Actu musique

27 juin 2017

Riche week-end pianistique à la Grange de Meslay

Quatre pianistes, un violoncelliste, tous à suivre de près, et quelques bonnes surprises pendant les concerts : notre escapade à la Grange de Meslay a tenu ses promesses.

Télérama.fr - Musiques

23 artistes supplémentaires, dont The Shoes pour les Inrockuptibles, à Rock En Seine

The Shoes © Paul Rousteau pour Les Inrockuptibles

Cette année, Rock En Seine chouchoute ses festivaliers avec un line-up impressionnant. Si la venue de The xx, PJ Harvey, Flume, Mac DeMarco ou encore Jesus and The Mary Chains est déjà connue, le festival en périphérie de Paris annonce 23 artistes supplémentaires le dernier weekend du mois d’août 2017.

La création The Shoes pour la formule

Parmi les nouveaux à l’affiche, The Shoes fera son apparition sur la scène de l’Industrie. A partir de 22h, le dimanche 27 août, le duo français se lancera dans un DJ set un peu spécial, pour célébrer la toute nouvelle formule du magazine Les Inrockuptibles. Pour l’occasion, les deux artistes, Guillaume Brière et Benjamin Lebeau, ont gardé bien au chaud des disques mythiques qui ont rythmé l’histoire de la musique et du magazine avec, en prime, des invités-surprises.

Légendes hip hop et rock indé

Parmi les 23 artistes annoncés ce mardi 27 juin: le groupe de punk français Frustration, les très californiens Allah-Las, le crew de hip hop américain iconique des années 90 The Pharcyde, la relève du rock anglais Cabbage, ou encore Douchka l’un visages neufs de l’électro française.

Côté talents à suivre, les normands de MNNQNS seront aussi présents, la talentueuse et prometteuse Clara Luciani, ainsi que les OVNI du rock indé, Villeuif Underground.

Découvrez l’ensemble de la programmation sur le site officiel. La billetterie est encore ouvert pour le vendredi 25, le samedi 26 et le dimanche 27 et pour les pass 3 jours.

Les Inrocks - musique

The Blaze remporte le Film Craft Grand Prix à Cannes pour le clip de “Territory”

Le clip "Territory" de The Blaze (capture d'écran Youtube)

D’ordinaire, la cérémonie des Cannes Lions décerne le Film Craft Grand Prix à une vidéo publicitaire. Mais lors de la dernière édition, qui s’est tenue du 17 au 24 juin, le jury est tombé sous le charme du clip Territory de The Blaze, et a décidé de lui décerner le trophée. Son président, Robert Galluzzo, a même couvert la vidéo d’éloges : “Le casting est éblouissant. La cinématographie est glorieuse. La musique est incroyable. Le montage est superbe.”

Les deux cousins producteurs derrière The Blaze, Jonathan et Guillaume Alric, l’ont dirigé eux-mêmes, et ont confié la production à la société Iconoclast. On y suit le retour d’un jeune homme dans son pays natal, l’Algérie, entre retrouvailles familiales et amitiés viriles.

Björk obtient elle aussi un prix

La veille, la vidéo avait déjà été consacrée par l’agence de publicité Saatchi & Saatchi, qui l’a intégré dans son “New Directors’ Showcase”, qui permet de promouvoir des jeunes talents de la réalisation audiovisuelle.

Les Cannes Lions ont aussi récompensé un autre clip : celui de Björk pour “Notget VR”, qui a obtenu le Digital Craft Grand Prix. L’artiste islandaise n’a par contre pas signé la réalisation de cette vidéo en réalité virtuelle, préférant la confier à deux proches collaborateurs, Warren Du Preez et Nick Thornton Jones.

Les Inrocks - musique

Myth Syzer revisite “Prettiest Virgin”, le tube d’Agar Agar

Le duo Agar Agar mené par Clara Cappagliet Armand Bultheel. (Crédit photo : Andrea Mae Perez)

Agar Agar est un nom de plus en plus familier dans le paysage de la musique électronique française. Signé par le label parisien Cracki Records, dont le bon goût n’est plus à prouver, le duo français attaque la saison des festivals cet été et dévoile, pour l’occasion, le remix de leur chanson la plus célèbre : Prettiest Virgin par Myth Syzer. Découvrez le remix ci-dessous :

Le producteur, bien souvent accompagné de son acolyte Ikaz Boi, est connu pour ses collaborations avec plusieurs rappeurs francophones dont le collectif Bon Gamin, le jeune Joke ou encore le francilien Ichon. Les deux parisiens ont d’ailleurs sorti un EP l’an dernier chez le label Bromance.

>> A lire : Rencontre avec Myth Syzer et Ikaz Boi, les producteurs qui montent dans le rap français

Radicalement différente de l’originale, plus sensuelle, la version de Myth Syzer se veut plus ténébreuse, à l’image de l’univers du producteur. Un remix inattendu, qui nous laisse donc agréablement surpris.

Retrouvez Agar Agar en concert le 2 juillet à Calvi On The Rocks (Calvi), le 6 juillet à Saint Malo, le 8 juillet à la Douve Blanche (Egreville), le 13 à Dour (Belgique), le 29 à Carbourg Mon Amour (Normandie), à la Gaité Lyrique (Paris) le 27 septembre.

Les Inrocks - musique

Vald porte un maillot du PSG en plein Stade Vélodrome et déclenche la colère de Marseille

Vald portant un maillot du PSG au Vélodrome de Marseille (photo publiée sur son compte Facebook)

Vendredi 23 juin dernier, Vald a donné un concert au festival Marsatac, à Marseille, dans le parc Chano, situé juste à côté du Vélodrome. Trois heures avant, il était filmé par l’équipe du site Sourdoreille lors d’une session musicale organisée dans le stade. Pour l’occasion, le rappeur d’Aulnay-Sous-Bois a porté un maillot du PSG. Pas vraiment pour soutenir l’équipe parisienne : il ne s’intéresse pas au foot. Mais juste pour le plaisir de provoquer. Et évidemment ça n’a pas manqué.

Alléééééééé L’OM !

A post shared by Vald Sullyvan (@valdsullyvan) on Jun 24, 2017 at 9:25am PDT

Censure et poursuite judiciaire ?

Tout est parti de cette photo du tournage, que Vald a publié sur les réseaux sociaux. Comme le relate Sourdoreille, le cliché a été largement partagé, et certains supporters de l’OM l’ont très mal pris, au point que certains d’entre eux ont menacé l’artiste. C’était prévisible. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Le concert prévu le soir du post s’est déroulé sans heurts, malgré quelques chants “anti-parisiens”. Les problèmes sont survenus après. Alors que l’équipe de Sourdoreille s’activait pour sortir la vidéo au plus vite, elle a été contactée par le festival, qui lui demandait de la faire valider par le Vélodrome avant de la diffuser. Selon le webzine, la mairie de Marseille se serait même indignée auprès du stade à cause de la vidéo. Puis Arema, la société qui gère le Vélodrome, a pris contact avec un avocat lundi, envisageant de porter plainte contre Vald. Elle prétend ne jamais avoir donné d’accord pour le tournage.

Ce qui est totalement faux, selon Marsatac, qui s’est confié au Parisien : “Nous avons une autorisation validée et écrite du stade pour tourner une vidéo de promotion du festival”. Pour ne pas envenimer la situation, le festival a tout de même demandé à Sourdoreille de ne pas sortir la vidéo en question. D’autant qu’il fête ses 20 ans l’an prochain, et ne voudrait pas se tirer une balle dans le pied et risquer une annulation ou des complications. Sourdoreille a expliqué la situation et la frustration de ses équipes dans un long post : “On comprend aisément que cela ne plaise pas à la Mairie de Marseille ou au Vélodrome. Mais, dans une démocratie, on ne devrait simplement pas pouvoir empêcher un artiste de s’exprimer et un média de pouvoir produire des vidéos, le tout, en respectant le cadre légal.”

“Le festival, pris dans ce tourbillon, nous a expliqué que, si l’on diffusait la vidéo, cela leur poserait de sérieux problèmes, notamment dans l’optique de préparer au mieux l’édition 2018, celle des 20 ans du festival. Soucieux de ne pas porter préjudice à un festival que nous portons particulièrement dans notre cœur depuis des années, nous avons, la mort dans l’âme, accepté de ne pas diffuser la vidéo.

Nous sommes profondément attristés de ne pas pouvoir vous offrir une vidéo au potentiel géant et à l’image du personnage VALD, une vidéo qui résume parfaitement l’esprit subversif d’une frange du rap français. VALD termine même sa session par le signe de Jul, qu’on ne pourra pas taxer d’être anti-marseillais.”

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One-Eared Boy, la nouvelle étoile blues-rock à écouter avant tout le monde

One Eared Boy (alias Paul Picard), par Renaud Monfourny

Au printemps dernier, à l’heure où fleurissaient french pop et flows auto-tunés, on découvrait un peu par hasard un court EP revisitant le blues-rock avec élégance et de manière intemporelle. Sur sa pochette, on devinait et fantasmait un boxeur viril et un peu K.O., affaissé dans son coin probablement après un houleux duel avec la critique musicale. Une image assez caustique de se protéger de l’oreille ennemie pour Paul Picard, l’auteur compositeur interprète qui se cache derrière le curieux pseudonyme One-Eared Boy. Et pour cause, ce projet est le tout premier que le Parisien affronte en solo.

Si jusque-là, ce professeur de guitare se contentait ainsi de prêter main forte aux groupes des copains – sans vraiment oser sortir de sa chambre ses propres compositions – la trentaine arrivant, Paul s’est enfin décidé à se lancer dans sa propre aventure.

“J’ai toujours écrit des chansons dans ma chambre, sans vraiment les assumer. Ni la voix, ni les chansons. J’en avais des wagons entiers. Et puis ce qui m’a décidé, c’est sans doute la confiance en moi qui est plus présente en vieillissant. Je me suis dit : si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais !”

Et que Paul se rassure, si les piliers du rock ont une fâcheuse tendance à tirer le rideau dès 27 ans, nombreux sont ceux qui ont percé bien après, comme James Murphy, Eels ou encore Serge Gainsbourg.

“Quand j’avais 20 ans, j’ai découvert le blues”

Si le pseudo One-Eared Boy souligne une certaine nostalgie de l’écoute en version “monophonique” (remplacée par la “stéréo” dans les années 60), ce sont bien dans les années 20 que Paul puise son énergie vitale, grâce au blues notamment :

“Quand j’avais 20 ans, j’ai découvert le blues via Charley Patton je crois bien, une réédition, probablement chroniquée dans les inrocks (rires).”

Ce blues primitif, on le retrouve d’ailleurs réarrangé dans une reprise poignante du blues man Blind Willie Johnson (Motherless Children), et figurant sur son premier EP :

Une voix singulière et à fleur de peau

Complexé par sa voix à vif, Paul va finalement trouver le courage de chanter et de s’assumer grâce à un documentaire de Scorsese sur Bob Dylan (No Direction Home) faisant mention d’un “looser magnifique” dénommé Dave Van Ronk. Ce folkeux des années 60 – adulé par Bob Dylan quand bien même il a toujours fait les mauvais choix dans sa carrière – est pour lui une révélation :

“Quand j’ai vu le documentaire, j’ai trouvé qu’il avait une gueule de fou. J’ai été écouté ce qu’il faisait et à la première note, la puissance de sa voix – le mec est tout seul avec sa guitare – ça m’a énormément touché ! C’est lui qui m’a carrément donné envie de chanter et complètement débridé par rapport à cela.”

La collection de disques et de références musicales de Paul sont bien plus contemporaines, rassurez-vous. On compte notamment les sorties du fameux label Normandeep Blues (William Z Villain) mais aussi des artistes avec qui il partage ses terres natales (la Normandie) comme les Concrete Knives. “On répétait dans le même local”, raconte-t-il. Ou encore le blues-rock primitif de l’outsider Willis Earl Beal, le plus excentrique Benjamin Booker et le trublion de l’anti-folk Adam Green. Un savant mélange de tout ça, donnant naissance au premier EP éponyme de One-Eared Boy.

Un premier EP enregistré à la maison

En bon autodidacte, Paul a enregistré son premier EP chez lui, avec les moyens du bord, et surtout grâce à son ami Fabio Garcia (précédemment vu dans Vegastar puis Tropic Revolver, en duo avec Marine Neuilly des Plasticines) :

“Fabio a fait les arrangements et le mixage de mon projet. Il fait tout ce que je ne sais pas faire (rires).” 

Ensemble, ils préparent déjà un second EP plus “consistant” qui devrait sortir courant novembre. Et après quelques concerts en solo, Paul prévoit une formule plus orchestrée pour jouer en groupe dans la capitale. A bon entendeur…

L’ep de One-Eared Boy est disponible sur Apple Music.

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