Actu musique

12 juillet 2017

Connaissez-vous Prince Ringard, l'improbable “punk à chats” ?

Un bal antinational et libertaire pour célébrer le 14 juillet ? Prince Ringard, le vieil anar préféré des punks, en sera bien sûr ! Itinéraire turbulent d'un chanteur révolté, qui à 71 ans, ne décolère toujours pas.

Télérama.fr - Musiques

LCD Soundsystem s’est reformé grâce… à David Bowie

Capture d'écran du concert au Lollapalooza de LCD Soundsystem et du clip de "Blackstar" de David Bowie.

Les nostalgiques s’en souviennent encore : en 2011, LCD Soundsystem faisait ses adieux à son public à New York lors d’un ultime concert, enregistré puis sorti sous forme d’album live en 2014 et intégré au documentaire Shut Up And Play The Hits en 2012.

Mais quelques années plus tard, James Murphy change d’avis, rappelle ses anciens compagnons et tous décident de reformer le groupe. En 2015, ils étaient déjà repartis sur les routes, à enchaîner les concerts et les tournées. Ce miracle, on le doit en partie à David Bowie. Encore vivant à l’époque, le père de Ziggy Stardust a eu un échange avec James Murphy qui a probablement changé l’histoire. En interview sur BBC 6, le frontman de LCD Soundsystem raconte :

“J’ai passé beaucoup de temps avec David Bowie, et j’étais en train de parler de reformer le groupe. Il m’a demandé : ‘Est-ce que ça te met mal à l’aise ?’ j’ai répondu : ‘oui’. Et il a dit : “Bien. C’est une bonne chose que ça te mette mal à l’aise. C’est bon signe.“

Une discussion encourageante

James Murphy explique ensuite ne pas avoir tout de suite compris ce que voulait exprimer l’artiste anglais. Toujours au micro de BBC 6, il se souvient :

“La première chose qui m’est venue à l’esprit c’est : ‘Mais qu’est-ce que tu en sais ? Tu ignores ce que ça fait de se sentir mal à l’aise.’ J’imaginais que si j’avais été à la place de David Bowie, je me baladerais en faisant des doigts à tout le monde…”

Puis il conclut :

“Il y a littéralement une ou deux personnes dans le monde à qui on ne peut rien reprocher. Mais ce n’était pas comme ça qu’il était dans sa vie, il a tout fait pour se mettre mal à l’aise. Il m’a donné l’impression genre : ‘je ne sais pas ce que je suis pour les autres’“.

Sans ses quelques mots, LCD Soundsytem ne serait pas en train de préparer la sortie de son nouvel album, American Dream, prévu pour le 1er septembre prochain ainsi qu’une tournée dont un passage en France les 13 et 14 septembre 2017, à l’Olympia à Paris.

Les Inrocks - musique

“Erismena”, une perle baroque qui charme l'oreille

Retransmis en direct ce mercredi 12 juillet depuis le Festival d'Aix-en-Provence par Culturebox et France Musique, “Erismena” peut déconcerter par son austérité scénique, heureusement compensée par une réalisation musicale euphorisante. Dernier compte-rendu 2017… et premier aperçu de l’édition 2018.

Télérama.fr - Musiques

La vidéo flippante de Radiohead pour la réédition anniversaire de “OK Computer”

Capture d'écran de la vidéo de Cheftan Mews sur le compte Twitter de Radiohead.

Le mythique album de Radiohead Ok Computer fête son vingtième anniversaire en 2017. Pour l’occasion, une réédition du disque, OKNOTOK est sortie le 23 juin dernier, avec une édition deluxe constituée d’un coffret et de multiples objets inédits qui agrémenteront la collection des fans. Parmi eux, une cassette, deux vinyles, trois livres remplis de photos, de dessins, d’artwork et autres merveilles.

Pour présenter le contenu de ce coffret exclusif, Radiohead a mis en ligne une vidéo sur ses réseaux sociaux totalement malsaine. On découvre le personnage de Chieftan Mews, sorte d’humanoïde un peu monstrueux difforme qui rappelle Elephant Man, en train d’ouvrir la boîte et de montrer à la caméra les différents éléments qui la composent. Sur un ton monocorde il assure “être figé d’excitation”. Sa voix déformée, la mauvaise qualité de la vidéo et la musique en fond suffisent à créer une atmosphère troublante, voire inquiétante.

The OKNOTOK boxed edition is now shipping from https://t.co/e7609mML8X

Chieftan Mews has already got his, and is unboxing just for you: pic.twitter.com/hJEpzuvL8C

— Radiohead (@radiohead) July 11, 2017

Ce court clip semble se moquer des vidéos d’unboxing qui pullulent sur Youtube, où des internautes passent plusieurs minutes à ouvrir des cartons et à en décrire le contenu dans toutes sortes de domaines, du maquillage aux armes à feu.

Qui est Chieftan Mews ?

Les plus grands adorateurs de Radiohead auront sûrement reconnu ce drôle d’individu au crâne long et proéminent. Il s’agit de Chieftan Mews, personnage récurrent dans l’univers de la bande de Thom Yorke. Il apparaît notamment dans le DVD de courts métrages The Most Gigantic Lying Mouth Of All Time paru en 2004. Il introduit la série de mini-films et la conclut avec une reprise de No Surprises assez désastreuse.

Radiohead a toujours laissé plané le doute autour de la genèse de Chieftan Mews. Selon la théorie la plus probable, il aurait été inventé par l’ingé son, producteur et sixième membre du groupe d’Oxford, Nigel Godrich. On prétend aussi qu’il pourrait s’agir de Nigel lui-même.

Une autre hypothèse, relayée par des blogs de fans, affirme qu’il s’agirait d’une véritable personne, et que Radiohead l’aurait appelée à des fins artistiques. D’après plusieurs utilisateurs de Reddit, Stanley Donwood, fidèle graphiste de la bande, parlerait de Chieftan Mews comme d’un être réel. En interview, il aurait d’ailleurs mentionné son compte Twitter, suivi aujourd’hui par plus de 5 000 abonnés. Même après trente ans de carrière, Radiohead cultive encore et toujours son mystère à force d’énigmes et e coups de communication bien ficelés.

Les Inrocks - musique

Aphex Twin signe un nouveau morceau en featuring avec son fils

Capture d'écran du clip "CIRKLON3"

En collaboration avec la marque de matériel musical Korg, Aphex Twin a su honorer la fin de son contrat d’une bien belle manière. En sortant le morceau Korg Funk 5, le musicien le plus déjanté de l’électronique met à la fois en avant la marque, mais aussi… la voix de son fils, samplée pour l’occasion !

Pour les plus férus du travail de l’artiste, vous pourrez bientôt (en janvier prochain) acquérir une version limitée du célèbre synthétiseur Monologue de Korg, contenant des présets (sorte de réglages prédéfinis) développés par Aphex Twin lui-même. Il est déjà temps de commencer à économiser.

Les Inrocks - musique

“Gangnam Style” détrônée, découvrez la nouvelle vidéo Youtube la plus populaire

Extrait du clip de PSY "Gangnam Style"

Cinq ans après sa sortie, le vidéo clip Gangnam Style du coréen PSY vient d’être enfin détrôné et de perdre son record de vues sur Youtube. A l’époque, le clip avait été le premier à atteindre le milliard de vues, et il avait continué son ascension tranquillement, caracolant aujourd’hui à presque 2.9 milliards. Mais il faut croire que ça ne suffit pas, puisque le clip See You Again du rappeur américain Wiz Khalifa’s (en featuring avec Charlie Puth) vient de décrocher un nouveau record historique.

Hommage à l’acteur décédé de Fast & Furious, Paul Walker, cette vidéo est également tirée de la B.O. du septième épisode de la saga de bagnoles furieuses. Wiz a publié à cette occasion, un message sur son compte twitter précisant qu’il n’aurait jamais imaginé dépasser les 10 000 vues. Record largement battu donc…

For the record, I joined @YouTube in 2007 hoping to make a video that would reach 10,000 views. Just heard about See You Again…wow.

— Charlie Puth (@charlieputh) July 11, 2017

Youtube obligé de revoir son compteur de vues

Et on peut dire que ces deux vidéos virales ont donné du fil à retordre à Youtube… obligé de revoir son algorithme de comptage. Si auparavant la plateforme de streaming ne pouvait enregistrer que  2 147 483 647 par vidéo, grâce à un compilateur 64 bits (ok c’est du chinois pour nous aussi), vous pourrez désormais le visionner jusqu’à 9 quillions de fois (un milliard de trilliards, vous suivez ?)! Alors ne vous privez pas de réviser vos petits pas de danse sur la fameuse danse Gangnam.

Les Inrocks - musique

“The Joshua Tree”, ou comment U2 a mis l’Amérique à genoux

Anton Corbijn réalise en 1987 l’ensemble des photos de l’album. De gauche à droite : Larry Mullen (batterie), Adam Clayton (basse), The Edge (guitares) et Bono (chant).

Je ne m’y attendais pas. J’ai ressorti le vieux vinyle de The Joshua Tree, pieusement conservé depuis 1987. Je l’ai posé sur ma platine et écouté dans l’ordre. Une chanson qui s’était presque complètement effacée de ma mémoire m’a fait sursauter : Exit, l’avant-dernière de la seconde face. C’est surprenant, on y entend Bono s’appliquer à chanter comme Nick Cave (même si Brian Eno, par une étrange lubie de producteur, semble l’avoir enfermé dans un placard).

The First Born Is Dead, le deuxième album de Nick Cave & The Bad Seeds, était sorti peu de temps avant. Des chansons comme Wanted Man ou Train Long Suffering, dans lesquelles on entendait l’Australien cracher des flammes, avaient sidéré Bono, alors un jeune homme impressionnable de 25 ans. Cette évocation du “Sud profond” américain et son cortège de prêcheurs en convulsions et d’assassins hantés par leur damnation l’avait profondément marqué.

Une tournée au cœur de l’Amérique profonde

Sur scène, en interprétant Exit, il se glisserait dans la peau du personnage de Robert Mitchum dans La Nuit du chasseur : les lettres “L O V E” écrites sur les doigts d’une main et “H A T E” sur ceux de l’autre, deux visions de l’Amérique dressées l’une contre l’autre, deux forces entraînées dans un combat à mort.

Bono et ses camarades de U2 entretenaient déjà, au milieu des années 1980, un rapport très concret avec une certaine “Amérique profonde”. Contrairement à des groupes bien plus cool qu’eux, comme The Clash, ils ne s’étaient pas contentés de donner des concerts dans ces grandes villes ouvertes au rock alternatif venu d’Europe qu’étaient New York, Chicago, San Francisco et Los Angeles.

Le courage physique de Bono lui avait valu le respect d’un public dont la sympathie était tout sauf acquise

Leur caravane s’était arrêtée dans des villes moyennes où l’on accueillait plutôt les musiciens européens postpunk avec du goudron et des plumes. Echo And The Bunnymen, le groupe auquel la presse londonienne comparait toujours U2, au désavantage des Irlandais – au point d’ailleurs que, dans une chanson comme One Tree Hill, Bono, complexé, cherche à singer les inflexions de Ian McCulloch –, ne s’y serait jamais aventuré. U2 s’en était plutôt bien tiré. (suite…)

Les Inrocks - musique

3-D The Catalogue

Quarante ans après la publication de Trans-Europe Express, suite électronique tendue de plomb qui va subjuguer, jusqu'à la nuit des temps, les jeunes sorciers de la musique techno, Kraftwerk soigne son héritage et publie son anthologie en sons et lumières. Huit disques et huit Blu-ray revisitent la discographie du groupe allemand de Ralf Hütter (dernier représentant de la formation originelle) telle que celui-ci l'a interprétée, album après album, de 2012 à 2016 dans toutes les capitales du monde. Fidèles à sa mécanique minimaliste, Kraftwerk s'est choisi un titre court qui en dit long — 3-D The Catalogue —, quelques syllabes qui claquent à l'unisson sous toutes les latitudes et proclament la singularité d'un groupe détaché de la galaxie pop et de ses règles les plus ordinaires. Ce catalogue en trois dimensions est celui d'une « exposition » qui a fait le tour du monde, du musée d'Art moderne de New York à la Tate Gallery de Londres. Alors que leurs pairs se démènent pour remplir les stades, Kraftwerk se produit aujourd'hui dans les hauts lieux de l'art contemporain pour quelques centaines de personnes. A l'heure même où les places ont été mises en vente à New York, le système informatique du Moma a sauté sous la pression de la ­demande et les billets s'échangeaient à prix d'or sur les trottoirs de la 53e Rue. Partout où ils passent, l'excitation est phénoménale. Le public est en feu, mais on ne l'entend pas sur les disques, on ne le voit pas sur les DVD, il est comme aspiré, pulvérisé dans les limbes. Kraftwerk ne met pas en scène son succès, mais la force sidérante de sa musique, la pureté de ses lignes, la plasticité et l'élasticité de sons qu'il ­affine et recompose soir après soir, une matière vivante et sensible, une multitude de terminaisons nerveuses qui n'en finissent plus de se déployer sous les néons.

« A l'exception des Beatles, aucun groupe n'a eu autant d'influence que Kraftwerk sur la musique moderne », s'enflammait le Guardian à l'heure des concerts londoniens. De David Bowie à Depeche Mode, en passant par Afrika Bambaataa, Carl Craig et toutes les écoles de la techno, plusieurs décennies de jeunes chercheurs ont été alimentées par leur pop synthétique, où l'homme s'efface derrière la machine (« nous sommes programmés pour jouer ce que vous désirez »). Le courant circule dans les deux sens. Le Kraftwerk qu'on entend et voit jouer sur The Catalogue, silhouettes raides de Néoprène soudées à leur ordinateur, est ouvert aux sonorités du nouveau monde de la musique électronique et les frotte à la sienne jusqu'à ce que la greffe opère. Tous leurs classiques sont traversés d'un souffle que leur inspire l'éternelle reprogrammation des machines. Les crépitements de Radio-Activity et les vagues profondes de sa mélancolie sont balayés par le modernisme d'ondes sonores portant l'angoisse de Tchernobyl ou de Fuku­shima. Trans-Europe Express carbure à plein régime sur des basses pneumatiques, son chant synthétique d'une Europe ouverte et cosmopolite traverse des zones de ténèbres où les rythmes s'ossifient et se chargent d'une tension anxiogène. Le son est une créature sans visage, une masse ondoyante qui cerne l'auditeur, l'enveloppe, le presse et le tourmente, sortilège d'une spatialisation futuriste mise au point avec une armée de sous-traitants en haute technologie. Lors des concerts, les images conçues et projetées par le groupe (visibles sur Blu-ray en 3D si vous êtes équipés) contribuent à l'effet de sidération qui confine à la transe.

A l'entame du xxie siècle, Kraftwerk, qui chantait l'amour en ligne (Computer Love) avant l'apparition d'Internet, se trouve à sa place dans les musées. Leur sens de la performance, leur déploiement multimédia et leur art du commerce les rapprochent plus d'Andy Warhol que de leurs contemporains de la scène pop, dont ils se sont toujours tenus à l'écart, déclinant toute proposition de collaboration, y compris celle de Michael Jackson. La stratégie du secret cultivée par les stars d'aujourd'hui dans un paysage saturé de célébrités, ils l'ont développée dès leurs débuts, reclus dans leur studio, évitant les interviews, ne répondant à aucun courrier, diffusant eux-mêmes les images et les informations, orchestrant leur absence jusqu'à aujourd'hui, où personne sur les réseaux sociaux ne saurait les trouver, encore moins les reconnaître.

Dans l'Allemagne des années 60, encore marquée par la dévastation et la culpabilité du nazisme, ils se sont inventé une place à mi-chemin du rock et de l'art contemporain. Par nécessité autant que par envie. Il n'y avait pas de culture rock en Allemagne, encore moins d'industrie, tout était à inventer. « Nous n'avions même pas un endroit pour jouer, racontait Ralf Hütter, alors nous avons infiltré le monde des galeries et nous avons appris à tout développer, la musique comme les films, le dessin, jusqu'à la conception même des haut-parleurs. » La musique de Kraftwerk a été décrite comme le folk de l'ère industrielle, l'épopée d'un quotidien où les passions de l'homme approchent les vertiges de l'intelligence artificielle, et, comme les chansons qui traversent les époques, cette musique n'en finit ­jamais de renaître. — Laurent Rigoulet

| Edition Deluxe, 4 Blu-ray + livre. Coffret 8 CD ou 9 vinyles. Version digest en 2 CD ou 2 vinyles. Parlophone.


Un festival de Can

Six mois après la disparition, à 78 ans, de leur fantastique batteur, Jaki Liebezeit, paraît une compilation des 45 tours de Can, l'autre légendaire groupe allemand qui fit les belles heures du krautrock des années 70. C'est presque un disque contre nature. Can était un groupe taillé pour les faces de 33 tours. A leur grande époque, leur musique était difficilement réductible aux trois minutes réglementaires pour passer à la radio. Ces Allemands de Cologne, disciples de Stockhausen et des aventuriers du free jazz, étaient surtout connus pour des expériences qui flirtaient avec les limites, des concerts où les morceaux s'étiraient d'un motif rythmique martelé jusqu'à la crise de nerfs, et des chanteurs qui basculaient dans la folie. Pourtant, ils étaient aussi capables de composer des mini-tubes imparables, comme l'inoubliable Vitamin C.

The Singles, 1 CD Mute/PIAS 4F.

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Crève-silence

On l'a connu plus fantasque, misant sur son air de Pierrot lunaire et son humour pince-sans-rire pour faire passer ses sentiments doux-amers. Puis le temps a passé et l'ironie aussi. Quinze ans après ses débuts, Nicolas Jules, artisan appliqué d'une chanson souvent décalée, revient plus caverneux, centré, profond, inquiétant. Rock et incisif (Bestioles), sombre et sans illusion (Fusil à bouchon), interrogatif et quasi battu d'avance (Joconde), dégainant une belle voix grave et une écriture en suspension, mettant les mots, parfois les notes, en équilibre précaire. Il ménage ses effets et ses souffles, crée une petite dose de suspense, une once de dramaturgie. Et a le mérite de sortir des chansons toutes tracées. La densité de l'univers n'est pas sans rappeler celui d'un Nick Cave. Ses aspects terriens, plantés, lui confèrent une solidité nouvelle. Quant à la chaleur des arrangements, des percussions, des cordes ou des ­orgues, elle l'éloigne de ce son néo-­eighties tellement en vogue ces temps-ci. Plus charnu. — Valérie Lehoux

| 1 CD L'Autre Distribution.

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Banzeiro

Il faut se méfier des petites mamies venues des tropiques : elles vous endorment, telle l'adorable Trinidadienne Calypso Rose ou la sulfureuse Brésilienne Elza Soares, avec leur voix cabossée, éreintée par mille vies, pour mieux vous aguicher avec leur fronde canaille et leurs textes coquins. A 79 ans, Dona Onete, la dame de Belem, au nord du Brésil, ne fait pas autre chose quand elle évoque des plaisirs indécents, les performances d'un ancien amant ou même le goût salé des baisers dans les eaux poissonneuses… A peine arrivée sur le devant de la scène (elle a sorti son premier album, Feitiço Caboclo, en 2014), voilà donc l'ancienne prof d'histoire de retour, plus ragaillardie que jamais par ce folklore métis qui a fait sa réputation sur les rives du fleuve Amazone. Passé le premier titre, un peu clinquant, elle claironne son plaisir de vivre et ses mots hardis sur des morceaux entêtants, martelés par un saxophone fanfaron, des flûtes indiennes et une batterie binaire qui ne fait pas dans la dentelle, mais donne le rythme frénétique de cette musique de guinche. La fête est populaire et ­savoureuse. — Anne Berthod

| 1 CD Mais Um Discos/Differ-Ant.

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B-Sides + Rarities

En treize ans d'existence et six albums, Beach House a imposé et peaufiné un son unique, qui en fait un groupe pop à part, souvent imité, jamais égalé dans son style à la fois brumeux et tranchant, puissant et langoureux. Le duo de Baltimore n'est pourtant pas réputé pour ses tubes. Faute de best of, voici donc des faces B et autres morceaux laissés dans les coins d'une discographie par ailleurs impeccable. « Ces quatorze titres sont tout ce qu'on a enregistré et qui ne figurait sur aucun ­album », annoncent Victoria Legrand et Alex Scally avec ce mélange d'aplomb et de candeur qui les caractérise.

La chronologie n'étant pas ­respectée, on peut s'amuser à deviner de quelle période vient celui-ci, à quel album a échappé celui-là. Peu de ­révélations fulgurantes au premier abord, mais cette collection disparate agit bizarrement comme une totalité, dont le charme se diffuse au fil des écoutes. La quasi démo (Rain in numbers sonne comme Radiohead dans un placard) côtoie la plénitude (les ­solaires The Arrangement ou Equal mind, respectivement éclipsés des grandioses Teen Dream et Bloom). ­Au-delà des plaisirs ici glanés en bonus, cette anthologie de l'obscur pourrait marquer la fin d'un cycle pour Beach House, dont on n'oublie pas que la créativité en surchauffe avait produit deux albums consécutifs en 2015. Chant du cygne ou rechargement de batterie ? — François Gorin

| 1 CD Bella Union.

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