Actu musique

19 juillet 2017

La nouvelle statue de cire de Beyoncé est complètement ratée

Beyoncé dans le clip « Formation » (capture d’écran Youtube)

Un tweet publié hier a révélé la nouvelle statue de cire de Queen B, exposée dans le musée Madame Tussauds de Los Angeles (l’équivalent du musée Grévin à Paris). Son visage est à peine reconnaissable, et sa peau beaucoup moins noire qu’elle ne l’est réellement :

Beyonce’ wax figure at @MadameTussauds is FIERCE! pic.twitter.com/7UDyi9VEWT

— Joe (@CCFan007) 18 juillet 2017

La twittosphère a réagi au quart de tour :

it’s a good thing you’re not talking about *Beyoncé. cause this white woman is definitely not her. https://t.co/grl27L9XNM

— nañi (@pettyblackgirI) 19 juillet 2017

“C’est une bonne chose que tu ne parles pas de *Beyoncé. parce que ce n’est certainement pas cette femme blanche. ”

Harpo, who dis woman???? https://t.co/25YFou2w36

— Reagan Gomez (@ReaganGomez) 19 juillet 2017

“Qui est cette femme ????”

I thought this was Lindsay Lohan at first glance.

— Janan Amirah (@jananamirah) 18 juillet 2017

“Je pensais que c’était Lindsay Lohan au premier regard.”

Des échecs à répétition

Certains twittos ont rappelé au passage que ce n’est pas la première statue de cire de Beyoncé à ne pas être reconnaissable. Parmi eux, on retrouve Michele Lee, la rédactrice en chef du magazine féminin Allure :

— Michelle Lee (@heymichellelee) 19 juillet 2017

“Théorie : les personnes qui font les statues de cire de Beyoncé n’ont jamais vu Beyoncé.“

Les Inrocks - Musique

Cette année, le Nice Jazz Festival prend une belle revanche musicale

En 2016, le Festival a dû être annulé juste après les attentats qui ont frappé Nice. Mais depuis dimanche 16 juillet soir, le vent de la vendetta souffle sur la commune. Les souffleurs ne sont autres que Herbie Hancock, Becca Stevens, Anat Cohen, Christian McBride…

Télérama.fr - Musiques

La fièvre des Francofolies de La Rochelle en 20 photos

Après de nombreux malaises dans le public durant le concert de Mat Bastard, la sécurité rincé tout le monde © Maxime Retailleau

Louis Piscine arrivant à La Rochelle © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

MHD en séance selfie © Maxime Retailleau

KillAson faisant l’amour à son public © Maxime Retailleau

KillAson après l’amour © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

Mat Bastard © Maxime Retailleau

Nekfeu et une groupie © Maxime Retailleau

S-Crew sur scène © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

Témé Tan © Maxime Retailleau

Benjamin Biolay et Pi Ja Ma juste avant leur passage sur France Inter © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

M © Maxime Retailleau

Juliette Armanet (à droite) et son groupe © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

Le groupe A-Vox © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

(suite…)

Les Inrocks - Musique

Lana Del Rey n’est visiblement pas ravie que son album ait leaké

Capture d'écran du clip "High By The Beach"

Bien que sa sortie soit prévue pour vendredi prochain (le 21 juillet), le nouvel album de Lana Del Rey vient tout juste de leaker sur internet. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nouvelle a eu son petit effet sur la chanteuse, qui n’a pas tardé à prendre la mouche via son compte Twitter. Il n’a fallu qu’un tweet de fan, disant “Oh mon dieu Lust For Life vient de leaker, on se revoit dans une heure” pour que Lana lui réponde à sa façon.

U little fuckers

— Lana Del Rey (@LanaDelRey) July 19, 2017

Capture d’écran de l’échange Twitter

Visiblement assez exaspérée, l’interprète de Blue Jeans n’a pas mâché ses mots, répondant à l’annonce du leak par un court mais clair “U little fuckers” (“bande de petits en***és” en français). Un échange assez virulent, aisément compréhensible puisque cette pratique semble être devenue totalement courante dans le domaine de la musique et autres milieux artistiques.

>> A lire aussi : l’interview-confessions de Lana Del Rey

En concert dimanche 23 juillet à Paris, au festival Lollapalooza.

L’album Lust For Life est disponible en pré-commande sur Apple Music.

Les Inrocks - Musique

Mais pourquoi le concert de Radiohead en Israël fait-il polémique ?

Alors qu'il doit se produire ce mercredi 19 juillet à Tel Aviv, le groupe d'Oxford affronte les critiques. Parmi ses détracteurs, Roger Waters ou Ken Loach, qui appuient BDS, un mouvement prônant, entre autres, le boycott culturel vis-à-vis d'Israël, en soutien au peuple palestinien. Une position que Thom Yorke juge clivante et inefficace.

Télérama.fr - Musiques

Deerhoof revient avec un morceau étrangement fascinant

(c) Simon Fernandez

A la fin du mois dernier, le quatuor californien avait annoncé son grand retour avec Mountain Moves, un tout nouvel album prévu pour le 8 septembre prochain. Pour l’occasion, un premier single assez sobre mais prometteur était dévoilé (I Will Spite Survive, en featuring avec Jenn Wasner du groupe Wye Oak). Aujourd’hui, c’est dans un registre autrement plus étonnant que Deerhoof s’épanche. Ecoute.

Sobrement nommé Your Dystopic Creation Doesn’t Fear You (“Ta création dystopique ne te craint pas“, en français), le morceau semble, un peu comme le Siberian Breaks de MGMT, se construire en plusieurs parties, toutes emboîtées les unes aux autres. Les genres musicaux s’y mélangent, pour un résultat aussi étrange que cool, en featuring avec la comédienne, rappeuse et présentatrice américaine Awkwafina. On attend la suite avec impatience.

Les Inrocks - Musique

Snoop Dogg lance sa propre ligne de bongs

Capture d'écran Youtube du clip "Smoke The Weed".

Snoop Dogg et la marijuana, c’est une grande histoire d’amour. Il le prouve une nouvelle fois aujourd’hui en s’associant à la marque Famous Brandz, spécialisée en accessoires pour fumeurs. Le rappeur californien a lancé sa première collection de bongs qu’il a baptisés “Pounds”, disponibles à l’achat en ligne aux Etats-Unis et au Canada. Ces pipes à eau transparentes et à l’esthétique assez médicale coûtent approximativement entre 139 et 399 dollars (soit à peu près 120 et 346 euros). Découvrez les différents modèles ci-dessous :

Pick a colour any colour #Mothership #smokingPOUNDS #smokeweedeveryday #smokingaccessories #kushsociety #bonglife #bongrips #420life #blazeone — Tag a friend and your favourite colour Mothership

A post shared by POUNDS (@smokingpounds) on Jun 17, 2017 at 11:01am PDT

#Battleship

A post shared by POUNDS (@smokingpounds) on Jun 18, 2017 at 3:32pm PDT

#Rocketship

A post shared by POUNDS (@smokingpounds) on Jun 18, 2017 at 12:08pm PDT

The #Starship is the smallest of the SNOOP Pounds line up and comes in three colours! #smokingPOUNDS #bonglife #bonghits #glassporn #glasslove #weedstagram #weedporn #weedculture #stonerlife #stonernation #snoopdogg — Tag a friend and your favourite colour!

A post shared by POUNDS (@smokingpounds) on Jun 8, 2017 at 12:57pm PDT

Nothin quite like the Snoop POUNDS Spaceship #smokingPOUNDS #sesh #snoopdogg #highlife #bongbeauties #stonerlife — Make sure to stay tuned for details about a SNOOP POUNDS giveaway from one of our partners! #contest #giveaways #wednesdaymood #humpday — Tag a homie that wouldn't want to miss out!

A post shared by POUNDS (@smokingpounds) on Jun 7, 2017 at 3:04pm PDT

Snoop Dogg explique que ces accessoires lui permettent “d’offrir une expérience optimale” pour les fumeurs, qu’ils préfèrent consommer de l’huile ou la plante de marijuana. Décidément, l’artiste ne plaisante vraiment pas avec sa drogue douce préférée. Plus qu’un passe-temps, une philosophie.

Les Inrocks - Musique

Le festival Off des Francofolies se fait une place de choix au coeur de La Rochelle

Louis Piscine, programmé en off dans les bars de la ville de La Rochelle. Crédit : Maxime Retailleau.

Cette année, le festival officiel des Francofolies de La Rochelle a battu de nouveaux records de fréquentation en affichant presque 90 000 festivaliers sur 5 jours, du 12 au 16 juillet 2017. Dans une toute autre échelle, c’est le festival off des FrancOff, qui peut se féliciter – pour la seconde année consécutive – de valoriser jeunes talents indé et de dynamiser les bars de la ville. On y était, on vous raconte.

[ QUAI DU MUSÉE ] [ 3ÈME JOUR ] En ce jour de fête nationale, retrouvez sur les quais du musée de 16h45 à 20h00 : → Oui oui oui // Ricky Hollywood // Lord Ruby #FrancOff2017 #fullsupport #france #francophone #fullsupport #festival #musique #musicfestival #marochelle #larochelle #poitoucharentes #nouvelleaquitaine #concert #culture #off #benevole #francophone #francofolies #francofolies2017

A post shared by FrancOFF (@francoff_la_rochelle) on Jul 14, 2017 at 8:14am PDT

Les FrancOff, une seconde édition prometteuse pour le Off des Francos

Pour la seconde année consécutive, les bars de La Rochelle accueillaient les FrancOff, un festival gratuit et intimiste, organisé par l’association rochelaise TPT (chapeautée par le trio Romain Penalva, Aurore Saby et Steven Lelias), et soutenu activement par le festival officiel. “On bosse en très bonne intelligence avec eux”, comme nous confirme une des organisatrices des Francos, Morgane Motteau. Financé en partie par la ville et par une campagne de crowdfunding, le FranOff recevait ainsi les concerts d’artistes émergents dans une quinzaine de bars de la ville et sur cinq jours, avec “cette volonté de rassembler un public de locaux mais aussi de professionnels de la musique”.

Et il suffit de regarder la programmation pour comprendre que les FrancOffs risquent d’en séduire de plus en plus, et qu’ils auraient tout intérêt à les fréquenter pour repérer la prochaine étoile des top itunes. En effet, l’affiche ne compte quasiment que des artistes indépendants, pas (ou peu) accompagnés par des maisons, tourneurs ou éditeurs (contrairement aux artistes programmés dans le festival officiel).

Cette année, on pouvait ainsi apprécier la pop dévergondée de Dani Terreur et le groupe psyché Satellite Jockey dans le bar très cool L’Endroit, posé à deux pas de la plage de la Concurrence. Bien naturellement ce sont aussi des artistes rochelais (et de la région) qui sont mis à l’honneur comme le précise Aurore : “On est sur un ratio, un tiers d’artistes locaux et deux tiers nationaux”. L’idée étant de valoriser la création artistique locale. Et on peut dire que la recette fonctionne plutôt bien puisque le festival a littéralement doublé ses concerts en un an, passant de 42 à 76 showcases entre 2016 et 2017.

Pour séduire son public, les organisateurs ont également tenté d’explorer d’autres lieux de la ville, “un peu emblématiques” comme la prestation de l’électron libre Ricky Hollywood sur le quai du musée de la Marine, précédée par des rencontres professionnelles (en partenariat avec Rock in Loft) sur le rooftop du musée.

Autre délicieux argument pour vous convaincre de fréquenter les FrancOffs : une bière ambrée, la Tête de Mûle, brassée dans le marais poitevin et qui a reçu la Médaille d’Or au salon de l’Agriculture. Elle est servie dans les bars accueillant les showcases, sur une idée originale du co-organisateur et gérant de bar Romain Penalva : “on s’est dit que ça serait sympa de proposer une bière locale en partenariat avec le Off“. Alors heureux(se) ?

Pour participer à la prochaine édition des FrancOffs, les artistes peuvent soumettre leur candidature en ligne : “cette année, on en a reçu un peu plus de 150 !” se félicite Aurore. Le festival imagine de nouvelles collaborations avec des micros labels et maisons de qualité pour 2018, avis aux intéressés !

@pijamaofficial s'offre le Théâtre Verdière ❤️ #Francos2017

A post shared by Chantier des Francos (@chantierdesfrancos) on Jul 16, 2017 at 6:47am PDT

Le Chantier des Francos continue sa mission d’accélérateur de talents avec Témé Tan et Pi Ja Ma

Pour des artistes bien plus aguerris et mieux entourés que ceux des FrancOff, le Chantier propose de les aider dans leur apprentissage de la scène, leur technique vocale, et les divers aspects professionnels. Après une résidence (qui s’étale sur un ou deux ans, selon les emplois du temps et les envies), un concert vient boucler cette aventure lors des Francofolies. Cette année, le festival recevait ainsi les shows de 15 talents : Pi Ja Ma, Teme Tan, Nusky & Vaati mais aussi Juliette Armanet, Agar Agar ou encore Barbagallo, brassant autant des artistes chantant en français qu’en anglais. Juste après sa prestation au théâtre Verdière, la jeune Pi Ja Ma nous raconte son expérience du Chantier en 2017 :

“Ce sont nos tourneurs qui nous ont inscrits. Au début, on était hyper réticent, on s’est dit que ça allait être une sorte de Star Academy. Et perso j’ai donné (rires, Pauline ayant participé à la Nouvelle Star à ses 17 ans). J’avais peur que ça soit un peu trop scolaire, mais en fait pas du tout ! Il y a une super ambiance, c’est cool et il y a  les autres groupes (la formation invite deux groupes par session). Nous ce qui nous manquait c’était vraiment la confiance, car on était un jeune groupe.Et j’y ai appris beaucoup. Au niveau du placement sur scène et de l’occupation de l’espace notamment.”

Repérée il y a un an avec l’ep Radio Girl, Pi Ja Ma continue de nous séduire avec sa pop bricolée et rêveuse. En live, on se laisse facilement dorloter par ses mélodies co-écrites par Axel Concato (guitariste sur scène) et son univers graphique – Pauline dessine et a pour l’occasion disposé sur scène des dessins naïfs peints à l’encre noire. Préparant actuellement leur premier album, cette expérience semble pour eux déterminante : “C’est la première fois qu’on faisait un concert dans une salle et un festival aussi énorme !” Et reste une manière évidente de nouer le contact avec son publique. Pari gagné !

Seconde bonne pioche des Chantiers 2017, c’est le jeune Bruxellois Témé Tan qu’on a croisé juste après son concert très réussi au théâtre Verdière. Pour lui, le boulot n’est pourtant pas terminé, le compositeur soliste est en effet invité le même soir sur la grande scène Jean Louis Foulquier entre Georgio Black M et MHD. Le Chantier permettant ainsi aux jeunes artistes de se confronter à des public différents (assis, debout) et ambiance (théâtre, scène en pleine air). On ne doute pas une seconde que Tanguy réussira à séduire la foule avec ses tubesques Améthys et Ça va pas la tête, mélodies bigarrées entre musique traditionnelle congolaise, pop et chanson française, à paraître à la rentrée sur son premier album.

Wait… ⌛️

A post shared by MHD OFFICIEL (@mhdofficiel) on Jul 15, 2017 at 2:25am PDT

Double M de plaisir avec Lamomali de Mathieu Chedid et MHD sur la scène Jean-Louis Foulquier

Après avoir convaincu l’édition montréalaise des Francofolies, le jeune rappeur de Belleville MHD réitère l’exploit sur la monstrueuse scène Jean-Louis Foulquier (9 000 places), faisant résonner son afro trap et ses punchlines bien senties dans toutes les poitrines. Le public jubile sur les basses vrombissantes et en redemande sur Roger Milla, et se dandine sur les noces de A Kele Nta. Le rappeur finira même par en perdre le fil sur son tubesque Afro Trap part.3 (Champions League), en se voyant sur les écrans géants de la scène. Emu et intimidé… Et on comprend volontiers pourquoi.

Moment grandiose avec Lamomali de @m_chedid ce soir aux #Francos2017 !

A post shared by Francofolies De La Rochelle (@francofolieslarochelle) on Jul 14, 2017 at 4:18pm PDT

Le lendemain, vendredi, c’est un habitué des Francos qui est de la partie. Pour l’occasion, Matthieu Chedid a enfilé une veste au motif wax, et nous propose un voyage au cœur du Mali avec son tout nouveau projet collectif et album Lamomali. Sur scène, ce sont les griots Toumani Diabaté et son fils Sidiki, et leurs koras qui mènent la danse, accompagnés de la voix de la diva Fatoumata Diawara. Avec un set oscillant entre ballades poétiques et tubes de -M- (ouvrant sur Mama Sam et clôturant sur Machistador), difficile pour le public de résister à la nouvelle création du fils Chedid. Quand résonne enfin le tubesque Bal de Bamako, le rappeur Oxmo Puccino fait une apparition très remarquée. Le public, en liesse, ondule sur cette mélodie afro disco entêtante ! Un pur moment de bonheur.

>> A lire aussi notre interview avec Sidiki Diabaté : “Booba a honoré l’Afrique et il m’a donné de la force”

Hier soir c'était ⚡️❤️✨ @francofolieslarochelle forever. @yannrivoallan

A post shared by Vincent Delerm (@vincentdelerm) on Jul 16, 2017 at 12:09am PDT

Vincent Delerm : un chef-d’œuvre à voir en photos et à écouter en live

Pour la 33e édition du festival, les fans inconditionnels de Vincent Delerm ne pouvaient pas manquer son passage à La Rochelle, l’artiste y présentant non seulement un concert live mais aussi une exposition photo baptisée Un été. On y a découvert une autre facette du compositeur, contemplative et complémentaire, comme il confiait récemment aux Francos : “La photo c’est la case manquante, la façon d’exprimer ce que je ne peux pas décrire en chanson”. Côté live, le festival lui offre une place de choix en l’invitant au très beau théâtre de La Coursive.

Grâce à un jeu d’écrans habilement placés derrière et devant la scène, Delerm nous emmène en voyage dans le temps et revisite au piano des classiques de ses précédents disques comme La Natation synchronisée (extrait de Kensington Square, 2004), Martin Parr (Quinze Chansons, 2008) où le public chante en chœur, Hacienda (Amants parallèles, 2013) avant de finir par le faire voter à main levée pour choisir le titre qu’il préfère entendre. Sans grande surprise, c’est Fanny Ardant et moi qui l’emporte haut la main devant Tes parents et les Monologues shakespeariens” : “J’ai bien fait de continuer à écrire après mon premier album”, ironise le chanteur.

Sa voix tout au moins aussi irrésistible que son sens de l’auto-dérision et ses transitions caustiques ont vite fait de nous convaincre. Et de nous décrocher une larme, quand il nous repasse sur écran géant la lettre poignante d’un Léonard Cohen à une Marianne mourante pendant l’intro de son titre From a Room, ou encore quand il projette son album de famille sur Le Garçon (extrait de son nouveau chef-d’œuvre A présent), depuis sa tendre enfance jusqu’à ses débuts de chanteur. Touché !

Lady Sir, duel de belles voix qui brille aux #francos2017 ce soir ; on a adoré compter les étoiles avec eux ✨#ladysir #rachidabrakni #gaetanroussel

A post shared by @apmfmusique on Jul 15, 2017 at 5:55pm PDT

Gaëtan Roussel de retour en duo avec l’actrice Rachida Brakni, dans un duo dépaysant et enivrant : Lady Sir

A peine le temps de se remettre de nos émotions avec Vincent Delerm, et c’est le duo Lady Sir qui illumine à son tour le théâtre de la Coursive en réunissant l’actrice Rachida Brakni et le songwriter Gaëtan Roussel. Inaugurant le show avec Je rêve d’ailleurs, ils nous emmènent en voyage à bord de leur dépaysant premier ouvrage Accidentaly Yours, mêlant arabe, français et anglais. Les jeux de regard, leurs face-à-face, et les anecdotes croustillantes de Rachida révèlent une vraie complicité du duo. On y apprend d’ailleurs que la délicieuse chanson Le temps passe a été composée par un mystérieux “Auguste Raurich”, qui n’est autre qu’Eric Cantona, mari de l’actrice.

Pour pimenter le show (et l’étoffer puisque le disque ne présente que 10 chansons), ils reprennent une version inédite et en arabe de Johnny Guitare, et du fameux Si l’on comptait les étoiles (extrait de Ginger). La nuit se lève, et on en ressort le corps léger et amoureux. Une rencontre à réécouter et revivre en BD.

Merci La Rochelle !!!! C était de la vraie franco folie totale ! ❤️❤️❤️❤️

A post shared by Benjamin Biolay (@benjamin_biolay_) on Jul 17, 2017 at 5:26am PDT

Un festival qui se clôt en beauté avec le show sublime de Benjamin Biolay

Pendant que Renaud s’apprête à faire son retour sur la scène Jean Louis Foulquier, nous on préfère encore marcher à l’ombre et s’enivrer des chansons de Biolay. En pleine tournée pour son dernier disque, Volver (paru au printemps dernier), le Lyonnais se prépare à nous faire vivre un moment de grâce, et suer par la même occasion, à en croire son poignet éponge digne d’un tennisman. Accompagné par une bassiste et un batteur argentins émérites, on se régale en live de son précédent Palermo Hollywood, et on fait machine arrière dans sa discographie pour partir en plein trip BB, de La Garçonnière (Trash Yéyé, 2007) à La Superbe (2009) en passant par une version medley de Miss Miss et du Je pense à toi d’ Amadou & Mariam. Jouissif également sa reprise de Tuyo du brésilien Rodriguo Amarante (et accessoirement thème original de la série Narcos). Benjamin nous délivre un petit solo de trombone, son instrument de cœur et c’est reparti sur le coquinou Encore Encore. Surprise de la soirée, il invite Gaëtan Roussel pour une version improvisée de Help Myself, “révisée pendant les balances en 20 minutes seulement” ! BB continue de faire couler de l’encre sur son auto-tuné et controversé Je prends mon temps et de notre côté, on est bien content qu’il fasse durer le plaisir. Deuxième invitée surprise, Jeanne Cherhal, pour un duo poignant sur Brandt Rhapsodie ou l’amour fou passe à la moulinette du quotidien.

Brandt Rhapsodie version #francos2017 @benjamin_biolay_ et #jeannecherhal

A post shared by Gilles Medioni (@gillesmedioni) on Jul 16, 2017 at 1:26pm PDT

Nos cœurs sèchent doucement sur sa reprise estivale du Jardin d’hiver d’Henri Salvador, avant de repasser nos petits organes à la moulinette sur le barbare A l’origine, pour un nouveau duo formidable rappelant Gaëtan Roussel sur scène. Après ça, on peut plier bagages, se dire adieu ou simplement faire une bonne crise de foie au meilleur bistro de la ville, le Métamec (un conseil, allez-y !). Les Francos 2017 s’achèvent en beauté et on rêve déjà d’une suite !

>> A lire aussi : notre entretien croisé avec les superbes Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni

Les Inrocks - Musique

Festival d’Aix-en-Provence 2017 : un enchantement tempéré

“Carmen”, “The Rake’s Progress”, “Don Giovanni” : partitions mythiques, fulgurances scéniques, voix étincelantes… la 69e édition du festival d’Aix était (presque) parfaite.

Télérama.fr - Musiques

15 biographies de musiciens à glisser dans sa valise cet été

C’est bientôt l’heure de faire sa valise et vous ne savez toujours pas quoi y mettre ? Oubliez votre brosse à dent, votre maillot de bain et même votre chemise fétiche, mais ne passez pas à côté de notre short list des meilleures biographies d’artistes musiciens. Vous pourriez compromettre votre été, que vous ayez prévu de le passer au bord de la plage ou du périph.

The Man Who Led Zeppelin, de Chris Welch
Ou L’incroyable odyssée de Peter Grant, le 5ème homme.
Impossible de décrire l’odyssée fantastique des quatre musiciens anglais sans celle de leur volumineux manager (et ancien catcheur) Peter Grant. Truffée d’anecdotes plus juteuses les unes que les autres, on y plonge dans l’univers impitoyable du rockn’roll business, et on découvre comment ce “cinquième homme” a redéfini les règles du jeu (contrats, merchandising…) du management musical.

Editions Payot & Rivages, 288 pages

Phil Spector, le mur du son de Mick Brown
La folie, l’excentricité et le génie du producteur Phil Spector racontés par un témoin privilégié, dans un livre époustouflant. Le journaliste Mick Brown a interviewé in extremis l’ermite excentrique du rock, le “tycoon of teens”, l’un des mythes les plus éclatants et éclatés de la musique populaire, avant qu’il ne soit jugé et condamné à dix-neuf ans de réclusion. Il a aussi parlé à une centaine de personnes qui ont côtoyé ou aimé Phil Spector, travaillé ou vécu avec lui.Tout est là. Notamment la construction progressive et passionnante du “Mur de son” : 4 guitares, 3 pianos, 15 à 20 musiciens entassés dans un studio vétuste et exigu… S.K.

Editions Sonatine, 650 pages

De Fringues, De Musique et de Mecs de Viv Albertine
L’autobiographie à tombeau ouvert d’une icône punk, féministe et attachante. En un quasi-roman d’aventures, celle qui fut guitariste des Slits et figure emblématique des balbutiements du punk anglais nous entraîne dans le tourbillon des grandes mutations de l’époque. Les anecdotes sont légions. De Clash à Vivienne Westwood, les petites histoires qui ont bâti la grande s’enchaînent. Viv Albertine ne tait rien de son trajet unique et combattant. Exemplaire. J-L.M.

Editions Buchet Chastel, 496 pages

Hellfire, la bio de Jerry Lee Lewis par Nick Tosches
Une immersion dans la vie du Killer Jerry Lee Lewis. L’écriture rythmée et poétique de Tosches retranscrit à merveille l’histoire de ce pionnier du rock’n’roll au jeu sauvage, bad boy amateur de très jeunes filles, d’alcool et de drogues. H. S.
Editions Allia, 240 pages

Girl in a band, de Kim Gordon
Bassiste et chanteuse occasionnelle de Sonic Youth des débuts du groupe en 1981 jusqu’à son arrêt trente ans plus tard, Kim Gordon (née en 1953) garde l’image d’une femme forte et suprêmement cool dans un univers encore essentiellement mâle, et souvent macho. Dans son autobiographie, cette icône indé n’hésite pourtant pas à afficher ses failles et ses doutes, revenant sur la fin tristement banale de son mariage avec Thurston Moore. On retiendra plutôt les chapitres sur son histoire familiale, son frère schizophrène, son adolescence californienne baignée de contre-culture (qu’elle démythifie tout en reconnaissant son pouvoir libérateur), ou son expérience de New York dans les 80’s. Si sa carrière, entre rock bruitiste, mode et art conceptuel, est prestigieuse, elle la raconte ici avec beaucoup de franchise et de recul. V. A.

Editions Le Mot et le Reste, 360 pages

Personne ne sortira d’ici vivant, de Jerry Hopkins et Danny Sugerman
On doit cette première biographie d’importance consacrée à Jim Morrison au journaliste Jerry Hopkins, qui l’avait interviewé peu de temps avant sa mort, et à Danny Sugerman, témoin privilégié de la vie au sein des Doors, qu’il managea après 1971. Son mérite tient à l’accumulation de détails significatifs, notamment sur les premières années de la vie du Lizard King autant qu’à l’attachement à chacune des facettes de Morrison (littéraires, musicales, humaines). Fruit de sept années de travail, il arrache Morrison à son image quelque peu caricaturale de martyr rock et dresse le portrait d’un homme complexe, avide de façonner sa propre légende et finalement dévoré par elle. L.-J. N.

Editions, Robert Laffont, 490 pages

The Dirt, de Neil Strauss et Mötley Crüe
Il y a les romans qui prennent le rock pour décor et les rockeurs pour héros, qui enfilent consciencieusement les poncifs – sexe, drogue, musique, délinquance, amitié, argent, gloire, tourments créatifs, chute et rédemption, blablabla… – et qui tombent presque toujours à plat. Et puis il y a The Dirt, le roman vrai qui dépasse toutes les fictions, l’histoire d’un groupe qui a vécu jusqu’à l’extrême tous les clichés du rock, la vérité qu’on imprime parce que, à côté, la légende ne fait pas le poids. Inutile d’être fan de Mötley Crüe pour être happé par ce récit sidérant, souvent drôle, et qui se descend d’un trait. J.-B. D.
Editions Camion Blanc, 592 pages

Daniel Darc, Une vie de Christian Eudeline
Ecrit par le journaliste rock Christian Eudeline, qui fut un proche de Daniel Darc, et préfacé par Dominique A, Daniel Darc – Une vie n’est pas une biographie au sens strict du terme. Il convient plutôt de l’appréhender comme un témoignage intime, riche en informations et en émotions, sur le chaotique parcours personnel et artistique de l’ange maudit du rock français, mort en 2013 à l’âge de 53 ans seulement – un parcours dont la dimension romanesque est ici rendue avec beaucoup de justesse. J. P.

Editions Ring, 280 pages

Tout Gainsbourg, de Bertrand Dicale
Bertrand Dicale offre un très conséquent panorama du créateur de La Javanaise, en analyse syncrétique du tout-Gainsbourg dans l’époque qu’il a traversée. Ainsi, d’interviews tout sauf convenues (parole donnée à la première épouse du chanteur) à des approches thématiques à foison – qui voient se dresser en parallèle galerie de personnages et catalogue raisonné des oeuvres –, s’éclaire dans la précision analytique mais le respect de l’intime le cheminement singulier d’un praticien émérite du recyclage. Naturellement une monographie de référence. C. L.

Edition Jungle, 1040 pages

Léo Ferré, toujours vivant par Pascal Boniface
Une biographie écrite par un « ferréphile » revendiqué, qui montre à quel point l’œuvre de cet auteur-compositeur-interprète d’exception était en avance sur son temps. Fossoyeur des “bonnes mœurs” de son époque, pionnier de la mise en musique de grands poètes français (Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Aragon…), idole de la jeunesse contestataire et même précurseur du rap et du slam, Léo Ferré, qui aurait eu 101 ans ce 24 août, se révèle ici dans toute sa complexité, et, parfois, ses contradictions. M.D.

Editions La Découverte, 180 pages, 11,99 €


Autobiographies

Just Kids de Patti Smith
Just Kids tient avant tout du roman d’initiation : c’est la Patti arrivée à New York en 1967, après avoir confié son bébé qu’elle a eu trop jeune à une famille d’accueil, qu’elle a choisi de raconter. La genèse de celle qui allait devenir la Patti Smith que l’on connaît. A 70 ans, Patti Smith est restée fidèle à celle qu’elle était quand ses pas croisèrent ceux de Robert Mapplethorpe. Simple et sincère, elle raconte leur vie dans le New York underground des sixties-seventies. N.K.

Editions Folio, 414 pages

My Infamous Life: The Autobiography of Mobb Deep’s Prodigy
On en apprend beaucoup sur les antécédents familiaux du rappeur américain, sur les rues de New York, et plus particulièrement de Queensbridge, mais aussi sur son addiction, son rapport à la mort et sur la cruauté du monde du rap. Son autobiographie permet de se rappeler aussi l’importance et la plume de Prodigy, récemment décédé.  M.D.

Editions Simon & Schuster, 320 pages (en anglais uniquement)

Life de Keith Richards
L’autobiographie de Keith Richards, c’est une invitation dans le laboratoire des Stones et dans une société qu’ils bousculent à mesure qu’ils réinventent la musique et tout un mode de vie. C’est aussi l’existence d’un garçon timide qui a toujours préféré laisser les filles faire le premier pas. Des nuits passées avec Ronnie Spector chez sa mère à Harlem au premier contact physique (une fellation) avec Anita Pallenberg dans une voiture avec chauffeur filant vers le Maroc (pour fuir les flics), des shoots dans les toilettes des avions aux bastons, du concert d’Altamont aux arnaques de managers véreux, Life s’impose comme le “roman vrai” du rock. Et davantage : comme le vrai livre rock que beaucoup ont essayé d’écrire. Tout tient à un style : le parler de Keith Richards. Et à celui qui a su le capter : un ghostwriter, mentionné discrètement en fin de livre. James Fox, un journaliste anglais de la génération des Stones, a passé cinq ans dans la vie de Keith Richards. N.K.

Editions Points, 740 pages

Journal de Kurt Cobain,
Commentateur sarcastique de l’Amérique et
de son propre personnage qu’il met à nu, Kurt
Cobain revit à travers les pages de son Journal. on apprend tout ou presque sur les disques préférés de Kurt Cobain, sur les désastreuses conséquences capillaires de sa découverte du punk-rock (“Je me suis
trimballé pendant une semaine avec la tronche de Rod Stewart”) ou sur la meilleure façon d’entretenir un bus de tournée. S.D.

Editions Poche, 320 pages

Chroniques de Bob Dylan
Longtemps avare de confidences,
Bob Dylan descendit de son piédestal
en 2005 avec Chroniques, premier tome
de ses mémoires. Un vrai cadeau. Ces Chroniques s’offrent comme une série d’autoportraits qui donnent à voir, non le reflet d’un artiste déformé par le malentendu ou l’esprit de revanche, mais au contraire plusieurs images surgies du plus profond de lui-même. Des images dont les angles et les perspectives ont été minutieusement étudiés et choisis, et pas toujours dans un souci de flatter celui qu’elles mettent en scène. Les couleurs résultent d’un mélange fait à base d’éléments autobiographiques d’une invraisemblable clarté, de pigments vifs d’humour et d’autodérision, d’éclats de sincérité, le tout dilué dans une essence poétique qui patine la surface peinte d’une lumière de soleil couchant étalée sur une vie bien remplie. F.D.

Editions Folio, 400 pages

Découvrez plus de livres dans notre Hors Série La Bibliothèque Rock Idéale disponible sur les inRocKs Store.

Les Inrocks - Musique

On a rencontré SZA, la jeune étoile R’n’B signée par Kendrick Lamar

Extrait du clip "Love Galore" en featuring avec Travis Scott

Dix ans avant d’avoir l’honneur d’être l’un des deux featurings du dernier album de Rihanna (l’autre étant Drake), SZA était l’une des seules ados Noires de son lycée du New Jersey. Désormais, la chanteuse R’n’B de 26 ans est l’unique fille signée sur le label de Kendrick Lamar. Et ce n’est qu’un début : la hype n’en finissant pas de grimper depuis la sortie de son excellent premier album Ctlr : Solange Knowles lui fait des big-ups énamourés sur Twitter, Pharrell assure les chœurs d’un de ses morceaux presque incognito, son idole Drew Barrymore apparait dans l’un de ses clips et RZA du Wu-Tang Clan (son autre idole) lui tresse des louanges sur une vidéo promo. On est allé à sa rencontre pour parler de son ascension fulgurante et revenir sur l’un des disques les plus impressionnants sortis cette année.

Tout est en train de changer très vite pour toi avec ce premier album. Dans un morceau, tu dis avoir besoin de te souvenir d’où tu viens : d’où viens-tu ?

SZA – En écrivant ça, je pensais à mes racines, à ceux qui sont connectés à mon passé : ma mère, bien sûr, mais aussi mon petit ami parce qu’il me connait de l’époque où j’étais nulle en classe et où je me faisais virer de tous mes tafs. Ces gens m’aident à garder les pieds sur terre. Ils ont vu ma face la plus moche, la plus sale, la plus défaite, donc ils sont là pour me le rappeler et pour me motiver. Car ils savent de quoi je suis capable, en partant de rien.

Tu as grandi à Maplewood. Une petite ville de New Jersey à majorité blanche. C’était difficile de grandir là-bas, à l’époque du 11 Septembre, en tant que noire et musulmane ?

Oui. Clairement. Mais bon, grandir est difficile en général ! (rires) C’était la fin des années 1990, le début des années 2000. La ville est jolie, chaleureuse, mais j’avais du mal à m’intégrer. Dans tous les domaines qui m’intéressaient, il n’y avait pas de jeunes Noirs. En gymnastique par exemple, dans mon équipe on n’était juste trois Noires sur quarante ! Pareil dans mon quartier, on était l’une des seules familles de couleur sur plusieurs blocks à la ronde. Mais j’avais envie de me lier aux gens, de m’intégrer, d’être comme les autres. C’est malgré tout en endroit que j’aime, j’y suis retournée pour le 4 Juillet [Fête de l’indépendance aux Etats-Unis, ndlr] pour voir ma mère. J’ai d’ailleurs chopé quelques piqûres de moustique (rires).

On entend ta mère sur l’album : elle parle de contrôle – en écho au titre du disque Ctrl – et de la foi comme rempart contre le chaos de l’existence. C’est un texte que tu lui as écrit ?

Non ! Ma mère est si amusante, si j’avais écrit son texte, ça se serait entendu direct. Elle est très éduquée, très consciente de ce qu’elle dit, donc elle aurait trop réfléchi et perdu toute spontanéité. Donc non, on a simplement discuté une heure, et j’ai utilisé la fin de la conversation. Le concept même du disque autour du contrôle ne vient pas directement de ce dialogue, mais il vient de ma mère, c’est sûr : pour elle, c’est un élément central. Elle a besoin de contrôle pour respirer, et elle le sait : son combat est constant. Autant dire qu’à côté d’elle, je suis une sauvage absolue ! Par exemple elle aimerait que je contrôle un peu mieux mon langage…Mais je me retrouve aussi en elle : j’aimerais avoir plus de contrôle sur mon existence.

La difficulté à s’accepter et à trouver sa place sont des thèmes centraux du disque. Pour évoquer ce sentiment de solitude et d’aliénation, tu fais référence aux comédies romantiques de Drew Barrymore des 90s, notamment College Attitude : l’histoire d’une journaliste mal dans sa peau qui retourne au lycée pour un reportage…

J’adore ce film ! Comme le personnage de Drew Barrymore, en faisant ce disque j’ai un peu revécu l’anxiété du lycée, cette fois en tant qu’adulte. Mais c’est quand même bien plus facile et agréable maintenant ! Je ressens moins de peur.

Ta voix semble d’ailleurs plus affirmée, moins noyée sous les effets vaporeux du cloud R’n’B…

J’ai enlevé de la reverb, changé de micro et augmenté le volume. Mon chant est plus nu et direct. Avant je n’osais pas l’exposer ainsi, j’étais embarrassée par le son de ma propre voix. Je cherchais à la cacher. Sur cet album, on s’est réconciliées.

Est-ce que tu aimerais réellement être une “fille normale”, comme tu le chantes sur un morceau ?

Non, car le désir de se fondre dans le décor qui m’obsédait quand j’étais ado s’est dissipé. Mais parfois oui, j’aimerais être moins anxieuse. Quand je fais une crise, ça fait flipper tout le monde ! (rires) Avant les concerts, j’ai des sueurs froides et l’envie de vomir. Quand j’apprécie quelqu’un, ça me bloque, je n’arrive plus à parler normalement. Par exemple lorsque j’ai rencontré Beyoncé, j’ai bugué, je lui ai dit n’importe quoi, c’était embarrassant.

Tu es signée sur le label TDE, au milieu de rappeurs comme Kendrick Lamar ou Schoolboy Q. Tu te sens à l’aise dans cette ambiance virile ?

Sur scène avec eux, j’étais la seule fille ! Mais je me sens à ma place parmi eux. Je porte les mêmes fringues de sport, de toute façon ! Bon OK, aujourd’hui je suis plus féminine [elle est en robe, très apprêtée, ndlr] : mais bon normal, je suis une adulte maintenant ! (rires) Je viens de déménager à Los Angeles, donc je les vois plus souvent. On traîne ensemble, c’est cool, je suis moins nerveuse avec eux.

Dans tes chansons tu n’hésites pas à évoquer tes peurs, voire même tes complexes physiques. Ce qui est assez rare dans le cadre glamour du R’n’B. Ce genre d’honnêteté un peu torturée te rapproche de Frank Ocean…

(Touchée) Merci… Il est incroyable. Je pense souvent à Frank Ocean et à sa musique – probablement trop souvent ! Je me sens très proche de ce qu’il fait.

Tu souffres de phobie sociale. Comment ça se traduit concrètement ?

J’aime l’amour réciproque. Parce que je sais ce que c’est d’être timide, effrayée, rejetée. Donc j’aime renforcer cet amour. Mais en ce qui concerne l’attention, le fait d’être observée, et donc aussi la considération qui va de pair avec la notoriété, j’ai plus de mal à gérer. Je ne sais pas sur quoi cela repose, en fait. Mon esprit part alors un peu en live : qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui se passe ?

Tu as l’air fascinée par Forrest Gump, film que tu évoquais déjà dans ton précédent album en citant une prière de Jenny, et cette fois en comparant la fameuse boîte de chocolats avec le vagin. Tu te reconnais dans ce personnage à la fois plein d’amour et handicapé socialement ?

Je me sens tellement proche de ce film…Et de Forrest oui. En grandissant, je me suis plus identifié à Jenny ! [le grand amour de Forrest, incarné par Robin Wright dans le film de Zemeckis, ndlr]. Ses sentiments multiples et sa dualité me parlent beaucoup.

C’est marrant, Forrest Gump a aussi inspiré un morceau marquant à Frank Ocean…

On a le même rapport au monde, Frank Ocean et moi. Ce qu’il exprime, j’ai l’impression de le ressentir aussi et je le comprends.

Les références au cinéma 90’s abondent chez toi, avec les comédies romantiques de Drew Barrymore, Forrest Gump, mais aussi l’effrayant personnage joué par Kathy Bates dans Misery, qui apparaît avec sa hache dans le clip pourtant sensuel de Love Galore. C’était ton idée ?

Oui, je suis grande fan de Misery. Ce que je préfère dans les films, c’est quand ils agrègent des trucs sombres de manière perturbante, comme dans Rosemary’s Baby ou Misery. Kathy Bates est vraiment inquiétante dans Misery, et on sent qu’elle s’amuse à l’être. En fait ce qui m’intéresse le plus, c’est la juxtaposition. Quand il y a un équilibre entre les ténèbres et la beauté dans les films, quand les côtés obscurs et lumineux se nourrissent l’un l’autre de manière non pas douce et confortable, mais surprenante. Une histoire d’amour toute mignonne et paf, quelqu’un est tué ! (rires)

On retrouve un peu l’équilibre dont tu parles dans ta musique. En particulier dans le morceau Supermodel, où tu révèles à ton ex que tu l’as trompé avec son pote. C’est très violent ! Tu voulais te venger ?

C’est d’autant plus agressif que ce que je dis dans la chanson est authentique ! Il l’a un peu cherché, il m’avait quand même posé un lapin un soir de Saint Valentin… Cela dit, pour moi ce n’est pas une revenge song, car on n’est plus ensemble. Je ne voulais pas le blesser…Et en même temps je voulais qu’il le sache. C’était une manière de revenir dans le passé pour régler ça une bonne fois pour toutes. J’adore dire des trucs horribles sur de la jolie musique ! Ce morceau, on l’a enregistré différemment des autres, sans la base rythmique habituelle : juste une ligne de guitare. Du coup, ça laissait beaucoup d’espace pour ma voix. Dans ce vide qu’il fallait combler, c’était plus facile de laisser libre cours à mes pensées les plus enfouies. J’étais submergée par l’émotion. J’ai écrit Supermodel en même temps que la musique se créait, en improvisant. Freestyle.

Un peu comme Lil Wayne ! Tu écris souvent si rapidement ?

Oui car je fais de l’ADHD [hyperactivité et troubles de l’attention, ndlr] : je pense très vite et j’ai la bougeotte. Donc ralentir pour écrire me pose problème.

Au collège et au lycée, tu étais considérée comme une nerd ?

Oui, j’étais vraiment exclue. J’avais même peur d’être intelligente, car c’était ennuyeux : ça m’excluait encore plus ! J’étais très forte en lettres, en langues, plus tard en philo. J’avais peur de la solitude, et en même temps j’aimais ça.

Comment réagis-tu maintenant face à la célébrité qui arrive ?

Je suis terrifiée.

First time in Europe w a V cool dude #Ctrl #truetoself @brysontiller

A post shared by SZA (@sza) on Jul 10, 2017 at 2:39am PDT

L’album Ctrl est disponible sur Apple Music.

En concert (en première partie de Bryson Tiller) : à Marseille (Le Silo) le 17 octobre, à Paris (Zénith) le 19 octobre, et à Bruxelles (Forest National) le 21.

Les Inrocks - Musique

Accusé de séquestration, R. Kelly tente de se défendre… en postant une photo avec Nelson Mandela

Capture d'écran Youtube du clip "Felling Single" de R. Kelly.

C’est une affaire des plus glauques que Buzzfeed a révélé en début de semaine, le 17 juillet dernier. Selon les sources du journaliste américain Jim DeRogatis, R. Kelly séquestrerait des filles dans des maisons à Chicago et d’Atlanta, où elles seraient considérées et utilisées comme des esclaves sexuelles.

Alors que son avocate a défendu l’innocence de son client, R. Kelly s’est dit perturbé par ces accusations. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a tenté de redorer son image. Sur Twitter, le chanteur américain a partagé une photo de lui aux côté de Nelson Mandela, président de l’Afrique du Sud entre 1994 et 1999, fervent activiste qui s’est battu pour mettre fin à l’Arpatheid dans le pays et figure de paix universelle.

One thing you taught us is how to stand strong in the face of adversity. Happy Birthday #NelsonMandela– Rest in Peace.#LegendsHonorLegends pic.twitter.com/HXfHnBc7FD

— R. Kelly (@rkelly) July 18, 2017

Il accompagne ce post avec la phrase suivante : “Une chose que tu nous as appris c’est de rester fort face à l’adversité. Bon anniversaire Nelson Mandela. Repose en paix.”

Pas sûr que la publication ait eu l’effet escompté : dans les commentaires, les gens pestent et exigent la suppression du cliché. D’autres rappellent l’abjecte affaire dans laquelle il est empêtré depuis lundi.

pic.twitter.com/Xklg61BpUa

— IndianroseQueen (@IndianroseQueen) July 18, 2017

Free the girls Kell's.. Come on man. #Freethegirls R.kelly the greatest freak in the world.

— GummyBearDaddy (@Gummybeardaddy) July 18, 2017

Plusieurs familles de ces jeunes femmes captives sont allées porter plainte à la police bien qu’elles soient toutes majeures et ne peuvent être considérées comme disparues au nom de la loi. Vraisemblablement manipulées par Robert Kelly, ces dernières affirment être heureuses et consentantes, bien qu’elles soient contrôlées dans tous les aspects de leur vie. D’après le journaliste de Buzzfeed qui a enquêté pendant 9 mois sur le chanteur, les filles séquestrées doivent demander l’autorisation pour manger et dormir et se montrer disponibles à n’importe quel moment pour assouvir les désirs du chanteur.

>> A lire : R. Kelly séquestre-t-il des jeunes filles dans des “temples sexuels” ?

Les Inrocks - Musique

U2, 18 juillet a l'Estadi Olimpic de Montjuic, Barcelone, Espagne

Premiere partie : Noel Gallagher's High Flying Birds

Setlist

1 Sunday Bloody Sunday

2 New Year's Day

3 Bad, Heroes (snippet)

4 Pride

5 Where The Streets Have No Name, California (There Is No End To Love) (snippet)

6 I Still Haven't Found What I'm Looking For

7 With Or Without You

8 Bullet The Blue Sky

9 Running To Stand Still

10 Red Hill Mining Town

11 In God's Country

12 Trip Through Your Wires, Spanish Eyes (snippet)

13 One Tree Hill

14 Exit, Eeny, Meeny, Miny, Moe (snippet)

15 Mothers Of The Disappeared with El Pueblo Vencera

Rappel

16 Miss Sarajevo

17 Beautiful Day, Starman (snippet)

18 Elevation

19 Vertigo, Rebel Rebel (snippet)

20 Ultraviolet (Light My Way)

21 One with Hear Us Coming, Lord

22 The Little Things That Give You Away

Commentaires a venir

Prochain concert : samedi 22 juillet au Crke Park de Dublin, Irlande

U2 France

A rift in decorum

Ambrose Akinmusire est sans conteste un des trompettistes sur qui le jazz contemporain peut compter pour rester créatif et surprenant. Doté d'une ample sonorité « beurreuse », Akinmusire (35 ans) explore deux faces de son tempérament : l'introspection et l'effusion lyrique. Le double CD enregistré dans ce lieu mythique qu'est le Village Vanguard, à New York, offre l'espace de deux sets largement diversifiés dans l'inspiration qui commande seize nouvelles compositions du jeune musicien. Le quartet avec piano, contrebasse, batterie, est la formule la plus exigeante pour un trompettiste, elle l'expose dangereusement. De toute évidence, le dialogue principal, Akinmusire le poursuit avec le batteur Justin Brown, son complice depuis des années. Mais le pianiste Sam Harris et le contrebassiste Harish Raghavan lui permettent aussi de se livrer à l'atonalité et à l'exploration de climats harmoniques prenants. A l'occasion, Akinmusire se lance avec témérité dans des solos sans accompagnement. Voici un disque qui suscite constamment l'intérêt et parfois l'émotion. Du jazz épris d'aujourd'hui. — Michel Contat

| 2 CD Blue Note/Universal.

Télérama.fr - Disques

Follow the sun

Certains disques sont vraiment de saison. Cette compilation d'obscurités pop rock australiennes des années 70, par exemple. Un album qui aurait pu passer inaperçu il y a quelques mois mais qui séduit bien plus, même si en douceur, par sa diversité, à l'heure où paraissent des nouveautés des soeurs Haim (clinquant ersatz de Fleetwood Mac) ou de Michael Nau (aussi agréable qu'oubliable). Follow the sun propose une suite de curiosités, au charme flottant mais persistant, qui naviguent de folk en soft rock, abordant parfois les rivages plus audacieux du prog. A la fois décousue et pourtant étonnamment cohérente, la collection s'écoute comme une radio mystérieuse, découverte en se baladant au hasard sur les ondes… Mélodies ouatées, choeurs fruités, arrangements excentriques : ces enregistrements sous influence (Beatles, Pink Floyd, Cat Stevens, etc.) d'artistes qui n'ont même pas percé chez eux à l'époque rappellent à quel point l'Australie était si proche, même si aux antipodes, de l'Angleterre pop et créative de la fin des sixties. Une anthologie de fonds de tiroir, mineure mais réjouissante. — Hugo Cassavetti

| 1 CD Anthology/Mexican Summer.

Télérama.fr - Disques

Versus

En musique, comme en amour, méfions-nous du processus de cristallisation. On avait tant aimé le concert unique, en 2008, à la Cité de la musique de Paris, du maître de la techno de Détroit, Carl Craig, en compagnie de l'orchestre symphonique Les siècles, qu'on lui attribue certainement de nouvelles perfections… La prolongation discographique de cette rencontre aura demandé dix ans, au terme de nombreuses et épineuses séances de studio, pour un résultat qui ne séduit qu'à moitié. Fan de Bernard Szajner et de la musique expérimentale et synthétique des années 1970, Craig multiplie les virgules, au synthétiseur, qui cassent la dynamique de l'album. Il fait aussi un détour par l'ambient-jazz, sur Barcelona trist, au spleen maîtrisé mais un peu vain. On est bien davantage séduit par la réorchestration, résolument baroque, pour cuivres tempétueux et violons célestes, de ses hits pour dancefloors (Darkness, Sandstorms et surtout Technology) qui prennent ici une ampleur nouvelle. Ces titres, tout en allant et en rebondissements, cousinent avec les meilleures BO réalisées autrefois par Jerry Fielding pour le cinéaste Sam Peckinpah. Toujours les années 1970, on n'en sort pas… — Erwan Perron

| 1 CD InFiné/Planet E.

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Juillet 2017
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