Actu musique

6 juillet 2017

Rock en Seine va-t-il perdre ses subventions publiques ?

Après le rachat de 50% du festival parisien par l'entreprise américaine AEG, la région Île-de-France remet en cause la subvention qu'elle lui verse chaque année.

Télérama.fr - Musiques

Révisez la programmation des Eurockéennes en images

Source : compte facebook du festival

Si vous n’avez pas encore épluché la programmation ni sélectionné les concerts à ne manquer sous aucun prétexte à l’occasion de cette 28e édition des Eurockéennes de Belfort, pas de panique. On vous propose une sélection de nos chouchous en images et ci-dessous. Toute la programmation est disponible ici.

Arcade Fire – dimanche 9 juillet sur la Grande Scène dès minuit

Booba – samedi 8 juillet sur la grande Scène dès 21h

BON GAMIN (avec Ichon, Myth Syzer et Loveni)- vendredi 7 juillet à la Plage dès 18h30

Gucci Mane – vendredi 7 juillet à la Plage dès 23h45

Her – samedi 8 juillet sur la Grande Scène dès 19h

La Femme – vendredi 7 juillet dans la Greenroom dès 00h45

Parcels – vendredi 7 juillet à la Plage dès 21h45

Phoenix – dimanche 9 juillet  sur la Grande Scène dès 21h15

PNL – jeudi 6 juillet sur la Grande Scène dès 20h45

Solange – dimanche 9 juillet dans la GreenRoom dès 21H

The Lemon Twigs – jeudi 6 juillet dans le Greenroom dès 20h

Thomas Azier – samedi 8 juillet sur la Plage dès 17h45

Les Eurockéennes de Belfort du 6 au 8 juillet 2017
Plus d’infos 

Les Inrocks - musique

Toro Y Moi vient de dévoiler l’intégralité de son nouvel album “Boo Boo” sur Youtube

C’est la bonne surprise du jour ! Prévu initialement pour demain, le cinquième album solo de Toro Y Moi vient d’être intégralement dévoilé sur Youtube aujourd’hui. Quelques semaines seulement après la sortie d’un très bon premier single, Girl Like You, le jeune Américain revient avec la B.O. idéale pour des vacances ensoleillées : synthés rêveurs, mélodies vocales délicates et rythmiques eighties, tout y est. Il ne reste plus qu’à se laisser envoûter.

Côté vidéo, c’est tout simplement un long voyage sur la baie de San Francisco , filmé à l’arrière de la voiture de l’artiste, qui illustrera cet album, comme un appel au road-trip californien parfaitement en adéquation avec la musique de Toro Y Moi. Très attendu, ce retour répond à toutes les espérances, et entrera directement dans les meilleurs playlists estivales.

La tracklist de Boo Boo : 

1. Mirage
2. No Show
3. Mona Lisa
4. Pavement
5. Don’t Try
6. Windows
7. Embarcadero
8. Girl Like You
9. You and I
10. Labyrinth
11. Inside My Head
12. W.I.W.W.T.W.

L’album Boo Boo(Carpark Records) est disponible en précommande sur Apple Music.

Les Inrocks - musique

20 ans de musiques du monde à Essaouira

Trois heures du matin, place Moulay Hassan. Tandis que, propagée par le vent, et amplifiée par la chambre d’écho des remparts, la samba pop outrageusement festive de Carlinhos Brown empêche toute la médina de dormir, une dizaine de jeunes caïds aux cheveux huilés forment un cercle près de la scène et se marchent sur les épaules. Mais, comme balayée par les percus du Brésilien, leur ébauche d’une pyramide humaine s’écroule lourdement.

Le public en a le souffle coupé mais voit aussitôt les (des)équilibristes en jean tenir une réunion de crise : il faut faire mieux sur le champ et donc cibler les défaillances, vidéo de mobile à l’appui. Ils y parviennent vite, fiers comme des astronautes, et non sans raison : ils viennent sans le savoir de résumer vingt ans du Festival Gnaoua et Musiques du monde d’Essaouira. Assurer les fondations entre chaque édition, chercher la stabilité, même relative, et, à partir du talent de quelques-uns et la cohésion de tous, élever à un degré de visibilité maximale cet homme peu disert et tressé de mystères – le musicien tagnaouite : au soir de ce vingtième échafaudage musical, on confirme que la mission est (depuis longtemps) réussie au-delà, sans doute, des espérances initiales.

Mirage fantasque

Au fil des ans, le Festival s’est imposé comme l’inlassable promoteur, voire la plaque tournante des musiques en duty free et transit perpétuel entre l’Afrique, l’Orient, les Amériques et autres caisses de résonances. Mieux, avec son décor ébouriffant (son port sans âge, sa plage sous alizés, sa médina classée), il est aujourd’hui synonyme de mirage psychédélique de trois jours, flottant dans un riad géant à ciel ouvert, et brassant les désirs de déraison de près de 300 à 400 000 cosmopolites et locaux. Toutes origines, âges, classes sociales et couleurs de sandales confondues. Moribonde et presque ensablée dans les années 80-90, l’ancienne Mogador est réapparue sur la carte de tous les rêveurs avides de kif, de trip et de flash libertaires. Les voyagistes et les promoteurs, eux aussi, aiment ça – pour quel essor, réponse dans dix ou vingt ans.

Quant aux maâlems gnaoua, leur basse guembri en chameau, leurs danses incantatoires et leurs appels à la transe, ils sont devenus des archétypes identifiés dans le monde entier, au-delà, pour les meilleurs, du simple cliché folkloriste : chacun au service de la confrérie, du genre ancestral, chacun, avec ses nuances et son style, portant la promesse de sidération esthétique et d’hypnose rythmique.

Lorsque le cisaillement de crotales en fer sectionne vos derniers liens avec le vieux monde, que la gravité légère du guembri vous emplit d’hélium et que les chœurs syncrétiques vous somment de les suivre, la musique gnaoua vise à l’étourdissement, à la perte de connaissance (littéralement : vous oubliez tout ce que vous saviez de vous-même). Dépossédé, vous êtes hors-sol, prêt à vouvoyer les djinns (les esprits gnaoui) et entrer dans l’âge du rite.

Parade monstre 

Le rituel à Essaouira, c’est depuis 1998 la parade d’ouverture où les maîtres de musique (les maâlems) défilent avec leurs troupes dans la rue d’une médina médusée et sursaturée (spectateurs sur les toits, corniches et rebords). Avant de monter sur les estrades glorieuses, la gnaoua remonte le temps et retrouve la rue, comme à l’époque pas si lointaine où ses adeptes, marginalisés, parcouraient places et maisonnées en quête d’écoute et d’oboles – aujourd’hui, le gnaoua est invité jusqu’au Japon, en première classe. De cette offrande collective qui irrigue la ville d’ondes positives et chaotiques, on ressort surexcité, prêt à franchir les murailles crénelées sans passer par les portes.

Le rituel à Essaouira consiste aussi à se demander quel concert a porté l’identité du festival à son point culminant et justifié à lui seul sa tenue. On honorera cette année Titi Robin et sa guitare gitane dont les cordes filèrent des passerelles convaincantes entre le Maroc de Mehdi Nassouli, le soufisme indo-pakistanais (Suheb Hasan, chant, et Murad Ali Khan, vielle à archet) et les percussions brésiliennes (Ze Luis Nascimento). D’une densité euphorique, mais ne sacrifiant rien à un équilibre qui semblait avoir toujours existé, cette alliance de textures envoûtantes parut couler de source(s) : un acte de sorcellerie. Bravo.

On retrouva le solaire Mehdi Nassouli – toujours dans les bons coups, le jeune maâlem d’Agadir illumina Essaouira de sa fougue et de la variété de son chant – aux côtés d’Indi Zahra, sur le toit du bastion Borj Bab Marrakech, pour un compagnonnage des plus attendus. Entre l’énergie de Patti Smith et une voix jazzy subtilement épicée, la Franco-Marocaine ouvrit dans ses grandes largeurs son répertoire chanson, soul et folk berbère pour l’un des pics de séduction du festival, par sa seule tête d’affiche féminine.

La grande confrérie

Autre stature charismatique, dotée elle aussi de souplesse vocale et d’autorité naturelle, Amazigh Kateb trouva pour son Gnawa Diffusion la ferveur populaire en écho à son raï-ragga-chaâbi toujours ouvertement rebelle. Impressionnant, sur cette scène de la plage toujours turbulente, d’entendre ces titres punchy entonnés par un public fidèle au groupe franco-algérien depuis presque deux décennies.

Bien sûr, cette programmation en arborescence (parfois quatre live simultanés, en majorité gratuits) recelait d’autres projets ambitieux (les nouvelles colorations world d’Hamid El Kasri) ou plus dispensables (la reformation éphémère de Band of Gnawa dix ans après). Tous démontrent, avec plus ou moins de maîtrise, la faculté de la gnaoua à transgresser son immuabilité séculaire avec d’autres forces musicales… plus jeunes.

On aime aussi les rencontres plus modestes mais tout aussi saisissantes, comme celle d’Hassan Boussou et de la confrérie Hmadcha de Taroudant – impressionnant alignement de ces hommes en tunique crème sautillant, vacillant sous l’impulsion des tambourins et des chœurs telluriques. Plus foutraque, la fusion entre le maâlem Mokhtar Guinea et Mogador Band prouva que la joie de jouer ensemble et l’admiration réciproque peuvent maintenir à flots les embarcations précaires. Il faut aussi garder une oreille grande ouverte sur les rendez-vous alternatifs du Festival, les soirées intimistes dans des lieux clos comme la Zaouia Issaoua ou le Dar Loubane, au goût d’extraits de lila, ces fameuses nuits thérapeutiques inaccessibles au commun.

On y voit des maâlems (Ould Khoumani, Kbiber etc.) impériaux, en milieu naturel, et des femmes entrer en transe, dessiner des arabesques avec leurs chevelures et s’effondrer. L’après-midi, il faut rejoindre la place de l’Horloge pour s’adosser aux murailles : leur rudesse s’accorde à la sécheresse des chants et au dénuement des tambours des Houara ou Issoua de Fés. Là aussi, vertiges assurés, mais chauffés par le soleil et décuplés par le grondement de l’Atlantique, tout proche.

Les jeunes poussent

Mais, entre ferveurs tribales et visions hallucinatoires, une impression plus fraîche. Pour ses vingt ans, les Festival Gnaoua et Musiques du monde a préféré jouer sur la maturité de son expérience plutôt que sur l’insouciance de sa jeunesse. Tablant sur des valeurs sûres (Ismaël Lô, Lucky Peterson, Ray Lema, Band of Gnawa) plus que sur les réelles découvertes, un peu à rebours d’autres années plus défricheuses. N’en doutons pas, Essaouira redeviendra dés 2018 ce comptoir mirifique pour (toutes) les musiques ouvertes, et le festival ce tremplin sans équivalent qui propulse public et artistes en haut des pyramides.

Les Inrocks - musique

Bizet revu par Tcherniakov au Festival d'Aix : la musique resplendit, mais où est Carmen ?

Retournée comme un gant par Dmitri Tcherniakov, qui fait de Don José le personnage principal, la Carmen de Bizet a reçu un accueil triomphal mardi soir au Grand Théâtre de Provence. Laissant à leur perplexité une minorité de spectateurs.

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Un nouvel album et une tournée pour Angus & Julia Stone

Pochette de l'album "Snow" à venir pour cet automne.

L’été vient à peine de commencer mais le duo de frangins Angus & Julia Stone se préparent déjà à l’hiver ! Le prochain et quatrième album de groupe de Newport, baptisé Snow, est attendu pour le 15 septembre 2017. À noter et à surligner dans votre agenda en vue de constituer votre playlist spéciale “arrivée des grands froids”.

Trois années après leur dernier disque éponyme, Angus et Julia Stone se reforment pour continuer leur épopée folk et poétique. Un premier aperçu en chanson, baptisé lui aussi Snow, est sorti en juin dernier et a été illustré par un joli clip, toujours fidèle à l’esprit du groupe. Délicat, sensible et mélancolique, ce morceau inédit laisse entrevoir une complicité unique entre le frère et la soeur qui semblent se répondre, chacun leur tour. Découvrez-le ci-dessous :

A l’occasion de cette sortie, Angus & Julia Stone partiront sur la route des salles française tout l’automne. Ils seront à Lille le 17 octobre, à Nantes le 19, le 20 à Toulouse, le 21 à Bordeaux, le 25 à Marseille, le 1er novembre à Paris (Zenith de la Villette) et enfin le 2 novembre à Lyon.

Les Inrocks - musique

Sidiki Diabaté : “Booba a honoré l’Afrique et il m’a donné de la force”

Sidiki Diabaté juste après l'interview, sur la terrasse du Mercure Hotel de Pigalle. © Maxime Retailleau

Sidiki est un mec busy : il est actuellement en tournée avec M, prépare deux nouveaux disques, et doit tourner un clip à Paris le lendemain de notre rendez-vous. Quand on le rencontre, l’artiste malien de 26 ans vient tout juste de se faire couper les cheveux pour sa vidéo, et a une heure et demie de retard. Il déboule paré de bijoux au bar de l’hôtel Mercure de la place de Clichy, où il réside quelques jours avant le live qu’il doit donner à la Fondation Louis Vuitton, pour la nocturne du vendredi 7 juillet.

Tu es issu de la 72e génération d’une famille de griots [conteur, poète et musicien transmettant les traditions]. En quoi a consisté ton éducation ?

Sidiki Diabaté – C’était bien ordonné, bien que la transmission passe par le bouche à oreille. Il y a des gens qui t’apprennent à jouer la kora [instrument  à cordes traditionnellement mandingue], et on est éduqués par le papa, la maman, le grand-père, la grand-mère… C’est eux qui te font mémoriser les événements qui se sont passés il y a plus de 700 ans. Mais on ne devient pas griot, on naît griot. C’est un héritage, ça s’apprend, petit à petit. Même là, je n’ai pas fini d’apprendre.

L’enseignement lié à la kora se transmet de génération en génération. Qu’est-ce que cet instrument représente pour toi ?

Elle me représente moi, d’où je viens, c’est ma carte d’identité. Ce que je suis. Parce qu’il vient de ma famille aussi. Je m’identifie avec, c’est très profond. La kora parle mandingue.

Seuls les griots savent en fabriquer ?

Non. Les griots en fabriquent, mais il y a aussi des gens qui se sont formés chez nous qui en font.

Tu as étudié la batterie à l’Institut national des arts de Bamako. Pourquoi t’être tourné vers cet instrument ?

J’aime beaucoup la composition musicale, et pour être bon il faut bien connaître le rythme. Mon but c’était d’apprendre à lire et à écrire la musique, et de savoir créer une harmonie entre les rythmiques européennes et africaines.

Vers quel âge t’es-tu intéressé au rap et à la musique électronique ?

Quand j’ai écouté un album de mon père qui s’appelle Songhai, qui mélange de la musique espagnole avec de la kora. Ça m’a beaucoup marqué. J’étais amoureux de cette musique, et je voulais vraiment la développer. C’est comme ça que tout est venu.

Comment t’es-tu lancé dans le beatmaking ?

J’étais vraiment impressionné par Swizz Beatz, Dr. Dre et consorts, et je me disais qu’on pouvait faire mieux. C’est grâce aux chaînes de télé comme MTV, MTV Base et Trace TV que je me suis formé moi-même dans ma chambre en essayant de jouer les mélodies au piano, et de reprendre les beats.

Ton père t’as encouragé ?

Oui, c’est même lui qui m’a acheté le matos dont j’avais besoin pour travailler : des ordinateurs, des MPC… Il m’a aussi envoyé des CDs, des vidéos sur Youtube pour que je puisse bien apprendre. Ça m’a beaucoup aidé, et sans son soutien je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui.

Tu a aussi cofondé un groupe de rap qui s’appelait GRR. Comment ce projet est-il né ?

J’ai commencé à travailler avec un ami qui s’appelle Iba One, qui était dans un groupe. J’étais fan de Michael Jackson, et j’aimais beaucoup le breakdance. Iba savait bien le danser, et cette danse nous a beaucoup rapprochés. Et il y avait un lien entre sa famille de nobles et la mienne. On était tout le temps ensemble chez nous. Ma maman organisait des petits concerts chez nous, dans le salon. Tous les amis étaient là, et elle se levait et disait : “Chers téléspectateurs, il y a tel artiste qui va passer ce soir, applaudissez Sidiki.” Tout ça, ça fait partie de la formation des griots, pour enlever le trac sur scène. C’est comme ça qu’on a commencé, puis on est arrivés à créer un style qu’on appelle l’egotrip, et ça a beaucoup marché au Mali. Au début je ne faisais que du beatmaking, et après j’étais aussi l’ingénieur son. Puis je me suis dit : “Pourquoi ne pas faire de la kora avec ce beat ?”, jusqu’à ce que je commence à faire de la musique dans les stades. Et que je puisse finalement chanter.

Le rap est un genre populaire au Mali ?

Oui, grâce à ma musique. Parce que je ne sortais que des tubes.

Les paroles de GRR sont non violentes, très politiquement correctes, alors que le rap est un style souvent adopté par des artistes dissidents.

GRR voulait dire “la Génération qui rappe et qui respecte”. Il y avait aussi un groupe qui s’appelait Ghetto K’FRY, qui utilisait des injures, tout ce qui est mauvais… On était contre ça.

Comment a évolué GRR ?

Au début, Iba et moi étions les leaders. On n’a jamais fait d’album ensemble, on ne sortait que des singles. Ensuite le groupe s’est séparé et il y a eu des clashs. Maintenant ça va, chacun est de son côté.

Tu utilises la kora pour composer les productions des morceaux de rap sur lesquels tu collabores. As-tu le sentiment de prolonger le travail de ton père, qui avait déjà élargi la popularité de cet instrument en collaborant avec Björk ou encore Damon Albarn ?

Oui, et c’est très facile. Tout ce que je fais c’est de reprendre d’anciens morceaux mandingues, je travaille la musique avec de nouveaux textes, avec des caisses qui donnent mieux, et c’est tout. Je mélange la kora à d’autres musiques. Mon but c’est d’amener la kora où elle n’a jamais été, par exemple d’en jouer avec Daft Punk, Beyoncé, Jay Z, ou même avec Booba comme je l’ai fait. J’aimerais aussi collaborer avec Céline Dion, j’aime beaucoup sa voix. Et Maître Gims.

Quand Booba a voulu poser sa voix sur l’instru de ton morceau Inianafi Debena, un de ses collègues t’as appelé pour t’en parler et tu as cru qu’il s’agissait d’une blague. Finalement Booba a sorti le morceau Validée deux mois plus tard sans avoir ton accord, mais tu n’as pas l’air de lui en vouloir. Comment ça s’est négocié ?

Il m’a pris comme un petit frère, et moi comme un grand frère : c’est le lien qui nous lie là aujourd’hui. Il a dit : “J’aime bien ce que tu fais, c’est comme vous voulez, voilà telle personne qui s’occupe de mes affaires”. Il a honoré l’Afrique, et il m’a donné de la force. Je suis fier, et je l’aime beaucoup.

As-tu le sentiment que la culture musicale africaine a gagné en exposition ces dernières années, avec l’essor de l’afrotrap et le succès d’artistes comme MHD en France ?

Oui, l’Afrique y gagne, elle est assez exposée aujourd’hui. La musique africaine est pure, elle est vivante, et elle a un rythme très joyeux. C’est ce que les gens recherchent aujourd’hui.

Alors que tu t’étais déjà lancé dans le rap et le hip-hop, tu as enregistré l’album Toumani et Sidiki avec ton père, uniquement avec de la kora. Tu n’avais pas le sentiment de revenir en arrière ?

Non, c’est la même voie, tout ça c’est avec la kora. On a inventé beaucoup de morceaux, et on a aussi fouillé dans le répertoire mandingue. Sauf que c’est un public différent. Et cet album a été nominé aux Grammy Awards, c’était grandiose pour moi.

D’être le fils de Toumani Diabaté, considéré comme un maître de la kora, qui a remporté deux Grammy Awards justement, est-ce que tu ressentais une pression importante ?

Non, je dirais juste que j’ai de la chance d’avoir un père comme lui. La seule pression que j’ai c’est de bien travailler. Quand on travaille bien, il y a toujours un bon résultat.

Tu es en train de composer un nouvel album avec ton père à nouveau, et tes deux frères. Quand ce projet est-il né ?

Il y a plus de deux ans. On joue tous de la kora, on compose tous, avec un style différent. Mon frère Balla écoute beaucoup de Beethoven, il est branché musique classique.

Mathieu Chedid alias M a composé un album avec toi et ton père, Lamomali, sorti en avril dernier. D’où lui est venu l’idée de collaborer avec vous ?

On s’est juste donné rendez-vous au salon de Mathieu, et on a commencé à s’amuser avec la kora, moi et mon père, et Mathieu jouait de la guitare. Puis pendant deux jours on a fait les bases, les compositions, les accords. On a posé tout ça en jouant toutes les parties avec des koras sur un tempo juste, puis Mathieu et son équipe ont travaillé là-dessus.

Tu baignes dans la musique depuis tout petit, mais tu n’as sorti ton premier album solo, Diabateba Music, Vol. 1, que l’an dernier. Pourquoi avoir attendu autant de temps ?

Pour mieux observer et mieux apprendre.

Tu chantes à la fois en bambara et en français, et parfois même en anglais. Pourquoi tu ne te fixes pas sur une langue ?

Je pourrais mais j’aime bien chanter dans ma langue pour ma diaspora, et chanter en français ou en anglais permet d’ouvrir ma musique au monde.

Tu as collaboré avec des rappeurs français pour ton nouvel album solo ?

Oui, avec quatre ou cinq. Je ne dirai pas leur nom parce que je préfère que ce soit une surprise, mais il y a du lourd qui arrive, inch’Allah. Je travaille sur le disque depuis à peu près une année, c’est un disque afro-trap-mandingue, avec de la kora. Je ne l’ai pas encore terminé mais il sortira peut-être en août.

Sidiki Diabaté à Paris. © Maxime Retailleau

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Les titres indispensables pour les vacances: la sélection des Inrocks

Crédit : Boombox

Sur la route des vacances ou coincé derrière votre écran, sur le sable chaud ou bien sur le pavé, notre playlist saura vous accompagner tout au long de l’été. La rédaction des inRocKs dévoile ici une sélection personnelle des morceaux qui tourneront en boucle pendant la saison chaude. Entre la sensation The Blaze, les charmeurs australiens Parcels, la déesse de l’amour Lana Del Rey, vous retrouverez aussi quelques classiques (Radiohead, David Bowie) et pépites “made in France”.

AINOUZ ABIGAIL

Polo & Pan –Coeur Croisé
Benjamin Biolay – ¡Encore Encore!
Lee Fields & The Expressions – Special Night
Alka Balbir et Philippe Katerine – Mon Mec
Brazilian Girls – Good Time

MAXIME DE ABREU

DJ Khaled – I’m the One feat. Justin Bieber, Quavo, Chance the Rapper, Lil Wayne
William Onyeabor – Atomic Bomb
Mike Brant – C’est une belle fête
Lana Del Rey – High By The Beach 
William Basinski– Disintegration Loop 1.1

JD BEAUVALLET

Harpers Bizarre – Witchi Tai To
Parcels – Overnight
The Blaze – Territory
Jorrdee – California
Noire – Real Cool

ANA BENABS

David Bowie – Let’s Dance
Mansfield T.Y.A – Logic Coco
Prayers – Gothic Summer
LCD Soundsystem – Dance Yrself Clean
Devonté Hynes – April’s Daydream

CAROLE BOINET

Etienne Daho – Mon Manège à moi
Lil Yachty – Peek A Boo ft. Migos
Notorious Big – Mo Money Mo Problems
Niagara – L’amour à la plage
Phoenix – Telefono 

CHRISTOPHE CONTE

Tim Maria – O Caminho Do Bem
Grateful Dead – Shakedown street
Allen Toussaint – Last Train
Idris Muhammad – Peace of mind
Loney, dear – Airport surroundings

STEPHANE DESCHAMPS

The Modern Lovers – Roadrunner
Calexico – Minas De Cobre
Jonathan Richman & The Modern Lovers – The Beach
Sophia Loren – Zoo Be Zoo
Luzmila Zerpa, Kwame Natural Power & Jack Iglesias – Jam dans un arbre

FRANCIS DORDOR

Gram Parsons – Zah’s Blues
Claude Debussy – Rêverie
Bob Marley & The Wailers – Stir It Up
The Doors – You’re Lost Little Girl
Cigarettes After Sex – Each Time You Fall in Love

DAVID DOUCET

Las Aves – Antistar
Drake – Passion fruit
Booba – DKR
Jamie xx – I Know There’s Gonna Be (Good Times) ft. Young Thug, Popcaan
The Stokes – OBLIVIUS

AZZEDINE FALL

Cheb Khaled – Chebba
Warren G feat Nate Dogg – Regulate
The Strokes – You Only Live Once
Fatnotronic et In Flagranti – Botoque
Christophe Rippert – Tu m’fais vraiment craquer

JULIETTE GEENENS

Courtney Barnett – Nobody Really Cares If You Don’t Go To The Party
SOKO – Who Wears The Pants ??
Longpigs – She Said
The Charlatans – Can’t Get Out Of Bed
Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick & Tich – Hold tight

FRANCOIS MOREAU

The Soft Pack – Mexico
Etienne Daho – Caribbean Sea
Blood Orange – Palo Alto
Adam Green & Ben Kweller – Kokomo
Dire Straits – Wild West End 

MARINE NORMAND

Lana Del Rey – Summertime Sadness
Molly Nilsson – Not Today Satan
Kali Uchis ft Jorja Smith – Tyrants
St Vincent – New-York
Amber Mark –  Regret 

ANNE-CLAIRE NOROT

Los Colognes – Unspoken
Ten Fé – Turn
Miranda Lee Richards – Existential Beast
Lindsey Buckingham & Christine McVie – Sleeping around The Corner Horsebeach – Beauty and Sadness

MAXIME RETAILLEAU

Elegance – Vacances J’oublie Tout
Uli K – Hang Up
L’impératrice –L’impératrice
Lil Yachty – Peek A Boo ft Migos
Lala Ace – Bright

GERALDINE SARRATIA

Neu ! – Hallogallo 
La Femme – It’s Time To Wake Up
America – A Horse With No Name 
Radiohead – Let Down 
Flavien Berger – Bleu sous-marin

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Quiz hard rock : quel fan de Guns N' Roses êtes-vous ?

A l'occasion du concert de Guns N' Roses à Paris, ce vendredi 7 juillet au Stade de France, testez vos connaissances sur le groupe de hard rock incontournable des années 1980.

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Quand Kendall et Kylie Jenner utilisent l’image de groupes cultes à leur profit

Photo des produits sur la boutique en ligne Kendall + Kylie.

Les t-shirts de groupes, ce n’est pas juste un vêtement, c’est carrément sacré pour certains. Chez les fans de metal, par exemple, cela relèvent presque de l’art. Pour les amateurs de rock et de hip hop, il s’agit surtout de revendiquer son identité et de montrer dans quel camp on se positionne (rock psyché ou punk, east coast ou west coast, etc).

Le 28 juin dernier, les soeurs Jenner, Kendall et Kylie, toutes deux issues de l’empire Kardashian, ont soulevé une totale indignation auprès de nombreux fanatiques de t-shirts de groupes avec leur nouvelle collection en édition limitée. Les modèles se basent sur des t-shirts au style vintage sur lesquels sont imprimés leurs propres visages, par-dessus les logos ou photos de groupes.

Parmi les artistes recouverts par l’effigie des deux soeurs, on trouve Biggie, Tupac, The Doors, les Pink Floyd et leur célèbre triangle de l’album Dark Side of The Moon, ou encore Kiss ainsi que Ozzy Osbourne. Autre indignation pointée du doigt, le prix de certaines pièces qui atteignent les 125 dollars (soit 110 euros), souligne Stereogum.

Outrage aux légendes musicales

Sur Twitter, des internautes ont déploré un manque de respect :

the disrespect. Smfh. pic.twitter.com/PWEWrsbUkY

— pink gold Peach (@wolfie_____) June 28, 2017

Kendall Jenner really out here putting her face on tshirts with Pink Floyd, The Doors, and Ozzy Osborne ,,, pic.twitter.com/I50TN9PQBv

— SARAH ZINN (@sarahhzinn) June 28, 2017

Et un problème en engendrant un autre, les principaux concernés n’ont pas vraiment apprécié que deux stars aussi médiatiques volent ces images. Sharon Osbourne, épouse du leader de Black Sabbath, a tweeté son mécontentement :

Girls, you haven’t earned the right to put your face with musical icons. Stick to what you know…lip gloss. pic.twitter.com/BhmuUVrDBn

— Sharon Osbourne (@MrsSOsbourne) June 29, 2017

Traduction : “Les filles, vous n’avez pas mérité le droit de mettre vos têtes aux côtés d’icônes de la musique. Tenez-vous en à ce que vous connaissez… le gloss.”

La remarque (un peu sexiste) de Sharon Osbourne rejoint celle de la mère de Notorious B.I.G., Voletta Wallace, franchement remontée sur Instagram :

I am not sure who told @kyliejenner and @kendalljenner that they had the right to do this.  The disrespect of these girls to not even reach out to me or anyone connected to the estate baffles me.  I have no idea why they feel they can exploit the deaths of 2pac and my Son Christopher to sell a t-shirt.  This is disrespectful , disgusting, and exploitation at its worst!!!

A post shared by Voletta Wallace (@volettawallace) on Jun 29, 2017 at 9:31am PDT

Traduction : “J’ignore qui a accordé le droit à Kylie et Kendall Jenner de faire ceci. L’irrespect de ces deux filles de n’avoir même pas daigné me contacter, moi, ou n’importe quel autre détenteur des droits, me laisse perplexe. Je ne sais pas pourquoi elles ont l’impression de pouvoir exploiter la mort de 2pac et celle de mon fils, Christopher, pour vendre un t-shirt. Ceci est irrespectueux, dégoutant et relève du pire de l’exploitation.”

Arcade Fire joue les trolls

C’est un coup dur pour les soeurs Jenner, considérées par certains médias, de nombreuses marques, une part de la jeune génération et vraisemblablement par elles-mêmes, comme des icônes mondialement influentes. Face à ce tollé, elles n’ont pas eu d’autre choix que de retirer les habits de la vente avant de présenter leurs excuses sur les réseaux sociaux, le 29 juin dernier :

pic.twitter.com/pXQfQN8iVp

— Kylie Jenner (@KylieJenner) June 29, 2017

Traduction : “Ces designs n’ont pas été bien réfléchis,et nous présentons nos sincères excuses à ceux qui ont été touchés et/ou offensés, en particulier aux familles des artistes. Nous sommes d’immenses fans de leur musique et en aucun cas notre intention était de manquer de respect à des icônes culturelles. Les t-shirts ont été enlevés de la vente et toutes les images supprimées. Nous nous servirons de cela comme une opportunité d’apprendre de nos erreurs, et encore une fois, nous sommes désolées.”

Evidemment, d’autres acteurs de l’industrie musicale ont saisi cette occasion pour tourner en dérision l’égo des deux jeunes filles, notamment Arcade Fire. Le groupe canadien a lancé un t-shirt dans leur merchandising sur lequel leur propre logo (une sphère) se superpose au visage de Kendall Jenner, cette fois-ci. Selon le tweet d’un journaliste du NME présent à un stand officiel, les fonds récoltés à la vente de ce produit seront reversés à l’association américaine “Partners In Health”.

So @arcadefire are selling their own versions of *those* Kendal and Kylie Jenner t-shirts pic.twitter.com/vTrKrDJPxp

— Thomas (@thomasjsmith__) July 4, 2017

Conclusion de cette histoire : le monde s’en remettra.

Les Inrocks - musique

Major Lazer : “Avant de monter sur scène, on se met en cercle et on dit des mots magiques”

Un rituel de prière collective, une passion pour le travail d'équipe, un coup de feu tiré pendant leur live sur le plateau du “Grand journal”… De passage au Main Square festival d'Arras le 1er juillet, le groupe électro américain explore ses souvenirs au fil de notre entretien post-it.

Télérama.fr - Musiques

Mort de Pierre Henry, le musicien qui n’aimait pas les notes

Son célèbre “Psyché Rock” le fit connaître au grand public et influença toute la génération électronique. Le musicien français, figure facétieuse et majeure de la musique concrète, inlassable chercheur de l'inouï est mort jeudi 6 juillet 2017 à 89 ans.

Télérama.fr - Musiques

TMZ publie la lettre de rupture de Tupac à Madonna

(c) Wikipédia, Vimeo

Il y a deux ans, Madonna lâchait au micro de Howard Stern être sortie avec Tupac pendant quelques temps, à la fin de l’année 1994. Très surpris, l’animateur radio lui a aussitôt demandé pourquoi avoir gardé le secret aussi longtemps autour d’un couple aussi iconique, ce à quoi la chanteuse a répondu “je pensais que c’était de notoriété publique !”. Aujourd’hui, et plus de 21 ans après la mort du rappeur, une preuve formelle de cette relation vient tout juste d’être dévoilée par le site TMZ : une lettre de rupture écrite par Tupac, et adressée à Madonna, datée de 1995.

(c) TMZ

Deux couleurs de peau différentes

Écrite en janvier 1995 depuis la cellule de prison de Tupac (il avait été incarcéré pour agression sexuelle), ce dernier raconte à l’icône pop qu’il est “désolée de ne pas avoir été le genre d’ami qu’il peut être d’habitude”, puis lui explique que leur histoire ne peut pas durer à cause de leur différence de couleur de peau :

« Pour toi, le fait de sortir avec un homme de couleur ne met pas ta carrière en danger. Cela te donne l’image d’une personne ouverte et exci­tante. Mais pour moi, de par mon image, j’aurais l’impression de décevoir les gens qui m’ont fait devenir ce que je suis aujourd’hui. Je n’ai jamais voulu te blesser.”

Un peu plus loin dans la lettre, Tupac dévoile à Madonna qu’il a grandi “spirituellement et mentalement”, et lui demande comprendre le fait qu’il n’est qu’un “jeune homme à l’expérience très limitée, qui sort avec un sex-symbol très célèbre”. Enfin, il met en garde la chanteuse en lui expliquant que, dans ce métier, beaucoup de gens malveillants rôdent, et n’hésiteraient pas à lui faire du mal. A peine un an plus tard, le rappeur trouvait la mort au cours d’une fusillade.

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Asia Argento fonde le groupe Verdade et sort un single en écoute exclusive sur Les Inrocks

Asia Argento en interview (capture d'écran Youtube).

Asia Argento est une artiste underground totale : comédienne, réalisatrice, romancière, et DJ, la diva italienne est aussi chanteuse, et avait livré un premier album électro-rock en 2013, Total Entropy. Elle est de retour ce jeudi 6 juillet avec le single A Girl Like Her, disponible à l’écoute en exclusivité ci-dessous, avant sa sortie officielle demain via le label digital Splinter :

Asia Argento a composé A Girl Like Her avec son groupe Verdade (“Vérité” en portugais), qui comprenait un temps Soko, mais qu’elle a recomposé depuis. On y retrouve toujours Vicarious Bliss et Christophe Hetier, alias Antipop, ancien membre du groupe de trip hop Télépopmusik, et deux petits nouveaux, Kid Loco et DJ Seep, du duo Belleville Machine Music.

L’artwork du titre a lui été dessiné par l’artiste français derrière le compte Instagram érotique Regards Coupables, qui a aussi dirigé le clip à venir du morceau

Des soirées à ne pas rater

Verdade sortira un EP en version vinyle chez Nuun Records à la rentrée. En attendant, le groupe sera en concert ce jeudi 6 juillet, puis le vendredi 7, au Salò à Paris, dans le cadre d’une carte blanche accordée à Asia Argento.

Elle a concocté un programme qui rassemblera la crème de l’underground artistique français sur trois soirées, avec une masterclass de Gaspard Noé, Bertrand Bonello et Olivier Assayas ce soir, ou encore des spoken words de Béatrice Dalle et Virginie Despentes demain. La grande prêtresse excentrique de la no wave Lydia Lunch sera elle aussi de la party. Be there or be square.

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Paradis : “On essaye de maintenir intact nos impulsions”

Paradis @Andrea Montano.

Est-ce que vous avez commencé à chanter par nostalgie de la chanson française ou par désir de la réinventer ?

Pierre Rousseau – Non, il n’y avait ni ambition artistique ni volonté de s’inscrire dans quoique ce soit. Avec Simon, nous souhaitions juste utiliser une voix et des mots. Pour nous, la chose la plus sincère artistiquement et la plus maîtrisable pour cela, c’était la langue française.

Quels sont les artistes qui vous ont convaincu de chanter en français ?

Il y a pas d’artistes en particulier. Je pense que l’on peut être autant touché par Léo Ferré que par Etienne Daho. Mais j’ai une affection particulière pour Jean-Louis Murat et son disque Cheyenne Automne. Je trouve que cet album est assez proche de ce que l’on a ambitionné de faire sur le notre.

Vous avez travaillé sur la musique d’Alain Chamfort et d’Alain Souchon. Est-ce que vous avez le sentiment de vous inscrire dans un héritage commun ?

Il n’y avait pas spécialement de volonté de s’inscrire dans cet héritage mais il n’y a pas non plus d’envie inverse. C’est nous qui avons décidé de reprendre une chanson d’Alain Souchon. Cette reprise a été un déclic. C’est un morceau que connaissait bien Simon et il s’est mis à fredonner ses paroles sur une instru. Ce fût une révélation. Et ensuite Tim Sweeney (dj et animateur radio new-yorkais ndlr) nous a encouragés à poursuivre dans cette voie en chantant davantage en français.

Est-ce que la house music est derrière vous désormais ?

La house a été notre point de rencontre mais nous nous sommes rendus compte que notre avenir et notre présent passait désormais par des chansons. Nous avons dépassé la question du style et de la forme pour comprendre qu’il fallait écrire des textes et les chanter.

Comment se passe votre processus d’écriture ?

Tout se fait à 4 mains. L’impulsion de passer à la chanson vient souvent de Simon car c’est lui qui chante. Ensuite, on se pose devant Word et l’on écrit chacun à notre tour. C’est comme un puzzle. On barre, on modifie à tour de rôle. Souvent le sujet initial est complété et amendé par l’autre. Par exemple, un morceau comme “Toi et moi” au départ c’était une chanson sur le fait d’avoir un enfant. Au final certains la perçoivent comme une chanson sur l’amitié. Dans nos chansons, on essaye de maintenir intact nos impulsions afin qu’une variété d’interprétations subsistent.

Quel regard portes-tu sur le rap français et sa réappropriation de la langue française ?

Je le trouve exceptionnel. On nous parle souvent de renouveau de la chanson française comme si l’on ignorait le rap depuis 30 ans. J’en ai jamais beaucoup écouté et je ne m’identifie pas à cette musique mais ça fait partie de mes influences. Il y a d’ailleurs plusieurs rappeurs qui nous ont écrit pour des collaborations… Mais il y a quelque chose dans l’écriture du rap auquel je n’accéderai jamais et j’en suis pleinement conscient.

Beaucoup voient dans Juliette Armanet, des touches de Véronique Sanson ou la patte de Mylène Farmer dans les chansons de Fishbach. Quel regard portes-tu sur cette nouvelle scène ?

Je connais mieux Juliette que Flora mais je trouve ça super. Dans la musique et la création, il y a toujours un côté Madeleine de Proust. Je pense que c’est à la fois naturelle et classique, que des éléments de beauté d’une époque rejaillissent dans l’époque suivante. Je pense qu’on fait toujours de la musique pour retrouver un état de naïveté et de candeur que l’on avait durant notre enfance. Dans les années 80, il y a un revival des années 50. Les mecs de la New Wave faisaient du Rockabilly avec des boîtes à rythme. Et les mecs de la French Touch ont pioché dans la disco. Je pense que ce sont des phénomènes naturels et cycliques.

Vous avez déjà une idée de votre prochain album ?

On va sans doute essayer d’explorer ce que l’on expérimente déjà en live depuis le Midi Festival, l’an dernier. Simon chante et module des synthés, je joue de la guitare, Paul est au clavier et joue sur plusieurs synthétiseurs et enfin Victor est à la batterie. Les concerts en live nous ont permis d’éprouver notre musique et de la faire vivre différemment.

Après votre succès, on peut imaginer que vous serez d’une humeur moins mélancolique ?

Je pense et je le souhaite. Avec Simon, le disque s’est construit dans une forme de dualité assez intime et conflictuelle. C’était une conversation entre deux personnes qui s’observent. La création d’un album à deux, c’est une forme de mise à nu émotionnel que je n’ai jamais connu avec personne d’autre. Le fait d’avoir un groupe c’est quelque chose qui a ouvert cette intimité et a permis de la décomplexer à beaucoup d’égard. Je pense que nous ne pourrons jamais revenir dessus…

Propos recueillis par David Doucet 

Concerts :
Montreux Jazz Festival, le lundi 10 juillet
Festival Musilac, le jeudi 13 juillet.

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Juillet 2017
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