Actu musique

21 juillet 2017

Tout va bien, Montréal est toujours le paradis des fans de musiques

La place des arts en folie - Crédit @ Festival de Jazz de Montréal

“Viens, on plaque tout et on part s’installer à Montréal”. Dans leur quête de PVT, de grands espaces (verts), de loyers corrects
et de dépaysement raisonnable en territoire francophone, les Français qui choisissent Montréal sont de plus en plus nombreux à installer leur bonne humeur retrouvée sur le Plateau. Dans cet ancien quartier ouvrier adossé au Mont Royal, les conversations tournent autour des souvenirs plus ou moins lointains de la ligne 13 du métro parisien et évoquent la France comme on se souvient d’une autre vie. Les plus déterminés tentent de s’approprier l’accent québecois en descendant des broues ou des clamatos au bar du coin. Parmi les raisons qui poussent autant de Français à téléporter leurs envies d’ailleurs à Montréal, l’ouverture d’esprit et le positivisme s’imposent comme les principales évidences dès l’atterrissage à Trudeau. Deux dimensions parfaitement incarnées par la vitalité culturelle d’une ville qui propose une liste impressionnante de festivals organisés tout au long de l’année.

“Booba, c’est aux Francofolies de Montréal qu’il est invité, pas à celles de la Rochelle. Pourquoi ? ”

De l’Igloo Fest à Osheaga, des Nuits d’Afrique à M Pour Montréal, des Francos à Oumf, ces événements offrent de larges détours vers les musiques spé, tout en glorifiant les cultures populaires et indépendantes. Une formule en rapport avec l’époque et qui n’a rien d’exceptionnel en soi, mais qui continue d’exciter certains esprits conservateurs lorsqu’elle est appliquée  en Europe. Il n’y a qu’à se retourner vers l’accueil flippant réservé à Kanye West lors de sa programmation à Glastonbury en 2015, ou vers la réaction de certains musicos immobiles quand Booba s’est ramené en tête d’affiche des Eurocks cette année. Jean-Paul Roland, le boss des Eurockéennes, était alors venu remettre les tibias sur les i dans une interview percutante pour Sourdoreille :

“On est là pour prendre le pouls des musiques populaires. Et aujourd’hui, c’est le hip-hop. C’est lui qui dit quelque chose de nos sociétés. Sa résonance est partout. Se priver de ce pan culturel, cela n’aurait pas de sens pour moi. Booba, c’est aux Francofolies de Montréal qu’il est invité, pas à celles de la Rochelle. Pourquoi ? C’est quoi le problème en France ?”

Joey Bada$$ et Feist, roi et reine du Festival de Jazz de Montréal

Organisé à quelques jours d’intervalle mais dans le même périmètre que les Francos, le Festival de Jazz de Montréal offrait cette année le plaisir d’une prog ouverte à souhait et d’une double leçon de rythmes. D’abord délivrée par la légende Tony Allen (qui a eu la bonne idée de reprendre le répertoire d’Art Blakey), puis en compagnie d’Anderson .Paak, véritable héros de l’édition 2017 du festival pour un concert gratuit et transpirant en plein cœur de la ville. Mais avant d’aller se frotter aux dizaines de milliers de spectateurs entassés devant l’élégance supérieure du Californien, on avait profité des différents rebondissements de la programmation pour confirmer la fluidité des différents styles célébrés par le plus grand festival de jazz du monde. Depuis sa première édition en 1980, le FJIM a su s’imposer en s’adaptant aux révolutions des industries du spectacle et de la musique

>> A lire aussi : le Québec, terre promise de la musique indé ?

Entre les concerts gratuits sur la Place des Arts et l’offre payante déployée au Club Soda, au Métropolis ou dans le vertige impressionnant de la salle Wilfrid Pelletier, l’événement zappe du jazz au rock en passant par le rap. Sans fausse note. L’un des grands moments de l’édition 2017 restera le festival de Feist, venue présenter sa magnifique transformation sur Pleasure : son premier album publié en six ans et qui éteint les lumières pop de l’époque des synchros pub.

Ce soir-là, la Canadienne n’a pas quitté sa guitare pour une performance incroyable de maîtrise et d’euphorie rentrée. On se demandait comment la chanteuse allait pouvoir assumer la liberté de ses nouvelles compos sur scène. Devant l’éventail rose qui scintillait en fond de scène, elle est apparue conquérante et sûre d’elle pour évoquer des sentiments larges et contradictoires, déjà expérimentés chez Air, Local Natives, Janis Joplin ou Ludus. On se demandait aussi si Feist allait assumer son histoire et les tubes sempiternels qui accompagne sa réputation depuis le milieu des années 2000 et la mondialisation de ses petits pas chassés sur le tapis roulant de l’ère Myspace. Opération réussie avec succès devant un parterre de danseurs hilares et une standing ovation méritée.

Feist et ses aventures dans la salle Wilfrid Pelletier // @ Victor Diaz Lamich

Feist et ses aventures dans la salle Wilfrid Pelletier // Crédit @ Victor Diaz Lamich

Si Feist a prouvé qu’elle pouvait concilier son existence pop et ses désirs d’expériences dans un même geste, Joey Bada$$ n’a pas trop eu à se fouler pour retourner le Métropolis en entonnant ses hymnes générationnels, repris par une foule toute acquise à sa cause. Le rappeur a a encadré son show par Ses deux gros tubes : Land Of The Free et Devastated. Sur l’instant, on peut certainement reprocher à Joey Bada$$ d’un peu moins se donner sur scène qu’à l’époque ou percer était encore un combat. Mais comment lui en tenir rigueur quand on voit à quel point ses fans sont déterminés à faire le travail à sa place en assurant tous les backs.

Joey Bada$$ sur la scène du Métropolis, juste avant d'enlever son sweat bordeaux

Joey Bada$$ sur la scène du Métropolis, juste avant d’enlever son sweat bordeaux // Crédit @ Victor Diaz Lamich

En bon diplomate, Joey Bada$$ n’a pas oublié de dédicacer Peter Sagar, plus connu sous le nom de Homeshake. Le musicien montréalais est l’auteur de la boucle parfaite qui enrobe Love Is Only A Feeling : l’un des meilleurs tracks joués ce soir-là au Métropolis et déjà présent sous le même titre sur Midnight Snack, l’un des disques indispensables de l’année 2015. Sur cet album comme sur le suivant, l’ancien guitariste de Mac DeMarco livre la B.O parfaite de l’état d’esprit qui souffle sur la ville.

Encore plus relax et détendu que le regard baveux des vicelards qui traînent au Café Cléopâtre, Homeshake figure parmi les projets les plus excitants qui pullulent sur les bords du Saint-Laurent. Depuis le début des années 2000, Montréal alimente en flux tendu les playlists des amateurs de rock et de musique indé et un canal direct semble connecter les groupes du Mile End et les oreilles des rédacteurs de Pitchfork. Dans le désordre chronologique depuis le changement de millénaire, on peut citer des artistes comme Half Moon Run, Grimes, Mac DeMarco, Arcade Fire, Kaytranada, Peter Watson, TOPS, Duchess Says, Suuns, A-Trak, Chromeo, Majical Cloudz, Ought… Et on n’a pas fini de parler de l’arrivée en force du nouveau rap québécois.

Pourquoi Montréal ne connaîtra pas le même destin que Seattle

Comment expliquer cette hype qui dure depuis le début des années 2000 autour des groupes de Montréal ? Il y a deux ans, Laurent Saulnier, journaliste repenti et programmateur du Festival de Jazz de Montréal depuis plus de quinze ans, expliquait le phénomène en ces termes :

“Montréal est une des villes les moins chères d’Amérique du Nord, c’est une dimension qui joue beaucoup dans le rayonnement de la scène anglophone. Les jeunes n’ont pas besoin d’empiler trois jobs pour payer leurs études, leur loyer et leurs sessions de répétitions. Au début des années 2000 j’avais un peu peur que Montréal se transforme en une deuxième Seattle mais finalement les groupes continuent à sortir depuis bientôt quinze ans !”

En ce qui concerne la formalisation de la musique, il semblerait que les considérations étriquées soient restées bloquées au 20ème siècle ou prisonnières du bug de l’an 2000. Un projet hybride entre rock slacker et r’n’b FM comme celui défendu par Homeshake n’aurait sans doute aucune chance d’être exposé s’il voyait le jour dans la France qui condamne l’idée d’un feat entre Booba et Christine and The Queens et moque la voix de Benjamin Biolay sous autotune.

>> A lire aussi : “La scène montréalaise a évolué depuis l’explosion d’Arcade Fire”

En dehors d’Anderson .Paak, Feist, Tony Allen ou Joey Bada$$, le Festival de Jazz de Montréal invitait cette année le chant de gorge mystique de Tanya Tagaq, une musicienne inuit qui reprend Nirvana en douceur quand elle ne racle pas au plus profond de ses cordes vocales pour sortir des sons gutturaux que vous n’entendrez nulle part ailleurs qu’au pied des montagnes du Nunavut.

Tanya Tagaq sur la scène du Club Soda // Crédit @ Benoit Rousseau

En vrai, c’était un peu flippant mais on n’imagine pas quelle grosse machine événementielle française serait capable de proposer autant de variations tout en restant fidèle à son impératif de défrichage. Même en 2017.

Les Inrocks - Musique

Tyler, the Creator a lâché son nouvel album !

La pochette de « Flower Boy », le nouvel album de Tyler, The Creator (© Eric White)

Après avoir leaké au début du mois de juillet, le nouveau disque de Tyler, the Creator vient de sortir officiellement, faisant suite à l’excellent Cherry Bomb sorti en 2015, auquel un documentaire est dédié. Vous pouvez l’écouter ici :

Le rappeur l’avait d’abord intitulé “Scum Fuck Flower Boy” (qu’on pourrait traduire par “Sale Raclure de Garçon Fleur”), avant de changer le titre en dernière minute, optant pour un plus sobre “Flower Boy“. Plusieurs de ses morceaux avaient déjà été révélées, dont Who Dat Boy, 911/Mr.Lonely,  Boredom, et I Ain’t Got Time, en partie composé dans le studio de Kanye West.

Des featurings prestigieux

Sorti chez Columbia, le LP comprend 14 morceaux, et des featurings avec A$AP Rocky, Frank Ocean (qu’on retrouve sur 911/Mr.Lonely et Where This Flower Blooms), Kali Uchis, Estelle, Roy Ayers, Lil Wayne, ou encore Jaden Smith, parmi d’autres.

La pochette de Flower Boy a été peinte par l’artiste Eric White, qui avait collaboré avec Korn, Frank Zappa, Incubus ou encore The Meices dans les années 90, avant de se focaliser davantage sur ses projets personnels.

Les Inrocks - Musique

Pour son concert controversé en Israël, Radiohead livre son plus long set depuis 11 ans

Thom Yorke lors d’un précédent live (capture d’écran Youtube)

Le soir du mercredi 19 juillet, Radiohead a donné un concert devant 47 000 fans dans le Parc Hayarkon à Tel Aviv, malgré les nombreuses critiques soulevées par ce show, qui était sold-out. Le groupe a tenu son live le plus long depuis 2006, comme le rapporte la BBC, jouant Like Spinning Plates, qu’ils interprètent rarement, ainsi que des classiques comme The Bends, Creep, Pyramid Song, et Karma Police.

>> A lire aussi : malgré les attaques de Roger Waters, le concert de Radiohead aura bien lieu

Avant d’entamer ce dernier morceau, Thom Yorke a brièvement évoqué les reproches qui lui ont été faits : “Beaucoup de choses ont été dites, mais au bout du compte on a joué de la musique”. Vous pouvez l’entendre dans la vidéo ci-dessous :

Ken Loach : “Radiohead doit décider s’ils supportent l’oppresseur ou l’oppressé”

En avril dernier, une pétition avait été lancée par l’association Artists For Palestine UK, qui demandait à Radiohead d’annuler son concert dans un pays “où un système d’apartheid a été imposé aux Palestiniens”. Elle a été signée par plusieurs personnalités du monde de la musique, dont Thurston Moore, Roger Water, Brian Eno, ou encore Tunde Adebimpe de TV on the Radio.

>> A lire aussi : le morceau que Radiohead a refusé de sortir pour éviter d’être tué par le succès

Le réalisateur Ken Loach a ensuite enfoncé le clou il y a dix jours en publiant une tribune dans The Independant pour dénoncer le concert : “Radiohead doit décider si ils supportent l’oppresseur ou l’oppressé. Le choix est simple.”

Une grille de lecture binaire, que Thom Yorke a dénoncé le jour même dans une déclaration sur Twitter – préférant répondre aux reproches de Loach à distance que d’accepter son invitation à le rencontrer.

“On a joué en Israël pendant plus de vingt ans, durant lesquels les gouvernements se sont succédés… Tout comme on l’a fait en Amérique. On ne soutient pas plus Netanyahu (le premier ministre israëlien, ndlr) que Trump, mais on joue encore en Amérique. La musique, l’art et le monde universitaire traversent les frontières, ils ne les érigent pas.”

???? pic.twitter.com/GV95qCcYoI

— Thom Yorke (@thomyorke) 11 juillet 2017

Le concert de Tel Aviv constituait la dernière étape de la tournée internationale de Radiohead, longue de trois mois, organisée suite à la sortie de leur album A Moon Shaped Pool (2016). Le guitariste Ed O’Brien a confié à la BBC que le groupe en prévoyait déjà une nouvelle, de moindre ampleur, pour l’année prochaine.

Les Inrocks - Musique

Kristen Noguès, bretonne à cordes sensibles

Harpiste et compositrice, Kristen Noguès balançait entre Satie et folk celtique, fest-noz et mélancolie. Celle qui bluffait les jazzmen a pourtant laissé peu de disques et beaucoup de mystères. Dix ans après sa mort précoce, il est temps de la redécouvrir.

Télérama.fr - Musiques

Avec la partition numérique, le classique devient branché

Tablette sur chaque pupitre, pédale Bluetooth pour tourner les pages… Les notes numériques font leurs gammes. Vont-elles transformer le concert classique ? Halte-là ! crient les gardiens du papier.

Télérama.fr - Musiques

Le monde de la musique pleure la mort de Chester Bennington, chanteur de Linkin Park

Capture d'écran Youtube du clip "Shadow Of The Day" de Linkin Park.

Jeudi 20 juillet, Chester Bennington est retrouvé mort chez lui, en Californie aux Etats-Unis, à l’âge de 41 ans. Selon l’autopsie, il s’agit d’un suicide. Aujourd’hui, c’est toute l’industrie de la musique qui s’émeut de la disparition du chanteur de Linkin Park.

BREAKING: Linkin Park singer Chester Bennington dies at 41, Los Angeles County coroner says.

— The Associated Press (@AP) July 20, 2017

Fondateur du groupe de nu-metal et ami de Chester, Mike Shinoda se dit “choqué et le cœur brisé”. Sur son compte Twitter officiel, Linkin Park a publié sobrement une photo de son chanteur disparu.

Shocked and heartbroken, but it's true. An official statement will come out as soon as we have one.

— Mike Shinoda (@mikeshinoda) July 20, 2017

pic.twitter.com/yoN80Mobdk

— LINKIN PARK (@linkinpark) July 20, 2017

Les artistes de la génération et pop-punk des années 2000 et proches du défunt, ont partagé leurs tristesse sur les réseaux sociaux. Parmi eux le batteur de Blink 12, Travis Baker qui s’est avoué “absolument dévasté”, le groupe My Chemical Romance “profondément attristé” ou encore Corey Taylor, chanteur de Slipknot, qui en a perdu ses mots.

Absolutely heartbroken.I'll cherish every time we hung out or rocked a stage together.Condolences & prayers to all. So sad #RIPCHESTER pic.twitter.com/3MAFaeEA95

— Travis Barker (@travisbarker) July 20, 2017

We are deeply saddened by Chester's death. We loved him. Our condolences to Chester's family, Linkin Park, and all of their loved ones.

— My Chemical Romance (@MCRofficial) July 20, 2017

Jesus No…

— MARY POPPINS, Y'ALL! (@CoreyTaylorRock) July 20, 2017

Les hommages ne limitent pas uniquement à la sphère rock, puisque que des représentants du rap, du hip hop et la pop actuelle ont manifesté leur chagrin, dont Rihanna, Chance The Rapper, Pusha T…

Literally the most impressive talent I've ever seen live! Vocal beast! #RIPChester #LinkinPark

A post shared by badgalriri (@badgalriri) on Jul 20, 2017 at 11:37am PDT

Chester it was truly a pleasure, thank you for sharing your greatness… #RIP #LinkinPark

— King Push (@PUSHA_T) July 20, 2017

RIP Chester. Tragic ending. Condolences his family and friends and Linkin Park

— Lil Chano From 79th (@chancetherapper) July 20, 2017

Le chanteur anglais Billy Idol également a tenu à lui adresser un mot, après avoir joué quelques concerts avec lui l’hiver dernier aux côtés du supergroupe King Of Chaos et le guitariste Billy Gibbons des ZZ Top. “Il beaucoup va me manquer”, confie-t-il, “lui et son immense talent”.

Shocked about the news of Chester Bennington’s death. I have played shows with him recently..I will miss him & his great talent very much.

— Billy Idol (@BillyIdol) July 20, 2017

La mort de Chester Bennington laisse un grand vide dans le cœur des fans, qu’il avait conquis, en grande partie, avec l’album Hybrid Theory de Linkin Park en 2000.

Les Inrocks - Musique

A cause de Trump, Lana Del Rey abandonne ses visuels avec le drapeau américain

Lana Del Rey dans son clip "Born to Die" (capture d'écran Youtube)

L’univers de Lana Del Rey, dont le nouvel album sort aujourd’hui, se fonde notamment sur une idéalisation nostalgique et romantique des Etats-Unis, de ses icônes hollywoodiennes à ses routes californiennes désertes. Une esthétique qu’on retrouve dans ses clips (la chanteuse s’enveloppe même dans un drapeau américain pour Ride), et aussi dans les paroles de certains morceaux comme National Anthem. Un parti pris qui s’avère problématique depuis l’élection de Donald Trump, comme l’artiste l’a confié à Pitchfork juste avant la sortie de ce nouvel album, Lust For Life.

>> A lire aussi – Lana Del Rey : “J’ai brûlé tous les ponts pour la musique“

“J’ai définitivement changé mes visuels sur les vidéos de mes tournées. Je ne vais pas avoir le drapeau américain qui ondule pendant que je chante Born to Die. Ça ne va pas arriver. Je préférerais qu’il y ait des parasites. C’est une période de transition, et j’en ai vraiment conscience. Je pense que ce ne serait pas approprié d’être en France avec un drapeau américain. Ça me semblerait bizarre maintenant – ça ne semblait pas bizarre en 2013.”

Plus concernée par les droits des femmes

L’artiste a aussi été interrogée au sujet d’une de ses précédentes déclarations qui date de 2014, dans laquelle elle jugeait que “le féminisme n’est pas un concept intéressant“. Une position qu’elle ne défend plus depuis que Trump est au pouvoir :

“Les femmes ont tout de suite commencé à se sentir moins en sécurité sous cette administration. Que va-t-il se passer s’ils retirent le planning familial? Et si on ne peut plus contrôler les naissances? Maintenant, quand les gens me posent ces questions, j’ai des idées un peu différentes.”

Elle a ensuite ajouté : “Quand vous avez un leader tout en haut de la pyramide qui rit haut, fort, et sans gêne à propos de choses comme [agresser des femmes], ça nourrit les défauts de caractère des gens qui ont déjà tendance à être violents à l’égard des femmes.” Dans ses concerts, elle a par ailleurs arrêté de chanter la ligne “He hit me and it felt like a kiss” (“Il m’a frappé et c’était comme un baiser“), présente dans son morceau Ultraviolence (2012).

Les Inrocks - Musique

Peter Principle, le bassiste de Tuxedomoon, est mort

Capture d'écran du clip "In a Manner of Speaking"

Il était le bassiste et compositeur de Tuxedomoon, ovni sonique américain, artisan du post-punk et qui sut, dès sa naissance en 1977, faire imploser les frontières esthétiques : Peter Principle Dachert – un pseudonyme de scène emprunté au sarcastique “Principe économique de Peter”, selon lequel tout employé s’élève tôt ou tard à son niveau d’incompétence – est décédé ce 17 juillet à l’âge de 63 ans, très certainement emporté par un infarctus. Sa disparition intervient alors qu’il se trouvait en résidence dans la plateforme de création Les Ateliers Claus Saint-Gilles de Bruxelles.

Pur produit du rock psychédélique de Greenwich Village, il avait également collaboré au groupe de Wim Wenders Soft Verdict, et s’était essayé au travail de producteur, aux côtés des Israéliens de Minimal Compact. Mais c’est au sein des Tuxedos qu’il a écrit l’une des pages les plus intrigantes du rock expérimental, tentant sous l’impulsion du violoniste électronique et frère Blaine L. Reininger d’élaborer la musique étrange d’un cabaret no-wave. La seule consigne que validait alors la bande était de ne produire aucun son que l’on puisse entendre ailleurs, mêlant à leurs harmonies cinéma, ou innovations technologiques en tout genre.

En ce sens, leur premier album, Half-Mute (1980), originellement publié sur le label des Residents, offre un espace de liberté inouï. Ayant choisi l’exil après l’élection de Ronald Reagan (1981), le groupe s’installe en Belgique (où il noue de très étroites relations avec le label Crammed Discs), puis se disloque en divers lieux de la planète, avant de recouvrer force et vigueur, et le chemin des studios et des scènes, après un hiatus de plus de 8 ans. Une tournée était en préparation.

Les Inrocks - Musique

« Les dernières news

Juillet 2017
LMMJVSD