Actu musique

21 août 2017

Vidéo : Thom Yorke et Jonny Greenwood reprennent des trésors cachés de Radiohead en live

Thom Yorke et Jonny Greenwood à Glastonbury en 2010. Source : Flickr. Crédit : Wonker.

Dimanche 20 août dernier, dans la région de Les Marches (située dans l’Italie centrale), le théâtre Sferisterio de Macerata accueillait un duo très attendu. Ce ne sont autres que le guitariste Jonny Greenwood et le leader de Radiohead Thom Yorke qui ont joué ensemble sur cette scène intimiste de moins de 3000 places, à l’occasion de la saison lyrique estivale du Sferisterio Opera Festival.

Grâce à une vidéo postée par un fan sur les réseaux sociaux (et à revoir ci-dessous), on peut revoir la prestation live du duo. Réchauffant le coeur de leur public (ayant tout de même déboursé entre 50 et 250 euros par place), Jonny et Thom réinterprètent ici des classiques de Radiohead mais aussi des perles oubliées telles que Faust Arp – extrait de l’album In Rainbows paru en 2007 (qui débute à 15min20) ou encore le titre Follow me Around  qui n’a jamais été sorti à ce jour (à écouter dès 44min40).

.@mailansa on #Periscope: thom& jonny in macerata 2 https://t.co/lZfSjR86CY

— yasuko (@Y_Grrrr) 20 août 2017

Ce concert caritatif et unique permettra de venir en aide à la région Les Marches suite aux nombreux tremblements de terre qui l’ont accablée l’an passé. Les fonds seront ainsi reversés au comité ArteProArte visant à restaurer et protéger le patrimoine culturel lourdement endommagé lors des catastrophes sismiques de 2016.

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Dépêchez-vous de rentrer de vacances pour préparer l’avènement de 070 Shake

Paris, en août : une équation maudite et fameuse, placée sous le signe de l’ennui. Heureusement, le concert de la star montante du hip-hop est venu réchauffer l’ambiance. Grâce à 070 Shake, et son show sauvage livré à La Station, plein de colère, de hargne et d’amour pour son public. Ni une ni deux : on s’est précipité pour rencontrer la jeune femme avant son live. Dans des loges bordéliques et sous l’oeil protecteur de sa manageuse, YesJulz, Shake apparait derrière un nuage de fumée. Elle se fout gentiment de la gueule de notre accent français, se tasse dans un coin du canapé, puis évoque ses souvenirs, sa vision de l’art et ses liens très étroits avec Kanye West.

Le nom de ton crew, 070, est le code postal de votre ville d’origine. Ca ressemblait à quoi de vivre dans le coin ?

Le New Jersey, c’est un endroit que tu ne peux comprendre que si tu y vis… Je veux dire, tu peux emmener des amis là bas, leur montrer des endroits cools etc… Je pourrais te te le décrire, mais personne ne comprendrait réellement. On est tous ensemble, un peu face au monde. Les gens qui vivent là-bas sont forcés de rester coude à coude. Nous, entre potes, on trainait, on se marrait, on a fait quelques trucs pas vraiment légaux (rires). Et puis là-bas, il se passe des choses auxquelles tu ne devrais pas te confronter en étant jeune. Tu es souvent sur le qui-vive ; en marchant dans la rue, j’ai pris l’habitude de regarder autour de moi, tout le temps, de tourner la tête à droite, à gauche, encore et encore (elle joint nerveusement le geste à la parole).

Et forcément, ça a du influencer ta musique, en un sens ?

Oui, même si je ne pense pas vraiment qu’un endroit puisse influencer quelqu’un… Je crois plutôt que ce sont les gens qui ont un impact sur toi ; mais comme ils viennent d’un lieu, agissent en fonction de ce lieu, je suppose qu’il y a une influence. Du coup oui, dans ma façon de rapper et de chanter, le New Jersey se ressent, comme tout ce que j’ai pu y voir et y vivre. On m’a souvent dit qu’il y avait un coté sombre dans ma musique, allié à une vibe qui te donnait envie de danser et de te marrer. Ca représente bien ma vie là-bas.

J’ai vu que tu écrivais de la poésie avant de rapper. Comment ça t’est venu ?

C’était à un moment où j’étais paumée, voire un peu détraquée. Et je ne sais pas… Je crois que c’était un moyen d’exorciser tout ça. Il fallait que je parle de ce que je ressentais et de ce que je voyais. J’écrivais pendant mes cours. Et à un moment, j’ai pris mon carnet, j’ai lancé un beat et je me suis emparée d’un micro. Tout simplement.

Aujourd’hui, tu as ce même rapport instinctif à l’écriture ?

Oui, sauf que maintenant je suis plus à l’aise. Disons que j’ai pris l’habitude et que je sais mieux écrire. C’est cool, mais j’essaie tout le temps de retrouver ces moments où ça venait comme ça, sans prévenir. Je recherche constamment l’instinct.

070 shake en concert ???????????????? c’était si bien ???????????????? pic.twitter.com/XWnlULbwbG

— ????????????OH MU???????????? (@ohmudefeu) 10 août 2017

Dans Be Myself, tu parles de Trump. Je sais que c’est le nouveau point Godwin d’aujourd’hui, mais quel impact son élection a t-elle eu sur toi ?

Comme pour beaucoup d’autres artistes, son élection m’a donné de la matière. J’ai déjà plein de trucs à dire, mais je trouve qu’il donne un nouveau rôle à la musique : celui d’aider les gens à ouvrir les yeux. Tu vois, je suis sur scène, devant des kids, et je me dois de leur dire ce qu’il se passe. Il le faut, sinon qui le fera ?

Donc tu crois que les artistes doivent s’engager ?

Chaque artiste est différent ! Mais me concernant, oui. Il y a deux options : soit tu essaies d’être connu, sans but, soit tu essaies de changer le monde. Après tu peux choisir les deux options, mais je trouve ça important de faire quelque chose de ta renommée, d’en tirer quelque chose qui a du sens.

YesJulz : Désolée de m’incruster mais oui ; par exemple, la dernière fois il y a une fille qui sortait de scène. Elle courait partout en gueulant ”oui, je l’ai fait, je l’ai fait !”. D’accord, tu l’as fait, mais à quoi ça a servi ? Qu’est ce que tu as apporté ?

Shake (se levant d’un bon du canapé) : C’est exactement ça ! Il ne suffit pas d’être reconnu, d’accomplir des choses. Il faut y donner un sens. Tu vois, je suis sur scène, je parle à la foule. Je ne suis pas la seule dans le coup. Il y a aussi des gens qui m’écoutent alors je dois aider cette foule, sans laquelle je ne suis rien. Et si je l’aide, j’aurais de plus en plus de gens devant moi.

Il y a des rumeurs qui rattachent ton crew au label de Kanye West, G.O.O.D. Tu peux m’en dire un peu plus ?

Oui, on baise ensemble. Mais musicalement, je veux dire (rires). Et c’est génial, parce que Kanye… C’est Kanye. C’est vraiment mon artiste préféré, je le respecte plus que n’importe qui.

La connexion s’est faite comment ?

En fait , ça c’est juste fait comme ça…

YesJulz : Ouais, l’univers vous a réuni, il y a eu de multiples connexions. Il y a un vrai respect mutuel. Je ne les ai pas harcelé de mails ni rien, et eux non plus. ça s’est fait doucement, les deux parties avaient envie l’une de l’autre.

Ton futur projet est très attendu, tu peux m’en parler un peu ?

Il s’appellera The Yellow Girl. Ce sera un mix de choses très différentes, les chansons ne se ressembleront pas du tout, mais auront un point commun : tout le projet est assez brut, très pur.

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Les 8 clips qu’il ne fallait pas rater cette semaine

capture d'écran Youtube/Lil Peep

Jay-Z MaNyfaCedGod (feat. James Blake)

Depuis la sortie de 4:44, Jay-Z a quasiment sorti un clip par semaine, dont quelques trucs grandioses à rattraper ici. Le dernier en date est pour le morceau MaNyfaCedGod, en feat. avec James Blake. Il invite l’actrice Lupita Nyong’o sous la caméra de Francesco Carrozzini, et comme d’habitude avec Jay-Z, c’est plutôt très classe.

Lil Peep Awful Things (feat. Lil Tracy)

Lil Peep vient de sortir Come Over When You’re Sober (Part One), un premier album dans lequel il dévoile toute l’étendue de son style, qui semble proposer l’invention du rap emo. Le clip de Awful Things est à ce titre une bonne introduction au garçon. On le suit, lui et ses 20 ans, dans une romance d’obédience teen movie, avec une fille et des flammes car l’amour, ça fait mal. Le clip est réalisé par le duo Sus Boy/Nick Koenig et réserve quelques gros moments de folie visuelle.

Shabazz Palaces Shine a Light (feat. Thaddillac)

Petite claque avec ce clip à la fois creepy et splendide de Neil Ferron pour Shabazz Palaces.

Mark Lotterman Happy

On découvre le style de la réal Alice Saey dans ce clip pour Mark Lotterman, songwriter à la Tom Waits venu des Pays-Bas. (Alice Saey est française mais basée à Rotterdam.) Le clip joue sur l’abstraction via de gros plans en mouvement, avant de dézoomer tranquillement sur une petite teuf entre canards, qui termine dans un autre genre d’abstraction, plus psyché. Bref, y a de l’idée.

Forest Swords Raw Language

Une série de plans fixes bien esthétisants comme on aime. C’est signé Sam Wiehl.

Grizzly Bear Mourning Sound

Joli clip de type Instagram/science-fiction avec Clémence Poésy, des fesses et une choré. Le tout est réalisé par Beatrice Pegard.

Katyb About

(Okay ce clip est sorti fin juillet.) Du glitch, une caisse vintage à la campagne, un drone, des superpositions d’images et des inversions de couleurs : le rappeur tunisien Katyb a sorti la grosse artillerie du cool actuel pour son nouveau clip, réalisé par Moncef Henaien.

Nessly & Killy No Mistakes

Mollo le glitch, on a compris.

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