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17 août 2017

Les enfants de Johnny Cash ont un message pour les néo-nazis qui portent un T-shirt de leur père

Johnny Cash interprète "Daddy Sang Bass" / Capture d'écran YouTube

Devant les images du jeune néo-nazi arborant un T-shirt à l’effigie du célèbre chanteur de Johnny Cash lors de la manifestation suprématiste de Charlottesville, le sang des enfants du héros de la country n’a fait qu’un tour. Sur sa page Facebook, sa fille ainée Rosanne s’est empressée de poster un message signé de son nom et de celui de ses frères et sœurs. Elle demande fermement que le nom Cash soit maintenu éloigné de ces idéologies destructives et haineuses.

Dans ces quelques lignes, les enfants de l’artiste décédé en 2003 rappellent l’engagement politique de leur père, son combat pour l’égalité des droits et les libertés.

“Johnny Cash était un homme dont le cœur battait au rythme de l’amour et de la justice sociale. Il a reçu des récompenses humanitaires, entre autres, venant du Fonds national juif, de l’organisation B’nai Brith et des Nations Unies. Il a défendu les droits des Amérindiens, a protesté contre la guerre au Vietnam, était une voix pour les pauvres, pour ceux qui luttent et défendent les opprimés, s’est engagé pour les droits des prisonniers. Avec notre sœur Rosanne, il était membre du conseil d’une organisation exclusivement consacrée à la prévention de la violence armée chez les enfants”, précisent-ils. “Notre père nous disait à chacun, nous a répété encore et encore tout au long de notre vie : Les enfants, vous pouvez choisir l’amour ou la haine. Sachez que je choisis l’amour”.

A message from the children of Johnny Cash:We were alerted to a video of a young man in Charlottesville, a…

Posted by Rosanne Cash on Wednesday, August 16, 2017

Les Inrocks - musique

On sait enfin à quoi ressemble un concert de Frank Ocean

Frank Ocean sur la scène du Flow Festival à Helsinki // Crédit @Insagram

En 2013, après plusieurs annulations, Frank Ocean avait fini par franchir l’Atlantique pour jouer les radiances de son premier album au Zénith de Paris. Les Inrocks y étaient . Et même si le concert n’avait pas levé tous les doutes sur la capacité du bonhomme à reproduire la zone de confort qui s’impose dès les premières secondes de Channel Orange, il avait rassuré ceux qui s’inquiétaient de la résistance de sa voix, finalement beaucoup moins fragile que son petit cœur brisé. Quatre années se sont écoulées. Entre temps, Ocean a composé, effacé, rompu avec son label, composé, effacé, trouvé le contact de Sebastian sur Soundcloud, coupé du bois pour monter des meubles dans un hangar, voyagé, composé, effacé, publié un magazine… et  finalement sorti l’un des albums les plus attendus des années 2010. Après tous ces ” contrôle X, contrôle C, contrôle V”, Frank s’est offert un peu de répit avant d’entamer une courte mais intense promenade d’été avec huit dates empilées sur les mois de juillet et août 2017. Le Vieux Continent aura eu la chance de l’accueillir à trois reprises. Un mois après Londres et quelques jours après Göteborg, la star du r’n’b dématérialisé était donc à Helsinki dimanche pour prouver son amour de l’Europe septentrionale… et vendre des T-shirts, des milliers de T-Shirts ! Malgré les outrances conceptuelles que Frank Ocean peut se permettre depuis qu’il ne répond plus au nom de Christopher, on a retenu sept grands enseignements d’un concert précieux.

1 – Frank Ocean est enfin en mesure de présenter un format à la démesure de son ambition

De Frank Ocean à Lana Del Rey, en passant par The XX, Aphex Twin, Young Thug, Flume ou Moderat, les têtes d’affiches n’ont pas manqué l’appel du Flow cette année. Mais un seul artiste s’est permis de transformer l’infrastructure de la scène principale du festival, et vous avez déjà compris qu’il s’agit de celui dont le nom évoque un chanteur de zouk 8.0. Depuis la sortie de Blonde l’année dernière, Frank Ocean s’est fait très discret pour mettre au point une formule de concert inédite qui le place au centre d’un projet vidéo-symphonique construit en temps réel. Dès son entrée en scène, sur le bien nommé Solo, des images d’Ocean sous toutes les coutures sont filmées, filtrées et projetées sur un double écran géant planté sur le devant de la scène. Un gros casque vissé sur les oreilles, le chanteur s’avance le long d’un couloir étroit qui fend la foule pour le mener sur une estrade circulaire remplie de câbles, de moniteurs, de gaffer et sur laquelle traîne un vieux synthé vintage. Frank Ocean est dans son studio et le public s’apprête à assister à une répétition géante, aussi décousue que l’était l’album publié l’an dernier. Peu satisfait de la première version, il interprètera par exemple deux fois Chanel tout en communiquant à voix haute et intelligible avec son équipe restée backstage. Aucun détail n’est évidemment laissé au hasard et on comprend rapidement que tous les bugs et autres maladresses du concert seront exaltés pour nourrir le flux arty d’un spectacle pensé comme un trompe l’œil.

Frank Ocean killing it at #flowfestival #helsinki #frankocean

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2 – Le concert est en réalité l’épisode 3 du projet dévoilé l’an dernier

En 2016, avant la sortie de Blonde, Frank Ocean avait lâché Endless : un long clip expérimental aux airs de préquelle menuisier, dont la mise en ligne avait fait vaciller l’essentiel des fans de musiques actuelles du monde entier. Une année a passé et si personne n’a vraiment compris où il venait en venir quand il coupait du bois dans un hangar, on sait maintenant que le projet se déballe en trois étapes. La dernière a donc vu Frank Ocean enchaîner huit concerts pendant lesquels il s’est concentré à affiner chaque plan et chaque détail d’une grande messe de pixels, formalisée comme le clip géant de son dernier album. Côté son, pour renforcer l’écho de ses morceaux, Ocean avait prévu un mur d’enceintes installé autour des spectateurs agglutinés dans les premiers rangs. Idéal pour offrir une expérience enrichie à la vingtaine de milliers de spectateurs qui avait fait le déplacement à Helsinki, et ce malgré quelques problèmes de réglages et de nuances dans les retours. Au milieu du concert, un gigantesque orchestre symphonique est venu rejoindre le chanteur solitaire pour jouer Good Guy, Self Contol, Ivy, Pink+White et une reprise inattendue de Never Can Say Goodbye. Quand on imagine tous les musiciens et techniciens mobilisés pour filmer, éditer et encadrer cette production galactique, on se dit que Frank Ocean a regardé La Revanche des Sith une bonne vingtaine de fois avant de venir fermer des bouches avec son propre épisode 3. Les mauvaises langues diront que quand on n’est pas prêt, c’est évidemment beaucoup plus agréable de pouvoir compter sur une armée qui l’est pour soi. Parlez-en à Palpatine.

A lire aussi : Personne ne le sait, mais Helsinki renferme l’un des plus cool festivals de l’été

3 – Frank Ocean fait son cinéma : survivre à l’ennui obligatoire

Avec un format aussi réfléchi et autant d’emphase sur le sujet principal du spectacle, on avait parfois l’impression d’assister à une longue séance d’auto-glorification à moitié assumée. Ou à un making-of du concert servi en direct. Il a fatalement fallu endurer quelques tunnels d’ennui pendant le concert et le manque de rythme dans l’enchaînement des morceaux a déstabilisé certains des plus fervents fans du chanteur qui se sont laissés aller à quelques bâillements. En proposant de longues séquences où il tourne en rond en communiquant avec ses techniciens, Ocean a certainement conscience de proposer le contre-exemple parfait des concerts inclusifs à l’excès, ceux dans lesquels la foule se sent obligée de s’enjailler en reprenant toutes les paroles en équipe le plus fort possible. Rien de tout ça dimanche soir à Helsinki. Dès que l’idoles est apparue; l’excitation ambiante a rapidement laissé place à un silence total, teinté de respect et d’admiration. Un moment intime et paradoxal avec un artiste tout en retenue qui semblait presque s’excuser d’avoir déployé autant de moyens.

No words needed. ✨ #frankocean #flow17 #flowfestival

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4 – “A tornado flew around..”

Si le concert consistait en une longue exploration de Blonde et Endless, Frank Ocean s’est autorisé quelques détours par Channel Orange en chantant notamment Thinkin Bout You. Dans l’attaque du morceau, il parle d’une tornade qui a soufflé sur sa chambre pour expliqué le bordel ambiant à un inconnu que l’on imagine être son amant. Les sites spécialisés dans l’analyse métaphysique des plus grands tubes du 21ème siècle vous expliqueront que la chambre d’Ocean représente ici sa vie. Pour la faire courte, Christopher Breaux est devenu Frank Ocean comme dans un Marvel. Le chanteur s’est réinventé après le passage de l’ouragan Katrina qui a dévasté son home-studio en même temps que La Nouvelle Orléans et le dernier atome de respectabilité qui restait dans la famille Bush. C’était en 2005, et c’est à ce moment précis que sa carrière s’est transformée du côté de Los Angeles. Une grosse dizaine d’années plus tard, le concert de Frank Ocean a bien failli être annulé par le passage d’une autre tempête. La veille, le Flow avait été interrompu plusieurs heures après les pluies torrentielles qui se sont abattues sur Helsinki, causant une petite panique générale et des dégâts matériels sur le site du festival. Frank Ocean n’aurait pas rêvé meilleur teaser pour annoncer son concert blockbuster du lendemain.

5 – Des pyramides à Helsinki

Pour la premier fois de la tournée, Frank Ocean a joué Pyramids dans une version augmentée, à grand renfort d’infrabasses et de lasers roses, verts et bleus. L’un des grands moments du concert et la seule occasion de voir quelques fous furieux oser une petite danse de circonstances. Le vidéo-concert s’est refermé sur Nikes, le premier titre de Blonde, renforcé par une animation karaoké dans laquelle tous les Finlandais étaient invités à suivre un petit marqueur Hello Kitty pour chanter comme Frank Ocean. On vous a mis une version 16-bits juste en dessous pour vous entraîner à renoncer à la moindre notion d’amour-propre.

6 – Aphex Twin ne respecte rien… sauf Frank Ocean

S’il n’était programmé qu’en clôture du Flow Festival, Frank Ocean a pu profiter du calme olympien qui règne dans la très douce Helsinki pendant plusieurs jours. La rumeur finnoise dit même qu’il était présent dans l’immense foule venue célébrer Aphex Twin deux jours plus tôt pour se prendre dans la gueule l’un des concerts les plus frappants de l’été. Ce soir-là, Ocean fût d’ailleurs l’une rares idoles épargnées par l’humour acide de la divinité irlandaise. A la fin de son set, Aphex Twin s’est amusé à remixer les visages des headliners de la programmation du Flow pour les afficher en version démon sur les écrans du festival. L’histoire ne dit pas si Frank Ocean a bougé la tête sur les grosses séquences gabber du gros set qu’il ne fallait pas rater à Helsinki cette année.

7 – Certains génies étaient tellement excités à l’idée de choper un T-Shirt qu’ils en ont oublié la présence de Larry Heard

On vous le disait en début d’article, Frank Ocean a aussi fait le déplacement jusqu’à Helsinki pour vendre un paquet de T-Shirts. Dès l’ouverture du site du festival, en début d’après-midi, une file d’attente impressionnante serpentait dans les allées du Flow pour déboucher sur un stand XXL. A l’intérieur, une dizaine d’employés occupés à presser des T-Shirts à la chaîne. Il était même possible d’enlever son propre haut pour repartir avec une impression “BLONDED” au style bien douteux mais il fallait débourser une quarantaine d’euros et accepter de rater les concerts des autres génies de la prog. Après le concert, sur les coups de minuit, il y avait presque plus de monde devant le stand qu’au set de Larry Heard. On aimerait croire que Frank Ocean aurait plié boutique s’il avait su que le héros de Chicago jouait en clôture, juste après lui.

Le merch démesuré de #frankocean pour son concert à #Helsinki dimanche

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Les Inrocks - musique

Lorde se dévoile dans une magnifique session live

Capture d'écran de la vidéo live "Supercut"

En juin 2017, Lorde dévoile son second album Melodrama dans lequel elle raconte ses doutes, ses errances et sa vision de l’amour, sur fond de pop délicate. Aujourd’hui, c’est dans une session en live pour Vevo que la jeune chanteuse interprète une bonne partie des extraits de ce disque, dans un décor intimiste et poétique collant parfaitement à son univers.

Si les live de la chanteuse commencent à se multiplier sur YouTube tant elle parcourt les festivals et autres plateaux TV, certains morceaux restaient jusqu’alors exclus des setlists, comme le très beau Writer In The Dark. Désormais, ledit titre a sa version live et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attente valait le coup.

Au fil des morceaux, Lorde se révèle face au micro et confirme son talent d’interprète et de compositrice. A seulement 20 ans, la Néo-Zélandaise a de très beaux jours musicaux devant elle.

Toutes les vidéos de la session sont à retrouver sur la chaîne Youtube de Lorde, juste ici. 

Les Inrocks - musique

La Route du Rock sous le fumier quelques heures avant son ouverture

La Route du Rock en 2014 (Nicolas Joubard)

On connaissait les annulations de dernière minute, les problèmes techniques et autres conditions météorologiques défavorables pouvant faire paniquer les organisateurs de festivals juste avant l’événement. Mais cette année, La Route du Rock a affaire à un tout autre type de désagrément : le propriétaire des terrains a décidé de déverser du purin sur le site du fort de Saint-Père. Classe.

Visiblement énervé de ne plus pouvoir utiliser l’électricité du site pour les clôtures de son champ, l’agriculteur, le mal nommé Jean-Luc Lecoulant, a décidé de nuire au festival à sa manière et ne veut pour l’instant pas retirer son fumier, rapporte Le Pays Malouin.

Sachant qu’il s’agit de son propre terrain, les organisateurs n’ont rien pu faire, et l’objet du litige reste donc en place. Espérons que d’ici quelques heures, le problème sera résolu pour que les festivaliers puissent profiter de l’événement sans encombre.

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