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22 août 2017

On en sait plus sur le nouvel album de St. Vincent (et sur ses projets de film)

St. Vincent au Winter NAMM Show(c) Wikipédia Commons

Il y a deux mois, St. Vincent revenait avec New York, un tout nouveau titre annonçant son retour après trois années d’absence. Aujourd’hui, son comeback se précise de plus en plus : dans une interview accordée à The Guardian, Annie Clark a tout d’abord révélé plusieurs noms des morceaux à venir. On sait donc que Hang on Me, Smoking Section, LA, Sugarboy, et Pills feront bel et bien partie du sixième album de la chanteuse américaine.

La it-girl Cara Delevigne s’invite sur l’album de St. Vincent

Mais ce n’est pas tout : en concert au Summer Sonic Festival de Tokyo ce week-end, l’artiste a interprété ce qui semble être LA, pour la toute première fois en live. Bien que seul un extrait soit pour l’instant disponible, ce nouveau morceau semble très prometteur. Aussi, dans une interview accordée cette fois-ci à The New Yorker, St. Vincent a annoncé la participation de son ex-copine la mannequin et actrice Cara Delevigne sur cet album, sous le pseudonyme de “Kid Monkey”. A suivre.

???? new song “LA” – what a ???????? hoping this will be the next single. ????????⚡️I love it! Instant Hit. ????The reinvention of the Saint is better then I ever expected #stvincent #tokyo #hostesscluballnighter #fearthefuture #fearthefuturetour #st_vincent #annieclark • repost from @niw.a.rie •

Une publication partagée par StVincent_Shrine (@stvincent_shrine) le 20 Août 2017 à 6h07 PDT

Enfin, et dans un autre registre cette fois-ci, Annie Clark serait également sur le point de réaliser une adaptation cinématographique du roman d’Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray. Mais, dans sa version, Dorian Gray serait une femme ! Beaucoup de projets à venir donc, pour une rentrée très mouvementée du côté de la chanteuse.

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Des milliers de personnes veulent ériger une statue de Missy Elliott pour remplacer un symbole confédéré

à gauche : un monument aux soldats confédérés inconnus (source : Wikimedia, crédit : Pollockdog). A droite : Missy Elliott (source : Flickr, crédit : Romana Pierzga)

Avant que la situation ne dégénère à la mi-août à Charlottesville, des groupuscules extrémistes s’étaient déjà réunis dans le courant du mois de mai, pour manifester contre le déboulonnage prévu de la statue d’un des généraux des confédérés. Cette manifestation s’était terminée sans heurt, ni arrestation, ni drame, à la différence de la seconde, le 14 août passé, dont le tragique bilan s’élève à 1 mort et 19 blessés.

>> À lire aussi : Que s’est-il passé à Charlottesville ?

Pourtant, les opérations de démantèlement avaient déjà commencé en mai dernier, notamment en Nouvelle-Orléans, la plus grande ville de l’État de Louisiane. Déjà, deux symboles, un obélisque et une statue de Jefferson Davis – président des États confédérés pendant la guerre de Sécession – avaient été retirés de leurs piédestaux. Comme le rapportait le New York Times, la police de la ville, mobilisée en nombre conséquent, assistait l’opération pour éviter toute rixe avec les quelques nostalgiques de l’époque colonialiste, présents sur place.

La culture en guise de réponse

Plus récemment, c’est la ville de Portsmouth en Virginie, portée par un de ses habitants, Nathan Coflin, qui s’est faite remarquer. Son idée est simple : remplacer une statue de l’héritage suprémaciste par une des figures phares de la ville, l’incontournable MC, Missy Elliott. Depuis le week-end dernier, on peut donc signer une pétition (juste ici), rédigée de la main de cet habitant, et relayée par le Washington Post. Pour le moment, presque 27 000 personnes ont apporté leur soutien.

Le choix de cette personnalité n’est pas anodin, bien au contraire. En plus d’être née à Portsmouth, Missy “Misdemeanor” Elliott est surtout l’une des artistes les plus respectées du rap outre-Atlantique. À la tête d’une discographie longue de six albums – presque tous gratifiés d’un disque de platine, et même d’un double platine pour son Under Construction de 2002 – , Missy Elliott cumule quelque 30 millions d’albums vendus, uniquement aux États-Unis. Ce à quoi, il faut rajouter une abondance de distinctions : 4 Grammy Awards, 15 MTV Video Music Awards, et un grand nombre de BET Awards.

Outre cette carrière exceptionnelle, et comme Nathan Coflin l’affirme dans le descriptif de sa pétition, Missy Elliott représente bien plus pour sa ville natale : ” qui de mieux, que ce héros local, pour symboliser la culture et l’esprit de notre ville ? “

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Morrissey vient d’annoncer la sortie d’un nouvel album pour l’automne

Morrissey en concert à Nashville en 2014. Source : Flickr. Crédit : Kathryn Parson

Suite à son nouveau contrat signé avec la maison de disque BMG, l’ex chanteur des Smiths préparerait la sortie d’un nouvel album le 17 novembre prochain, selon le NME. Et on peut dire que son label est plutôt fier de son “nouveau” poulain à en croire les propos de Korda Marshall, directeur exécutif de BMG :

“Il n’y a pas beaucoup d’artistes qui peuvent rivaliser aujourd’hui avec Morrissey. Il a un talent extraordinaire. Il est prodigieux, lettré, spirituel, élégant et par dessus le marché courageux. Ses paroles sont drôles et ses mélodies ont influencé de nombreuses générations. La musique de ce nouvel album historique parlera d’elle même et nous sommes ravis de l’accueillir chez BMG.”

Enregistré au studio de La Fabrique à Saint-Rémy de Provence, mais aussi à Rome dans le Forum Studios d’Ennio Morricone, ce disque a bénéficié des soins du producteur Joe Chiccarelli. Ce dernier peut se vanter d’avoir bossé notamment avec Frank Zappa, Beck, The Strokes, ou encore The White Stripes. Rien que ça !

Un concert d’inauguration à Los Angeles

Ce disque va enfin pouvoir calmer les ardeurs des fans de Morrissey, attendant désespérément une suite à World Peace Is None of Your Business paru en 2014. Et pour célébrer cette grande nouvelle, le songwriter britannique à annoncé dans la foulée un concert exceptionnel à Los Angeles, au Hollywood Bowl, le 10 novembre prochain. Rassurez-vous, d’autres dates ne devraient pas tarder à tomber.

A lire aussi : Les Smiths annoncent la sortie d’un nouveau vinyle avec deux morceaux inédits

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Les 4 albums à ne surtout pas manquer cette semaine

Ghostpoet en haut à gauche (Crédit : Kirill Kay et source : Wikimedia), pochettes des disques de Dent May (en bas à gauche) et Steven Wilson (à droite)

Dent May – Across the Multiverse

Le multi-instrumentaliste américain nous propose un quatrième disque qui risque de vous faire voir des petits coeurs un peu partout sur le chemin du bureau. Fidèle à son excentricité, Dent May nous propose un pur bijou pop et des mélodies mielleuses dans la veine de l’orfèvre Brian Wilson. En s’ouvrant sur Hello Cruel World, au moins le message est clair : il n’est pas question pour James de se laisser bouffer le moral par la morosité ambiante, et comme il le chante si bien : “We can make it if we try”. Enregistré à Los Angeles, cet album sent bon le sable chaud et nos séries préférées d’ado comme 90210 (Beverly Hills) à qui Dent May dédie une chanson. Son orchestration rend hommage avec élégance aux années 70 et l’utilisation de l’effet vocoder (sur I’m Gonna Live Until I’m Dead) risque de vous faire craquer. Cerise sur le gâteau : un featuring avec la chère Frankie Cosmos !

A écouter sur Apple Music

Grizzly Bear – Painted Ruins

Après cinq années d’absence et un quatrième disque qui leur a valu un an et demi de tournée, les New-Yorkais (dont trois roucoulent désormais à L.A.) sont enfin de retour avec un nouveau disque baptisé Painted Ruins. Le premier signé sur une Major, RCA de Sony, quittant ainsi leur maison maternelle Warp. Plus sombre et nerveux que leurs ouvrages précédents – on sent que l’actualité récente y est bien pour quelque chose – ce 5e album n’en reste pas moins tout aussi émouvant et sincère. Capiteuse et chargée en synthés, l’orchestration laisse tout de même une place de choix aux harmonies vocales du chanteur Ed Droste. On se réjouit à l’idée de les retrouver en concert le 16 octobre à l’Olympia.

A écouter sur Apple Music

Ghostpoet – Dark Days + Canapés

Après avoir été nommé au prestigieux prix Mercury pour son dernier disque Shedding Skin en 2015 (mais aussi en 2011 pour Peanut Butter Blues & Melancholy Jam), le londonien Obaro Ejimiwe ne chôme pas et nous revient avec un quatrième disque, Dark Days + Canapés, produit par Leo Abrahams (qui a bossé notamment avec Brian Eno et Jon Hopkins). A l’image de son époque, ce disque transpire un certain malaise, tout en gardant le cap et s’accrochant désespéramment à la vie. Éclairée ponctuellement par des notes d’espoir, cette oeuvre à vif s’appuie sur les cordes et le piano pour révéler toute sa sensibilité. Difficile de ne pas être touché par son Immigrant Boogie où Obaro raconte l’histoire d’un bateau de migrants en pleine dérive, ou encore par les névroses de Trouble + Me et la fatalité de We (re) Dominos. End Times clôturant quant à lui le disque comme un coup de marteau.

A écouter sur Apple Music

Steven Wilson – To The Bones

L’ancien leader de Porcupine Tree, l’anglais Steven Wilson est de retour avec un nouvel album solo. Et si son nom ne vous est pas familier, sachez que l’animal fête tout de même plus de 30 ans de carrière. Il a même entrepris un titanesque projet de remixage d’albums cultes des 70’s et 80’s dont King Crimson et XTC. Souvent catalogué dans la rubrique “rock progressif”, Steven propose en cette rentrée un disque rendant hommage aux anthologies de pop progressive des années 80 (Talk Talk, Peter Gabriel).

A écouter sur Apple Music

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Les 11 meilleurs moments de la Route du Rock 2017

The Jesus And Mary Chains à La Route du Rock 2017(c) Nicolas Joubard

1 – Une excellente soirée d’inauguration 

Dont on vous parlait juste ici, il y a quelques jours. 

2 – Les nuits les plus longues

Pour les plus téméraires, les soirées de La Route du Rock ne s’achèvent pas sur des notes de guitare. Sous les coups d’une heure du matin, plusieurs sets électro ou techno viennent faire vibrer le fort pour que la fête ne s’arrête jamais. Cette année, c’est Helena Hauff, Soulwax (trois batteurs sur scène!) ou encore Tale Of Us qui ont su faire danser les festivaliers jusqu’au milieu de la nuit. Des clôtures de qualité, dont les basses résonnent encore dans nos têtes.

3 – Les concerts sur la plage

Pour les plus téméraires (et ceux qui ont le sommeil très lourd, même au milieu de milliers de tentes Quechua), les après-midi de La Route du Rock n’étaient pas uniquement destinées à se reposer de la veille. Sur la plage, en plein coeur de Saint-Malo, deux concerts par après-midi étaient prévus pour les festivaliers et les passants, faisant du festival un véritable événement à part. Que l’on se baigne en écoutant la douce pop de Calypso Valois, que l’on s’allonge sur le sable pendant les méandres électroniques de Le Comte ou Kaitlyn Aurelia Smith ou que l’on se repose sur un transat au son du génial Petit Fantôme, la plage de Bon Secours est le compromis idéal pour bronzer (voir le point n°8) en musique.

4 – Le meilleur du rock

Bien que la pop ait fait chavirer nos coeurs tout le week-end, les sensations ont également été présentes du côté de concerts un peu plus percutants : qu’il s’agisse de la cold wave impressionnante de Idles (dont la présence scénique nous a laissé sans voix), du set sans bavure des Black Lips ou de la violence des guitares de John Dwyer et son groupe Thee Oh Sees, les têtes se sont secouées (et les pogos ont eu lieu). A ne pas oublier : un Ty Segall déchaîné, accompagné de ses meilleurs musiciens, pour un set de fin de festival en grandes pompes (en croco rouge vif pour lui).

5 – Le retour des icônes

Du côté de la programmation, La Route du Rock s’est surpassée cette année. Après avoir subi l’annulation de Björk deux ans plus tôt, le festival a su retomber sur ses pattes pour proposer un line-up mettant à rude épreuve ses concurrents. Entre l’iconique PJ Harvey accompagnée de son orchestre ou encore les pères du shoegaze The Jesus and Mary Chains (dont la performance a reçu quelques avis mitigés), cette édition 2017 a su raviver de nombreux souvenirs de jeunesse à travers la foule. Mention spéciale pour Interpol, de retour à La Route du Rock quinze ans après leur première fois, pour interpréter leur cultissime album Turn On The Bright Lights, sorti exactement quinze ans plus tôt. Un moment d’anthologie.

6 – La classe de Future Islands

On s’y attendait un peu, et ils l’ont fait : les Américains de Future Islands, tête d’affiche de la seconde soirée, ont réalisé un set hors du commun. Menés par l’excellent Sam Herring, dont les performances vocales sont sublimées par un jeu de scène impressionnant, le groupe a rassemblé une foule massive pendant près de deux heures, au beau milieu de la nuit. A revivre juste ici, en vidéo.

7 – Des découvertes à la hauteur

Malgré les têtes d’affiches citées précédemment, La Route du Rock permet également l’émergence de groupes plus méconnus, mais non moins talentueux. Cette année, on y a découvert en live les très bons Yak, rencontré les Américains de Froth, mais aussi retrouvé Car Seat Headrest, l’un des groupes les plus prometteurs du moment. Dirigé par le timide mais charismatique Will Toledo, le quatuor a su retourner le Fort de ses balades acerbes, aux sonorités d’exutoires lo-fi. Une belle réussite.

8 – La météo

Chaque année, les plus médisants emportent k-way, bottes et autres parapluies pensant braver la pluie battante pendant tout le week-end. Oui, l’édition 2014 a marqué les mémoires (et l’on se souvient encore parfaitement de la permanente mare de boue qui avait eu raison de nos tentes), mais le vent a tourné : cette année, pas l’ombre d’une averse de plus de cinq minutes, et un soleil radieux la majorité du temps. Et l’on a même repéré de gros coups de soleil.

9 – La gastronomie bretonne

On s’était juré de ne pas en parler une nouvelle fois, mais après une année passée dans divers festivals à manger le même burger accompagné de ses frites molles et de sa bière sans bulles, il nous a semblé nécessaire de relever qu’à La Route du Rock, l’alternative galette-saucisse et cidre continue, après tant d’années, de faire battre les coeurs. Un classique inégalé.

10 – La reprise de Vanessa Carlton par Mac DeMarco

En plein milieu de son concert, quelques notes de piano nous semblent familières. On attend, on écoute, et on confirme : ce zinzin de Mac DeMarco est en train de reprendre A Thousand Miles de Vanessa Carlton. Il ne connaît visiblement qu’une seule phrase du titre (qu’il répètera tout le long du morceau), mais cela suffit amplement à surprendre et charmer le public. Un classique pour cet habitué de La Route du Rock (ça se passe vers la 30ème minute).

11 – La chenille

Indétrônable, inégalable, infatigable.

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Une exposition sur Prince prévue à Londres pour la rentrée

Capture d'écran du clip "Kiss"

Depuis sa mort en avril 2016, les hommages au chanteur Prince se sont multipliés à travers le monde : de Bon Iver à Mac DeMarco, en passant par LCD Soundsystem ou Sufjan Stevens, tous ont repris diverses œuvres du chanteur disparu à seulement 57 ans. Mais cette fois-ci, c’est une toute autre sorte de rétrospective qui ne va pas tarder à voir le jour. En effet, une exposition dédiée au chanteur devrait prendre place à partir du 27 octobre prochain à Londres dans l’Arena O2.

Costumes de scène, guitares, bijoux et autres souvenirs de tournée

Après Bowie ou les Rolling Stones, c’est au tour de Prince de voir sa carrière mise en lumière a travers une exposition regroupant de nombreux objets ayant appartenu à l’interprète de Kiss : costumes de scène, guitares, bijoux, manuscrits et autres vestiges issus des tournées de l’artiste seront dévoilés pendant seulement 21 jours. Toutes les informations se trouvent juste ici, et les places seront mises en vente dès le 25 août. Inratable.

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7 CD ne suffisent pas pour résumer l’agitation du Manchester post-punk

capture d'écran Youtube/Oasis

A l’entrée de Manchester, l’automobiliste est accueilli par ce panneau : “Manchester, Nuclear free zone” (Manchester, garanti sans nucléaire). Et effectivement, c’est une autre énergie qui, depuis le punk-rock, agite en profondeur la scène locale, recensée ici en sept CD sur la seule période 1977-1993 (le coffret finit avec la première maquette d’Oasis).

A la hauteur de New York, Detroit ou Nashville, on reste estomaqué par la fertilité, le rayonnenement et la diversité de ce terreau qui a donné au monde The Smiths, Joy Division, New Order, Happy Mondays, Buzzcocks, Magazine, The Fall, Charlatans, 808 State, Chemical Brothers, Stone Roses ou James, tous présents parmi les 143 groupes ici sélectionnés. Mais la force des grandes équipes, ce ne sont pas seulement ces stars, ces étendards, mais aussi les modestes porteurs d’eau, les oubliés des projecteurs dont l’influence finit – ou pas – par atteindre un jour la surface.

Et ces seconds couteaux tranchants, ces oubliés de l’histoire n’ont pas été négligés dans ce richissime coffret, occasion de se replonger (parfois avec colère face à cet oubli collectif) dans les chansons toujours éloquentes des Chameleons, Easterhouse, Jane, Yargo, Blue Orchids, Section 25, The Passage, Membranes, Adventure Babies, A Guy Called Gerald, Barton ou Ludus.

Ces artistes possédaient chansons et attitude : ne manquait à leurs créateurs que l’art de se mettre en scène, le marketing de soi-même. Un autre trait typiquement mancunien. A la sortie de Manchester, un panneau pourrait d’ailleurs reprendre la maxime de Tony Wilson, infatigable ambassadeur de cette ville et cette scène à travers Factory Records ou le club de l’Haçienda : “A Manchester, on fait les choses différemment”.

compilation Manchester Nort Of England (Cherry Red Records) disponible

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