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15 août 2017

Notre hommage à Simon, moitié du groupe Her, décédé beaucoup trop tôt

Capture d'écran du post partagé par la page du groupe sur Facebook

La première fois que l’on rencontra Simon Carpentier, il était noyé dans le collectif agité des Popopopops, groupe rennais qui venait d’empocher le prix annuel CQFD, cet ancêtre de l’Inrocks Lab, le concours de découvertes musicales des Inrocks. Le goupe jouait donc à La Cigale de Paris et la nonchalance d’apparence de ce gang, privilège de leurs 20 ans, masquait mal une passion déjà maniaque, obsessionnelle pour la musique : celle des Popopopops, bien sûr, mais celle des autres surtout, analysée, disséquée, étudiée avec le plus grand sérieux.

A l’école des Popopopos 

Les Popopopos furent ainsi une école pour Simon, où il se lia d’amitié avec Victor Self, avec qui il allait vite fonder Her, à la musique plus suave, plus savante, plus charnelle : plus soul, en un mot. Simon, dans sa quête d’immersion dans la musique, partit même vivre aux Etats-Unis, histoire de se frotter à l’excellence des fanfares de lycée. Et Her continuera dans cette voix forcenée, les deux garçons lisant, visionnant, écoutant en langue anglaise une culture que peu à peu ils adopteront comme la leur, comme leur langue maternelle. En 2016, ils bluffaient d’ailleurs le public du très exigeant festival anglais The Great Escape avec une série de concerts très classe, costumes de revue Las Vegas compris. Ce soin du détail, cette passion du concert, ce contrôle de la musique, de l’image étaient peut-être déjà pour le doux et discret Simon un moyen de désengager le cerveau de pensées plus sombres, plus tragiques.

“Ca dépasse l’amitié”

On l’ignorait alors, mais ce frêle garçon à la voix si puissante et vaste luttait contre un cancer. Du festival des Inrocks aux Eurockéennes de Belfort, de Rennes – où il nous avait récemment longuement reçu dans son appartement – à Paris, on le croisait régulièrement. Mais jamais on ne l’a entendu se plaindre, plier : la musique était son échappatoire, son espace de liberté. Attentif et fidèle depuis toujours, Victor Self nous parla ce printemps de leur relation : “Ça dépasse l’amitié”. Son humour glacé, ses punchlines percutantes, sa gentillesse d’une autre époque nous manqueront cruellement. Simon était un timide qui jouissait pleinement, avec reconnaissance, de son statut de musicien, qui vivait au plus près ses fantasmes grâce à la scène et ses habits de lumière. “Le Victor en costume sur scène, si à l’aise, si charismatique, c’est celui que je rêverais d’être au quotidien”, nous avait-il dit dans son appartement rennais encombré de films, de livres, d’instruments et de disques.

Her continuera sur scène et en studio, honorera même sa prochaine date au festival Rock en Seine. C’était un pacte entre Victor et Simon.

A lire aussi : Her, le groupe français qui rénove la soul

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070 Shake secoue le hip-hop

Réduire 070 Shake à son rôle de rappeuse serait une erreur. La jeune femme est également actrice et mannequin, et Kanye West ne s’y est pas trompé, qui n’a pas tardé à l’approcher via son label G.O.O.D. Music – à l’écoute de certains titres, dont Be Myself ou Trust Nobody, on ne peut que comprendre notre génie du XXIe siècle.

Dans les chansons de la jeune Américaine originaire du New Jersey, on découvre une véritable voix, oscillant constamment entre je-m’en-foutisme défoncé et rage viscérale. Qu’elle lève un doigt d’honneur à la face de Donald Trump, qu’elle clame son envie d’être simplement elle-même ou qu’elle décrive ses soirées au nord-ouest des Etats-Unis, 070 Shake suinte la sincérité et (re)lève les foules.

Ce n’est pas un Paris abruti par le mois d’août qui nous fera dire le contraire, tant la foule qui s’était déplacée jusqu’à La Station s’est vue transportée par la chanteuse, qui grimpait sur les côtés de la scène avant d’arpenter le parquet comme une panthère en cage. Ne nous reste plus qu’à patienter quelques semaines encore jusqu’à la parution de The Yellow Girl, un premier album très attendu qu’elle définit déjà comme “un condensé de trucs archidifférents, mais quand même très proches. Enfin, vous verrez bien.” Xavier Ridel

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Les portraits de Renaud Monfourny: Ian F. Svenonius

© Renaud Monfourny

Il vient de signer un pamphlet situationniste, sur la culture rock et l’impérialisme américain, très drôle et engagé : Stratégies occultes pour monter un groupe de rock (Au Diable Vauvert). Sous le nom de Chain And The Gang, il publie également un nouvel album, relecture de ses meilleurs morceaux et inédits, intitulé Best of Crime Rock (In the Red/Differ-ant).

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