hex, premier album des Anglais Bark Psychosis. Cotonneux kaléidoscope, ce totem des années 1990 versant ambient est réédité cette semaine, paisible, inaccessible, immuable et fascinant comme des nuages d’altitude. C’est dans ce genre d’album que s’est inventé le futur (c’est-à-dire aujourd’hui).

A l’époque, les gens qui écoutaient Bark Psychosis aimaient aussi beaucoup Sonic Youth, et ils auront raison d’accorder une oreille au nouvel album de l’ex-SY Lee Ranaldo. En apparence formatées power-pop, riches en mélodies, les chansons d’Electric Trim ne sont jamais banales, toujours pleines de chausse-trappes, de surprises et d’arrangements en cascade. Le disque idéal à écouter au volant d’une voiture de luxe, sous un énorme orage de grêle.

Cabosser la voiture, ne plus se laver, se nourrir uniquement de poulet frit et rouler jusqu’au Mississippi à la découverte de RL Boyce, 62 ans, qui sort Roll and Tumble, un chouette album de blues destroy pour danser défoncé au moonshine, comme au temps béni de RL Burnside, T-Model Ford et des productions du label Fat Possum. On les croyait tous morts, il y en a un qui bouge encore.

Les Inrocks - musique

Le super groupe Prophets of Rage plus remonté que jamais

Prophets of Rage ©Travis Shinn

Il y a des prophéties dont on souhaiterait qu’elles ne se réalisent jamais. Comme celle de Rage Against The Machine (RATM) qui avait anticipé, dans le clip de Sleep Now in the Fire en 1999, l’élection de Donald Trump – un manifestant y brandissait une pancarte “Trump for President” devant Wall Street. Maintenant que la blague est devenue triste réalité, le supergroupe Prophets Of Rage – qui réunit les ex-RATM Tom Morello, Brad Wilk et Tim Commerford, Chuck D de Public Enemy, et B-Real de Cypress Hill – assume son ironique responsabilité.

Après une tournée mondiale placée sous le signe de la résistance anti-Trump, ils sortent un album en forme d’uppercut contre le milliardaire et son monde (Prophets of Rage, Fantasy Records). Dans la lignée du mouvement de la contre-culture américaine, né lors des manifestations pour les droits civiques, contre la guerre du Vietnam et l’impérialisme yankee, sa vocation est clairement d’éveiller les consciences. De bout en bout, ce brûlot musical qui mélange les influences (metal, rap, funk et punk) pourfend les inégalités et le racisme, exalte la force du nombre et invite au soulèvement (parfois de manière un peu simpliste, on en convient). Certes, ceux qui espèrent retrouver dans cet album la ferveur de RATM en seront pour leurs frais. La colère primale de Zack de la Rocha, l’alter ego de Tom Morello, manque cruellement à l’appel. Mais le geste politique n’en demeure pas moins salvateur. Il rappelle qu’un riff de guitare énervé, mis au service d’une réflexion, peut valoir mille meetings politiques – la rage est contagieuse. Alors que les cagoules pointues et le drapeau confédéré sont de sortie aux Etats-Unis, et qu’un vent identitaire souffle sur l’Europe, il fait toujours bon entendre un single qui commence par : “Fuck Racists!”

Les Inrocks - musique

Toujours plus extravagants, les Sparks nous racontent leur vingt-cinquième album “Hippopotamus”

Capture d’écran clip “Hippopotamus – Sparks“

Sur la pochette, la tête d’un hippopotame émerge de l’eau d’une piscine. Ni le titre de l’album, ni le nom du groupe ne sont indiqués, mais on reconnaît en arrière-plan deux silhouettes familières : qui d’autre que les Sparks oserait une idée aussi farfelue ? Cette question revient sans cesse dans l’œuvre de Ron et Russell Mael, deux frères californiens qui piochent dans différents styles musicaux (glam, disco, new wave, art rock…) depuis des décennies sans jamais perdre leur énergie pétillante et leur modernité. Aujourd’hui âgés de 72 et 68 ans, ces vétérans de la pop ont influencé des ribambelles de musiciens depuis le début des années 1970 : The Smiths, Björk, New Order, Depeche Mode, ou plus récemment les Lemon Twigs et Franz Ferdinand.

Avec ces derniers, l’admiration est réciproque et donne lieu en 2015 au supergroupe FFS (initiales de Franz Ferdinand et Sparks), passionnante réunion entre héros et héritiers qui débouche sur un album et une tournée. A la fin de cette série de concerts, les Sparks redeviennent un duo et commencent à composer leur vingt-cinquième album chez eux, à Los Angeles.

“Cette expérience avec FFS nous a redonné envie d’avoir une approche de groupe, explique Ron. C’était important pour nous de pouvoir jouer en live la plupart de ces nouvelles chansons.” Russell poursuit : “On voulait inventer une musique vitale et excitante. A notre petite échelle, on essaie de combattre l’idée selon laquelle tout a déjà été fait.”

“Aujourd’hui, on va surtout puiser notre inspiration dans d’autres styles musicaux, voire d’autres domaines artistiques.”

En attendant de voir le résultat sur scène, les versions studio sont le parfait antidépresseur pour attaquer la rentrée, de la comptine déglinguée Hippopotamus à la pop-song sautillante Missionary Position, sans oublier le classieux Edith Piaf (Said It Better Than Me) – on applaudit au passage leurs titres et leurs choix de sujets. “On n’aime pas faire de grande déclaration sur l’état du monde, dit Ron. Je trouve que ça n’apporte rien et que ça minimise le côté artistique de ce qu’on fait. Notre réaction face au chaos mondial qui nous entoure, c’est d’essayer de faire des chansons estimables et touchantes.” Russell : “Des diversions qui aident les gens comme nous à se sentir mieux.” S’ils ont connu des heures historiques de la pop, les deux frères prennent aujourd’hui du recul. “Il y a eu des moments par le passé où on sentait que certains artistes nous poussaient à nous surpasser, comme une sorte de compétition saine, se souvient Ron. J’aimerais que ce soit encore le cas. Aujourd’hui, on va surtout puiser notre inspiration dans d’autres styles musicaux, voire d’autres domaines artistiques.”

A la fois accessibles et sophistiquées, ces quinze fantaisies musicales accueillent brièvement un troisième homme : le réalisateur Leos Carax, qui a utilisé dans Holy Motors un morceau des Sparks. Son prochain film, en cours de préparation, sera d’ailleurs basé sur un album composé par les frères Mael, intitulé Annette. Fidèle à l’esprit Sparks, cette nouvelle collaboration devrait faire des étincelles.

L’album Hippopotamus est disponible sur Apple Music.

En concert le 1er octobre à la Gaîté lyrique (Paris)

Les Inrocks - musique

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