Actu musique

11 juillet 2017

Le beau bordel du Peacock Festival en 35 photos

Tommy Genesis sur scène (et sur une moto) © Maxime Retailleau

On a aussi pris des photos du live de Tommy Genesis, de loin le meilleur de tout le festival Peacock. Parce qu’il était seulement 23h30 et que peu de personnes étaient encore arrivées au Parc Floral de Paris, elle n’a pas rappé sur scène mais au milieu d’une soixantaine de privilégiés, dansant avec eux avant d’aller leur faire des accolades ou même de leur claquer la bise en partant.

Retour en image sur les deux soirées, du 7 et 8 juillet :

© Maxime Retailleau

L’homme plante © Maxime Retailleau

Jésus regardant au loin © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

Raheem Experience (de gauche à droite, LB aka Labat, Mad Rey, Neue Grafik) © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

“- Quand tu te couches, tu mets ta barbe au-dessus ou en dessous de ta couette ? Réponse – Je ne sais pas trop, la nuit ma barbe vit sa vie.” © Maxime Retailleau

Grosse contre-soirée © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

La productrice Jlin en backstage © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

La scène des Fils de Vénus, avec OKO DJ aux platines © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

Le sosie de Gucci Mane (sans cône de glace tatoué sur la joue) © Maxime Retailleau

© Maxime Retailleau

Photos de Nicolas Bellet alias Monsieurtok :

Un stratège de la gruge © Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

L’homme plante, le retour © Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

Une thug © Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

La mœuf la plus prévoyante de la soirée © Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

© Nicolas Bellet alias Monsieurtok

(suite…)

Les Inrocks - musique

Au festival gnaoua d’Essaouira, les femmes s’en mêlent

Asma Hamzaoui et Bnat Timbouktou (© Karim Tibari)

A défaut de nous réserver des surprises (avec en têtes d’affiche Lucky Peterson et Carlinhos Brown, on frôla même le non-événement absolu) la 20e édition du festival d’Essaouira nous a offert une petite révolution. Et comme toute révolution est précédée de signes avant-coureurs, c’est d’abord le passage de la Franco-Marocaine Hindi Zara au Bastion, puis la présence d’une femme dans la troupe du Maâlem Abdlekebir Merchane en concert d’ouverture le jeudi 29 Juin place Moulay-Hassan, qui a donné l’alerte.

Bien que l’on ne puisse considérer la chose comme inédite, voir une personne de sexe féminin se mêler aux performances d’un ensemble gnaoua reste malgré tout chose d’exceptionnel. A l’image d’une société marocaine toujours profondément patriarcale, où la moudawana (code la famille), même modifiée, octroie aux hommes l’essentiel des pouvoirs, la conduite des confréries soufies du Maroc demeure une affaire fondamentalement masculine. Du moins pour ce qui concerne la partie musicale, qu’elle relève du rituel ou du divertissement.

Comme l’écrivait le regretté Abdelhafid Chlyeh dans son essai Les Gnaouas du Maroc* “la transmission du métier de maâlem (maître) se fait par héritage, de père en fils”. Il existe bien dans la tagnaouite (la tradition des gnaouas) un rôle spécifique dévolu aux femmes : celui de voyante-thérapeute, appelée aussi moqadema, à qui revient d’organiser la lila (soirée de transe) et d’accompagner le rituel jusqu’à son terme. Mais la fonction musicale continue quant à elle d’être une prérogative masculine. Si bien que cette 20e édition fera sans doute date tant elle fut marquée par l’arrivée à un niveau autre que symbolique de l’élément féminin dans le dispositif artistique.

Les sources africaines d’un art sorcier

Le lendemain, vendredi 20 Juin, la scène installée face à la plage voyait le maâlem Moktar Guinéa affronter un vent costaud venu du large, entouré de sa tribu de kouyous (assistants) mais aussi d’une nuée de jeunes filles tout habillées de noir comme des petites ninjas. Si la famille Guinéa compte parmi les plus prestigieuse et respectée de la sphère gnaouie d’Essaouira, c’est qu’elle se trouve très proche de la source africaine de cet art sorcier.

Sana Guinéa et son père le Maâlem Moktar Guinéa (© Karim Tibari)

Moktar est le petit-fils de Samba Guinea, arrivé du Mali en 1927. Son père, Boubker, et son frère cadet, Mahmoud, disparu il y a deux ans, sont des figures primordiales de la communauté d’Essaouira, ville qui a la particularité d’abriter la seule zaouia (sanctuaire) du Maroc dévolue aux cérémonies et rites de cette confrérie. Ce lien direct avec l’origine aurait pu se traduire par une intransigeance absolue envers la transmission patrilinéaire. Aussi voir Moktar se produire sur scène avec trois de ses filles et une nièce n’avait rien d’anodin…

Elles s’appellent Aïcha, Cherifa, Sana, Hasna, Meriam. Elles ont entre 14 et 26 ans. Dès leurs naissances, elles ont baigné dans l’atmosphère particulière de la tagnaouite, ont grandi au son du luth-tambour guembri et des karkabous (percussions en métal). Ce qui ne les empêche pas d’aimer Beyoncé, Rihanna ou Avril Lavigne. Elles ont suivi leurs parents dans les lilas et de là, développé une familiarité avec les principales entités spirituelles, djinns et mlouks, qui peuplent cette cosmogonie invisible avec laquelle les musiciens magiciens entrent en contact lors des cérémonies.

Comme ce fut le cas sur la plage d’Essaouira, elles accompagnent aujourd’hui le Maâlem Moktar en concert, chantent avec lui, jouent des karkabous et dansent. Signe d’une volonté d’autonomie, elles viennent aussi de former un groupe, Bnat Guinea (les filles de Guinea). En novembre dernier, elles ont été choisies pour animer une soirée lors de la COP 22 à Marrakech, preuve qu’un authentique changement de climat s’opère au sein même du cénacle très conservateur des confréries.

“Notre répertoire est traditionnel, souligne Sana, l’aînée. Sauf que nous ne jouons pas du guembri en public qui est un instrument sacré, réservé aux hommes. Lorsque nous nous produisons en public, nous le remplaçons par un bendir (percussion).”

En jouant du guembri, Asma Hamzaoui transgresse un tabou

Même si Cherifa et Meriam jouent le guembri au sein de Bnat Guinea, elles se refusent à le faire en public, la pratique de cet instrument par une femme devant une assistance relevant encore du tabou. Un interdit qu’Asma Hamzaoui n’a quant à elle aucune hésitation à transgresser.

Asma Hamzaoui et son guembri (© Karim Tibari)

Ce fut certainement l’un des concerts les plus marquants de cette 20e édition que celui d’Asma à Dar Loubane, riad datant du XVIIe siècle qui aujourd’hui abrite l’un des restaurants cotés de la ville. Faisant suite au passage de son père, le Maâlem Rachid Hamzaoui, elle se posa sur les tapis installés dans le patio entourée de sa petite troupe baptisée Bnat Timbouktou (les filles de Tombouctou), toutes élégamment vêtues de tuniques de soie rose et noire, pour offrir à une audience prisant davantage les concerts intimistes que les grands raouts de la place Moulay-Hassan, une prestation pleine d’autorité, de charme et qui révélera un indéniable talent vocal.

A l’écouter reprendre les grands classiques du répertoire comme Ouled Bambara, on se dit que son “droit de passage” a dû lui être accordé grâce à cette voix expressive, bien timbrée, et à cette technique remarquable dont elle fait étalage au guembri. Selon sa mère, Kelthoum, c’est du reste de voir une jeune fille de 19 ans se hisser au niveau de certains maîtres confirmés qui pose problème au sein de la communauté. “Certains n’acceptent pas de voir une femme devenir le centre d’attraction.” D’autant plus qu’Asma est bien décidée à brûler les étapes.

Au-delà du rituel, la culture

Il y a deux ans elle faisait sa première sortie officielle à Casablanca en tant que maâlema. Pour l’occasion ses parents ont sacrifié un veau.

“De toute façon, rien n’aurait pu la faire changer d’avis  nous dit sa mère, devenue depuis sa manageuse. Dès l’âge de 4 ans, elle restait aux côtés de son père pour apprendre le guembri. Elle en a maîtrisé la pratique dès 9 ans, âge où elle s’est mise à l’accompagner dans les soirées privées.”

“Quand je sacrifiais le mouton, raconte le père, c’est elle qui prenait le guembri.”  “Si on lui interdisait de jouer pour se consacrer à ses études c’est bien simple, elle arrêtait de manger !” renchérit la mère. Cet entêtement semble aujourd’hui porter ses fruits. Elle vient de représenter le Maroc lors d’une manifestation internationale organisée au Disney World d’Orlando et s’apprête à tourner avec Bnat Timbouktou à travers l’Europe. Son premier album, mélange de chansons gnaouis traditionnelles et de fusions (pas toujours réussies les fusions) vient de sortir au Maroc.

Asma Hamzaoui avec son père le maâlem Rachid Hamzaoui et sa mère Kelthoum (© Karim Tibari)

Alors que sa sœur Aïcha a obtenu un diplôme d’infographie, Asma semble engagée sans restriction ni arrière-pensées dans la tagnaouite. A ceci près que son rapport avec la part sacrée de celle ci semble moins affirmé. “Ce qui m’intéresse c’est surtout l’art musical, la culture, le patrimoine. Pas le rituel.”

Croit-elle seulement aux djinns ? Ce qui ne fait aucun doute c’est qu’elle croit en son destin et en sa mission de féminisation d’un domaine encore très machiste. Jouer de la musique, se produire sur scène avec son guembri, passe aujourd’hui avant tout autre considération. “On lui a fait deux propositions de mariage confie sa mère. Qu’elle a refusées parce que ses prétendants posaient comme condition qu’elle abandonne son guembri.”

Remerciements à Fouzia, Karim et Tarik

* Editions le Fennec

Les Inrocks - musique

Haim reprend “Bad Liar” de Selena Gomez

(c) Wikipédia

Alors que l’ex-héroïne made in Disney trace avec brio sa carrière de chanteuse, les trois sœurs Haim ont aujourd’hui décidé de rendre hommage à Selena Gomez en reprenant son dernier titre Bad Liar. C’est lors d’une session live pour la BBC Radio 1 que le trio a livré ladite performance, dont seulement un court extrait vidéo est pour l’instant disponible (mais la chanson s’écoute en entier juste ici, à 2h19) :

You seriously need to see @HAIMtheband‘s percussion set-up for their cover of Bad Liar ???? Waiting on the official @SelenaGomez review ✨ pic.twitter.com/827pTfQ8dg

— BBC Radio 1 (@BBCR1) 11 juillet 2017

Si Este reste fidèle au poste de bassiste et Alana à celui de claviériste, c’est Danielle qui surprend le plus : armée de deux petites cuillères, elle joue des percutions sur des verres, des mugs et une boîte de thé. Original, classe et toujours très fun, le charisme de Haim n’a rien perdu de sa superbe.

Les Inrocks - musique

Iggy Pop, House Of Pain et Phoenix : c’était le tiercé gagnant du festival Beauregard

Thomas Mars (Phoenix) marche sur la marée humaine (photo Mickaël Liblin

Mythe au logis : le château de Beauregard, sis en banlieue de Caen sur la commune d’Hérouville Saint-Clair, n’est pas à confondre avec le château d’Hérouville dans l’Oise. Le second, havre de légende, accueillait dans les années 70 un studio d’enregistrement qui a vu passer toutes les rock-stars de l’époque. Le second est plus modeste, mais il se défend : pendant le festival Beauregard, la bâtisse de type « gothique troubadour » (oui oui) sert de loges pour la crème des musiciens à l’affiche, et on pouvait même y croiser cette année de la rock-star de l’époque, comme le fripé mais increvable Iggy Pop. Honneur au vieux, honneur au dieu : très attendu entre chien et loup le deuxième jour, et l’un des incontestables temps forts du festival Beauregard, Iggy Pop est toujours le meilleur rock’n’roll animal sur scène. Surexcité et généreux, il délivre un concert comme un juke-box en folie. Ne jamais oublier que ce type a enregistré un paquet de chansons mémorables. Il en remontre à tous les gamins programmés le même jour, y compris Yak, pourtant sacrément compétents en terme d’énergie et de rock concassé.

On est arrivés sur le site du festival le samedi, en entendant au loin les échos du concert de Yak. Jouissif contraste entre le charme bucolique du site, auquel on accède par une allée de verdure, et le teigneux barouf du groupe. Ce festival est adorable : il s’étend dans le parc du château parsemé de grands arbres, et tout le monde s’y sent bien. Public à la fois passionné et familial, jeune voire très très jeune (les bébés sont venus en nombre), accueil souriant et chaleureux des bénévoles, la vie de château pour les VIP (vous connaissez beaucoup de festivals qui proposent d’exquis fruits de mer au catering ?) et tout le monde se côtoie et se croise sans problèmes. A Beauregard il y a deux scènes, la grande, et la grande. Le site est grand aussi, mais pas trop. On peut faire les aller-retours d’une scène à l’autre sans finir le festival avec une tendinite ou déshydraté. On peut même y courir, comme les hordes d’ado qui ont mis du temps à franchir l’entrée, et se pressent pour ne rien rater du concert de Vald. Ses fans sont peut-être trop jeunes pour savoir qui est Eminem, mais leurs parents, qu’ils aiment ou qu’ils n’aiment pas Vald, finissent bluffés par ce jeune blondinet branleur du rap français.

« Putain qu’est-ce qu’on est blancs », rappe Vald. L’heure tourne, et on est pourtant de moins en moins blanc et de plus en plus rose à l’arête, cramé par les coups d’un soleil qui a eu la bonne idée de s’inviter sur toute la durée du festival. Dans tous les festivals d’été du monde, il y a le quota de mecs plus ou moins bourrés (et souvent plus que moins) qui dansent seuls dans leur coin une énième bière à la main, et torse nu. Il y en a aussi sur scène, du torse nu : Iggy Pop bien sûr, mais aussi le chanteur de Airbourne, dont le hard vintage, presque un tribute à AC/DC, s’avère efficace et toujours rigolo. Ce jour-là, ou plutôt de nuit, on a vu de loin un autre smili tribute-band : Echo & The Bunnymen. Sans écrans géants, sous-éclairé, on n’aperçoit du groupe que les silhouettes des musiciens, et la musique des vétérans anglais ferait croire qu’ils ont été remplacés par un vieux tribute-band low-cost aux Doors. Peut-être que notre perception du concert d’Echo & The Bunnymen a été altérée par celui qui l’a précédé : Phoenix, dont le show est au contraire taillé pour le visionnage sur écrans géants. Le sol de la scène se transforme lui-même en écran lumineux, retransmis sur les écrans géants. Une chouette scénographie, une mise en abîme avec effets de miroirs qui va bien avec les chansons du groupe, ces cascades de voix et de mélodies euphorisantes qui font briller le soleil même à minuit – mais on me signale en régie qu’il s’agissait de la pleine lune, en fait.

Le lendemain, alors que les professionnels de la météo annonçaient des averses et qu’un déluge arrive même sur la région parisienne, à Beauregard il fait encore plus chaud et beau (contrepèterie belge) que la veille. Conditions climatiques idéales pour se prendre une bonne dose de Tinariwen en entrée. En l’absence du leader historique Ibrahim, c’est Abdallah qui chante le plus et mène les chansons à la guitare acoustique. Comme à son habitude le groupe commence tranquille puis va crescendo, et finit par déclencher la tempête. Si la musique de Tinariwen se danse en ondulant, celle du groupe qui suit donne forcément envie de sauter sur place et de faire du vent avec ses bras : c’est House Of Pain. Les vétérans du rap des années 90 se retrouvent dans la formation originale pour fêter les 25 ans de leur tube Jump Around avec le son d’époque, bien gras et groovy. Pour transformer la foule en houle déchaînée, House Of Pain remporte la médaille d’or ce jour-là. La médaille d’argent, ce sera pour Foals. « Are you ready for some fucking rock’n’roll ? », braille le bellâtre Yannis Philippakis. Il a presque la même chemise que Thomas Mars de Phoenix la veille, mais beaucoup plus de charisme et d’engagement physique. Le « fucking rock’n’roll », c’était plutôt la veille, même heure et même endroit, avec Iggy Pop. Mais le groupe d’Oxford, nouvel étalon du rock à guitares, confirme sa réputation de groupe de scène inflammable.

P.S. : les objets qui suivent ont été trouvés sur le site de Beauregard. Les personnes qui sont rentrées chez elles en slip, sans leur doudou ou qui ne sont pas rentrées chez elles parce que leurs clés sont sur la photo sont invitées à contacter l’équipe du festival.

Les Inrocks - musique

Newvelle, chic vinyl pour mélomanes et esthètes

A l'heure où la musique est consommée en masse, des passionnés tentent de lui redonner sa valeur en concevant des objets de goûts et de qualité. Tel Newvelle, label de jazz franco-américain, qui propose sur abonnement des enregistrements inédits, en vinyl, superbement produits et packagés.

Télérama.fr - Musiques

Le retour de Dr. Dre annoncerait-il celui d’Eminem ?

Capture d'écran du clip "Without Me"

Il y a deux ans, Dr. Dre sortait Compton, son troisième album solo dont une partie habillait le très bon biopic Straight Outta Compton. Depuis, le rappeur s’était fait assez discret, jusqu’à aujourd’hui. En effet, Dre a participé à la bande originale de The Defiant Ones, série documentaire en cours de diffusion sur HBO, avec le titre Gunfiyah qui vient d’être dévoilé. Ecoute.

Mais, ce morceau pourrait en réalité être bien plus qu’un événement ponctuel puisqu’il semble également annoncer un retour… celui du rappeur Eminem ! C’est dans une interview accordée à Uproxx qu’Allen Hughes, le réalisateur de la série a laissé filer des indices :

“Dre enregistre tous les jours. Il enregistre vraiment des morceaux chaque jour. Il est un peu comme un Picasso de la musique. Actuellement, il est en train de produire un morceau pour le prochain album d’Eminem.” 

Une collaboration qui se confirme

Aussi, le rappeur 2 Chainz a affirmé dans une autre interview pour l’émission Streetz Iz Watchin avoir enregistré un duo avec Slim Shady, et a même posté une photo sur son Instagram en compagnie de ce dernier.

Sooo this jus happened……#marshalllikestrapmusic ????????????

Une publication partagée par 2 Chainz Aka Tity Boi (@hairweavekiller) le 23 Juin 2017 à 22h17 PDT

Pourtant, personne n’aurait parié sur ce grand retour. En effet, à l’occasion de l’anniversaire de son ami 50 Cent (il y a deçà quelques jours) Eminem lui a envoyé un petit message vidéo, dans lequel il explique (après avoir rappé un couplet) “ouais, bon, ça m’a donné envie d’arrêter pour un long moment”. Sans doute ironique, cette phrase a néanmoins sérieusement inquiété ses fans, qui ont cru à l’arrêt définitif de sa carrière.

Thank you @eminem you know your still the best in the world ???? to me man, I love you bro.

Une publication partagée par 50 Cent (@50cent) le 6 Juil. 2017 à 11h56 PDT

Plus de cinq ans après la sortie de The Marshall Mathers LP 2, Shady semble sur le point de dévoiler un neuvième album studio, fêtant ainsi ses vingt années de carrière. Affaire à suivre.

Les Inrocks - musique

En écoute : le leader de Parquet Courts se lance en solo et ça s’annonce pas mal du tout

Pochette de l'album "Thawing Dawn" prévu pour le 13 octobre.

Guitariste et chanteur de Parquet Courts, Andrew Savage a décidé de voler de ses propres ailes tout en gardant un œil sur son groupe. Après cinq albums et une multitude d’eps entre 2010 et 2016, le frontman de la bande new-yorkaise a officiellement inauguré son projet solo sous son nom de scène A.Savage. Il a annoncé la préparation d’un premier disque, baptisé Thawing Dawn, à paraître le 13 octobre prochain sur le label Dull Tools.

Et pour donner aperçu de son univers en solitaire, le musicien et chanteur a partagé sur son Soundcloud un extrait, Winter In The South, à découvrir ci-dessous :

Dans un communiqué de presse relayé par Pitchfork, Andrew Savage explique qu’il s’est rendu compte, posséder assez de matière pour produire un ensemble cohérent mais ne savait pas vraiment où le mettre ni quand. Avec cette chanson inédite riche en cuivres et qui renvoie à des influences très larges (notamment à ses origines texanes via cette cavalcade digne d’une B.O de western), A.Savage prouve que ses idées dépassent celle de son groupe, monté avec son pote Austin Brown, son frangin Max et le batteur Sean Yeaton.

A.Savage jouera quelques concerts mais se cantonnera pour l’instant aux Etats-Unis, seulement.

Découvrez le tracklisting de Thrawing Dawn, attendu le 13 octobre 2017 ci-dessous :

1. Buffalo Calf Road Woman
2. Eyeballs
3. Wild Wild Horses
4. Indian Style
5. What Do I Do
6. Phantom Limbo
7. Winter in the South
8. Ladies From Houston
9. Untitled
10. Thawing Dawn

Les Inrocks - musique

Festival NOS Alive 2017 : Phoenix au sommet de l’Europe

Phoenix, dans les backstage du Festival Nos Alive, à Lisbonne (Photo (c) François Moreau)

Ce week-end se tenait à Lisbonne la 11e édition du festival NOS Alive, dont le leitmotiv depuis sa création en 2007 pourrait se résumer en deux mots : toujours plus.

“On a une scénographie assez ambitieuse sur cette tournée… Tellement ambitieuse, que tu ne la verras pas ce soir”, se marre Branco. Le guitariste de Phoenix, posé dans les loges aux côtés de Thomas Mars, à l’ombre d’une feuille de palmier, promet néanmoins que l’énorme dispositif avec miroir incliné, présenté lors de la récente tournée américaine du groupe, sera opérationnel pour la date parisienne du 29 septembre prochain, à Bercy. Nous voilà rassuré.

Sur la plage, à Lisbonne (Photo (c) François Moreau)

Phoenix au sommet de la pyramide

Depuis qu’ils ne hantent plus les couloirs mystiques de la Gaité Lyrique, les Versaillais ont pas mal joué. Notamment aux Etats-Unis, où le public attendait chaque soir fébrilement l’arrivée sur scène de nos héros nationaux sur les rythmes hypnotiques de Dodi El Sherbini ou la voix gouailleuse d’Alain Bashung en fond sonore. “J’adore entendre Bijou Bijou à Las Vegas ou je ne sais pas où ailleurs aux USA, lâche encore Branco. Pour les Américains c’est de la musique d’ambiance, mais c’est un sacré coup qu’on leur fait. C’est un peu le frisson de ma soirée.”

Deck D’Arcy, entre ombre et lumière, à Lisbonne (Photo (c) François Moreau)

Pas d’errance nocturne bashunguienne ce soir-là à Lisbonne, mais un show à la hauteur de nos espérances compte tenu de l’énorme attente suscitée par la sortie début juin de Ti amo, leur sixième album. Role Model et Fior di Latte sonnent ainsi déjà comme des classiques, tandis que la setlist creuse encore un peu plus l’écart entre les trois premiers albums du groupe et les trois derniers : de la période pré-Wolfgang Amadeus Phoenix ne subsiste que If I Ever Feel Better et Funky Squaredance.

J-Boy prend une dimension incroyable en live et devient illico le tube de l’année avec sa punchline intersidérale “They hang me higher than a disco ball” et Love Like a Sunset, calé au milieu du set, nous catapulte très loin dans une sorte de nostalgie estivale, à l’évocation de ce coucher de soleil qui ne se termine jamais. Sur Ti amo, Phoenix réussi à caler “Buzzcocks” et “Open Up Your Legs” dans la même phrase, ce qui en fait le morceau le plus sexuellement explicite du groupe, alors que Entertainment, Trying to be Cool, Lisztomania et 1901 forment ce quatuor de hits imparables, qui rendent le public complètement dingue. Comme Lasso d’ailleurs, ou même Girlfriend ou encore Rome.

Thomas finira le concert débraillé, porté par la foule au milieu des pancartes flanquées d’un cœur traversé par les mots Ti amo Phoenix. 

Depeche Mode et The Weeknd : les hit boys

Dans NOS Alive 2017, il y a Alive 2017. Soit une dénomination fantasmatique évoquant, façon prophétie du dimanche, le retour de Daft Punk sur scène cette année. C’est par l’intermédiaire de The Weeknd que le fantasme devient partiellement réalité. Dès les premières secousses de Starboy, produit par le duo casqué, le Canadien s’impose en entertainer de première catégorie, seul capable de déloger Drake de la CN Tower de Toronto. Accompagné par un vrai live band haut perché sur une scène escamotable, il ratisse inlassablement la scène de gauche à droite et s’assure que la pression ne retombe jamais en enchaînant les tubes sans aucune pitié.

De The Hills à Earned It et de I Feel it Coming à Can’t Feel My Face, Abel Tesfaye a fait de son persona un blockbuster incontournable, boosté par la sortie d’un dernier album qui l’a propulsé au sommet des line-up des plus gros festivals du monde. La machine est peut-être même trop bien huilée et on regrette que des tracks comme Wicked Games perdent sur scène de leur moiteur et de leur sensualité, au profit d’une efficacité qui transforme parfois The Weeknd en chauffeur de salle mainstream. Sans doute le prix à payer pour en arriver là.

Dave Gahan, lui, n’a rien sacrifié de sa sensualité. Si dans un festival l’attente du public se mesurait au nombre de t-shirts  floqués à l’effigie de son groupe préféré, Depeche Mode remporterait la palme haut la main. Marrant d’ailleurs, de voir à quel point la laideur de ce genre de merchandising peut parfois être inversement proportionnelle à la beauté sidérante du show.

Alors qu’à l’autre bout du site de Oeiras les Américains de Fleet Foxes livrent un beau et puissant récital, essentiellement porté par les titres de leur premier album, la voix de John Lennon retentit sur la grande scène. Thème d’ouverture du Global Spirit Tour, Revolution des Beatles fait directement écho à Where’s the Revolution, sans doute le titre le plus fort de Spirit, dernier album de Depeche Mode. Un appel au soulèvement qui aurait pu être la B.O. du film V. pour Vendetta, interprété juste après le poignant Judas, chanté au bord des larmes par Martin. Outre ces instants d’émotion, Dave Gahan fait plus que jamais le show et multiplie les mouvements anatomiques explicites sur Enjoy the Silence, Walking in My Shoes ou encore Everything Counts, devant une foule reprenant en coeur “The grabbing hands / Grab all they can / Everything counts in large amount”. 

Sublime.

Jessy Lanza dans un état cotonneux, Savages et Warpaint au top

Sans surprise, The xx a cartonné, tandis que The Cult, The Kills et les Foo Fighters ont littéralement fait trembler le sol. Même si Dave Grohl devrait vraiment arrêter de chauffer le public à la manière de Jean-Luc Reichmann. Sur la scène Heineken, Ryan Adams s’est payé Alt-J, comme ça, un peu gratuitement, et Donald Trump au passage. Peut-être se sentait-il frustré ou perdu d’être le seul représentant d’un certain classicisme rock’n’roll au sein d’une programmation tous azimuts. Ce n’est pas qu’on ne soit pas d’accord avec lui, c’est juste qu’avec un set aussi bon que celui qui nous est donné à voir, à quoi bon ? Sur cette même scène, il parait que Royal Blood a également tout défoncé un peu plus tard dans la soirée. Peu de monde devant le live de Jessy Lanza, en revanche. Affublé d’un k-way noir, la canadienne a pourtant été géniale, dans un état un peu nébuleux, entre introspection contemplative quand elle ferme les yeux de longues secondes et une véritable volonté d’emporter tout le monde avec elle dans ses errances intérieures et synthétiques.

Si on a l’impression de voir Savages partout, tout le temps, c’est peut-être que le groupe a fini par devenir nécessaire. Tout en intensité et en tension, Jenny Beth captive. Par sa violence et sa radicalité, mais aussi par l’attention qu’elle porte à propager son message d’amour à travers le mantra Adore Life. On retrouve le même genre d’intensité chez les Californiennes de Warpaint, meilleures que jamais et rejointes par Jono Ma à la basse, qui, l’année dernière, jouait sur cette même scène avec Jaguar Ma.

Benjamin Booker en plein boom, The Avalanches et Peaches pour clôturer le weekend

C’est sur l’imparable International Player’s Anthem (I Choose You) de UGK en featuring Outkast, que Benjamin Booker débarque sur scène, clope au bec. Il en brûlera au moins cinq en moins d’une heure, à chaque fois que l’occasion de poser sa guitare se présentera à lui. Comme quand il doit interpréter Believe, par exemple. En live, pas d’intro sur ce track façon Sam Cooke sur A Change Is Gonna Come, mais une véritable présence, habitée par quelque chose qui nous dépasse. Microphone au poing, Booker chaloupe, se pose tout au bord de la scène et c’est tout un pan de l’histoire de la musique américaine que l’on prend en pleine face. C’est pourtant bien à la guitare que le natif de Virginia Beach reste le meilleur. Dans un style au mitant du punk et du rock’n’roll, Booker déploie une énergie sans limite, à deux doigts de l’apoplexie.

Benjamin Booker, dans les backstage du festival Nos Alive, à Lisbonne (photo (c) François Moreau)

Bien que le riff de Violent Shiver évoque nécessairement Chuck Berry, Booker aime rappeler que son inspiration vient davantage de Sonic Youth. Rencontré quelques minutes après son show, on retrouve backstage le mec que l’on a croisé sur scène : survolté, enthousiaste, toujours sur la brèche, mais marqué au fer rouge par la passion de la musique. Il reconnait fumer beaucoup trop, nous parle de Kevin Morby et de son don pour l’écriture de protest song, et semble ravi d’apprendre qu’Alex Cameron jouera cette année au festival des Inrocks. On lui parle enfin de hip-hop et du track de UGK, l’occasion pour lui de fustiger les réac’ en tous genres qui s’obstinent en 2017 à catégoriser la musique. Il ne le sait pas encore, mais Ben Booker va marquer l’Histoire.

Benjamin Booker, hilare (Photo (c) François Moreau)

The Avalanches et Spank Rock, qui ont depuis bien longtemps oublier ce que le mot catégorie signifiait, ont mis le feu, mais n’ont rien pu faire pour préparer psychologiquement les derniers festivaliers aux dépravations cathartiques de Peaches et son défilé de vagins géants.

La Canadienne clôture ainsi en beauté la onzième édition d’un festival qui n’a pas fini de nous surprendre. Même si cette année les nuages nous ont privé des plus beaux couchers de soleil du continent européen.

Les Inrocks - musique

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