Actu musique

14 juillet 2017

RTV 95.7 Podcast : Zombi Radio

Un feu d'artifice musical pour la dernière de la saison avec Suicidal Tendencies, Valley of the Sun, Myrkur pour l'international. Lion's Law, Sidilarsen pour le national et les havrais de Sounds Against Vultures.

S'abonner gratuitement

“The Underside of Power”, le retour en force d’Algiers

Ne pas forcément se fier au titre d’ouverture, Walk Like a Panther, dont les pas résonnent comme à l’intérieur de la scierie flippante de Twin Peaks, un entêtant gimmick à la John Carpenter en fond sonore, des promesses de coups au cœur à chaque détour de couplet. Pour le successeur de Algiers (2015), le trio power-sonique du charismatique Franklin James Fisher a intégré le batteur Matt Tong (Bloc Party) et remis son destin entre les pattes savantes d’Adrian Utley (Portishead), lequel s’est visiblement attaché à révéler encore plus l’âme soul de ses hôtes. Cry of the Martyrs et The Underside of Power sonnent ainsi comme d’authentiques morceaux Stax, remués dans un shaker avec des bris de verre mais gardant leur forme assez classique malgré les secousses.

Au milieu du disque, on aura même droit à une ballade au piano (Mme Rieux, rien à voir avec André) zébrée de guitares morriconiennes, qui dévoile un Fisher plus crooner que hurleur, la gorge enfin apaisée malgré les sabres que tente d’y faire passer Utley.

La réalisation de ce disque restera sans doute dans plusieurs décennies un témoignage précieux des confusions esthétiques de notre époque, mêlant références vintage (Suicide, The Pop Group) et emprunts sur le vif au grime, avec un léger parfum des productions Bristol 90 qui persiste et des sons anxiogènes un peu partout.

Si Fisher reste un rageux, et les sujets ne manquent pas (Trump, Black Lives Matter évoqué sur Cleveland, les relents d’apocalypse mis en scène sur le final The Cycle/The Spiral…), Algiers n’est pas une simple caisse de résonnance de la fureur environnante, ni un instrument de combat social pour tribuns simplistes. C’est avant tout un groupe en recherche d’une forme de beauté sous les décombres, et qui trouve dans la convulsion (Death March) ou la radicalité primitive (Animals) une pulsation vitale pour y parvenir.

Souvent impressionnant, The Underside of Power est l’équivalent contemporain (et américain) des premiers Tricky, avec cette artère d’effroi qui palpite vers un gros cerveau en pleine ébullition. Un peu trop puissant, sans doute, pour une époque où les albums ne s’écoutent plus en profondeur.

Les Inrocks - Musique

“Marimba del Pacifico”, le voyage musical de Rio Mira

Le long de la côte Pacifique, entre la Colombie et l’Equateur, on peut tomber sur de la musique marimba, une tradition classée depuis deux ans au patrimoine de l’humanité par l’Unesco. C’est bien, ces classements. Ça permet de revitaliser des musiques qui le méritent. Ainsi, le groupe Rio Mira s’est formé autour de pointures locales pour célébrer le vibraphone en bois de palmier et tubes de bambous nommé marimba.

La formation est nouvelle et l’enregistrement récent, mais on croit cependant entendre d’anciennes légendes portées par le vent, venues de l’océan et même d’Afrique (d’où est originaire l’instrument). Basé sur le doux clapotis mélodique des marimbas, quelques percussions qui chaloupent, du chant et beaucoup de sentiments doux-amers, ce disque est un enchantement de musique à danser pieds-nus sur la terre sèche, en attendant les premières gouttes de pluie.

Les Inrocks - Musique

Salut C’est Cool reprend l’opéra “Les Indes Galantes” dans un nouvel album

Deux ans après Sur le thème des grandes découvertes, leur dernier album paru chez Barclay, les mecs de Salut C’Est Cool reviennent en indé avec Les Indes galantes, nouveau chapitre d’une discographie déjà bien foisonnante (l’ensemble est à écouter librement sur salutcestcool.com). Ils le publient avec un film d’une quarantaine de minutes réalisé en collab avec Martin Carolo et mis à disposition sur YouTube, tout simplement. On y retrouve toute la poésie DIY de la petite bande, le tout entrecoupé de nouveaux morceaux tantôt minimaux (Papillon inconstant, Fuyez, Plaisirs et jeux…), tantôt plus festifs (La Fête des fleurs ; Attendez ; L’Or, le soleil…). Et malgré l’exercice, le son et l’imagerie Salut C’Est Cool sont toujours au rendez-vous – imaginez un peu le décalage avec l’œuvre originelle.

Parce que oui, le titre, Les Indes galantes, est bien une référence directe à l’opéra de Jean-Philippe Rameau, datant de 1735. Cette adaptation très libre avait été présentée en février au Centre Pompidou à l’occasion des 40 ans du lieu, comme un signe d’ouverture face à un univers et une esthétique qui en laissent encore beaucoup de côté. Le résultat – opéra, album visuel, gros clip, moyen métrage ? – est désormais dispo comme à l’ancienne, quand Salut C’est Cool postait sauvagement ses morceaux et ses clips sur YouTube, sans label derrière et sans récolter d’articles élogieux dans les Cahiers du cinéma. Les choses ont bien changé autour de Salut C’Est Cool, c’est clair. Mais à écouter/voir Les Indes galantes, eux sont visiblement toujours les mêmes. Et c’est bien l’essentiel.

Les Inrocks - Musique

Jefre Cantu-Ledesma fascine un peu plus avec l’album “On the Echoing Green”

Figure totémique et prolifique de la musique drone, Jefre Cantu-Ledesma signe ici son album le plus accessible. Moins alangui que ses échappées ambient (The Garden of Forking Paths), moins énervé que ses déflagrations noise (A Year with 13 Moons), On the Echoing Green précise la veine de l’ep In Summer. D’été, il est aussi question dans A Song of Summer, dix minutes qui donnent le ton d’ensemble après une courte ouverture aux semelles de plomb. De cette lourdeur on passe à la moiteur puis à la légèreté : un nuage électrique flotte dans un ciel bleu intense, promettant une pluie d’orage dessinée par une guitare évanescente – qui est la star ici.

C’est la surprise de ce disque, qui sonne comme un Garden of Delete (chef-d’œuvre de Oneohtrix Point Never) qui aurait troqué son carburant indus/grunge pour des réminiscences shoegaze et dream-pop. Le tube impressionniste The Faun réveille My Bloody Valentine ; ailleurs, c’est avec le Tim Hecker épanoui de Love Streams que Jefre Cantu-Ledesma dialogue. Et sur des cimes comme le bien-nommé Tenderness ou un Vulgar Latin au génie tordu, le disque ne ressemble à rien d’autre qu’à la somme apaisée d’un artiste majeur.

Les Inrocks - Musique

“Flip”, les débuts impressionnants de Lomepal

Un rappeur grimé en femme ? C’est une chose qu’on aurait cru impossible il y a quelque temps. Sauf que nous sommes en 2017, et que les codes du genre sont brisés un à un. On le sait certes depuis un moment, mais Lomepal le démontre encore une fois avec Flip. Ici, les rimes se remuent en saccade, dans une ambiance aussi avachie qu’un dernier joint en fin de soirée. La buée coule sur les vitres, les gens dansent vaguement sur des prods moites, électroniques, souvent pop et mélancoliques à l’envi.

Qu’il soit révolté ou amoureux, celui qui se décrit comme “un connard et un mec bien dans le même corps” dresse le portrait d’une certaine génération, blasée mais désireuse de vivre sans en avoir les moyens. Et puis, se trouve ici une volée de superbes titres, avec notamment un ego-trip souffrant sur Avion, un hymne à la rupture sur Yeux disent et une conclusion tragique dans Sur le sol. Entre autres hymnes à l’hédonisme triste.

Les Inrocks - Musique

“All This I Do for Glory”, la leçon de liberté de Colin Stetson

C’est indéniable : Colin Stetson ne ressemble pas à ses albums. En interview, l’Américain exsude une force tranquille qui inspire d’emblée le calme et la confiance, quand sa musique déploie au contraire des intentions stylistiques complexes, des arrangements sophistiqués et tout un tas d’instruments maltraités, qui emportent ailleurs, vers les coins les plus crânes du free-jazz et du drone. Du moins, lorsqu’il évolue sous son propre nom, tant Colin Stetson sait aussi se faire discret, presque sage, lorsqu’il pose son saxophone sur les mélodies des autres (Arcade Fire, Lou Reed, Animal Collective…).

En solo, c’est une tout autre histoire, et All This I Do for Glory le prouve dès la première écoute : on y retrouve son goût pour les climats sonores protéiformes, sa volonté de presque tout réaliser sans backing-band, son incroyable technique, mais aussi, et c’est là le principal intérêt de ce disque, une ouverture vers la techno la plus pointue. Il y a ainsi fort à parier que In the Clinches ou Spindrift percent cœurs et oreilles des fans d’Aphex Twin et Tim Hecker avec cette façon de mettre en forme un véritable magma sonore qui, en dépit d’un certain atonalisme, respire en toute liberté.

Les Inrocks - Musique

Tshegue : du sang neuf pour l'afropunk

Imprégnés de courants musicaux multiples, la chanteuse Faty Sy Savanet et son partenaire Nicolas Dacunha produisent une transe impétueuse et hypnotique.

Télérama.fr - Musiques

« Les dernières news

Juillet 2017
LMMJVSD