Actu musique

24 juillet 2017

Les membres de Linkin Park rendent hommage à Chester Bennington dans une lettre poignante

(c) ArRecital

Quelques jours après le suicide de Chester Bennington, leader emblématique du groupe de nu-métal Linkin Park, les hommages se sont multipliés dans le monde de la musique. Aujourd’hui, c’est au tour du groupe lui-même de présenter ses condoléances à son chanteur, dans une lettre dévoilée sur Facebook.

Pendant de longues lignes, le groupe se souvient de l’artiste, puis évoque également son passé difficile à travers d’émouvantes confessions :

“Ton absence laisse un vide qui ne pourra jamais être rempli : il manque une voix joyeuse, marrante, ambitieuse, créative, gentille et généreuse dans la pièce. On essaie de se souvenir du fait que les vieux démons qui t’ont arrachés à nous ont toujours fait parti du contrat. Après tout, c’était la façon dont tu parlais de ces démons la première raison pour laquelle tout le monde est tombé sous ton charme”.

Puis, le groupe remercie une dernière fois Chester Bennington, en concluant :

“Même si nous ne savons pas encore quelle tournure notre futur va prendre, nous savons tous que tu as rendu nos vies meilleures. Merci pour ce cadeau. Nous t’aimons, et tu nous manques énormément.”

Un très bel hommage, ponctué par un lien menant au site pour la prévention du suicide RIP CHESTER, créé par le groupe.

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Alt-J annonce un concert à Bercy

(c) Wikipédia

Surprise ! Au lendemain de leur concert parisien au festival Lollapalooza, les anglais d’Alt-J viennent tout juste d’annoncer deux nouvelles dates françaises, prévues pour le début de l’année prochaine. Entre l’Accord Hotel Arena de Paris (le 11 janvier) ou le Zénith de Nantes (le 14 janvier), vous n’avez plus qu’a faire votre choix : les places seront en vente juste ici à partir de jeudi prochain, 10h du matin. A vos agendas !

De retour le 2 juin dernier avec un troisième album très logiquement baptisé Relaxer, le trio a déjà entamé une tournée planétaire qui fera donc un petit arrêt en France d’ici l’année prochaine. Pour patienter, on ré-écoute ce dernier disque, en boucle.

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En 1978, Henri Salvador préfigurait le son des Daft Punk

Pochette de l’album "Salvador Galore"

On connaissait Henri Salvador, décédé en 2008, grâce à ses classiques restés célèbres, de Le lion est mort ce soir, à Une chanson douce en passant par Zorro est arrivé. On avait aussi pris plaisir à observer sa renaissance à 83 ans depuis sa chambre avec vue. Ses aventures électroniques étaient elles tombées dans l’oubli… jusqu’à ce que le site de Nova repêche deux tracks surprenantes pêchées au fin fond du web.

Salvador explore 

Issus d’un même maxi, On l’a dans l’baba et On a tous la tête à l’envers détonnent parmi le catalogue du chanteur. Dans une démarche expérimentale pour l’époque, il a posé sa voix sur ces deux morceaux élecroniques aux accents disco en utilisant des filtres qui déforment sa voix, accompagnée par un synthé.

On l’a dans l’baba a été composé avec l’aide de Guy Bontempelli, qui a aussi travaillé avec Dalida, Juliette Gréco ou encore Mireille Mathieu. Bernard Michel, un très proche collaborateur de Salvador, a lui co-écrit On a tous les tête à l’envers.

On retrouve l’esprit décalé de l’auteur de Juanita Banana dans leurs paroles, même si le texte du deuxième titre n’est pas toujours d’une grande finesse (“Napoléon était pédé, Jeanne d’Arc n’était pas pucelle“)…

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Lunallena, le nouveau festival de la côte d’azur

Photo Antoine Wagner Studio

Le 4 et 5 août prochain s’organisera au Stade Deferrari à Bandol la première édition du festival Lunallena. Idée d’une bande d’amis, qui avait constaté il y a deux ans le manque de gros festivals électro/pop/rock dans la région, Lunallena essaie de répondre aux envies régionales d’événements indie, d’habitude plutôt réservés et organisés de l’autre côté de la Loire. Le journal Nice-Matin, appuyé de Var et de Corse-Matin, qui souhaite développer sa facette événementielle, soutient cette initiative qui tend à réveiller cette région qui croit trop souvent endormie…Et si il est pour le moment basé dans la belle ville de Bandol, Lunallena se déplacera chaque année, ayant pour envie d’être un festival itinérant, se déplaçant entre Marseille et l’Italie.

Pour sa première fois, le Lunallena s’organise en deux soirées, avec deux identités musicales bien différentes. La première soirée de vendredi sera plutôt axée world music et reggae, avec la présence en tête d’affiche d’Alpha Blondy & The Solar, mais aussi l’antillais Kalash, ou encore Horace Andy (figure du reggae, il devient dans les années 90 un fréquent collaborateur de Massive Attack, qui l’a invité sur quatre albums). Côté raggamuffin, on pourra compter sur les ondes chill de l’écossaise Soon T, accompagnée de DJ Kunta, mais aussi de la douceur de Meta & The Cornerstones, et du français Bongo White.
Samedi, Lunallena explore son côté rock avec Phoenix, qui viendra présenter son dernier album, Ti Amo, mais aussi Two Door Cinema Club (repéré il y a quelques années par Kitsuné), sans oublier la pop lumineuse de Cocoon, les niçois de The Kitchies, et un live qui s’annonce énergique de Vitalic. De quoi secouer la Côte d’Azur, au moins jusqu’à l’été prochain.

Lunallena Festival
Le 4 et 5 août 2017 au Stade Deferrari à Bandol.
Site internet : www.lunallena-festival.com

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Vidéo : Frank Ocean invite Brad Pitt sur scène pendant son concert

(c) Wikieditor66, Wikipédia Commons

S’il avait commencé par annuler un bon nombre de ses dates, Frank Ocean a fini par monter sur scène et enchaîne aujourd’hui les concerts à travers la planète. Et ce week-end, c’est un invité de marque que le chanteur a reçu au FYF Festival de Los Angeles : alors qu’il reprend Never Can Say Goodbye des Jackson 5, Brad Pitt apparaît sur les écrans, comme s’il écoutait le morceau au téléphone.

Un featuring pas si étonnant que ça puisque, dans une interview pour GQ datant de mai dernier, l’acteur avait confié “beaucoup écouter Frank Ocean” du fait qu’il “évoque la vérité à nue” dans ses morceaux. Quelques semaines plus tard, le chanteur avait alors porté un t-shirt à l’effigie de Brad Pitt en réponse à ses dires. Une belle histoire d’amitié qui se construit sous nos yeux.

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Les Rolling Stones vont enregistrer leur premier album original depuis 2005

Mick Jagger lors d’un live (capture d’écran Youtube)

C’est dans une interview accordée au site spécialisé ultimateclassicrock que Keith Richards, 73 ans au compteur, a annoncé le nouveau projet des Stones. Le groupe devrait enregistrer un nouveau disque original “très, très bientôt“, confie le guitariste, ce qu’il n’avait pas fait depuis 2005, avec le LP A Bigger Bang. L’an dernier, il avait sorti Blue & Lonesome, qui reprenait douze morceaux de blues, et constituait son 23ème opus.

Un featuring avec Skepta ? 

Au début du mois de juillet, la star du grime Skepta a posté une photo de lui en studio avec Mick Jagger sur son compte Instagram. Il n’a par contre donné aucune précision sur leur collaboration, et reste donc à savoir s’ils ont composé un morceau pour le nouvel album des Stones, ou si c’est leur leader qu’on retrouvera en feat sur une track du rappeur.

@skeptagram and @mickjagger in the studio. Photo by @shaneaveli

A post shared by SKEPTA FAN PAGE (@skeptagram) on Jul 10, 2017 at 4:02am PDT

Le groupe britannique a par ailleurs prévu une tournée dans 12 villes européennes intitulée “No Filter” qui débutera à la rentrée. Il donnera trois concerts à Paris, les 19, 22 et 25 octobre, pour inaugurer le stade U Arena qui ouvrira à La Défense. Les 110 000 billets disponibles sont tous partis le matin même de leur mise en vente.

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Metallica contre Gorillaz : comment le sort de l’humanité s’est joué lors du 50e Festival d’été de Québec

© Renaud Philippe et Alice Chiche / AFP

L’an passé, dans un élan d’enthousiasme quelque peu gaullien, nous nous étions permis de lancer du haut de notre petit promontoire rédactionnel un vibrant “Meilleur festival du Monde !”, et ce alors que l’offre musicale nous laissait sur notre faim. Aussi, avec un programme nettement plus attrayant cette année, n’avons nous aucune réticence à persister et signer des deux mains.

La scène québécoise en vedette

Avant d’évoquer le choc des titans, parlons de ce qui restera comme l’un des faits marquants de ces dix jours de musique à Québec et dont l’instant symbolique fut peut être la déclaration du chanteur du groupe local Harfang lors de son passage sur la scène Loto. Après les remerciements d’usage aux organisateurs, celui ci se mit à expliquer que sa présence au programme parachevait des années de fidélité à venir écouter des groupes ici même en tant que spectateur. Une manière de lier son propre destin musical à l’influence bénéfique d’une manifestation qui a inspiré une nouvelle génération d’artistes et dont le Festival d’Eté peut désormais profiter comme au terme d’un fructueux cycle agricole.

On a pu ainsi voir nombre de nouveaux groupes québécois pointer leur nez et promettre de beaux lendemains à la scène provinciale, des épatants Chocolat au son garage millésimé (et à l’humour distancié) à Matt Holubowski et son folk rock lyrique à la Ray La Montagne, jusqu’à Groenland, sa pop enlevée et sa formidable chanteuse Sabrina Halde. Au point de pouvoir affirmer qu’Arcade Fire n’était peut être que l’avant-garde d’une vague qui ne cesse de monter.

Struts vs Muse

L’année dernière, nous avions abandonné les plaines d’Abraham où est érigée la monumentale scène Bell lors du show grand-guignolesque des Teutons tatoués de Rammstein. Nous les avons retrouvées pour un combat des chefs hors norme et autrement épique entre Metallica et Gorillaz, aux antipodes musicalement l’un de l’autre, aux visions diamétralement opposées.

En préambule à cet Armageddon, nous avons d’abord vu les réjouissants The Struts, derniers promus d’une rock academy option physique chimie, réussir à distiller un précipité détonant à base de glam rock à la Slade et de punk pop à la Supergrass. Si l’on y ajoute le look, la voix et la présence scénique du chanteur Luke Spiller, rappelant fortement feu Freddie Mercury, on comprend qu’ils aient pu assurer sans mal la première partie des Stones au Stade de France il y a deux ans. Se pose quand même une question : pourquoi Spiller a t-il fait appel à Zandra Rhodes styliste de Freddie Mercury pour sa tenue de scène alors qu’il lui suffisait de décrocher les doubles rideaux du salon pour s’en faire une houppelande ?

Reste que les bandits de The Struts sont de malicieux petits faiseurs dont on a tout lieu de penser qu’ils sauront se saborder avant de sombrer dans la routine. Une éventualité qui, hélas, ne paraît pas être envisagée par leurs compatriotes de The Muse qui ont clôturé le festival avec un spectacle très au point techniquement mais pauvre artistiquement. Groupe fourre-tout par excellence, manquant cruellement de style, de charme et surtout de chansons mémorables, tout en sachant parfaitement maîtriser ses effets dans les grands espaces, Muse aura su séduire un public déjà conquis d’avance. Et comme dit le proverbe, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…

The Who toujours d’attaque

Autre tête d’affiche, The Who nous ont gratifié quant à eux d’une prestation pleine de générosité, à défaut d’être irréprochable musicalement. Cinquante-trois ans après leurs débuts londoniens, et malgré les absences du batteur Keith Moon et du bassiste John Entwistle, Roger Daltrey et Pete Townshend refusent de raccrocher les gants. Qu’importe si le chanteur rate une fois sur deux le fil du micro qu’il fait tournoyer et que le guitariste a renoncé à sauter à pied joints comme il le faisait jadis (même s’il continue à mouliner du bras sur son instrument).

Accompagné par son frère, Simon Townshend, à la guitare et par le fils de Ringo Starr, Zak Starkey, filleul de Roger Daltrey et excellent en remplaçant de Keith Moon, les Who transformeront leurs deux heures de spectacle en une large rétrospective. Seront ainsi passés en revue les grands classiques des 60’s (The Kids Are Allright, I Can See For Miles, My Generation) quelques musts des années 70 (Join Together, Bargain, The Seeker…). Tandis que Who Are You rappellera aux plus jeunes l’origine du générique des Experts.

Ayant franchi pour ce qui concerne Daltrey et Townshend la barre des 70 printemps, on comprend que, telle une vieille chaudière, un temps de mise en route ait été nécessaire. Et c’est assez naturellement que le dernier tiers de leur prestation s’avéra le plus convaincant avec un Daltrey retrouvant peu à peu son potentiel vocal et un Townshend son mordant à la gratte, en particulier lorsqu’ils parcourront leurs deux opéras, Quadrophenia et Tommy. Viendront pour conclure les sommets de Who’s Next, un Baba O Riley dans une interprétation égalant l’original – ce qui n’est pas anodin – et un Won’t Get Fooled Again toujours explosif. Townshend aura même ce trait d’humour typiquement anglais en lançant, en français, un “A bientôt” au public avant de quitter la scène, repu, heureux… et un brin mélancolique.

Metallica, les culbuteurs de l’enfer

Le fait est que dès le lendemain, les seigneurs incontestés du rock apocalyptique que sont Metallica, aidé par leur vassal québécois de Voivod en première partie, allaient s’employer à faire de nous tous des petits Tommy. Nous laissant proprement sans voix, partiellement aveugle et sourd comme des pots. Le retour du groupe californien dans la ville, six ans après un premier passage qui avait fait date, aura clairement été un pic de ce 50e anniversaire.

Pic de fréquentation avec une foule monstre massée sur les Plaines d’Abraham et approchant les 100 000 spectateurs. Pic de décibels avec une débauche sonore à vous broyer les os menu, à vous faire pisser le sang du nez, à vous perforer les tympans. Pic de dévotion enfin qui, à ce degré, a transformé l’immense marée de fans arborant des t-shirts frappés du célèbre logo en une véritable armée des ombres, toujours prompte à faire les cornes du diable avec leurs petits doigts maléfiques en signe de ralliement.

En cela James Hetfield, Lars Ulrich et les deux autres jouent parfaitement le jeu du gang de méchants pour BD d’Heroic Fantasy. Hetfield en particulier sort d’évidence d’un monde imaginaire, avec ses bras schwarzeneggeriens, couverts de tatouage et sa tronche de Terminator à manger au p’tit dèj un bœuf entier égorgé de ses propres mains. Accompagnant toujours leur entrée en scène de la musique d’Ennio Morricone Extasy of Gold et des images du Bon, La Brute et le Truand, ils vont deux heures et demie durant s’acharner à faire de l’ancien champ de bataille des Plaines, un cratère humain en fusion avec leurs titres emblématiques.

L’implacable torture qu’inflige leur son reste pourtant difficilement envisageable en tant que récompense, tant l’attente de plusieurs heures de leur public massé devant les barrière aura été longue sous un soleil d’airain. Mais qui sommes nous pour juger ?

Les solos de Dirk Hammet sont comme dix mille scies circulaires qui vous découpent de part en part, la batterie de Lars Ulrich et ses deux grosses caisses vous fait presque vous souvenir de celle de John Bonham comme d’une caresse administrée par Mère Thérésa avec piété et bienveillance. Et les gens adorent ça ! Alors bienvenue en enfer !

Gorillaz humanistes

Or toute cette cruauté sonore infligée par Metallica, les Gorillaz allaient tenter de nous en guérir dès le lendemain avec un spectacle d’anthologie qui ranima le souvenir des shows hyperboliques que donnait Prince dans les années 80, et jusqu’à la tradition oubliée des revues Tamla Motown.

Quand on sait qu’il s’agissait à l’origine d’un projet annexe dénué d’ ambition initié par Damon Albarn et le graphiste Jamie Hewlett, un bête concept de groupe virtuel fait pour se distraire entre deux tournées de Blur, on doit aujourd’hui reconnaître que cette galéjade a complètement échappé à ses concepteurs pour devenir l’une des entreprises de divertissement les plus performantes du moment, une gigantesque machine qui produit deux heures d’un show sans temps mort, sans anicroches, avec une dimension visuelle élaborée, une succession de tubes interprétés par une pléiade d’invités, en chair, en os ou projetés sur écran, mais qui parvient pourtant à créer de la proximité en redonnant à l’humain toute sa primauté.

Car c’est bien là la finalité : tisser du lien, générer de la fraternité. Le titre du dernier album de Gorillaz ne s’intitule pas Humanz pour du beurre. Quel contraste avec Metallica, son irrécupérable noirceur, son intraitable agressivité, son totalitarisme primaire. Pendant tout le spectacle, Damon Albarn manifeste au contraire de l’empathie, multiplie sans démagogie (son sourire désarmant d’éternel gamin le prouve) les messages d’affection au public, cherche le contact, au point de s’immerger dans la foule pour danser avec elle.

Pourtant il ne s’agit pas vraiment d’une invitation au pays des Bisounours. Le monde dans lequel nous plongent les chansons des Gorillaz n’est en rien plus enviable, et pas moins disruptif que celui suggéré par Metallica. Traduit à travers les cartoons de Hewlett à l’esthétique manga, il ressemble même à une contrée périurbaine délabrée, à l’abandon, orpheline de toute autorité, un peu celle qui a vu la tour Grenfell de Londres être récemment dévastée par les flammes.

C’est le reflet d’un environnement déshumanisé où les robots ont pris le pouvoir (thème obsessionnel chez Albarn). D’où une chanson comme The Last Living Souls qui il y a douze ans s’interrogeait déjà sur le degré d’humanité dont nous étions encore capables. Mais là où la bande à James Hetfield et Lars Ulrich verse dans un nihilisme sans concession, Albarn et son possee ne cessent de donner des gages de bonne volonté. Là où Metallica enfonce définitivement le clou avec une chanson comme Hardwired to Seld Destruct de leur dernier album, n’accordant au genre humain plus l’ombre d’une chance de survie, The Gorillaz fait le pari inverse avec We Got The Power (to Love) et Ticker Tape, où Albarn émet le souhait de rebooter le projet “Terre” et fait savoir qu’il veut croire encore à la capacité de l’Homme de se sauver des périls mortels qu’il a engendrés.

Ce fut donc un match serré entre les cavaliers de l’Apocalypse du metal et les Bons Samaritains du hip-pop, entre les cauchemardeurs et les rêveurs, auquel les festivaliers ont pu assister. Avec à la fin un étonnant résultat. Les plus forts n’ont pas été ceux qu’on croyait. Car l’herbe n’étant pas censé repousser sous les pas de la horde exterminatrice des metalleux, quelle ne fut pas notre surprise de voir les pâquerettes de l’amitié et de la bienveillance refleurir avec Gorillaz !

Damon Albarn, l’anti-Brexit

La raison tient peut être à ce que Gorillaz se veut avant tout un share project. Certes tout tourne autour de la personnalité de Damon Albarn. Mais loin d’accaparer la lumière, il s’offre le plaisir de la partager avec ses nombreux invités, comme ce soir là la talentueuse et ravissante chanteuse anglo éthiopienne Kelela, le rappeur de Detroit Danny Brown ou le désopilant Jamie Principle (avec son t-shirt Pussy not war très distingué).

Le tout à l’ego n’est pas le système de raccordement privilégié par Albarn. Au contraire, une chanson comme We Got The Power (to Love), joué avec une joie rageuse et communicative ce soir là, nous dit tout sur l’état d’esprit de l’ancien leader de Blur, cet Anglais qui à lui seul efface les effets du Brexit, s’ouvre au monde avec générosité quand son pays se referme. (le prouvent ses nombreux projets annexes comme Africa Express, DRC Music, etc…). Et franchement entre des Metallica prisonniers de leur vision catastrophiste et des Gorillaz qui relativisent au point de vouloir traire ce qu’il reste du lait de la bonté humaine avec des chansons savoureuses, joyeuses, colorées, les plus rebelles n’étaient pas ceux qu’on croyait.

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