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7 août 2017

Myth Syzer sort la mixtape idéale pour l’été

Capture d'écran du clip "Le Code"

Quelques semaines après la sortie de son clip Le Code, en featuring avec lchon, Bonnie Banane et Muddy Monk, Myth Syzer est de retour avec une mixtape placée sous le signe de l’éclectisme, qui dure près d’une heure. Et qui commence par les notes du Week-end à Rome d’Etienne Daho. Parfait.

Aussi bien connu pour ses talents de rappeur, que pour ses prouesses en matière de production (il compte Kaytranada, Damso ou encore Hamza parmi ses collaborations), Myth Syzer s’illustre une nouvelle fois avec talent dans un registre différent : l’exercice complexe de la mixtape. En bref, c’est la playlist idéale pour l’été, mais aussi pour patienter jusqu’à la sortie de Bisous, son nouvel EP prévu pour l’automne 2017. A télécharger gratuitement juste ici.

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Le torchon brûle entre Tyler, The Creator et Schoolboy Q

Schoolboy Q et Tyler The Creator (c) Dj Teck, (c) Wikipédia

On ne compte plus vraiment les clashs entre artistes, qui prennent souvent vie sur les réseaux sociaux pour être ainsi vus et discutés par le plus grand nombre. Aujourd’hui, c’est entre les deux rappeurs Tyler The Creator et Schoolboy Q que le torchon brûle. Tout a commencé avec une histoire de featuring : apparemment, Schoolboy Q devait figurer sur le morceau Who Dat Boy, issu du dernier album de Tyler, Flower Boy. Après qu’un internaute a fait remarquer que le troisième couplet devait être attribué à Schoolboy Q, ce dernier a réagi en rejetant la faute sur Tyler et A$ap Rocky, aussi présent sur le morceau :

Tyler & rocky didn’t wanna get bodied….. https://t.co/wGrZMumvAO

— ScHoolboy Q (@ScHoolboyQ) 5 août 2017

Visiblement énervé, Tyler n’a pas tardé à répondre via un tweet assassin, qui une fois traduit, signifie : “Espèce de grosse s***pe, j’ai fait ce morceau spécialement pour toi mais tu m’as répondu “euh, non” donc je l’ai gardé pôur moi sale n***a“. 

YOU FAT LYING BITCH I MADE THAT BEAT SPECIFICALLY FOR YOU AND YOU SAID ” EHH, NAH” SO I KEPT IT YOU DIRTY NIGGA https://t.co/QkkN5pgNr1

— Tyler, The Creator (@tylerthecreator) 6 août 2017

Une embrouille assez violente pour ces anciens amis, qui ont déjà largement collaboré ensemble par le passé (notamment sur The Purge, morceau de Schoolboy Q). A voir si les featurings passés sont en fait les derniers entre les deux rappeurs…

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On écoute en boucle Tshegue, la sensation afro-punk de cet été

Crédit : Mélanie Brun & Andi Galdi Vinko

Que veut dire le nom du groupe : Tshegue ?

Faty : C’est un surnom qu’on me donnait il y a longtemps. Ca représente une manière de penser, une façon de vivre, mais je ne l’interprète pas comme on peut le faire à Kinshasa. Je le vois plutôt comme une émotion. Les Tshegue, se sont souvent les gosses de la rue rue qui font du son, qui sont un peu rebelles…

Qu’est-ce qui vous a réuni tous les deux ?

Faty : On avait besoin de monter un truc pour sortir ce qu’on avait dans les tripes. Je voulais bosser sur les percus, par exemple. Et Dakou est percussionniste.

Dakou : On a un vrai truc avec le rythme, ça a été clair dès le début. J’ai beaucoup vécu à Cuba, et je dis souvent à Faty que sa voix est une percussion. Quand on compose, ça galère… Et puis ça sort d’un coup. C’est brutal.

Faty : C’est ça aussi Tshegue, c’est la spontanéité, l’énergie. C’est une manière de composer, de raconter une histoire.

Justement, quelle histoire raconte votre premier EP, Survivor ?

Faty : Ça parle de liberté, de rues, d’expression, de gens que l’on entend pas assez… C’est aussi un moyen de rassembler nos métissages et nos origines respectives…

Dakou : On parle de ce qu’on a en commun. C’était une évidence de travailler ensemble.

Faty : Ouais, mais c’est quelque chose qui se provoque aussi. J’avais arrêté mon précédent groupe, Jaguar, parce que je voulais retrouver mes souvenirs de Kinshasa dans ma musique. Des rythmes avec lesquels j’avais grandi… Ca n’est pas sorti du chapeau, ça a mûri en nous avant de commencer. On a besoin en ce moment de revenir sur certaines vibes, les gens veulent se toucher, transpirer, pleurer, danser. On a fait notre premier concert complètement à l’arrache à Château Rouge parce qu’on voulait faire ça dans un endroit qu’on ne connaissait pas. Il n’y avait pas de scène, il fallait que les gens soient vraiment avec nous, que ça nous ressemble.

Jusqu’à quel âge as-tu vécu à Kinshasa Faty ?

Faty : En fait, mon père est Guinéen. Il est Peul, plus exactement. Et ma mère est Sénégalo-congolaise. Je suis née à Kinshasa et j’y ai grandi jusqu’à mes neuf ans. On habitait à côté d’un bar, il y avait tout le temps des lives, de la musique du matin au soir. Mes trois frères sont musiciens, l’un d’eux a même fait partie du groupe de Koffi Olomidé, mes oncles faisaient du son… J’ai grandi dans cet environnement. Il y avait de la rumba, du kotazo, du soukouss dans les années 80, puis du kuduro… Mais j’ai plus connu les rythmes de la rumba parce que ma mère était fan de Tabu Ley, de Franco Luambo… Ce sont des grands messieurs au Congo, tu grandis forcément avec ça.

Tu a commencé la musique là-bas ?

Faty : Non, moi je dansais, j’étais un enfant qui était dans l’action, au milieu de la piste. Tous les enfants dansent au Congo, c’est une façon de vivre. Tu pars à l’école en dansant, en fanfare et en uniforme, à l’église c’est la teuf, t’as une chorale avant de rentrer en classe, une autre pour dire au revoir au maître. Bon, c’est pas non plus une comédie musicale (rires). Kinshasa, c’est l’énergie de la musique et de la fête. Les Kinois sont des bons vivants.

Dakou : Je connais très bien l’Amérique du Sud, et j’ai beaucoup voyagé. Dans ces pays, je suis impressionnée de voir à quel point les gens, et surtout les jeunes, connaissent leurs musiques traditionnelles. En France, c’est vachement plus séparé.

Faty : Mais ça l’était moins dans les années 1990. T’avais le grunge, t’avais le hip-hop, t’avais machin, mais tout le monde s’entendait bien. Les mecs étaient fans de The Notorious BIG, mais ils connaissaient les tubes de Nirvana.

Dakou : J’ai grandi dans la banlieue sud de Paris, et je pouvais traîner avec des ke-pon, des mecs qui kiffaient le hip-hop, le rock… L’époque était comme ça.

Faty : Mais je crois qu’on est en manque de ça aujourd’hui, on s’est trop séparés. Les gens commencent à revenir à une autre mentalité. Mais c’est à toi de t’enrichir avant de partager avec les autres. Si toi t’es pas sûr de ce que tu fais, ou que t’es dans l’amalgame, de pas assumer… Attends, je sors pas de la question là (rires) ?

Si mais c’est pas très grave…

Dakou : En fait, on peut prétendre faire de la musique large dans Tshegue parce qu’on assume d’écouter un morceau garage, un morceau latino, un morceau hip-hop etc.

Faty : C’est ça ! la musique, c’est comme la bouffe. En France, on a une diversité chan-mé, et tu ne peux pas ne pas en profiter. Tu as la liberté d’aller la chercher, de la comprendre sans la juger.

Qu’est-ce que vous pensez du terme afropunk, qui est parfois utilisé pour vous définir ?

Dakou : On se disait d’abord que c’était chelou, mais en même temps, ça dit quelque chose d’assez vrai. Je crois que les termes “afro” et “punk” ont été mis en opposition à une époque, alors que ça ne l’est pas du tout.

Faty : Mais on n’est pas en revendication de quoi que ce soit, on n’est pas vénère. Au contraire, j’aimerais bien qu’on arrête d’être vénère pour rien. On écoute la même chose, on aime les mêmes choses. Mais en fonction de ta génération, de l’époque dans laquelle tu vis, il y a des choses que tu es plus obligé d’exprimer que d’autres. Des minorités, des choses cachés ou tues. On a donc besoin de mettre des mots sur ces choses. Mais je ne me sens pas du tout afropunk, même si j’assume mon côté rock. Pour le côté afro, je suis au courant, merci (rires).

Avez-vous l’impression que votre musique entre en résonance avec les divisions dans le climat social actuel ?

Faty : On parle de déracinement, par exemple. Mais le déracinement n’est pas forcément une mauvaise chose. A partir du moment où tu es né sur un continent comme l’Afrique et que tu arrives en Occident, tu as déjà le problème de la température. C’est un choc. Si je peux rassurer quelqu’un qui arrive ici avec mes mots et mes textes, tant mieux. On peut passer par des phases où l’on ne sait plus d’où on vient ou qui on est. Mais on a tous notre place partout. On parle du métissage, de l’acceptation de soi…

Dakou : Après, ça n’est pas une opposition directe avec ce qu’il se passe aujourd’hui, mais on vit ce climat, tous. Dans nos vies, à travers nos amis, nos enfants… On veut nous séparer pour mieux régner. Et plus on sera séparés, plus ils régneront. S’il n’y avait pas ce climat, tout ce bordel, notre musique ne serait clairement pas la même.

Faty :
Mais tout est dit dans notre son, pas besoin de parler politique, ça s’entend. Ce qu’on chante, c’est ce qu’on vit.

Dakou : La manière dont on vit notre musique, dont on la fait, ce qui s’en dégage, dans ses moment les plus bons ou les plus mauvais, me correspond. C’était une évidence de faire Tshegue aujourd’hui, pour ce qu’on est et pour ce qu’on vit.

En concert :
le 2 septembre à Nanterre pour La Mamie’s (à la Ferme du Bonheur)

Premier ep Survivor (Dakou Studios / Ekleroshock) est disponible sur Apple Music.

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