Actu musique

23 juin 2017

“Ordre et Progrès”, l’aventure francophone d’Orval Carlos Sibelius

“Tu te sens moins seul un pistolet sur la tempe”, chantonne joyeusement Axel Monneau, alias Orval Carlos Sibelius, dans Cœur de verre. C’est avec cette remarquable acidité que s’exprime l’artiste français dans Ordre et progrès, un cinquième album chanté cette fois dans sa langue maternelle. S’il a mis de côté l’anglais, il poursuit ses expérimentations psychédéliques et s’essaie de plus en plus à l’électronique.

Désormais épaulé par Domotic, Orval Carlos Sibelius apprend à se perdre dans les sons des synthétiseurs (Locus Solus, comme un héritage de Mort Garson) pour finalement les manier avec délicatesse (Monument, aux allures plaisantes d’un Flavien Berger futuriste). Projectionniste de son métier, Orval Carlos Sibelius semble vivre au cœur d’un film : de combats épiques (Dopamine) en paysages exotiques (Antipodes), l’artiste construit son disque comme un récit, le ponctue de punchlines corrosives (“Le bonheur se répand comme un cancer sur le cerveau des gens”, raconte-t-il dans Les Oubliés). Peu de détours et beaucoup de classe, cet ovni de la nouvelle scène francophone prouve à nouveau que l’on n’arrête pas le progrès.

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“Eleven Songs”, le premier recueil d’Aliocha

(c) Jules Faure

Adoubé par les festivals prescripteurs (Bars en Trans, Printemps de Bourges, MaMa), le Franco-Canadien Aliocha Schneider se prépare à entrer dans la cour des grands avec un premier album aussi incandescent et sincère que son précédent ep, et à l’image de son personnage. Avec Eleven Songs, il signe à la fois une œuvre de jeunesse – certains titres ayant plus de six ans –, mais tourne également une page, celle des premières fois et des révérences à ses héros, les intemporels Bob Dylan et John Lennon. Il y délivre une musique fidèle à celle de son cœur : “Je ne l’ai pas écrit comme un hommage. Quand tu fais de la musique, tu joues ce que tu as envie d’entendre.”

Entre Elliott Smith et Nick Drake

Aliocha y salue aussi avec brio la beat generation, dans des chansons d’une simplicité désarmante, courtes et laissant place aux imperfections. “Enregistrées parfois en une seule prise”, on y entend la voix qui se dérobe ou une piste qui craque comme un vinyle poussiéreux. Sans filtre et en prenant soin de conserver ses fêlures.

Pour retranscrire cette atmosphère un brin vintage qui lui est si chère, Aliocha a fait appel au producteur Samy Osta (Feu! Chatterton, La Femme, Rover). Ensemble, ils s’envolent pour un studio de Göteborg, en Suède. Samy capte avec soin les influences sixties du songwriter, mais aussi un folk déchirant à la Elliott Smith ou Nick Drake. En binôme, ils enregistrent la majorité des instruments sur bandes, y invitent un clavier (Sarah) et une vieille douze cordes, le tout “parfois en une seule prise et utilisant la console sur laquelle David Bowie a enregistré Heroes !”

Fils d’un professeur de théâtre et d’une mannequin, Aliocha Schneider commence sa carrière vers 10 ans, dans un feuilleton québécois pour ados. Il suit les pas de ses frères Volodia, Vassili, Niels et Vadim (tragiquement disparu dans un accident), et enchaîne des rôles sur grand et petit écran, même sur les planches, avant de se découvrir une passion pour la musique.

Elégant et hors du temps

A 17 ans, cet autodidacte est rapidement adopté par l’artiste québécois Jean Leloup, une rencontre clé qui va lui permettre d’enregistrer des maquettes dans un vrai studio et en compagnie d’un groupe confirmé, les Last Assassins, un souvenir “hyper intimidant” mais formateur.

Gagnant en caractère au fil des ans et des tournées, Aliocha dévoile un ouvrage folk élégant et hors du temps, avec quelques sursauts plus rocailleux (Crystal Plane). Et si ses mélodies mélo évitent à tout prix une noirceur spleenante, il n’hésite pas non plus à mettre son message, parfois engagé, au premier plan grâce à une voix délicieusement chancelante. En réaction à un monde qui ne tourne plus bien rond, il signe ainsi la mélodie poignante Mr. Gardner, inspiré du décès d’un homme noir sous les coups des policiers à New York en 2014.

Il s’engage également contre la montée des extrêmes avec Virtue, qu’il dédie fréquemment à Donald Trump ou Marine Le Pen – tout dépend de quel côté de l’Atlantique le concert a lieu. Plus intime, il évoque la dépression d’un de ses amis sur Jamie, quand As Good as You et Milky Way sont des lettres à peine voilées à son défunt frère aîné : “C’est vrai que j’ai fait exprès de les déguiser, par pudeur.” Et histoire de confirmer le talent de la famille Schneider, c’est son grand frère Volodia qui l’accompagne désormais sur ses tournées, un batteur émérite passé par le Cirque du Soleil. Une histoire de famille qui n’a pas fini de nous éblouir.

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“Don’t Give Up on Love”, soul étincelante de Don Bryant

Dans l’histoire de la soul, Hi Records représente un miracle, la prolongation, durant les années 1970, du savoir-faire hérité de Stax, combiné à l’alchimie particulière d’un producteur de génie (Willie Mitchell), d’un groupe de génie (les frères Hodges) et de chanteurs de génie (Ann Peebles, Al Green, O.V. Wright). Don Bryant était quant à lui employé à écrire des chansons, en particulier pour Ann Peebles, qu’il épousa en 1974. C’est pour lui rendre hommage – en 2012, un AVC l’a obligée à prendre sa retraite – que le vétéran a repris le micro en main (son dernier album comme chanteur remontait à… 1969).

D’emblée, il se confronte au monumental A Nicked and a Nail d’O.V. Wright et envoie ses tripes prendre l’air avec un courage ahurissant. Tout pourrait s’arrêter là – on serait déjà ravi –, mais la suite n’est pas moins heureuse. Si Bryant n’a pas le timbre des plus grands, le moindre de ses souffles exhale la soul du Sud, la vraie. Il prête ainsi à ses propres ballades, It Was Jealousy ou Don’t Give up on Love, une majesté dont aucun technicien actuel ne serait capable. Qu’on croie en Lui ou non, il faut louer le Seigneur d’avoir permis à Don Bryant d’enregistrer en 2017 un tel album.

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“Modern Pressure”, les complaintes plaisantes de Daniel Romano

Il faudrait que ça se sache un peu : Daniel Romano est un trésor caché du rock. Peut-être que ça n’en touchera pas une aux fans du businessman Booba ou du produit de synthèse Beyoncé, mais le Canadien de l’Ontario a carrossé parmi les plus beaux album country mélancolico-laidback depuis des lustres du côté de Merle Haggard et de Gram Parsons, dans le plus pur style “ma meuf m’a largué, je chiale dans ma bière et le tabouret du bar est ma maison” (Come Cry with Me), suivi d’une merveille d’exercice de style dylanien miroitant parfois vers Lee Hazlewood et Leonard Cohen (Mosey).

Avec ses divers styles et défroques, un coup Stetson et rouflaques, un coup crinière Blonde on Blonde, on pourrait prendre Romano pour le Laurent Gerra du rock sauf que le gars est trop habité et dégoulinant de talent pour être réduit à un simple membre du gang des pastiches.

L’ennui, c’est qu’on vous fait l’article pour son album le moins accompli. Modern Pressure a le son qui claque, avec guitares qui cisaillent et grandes louches d’orgue Hammond, la voix nasille à souhait, des grumeaux d’arrangements bizarres tranchent dans le classicisme rock, selon une idée générale qui serait “un disque de Dylan joué par les Stones d’Exile et produit par le George Martin de Sgt. Pepper”. Pas mal mais il manque une pièce dans l’équation : les chansons. Loin d’être nazes, elles sont un peu justes question inspiration, mélodies mémorables ou gimmicks saillants. Ramage et plumage restent superbement lustrés mais le fromage manque cette fois un peu de caractère.

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“Async”, le retour du maestro Ryuichi Sakamoto

Il n’a pas consulté son vieil ami David Bowie, ignorait tout de la maladie qui frappait celui avec qui il partageait en 1983 la vedette du film Merry Christmas Mr. Lawrence (Furyo en VF), et pourtant leurs destins semblaient se confondre à nouveau. Après avoir lutté pendant plus de trois ans contre un cancer de la gorge, Ryuichi Sakamoto a envisagé son prochain album comme le dernier, pendant qu’au même moment Bowie travaillait à son propre testament.

Les deux disques ne se ressemblent en rien, l’un (Blackstar) était l’œuvre d’un éternel frondeur impatient de prendre tout le monde à revers, y compris avec sa disparition, l’autre (Async) est aujourd’hui une sorte de granit mouvant qui déploie des beautés languides et prend des chemins tortueux sans suggérer sa prochaine désintégration.

La mise en flacon de l’éphémère

De fait, Sakamoto est bien vivant, il s’est attelé depuis à des commandes de BO de films (The Revenant) et projette de reprendre une partie de ses collaborations laissées en chantier, que ce soit avec l’électronicien minimaliste allemand Carsten Nicolai, alias Alva Noto (quatre albums depuis 2002), ou sur le front brésilien avec l’arrangeur et compositeur Jacques Morelenbaum, voire avec Yellow Magic Orchestra.

Mais Async, son premier album de compositions originales depuis Out of Noise (2009), reste empreint de ce cérémonial des dernières sensations, des parfums capturés de peur qu’ils ne se sauvent, de ces rituels très japonais de la mise en flacon de l’éphémère, du furtif, à l’heure où sonne la fin de tous les printemps.

“Ce qui s’est passé depuis huit ans, Fukushima, mon cancer, sont des événements graves qui restent intimement liés pour moi. Il s’agit de questions qui ont trait à la vie et à la mort, au conflit entre la nature et la condition humaine, et cette gravité qui s’est emparée de moi m’a amené à penser cet album comme le dernier.”

“Déconstruire la musique”

Il a ainsi abandonné toutes les pistes ébauchées avant 2014, à l’exception du titre d’ouverture, Andata, un thème nostalgique au piano que viennent perturber la guitare et les programmations de Christian Fennesz. Tout le reste aura fini à la poubelle. Placé au centre de l’album, Fullmoon est une variation en dix langues du texte déchirant que Paul Bowles récite à la fin d’Un thé au Sahara, toujours à propos de l’impérieuse nécessité de jouir des choses de la vie et des beautés de la nature avant qu’elles ne s’effacent.

Cette obsession se matérialise chez Sakamoto par une véritable remise en question de son rapport au monde, voire à l’outil maître de sa musique :

“Jusqu’ici, j’avais abordé le piano de manière classique, cette fois j’ai composé et joué avec la conscience que cet instrument est aussi composé d’éléments de la nature, le bois notamment, et du travail de l’être humain qui l’a construit. Je pense que ça donne une autre dimension à la façon d’en jouer, de déconstruire la musique comme on déconstruirait l’instrument lui-même.”

Le compositeur glaneur a aussi capturé le bruit de la pluie lorsqu’elle tombe sur le petit jardin attenant à son studio de Manhattan (en photo sur la pochette), il a enregistré des sons d’oiseaux dans les forêts du Upstate New York, jusqu’à laisser traîner son micro sur le marché de Montparnasse à Paris. Conscient de devoir tout faire entrer dans cette œuvre bilan, il s’est souvenu également des sculptures sonores en cristal ou en tôle des Frères Baschet, découvertes lors d’une exposition au Japon lorsqu’il avait 18 ans, et auxquelles il se confronte plus d’un demi-siècle plus tard, tout comme il s’est emparé d’autres créations émanant de l’Américain Harry Bertoia le temps du crépusculaire et atmosphérique Walker.

Une fois ce matériau accumulé, il fallait lui conférer une articulation, fût-elle imaginaire, et c’est ainsi que Sakamoto s’est imaginé composer une BO pour un film non moins imaginaire d’Andreï Tarkovski, allant jusqu’à déterrer la poésie du père du cinéaste russe, Arseni Tarkovski, lue ici par l’ami de toujours, David Sylvian (Life, Life).

Sakamoto peut se targuer de figurer parmi les acteurs du monde musical qui ont le plus fait bouger de lignes et se croiser d’univers ces quarante dernières années. Depuis Yellow Magic Orchestra, son trio kraftwerkien des saisons 1978-1983 jusqu’à ses œuvres néoclassiques en passant par la world-pop des albums Neo Geo ou Beauty, on le retrouve à tous les points cardinaux de la cartographie contemporaine, aussi bien dans les sphères mainstream que dans les chapelles de l’avant-garde. Avec Async, c’est encore ailleurs, hors-champ de tout, qu’il construit sous nos yeux une cathédrale de verre et de bois où palpitent d’insondables secrets, et que traversent pas mal des fantômes d’une vie bien remplie.

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“L’Angle Vivant”, superbe essai de Superbravo

(c) Thomy Keat

Après avoir opéré au sein d’Holden pendant plusieurs années, Armelle Pioline a pris son envol et s’est accompagnée de Julie Gasnier et Michel Peteau pour former Superbravo, trio à la douceur fascinante. Il aura fallu sept ans pour que A Space Without Corner, leur premier album, connaisse un successeur, sept ans pour troquer l’anglais contre le français, et autant d’années pour se séparer des arrangements parfois trop lourds et d’instruments souvent trop nombreux. L’Angle vivant est loin, très loin de ce à quoi Armelle Pioline et ses acolytes nous avaient habitués : tout y est délicat, minimaliste et d’une pureté sans écart.

Qu’il s’agisse de reprises (Un baiser, une bombe, morceau de David Lafore revisité façon électronique), de ballades mélancoliques (Brumes, dans laquelle le spectre de Mansfield.TYA semble se promener) ou de berceuses à la guitare (la simplement et justement nommée Oui), Superbravo a tous les atouts pour s’installer au cœur du paysage déjà bien chargé de la nouvelle chanson française. Et l’on ne peut que les en acclamer.

Les Inrocks - musique

“Some Twist”, l’échappée en solitaire de Michael Nau

On n’attendait pas Michael Nau de retour si tôt. Mais il faut croire que le songwriter du Maryland était pressé de nous replonger dans sa folk soyeuse, sept mois seulement après le délicieux Mowing, premier effort solo sorti en novembre. Pour l’occasion, Nau a dissimulé sur la pochette son visage sous des touches de peinture énergiques et multicolores, ne laissant visible qu’un œil fixé droit sur nous. Si l’on pensait retrouver sur disque, au gré des douze pistes, cet effacement symbolique, il n’en est rien, et c’est tant mieux.

Michael Nau affectionne toujours autant cette folk-pop cotonneuse dans laquelle on se laisse aller joyeusement en rêvant de plages paradisiaques, du paisible roulis des flots et des cocktails qui vont bien. Pour ce qui est de l’époque, rendez-vous au début des années 1970 quand Harry Nilsson régnait sur le monde (I Root ; Wonder) ou que Paul McCartney laissait les Beatles derrière lui (How You’re So For Real ; Oh, You Wanna Bet?). Plus près de nous, on retrouve le cool de Mac DeMarco (Scumways ; Scatter) comme infusé dans l’ensemble, contribuant à faire planer Some Twist entre ciel et terre, à grand renfort de réverbe, de synthés vintage et de guitares langoureuses. Idéal pour embellir un peu plus l’été à venir.

Les Inrocks - musique

Nouvelle chance audiovisuelle pour les “Carmélites” de Dmitri Tcherniakov

La cour d'appel de Paris avait interdit l'exploitation commerciale et la diffusion des “Dialogues des Carmélites” mis en scène par Dmitri Tcherniakov. Un arrêt cassé et annulé hier par la Cour de cassation.

Télérama.fr - Musiques

MHD part à la conquête des Etats-Unis

Après l’Europe et l’Afrique, MHD va peut-être conquérir un nouveau continent. La révélation du rap français partira en septembre 2017 aux Etats et au Québec pour y faire une tournée de six dates.

Great news, I will be touring the US next September, Tickets will on sale next Wednesday. More news soon #Bravoo #UsTour pic.twitter.com/wiFZuPXtBK

— MHD (@MHDOfficiel) June 16, 2017

Originaire du XIXeme arrondissement de Paris, MHD a su démocratiser l’Afro-trap. Influencé par ses origines guinéennes et sénégalaises, il a connu le succès avec des titres comme A Kele Nta.

Ses musiques dansantes et entraînantes aux sonorités africaines lui ont notamment permis de décrocher un double disque de platine en septembre 2016. Depuis, sa popularité ne cesse de grandir, en témoignent ces millions de followers sur les réseaux sociaux.

De New York à San Francisco

MHD parviendra-t-il pour autant à conquérir les oreilles des Américains ? On le saura à la rentrée. Sa tournée débutera le 13 septembre à Boston, puis continuera à New York le 14 et à Washington le 15. Il se rendra par la suite au Canada, précisément au Québec le 17 septembre. Il terminera sa tournée en Californie : le 19 à Los Angeles et le 20 septembre à San Francisco.

Mais avant sa tournée en septembre, MHD sera présent aux BET Awards 2017 à Los Angeles le 25 juin. Il pourra, pour la première fois, tester sa musique devant un tout nouveau public. Et faire danser la planète entière comme Roger Milla…

Les Inrocks - musique

En écoute : un nouveau morceau de Drake composé sur mesure pour le défilé Louis Vuitton

Drake dans le clip de "Hotline Bling" (capture d'écran Youtube)

Kim Jones a plus d’un tour dans son sac. Après avoir collaboré avec Supreme la saison dernière, le directeur artistique des collections masculines de Louis Vuitton s’est allié à Drake pour le défilé Printemps-Été 2018, qui s’est tenu le 22 juin à Paris.

Un single inédit de l’artiste canadien, intitulé “Signs“, a servi de bande son au runway. Vous pouvez l’écouter ici, à partir de 3.30 minutes :

Voyages et chemises hawaïennes

Le single, frais et éthéré, colle avec le style des vêtements arborés par les mannequins. Il a été inspirée à Jones par un atlas des îles les plus isolées au monde. D’où les chemises aux motifs fleuris et tropicaux, qui constituent les pièces maîtresses de cette collection.

Drake n’avait pas sorti de morceau depuis celle de son album More Life en début d’année. Signs a été produit par Noah “40” Shebib, un proche collaborateur de Drizzy, avec qui il a cofondé le label OVO Sound.

Les Inrocks - musique

L’Atomium de Bruxelles va vibrer au son de Juliette Armanet, Mai Lan et Témé Tan

Mai Lan (pochette de l'ep "Vampire") et l'atomium (source Wikipedia - crédit : Prosopee)

Construit en 1958 à l’occasion de l’exposition universelle, l’Atomium de Bruxelles représente une maille d’un cristal de fer agrandie des milliards de fois. Ce monument emblématique de la Belgique ouvrira ses portes mercredi 28 juin prochain pour accueillir un public de petits chanceux à l’occasion d’un concert unique en son genre et ce dès 19H.

A l’affiche : Juliette Armanet, Mai Lan et Témé Tan

Pour la dernière session Fiftyfifty de la saison, l’équipe met les petits plats dans les grands et s’installe dans une des boules de l’Atomium pour organiser un showcase exceptionnel. Au programme : trois artistes et révélations de l’année. On commence avec la voix de velours de Juliette Armanet. Ses chansons revisitant la variété avec adresse et sa plume caustique sont à retrouver dans un premier album, Petit Amie, sorti en avril dernier.

Il faudra aussi compter sur le groove minimaliste et les mélodies enivrantes de Témé Tan qui s’apprête à sortir son premier album à la rentrée. D’origine congolaise (et ayant grandi entre Kinshasa et Bruxelles) Témé Tan puise son inspiration dans ses voyages (Congo, Brésil, Japon, Guinée), les cassettes de Zouk de ses cousins et des artistes aussi variés que Jai Paul, MC Solaar, Papa Wemba ou Jorge Ben.

Enfin, la divine Mai Lan dont le nouvel EP Vampire nous a fait trembler de joie, sera elle aussi de la partie. Après avoir travaillé en tandem avec M83 et accumulé d’élégants featurings, elle revient avec ce disque radicalement différent de ses premiers essais. Débutant au sein du collectif Koutrajmé, la franco-vietnamienne avait marqué les esprits avec son Gentiment je t’immole avant de devenir la coqueluche d’un certain opérateur telecom.

Pour clôturer cette belle soirée, 3 DJs belges assureront aux platines :
R.O (qui a signé un élégant remix d’Amnesie de Damso), Maverick (qui a partagé l’affiche récemment avec Selah Sue), et enfin Surfing Leons (invité il y a quelques temps à mixer pour les Trans de Rennes). Que du beau monde !

Gagnez des places pour assister au concert de l’Atomium

Pour tenter de remporter deux places, il suffit de nous envoyer un mail à concours@inrocks.com ! 20*2 places sont à gagner. Ouverture des portes à 19h. Entrée uniquement sur invitation.

Session FiftyFifty à l’Atomium de Bruxelles
Le mercredi 28 juin dès 19h
Avec Juliette Armanet, Mai Lan et Témé Tan

Les Inrocks - musique

Faites l’amour sur le nouveau titre de Ricky Hollywood “L’amour peut-être”

Capture d'écran de la vidéo de 'L'amour peut-être" réalisée par Marie Baudet.

Il fait chaud en ce moment et ce n’est pas le single L’amour peut-être de Ricky Hollywood en duo avec Bertrand Burgalat qui va rafraîchir l’atmosphère.

Avec des couplets chantés-parlés à la Serge Gainsbourg et des synthés qui résonnent comme dans les années 1980, l’artiste/chanteur/poète français se la joue sensuel sans vraiment se prendre au sérieux : accompagné du musicien Bertrand Brugalat, il invite tout le monde à faire l’amour avec ou sans chaussettes, rassure les messieurs un peu rapides, et suggèrent même de se rappeler à quel point nos parents se sont donnés du mal pour nous faire venir au monde (de quoi vous faire passer l’envie…). A vous de juger cette douce ballade illustrée en vidéo par une certaine Marie Baudet, ci-dessous :

Avec L’amour peut-être, Ricky Hollywood et Bertrand Burgalat signent une belle chanson de l’été extrait de son (Le) Modeste Album. A écouter sur les dancefloors, les jours de canicule, ou pendant une pluie estivale.

Concert au Pop-Up du Label à Paris le 28 juin prochain.

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En écoute : le rappeur Vince Staples dévoile l’album “Big Fish Theory” et c’est génial

Extrait du clip "Big Fish", crédits Vevo

Vince Staples a beau venir d’une ville où le soleil semble éternel, c’est bien la face sombre de Los Angeles qu’il s’évertue à montrer, centrant son propos sur ses populations noyées dans l’amertume, faisant de son hip-hop une caisse de résonance où s’expriment la frustration, la colère et l’impuissance des exclus. Pas un hasard, quand on sait que le rappeur angeleno a grandi du côté de Long Beach, à trente kilomètres de la cité des Anges, que son passé au sein des Crips a noirci sa vision du monde et qu’il n’a jamais hésité à expliquer son regard lugubre dans ses morceaux. Comme cette punchline, balancée en 2011 sur Trigga With Heart : “Si tu cherches de la positivité, va écouter du Common”.

Six ans plus tard, Vince Staples se veut certes moins bavard que sur l’excellent EP Prima Donna, mais il n’a visiblement pas changé d’approche. Big Fish Theory retravaille en effet une même glaise autobiographique, dramaturgique, sinistre, brassant dans un même élan les récits funèbres et les constats fatalistes. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir de nouvelles intentions mélodiques à proposer. Clams Casino, DJ Dahi et No I.D., à la production sur Summertime ‘06 en 2015, n’ont pas été rappelés ici, Vince Staples préférant visiblement confier les clés de son disque à Westside Ty et Zak Sekoff, deux jeunes beatmakers bercés à la techno de Détroit. Et ce, dans un souci permanent d’évolution, comme il l’expliquait à L.A Weekly dernièrement :

“Si un photographe prend la même photo encore et encore, vous allez penser qu’il est fou, non ? Si un architecte construit les mêmes maisons, si un designer crée les mêmes vêtements, si un peintre peint les mêmes toiles, on va chercher à les discréditer. Dans ce cas, pourquoi devons-nous espérer qu’un musicien, et particulièrement un rappeur, fasse la même chose constamment ? C’est parce qu’ils ne voient pas le rap comme un art.”

En évolution constante

Pour prouver qu’il fait de l’art et pas seulement de la musique, Vince Staples tente donc de tout conceptualiser. Il parle de Big Fish Theory comme d’un disque afro-futuriste, prétend composer la musique de demain, partage le micro avec Kendrick Lamar, dont on connaît le goût pour les recherches esthétiques, et se sert d’un poisson rouge dans un bocal comme illustration à son album. Un hommage à l’artwork et au titre du premier disque de Disiz ? C’est peu probable, mais le MC de Long Beach a clairement une singularité à faire valoir. À l’image de BagBak, sa production électronique, son refrain dansant et ses paroles, sinon militantes, du moins accusatrices : “Tell the one percent to suck a dick, because we on now / Tell the government to suck a dick, because we on now / Tell the president to suck a dick, because we on now”.

Pochette de l’album “Big Fish Theory”

Non moins novateurs demeurent cependant les onze autres morceaux réunis ici, portés par un verbe acerbe et des productions qui, bien que plus électroniques que par le passé, n’en restent pas moins tout aussi anxiogènes et hypnotiques. Sa marque de fabrique, en quelque sorte : depuis qu’il s’est révélé aux côtés d’Earl Sweashirt sur Hive en 2013, Vince Staples semble en effet avoir développé un intérêt prononcé pour les beats oppressants, nerveux, du genre à intensifier le pessimisme d’un MC ancré dans la réalité des hoods.

“J’aime dire des choses sur les noirs aux blancs”

Après tout, Vince Staples est un gars du cru, tout le monde le sait : ses grands-parents vivaient à Compton, son père a fait plus de dix ans de prison, la plupart des membres de sa famille ont été impliqués dans les différents gangs de la ville, et l’un de ses proches, Jabari Benton, s’est fait assassiner en 2008. Logique, donc, que ce jeune MC de 24 ans tienne le même discours que celui tenu par 2Pac et Ice Cube deux décennies plus tôt.

À lire ses différentes interviews, Vince Stapes n’a d’ailleurs pas d’autres explications à donner – à moins que ce ne soit le jeu médiatique qui ne l’intéresse guère ? C’est un pur produit de l’inégalité du jeu social, un rappeur débarqué dans le game pour “dire des choses sur les noirs aux blancs”, comme il l’a prétendu sur le plateau du Daily Show. Voilà sans doute pourquoi le bonhomme s’est entouré d’invités prestigieux sur Big Fish Theory (A$AP Rocky, Flume, Bon Iver ou Damon Albarn ont répondu présent, pour des apparitions parfois minimes) : histoire de s’assurer que sa science du storytelling, subtilement introspectif, soit entendu par un public plus large que par le passé, mais aussi histoire que tout le monde comprenne à quel point il est aujourd’hui capable de fédérer les énergies autour de lui.

L’album Big Fish Theory (Def Jam) est disponible en écoute sur Apple Music :

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Disiz la Peste : “Je suis dans le train du temps”

Se fixer des limites, écrire un scénario, refuser de voir le temps passer, ne pas vouloir choisir entre Malcom X et Martin Luther King… Le rappeur Disiz la Peste se prête avec une belle sincérité au jeu de notre entretien post-it.

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Que sont-ils devenus ? La Fonky Family ressuscite à Marsatac

Ils sont des légendes du rap français. Et ont toujours autant de mal à l’admettre. Les membres de la Fonky Family remontent sur scène ce vendredi 23 juin. L’événement d'ouverture du festival Marsatac, où près de 15 000 personnes sont attendues.

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