Actu musique

5 septembre 2017

James Murphy de LCD Soundsystem: “”American Dream” m’obsède depuis des années”

© Ruvan Wijesooriya

Au mois de février 2011, LCD Soundsystem trouvait une parade radicale au gigantisme qui le guettait et à la lassitude qui le menaçait : le sabordage. Le groupe annonçait alors un concert d’adieu qui allait clore presque dix ans de carrière dans la liesse au Madison Square Garden, à New York, la ville-matrice de ce son à la fois urgent et dansant.

Dans Shut up and Play the Hits, formidable documentaire relatant ce geste romanesque, on voit James Murphy, le lendemain, glandant en pyjama, préparant avec maniaquerie son café et promenant son chien. Un homme libéré mais un musicien hagard : le rêve d’une vie de fan de musique s’effondre.

Car il avait tout mis dans son groupe, investi des années d’apprentissage et de passion pour finalement initier, en 2000, l’équipée sauvage capable de marier en une bacchanale rarement égalée depuis la raideur du postpunk et l’affolement de la dance-music.

Murphy avait 35 ans quand sortit le premier album du groupe ; LCD Soundsystem était sa dernière chance. Au nom d’une éthique et d’une flamboyance d’une autre époque, il choisit pourtant de suicider sa formation. Depuis, cet hyperactif incorrigible a multiplié les entreprises (wine-bar, café, restaurant…) et les collaborations (Arcade Fire, Yeah Yeah Yeahs, Soulwax, David Bowie…). Mais il restait encore trop de sève dans LCD Soundsystem pour faire de cette monstrueuse machine à groover un fagot de bois mort.

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Les Inrocks - musique

Rentrée musiques : bientôt dans vos playlists

Ibeyi © Amber Mahoney

Ibeyi
Ibeyi revient avec Ash, qui témoigne de l’épopée vécue par les sœurs franco-cubaines, Naomi et Lisa Diaz, depuis la sortie d’un premier album qui les a lancées dans deux ans de tournée mondiale et de rencontres folles. Ash est donc rempli d’une énergie nouvelle, avec plus de groove, d’électronique et d’invités. Ash veut dire cendre, mais c’est surtout la flamme du duo qu’on y entend. Ibeyi enchantera les Inrocks Festival le 24 novembre au Casino de Paris. SD
Ash Le 30 septembre (XL/Beggars)

Etienne Daho
Quatre ans après le majestueux Les Chansons de l’innocence retrouvée, le parrain de la pop hexagonale déclenche un Blitz tellurique et psychédélique, placé en grande partie sous le signe de Syd Barrett. Enregistré entre Londres et Paris, le Daho nouveau est l’un des plus audacieux de toute sa carrière, et sans doute une pierre majeure dans l’histoire de la chanson d’ici. Une histoire qu’Etienne l’érudit retracera à la Philharmonie à partir du 5 décembre, avec l’expo Daho l’aime pop qui propose un parcours en 200 photos de nos héros nationaux, des années 1950 à aujourd’hui. Daho sera aussi l’invité de Claire Chazal dans Entrée Libre, le 18 septembre à 20 h 20, sur France 5. CC
Blitz En novembre (Virgin/Universal)

Charlotte Gainsbourg
Les années ont passé depuis IRM (2009) et Stage Whisper (2011). Mais le temps a porté ses fruits : Charlotte Gainsbourg sera bientôt de retour avec un nouvel album ambitieux titré Rest, et notamment produit par SebastiAn. C’est la première fois que Charlotte Gainsbourg écrit elle-même ses chansons. La première fois, aussi, qu’elle chante en français. De quoi présager un album intime et puissant. MdeA
Rest Cet automne (Because)

Ariel Pink © Eliot Lee Hazel

Ariel Pink
Trois ans après l’incroyable Pom Pom, l’Angeleno poursuit son exploration du labyrinthe psychédélique qui lui tient lieu de cerveau sur le fantasmatique Dedicated to Bobby Jameson, son onzième album. Titre et contenu rendent hommage à un musicien de Los Angeles qui vécut reclus durant trente-cinq ans, avant de raconter sur un blog son histoire et son lot d’échecs. Ballades tortueuses, fulgurances épiques, guimauve trempée dans le goudron, romances cosmiques et retour vers le futur : Ariel Pink ne se refuse rien et c’est tant mieux. CB
Dedicated to Bobby Jameson Le 15 septembre (Mexican Summer/A+LSO)

John Maus
Ce grand malade de John Maus est revenu sans prévenir à la fin du mois d’août avec The Combine, un single rempli de matières synthétiques léchées en de très rares endroits par sa voix de crooner sociopathe. Heureux présage. Un album est d’ores et déjà promis pour la fin du mois d’octobre, six ans après l’immense We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves. Reconnu pour ses concerts épileptiques et ses mantras postpunk effrayants, l’Américain poursuivra donc son frère de sons, Ariel Pink, dans nos playlists. On vous laisse deviner qui tient le rôle du jumeau maléfique. AF
Screen Memories Le 27 octobre (Ribbon Music/Domino)

King Krule
Après avoir invité son timbre de routier adolescent sur le très élégant Blue Train Lines de Mount Kimbie, King Krule a fêté la rentrée des classes en avance avec Czech One. Derrière cette ballade dépressive, le jeune musicien aux mille projets cache plusieurs surprises pour la fin de l’année. Une tournée mondiale d’abord, qui l’emmènera au Casino de Paris le 26 novembre, et un album, forcément, qui fleurira à l’automne prochain. AF
Titre et date non confirmés (XL/Beggars)

Kurt Vile x Courtney Barnett
Sur le papier, ça ressemblait à une bonne blague : un album en duo de Kurt et Courtney. Pas l’ex-famille royale du grunge, mais leurs rejetons postslacker, Vile et Barnett. A l’écoute d’un premier morceau dévoilé (Over Everything), l’album Lotta Sea Lice pourrait bien être notre doudou rock de l’automne. Amis et fans l’un de l’autre, ils ont commencé par un projet de 45t, puis ont poursuivi sur la longueur, avec dans le groupe deux membres de Dirty Three, un Warpaint et le mythique Mick Harvey. SD
Lotta Sea Lice Le 13 octobre (Marathon/Pias)

Booba

Booba
Quand le D.U.C. annonce un nouveau projet, la concurrence a des frissons. Les plus téméraires attendent qu’il lègue sa place de numéro 1 du rap français. C’est peut-être pour ça que Booba a nommé son prochain album du nom de son siège favori :Trône. Même si on ne connaît toujours pas la tracklist officielle, B2O a multiplié les indices sur Instagram – son deuxième royaume –, laissant penser que ce futur album pourrait mêler bangers et mélancolie autotunée. Une formule parfaitement maîtrisée sur Nero Nemesis, son précédent. JS
Trône A venir (Capitol)

St. Vincent
On avait quitté Annie Clark en 2014 avec son excellent album St. Vincent. Début juillet, l’artiste américaine a dévoilé New York, un single aussi nostalgique qu’entêtant. Après un été placé sous le signe du mystère, on sait enfin qu’on la retrouvera le 13 octobre avec Masseduction. Le décompte est lancé. AB
Masseduction Le 13 octobre (Caroline)

Baxter Dury
Pour ce cinquième album, coproduit par Ash Workman (Metronomy) et mixé par Craig Silvey (Arcade Fire), le génial dandy anglais Baxter Dury s’est positionné en totale rupture lexicale de ses deux précédents projets, Happy Soup (2011) et It’s a Pleasure (2014). Le Britannique s’est fendu d’un nouvel album autobiographique, acerbe et sombre. Une BO du désenchantement quasi palpable. JS
Prince of Tears Le 27 octobre (Heavenly Recordings)

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Instants gonzo avec le chanteur Alex Cameron

Alex Cameron, un Australien à Paris, le 12 juin 2017 © Jules Faure pour Les Inrockuptibles

Je me disais qu’il y avait des entrées fracassantes que l’on n’oublie pas. La scène se déroule le 25 octobre 2016, à Paris, dans le club rock du Supersonic. Ce soir-là, le saxophoniste Roy Molloy patiente sur l’estrade tandis qu’Alex Cameron, tignasse blonde plaquée en arrière, fend la foule de la petite salle parisienne dans un costume en velours gris scintillant, comme un boxeur face à son destin.

L’Australien bénéficie alors d’une cote de popularité qu’il n’a jamais connue jusqu’ici dans sa carrière musicale. Le label Secretly Canadian vient de rééditer Jumping the Shark, un premier album autoproduit sorti deux ans plus tôt, qu’il tentait bon an mal an de vendre par ses propres moyens sur une plate-forme en ligne, et l’engouement de la presse est total.

A l’époque, tout le monde tombe pourtant dans le panneau dressé par Cameron et son personnage de crooner de karaoké à la trajectoire pathétique. Son disque est une exploration minutieuse des détails subtils qui constituent les failles de l’être humain et l’on a cru y voir l’expression très personnelle d’un éternel outsider. On avait tort. Le regard du type qui montait sur scène ce soir d’octobre 2016 était celui d’un beautiful bastard qui ne devait plus jamais en descendre.

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