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21 juin 2017

Tinder dévoile les 10 chansons les plus écoutées par ses utilisateurs

Capture d'écran Youtube de la lyrics video de "Starboy" de The Weeknd Ft. Daft Punk

Plus besoin de présenter Tinder, application de rencontres en ligne très populaire, surtout auprès des jeunes urbains. Ceux qui l’utilisent encore en quête d’amour (pour un jour ou pour toujours, ça ne regarde que vous) savent déjà que depuis 2016 l’appli s’est associée à Spotify pour permettre d’afficher sur son profil son “hymne” perso. En bref, la chanson qui vous définit le mieux si vous êtes un swipeur ou une swipeuse.

Tinder a dévoilé le top 10 des morceaux les plus souvent mis en avant par les utilisateurs, avec trois classements : celui des hommes, celui des femmes et celui des deux genres confondus.

The Weeknd, valeur sûre

Apparemment, l’utilisateur moyen de Tinder adore Ed Sheeran puisque le titre Shape Of You atteint le haut du podium dans les trois listes.

En seconde position c’est Starboy, le hit du chanteur-sans-qui-on-ne-saurait-pécho, The Weeknd en featuring avec Daft Punk. The Weeknd qu’on retrouve à la septième place du classement général avec I Feel It Coming.

La médaille de bronze revient à Mask Off de Future suivi par HUMBLE. de Kendrick Lamar et Fake Love de Drake.

On a droit évidemment aux plus gros cartons commerciaux de 2017 (Luis Fonso ou du Chainsmokers etc.)

En résumé, beaucoup de rap et de R&B, pas mal de guimauve. Découvrez les classements ci-dessous (ce sera peut-être l’occasion pour vous de sortir du lot sur l’appli) :

1. Shape of You – Ed Sheeran
2. Starboy – The Weeknd
3. Mask Off  – Future
4. HUMBLE. – Kendrick Lamar
5. Fake Love – Drake
6. Black Beatles –  Rae Sremmurd
7. I Feel It Coming – The Weeknd
8. Despacito (Remix)  – Luis Fonsi, Daddy Yankee
9. Closer – The Chainsmokers
10. Heathens  – twenty one pilots

Chez les femmes :

1. Shape of You – Ed Sheeran
2. Starboy- The Weeknd
3. Despacito (Remix) – Luis Fonsi, Daddy Yankee
4. Fake Love – Drake
5. I Feel It Coming- The Weeknd
6. Closer – The Chainsmokers
7. One Dance – Drake
8. Let Me Love You – Rae Sremmurd
9. HUMBLE. – Kendrick Lamar
10. Mask Off – Future

Chez les hommes :

1. Shape of You- Ed Sheeran
2. Starboy – The Weeknd
3. Mask Off – Future
4. HUMBLE. – Kendirck Lamar
5. Fake Love – Drake
6. Black Beatles – Rae Sremmurd
7. Bad and Boujee (feat. Lil Uzi Vert)
8. Heathens – twenty one pilots
9. 24K Magic – Bruno Mars
10. I Feel It Coming- The Weeknd

Les Inrocks - Musique

Prodigy, de Mobb Deep, est mort : hommage à l'un des MC les plus doués du rap

Prodigy, moitié du duo de rap new-yorkais Mobb Deep, est mort à l'âge de 42 ans. Il avait écrit, dans les années 1990, certaines des plus glorieuses et des plus obscures pages de l'histoire du rap de la côte est avec son compère Havoc, avant de poursuivre une carrière en solo.

Télérama.fr - Musiques

Les rappeurs français et américains rendent hommage à Prodigy

Capture d'écran du clip "The One And Only"

“C’est avec une extrême tristesse et incrédulité que nous confirmons la mort de notre cher ami Albert Johnson, mieux connu par des millions de fans comme Prodigy du légendaire duo de rap new-yorkais Mobb Deep” a annoncé l’agent de Prodigy dans un communiqué il y a quelques heures. Au lendemain de la mort du rappeur, moitié emblématique de Mobb Depp, les réactions dans le monde de la musique se sont enchaînées. Nombreux sont les artistes ayant tenu à rendre hommage au rappeur parti trop tôt, à l’âge de 42 ans.

Le rappeur Nas, premier à annoncer la mort de l’artiste.

???????? QB RIP King P. Prodigy 4 Ever

Une publication partagée par Nasir Jones (@nas) le 20 Juin 2017 à 10h33 PDT



Havoc, son acolyte de Mobb Deep a évidemment tenu à lui rendre hommage.

Forever

Une publication partagée par Havoc of Mobb Deep (@mobbdeephavoc) le 20 Juin 2017 à 11h32 PDT

#RIPProdigy Gone too soon ???? https://t.co/r9vFxF4w7j

— Mariah Carey (@MariahCarey) 20 juin 2017

Rest In Peace #Prodigy ❤️

— Ciara (@ciara) 20 juin 2017

Damn. RiP to the great one Prodigy. Rap game lost a legend the world lost a G. ???????? to and for his fam. Love. MOBB

— Lil Wayne WEEZY F (@LilTunechi) 20 juin 2017

Rip prodigy. God bless his family and all his fans. Mobb forever.

— Wiz Khalifa (@wizkhalifa) 20 juin 2017

Don’t want to believe he’s gone. Omg. RIP @prodigymobbdeep #QueensFinest

Une publication partagée par Nicki Minaj (@nickiminaj) le 20 Juin 2017 à 11h10 PDT

L’Un des rappeurs que j’ai le plus écouté lors de mon adolescence , PRODIGY (du légendaire Groupe du Queens bridge: MOBB DEEP ) vient de nous quitter ???? #légende #rip #mobbdeep #queens #infamousmobb #shookonespart2 #murdamuzik #hellonearth #quietstorm #hnic #survivalofthefittest

Une publication partagée par sopranopsy4 (@sopranopsy4) le 20 Juin 2017 à 11h59 PDT

Rest in peace Prodigy, thanks for all the music and inspiration. Such a sad day for hip hop.

— Akhenaton Officiel (@AkhenatonIAM) 20 juin 2017

#RIPPRODIGY

Une publication partagée par Diddy (@diddy) le 20 Juin 2017 à 12h20 PDT

Les Inrocks - Musique

Foo Fighters annonce un nouvel album : toutes les infos

Dave Grohl en live (© Ed Vill / Flickr / cc)

Le groupe de Dave Grohl, ancien batteur de Nirvana, sortira son prochain LP Concrete and Gold le 15 septembre 2017, sur le label Roswell. Il comprendra deux morceaux déjà joués en live, The Sky Is a Neighborhood et La Dee Da, ainsi que le single Run, dont le clip a été révélé au début du mois :

Dans une interview pour la BBC, le frontman a révélé qu’il y aura plusieurs artistes en featuring sur l’album à venir. Avant de préciser :

Il y en a un(e) qui est probablement la plus grande pop star du monde, et – je ne déconne pas – il/elle chante les chœurs sur l’un des sons les plus lourds du disque, et on n’a encore dit à personne de qui il s’agit.

Concrete and Gold fera suite à l’EP Saint Cecilia (2015), et au LP Sonic Highways (2014), qui était accompagné d’une série documentaire réalisée par Dave Grohl sur les traditions musicales régionales aux States. Elle a été diffusée sur HBO.

Cover du nouvel album de Foo Fighters, “Concrete and Gold”

Les Foo Fighters organisent un festival

Le groupe de Seattle s’est aussi lancé dans une grande tournée internationale, et s’envolera bientôt pour le Danemark, le Japon, les Etats-Unis ou encore Paris (le 3 septembre prochain, pour donner un live unique à Bercy).

Il a aussi lancé son propre festoch’, Cal Jam 17, qui se tiendra à San Bernardino en Californie, le 7 octobre, et dont le line up comprend notamment Queens of the Stone Age, Liam Gallagher, Japandroids, the Kills, Royal Blood, Wold Alice, Babes in Toyland ou encore Bob Mould.

Retrouvez le tracklisting complet de Concrete and Gold :

01 T-Shirt
02 Run
03 Make It Right
04 The Sky Is a Neighborhood
05 La Dee Da
06 Dirty Water
07 Arrows
08 Happy Ever After (Zero Hour)
09 Sunday Rain
10 The Line
11 Concrete and Gold

L’album Concrete & Gold – dont la sortie est prévue pour le 15 septembre – est d’ores et déjà disponible en pré commande sur Apple Music.

Les Inrocks - Musique

Ce que le rap doit à Prodigy de Mobb Deep

Prodigy au sommet dans le clip de "Shook Ones" - Capture d'écran YouTube

La mauvaise nouvelle est arrivée par un post Instagram de Nas, que certains ont d’abord pris pour une blague : “RIP King P. Prodigy 4 Ever”. Quelques minutes plus tard, un proche de Mobb Deep vient pourtant confirmer la terrible info sur le site de XXL : oui, Prodigy a bel et bien été retrouvé inconscient dans la matinée du 20 juin :

“C’est avec une incroyable tristesse que nous confirmons la mort de notre ami Albert Johnson, plus connu par des millions de fans sous l’alias de Prodigy du légendaire duo new-yorkais Mobb Deep. Prodigy avait été hospitalisé il y a quelques jours à Las Vegas après une performance de Mobb Deep suite à une crise d’anémie drépanocytaire. Comme beaucoup le savent, Prodigy s’est battu contre la drépanocytose depuis sa naissance. Les causes exactes de son décès doivent encore être déterminées.”

Le ton grave de ces propos en dit pourtant peu sur l’impact d’une telle disparition. Car, à défaut de pouvoir s’évader d’un corps dont les faiblesses ont possiblement entrainé sa disparition prématurée, Prodigy a toujours ambitionné de rompre avec l’étouffante monotonie des jours dans le quartier de Queensbridge à New York et  de ne pas épargner l’auditeur avec ses rimes sinistres et ses histoires morbides.

Un gangsta-rap dépressif et obscur

Tout débute, dans les années 1990 aux côtés de son pote Havoc, qu’il a rencontré dans une école d’art et qui va peu à peu se concentrer sur la composition des beats après la sortie de Juvenile Hell en 1993. Prodigy  et Havoc installent Mobb Deep comme l’un des groupes phares du paysage rap. Surtout, ils imposent son quartier, plus grand complexe HLM d’Amérique, comme l’une des plaques tournantes du hip-hop – pas rien quand on sait que Capone, Cormega, Infamous Mobb, Marley Marl, Nas, ou encore Tragedy Khadafi sortent du même territoire.

Il ne faut pourtant pas négliger l’influence de Rakim sur leurs premières productions. La référence est transparente : en optant pour un rap lyrique à l’écriture sanglante, comparable à celui que l’on surnommait “The God MC”, Prodigy affirme que l’intérêt du rap se niche dans l’univers glauque de rues sans espoir, dans cette atmosphère poisseuse où évoluent les afro-américains, dans ces histoires de gangsters semblables à celles rappées de l’autre côté des États-Unis – ici, racontées d’un angle plus dépressif, plus sombre. Et sans doute en apprend-t-on bien plus sur la vie new-yorkaise dans les années 1990 en écoutant Shook Ones Pt.2 ou Quiet Storm plutôt qu’en regardant les actualités de l’époque.

Quant à savoir comment une telle succession de mélancolie, de références ésotériques, de punchlines lugubres ou de propos réalistes a pu se dérouler d’elle-même au sein d’albums dans lesquels il est encore possible de se plonger en découvrant de nouvelles nuances, on ne le sait toujours pas. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que seule une nature profondément sensible pouvait se permettre d’être autant réceptive à l’horreur, de parvenir à la définir en se contentant de la retranscrire.

Influence majeure du rap français

On rate en effet beaucoup du talent de  Prodigy si on ne perçoit pas derrière ses airs de caïd au cœur dur, un sens de la dramaturgie, de la formule funèbre héritée d’une vie passée à l’ombre des tours. The Infamous, par exemple : sorti deux ans après Juvenile Hell, le deuxième album de Mobb Deep s’impose illico comme la bande-son de ceux qui dealent faute de mieux, de ceux qui ont adopté un style de vie où la tragédie semble être la seule issue possible. À l’époque, c’est un choc. Il y a clairement un avant et un après The Infamous. Aux États-Unis, bien sûr, mais aussi en France où les productions de Mobb Deep, et plus particulièrement la gouaille pessimiste et hardcore de Prodigy, impactent durablement l’imaginaire des rappeurs hexagonaux : de Time Bomb à La Cliqua, en passant par 113 (cf L’école du crime) et les premiers albums de Rohff.

Un an et demi plus tard, c’est le même schéma : Hell On Earth sort, se place direct n°1 des albums rap/r&b, et fait de Prodigy l’“Official Queensbridge murderer”. Ce n’est donc pas seulement un amour des mots que Prodigy a apporté au rap, mais bien une manière de rapper, lente et rugueuse, un sens de la punchline percutante (l’éternel “They shook ’cause ain’t no such things as halfway crooks”, reprise telle une profession de foi par divers MC’s) et un goût pour les productions minimalistes (la fameuse recette piano/violon que l’on retrouve sur ses six albums solos, mais aussi sur les huit forfaits de Mobb Deep). Il y a bien sûr eu quelques clashs au cours de ces deux décennies (avec 2Pac, Ja Rule et Jay-Z, notamment), mais c’est bien pour ce rap à l’odeur d’hémoglobine que l’on retiendra Prodigy, un MC dont la complexité des rimes obscures et le poids du temps n’ont fait que renforcer l’aura.

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Les Inrocks - Musique

Comment Calvi on the rocks est devenu un festival incontournable : 15 ans de liesse racontés par les habitués

L'une des affiches du festival Calvi on the Rocks, avec le DJ Marcos Dos Santos (© Alice Moitié et Thomas Lélu)

Mademoiselle Stéphanie

Ancienne résidente du Baron de 2005 à 2015, Stéphanie Ceccaldi n’a loupé qu’une édition en 15 ans. Elle y a toujours joué, dont une année enceinte. Native de Calvi, elle fut la première Corse derrière les platines du festival. Des sets toujours éclectiques, avec du Smiths ou des enchainements Get Innocuous d’LCD Soundystem avec du Gene Vincent. 

“La première fois que j’ai entendu parler de l’idée de ce festival, c’était en plein hiver, sur la route de Calenzana. Jean-Marie Tassy, Edouard Rostand et Lionel Bensemoun tenait une réunion pré-Calvi au restaurant le Jardin du Coucou. Je connaissais Jean-Marie étant enfant mais on s’était pas vu depuis des années. J’avais 22 ans et je mixais en vinyle dans les boîtes de Corse. J’étais toute seule, je commandais mes vinyles sur Internet. Je n’avais aucune connexion avec Paris mais ils m’ont proposé de leur donner un coup de main.

La première édition, c’était roots. La fraicheur, l’innocence : une boum géante. Il y avait déjà Pedro Winter et Sporto Kantes. Tout le monde était à contribution. Par exemple, Jean-Marie avait oublié de monter un cattering pour les artistes, il avait donc appelé sa mère en catastrophe pour faire à manger pour 12 personnes. Ils avaient manger chez son beau-père, à la maison, au-dessus de chez Tao.

La première claque, c’était !!!. C’était sauvage. Je dansais, je transpirais et autour de moi il y avait des gens du milieu, des copains de Calvi, mes parents. Ils avaient emmené tout le monde dans leur folie scénique. C’était jubilatoire. Puis ça a monté en grade. Phoenix, puis surtout LCD Soundsystem en 2007, qui a marqué beaucoup de gens. Et balayer tous les doutes sur le sérieux de ce festival. Ça a marqué beaucoup de gens. Même eux, en parlent encore aujourd’hui. Je les ai revu et ils ont Calvi dans le cœur.

Je me souviens un repas à la Piazzetta. James Murphy mangeait du sanglier et m’a dit un truc du style : « voilà, c’est ça la vie. Ici vous savez vivre ! » Ça avait tellement de sens pour lui ! Il adorait se balader dans la rue le jour et croiser les gens qu’il avait vu la nuit en train de bosser. Ils se sont tous sentis chez eux à Calvi. Un des guitaristes, David Scott Stone me reparle encore de la fois où sa copine s’était coupée le pied. Je l’avais amené chez moi lui filer un pansement. C’est des trucs normaux, mais ça les touchait. Ils ont vite dit que même si on ne les invitaient pas, ils reviendraient. James disait qu’il avait deux règles : “chaque année je vais au Japon, chaque année je vais à Calvi.”

Une fois, j’étais à la citadelle en train d’avaler un truc en vitesse pour aller écouter Superpitcher de l’autre côté de la baie, à la plage In Casa. Avec le son qui portait, je pouvais entendre son morceau d’ouverture depuis la citadelle. J’entendais ça et je regardais les montagnes roses, la mer dorée. C’était un moment d’une magie exceptionnelle. Calvi, c’est ça. Partout où tu tends l’oreille, il se passe un truc. Je suis encore émue à chaque fin de festival.”

Mademoiselle Stéphanie & Superpitcher. (c) Pascal Montary.

Nicolas Kantorovwicz (Sporto Kantes)

Au tout début de Calvi, le duo formé par Benjamin Sporto et Nicolas Kantorovwicz ne faisaient même pas de live. Pour la première édition, ce dernier s’est rendu en Corse en famille, pour un DJ set. Avant de revenir cinq fois. 

“On me proposait de payer le voyage avec une personne de mon choix et comme mon fils était tout petit, on ne payait pas l’avion pour lui. Le DJ set, c’était avec DJ Oil sur la place d’Armes. C’était le feu, un public intergénérationnel. J’ai ensuite fait une résidence avec Neneh Cherry, chez Tao, avec une table de mixage à l’arrache. Puis avec A Filetta, on avait monté un truc entre musique électronique et chants corses.
Puis je suis revenu avec Benjamin en 2010, sur le port à l’entrée du festival. On mixait pour le Fooding pendant que les gens mangeaient des huitres ou de la charcuterie.

Une fois, DJ Oil avait amené sa maman. Elle avait un certain âge et on essayait de descendre de chez Tao, mais par un chemin super dangereux. On avait du rebrousser chemin, on aurait pu mourir.
J’ai eu la pire des gueules de bois à Calvi. On avait descendu beaucoup de vodka chez Tao avec la tante de Jean-Marie. J’avais une araignée dans le bide le lendemain. Un truc horrible. Ma femme disait aux enfants de me laisser tranquille. Je ne bois plus vraiment, depuis.

Il y avait de sacrées équipes backstage. C’était marrant de voir James Murphy d’LCD Soundystem, un Américain en Corse. Puis il y avait Pedro. La première année, on avait pris le vol retour Calvi – Paris et il m’avait dit qu’il montait un label. Je montais un label aussi mais je n’ai pas réussi à vendre 600 exemplaires de mon maxi. Lui, il parlait d’Ed Banger. Quelques jours plus tôt il était en train d’aider ma femme à changer les couches de mon gamin pendant que j’étais en train de mixer.”

Pat Mahoney (LCD Soundystem)

Si Calvi on the rocks a un groupe culte, c’est LCD Soundsystem. La formation new-yorkaise s’est produite trois fois en Corse, dont en 2007, pour un concert culte que la jeunesse locale n’oubliera jamais. James Murphy aimait tellement Calvi qu’il revenait chaque année, mixer sur la plage ou en after, gagnant le surnom pour certains de « parrain de Calvi. » Son batteur, le grand barbu Pat Mahoney, attend, lui, qu’on book son side project, Museum of Love.

La première fois, on n’était pas encore si gros. On restait un phénomène underground. Je n’étais jamais allé en Corse, donc c’était très cool. On a joué avec Hot Chip, ils étaient incroyables. Ils ont rejoué en 2010 et c’était le feu. Je me souviens encore de danser sur We Have Love avec mon épouse. Bref, nous, ce premier soir, nous étions très mauvais. J’étais au début d’une romance avec la femme qui est devenue mon épouse. Elle est française et n’avait vu que quelques concerts. J’étais nerveux. C’était dur pour un groupe de notre taille, avec tout notre équipement, de jouer sur une si petite scène. On n’était pas totalement à l’aise, mais c’était quand même marrant. Puis nous étions probablement tous un peu trop saouls. On avait eu un très long déjeuner avec les frères Dewaele, les 2manyDjs. C’était un restaurant dans l’une de ses petites rues de Calvi, sur une terrasse. Je crois qu’on mangeait du poisson, je ne suis plus sûr, mais je sais qu’on a bu beaucoup de rosé corse.

Chaque fois, c’était un peu comme des vacances. On ne gagnait pas vraiment d’argent parce que ça coûtait beaucoup d’envoyer tout l’équipement là-bas. Au milieu d’une tournée, on restait une semaine à Calvi, pour manger, sauter des rochers, se baigner, se relaxer. Certains membres louaient des scooters pour aller en montagne. Personne ne savait qui on était, donc c’était génial. On a aussi pris un bateau de Calvi pour descendre la côte jusqu’à ces caves volcaniques (les calanques de Piana, ndlr). Nous sommes allés dans un restaurant sur une petite crique qui n’était accessible que par bateau. On a mangé de la charcuterie merveilleuse, pris quelques verres de vins puis on est allé à la cabane de ce mec, en haut de la falaise. C’était un personnage. On a passé l’après-midi avec lui.

À Calvi, il y avait quelques parisiens mais la plupart des gens étaient locaux. Donc c’était comme jouer à la foire du comté dans une petite ville. C’est beau, puis il y a de la débauche dans la citadelle. C’est super pour les fans de voir le groupe dans un cadre si intime. Ça n’arrive pas ailleurs.
Je me souviens d’un duo de DJs qui sautaient en arrière de la falaise. Ils atterrissaient dans l’eau à 30 centimètres des rochers. Je pensais vraiment qu’ils allaient mourir. Puis ma femme et moi allions sauter aussi. On a pris trois pas d’élan, on se tenait la main, mais elle n’a pas sauté. J’ai failli m’exploser la tête parce que je lui tenais toujours la main quand j’ai sauté.

Nous avons rencontré beaucoup de gens. Comme Stéphanie, la DJ, qui servait des verres et est devenue une amie. Ou Simian Mobile Disco, avant qu’ils sortent We Are Your Friends avec Justice. Dès qu’on en avait la chance, on disait à tous les groupes d’y aller. C’est un festival très spécial.

Marco Dos Santos

Ancien patron du Paris Paris, Marco Dos Santos, sa grosse barbe noire mêlée à une épaisse chevelure surmontant habituellement une chemise manche-courte, fait partie des têtes que l’on croise depuis toujours à Calvi. Il sera de nouveau présent cet été, pour la onzième fois.

“J’y suis allé pour la première fois en 2005. Calvi, c’était assez confidentiel, un mini-festival. J’avais l’impression d’être un enfant, il y avait quelque chose d’incroyable.

Il n’y avait qu’une seule plage, l’Octopussy. Pas de transats, il n’y avait pas tout cet ornement qu’on voit maintenant. C’était juste un petit bar au bord de l’eau. J’avais mixé avec Edouard Rostand et Pedro (Winter), et on n’était pas plus d’une centaine. Il n’y avait pas autant d’encadrement qu’aujourd’hui, c’était la totale liberté. Après les sorties de club, certains ne voulaient pas dormir. Alors ça trainait sur les plages. On faisait des rencontres.
Ce qui est différent à Calvi, c’est le format. Ça reste un petit festival. On peut aller d’un bout à l’autre à pied, sans galérer d’un site à l’autre. Pas besoin de vélo, de scooter ou de taxi. C’est un prolongement au bord de la mer. Sauf la plage de la villa Schweppes, pour laquelle tu dois prendre un bateau ou un 4×4 sur une route pierreuse et terreuse. C’est petit, donc les gens se croisent et ont l’impression d’être dans un truc de copains.

Je me souviens d’un concert du batteur de Trans Am. Lui tout seul avec sa batterie et des boîtes à rythme qui fonctionnent seul. C’était à l’Eden Club, il jouait dans trois mètres carré entouré de gens. C’était incroyable. Après, il y a eu Soulwax et LCD Soundystem. James Murphy était en transe devant son micro. Je les ai vu plusieurs fois, dans d’autres endroits que Calvi, mais ce concert de 2007 était incroyable. Mythique.

La meilleure closing, un mercredi soir, c’était Smagghe, Jennifer Cardini, Michael Mayer. C’était l’année où Kate Moss s’était mariée avec le mec de The Kills. Ils fêtaient ça dans un bateau au large de Calvi, sans trop être au courant du festival. À un moment, on ne la pas vue arrivée, mais Kate Moss a pris un zodiac pour venir. Elle s’est retrouvée devant nous dans la cabine.”

Michael Mayer

Légende de la scène électronique de Cologne, Michael Mayer annonce d’entrée sa tristesse de ne pas voir Calvi cet été : “Elle me manque, la Corse!” Le boss du label Kompakt fait lui aussi partie des habitués du festival, que ce soit pour des sets seuls ou avec Supermayer, son duo avec un autre Allemand, Superpitcher. 

“J’ai du entendre parler du festival pour la première fois il y a dix ans. C’était ma première fois en Corse. J’y reviens souvent depuis, hors festival. J’ai par exemple loué une maison dans les terres, vers Ajaccio, entre mer et montagne. C’est très calme. J’ai été happé par la magie de l’île.

J’ai vu des couchers de soleil incroyables depuis la citadelle. Après la plage, aussi. Tu pars à pieds, un peu saoul et arrive sur le port lorsque le soleil se couche. C’est très beau.

J’y suis souvent allé avec mes deux enfants, donc je ne fais pas trop la fête. On prend le train ou un taxi pour aller à l’extérieur de Calvi. C’est un peu trop pour les enfants et ils aiment voir des poissons dans l’eau. J’ai aussi vu des couchers de soleil magiques depuis la citadelle.

Le cattering à la citadelle est incroyable. J’ai goûté l’un des fameux fromages corses, ceux qui sentent beaucoup. C’était une sacrée expérience. Puis c’est l’eau de vie corse à la fin du repas, qui est un peu une tradition. C’est la mère du patron du festival qui nous la donne.

Le premier titre qui me vient en tête quand je pense à Calvi c’est Panta Rei, d’Agoria. C’est parfait pour la plage. Je l’ai joué moi même, le jour où Kate Moss est venue à la cabine de DJ et a embrassé ma main, que je n’ai plus lavée depuis.”

Para One

 Autre quasi-résident d’On The Rocks, Para One se perd dans les éditions. Combien de fois y-est-il allé? Huit fois, pense-t-il. Dont une première en 2005, grâce à des photos dans M, le magazine du Monde. 

“Ça faisait rêver ! Je m’étais dit « putain, il faut que j’y aille ». Alors j’y suis allé et ai de suite rencontré ceux qui sont devenus ma famille de Calvi. Pas forcément des gens connus. Des potes sont devenus certains de mes meilleurs amis à Calvi. On a développé des relations plus personnelles là-bas. Au début, on jouait face à la mer. C’était dingue. Puis on allait squatter sur les rochers, avant d’aller se baigner quand le soleil s’était levé. On avait l’impression d’une fête qui ne finissait jamais.

Il y a toujours un côté intime et familial. Tout le monde se ballade avec une clef USB au cas où tu puisses faire un back to back qui n’était pas prévu. Tu as l’impression d’être le bienvenu partout, tout le temps. Si bien que je me suis retrouvé une année à jouer 10 fois en 3 jours… Record personnel. J’avais joué avec Marco Dos back to back pendant 4 heures dans une cabane qui comptait 10 personnes. Assis sur des caisses, avec des drag-queens qui étaient danseurs sur je ne sais plus quel show avec nous. On avait l’impression d’être dans une petite cabine qui allait décoller vers l’espace.

Au centre, Para One, encadré de Breakbot et Busy P. (c) Pascal Montary.

Mon meilleur souvenir de live reste en 2008. Je jouais entre Soulwax et 2manyDj’s. À la fois très intimidant et hyper stimulant. Les deux défonçaient. J’avais gardé mes Wayfarer sur le nez pour pouvoir affronter le public sans trop baisser les yeux. Question de timidité. J’ai arrêté de faire ça depuis…

J’ai aussi découvert Hot Chip à Calvi, en live.  Il y avait toujours plein de trucs de DFA. The Juan McLean avait joué Happy House, morceau que j’ai découvert live et qui a duré 12 minutes. Ça ne s’arrêtait jamais, c’était assez fou.

La meilleure chose que j’ai mangé à Calvi sera forcément l’escalope à la saltimbocca de la Piazzetta. Au rosé. Je ne bois que ça là-bas. Rien d’autre. Pas d’eau du séjour. Comme beaucoup d’autres.

La chose la plus folle que j’ai vu, c’est Jimmy Joint rentrer dans l’Annexe en scooter. J’étais en train de jouer et il a klaxonné en rentrant dans le club, à 5h du matin.

Si un titre est Calvi, c’est pour moi l’édit de Todd Terje d’I Want Your Love de Chic. À Calvi, les gens sont moins sur-excités et impatients que dans des festivals où ils n’ont pas le temps. Le fait que le morceau mette du temps à décoller, ça les rend les particulièrement fous.
Puis il y a Time des Pachanga Boys. Je les ai vu le jouer plusieurs dizaines de minutes d’affilé sur la plage, mais c’est des résidents de Calvi. C’est symbolique.”

François Dagregorio (Disgrace/Le Disko)

Aujourd’hui à la tête d’un autre festival, Ballà Boum, le collectif Disgrace est composé d’une bande de jeunes tous originaires de la région bastiaise. Ils “montent” à Calvi depuis qu’ils sont majeurs, chaque été. En 2013, alors appelés Le Disko, ils foutaient également le feu à une plage du festival, concluant un set énervé par du Chagrin d’Amour. 

La première fois, c’était en 2006 pour Para One, en buvant du rhum Trois Rivières dégueulasse. On était resté assez con. Des potes, Les Petits Pilous, disent toujours que c’est ce set qui les a décidé à faire de la musique. Puis leur succès à eux nous a convaincu de nous y mettre.

Calvi, c’était le premier festival en Corse destiné aux jeunes. Donc quand Edouard Rostand nous a proposé d’y jouer, c’était l’endroit ultime pour nous. On avait déjà vu des légendes, passé des soirées inoubliables. On jouait sur la plage, en bordel jusqu’à 21h avant d’enchainer sur le port, à l’Eden, en première partie de Michael Mayer, de 1h à 3h. Quand on est arrivé, la boîte était déjà ouverte, les lumières étaient allumées et il y avait une quarantaine de personnes, par terre, qui attendaient qu’on mette de la musique. Il y avait un système de son sur-dimensionné pour une si petite boîte. Ça, c’est Calvi. En première partie, tu es censé juste mettre l’ambiance pour celui d’après. Mais on était quatre, la sauce prenait, on était un peu bourré et l’avant dernier disque on a mis Le Prince Noir, un remix de Pilooski. C’est assez énervé. Je me souviens du regard de Michael Mayer qui avait l’air de dire : « qui c’est ces merdeux qui bombardent avant moi ? »

Des moments incroyables, il y en a eu des tas : 2manyDjs, des images de Pachanga Boys qui explosaient sur la plage. C’est con de le dire, parce qu’on les a vu cent fois. Mais c’est l’été où était sorti Time. Il y avait toute notre équipe et on s’en souviendra toujours. Puis il y a eu tous les appartements qu’on a partagé, les hôtels où, plus jeunes, on dormait à cinq alors qu’il n’y avait qu’un lit. Calvi, c’est aussi les rues quand tu rentres à 7h, que tu manges des sandwichs horribles ou des pains au chocolat que tu essaies d’offrir à une touriste. On montait comme des gamins, on a grandi là-haut en retrouvant des gens. Ça fait partie de la jeunesse insulaire à jamais.

À droite,François Dagregorio, un pistolet à eau et des mannequins australiens. (c) Thomas Andrei

Yuksek

Au théâtre de verdure, chez Tao jusqu’au matin à la Villa Schwepes avec une chemise en jean trop chaude pour la saison, Yuksek fait aussi partie de la légende de Calvi. Il y retourne d’ailleurs cet été.

“Il y a toujours cette ambiance de colonie de vacances. Les gens ont envie d’y jouer. Ils réussissent à avoir des têtes d’affiche pour ça, ils ne les paient pas toujours une fortune. C’est l’inverse des autres festivals. Ce n’est pas Calvi qui court à la surenchère de têtes d’affiches en payant des fortunes.

Yuksek © Nicolas Alléguède

James Murphy venait plusieurs années de suite parce qu’on lui donnait une maison une semaine, que c’était cool et que ça tombait plus ou moins en même temps que son anniversaire. C’est pour ça que tu as pu voir LCD Soundystem devant 600 personnes avec une scène de 40 centimètres de haut. Phoenix, pareil C’était un peu unique. Le festival est toujours très bien, il y a une vraie scène de festival mais pour Phoenix il n’y avait quasiment pas de lumière. C’était presque plus la citadelle qui éclairait derrière.

Dans mes premières années, il y a aussi eu un set de Joakim sur la plage qui m’avait marqué. Très disco, minimale, obscur. C’était pas la musique dans laquelle j’avais la plus grande culture et je m’y suis beaucoup plongé depuis. C’était un déclencheur.

Mais ce n’est pas que de la musique. J’aime par exemple beaucoup manger à la Piazzetta. C’est de la cuisine corse très lourde, ça te pose un truc en début de soirée. J’attend ça avec impatience tous les ans.”

Arnaud Rebotini

 Arnaud Rebotini n’a fait que deux Calvi, mais a marqué les esprits. Sur la plage, sur scène avec Black Strobe ou à l’Annexe, un des afters du festival. Il transpirait à grosses goûtes et faisait des grimaces, en collant sa moustache contre ses narines. Il ne s’en rappelle pas mais se souvient d’autres choses. 

J’y suis allé pour la première fois il y a plus de dix ans. C’était un de mes premiers live electro solo. À cause de l’humidité de la mer, une des machines qui contrôlait un peu tout s’est mise à déconner. Elle n’a pas démarré. J’ai du faire tout le live avec un synthé et une boîte à rythme. Les gens ont trouvé ça génial ! Alors que j’en ai chié à fond. Il y avait un côté un peu rough, complètement à l’énergie, qui a bien fonctionné. C’était une étape importante dans ma carrière.

Je me souviens aussi d’un set sur la plage de la Villa Schweppes. J’avais joué beaucoup de blues, de country, de rockabilly, il y avait toutes ces filles en maillot qui dansaient sur du John Lee Hooker. Le rosé collait bien avec le temps, le rythme de la musique et l’indolence générale. Il y avait de la charcuterie délicieuse pour aller avec ça. Il y avait une ambiance particulière. Tu n’avais pas l’impression d’être en Corse en 2015.”

Les Inrocks - Musique

Marvel rend hommage aux groupes de rock mythiques

La pochette "Nevermind" de Nirvana détournée par Marvel, avec Rocket des "Gardiens de la Galaxie".

Les fans de comics et de rock vont être ravis ! Marvel vient de lancer la première vague de sa série de couvertures de bandes dessinées qui rend hommage aux albums les plus cultes du rock. Quatre d’entre elles sont déjà parues pour le moment et détournent explicitement de fameuses pochettes qui ont marqué l’histoire de la musique.

On reconnaît évidemment Nevermind (1991) de Nirvana, mais le bébé a été remplacé par Rocket Raccoon des Gardiens de la Galaxie. Le disque Parallel Lines (1978) de Blondie a été réquisitionnée par les X-Men avec, entre autres, Jean Grey et Wolverine. London Calling des Clash s’est transformé en Asgard Calling, le royaume natal de Thor et enfin les Inhumains apparaissent sur une nouvelle version d’Appetite For Destruction (1987) des Guns’n’Roses.

Découvrez un extrait ci-dessous :

Marvel and rock music collide this September with new tribute variant covers!

A post shared by Marvel Entertainment (@marvel) on Jun 19, 2017 at 3:00pm PDT

Ces premières couvertures paraîtront en septembre prochain et en édition limitée.

Le rock après le hip hop

La grande maison d’éditions de bande-dessinées américaine se plaît à croiser l’iconographie de la musique culte avec son univers fictif. Elle s’y était essayé avec succès en 2015 avec sa série de couvertures qui honoraient des disques iconiques du rap et du hip hop. Marvel avait fait poser Spiderman et Deadpool à la façon d’Eric B & Rakim sur la pochette de Paid In Full (1987) mais aussi les super-héroïnes d’A-Force à la manière de N.W.A sur Straight Outta Compton (1988).

INTRODUCING THE DOPEST DUOS IN #comics AND #rap HISTORY!… #spiderman #deadpool #rakim #ericb #marvelhiphopcovers #paidinfull #comicgeek #rapmusic #rapculture #rapmonster #hiphop #hiphophead #hiphopculture #hiphoponwax #vinyl #vinylgclub #vinylcollection #vinyljunkie #vinylofday #instavinyl #vinylporn #vinylordie #nowspinning #onwax #lp #recordoftheday #discogs #privatecollection @comixandhiphop

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A-Force Hip Hop Variant signed by cover artist @atomhues #nwa #straightouttacompton #hiphop #hiphopvariants #adamhughesart #captainmarvel #caroldanvers #shehulk #igcomics #igcomicclan #igcomicfamily #igcomiccommunity #marvel #marvelcomics #marvelhiphop #marvelhiphopcovers

A post shared by Alexander V (@sensible_comics) on May 29, 2017 at 12:15pm PDT

Les Inrocks - Musique

“La Story du rap français” sur CStar : un documentaire érudit et amoureux

Fête de la musique oblige, les documentaires musicaux font une brève apparition à la télévision. Ce mercredi soir, “La Story du rap français : 30 ans de succès” sur CStar vaut bien mieux que ce titre platement générique. Avant d'aller suer dans la rue, prenez deux petites heures pour regarder ce film.

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“Purple Rain”: l’histoire secrète d’un album mythique

© Larry Williams

Contrairement à la projection cauchemardesque que lui associait George Orwell, l’année 1984 fut un moment de pure félicité. Certes, la guerre froide entre blocs de l’Est et de l’Ouest connaissait encore quelques coups de chaud, la famine décimait toujours autant d’Africains et la terreur sévissait dans nombre de pays.

Mais hormis les habituelles catastrophes et leur cortège de souffrances qui trament depuis la nuit des temps l’histoire du monde et des humains, l’ambiance générale sur la planète Terre était relativement teintée d’optimisme.

Rien à voir en tout cas avec celle désespérante que dépeint la dystopie d’Orwell. Pour ce qui concerne nos contrées favorisées, on peut même dire qu’en 1984 les choses viraient carrément au festif. Et à l’hédonisme décodé.

Un priapisme funky affiché dès le premier album

En France, pour la première fois, une chaîne de télévision (Canal+) s’apprête à diffuser des films pornographiques (ouh là là !). Et ce n’est donc pas un total hasard si Purple Rain, disque incontestable de cette année-là, se trouvait être l’œuvre d’un petit satyre originaire de Minneapolis aux lèvres gourmandes et aux yeux de biche effarouchée, dont le goût pour les élucubrations érotiques et les dispositions au priapisme funky étaient avérées depuis un certain temps.

Dès son premier album en 1978, Prince semblait en effet s’être donné pour mission artistique d’incarner à lui seul un demi-siècle de musique, noire et blanche, en misant sur la désinhibition sexuelle des genres musicaux. En somme, en mettant dans le même lit la soul, le rock, la pop et l’electro naissante, il allait obtenir la plus grandiose partouze sonore de tous les temps.

Cette option pour le moins originale devait ainsi pousser ce virtuose à adopter des positions, certes assez dingues, mais qui en réalité finiraient par relever du domaine de l’orchestral et du littéral plutôt que du Kama Sutra.

Des fantasmes classés X

Quatre ans avant Purple Rain, Prince avait défié tous les pudibonds et les coincés du cul de l’univers avec le bien nommé Dirty Mind, un troisième album où il prenait un malin plaisir à organiser une série de combinaisons et d’emboîtages proches de l’acrobatie copulatoire pour freak show libidinal.

Déjà, la photo de la pochette, signée Allen Beaulieu, l’expose en prostitué gay, comme au sortir d’une backroom new-yorkaise. Ventre duveteux et moustache portoricaine, notre Priape de la chanson s’exhibe ainsi en mode pervers, couvert d’un minislip de cuir dont l’indécence se voit soulignée à dessein par le port d’un trench-coat largement ouvert sur son corps d’éphèbe.

Toutes les chansons y explorent, avec un zèle confinant à la surenchère provocatrice, une large gamme de fantasmes classés X. La plus spectaculaire du lot étant Head où le protagoniste se voit proposer une fellation par une jeune vierge le jour du mariage de celle-ci. Ce faisant, le titre se conclut par, comme aime à le préciser le site PornHub dans nombre de ses vidéos, “un flot de foutre brûlant” qui inonde la robe immaculée de la promise.

Un beau bizarre à la fois de fausset, obsédé par Dieu et le sexe

Les autres titres poursuivent dans la même veine libertine. Le triolisme (When You Were Mine), l’inceste (Sister), le sexe en groupe (Uptown) y font l’objet d’une approche rock-funk-electro qui pour l’époque reste encore novatrice. Sur le disque suivant, Controversy, Prince complète la livraison de ses obsessions avec Jack U off où il est question de masturbation synchronisée.

Pour autant, et même à la lumière explicite de ces différents exemples, finit par s’esquisser le portrait d’un artiste bien plus prisonnier du désir de trouver coûte que coûte sa place dans le gotha très sélectif de la musique, quitte à le scandaliser, que rongé par l’idée de partager ses fantaisies sexuelles. Or, c’est ce vœu de légitimation musicale qui allait être exaucé avec Purple Rain.

Obsédé, Prince l’était. Par le sexe comme par Dieu (qui d’autre aurait eu l’incroyable culot de Lui dédier une obscénité telle que Dirty Mind !). Mais obsédé, il l’était bien davantage par sa musique qui restera, sa vie durant, son seul véritable moyen de communiquer avec le monde. En 1984, il n’est encore chez nous qu’une curiosité branchée. (suite…)

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Toots Hibbert : “Les gens me disent rasta, mais je suis avant tout un fils de Dieu”

A 72 ans, le chanteur des Maytals, compagnon de route de Bob Marley à qui l'on doit le terme de “reggae”, est plus spirituel que jamais…

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En écoute : Parcels et Daft Punk réunis sur “Overnight”

Parcels le 19 novembre 2016 aux Inrocks festival (Photo : Pierre Lapin)

Composé par Parcels et Daft Punk, produit par Daft Punk. Au premier jour de l’été, les Australiens s’offrent la meilleure fête de la musique possible en publiant un tout nouveau morceau réalisé sous la vigilance du duo français. On savait que Daft Punk avait repéré depuis quelques mois le talent précoce du groupe installé à Berlin. Imaginé il y a quelques mois dans un studio parisien, Overnight sonne désormais comme l’incarnation funk de ce rapprochement évident entre deux approches et deux générations.

On avait découvert Parcels lors d’un concert mémorable lors du dernier Festival des Inrocks avant de les retrouver toujours aussi héroïques sur la scène de We Love Green il y a deux week-ends. Le communiqué de presse publié en même temps que le morceau nous en apprend un peu plus sur cette collaboration “conçue en étroite collaboration avec les robots les plus talentueux de la planète : Thomas Bangalter et Guy-Manuel Homem Christo de Daft Punk, qui ont découvert Parcels il y a un peu plus d’un an dans un club parisien.” Comme quoi, ça a parfois du bon de traîner tard le soir aux Bains.

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Night. Stories of lovers and warriors

La nuit monteverdienne n'a rien de reposant, c'est un théâtre d'ombres où s'expriment des passions violentes et parfois mortelles. Forts de cette conviction, étayée par un choix avisé de huit madrigaux tirés des Livres 2, 3, 6, 7 et 8, Rinaldo Alessandrini et son Concerto italiano nous entraînent à travers les ténèbres, nous prenant à témoin des effets dévastateurs de l'amour sur l'âme humaine, et de l'affreuse méprise de Tancrède affrontant et tuant la femme qu'il adore. Tragédie lyrique en miniature, le Combattimento di Tancredi e Clorinda justifie à lui seul l'écoute de cet album : le Concerto italiano en propose une version extraordinairement habitée, où chaque mot est pensé, chaque émotion restituée au plus juste par les solistes, tandis que l'orchestre suscite des images spectaculaires. Le Lamento della ninfa atteint aussi des sommets d'expressivité grâce à sa nymphe trahie, incarnée de manière déchirante par la soprano Anna Simboli. Empruntés pour la plupart aux opéras de Monteverdi, des intermèdes instrumentaux introduisent et relient chaque épisode madrigalesque. Et l'épopée se termine bien, puisqu'elle nous abandonne sur le festif Quando l'alba in oriente, et sa délectable évocation des splendeurs de l'aube. — S.Bo.

Arte Concert propose une version vidéo de ce programme, Claudio Monteverdi à Caserte.

| Claudio Monteverdi. Night. Stories of lovers and warriors, par le Concerto italiano, 1 CD Naïve 4F.

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Stravaganza d'amore ! La naissance de l'opéra à la cour des Médicis

Comment est né l'opéra ? Par une sorte d'inspiration miraculeuse ? Ou s'agit-il, plus modestement, de l'issue logique d'un processus largement empirique, cherchant à associer pour le meilleur la poésie et la musique ? Animé depuis toujours par une curiosité sans limites, et fasciné par L'Orfeo de Monteverdi (considéré par beaucoup comme le premier opéra digne de ce nom), Raphaël Pichon, fondateur et chef de l'Ensemble Pygmalion, a voulu enquêter sur les circonstances de sa naissance avant de s'en emparer. Il a ainsi découvert un monde : celui des « Intermedi », ou intermèdes, premières et fastueuses productions musicales dramatiques. Entre la fin du xvie siècle et le début du xviie, on insérait ces divertissements volontiers spectaculaires entre les actes des pièces de théâtre données à la cour florentine des Médicis, avec l'ambition de « stupéfier » et d'« émerveiller » le public par la richesse et la technicité des moyens déployés. De nombreux compositeurs s'y illustrèrent, et les polyphonies de la Renaissance se mirent à cohabiter avec la monodie accompagnée, plus à même de faire comprendre le sens d'un texte.

De cet opulent matériau musical, découvert l'été dernier en concert au Festival de la Chaise-Dieu, le présent enregistrement tire quatre grands inter­mèdes imaginaires, qui permettent au chef et à son ensemble de montrer l'évolution du langage et des thèmes abordés, les divinités comme Apollon s'effaçant peu à peu au profit de figures plus proches de l'humanité, telle celle d'Orphée. Remarquable par sa clarté autant que par son agilité, le choeur de l'Ensemble Pygmalion décompose et recompose son effectif selon les pièces, qui sollicitent aussi des voix solistes, toutes belles et bien caractérisées. On s'étonne juste de ce que les lamentos d'Apollon et d'Orphée soient confiés au même chanteur, Renato Dolcini, dont le timbre un rien lunaire sied mieux au second qu'au premier… En accord avec les voix, l'orchestre se joue avec maestria de la virtuosité de l'instrumentation. Comme pour Le Concert royal de la nuit, reconstitué en 2015 par Sébastien Daucé et son ensemble Correspondances, Harmonia Mundi consacre à cette redécouverte un livre-disque somptueusement illustré, avec un appareil documentaire conséquent. Sans qu'elle soit indispensable pour apprécier la musique, on suggère à l'auditeur une lecture préalable des textes. Il profitera ainsi au mieux de cette vaste fresque historique et lyrique. — Sophie Bourdais

| 1 livre + 2 CD Harmonia Mundi.

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Les Liaisons dangereuses 1960

Les années 1950 connurent une idylle entre le cinéma français et le jazz. Que l'on songe à Ascenseur pour l'échafaud et Miles Davis, mais aussi à Sait-on jamais, de Roger Vadim, et le Modern Jazz Quartet, Des femmes disparaissent, d'Edouard Molinaro, et les Jazz Messengers d'Art Blakey, sans parler des partitions d'André Hodeir et de Martial Solal (A bout de souffle). C'est par le producteur et imprésario Marcel Romano, artisan de la rencontre entre Miles Davis et Louis Malle, que Roger Vadim entra en contact avec Thelonious Monk pour lui demander de composer la musique de son film Les Liaisons dangereuses, adaptation modernisée du roman de Choderlos de Laclos, avec Gérard Philipe et Jeanne Moreau. Monk accepta mais il était dans une mauvais passe : il s'était vu retirer à nouveau la carte permettant de jouer dans les night-clubs new-yorkais ; pris par des concerts, il n'avait pas le temps de composer des thèmes nouveaux. Après s'être fait projeter le film, qu'il apprécia, il entra en studio à New York avec son saxophoniste habituel, Charlie Rouse, le contrebassiste Sam Jones et le batteur Art Taylor, plus le tout jeune saxophoniste français Barney Wilen, déjà présent sur la bande-son d'Ascenseur pour l'échafaud. Il enregistra six de ses morceaux (Rhythm-a-ning, Crepuscule with Nellie, Well, you needn't, Pannonica, Ba-lue Bolivar Ba-lues-are, Light Blue) plus un blues, Six in one, et un hymne qu'il affectionnait, By and by. Romano retourna à Paris avec les bandes, et Vadim, un peu déconcerté, monta ces musiques sur ses images. Ce sont elles, finalement, qui justifient le film. On avait cru les bandes perdues. Récemment retrouvées en parfait état, elles livrent la musique de Monk très bien enregistrée, émouvante, recueillie (avec un Light Blue pour lequel Monk avait conçu une figure rythmique déroutante à la batterie). — Michel Contat

| 2 CD Sam Records/Saga.

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Samba

Au carrefour des traditions songhaï, mandingue et berbère, le nord du Mali, et plus particulièrement les régions de Gao et de Tombouctou, reste hanté par le blues métisse d'Ali Farka Touré. Plus exubérante, plus urbaine et marquée par la guerre, la nouvelle génération en perpétue le syncrétisme dans une veine rock bien d'aujourd'hui. A commencer par le propre fils du grand Ali, Vieux Farka Touré, guitariste fameux qui continue de s'émanciper avec un septième album, Samba (1,) enregistré quasi en live dans le cadre des Woodstock sessions (en studio, mais devant un mini public) : la formule idoine pour mettre en valeur son répertoire hybride, mélange de douces pulsations acoustiques et de débordements électriques, et son groove puissant, qu'il débride à coup de syncopes jubilatoires, talonné par un n'goni hypnotique.

On retrouve le même éclectisme (blues, funk, reggae…), la même exultation joyeuse chez Songhoy Blues, autre quatuor énervé (guitares, basse et batterie) qui a trouvé dans l'exil bamakois de quoi nourrir sa verve saharienne. Sur RÉsistance (2) , Aliou Touré, qui chante en songhaï, en bambara, en anglais et en français, dénonce la misère dans Mali Nord avec le rappeur londonien Elf Kid et célèbre la beauté du désert avec… Iggy Pop ! Il appelle aussi au boycott des élections, souvent achetées, et au savoir-vivre. Qu'il verse dans la bluette humaniste (One Color) ou la chanson de bamboche (« le samedi soir à Bamako, c'est chaud ! »), la fraîcheur demeure, invitant à la fête furieuse. — Anne Berthod

(2) 1 CD Transgressive/Fat Possum 3F.

(1) 1 CD Six degrees/Universal 3F.

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Weather Diaries

Un peu plus de vingt ans séparent les nouveaux enregistrements de Slowdive et de Ride de leurs albums antérieurs. Mais là, outre leur surprenante réussite, s'arrête le parallèle entre les retours inattendus de ces deux tenants du shoegaze. Car si Slowdive a repris les choses où il les avait laissées, sans heurts majeurs, avant de partir vers d'autres aventures (Mojave 3, notamment) qui n'ont fait qu'étoffer leur palette actuelle, Ride s'était dissous dans la rupture consommée entre ses deux figures de proue, Andy Bell et Mark Gardener. Le très décevant ultime album, Tarantula, en fut le triste témoin, en 1996. Vingt ans plus tard, les voici donc réconciliés. Comme si Gardener admettait la frustration de prêcher depuis, en solo, dans un relatif désert et que Bell sentait que jouer dans l'ombre des frères Gallagher (avec Oasis puis Beady Eye) avait ses limites. Une tournée à succès s'est suffisamment bien passée pour que le groupe d'Oxford retourne en studio et accouche d'un bel album de rock, nourri d'une harmonie nouvelle trouvée entre les deux sensibilités (entre dance et dépouillement pour Gardener, stadium rock d'auteur pour Bell) autrefois opposées. En tout cas, si l'imparable et majestueux Lannoy Point d'ouverture, tout en cristallines guitares tourbillonnantes et en chant puissamment vaporeux, donne le la, il est loin de définir une formule unique qui rendrait l'album monolithique. Les tempos varient, les sons électro s'immiscent (sur un All I want louchant du côté de New Order), un clin d'oeil à la britpop surgit sur le tonique Cali, le tout s'achevant en douceur sur White Sands, superbe ballade — shoegaze, ça va sans dire. Une renaissance pertinente. — Hugo Cassavetti

| 1 CD Wichita/Coop.

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My love divine degree

Il est apparu sur le tard. Cody ChesnuTT avait 34 ans et plusieurs carrières derrière lui quand il affola les esprits avec la soul bricolo de The Headphone Masterpiece. C'était en 2002. Depuis il n'a fait que disparaître malgré les sirènes du succès. My love divine degree n'est que son troisième album en quinze ans, celui de la maturité forcément, à 49 ans. Il l'a enregistré à sa manière, loin de tout, loin du monde et des modes, seul dans une grange qui jouxte la maison familiale dans les campagnes de Floride. Guitare sèche, voix claire, à peine modulée, sans décorum ni cérémonie. La soul à l'état brut, telle que la vit le musicien du Sud, un remède, une consolation, un baume d'amour dont il voudrait oindre l'humanité en souffrance. Les paroles sont droites et simples comme pouvaient l'être celles de Bob Marley (Africa the future, Make a better man, Bullets in the streets and blood), le message d'une évidence biblique : dernière chance, dernier répit avant le chaos. Cody ChesnuTT ne reste toutefois pas seul avec son bâton de pèlerin sous un ciel de spiritualité ; la folie rôde. Ses chansons prennent parfois des détours stupéfiants : il les a creusées avec le temps, étoffées au fil des rencontres. Sur leur squelette à vif, il a greffé l'écho de rythmes et de machines programmé par un jeune collaborateur de Kanye West, il a brouillé les pistes et procédé à l'assemblage dans le studio californien du génie néo-soul Raphael Saadiq. « Mon diplôme en amour divin » ? Une quête d'harmonie joliment torturée. — Laurent Rigoulet

| 1 CD One Little Indian/Differ-Ant.

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Mille Ponts

Elles ont toujours eu quelque chose de très charmant, ses chansons. Une grâce faite de fragilité, d'innocence et de mutinerie. Et, au début, le joyeux côté bancal des bricolages enfantins — sans doute l'empreinte du théâtre de rue. Puis disque après disque, elles sont devenues plus sages, s'inscrivant dans les pas d'une chanson poétique, famille Anne Sylvestre. Peut-être la plus difficile : quand elle se fait intimiste, elle doit échapper à l'épanchement ; quand elle se fait sociale, savoir toucher sans vociférer. C'est sur ce chemin, étroit, qu'avance aujourd'hui Amélie ; évoquant les migrants (Mon pays), la filiation (Madame, Secret), la vertu du collectif (Le Bal des vivants), le rapport à la terre et aux autres (Le Vent dans les éoliennes). Invoquant aussi des figures un peu mystérieuses qu'on peine à saisir (Mille Ponts, Laleina). Car la chanteuse garde une forme de distance, qui tient de l'humilité — même lorsqu'elle évoque les exilés, dans lesquels se reconnaît forcément un peu cette fille de Vietnamien forcé au départ. Dommage. Plus d'incarnation aurait donné davantage de force à ces portraits délicats. — Valérie Lehoux

| 1 CD Neomme.

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Pacifique

A gorge déployée, la voix évoque celle de Maître Gims, mais sans sa justesse ni sa puissance de baryton. « J'veux pas faire semblant d'être là/Et je hais leur vie normale, j'ai des pensées nomades/ T'arrives pas à me suivre, moi j'arrive pas à vivre… » chante Disiz, 39 ans, qui, sur ce onzième album, récupère au passage son surnom de « La Peste ». La chanson, composée avec Stromae, s'intitule Compliqué. Et c'eût pu être le titre de cet album, ambitieux, tortueux, comme toujours bien écrit, et partiellement réussi. Rappeur sentimental, mais pas forcément heureux de l'être, à jamais, comme il le chantait sur un précédent disque, « salaud d'pauvre », Disiz se cherche. Se rêve chanteur de variété (La Fille de la piscine, Quand je serai chaos, clin d'oeil à Souchon). Et aussi ambianceur électro, et pourquoi pas dance… Saluons la prise de risque. Mais à quoi bon, sur Marquises — à part chercher le tube à tout prix en un facile duo avec la chanteuse Hamza, sur fond de coupé-décalé dans l'air du temps —, citer le « dans ma Benz Benz Benz » de JoeyStarr ? D'autant que Carré bleu et A petit feu, dans une veine cotonneuse à la Frank Ocean, prouvent que l'enfant de l'Essonne reste un as du storytelling, le metteur en scène hors pair de ses tensions intimes. Disiz La Peste est loin d'avoir tout dit… — Erwan Perron

| 1 CD Polydor.

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