Actu musique

28 juin 2017

Lomepal en animateur télé sadique dans son nouveau clip

Lomepal dans son dernier clip (capture d’écran Youtube)

Dans le clip de Palpal, Lomepal présente un jeu télé dystopique dans lequel un couple de participants est encouragé à s’entre-torturer pour gagner de l’argent. Le tout sous le regard amusé du public :

Ce morceau est issu du premier album de Lomepal, Flip (qui sortira le 30 juin prochain) : un titre qui fait référence à une figure de skate, l’une des passions de l’artiste.

Bientôt en tournée

La vidéo de Palpal a été réalisée par Dario Fau et Mohamed Chabane, membre de l’Ordre Collectif. Auparavant, ce crew avait déjà collaboré avec Lomepal sur plusieurs clips, dont La Marelle, Les Battements, ou encore Pommade, un autre extrait de Flip.

Avant cet album, le rappeur du 13ème arrondissement de Paris avait composé cinq projets, dont l’EP ODSL (2016). Pour célébrer la sortie de Flip, Lomepal donnera un concert à La Maroquinerie le 30 juin prochain. Il enchaînera avec des lives à Lyon le 6 octobre, Tourcoing le 13, puis à la Gaîté Lyrique le 6 novembre et Marseille le 17.

Les Inrocks - Musique

Joyeuse fin de saison à l'Opéra de Lyon avec “Viva la Mamma !”, une rareté de Donizetti

Avec “Viva la Mamma !”, réjouissant “dramma giocoso” de Gaetano Donizetti, l’Opéra de Lyon referme sa saison 2016/2017 en mettant les rieurs de son côté. Avec, dans le rôle-titre, un Laurent Naouri génialement déchaîné.

Télérama.fr - Musiques

Disiz La Peste : l’interview Pacifique avec Les Inrocks

Au début du mois de juin, on a profité de la sortie du onzième album de Disiz La Peste pour lui rendre visite chez lui, dans son home studio. Occasion idéale pour évoquer lais raisons d’être de Pacifique, la place du hip-hop à la télévision française, la percée du rap belge, les liens toujours plus évidents entre le rap et la pop… Et les multiples évolutions d’un artiste en quête perpétuelle de renouvellement et de réinvention.

On a aussi remonté le temps pour mettre en lumière l’influence inconsciente de MC Solaar sur le plus gros hit de Disiz. Pour les fans de Scarface, on révèle aussi la véritable nature de la relation entretenue par Tony Montana avec sa soeur Gina.

Les Inrocks - Musique

Le festival électro Area217 interdit pour cause de “risque extérieur”

L'Etat d'urgence et la menace terroriste accrue ont eu raison d'Area217, qui comptait enfin signer son acte de naissance,sur l'ancienne base militaire du Plessis-Pâté, dans l'Essonne.

Télérama.fr - Musiques

Public Enemy sortira un nouvel album la semaine prochaine

Public Enemy en live (Amnesia Ibiza / CC / Flickr)

Le légendaire groupe de hip-hop new-yorkais Public Enemy, connu pour ses textes engagés et provocants, va sortir un nouveau disque le 4 juillet prochain qui s’appellera Nothing Is Quick In The Desert. L’information devait rester secrète. Mais elle a été révélée dimanche dernier par le site espagnol Binaural, avant d’être confirmée par Chuck D au média spécialisé HipHopDX.

Il s’est aussi brièvement exprimé au sujet du titre du LP : “Le business musical a l’aspect d’un désert. Mais la musique a une vie si tu la regardes comme il faut.”

Chuck D enchaîne les projets

L’album devrait être disponible gratuitement au téléchargement. D’après Binaural, il comprendra un morceau intitulé Rest In Beats, que Flavor Flav et Chuck D ont dédié à leurs collaborateurs décédés.

Le dernier disque de Public Enemy, Man Plans God Laughs, date de 2015. Après Nothing Is Quick In The Desert, Chuck D sortira un autre LP le 15 septembre prochain avec Prophets of Rage : le supergroupe qui réunit aussi DJ Lord de Public Enemy, trois membres de Rage Against The Machine, et B-Real de Cypress Hill.

Les Inrocks - Musique

Les Stone Roses se sont (encore) séparés

Capture d'écran Youtube du clip de "Fools Gold."

Aucune annonce officielLe n’a été émise pour le moment, mais il semblerait qu les Stones Roses aient bien décidé de reprendre leur route chacun de leur côté, encore une fois.

Ce weekend, des rumeurs se sont mises à circuler à l’issue du concert du groupe mancunien à Glasgow, le 24 juin dernier à Hampden Park. Sur scène, vers la fin du show (qui pourrait bien être le dernier), le frontman et chanteur Ian Brown a déclaré au public : “Ne soyez pas tristes, soyez heureux que cela soit arrivé !”, rapporte NME.

Le 27 juin, The Daily Star, relayé par Radio X et NME, a révélé que Ian Brown reprenait sa carrière solo avec un nouvel album en préparation depuis mai 2017.

Le magazine NME, quant à lui, a contacté des représentants des Stones Roses, mais personne n’a accepté de confirmer officiellement la nouvelle. Du côté des anglais, les fans semblent relativement déçu, mais pas franchement surpris.

THE STONE ROSES HAVE SPLIT UP
Don't be sad it's over.
Be happy that it happened.
Ian Brown -Glasgow #quoteoftheday pic.twitter.com/bOx33dNHZY

— Neil Handy (@HandyNeil) June 24, 2017

Seconde séparation depuis 1996

Cette énième séparation n’a pas l’air d’émouvoir beaucoup les fnas. Sur les réseaux sociaux, les commentaires sur l’événement se font rares. Les Stone Roses se sont déjà séparés dans le passé. Formés en 1983, ils ne sortiront leur premier album qu’en 1989, et le suivant cinq ans plus tard.

Ian Brown, le bassiste Manie et leurs partenaires mettent un terme à l’existence du groupe d’abord en 1996. Il faudra patienter jusqu’en 2011 pour les revoir sur scène, tous ensemble. Si les rumeurs sont confirmées, 2017 marquera la seconde dissolution d’un groupe majeur de la brit-pop. Une bonne raison pour réviser ses classiques :

Les Inrocks - Musique

Melody’s Echo Chamber annule sa tournée à cause d’un “grave accident”

Capture d'écran du clip "Crystallized"

C’est une bien triste nouvelle qui a été annoncée sur la page de l’artiste hier : à cause d’un grave accident dont on ne sait rien de plus pour le moment, Melody Prochet – plus connue sous le pseudonyme Melody’s Echo Chamber- a été contrainte d’annuler sa tournée à venir. C’est sa famille qui, via un post Facebook, a relayé l’information.

“Chers amis, Melody a subit un grave accident plus tôt ce mois-ci. Nous sommes optimistes, mais elle doit rester à l’hôpital pour encore quelques mois. De ce fait, sa tournée prévue a été annulée mais elle espère pouvoir remonter sur scène bientôt. Merci pour tout votre soutien. La famille de Melody”.

Deux mois après avoir dévoilé le titre de son grand retour, Cross My Heart, la chanteuse va devoir se reposer avant de reprendre la route.

Les Inrocks - Musique

Exclu : Voyage aux frontières de la techno avec “Rita”, le premier EP d’Irène Drésel

Crédit : Rod Maurice

Jouant sur des ambiguïtés et entre-deux parfois intimidants, la productrice Irène Drésel continue d’appliquer la formule qui la suit depuis ses débuts en tant que plasticienne. Contrasté mais jamais indécis, l’univers de la musicienne trouve un équilibre fragile et une cohérence, aussi miraculeuse que ne le suggère son penchant spirituel, entre des mondes au premier abord difficiles à réconcilier. Une techno florale, comme l’artiste aime à la nommer, dont les charmes, tantôt innocents tantôt séducteurs, évoquent aussi bien la beauté sacrée d’un jardin d’Eden – celui dont Irène s’entoure sur scène, dissimulée derrière un mur végétal – que la légèreté des plaisirs épicuriens, joliment mis en images par Flokim Lucas pour son premier clip Lutka. Ballottant l’auditeur entre beats caverneux et mélodies cristallines, le déroutant Rita ne déroge pas à la règle.

Ecoute de l’Ep en avant-première et rencontre avec sa créatrice :

Bonjour Irène. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours musical?
Irène Drésel : Initialement, j’ai un parcours plutôt orienté image. La musique est venue sur le tard. Un jour j’ai eu besoin d’une bande son pour une expo perso et c’est à ce moment-là que je m’y suis mise. Depuis ça ne m’a plus lâchée et ça a pris doucement le pas sur le reste. Mon premier clip vidéo Lutka, réalisé par Flokim Lucas, a pas mal été diffusé et relayé, ce qui a permis de me construire peu à peu un auditoire. J’ai également eu la chance de faire partie des dix finalistes du prix Ricard et de toucher ainsi un public plus large.

Tu es passée par une formation aux Beaux Arts. Est-ce que ta musique rejoint ton univers plastique?
Mon univers plastique a débuté par un travail de mémoire en 2004. J’ai passé trois mois à réécrire mes rêves chaque matin. De là est né un petit livre écrit à l’envers, déchiffrable à l’aide d’un miroir. Un travail autour du sommeil, de la dichotomie entre le corps et l’esprit, traduit par la pratique du dessin, de la vidéo et des installations. Puis j’ai développé au fil des années un travail photographique sur l’identité et l’émergence du corps dans l’espace. On avait l’impression, sur une même image fixe, de voir le corps apparaître puis disparaître. Je joue depuis toujours sur cette tension entre deux états ou deux extrêmes. Lorsque ma production a pris un tournant musical, cette même démarche a continué de se ressentir. Les mélodies contrastent avec les basses pour emmener l’auditeur dans une sorte de transe “sur le fil”. Les clips réalisés avec Flokim Lucas alimentent également cette tension.

Comment s’est déroulée la collaboration avec Flokim Lucas, pour ton premier clip Lutka ?
J’étais fascinée par son clip d’animation The Face of Another pour Bot’Ox. Je l’ai contactée pour lui proposer de travailler ensemble et elle m’a répondu positivement. Je l’ai guidée un peu sur mes envies, puis j’ai vu que ça fonctionnait parfaitement et j’ai fini par lui laisser carte blanche. Mon nouveau clip Rita, qui va sortir ces jours-ci, est également réalisé par elle. Les quelques artistes desquels je m’entoure ont un univers proche du mien et n’ont pas besoin d’être guidés. Par exemple, pour ma date au festival Fnac Live, c’est la costume designer italienne Vivalentina qui va s’occuper de nos tenues.

Les titres de Rita sont-ils tes plus récents? Quelle direction voulais-tu donner à cet EP?
Lutka n’est pas présent sur la version des plateformes digitales mais sur le vinyle, en bonus sur la face 2 – en version courte et version longue! J’ai fait exprès de choisir pour le vinyle digital, des morceaux cohérents qui avaient la même dynamique. Rita n’est pas un morceau récent. Je l’ai composé bien avant Lutka. Ce dernier est un peu plus introspectif et ne correspondait pas tout à fait avec l’intention de l’EP, qui va droit au but en montant en puissance comme une prière jusqu’à son envolée.

Tu as récemment été approchée par le label InFiné. Qu’est-ce qui t’a finalement poussée à autoproduire ton EP?
Ça n’a pas été un choix facile car on s’entendait bien. On a fait une partie de chemin ensemble mais j’ai décidé de rester autonome et d’avancer au rythme qui me convenait. L’autoproduction n’est pas chose facile, surtout lorsque c’est la première fois. Mais ça permet d’avoir un regard plus avisé, de comprendre beaucoup mieux la chaîne de fabrication d’un disque. J’ai donc mis la main à la patte, aidée de mon manager. Tout est une question d’énergie. J’en ai à revendre alors ça va!

L’EP s’ouvre sur des paroles quasi cryptiques et susurrées, au début du titre Rita. Ont-elles une signification?
C’est une prière en français récitée à l’envers. Une prière à Sainte Rita, qui me soutient au quotidien. Prie-la, tu verras : toutes les prières à Sainte Rita fonctionnent! Cela renvoie directement aux prémices de mon travail plastique, quand je parlais de mon livre écrit à l’envers. L’EP étant gravé sur vinyle, ça permettra de lire le disque en reverse et de déchiffrer ce qui se dit. Je n’avais pas envie que la prière se comprenne à la première écoute.

La mélodie semble centrale dans ton travail, et prend parfois le dessus sur la possible “abstraction” de la techno. Ce sont deux paramètres que tu traites indépendamment?
Le beat techno, abyssal et sensuel est là pour aider mes mélodies à s’envoler vers quelque chose de stellaire et cristallin. C’est très important pour moi que celles-ci soient présentes et dominantes. Lorsque j’écoute One Tree Hill d’Extrawelt ou Bedford de Bodzin, deux de mes références techno dont je ne me lasse pas, c’est la mélodie que mon cerveau retient principalement bien que le rythme soit essentiel à la puissance du track. C’est peut-être dû à un mécanisme purement féminin…

Cette prédominance des mélodies provient-elle d’influences plus vastes?
Je n’ai jamais composé rien d’autre que de la techno ou de l’electronica mais mes autres influences se tourneraient davantage vers le classique comme La Callas ou la musique traditionnelle bangladaise. Dans tous les cas, je ne cherche pas vraiment à rentrer dans une case 100% “techno”.

Ton EP semble approcher de nouvelles sonorités et genres musicaux. Est-ce que tu cherchais à lui donner un côté plus “dansant” ?
Etant donné que je suis amenée à faire beaucoup plus de live qu’avant, j’ai dû revoir la dynamique de mes titres afin d’avoir une base plus dansante car j’ai vite constaté que peu de mes morceaux studio pouvaient se réintégrer dans un live dancefloor. Ces allers-retours entre les compos studio et les compos live alimentent aujourd’hui ma manière de travailler. Pour composer cet EP, j’ai juste tenu à proposer un ensemble cohérent.

Certains de tes concerts paraissent plus proches d’une techno portée sur les boucles et l’état de transe qu’elles peuvent induire. Quels effets cherches-tu à provoquer en live?
Dans le live, tout est remanié, réarrangé. Déjà parce que tous mes morceaux ne sont pas forcément sur la même tonalité, ni sur le même beat. D’autre part, j’estime que le live est un autre mode d’écoute. Le spectateur est là pour vivre une expérience. Beaucoup de mélodies ne sont conçues que pour le live. Elles pourraient être réintégrées à l’album, seulement comme des interludes ou des moments de respiration. Pour les lives de longue durée, j’essaie de faire durer le plaisir en amenant le beat par de grandes montées étirées et hypnotiques, alternées de moments d’accalmie proches du recueillement. Je considère le live comme un voyage, avec une certaine dimension spirituelle. Les deux musiciens qui m’accompagnent à la flûte à bec et aux percussions ajoutent également une dimension chamanique à l’ensemble.

Ep Rita, disponible en version digitale le 30 juin.
Version vinyle à commander sur le site officiel d’Irène Drésel.
En concert le vendredi 7 juillet au Fnac Live, à Paris.

Les Inrocks - Musique

“Souchon dans l’air” : un vent frais de souchon-mania ?

Souchon dans l’air est un album de famille. Les fils Pierre et Charles “Ours” Souchon en sont les directeurs artistiques, et les artistes venus poser leurs voix sont autant d’enfants spirituels. DJe Katerine à Benjamin Biolay et d’Oxmo Puccino à Juliette Armanet, chacun de ces gosses lointains incarne une facette de l’artiste : spleen, sensualité, société.

L’antithèse de “Génération Goldman”

"La vie ne vaut rien" par Benjamin Biolay

Quand Benjamin Biolay reprend "La vie ne vaut rien"… rien ne vaut la vie !Souchon dans l'air un album de reprises de Alain Souchon sortie le 16 juin.Précommandez l'album et recevez immédiatement "La vie ne vaut rien" + "Y'a d'la rumba dans l'air" par Philippe Katerine et "La ballade de Jim" par IZIA > https://Souchon.lnk.to/SouchonDansLairFP

Posted by Souchon dans l'air on Friday, June 9, 2017

La pochette est belle : bleue et blanche. Comme un clin d’oeil épuré aux deux albums des Beatles, culture sixties tant vénérée par l’auteur de Rockollection. Depuis plus de quatre décennies, sa silhouette fantoche hante la chanson française. Trois ans après la sortie du décrié Alain Souchon & Laurent Voulzy et alors que la dernière souchonnerie en date s’écoute dans le lunaire Ouvert la nuit d’Edouard Baer, Souchon dans l’air  revisite les hits majeurs du chevelu – Allô maman bobo, J’ai dix ans, La ballade de Jim, J’suis bidon – sans l’ériger en légende intouchable ni le violenter à coups de remix improbables. Mais en laissant couler cette élégance rétro qui différencie la vieillotte variétoche de la variété-chic.

Ouf : l’album-hommage ne passe pas Souchon à la machine. Et ne le condamne pas à être trituré par les chantres du hit parade. Peaufiné, le casting nous fait ressentir les variations du personnage de dandy loser. Sa facette existentielle s’accorde au romantisme noir d’un Biolay qui nous susurre à l’oreille que La vie ne vaut rien. Sa tonalité fleur-bleue se retrouve dans la bouche d’une Juliette Armanet en pleine Ultramoderne solitude. Entre l’érotisme candide du Baiser de Vanessa Paradis et la gaieté désinvolte de Mathieu Boogaerts (Quand j’serai K.O.) s’insinue le tempo lancinant d’un Oxmo Puccino révolté contre ces désirs qui nous affligent.

Juliette Armanet "Ultra Moderne Solitude"

Quand la douce Juliette Armanet chante "Ultra Moderne Solitude"…Souchon dans l'air un album de reprises de Alain Souchon – sortie le 16 juin disponible en précommande ici > > https://Souchon.lnk.to/SouchonDansLairFP

Posted by Souchon dans l'air on Wednesday, June 14, 2017

Pour Renaud Letang, réalisateur fidèle au chanteur depuis C’est déjà ça (1993), l’hommage coule de source. Au cours de sa vaste carrière – mixant aussi bien Feist que Micky Green et Manu Chao – cet homme de l’ombre a produit la moitié des morceaux originels et travaillé avec cinquante pour cent des artistes de l’album, dont Jean-Louis Aubert et Chilly Gonzales. Plus qu’un complice, Souchon est un langage qu’il connaît par coeur. 

“Il fallait retrouver l’esthétisme d’Alain : l’intention,la manière de jouer, le choix des harmonies, le placement de la voix, la texture minimaliste : plus il y a de fioritures, moins les mots claquent. Chez Souchon, l’émotion se calcule parfois à la note de piano près. Ce n’est pas une question de respect, mais de recul : je suis persuadé que si ton album tribute ne convient pas à l’artiste auquel tu rends hommage, tu l’as totalement foiré. Un hommage, ce n’est pas un paella indigeste. J’ai refusé de m’occuper de Génération Goldman pour cette raison. C’est le tribute le plus laid de la Terre et je suis persuadé que Goldman lui-même n’aime pas l’album ! “Ouvrir” l’hommage à n’importe qui pour que ça plaise au maximum de gens, ça ne marche pas, c’est catastrophique”.

L’élégance à la française 

Jeanne Cherhal "Rame"

Quand Jeanne Cherhal chante délicatement "Rame"… Souchon dans l'air un album de reprises de Alain Souchon – sortie le 16 juin Album disponible en précommande par ici : https://Souchon.lnk.to/SouchonDansLairFP

Posted by Souchon dans l'air on Thursday, June 8, 2017

Entre besoin de satisfaire le maestro et nécessité de rafraîchir certaines atmosphères, Souchon dans l’air navigue sur des eaux calmes – trop, peut être. Cette volonté d’embellir sans trahir pose les limites d’un exercice de bons élèves – telle cette Juliette Armanet pudique, interprétant sans surprise un morceau qu’elle adule et dont la mélancolie inonde son premier album, ou les inséparables Brigitte se contentant de faire résonner leurs chorus monocordes, loin de rendre justice à l’une des chansons les plus désenchantées de Souchon (Allô maman bobo).  Mais si l’hommage prêche des convertis c’est parfois pour mieux nous surprendre. Lorsque retentit cette Ballade de Jim fraîchement electro-pop où s’égare une Izia étonnante de sobriété et de justesse, ou cette indémodable rumba dans l’air transcendée par la fausse insouciance du désinvolte Katerine, trouvant en Souchon son improbable alter-ego.

“Katerine aurait pu chanter tout l’album tant il est souchonien : un adulte inachevé, charmeur, crooner, barjo” nous assure Renaud Letang avant d’ajouter que “Philippe chante toujours Y’a d’la rumba dans l’air” à ses gamins :ce n’est pas simplement une reprise mais un élément de sa vie, c’est ce qui rend cet hommage si spontané, si réel”. Cette soif de réel colore un tribute consciencieux où surnage la verve du Souchon sociétal, l’observateur désabusé qui fredonne la détresse urbaine, la vanité de ses contemporains, la nausée d’une jeunesse désorientée, et cette vie qui “ne vaut rien, rien, rien“. En 1979, l’akoiboniste dissertait sur la “bôf” génération, les cheveux en pétard, évoquant le “dégoût généralisé” qui traverse ses “souchonnades” et ses semblables. Une pensée toujours aussi actuelle. Souchon est dans l’air, puisqu’il est dans l’air du temps.

Y'a d'la rumba dans l'air

♪♪♪ Y'a d'la rumba dans l'air, le smoking de travers ♪♪♪Découvrez un nouvel extrait de Souchon dans l'air, un album de reprises de Alain Souchon https://Souchon.lnk.to/RumbaDansLAirFPSortie le 16 juin

Posted by Souchon dans l'air on Thursday, April 27, 2017

Un deuxième volume en prévision 

Prévu pour octobre prochain et auréolé d’un casting limpide – Vincent Delerm, Alex Beaupain, Gaétan Roussel – un second album-hommage s’appuiera sur le répertoire plus méconnu de l’artiste. L’occasion de réévaluer le jubilatoire J’veux du cuir, ode tendre aux bas résilles, sexy dentelles et talons aiguilles. Une façon de raviver une certaine audace tout en s’adressant aux initiés. Et, pourquoi pas, d’offrir au séducteur angoissé une audience de nostalgiques précoces. Letang avait vingt-deux ans quand il a rencontré “Alain” pour la première fois. A l’époque, il le trouvait un peu frelaté. Mais désormais, il en est persuadé, un album “ultramoderne” comme Souchon dans l’air peut enchanter la génération Y.

“Beaucoup de jeunes artistes marchent sur les pas d’Alain et le revendiquent, on est loin de l’étiquette de chanteur à nanas qui lui a longtemps collé à la peau. Il est devenu le Gainsbourg d’il y a vingt ans, l’emblème de la variété classe : il y a Sanson, puis Souchon. Souchon rend un simple piano-voix moderne. Le minimalisme du Baiser tape dans l’oeil de la nouvelle garde. A le réécouter aujourd’hui, L’ultramoderne solitude aurait pu être un morceau du groupe Paradis. Je reste convaincu que Souchon dans l’air peut être écouté par n’importe quel gosse de vingt ans. La souchon-mania n’est pas prête de s’arrêter…”

TRACKLIST

Chilly Gonzales – Foule sentimentale (intro)
Mathieu Boogaerts – Quand j’serai K.O.
Vanessa Paradis – Le baiser
Arthur H – J’ai dix ans
Izia – La ballade de Jim
Katerine – Y’a d’la rumba dans l’air
Benjamin Biolay – La vie ne vaut rien 
Juliette Armanet – Ultra moderne solitude
Jean-Louis Aubert – Et si en plus y’a personne
-M- – Sous les jupes des filles
Oxmo Puccino– Poulaillers song
Jeanne Cherhal – Rame
Tété – Bidon
Brigitte – Allô maman bobo 

L’album Souchon dans l’air (Polydor) est disponible sur Apple Music :

Les Inrocks - Musique

Myles Sanko, la nouvelle sensation du jazz britannique

Repéré par Gregory Porter, le chanteur de 37 ans offre un répertoire franchement convaincant.

Télérama.fr - Musiques

Ernest Chausson

On trouvera peu de duos mieux assortis que la violoniste allemande Isabelle Faust et le pianiste russe Alexander Melnikov, complices de longue date, pour jouer la tardive et mythique Sonate pour piano et violon en la majeur de César Franck (1822-1890). Sur instruments d'époque (un piano Erard de 1885, un Stradivarius « Vieuxtemps » de 1710), ils en donnent une interprétation intensément lyrique et très engagée. Rien de lisse dans ce tableau impressionniste vivement coloré, où l'archet et le clavier tiennent lieu de pinceaux.

La pièce maîtresse de l'album n'est cependant pas la Sonate, mais l'inclassable et superbe Concert pour piano, violon et quatuor à cordes en ré majeur d'Ernest Chausson (1855-1899), composé, comme le tube de César Franck, à l'intention du violoniste Eugène Ysaÿe, qui créa les deux oeuvres en 1886 et 1892. Rejoints pour l'occasion par les musiciens du Salagon Quartet, Isabelle Faust et Alexander Melnikov construisent avec eux un sextuor d'une parfaite homogénéité chambriste. Du caractère anxieux du premier mouvement à l'effet cathartique du quatrième, en passant par la gracieuse Sicilienne du deuxième mouvement et les accès de fièvre du troisième, ils développent toute une épopée miniature, que l'on écoute en oubliant de respirer. — S.Bo.

| César Franck/Ernest Chausson, par Isabelle Faust, Alexander Melnikov et le Salagon Quartet, 1 CD Harmonia Mundi 4F.

Télérama.fr - Disques

Proserpine

Vraie méchante justement punie ou grande amoureuse trahie ? Difficile de ne pas compatir au sort de Proserpine, courtisane (fictive) de la Renaissance italienne prénommée d'après la déesse des Enfers, surtout quand c'est Véronique Gens qui lui prête sa voix idéale. Camille Saint-Saëns avait clairement pris parti en résumant l'intrigue, tirée par le librettiste Louis Gallet d'une pièce d'Auguste Vacquerie : « Deux jeunes gens se jouent du coeur d'une femme et cette femme en meurt. » L'heureuse rivale de Proserpine, la pure Angiola, ayant droit à cette conclusion sans appel : « C'est la bête sanguinaire qui est admirable, le doux être n'est que joli et sympathique. » Les airs les plus spectaculaires reviennent donc à la sulfureuse héroïne, l'angélique Angiola (Marie-Adeline Henry) n'obtenant que la portion congrue… Tenu en haute estime par son auteur, Proserpine n'eut pas la postérité espérée, un concours de circonstances entraînant sa relégation rapide et totale. Jusqu'à cette ju­dicieuse résurrection, diligentée, comme celles de deux autres opéras de Saint-Saëns, Les Barbares (en 2014) et Le Timbre d'argent (ce printemps), par le Centre de musique romantique française du Palazzetto Bru Zane.

Considéré comme trop wagnérien à l'époque de sa création (1887), Proserpine paraît aujourd'hui remarquablement équilibré. Dès le court prélude inaugural, l'orchestration se montre élégante et mesurée, Saint-Saëns ne ­libérant ses penchants symphonistes qu'au quatrième acte, après s'être autorisé quelques digressions pittoresques autour de la roublarde figure de Squarocca (Andrew Foster-Williams). Fidèles défenseurs de ce répertoire oublié, le chef Ulf Schirmer et l'Orchestre de la Radio de Munich s'abstiennent de toute emphase, jouant la carte du raffinement. Le Choeur de la Radio ­flamande fait admirer un français aussi musical que compréhensible. Jusqu'aux plus petits rôles, comme l'Orlando de luxe de Mathias Vidal, la distribution vocale éblouit. Frédéric Antoun campe un Sabatino juvénile et solaire, Jean Teitgen un Renzo d'une noble ironie. Tour à tour enjôleuse, glaciale, menaçante, Véronique Gens (1) mérite tous les éloges, notamment pour sa ligne de chant impeccable, son style étourdissant et son sens aigu du drame. — Sophie Bourdais

(1) Elle sort aussi Visions, un bel album d'airs tirés d'opéras français (1 CD Alpha).

| 1 livre-CD Palazzetto Bru Zane/Ediciones Singulares.

Télérama.fr - Disques

She moves on

Après trois disques très réussis et des années de tournées avec le guitariste Ulf Wakenius, qui se révélait pour elle un accompagnateur de rêve, Youn Sun Nah a éprouvé le besoin de se ressourcer chez elle, en Corée. Deux années sabbatiques qui s'avèrent fécondes : la voici de retour avec un album entièrement nouveau d'inspiration, plus pop rock que purement jazz, mais toujours avec cette voix au timbre miraculeux de tendresse, de vérité existentielle, de virtuosité. Elle a fait appel cette fois à Jamie Saft, claviériste connu pour sa collaboration depuis vingt ans avec le grand aventurier John Zorn, et au guitariste Marc Ribot, moderniste du blues. Avec Saft, elle a choisi quatre reprises — de Lou Reed (Teach the gifted children), Paul Simon (She moves on), Joni Mitchell (The Dawntreader), Jimi Hendrix (Drifting) —, deux traditionnels du folklore américain, un standard (Fools rush in, de Rube Bloom et Johnny Mercer), plus trois chansons originales particulièrement émouvantes. Dans la première, Traveller, le ressourcement coréen se fait entendre par des écarts « asiatiques » et un aigu particulièrement affectueux. Affectueux est d'ailleurs le qualificatif qui convient à l'ensemble de l'album, qui offre quelque chose d'apaisant, de caressant, d'enveloppant qui tient peut-être à l'âge que cette toujours jeune femme a fini par atteindre (elle est née en 1969). La maturité chez elle se manifeste par une musicalité à la sensualité discrètement épanouie. L'accompagnement fourni par le groupe assemblé par Jamie Saft est d'excellente qualité et met en valeur des chansons à contenu où Youn Sun Nah se livre. She moves on, dit le titre. Oui, elle continue en changeant, et c'est cadeau pour nous. — Michel Contat

| 1 CD ACT/Harmonia Mundi.

Télérama.fr - Disques

Ancestors

Tintements magiques, chants mystiques, affleurement progressif d'une onde grave : l'introduction d'Ancestors nous avertit de notre passage dans un autre monde. Ce deuxième album du trio canadien est un récit ample, fabuleux, inspiré par la mythologie nordique et la saga des Islandais. S'y exprime aussi une autre vision du doom metal dans laquelle la guitare est remplacée par un violon électrique. Manié avec grâce et inventivité, il prend tour à tour le rôle d'une lead guitare, d'un violon classique ou scandinave et donne une profonde intensité à l'album, d'une mélancolie romantique à couper le souffle. Aucune règle ne semble borner ce groupe monté par la violoniste Laura C. Bates et le bassiste Lucas Gadke (Blood Ceremony). Doom hypnotique ou caverneux, folk enivrant ou divagation black metal inattendue… la batterie mouvante de James Payment (Do Make Say Think) rythme notre lente progression dans l'univers des Völur (« prêtresses »), qui nous soufflent aux oreilles un fantastique vent de liberté. — Marie-Hélène Soenen

| 1 CD Prophecy Productions.

Télérama.fr - Disques

On the edge of a dream

Bientôt six ans après la mort de Bert Jansch, le label Earth poursuit la réédition des albums méconnus du fabuleux chanteur et guitariste écossais. Resté pour l'essentiel un « musicien pour musiciens », fragilisé par des soucis de santé, il a pourtant maintenu une production régulière. Suivant de quelques mois un premier coffret Living in the shadows, cette Part 2, intitulée On the edge of a dream (1,) reprend les trois derniers albums enregistrés par Jansch entre 2000 et 2006, plus un recueil d'inédits et de démos (The Setting of the sun) où figure Johnny Marr, guitariste des Smiths, l'un des nombreux disciples - avec Devendra Banhart, Bernard Butler… - soucieux de remettre le grand Bert dans la lumière.

Apparue en même temps que Bert Jansch sur la scène folk britannique des sixties, Anne Briggs a cessé toute activité musicale en 1973. La rareté de ses enregistrements a contribué à sa légende, ainsi que l'admiration qu'elle a suscitée chez ses collègues, son esprit d'indépendance et sa beauté sauvage complétant le tableau. The time has come (2) (1971) est son album le plus personnel. Ses relectures de traditionnels font place à des compositions de la même eau profonde et claire, dont les superbes Ride, ride, Tangled man ou Wishing Well, une perle cosignée avec Jansch.

L'année suivante, Lal et Mike Waterson, soeur et frère issus du groupe familial The Watersons, réunissent un gratin de musiciens passés par Fairport Convention ou Steeleye Span (Richard Thompson, Ashley Hutchings, Maddy Prior). Au programme de Bright Phoebus (3) , douze chansons alliant la fraîcheur de créations originales à la parfaite maîtrise d'un art ancien. Longtemps oublié, cet album reparaît enfin augmenté de versions démo. — François Gorin

(1) 4 CD ou 4 LP Earth Records 3F.

 (2) 1 CD Earth Records 4F.

(3) 1 CD Domino 3F.

Télérama.fr - Disques

L'Angle vivant

Les voix ont des éclats presque enfantins ; elles sont en tout cas d'une clarté immaculée. Deux voix de femmes, qui dessinent un entrelacs délicat entre la pop et le néo-folk, se chargeant ici et là de couleurs psychédéliques, surréalistes, à la Brigitte Fontaine (La Cabine). On ne cherche pas à les distinguer et, pourtant, l'une d'elles vous rappellera sans doute quelque chose… De même que ce ton, faussement détaché, dont la langueur mélancolique sait cacher des brûlures. Normal, SuperBravo n'est autre que le nouveau projet d'Armelle Pioline, chanteuse de feu Holden. Entre l'un et l'autre projet, le trait d'union n'est pas qu'illusion : on y trouve un goût similaire pour les volcans contenus et les ballades légères un brin sixties qui disent les espoirs perdus ou sauvegardés. Parmi ces chansons en suspension, à écouter dans des brumes de chaleur — ou d'autre chose — émergent Le Coeur des hommes ou Les Oiseaux bleus, dont les traits, plus précis peut-être, touchent droit au coeur. — Valérie Lehoux

| 1 CD Zamora Label.

Télérama.fr - Disques

Polaar

De la musique de club — mais pas seulement — fabriquée en Laponie… Après quelques prenantes BO, Maud Geffray, moitié du duo Scratch Massive, est allée enregistrer ce premier album solo à Rovaniemi, dans le nord de la Finlande. Polaar séduit, et même impressionne, mariant avec subtilité new wave et techno-pop, mais sans que ces courants ou influences n'apparaissent jamais comme une énième resucée nostalgique. « Dans les yeux, dans la neige/Tu es si timide et je suis si lent », chante de sa voix mâle, mais encore adolescente, le producteur et chanteur Flavien Berger, invité le temps d'un duo sur In your eyes. Il capte en ce seul couplet l'essence de ce disque ultra sensible : le doux érotisme et l'étrangeté des chansons ; la froideur apparente des machines fondant comme neige au soleil grâce à un traitement très charnel, par de savants effets de filtre, de la voix de Maud Geffray. Avec autant de maîtrise que d'élégance, la productrice et chanteuse parvient à amener chacun de ses titres ailleurs. Comme sur Ice Teens, dont l'introduction rappelle brièvement l'univers glacé et minimaliste du duo électro-gothique suédois The Knife, avant de s'embraser, sans qu'on y prenne garde, en un tube de house music terriblement chaud et dansant. Tout amour traverse des étapes de températures différentes… — Erwan Perron

| 1 CD Pan European recording.

Télérama.fr - Disques

Modo Avião

Une moitié de chansons graciles dans la tradition voix-guitare, et une autre de conversations enregistrées dans un avion, sur une plage ou sur l'oreiller : bienvenue à bord de l'ovni musical du Brésilien Lucas Santtana, BO intimiste d'un film qui n'existe pas mais pourrait être le remake sonore de Lost in translation dans un aéroport brésilien. En « mode avion », donc, Lucas embarque, encouragé par une suave hôtesse de l'air, discute au décollage avec une inconnue, traverse des turbulences, fait l'amour, aussi… Est-il en train d'halluciner ? Aux confins du fantasme et de la séance de psy, ces miniscènes en apesanteur sont les projections d'un cerveau jet-lagué. Inutile de rester collé à la traduction du livret : le charme de ces interludes parlés, où il est question de plateaux-repas, de capitalisme et de machines à remonter le temps, ne réside pas dans la teneur des mots mais dans leur musicalité lusophone. Le Bahianais, artiste de textures urbaines mais aussi de mélodies et de rythmes fondants, invite, à sa façon, à la déconnexion dans ce monde qui tourne à la vitesse de la lumière. Pour ceux qui ne goûteraient pas ses bavardages indolents, on recommande, dans la même veine, l'émouvant Ian Lasserre (1) , chanteur au feeling folk mû par le même mantra : douceur, calme et volupté. — Anne Berthod

(1) Ian Lasserre, Sonoridade Pólvora, 1 CD Ajabu !/L'Autre Distribution 3F.

| 1 CD No Format/Sony.

Télérama.fr - Disques

How the West was won

Ne serait-ce que pour le prodigieux Another girl, another planet, perle de 1978 avec son intro infernale et sa mélodie vénéneuse, The Only Ones méritent de trôner au sommet des perdants magnifiques de l'histoire du rock. Le quatuor maudit, entre classicisme rock et morgue punk, était à l'image de son charismatique leader, Peter Perrett, héritier british, aussi romantique que ravagé, de Lou Reed. Toxicomane que l'on pensait (lui le premier) incurable, celui dont on n'attendait plus rien revient aujourd'hui de très loin avec un album d'une remarquable tenue. Une aubaine inespérée pour ses fans et, pourquoi pas, une découverte pour les non-initiés. Sur le fond, rien n'a vraiment changé, et tant mieux : la voix de Perrett demeure toujours aussi délicieusement traînante, mi-caustique mi-désabusée, et son rock d'auteur à guitares continue à exploiter avec bonheur et élégance le filon de Sweet Jane. Epaulé par ses deux fils (qui en ont vu d'autres en accompagnant un temps Pete Doherty), Perrett, 65 ans, abîmé mais vaillant, ne cherche pas à rattraper vainement le temps mais à profiter pleinement du présent. Le sien, celui d'un rocker éternel mais ô combien mortel, qui a survécu essentiellement grâce à sa compagne (et complice en dérive chimique) depuis quarante-sept ans et à ses enfants. Celui qui chantait autrefois Why don't you kill yourself a pris goût à sa vie. Pourvu que ça dure. — Hugo Cassavetti

| 1 CD Domino.

Télérama.fr - Disques