Actu musique

9 août 2017

Sinead O’Connor lance un appel à l’aide sur Facebook

Capture d'écran du message vidéo

Cela fait déjà de nombreuses années que l’interprète du cultissime Nothing Compares 2U souffre de troubles bipolaires, la plongeant dans un profond mal-être et l’ayant poussée à commettre plusieurs tentatives de suicide. En mai 2016, elle disparaît puis tente une nouvelle fois de mettre fin à ses jours en juin de la même année. Si aujourd’hui, le peu de nouvelles de sa part laissait penser que la chanteuse allait mieux, c’est à travers une vidéo postée sur sa page Facebook que l’on comprend que ce n’est pas tout à fait le cas.

“J’espère que cette vidéo pourra aider les gens, car je sais que nous sommes des millions comme moi. Je me bats encore et encore comme ces millions de personnes chaque jour pour rester en vie. Et je me bats pour les personnes que j’aime, car si ça ne tenait qu’à moi, je serais partie.”

Pendant une dizaine de minutes, la chanteuse irlandaise évoque, en larmes, son combat contre les troubles bipolaires dans un discours très inquiétant.

“Je me débrouille seule. Il n’y a personne dans ma vie, excepté mon docteur et mon psychiatre, qui est la personne la plus gentille du monde, qui me dit que je suis son héros et c’est la seule chose qui me garde en ce moment en vie, c’est un peu pathétique.”

Cependant, un message a été posté quelques heures plus tard sur la page Facebook de Sinead, commentant cette vidéo :

“Bonjour tout le monde, je poste ce message à la demande de Sinead pour que vous sachiez que tous ceux qui l’aiment savent qu’elle est en sécurité, et qu’elle n’est pas suicidaire. Elle est entourée d’amour et reçoit les meilleurs soins possibles. Elle a demandé à ce que ce message soit posté car elle sait que vous vous inquiétez pour elle. Je ne répondrai à aucune question, j’espère que ce texte saura vous rassurer.”

Les Inrocks - musique

“Les artistes syriens existent… Et ils ont besoin de soutien !”

Organisé par deux ONG, le festival Syrien n'est fait qui débute ce soir aux Grands Voisins propose un autre regard sur la Syrie.

Télérama.fr - Musiques

Lee Blakeley, metteur en scène d’opéras et de comédies musicales, est mort

Au théâtre du Châtelet, il avait magistralement monté “Sweeney Todd”, “Sunday in the park with George” ou “The King and I” de Stephen Sondheim, le pape de la comédie musicale américaine. Le metteur en scène britannique est mort brutalement le 4 août. Il avait 45 ans.

Télérama.fr - Musiques

Glen Campbell, mort d'un aimable countryman

Faiseur de tubes country-pop à la fin des années 60, il incarnait une Amérique hors du temps. Le chanteur, frappé par la maladie d'Alzheimer depuis 2011, s'est éteint à l'âge de 81 ans.

Télérama.fr - Musiques

Le chanteur de country Glen Campbell est décédé

(c) Wikipédia

Glen Campbell, légendaire chanteur de country est décédé hier mardi 8 août des suites de la maladie d’Alzheimer qu’il combattait depuis plusieurs années. C’est à 81 ans que l’artiste s’est éteint à Nashville, laissant derrière lui une quinzaine d’albums ainsi qu’une trace indélébile dans le paysage de la country des années 1960.

En plus d’avoir opéré en solo pendant de nombreuses années, Glen Campbell a également été musicien de scène pour The Beach Boys, pour les Bee Gees, acteur dans Le Sillage de la Violence aux côtés de Steve Mc Queen, présentateur radio sur les ondes de CBS.

Les Inrocks - musique

Des vagues et des ruisseaux

On se doutait qu’il finirait par arriver, cet album qui nous la montrerait enfin telle qu’on la devine : une des plus attachantes auteurs, compositrices et interprètes de la scène francophone. Vingt ans tout juste après avoir lâché les beaux-arts de Marseille pour monter à Paris tenter sa chance dans la musique, La Grande Sophie s’envole, loin de ses précédents disques aux sons très « variété » qu’elle ne reniera pas, mais qui l’étouffaient sous des oripeaux orchestraux pas toujours de bon aloi. Des vagues et des ruisseaux est un collier de perles fines, aux mélodies claires, aux arrangements subtils, entièrement écrit par ses soins et réalisé par Edith Fambuena (l’ex-chanteuse des Valentins, réalisatrice attitrée de Daho). La chrysalide a même mué au-delà de ce qu’on espérait. Son cinquième album studio regorge de textes à la gravité pudique sur le pardon, la confusion des sentiments, le trouble des identités et l’irréparable perte des innocences d’enfance.
Le temps a fait son œuvre. A près de 40 ans, La Grande Sophie dévoile des sentiments complexes et se rapproche doucement d’une chanson dépouillée. Ce n’est pas là qu’on l’attendait : quand, au début des années 90, elle s’époumonait dans les bistrots de Paris, une guitare à la main et une grosse caisse au pied, elle s’imposait en apôtre d’une chanson alternative, légère, voire futile. Drôle de fille au rire clair, timide mais téméraire, qui entonnait alors ses morceaux déjantés, un peu de bric et de broc, labélisés « kitchen miousic » en un clin d’œil amusé… Sans se prendre au sérieux, Sophie acquit pourtant dans ces cafés-concerts pas tous homologués, où la police débarquait pour venir couper le son, un sens de l’improvisation et une aisance scénique qui font d’elle la plus douée de nos « performeuses ».
Pour le savoir, il faut la voir. A Mont­réal, sous un déluge de pluie et de vent, faisant danser une foule détrempée sous des parapluies retournés. A l’Olympia, se risquant à un strip-tease derrière un paravent translucide ; au Zénith de Paris, traversant la salle avec une compagnie de majorettes puis se jetant dans le public en hurlant « j’aime le rock’n’roll »… Et dire qu’adolescente elle aurait tout donné pour qu’on ne la remarque pas, complexée par sa taille sur les photos de classe, détestant se promener dans la rue avec une guitare parce qu’elle attirait les regards ! Petite fille de la classe moyenne aux parents militants, qui observait avec un brin de crainte les soubresauts du monde et qui rêvait devant les chansons de Peau d’âne… Depuis, c’est la musique qui l’a consolée de ses peurs d’enfant. Remède toujours de mise. C’est aussi cette nécessité, pas futile du tout, qu’elle accepte d’assumer désormais.
De quoi s’apaiser et se poser. S’il est déjà certain que demain elle commettra encore de douces folies scéniques, on peut aussi parier qu’elle osera d’autres chansons plus intimistes, et plus essentielles. Epanouissement d’une artiste qui se découvre, et qu’on redécouvre : qui aurait parié qu’elle glisserait sur son disque une valse à trois temps pétrie d’un chagrin discret ou une reprise très personnelle du Dis, quand reviendras-tu ? de Barbara ? D’Aubert à Bénabar, d’autres se sont frottés à ce monument du répertoire. Et de tous, c’est elle qui le réinvente le plus et qui le chante le mieux.

Des vagues et des ruisseaux, 1 CD AZ, sortie le 26 janvier. (4F).

Télérama.fr - Disques

Moi en mieux

Voilà un peu plus de dix ans, elle créait Non ça s’peut pas, l’une des plus belles chansons d’amour qu’on ait jamais entendues. Toute l’inventivité et la modernité de Clarika éclataient dans ces paroles à l’apparente naïveté, chargées d’émotion et de justesse. Mine de rien, pile dans le mille ; de l’art de renouveler un genre très éculé en un refrain et trois couplets. En l’entendant, Vincent Delerm dit en être resté coi, et plein d’autres avec lui. A tel point qu’aujourd’hui des centaines d’amateurs se passent et se repassent ce trésor du répertoire comme un bien très précieux, dont on se demande pourquoi il n’a pas suscité davantage d’intérêt.
De Clarika, on pourrait presque en dire autant. Son précédent album, sorti en 2005, suivi d’une tournée de deux ans (!), avait fini par chatouiller un peu la curiosité des radios et des télés, mais elle reste largement méconnue. Et pourtant ! Avec sa plume émancipée, capable de faire surgir la poésie la plus élégante des mots les plus quotidiens, c’est elle qui a réveillé l’écriture au féminin, dès le milieu des années 90, bien avant que des Anaïs, Jeanne Cherhal ou Camille s’engouffrent dans le chemin ainsi défriché. Trop en avance, peut-être, pour s’imposer d’emblée. « A l’époque, les filles n’étaient pas si nombreuses à écrire leurs propres textes, surtout avec ce style… Mais je n’oserais jamais revendiquer une quelconque primeur. Disons que depuis quelque temps d’autres individualités sont apparues, se démarquant des traditions et des clichés. » On avait oublié : dès qu’elle descend de scène, Clarika est une discrète, qui rechigne toujours à se mettre en avant.
Avec un parcours comme le sien, elle aurait pourtant de quoi en épater plus d’un. Clarika, « petite Claire », en hongrois, est la fille unique d’un réfugié politique qui quitta son pays – à pied – après l’invasion soviétique pour devenir poète, apaisant la douleur de l’exil dans ses cahiers d’écriture. Enfance chargée de lettres et d’histoire. « Tout cela m’a donné le goût des mots, c’est sûr, d’autant que ma mère était prof de français… Chez nous, il n’y avait pas la télé, plutôt des livres. Mais l’écriture ne s’est pas imposée à moi comme un irrépressible besoin. Avant de me lancer, j’ai multiplié les petits boulots, essayé le théâtre, répondu à des annonces du genre “groupe cherche chanteuse”… Finalement, je me suis mise à écrire quand j’ai compris que c’était le meilleur moyen pour moi de monter sur une scène. »
Car il est bien là, le grand plaisir de cette drôle de timide, capable de débuter un concert déguisée en fée, d’inviter à ses côtés l’interprète de la BO de La Boum (l’oublié Richard Sanderson, qu’elle avait retrouvé pour un duo mémorable à La Rochelle), de tenter une reprise de Trust dans une explosion de décibels ou de raconter au public des histoires à mourir de rire… Le tout malicieusement calé entre deux de ses chansons, mélange constant de tendresse et de dérision.
Cette « patte Clarika » a toujours été là : évidente dès le premier album, en 1993, et intacte sur le dernier, le cinquième, coréalisé par Florent Marchet et Jean-Jacques Nyssen, le complice éternel. Au milieu de ce disque contrasté, parfois piquant, mené tambour battant, où pour la première fois elle aborde de front des sujets politiques (Bien mérité, hymne au second degré à la solidarité), Clarika nous glisse au creux de l’oreille un nouveau titre bouleversant. La chanson parle des liens d’une mère avec son enfant ; elle s’in­titule Lâche-moi et elle ne vous lâche plus. Sur ce thème-là, c’est ni plus ni moins l’une des plus belles qu’on ait jamais entendues. Douze ans après Non ça s’peut pas.


1 CD ULM, 4F

Télérama.fr - Disques

Bleu Venise

Bleu Venise est le troisième album de Daphné, réalisé par l'Américain Larry Klein. Elle y peaufine un univers fantasmagorique et sensuel, assez unique dans la chanson française d'aujourd'hui. Bleu Venise est un coup de cœur de la rédaction. Retrouvez sa critique dans le Télérama du 9 février.

Valérie Lehoux


Découvrez à partir de mercredi 2 février en avant-première 10 des 13 titres de Bleu Venise

Pour écouter la suite de l’album, rendez-vous sur www.daphne.fr

Télérama.fr - Disques

Misery

Laïka et Elisabeth Kontomanou sortent leurs albums en même temps, on les compare donc. La première publie son deuxième disque, la seconde, couronnée d'une Victoire du jazz méritée, en a une bonne dizaine derrière elle. La généa-logie musicale de Laïka Fatien, chanteuse française à la double origine marocaine et ivoirienne, s'entend dans son art dépouillé et frémissant : Billie Holiday, Nina Simone, Abbey Lincoln, les grandes amoureuses écorchées. Le projet de chanter des airs rendus célèbres par Billie Holiday est audacieux. Il devient carrément gonflé quand la chanteuse attaque avec Strange Fruit, la chanson qui évoque un lynchage dans le Sud, introduite par le piano erratique de Robert Glasper qui déroule d'étranges paysages haletants. Elle s'adjoint aussi un soliste au saxophone, David El Malek, qui lui donne la réplique pour un What's new a capella très émouvant. Le tout, bien conçu dramatiquement, donne un disque prenant, qui n'usurpe pas sa référence à Lady Day.

Pour Elisabeth Kontomanou, la maturité artistique (et probablement existentielle) atteinte lui permet d'aborder l'art difficile du récital avec pianiste seul. En Laurent Courthaliac, elle a trouvé le partenaire idéal : aussi discret et sensible qu'Ellis Larkins avec Ella Fitzgerald, il l'accompagne avec une tendresse et une attention sans égale. Le répertoire inspiré par le blues lui permet de donner de la voix à pleine puissance et aussi avec un recueillement inhabituel (qu'on essaie d'écouter I'm a fool to want you en gardant les yeux secs !). Un disque qui réhabilite enfin le jazz vocal encombré par des chanteuses aussi jolies qu'approximatives.

Télérama.fr - Disques

Bleu Venise

Elégante, dans le geste et dans le verbe. Voix de cimes et d’abysses qui transforme les mots en notes et dessine en traits vibrants les sensations les plus fortes. Daphné écrit et chante hors des modes, hors du temps, peut-être même parfois un peu hors des humains. Son denier album, sorti l’an passé, est un ovni poétique survolant de très haut cette « nouvelle chanson » enracinée dans la terre ferme. Bleu Venise dégage un onirisme digne des grands auteurs de la chanson. A se demander pourquoi on ne l’entend pas plus souvent.

Télérama.fr - Disques

Test deborah : type audio britney

[[18837]]

The Moonjellies : You don't have to (sur le EP Jellies making friends under a cloudless sea)
www.myspace.com/themoonjellies

The Pyschologist And His Medicine Band : Fish it with your hands (sur l'album The Unforgettable Trip of The Psychologist and his Medicine Band, 1 CD Un-je-ne-sais-quoi)
www.myspace.com/thepsychologisthismedicineband

The Elderberries : It doesn't really matter (tiré de la compilation du Fair 2009, disponible. Album en mars)
www.myspace.com/theelderberries

Télérama.fr - Disques

Americana

On a beau savoir que Neil Young a récemment retrouvé Crazy Horse pour la première fois depuis 2003, on a appris avec le temps que le très productif Canadien était rarement là où on l'attendait. A l'annonce d'un nouvel album baptisé Americana et composé de reprises de grands standards du folklore américain, on n'a pu s'empêcher d'imaginer un aimable recueil acoustique (esprit Prairie Wind, 2005), logique contre-pied au radical et bruyant Le Noise (réalisé en 2010 avec Daniel Lanois). Raté. Americana n'a rien d'un disque tranquille dans la veine du Good As I Been to You, de Bob Dylan. S'il s'agit bien d'un retour aux sources de la musique et de l'histoire de l'Amérique à travers des chansons folk (Oh Susanna, Clementine, This Land is Our Land, Gallows Pole.), Young s'en empare avec force pour démontrer leur pertinence intacte, leur toujours brûlante actualité.

Survie et dignité
Avec l'envie d'en découdre comme à l'époque du tonitruant Ragged Glory (1990), le Loner et ses fidèles frères de son, toujours au diapason, leur infligent ce caractéristique traitement électrique dont ils n'ont rien perdu du secret. « It gets into a good groove », entend-t-on Young lancer à ses acolytes à la fin d'Oh Susanna, et il a raison. Telle une miraculeuse jam session improvisée, histoire de fêter leurs retrouvailles, les quatre compères s'en donnent à cœur joie, sans retenue, mais avec une belle rigueur, à faire gronder ces chants d'une Amérique qui souffre et qui lutte pour sa survie et sa dignité. Comme si la notion même d'« americana », dont Harvest fut l'une des matrices il y a quarante ans – et en danger de galvaudage aujourd'hui – avait besoin d'être clairement redéfini. Get A Job renvoie au rock'n'roll qui avait inspiré un récréatif album de rockabilly avec les Shocking Pinks au milieu des eighties, Wayfarin' Stranger offre quelques doux moments de répit. Ailleurs, les guitares rugueuses vibrent à l'unisson et la rythmique cogne avec passion, soutenant le chant éternellement plaintif et puissant d'un Young toujours gaillard à 67 ans. Et lorsque, pour finir, il s'attaque à God Save The Queen, il ne s'agit ni d'un nouveau clin d'œil à Johnny Rotten, ni d'un simple rappel de sa nationalité canadienne, mais d'un solennel devoir de mémoire : jusqu'à 1931, date de l'instauration du Star Spangled Banner comme hymne national américain, celui de l'Angleterre en faisait office, par défaut. Grand archiviste de sa propre œuvre, Neil Young sait mieux que quiconque, que seule la connaissance de l'Histoire permet de toujours avancer.

Ecouter l'album de Neil Young en streaming.

Télérama.fr - Disques

Earthling

Le problème avec Bowie, c'est qu'il échappe désormais à toute critique. Ou, plutôt, qu'il la rend vaine et dérisoire dès qu'elle s'applique à le cerner. Car l'homme, qui vient de fêter ses 50 ans, a toujours été expert dans l'art de se rendre insaisissable. Que l'on morigène tel ou tel aspect de son oeuvre et hop ! il est déjà passé à autre chose. Qui l'aime le suive. Ainsi, on s'était tout juste habitué à se compter en adversaire ou en partisan de son avant-dernier enregistrement, l'ennuyeux Outside, que notre pétillant quinquagénaire nous pond une suite aussi inattendue que farouchement différente. Un disque énergique et insolent, enregistré à la va-vite et dans l'enthousiasme, avec le groupe qui l'accompagne désormais sur scène. Un disque de rock, donc. Sauf qu'avec Bowie le rock, ça n'est jamais simple.

On sait le personnage à l'affût de tous les courants musicaux. On connaît son immense talent pour les recycler. Ici, c'est du style drum'n'bass, qui fait fureur en Angleterre, qu'il s'est inspiré : des séquences percussives rapides, héritées de la jungle music et habillées de la guitare furieuse de Reeves Gabrels, qui cosigne la plupart des mor- ceaux. Visiblement, Bowie s'est amusé à enregistrer cet opus. Les jeux de mots abondent, l'auteur s'ingénie à revisiter l'histoire de Blanche Neige et des sept nains (Little Wonder), rend hommage au bouddhisme tibétain, qu'il a adopté il y a longtemps (Seven Years in Tibet), évoque sans crainte le vieillissement (Dead Man walking, clin d'oeil à Neil Young), les extraterrestres (Looking for satellites) ou fustige l'impérialisme culturel américain (I'm afraid of Americans).

Résultat, un album à la puissance sonore qu'on peut situer quelque part entre Black Tie white noise et les disques de Tin Machine. Une nouvelle étape dans l'oeuvre du petit blond qu'il faut prendre pour ce qu'elle est : une pièce dans le puzzle géant que David Bowie érige depuis déjà trois décennies.

Télérama.fr - Disques

Hours

Sur la photo de pochette, un David rajeuni, coiffé comme dans une pub pour shampoing, semble recueillir le dernier soupir d'un Bowie mal rasé et mal en point… Attention, symbole. On connaît la passion du personnage pour les métamorphoses et les réincarnations, son côté Dorian Gray, qui lutte contre le temps, les rides et les tics.

Après les albums Outside et Earthling, expérimentaux et parfois déroutants, ce disque surprend : couplets, refrains, ça alors, mais on dirait des chansons… Le premier titre, Thursday's Child, s'imprime même dans les neurones comme un tube à fredonner sous la douche. Accompagnement musical sobre, voix curieusement nasillarde et parfois très en retrait, Bowie semble s'appliquer à mener à bien son devoir pop, comme un maestro décidé à oeuvrer dans la simplicité. Les nostalgiques humeront çà et là des bribes rappelant l'époque de Hunky Dory ou Heroes. Le morceau Seven a même des relents sympathiques de Space Oddity. Pourtant, l'ensemble dégage une impression de monotonie. On se guette la mesure suivante, on a envie qu'il se passe enfin quelque chose. Et on se retrouve en flagrant délit de mauvaise foi : après être resté perplexe devant les velléités anticonformistes passées, voilà qu'on s'ennuie un peu devant cette leçon de classicisme. Bowie aurait-il encore une nouvelle longueur d'avance ? En musique, on appelle ça l'art du contretemps…

Télérama.fr - Disques

Dub Camp Festival

Après un carton plein en 2014, la deuxième édition de ce festival consacré au dub s'annonce aussi copieuse que la précédente. Le gratin des sound systems sera rassemblé, trois jours durant, dans trois arènes : Lion Roots, Stand High Patrol, King Shiloh, Blackboard Jungle… Roots ou digital, le dub se déclinera sous toutes ses formes avec une pléiade de MCs et chanteurs (Pupajim, YT, Charlie P, Shanti D, King General…). Sans oublier deux monuments de la scène anglaise : Bush Chemists (le 10) et sa majesté Jah Shaka (le 12). De quoi skanker sur des basses pachydermiques jusqu'à épuisement.

[[225482]]

Télérama.fr - Disques

Histoires d'ONJ - 4e volume

- L'écoute était accessible jusqu'au 26 juin -

Télérama.fr - Disques

Reality

Il est partout, le vieux Ziggy. A la une des journaux, sur les plateaux de divertissements télévisés, dans les spots de pub, sur Internet, sur scène. Zelig Stardust, tout sourire dehors, n'a jamais été aussi prolixe et omniprésent. A peine quinze mois après Heathen, David le Goliath de la pop revient avec un nouvel opus. Un disque dans la même veine que le précédent - Bowie a toujours aimé les cycles -, c'est-à-dire celle d'un rock rétrofuturiste aux chansons assez habilement troussées pour donner une impression de familiarité tout en ménageant quelques plages de nouveauté. Une sorte de panorama du passé (disons entre Heroes et Scary Monsters), intelligemment revisité et redécoré à la mode du moment.

Tout en n'étant pas dupe, on ne boudera pas notre plaisir, d'autant que l'album renferme une poignée de bonnes chansons : outre la reprise du Pablo Picasso, de Jonathan Richman, et celle du Try some, buy some, de George Harrison, on s'attardera sur New Killer Star, à la mélodie accrocheuse, et sur le caustique Never get old, BO d'une pub pour eau minérale. Bowie semble s'y moquer de lui-même, tout en se cantonnant dans un rôle qui lui sied fort bien : un excellent auteur de chansons de rock quinqua, au savoir-faire toujours aussi élégant à défaut d'être magique. Professionnel et pétillant.

Télérama.fr - Disques

« Les dernières news

Août 2017
LMMJVSD
13
20