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29 juin 2017

RTV 95.7 Podcast : Zombi Radio

Le rock ça n'a pas d'âge et ça se partage !

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Virginie Despentes et Béatrice Dalle rendent hommage à Pasolini

(© M.Faluomi)

Perché au balcon de la grande salle de la maison de la poésie, on peut observer ce soir un public hétéroclite. Un public que l’on trouve rarement aux événements littéraires, qui est plutôt celui des concerts punk ou metal : tatouages, cuirs, piercings and co. Certains sont venus pour Virginie Despentes, d’autres pour Béatrice Dalle, son acolyte pour ce spectacle.

Il y a aussi les admirateurs de Pasolini que la thématique, une lecture de textes du grand Piero portée par la musique du groupe Zëro, a de quoi séduire. Relégués à des strapontins sur un côté tant la salle est comble, Anna Mouglalis, Arthur H et Adèle Haenel pourraient faire partie des trois catégories.
On se souvient de cette lecture du Requiem des innocents de Louis Calaferte par Despentes, automne 2015, avec les même musiciens. Une création littéraire et musicale inoubliable, qui avait fait le tour des festivals de France. Le dispositif est quelque peu différent ce soir: à gauche l’auteure de Vernon Subutex, jeans et débardeur sombres, baskets blanches ; à sa droite Béatrice Dalle, plus habillée en look madone italienne limite femme fatale: veste et pantalon noirs, rouge à lèvres, lunettes, santiags.

Le duo regarde le public droit devant. L’actrice lance les hostilités, bras tendus en l’air : “Un des thèmes les plus mystérieux du théâtre tragique grec est celui de la prédestination des fils à payer les fautes des pères. Il importe peu que les fils soient bons, innocents, pieux : si leurs pères ont péché, ils doivent être punis !” On reconnaît les premières lignes de La Jeunesse malheureuse, ce texte scandaleux, polémique et violent, écrit par Pasolini moins d’un an avant d’être assassiné.

Prémonitoire des crises à venir de l’Occident, le livre devint après la mort du poète-cinéaste un véritable bréviaire de la révolte et de l’anticonformisme. Des boucles planantes de synthé (Wilo) accompagnent la voix haut perchée de Dalle ; un son sourd de tuba psychédélique (Ivan Chiossone, claviers) accompagne cette mélopée.

Le désastre de tous les désastres

“Je condamne les fils, puisque je suis père !” s’emporte l’actrice, visiblement scandalisée par ce qu’elle lit. “Un de ces pères qui se sont rendus responsables, d’abord du fascisme, ensuite du régime clérical-fasciste et faussement démocratique, et qui ont fini par accepter la nouvelle forme du pouvoir, le pouvoir de la société de consommation, le dernier des désastres, désastre de tous les désastres !”.

On a l’impression que c’est Pasolini lui-même qui vomit ces mots, là, devant nous. Le guitare débarque (Eric Aldéa), elle crie aussi la révolte, s’énerve, sature. Despentes lui répond de sa voix âpre, rauque mais posée. Calme, comme si elle tachait de consoler sa partenaire: “Ma vie peut se manifester remarquablement, par exemple dans le courage que j’aurai de révéler à ces nouveaux fils ce que je ressens réellement à leur égard (…). Mieux vaut être ennemi du peuple qu’être ennemi de la réalité”.

Les mots résonnent, comme autant d’assauts contre la bien-pensance, mais aussi contre toute forme d’adhésion illusoire à une “cause” : communisme, démocratie, révolution

L’angoisse du lynchage

Parfois les deux voix se chevauchent ou s’unissent, en chœur ou en léger décalage. Les performeuses enchaînent sur un autre texte, où il est question de l’Inde et de colonialisme, extrait sans doute de L’Odeur de l’Inde, qui relate le voyage du cinéaste en 1961. Despentes fait entendre son pessimisme sombre, ces visions d’extrême misère. Presque réservée au début, elle laisse peu à peu ses mains danser au rythme de la musique. Ses hanches bougent tandis que le clavier s’emballe, ses pieds font de petits sauts comme un boxeur s’entraînant avant un combat.

Soudain elle se met à slamer, suivant le beat saccadé de Frank Laurino à la batterie : “Obscur / obesssion / de la masse… juke-box / en plein air / fort / candide”. Dalle reprend de son timbre envoûtant. Elle nous emmène dans une banlieue de Rome, où Pasolini a comme un présage de sa propre mort, ce meurtre effroyable resté irrésolu. Elle murmure “l’angoisse du lynchage” mais le choix, “cependant, d’en rire”. Et puis, épuisée, à bout de nerfs, elle se met à pleurer. Sans s’en rendre compte, continuant ce flux de mots qui ne s’arrête pas. Elle ne joue pas, c’est sincère.

Despentes lui répond de nouveau : “Ce 15 août, il remonte dans la voiture… Il sait qu’il n’a pas d’autre issue que d’accepter la fin / avec un peu de poésie.”. “Ma victoire, ma défaite, mon intérêt : tout est désormais derrière moi” conclut-elle. Et l’on comprend au bout du compte pourquoi ça marche si bien, ce tandem. Si l’écrivaine a l’intelligence et l’intransigeance lucide du poète, l’actrice apporte en effet cette part de compassion sensuelle, meurtrie et blessée, que Pasolini bénissait entre tout. Dalle incarne l’érotisme de la souffrance, Marie-Madeleine plus que la Vierge Marie. Cette synthèse impossible du catholicisme, du marxisme et de l’homosexualité que tenta le cinéaste italien jusqu’à la fin de sa vie.

PS : Béatrice Dalle et Virginie Despentes appellent à les aider à financer “Une charogne”, premier film inspiré par les mots de Baudelaire sur www.kisskissbankbank.com/une-charogne.

Les Inrocks - Musique

Les Inrocks Festival 2017: les premières infos sont ici

C’est reparti pour un tour ! Les Inrocks Festival soufflera sa trentième bougie cette année et pour l’occasion, la Gaité Lyrique ouvre ses portes pour un événement culturel et musical du 23 au 26 novembre.

Au programme : la musique évidemment, mais aussi le cinéma, les arts, le débat d’idées, la littérature et la food. Un bouillonnement encore et toujours partagé entre curiosité et surprises à l’image du magazine et de sa nouvelle formule lancée le 30 août. Et cerise sur le gâteau, le festival fera un détour par le Casino de Paris pour une soirée spéciale le 24 novembre.

Trois décennies se sont écoulées depuis la première édition du festival organisé par le magazine, qui a bien grandi depuis. Son évolution se poursuit avec le lancement d’une toute nouvelle formule à partir du 30 août prochain.

Rendez-vous le 3 juillet prochain à 15h pour découvrir la programmation, et pour l’ouverture de la billetterie. En attendant, replongez-vous, ci-dessous, dans l’édition de l’an passé, avec à l’affiche Jagwar Ma, Cassius, Kartell ou encore Paradis.

Les Inrocks - Musique

Geri Allen, pianiste de jazz décisive, est morte

Groove, impressionnisme, percussivité, telles étaient les première qualités de la pianiste Geri Allen. Formée au classique mais jazzwoman totale, elle vient d'être emportée par le cancer, à 60 ans.

Télérama.fr - Musiques

Et si la scène musicale de Tel Aviv était prête à envahir le monde ?

capture d'écran Youtube/LolaMarshVEVO

Au printemps 2016, on partait à Tel Aviv pour rencontrer le duo Lola Marsh, qui sortait alors son premier ep. Les mois ont passé sur la côte israélienne. Yael et Gil ont continué à travailler et s’apprêtent désormais à publier leur premier album, Remember Roses, prévu pour le mois de septembre. Ils le sortent via Barclay mais sont signés, à la base, sur un label local créé en 2006, Anova. Lola Marsh est le premier projet du label travaillé directement pour le marché international, avant même d’être développé à domicile.

“Une sorte de village”

Avec leurs tubes pop-folk à penser quelque part entre The Do et Lana Del Rey, Yael et Gil ont le potentiel pour s’adresser à un public qui n’aura même pas besoin de savoir d’où ils viennent. Une chanson comme You’re Mine serait-elle très différente, ou s’écouterait-elle différemment si elle avait été enregistrée à New York, Lisbonne ou Le Cap plutôt qu’à Tel Aviv?

“On a longtemps été dans une logique consistant à voir si ça marche chez nous avant de se lancer à l’étranger, raconte Uni, label manager chez Anova. Mais pourquoi? On peut se lancer directement à l’international si un autre pays est plus réceptif que le notre concernant tel ou tel projet.”

Dans les bureaux/studios du label, situés dans un quartier en réhabilitation du sud de Tel Aviv, à la lisière de Jaffa, Uni a conscience d’être au centre d’un mouvement de rassemblement et de développement artistiques. Yael, de Lola Marsh, décrit Tel Aviv comme “une sorte de village”. “C’est une grande ville, poursuit-elle, mais entre musiciens, on se connait tous les uns les autres. C’est agréable de sentir qu’on fait partie d’un tout.”

Un temple de la musique indé

Le catalogue d’Anova abrite, en gros, un peu tous les genres du prisme pop-rock (ailleurs à Tel Aviv, des projets récents comme A-Wa ou Riff Cohen, qui chante parfois français, jouent plutôt la carte des sonorités orientales.) Il y a des choses plus ou moins accessibles, plus ou moins instrumentales. Par ailleurs, ça se passe en hébreu autant qu’en anglais.

“Ici, dès que tu chantes en anglais, tu es étiqueté ‘indé’, sourit Joshua, le boss du label, quand il raconte ses aventures musicales autour d’un bol de tahini. Alors que nous, on s’en fiche un peu de ce genre de chapelles.” Le fait est qu’à première vue, et à la deuxième aussi, Anova a tout du petit temple de la musique indépendante. Pas forcément une évidence dans un pays où “il n’y a même pas de presse musicale spécialisée, à peine quelques blogs”, constate Joshua. Et d’ajouter : “On a du retard sur certaines choses…”

“Quand Joshua est venu nous voir en disant qu’il voulait nous signer sur son label, on ne s’est pas du tout rendu compte à quel point c’était important !”, s’amuse Gil, de Lola Marsh. Comme lui, d’autres ont eu la chance d’avoir Joshua dans le public un soir où ils jouaient, dans un bar ou un lieu dans le genre. Derrière ses petites lunettes et ses airs calmes, Joshua sait exactement où il veut aller, et où il veut emmener les gens.

Garden City Movement, Vaadat Charigim et les autres

La dernière sortie du label est le nouvel ep de Less Acrobats, titré Stanza. Le groupe évolue dans un genre de rock perché tirant vers le r’n’b et le hip-hop – un peu à la Glass Animals, disons.

Mais la signature en fronton du label est Garden City Movement, premier groupe Anova à s’être développé à l’international (mais de façon plus classique que Lola Marsh, c’est-à-dire après un certain répondant venant du public israélien). Avec ses textes en anglais et ses rêveries entre rock et musiques électroniques, Garden City Movement a donné des news en 2016 avec le single She’s So Untouchable. Un truc toujours rêveur, mais un peu funky. En attendant un nouvel album prévu pour bientôt.

Dans le même genre de projets n’ayant, au premier abord, rien de spécialement identifiable à Tel Aviv, Anova a eu l’occasion de sortir les premiers morceaux de Totemo avec l’ep Heavy As My Dreams. C’est le projet d’une musicienne solo qui, pour le coup, n’a rien de rock. C’est très clairement de la pop, mais dans un genre un peu arty, un peu lent.

Comme Lola Marsh, Less Acrobats et Garden City Movement, Totemo chante en anglais. Ce qui n’est pas le cas de Vaadat Charigim, bien que leurs albums soient titrés The World is Well Lost et Sinking as a Stone. A l’intérieur, ça chante dans un hébreu nonchalant perdu dans la réverb et les distorsions de guitares. On dirait un peu The Smiths. Mais en hébreu, donc.

Dans le même genre, le label travaille aussi avec Soda Fabric. Mais eux chantent en anglais. Du coup, on dirait vraiment The Smiths.

Il y a aussi du rock bizarre dans le catalogue : Tiny Fingers.

Et d’autres choses non identifiées, genre Helfer.

Anova ne fait toutefois pas que dans les artistes émergents. En 2012, le label a par exemple publié un album de l’actrice et musicienne Efrat Ben Zur, qui y interprète des poèmes d’Emily Dickinson. Le groupe Rockfour, en marche depuis 1988, auteur d’une dizaine d’albums et habitué des tournées aux Etats-Unis, a également eu l’occasion de travailler avec Anova. Comme pour indiquer, mine de rien, que la signature sera partout à l’avenir.

Les Inrocks - Musique

Patrick Guerin chante Brel à la Pizza Gogo le 29 juin 2017

Bonjour!!!

Venez découvrir Patrick Guerin et son amour pour Brel , ce soir à la Pizza Gogo (29 juin 2017) à partir de 20h30.
Chaleureux et aussi plein de talent , c'est aussi un comédien, Patrick vous réservera une surprise aucours de son tour de chant!
Venez vous régaler les papilles et les oreilles!

sortiesdrouaises

Gaëtan Roussel : “Avec Rachida, nous voulions rester proches de nos racines communes”

Toujours en partance, le leader de Louise Attaque a embarqué pour un voyage avec Rachida Brakni. Lady Sir est une aventure pop en trois langues…

Télérama.fr - Musiques

U2, 28 juin, au MetLife Stadium d'E. Rutherford

Première partie : The Lumineers

Setlist

1 - Sunday Bloody Sunday

2 - New Year's Day

3 - Bad / America (snippet)

4 - Pride (In The Name Of Love)

5 - Where The Streets Have No Name / California (There Is No End To Love) (snippet)

6 - I Still Haven't Found What I'm Looking For

7 - With Or Without You

8 - Bullet The Blue Sky / America (snippet)

9 - Running To Stand Still

10 - Red Hill Mining Town

11 - In God's Country

12 - Trip Through Your Wires

13 - One Tree Hill

14 - Exit / Wise Blood (snippet) / Eeny Meeny Miny Moe (snippet)

15 - Mothers Of The Disappeared

Rappel(s) :

16 - Miss Sarajevo / The New Colossus (snippet)

17 - Beautiful Day / Starman (snippet)

18 - Elevation

19 - Vertigo / It's Only Rock 'n' Roll (But I Like It) (snippet) / Rebel Rebel (snippet)

20 - Ultra Violet (Light My Way)

21 - One / Hear Us Coming (snippet)

22 - The Little Things That Give You Away

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