Actu musique

20 juin 2017

“Sgt. Pepper”, 50 ans et toujours révolutionnaire

EXCLU WEB ABONNÉS — Hiver 1966, les Beatles, épuisés par leur tournée américaine, se lovent dans le cocon du studio d'Abbey Road pour cinq mois. L'album qui en sortira, ses inventions, ses audaces, propulse le groupe au firmament de la pop. Retour sur “Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band” en six commandements.

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Fête de la musique 2017 : les concerts à ne pas rater à Paris et en Ile-de-France

Plutôt rock, chanson, world ou électro ? Découvrez notre sélection de concerts du 21 juin, classés par zones géographiques.

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Ne ratez pas l’occasion d’écouter Otzeki avant leur gloire programmée

Qu se cache derrière Otzeki ? (Capture d'écran Youtube du clip '"Aleady Dead").

Vous les aviez peut-être découvert à la soirée des InRocKs en avril dernier ou au Printemps de Bourges cette année. Otzeki c’est le duo qu’on voit pour l’instant tout en bas des affiches de festivals ou en première partie des concerts. Les Anglais méritent pourtant une attention particulière et leur tout nouveau clip confirme le caractère exceptionnel de leurs compositions entre rock et électronique discrète.

Cousins londoniens

Otzeki est un duo de cousins britanniques, Joel et Mike, basé à Londres, tous deux fans de Ziggy Stardust (comme à peur près tous les Anglais normalement constitués). A ce jour, un seul ep est sorti (le 1er avril 2016), intitulé Fallin Out chez le très jeune label et collectif londonien Discophorus. On y découvre une musique électro puissante,  épurée mais étrangement organique. Cela s’explique par les discrètes guitares distordues et aux sensuelles harmonies vocales. Quant au rythme, il sonne comme les battements du cœur, sur la plupart des morceaux.

Quatorze mois se sont écoulés depuis leur dernier enregistrement et les voici de retour avec le clip de True Love. Avec ce morceau sombre, qui se confond avec une vidéo troublante, Otzeki sort de son cocon. A écouter sans modération, autant en club que dans le casque, tout en observant l’ascension d’Otzeki, qu’on garantit fulgurante.

Pour vivre la magie en live, le groupe sera en concert cet été en France : le 23 juin au festival Vie Sauvage à Bordeaux, au festival Fnac Live à Paris le 7 juillet, à La Douve Blanche au Château d’Egrenelle le 8 juillet et aux Veilles Charrues, le 13.

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Le décoiffant programme reggae de Coldcut pour l’exposition “Jamaica Jamaica”

Matt Black et Jonathan More, aka Coldcut (© Philharmonie de Paris)

Matt Black et Jonathan More, deux dj’s pionniers de la scène londonienne des années 90 plus connus sous le nom de Coldcut, ont été à l’origine d’une pratique aujourd’hui  en vogue : la mix tape. Leur 70 Minutes of Madness (1996) a constitué un précédent dans le genre assemblage conçu à partir de musiques hétéroclites (le générique de la série Doctor Who, la techno de Luke Slater, la new soul de Jehlisa, la house latino de Masters At Work, etc.).

Grands connaisseurs des musiques jamaïcaines, Black et More ne pouvaient que mettre à profit leur immense culture pour soigner un programme au long cours mis en ligne sur la radio de l’exposition Jamaica Jamaica ( jusqu’au 13 août à la Philharmonie).

Soit près de trois heures de reggae mais aussi de rocksteady et de talk over avec des enchaînements particulièrement futés. Quand le Will You Still Love Me de Slim Smith s’enchaîne au Stick By Me de John Holt, quand le Hotter Reggae Music de Welton Irie s’abouche au Baltimore des Tamlins, on est soit même un peu “irie” (aux anges) .

Lire aussi Une histoire du reggae, hors-série 100 pages des Inrockuptibles, disponible sur lesinrocks.com

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Le meilleur du Sonar Festival 2017

Sonar by Day

Vendredi

LCC
Encore sous le coup des émotions fortes de la veille, on attaque le deuxième jour du Sonar en beauté avec le live audiovisuel de LCC, projet au nom énigmatique conduit par les deux Espagnoles Ana Quiroga et Uge Pañeda. Pleines de dynamisme et empreintes d’une nette coloration psychédélique, les images – réalisées par Pedro Maia en live – se fondent parfaitement avec la musique, oscillant entre ambient et techno. Rigoureux et vibrant, l’ensemble possède un éclat remarquable et dégage une puissance imparable.

Jacques

JACQUES et SUZANNE CIANI

On enchaîne avec le live de notre Jacques national, dans un SonarHall rempli à ras-bord. Cheveux au vent, ne cessant de gigoter derrière ses machines, le garçon met le public dans sa poche avec sa tech-house minimale mais riche en détails au fil d’un live allègre et percutant, conçu comme un seul long morceau. “Todo es magnifico”, conclue-t-il adéquatement, en venant saluer à la fin. L’ambiance est moins guillerette au SonarDôme, où l’Italienne Suzanne Ciani, figure pionnière des synthés modulaires (dont le label anglais Finders Keepers a récemment exhumé diverses productions), donne un live très expérimental, qui laisse une partie du public un poil perplexe.

Suzanne Ciani

PAN DAIJING et FLOORPLAN

On poursuit au Dôme sur la lancée expérimentale avec la prestation intense – entre concert et performance – de la Chinoise (et Berlinoise) Pan Daijing : de l’électronique bruitiste, sans la moindre concession. Toujours au SonarDôme, c’est ensuite au tour de la Québécoise Marie Davidson – moitié féminine du duo Essaie Pas – de monter sur scène pour y présenter Bullshit Treshold, un live mêlant plages d’électro sombre et confessions intimes dans la lignée de son album solo Adieux au dancefloor. Enrichi par des vidéos noir et blanc tournées et retravaillées en direct, le résultat s’avère très singulier et assez envoûtant.
La journée se termine en apothéose au SonarDôme avec le live fracassant de Floorplan, projet que Robert Hood – le prince noir de la techno minimaliste – mène désormais avec sa fille Lyric. Durant 50 (trop courtes) minutes, ils font déferler des morceaux trépidants avec un sens magistral de la relance et mettent très rapidement toute l’assistance en transe. Assurément, l’un des pics extatiques de ce Sonar 2017.

MASTERS AT WORK

Ce sont les vétérans de Masters at Work qui prennent les commandes de la SonarCar ce soir-là. On ne reste pas pendant les 6h de set mais assez pour être impressionnés par la qualité des enchaînements et des titres sélectionnés par la paire de New York (Louie Vega et Kenny Gonzales), le tout mixé à l’oreille avec un casque téléphone old school. On entend de la house aux sonorités latines, du jazz, ça frappe fort et le dancefloor ne décroche pas.

True masters don't give up. The legendary @mastersatwork_ going through till 6am at SonarCar #sonar2017 (@arielmartini)

A post shared by Sónar Festival (@sonarfestival) on Jun 16, 2017 at 7:33pm PDT

JLIN et GIBBS

Une fusillade de beats qui zigzaguent, craquents et explosent dans tous les coins de la scène du SonarPub. Il est fascinant de voir de quelle façon Jlin arrive à presser, dérégler la basse pour lui donner des formes uniques. Tout ça est allé très vite, donnant presque le vertige. Du footwork à son meilleur niveau, faisant écho au set du parrain du genre, RP BOO, en début de festival. Pas étonnant qu’Aphex Twin himself ait joué quelques tracks de Jlin lors d’un de ses sets aux Etats-Unis. On enchaîne sur la même scène pour écouter le héros de la scène grime d’Angleterre : Gibbs. Surfant sur un succès épatant après la sortie de son dernier album Landlord, l’artiste impressionne par la véracité de ses vers, enchaînant les titres sans relâche. Un set aux allures de best-of sur-calibré, à peine trop court : le public en redemande.

Sonar Pub

Samedi


MATMOS, VERONICA VASICKA

Samedi, troisième et dernier jour du Sonar. Il semblerait qu’on tienne encore debout, sans pouvoir vraiment expliquer comment. Il est bientôt 15h, c’est le moment de se diriger vers la Fira Montjuïc, l’arène (brûlante) du Sonar by Day. On commence au SonarDôme avec le live de Matmos, un live forcément atypique, les deux espiègles laborantins usant ici d’une machine à laver comme instrument principal. Vu qu’on se sent déjà bien lessivé après deux jours de festival, on n’assiste qu’à la première moitié de l’expérience, de peur de finir complètement essoré. On retourne ensuite au SonarDôme pour le DJ-set de Veronica Vasicka – qui nous avait fait forte impression lors du Berlin Atonal 2016. Imperturbable derrière son laptop, elle livre cette fois encore un mix impeccable au crescendo implacable, entre electro sombre et techno.

DEENA ABDELWAHED

Un peu après, arrive l’heure du DJ-set de Deena Abdelwahed, qu’on attend avec grande impatience. Se produisant sur la nouvelle petite scène du Sonar XS, la jeune Tunisienne confirme superbement tout le bien que l’on pense d’elle (notamment après avoir écouté son EP, récemment sorti chez InFiné), en réalisant le mix sans doute le plus original de tout le festival, à la fois aventureux et entraînant, toujours surprenant, aussi stimulant pour le corps que pour l’esprit.

Deena Abdelwahed

AMNESIA SCANNER

Après avoir lâché quelque gouttes devant le set de Veronica Vasicka, on se retrouve confortablement installé dans les fauteuils de l’auditorium Sonar Complex pour assister à la performance d’Amnesia Scanner. En mode fin de règne, et malgré un son un peu fébrile, on se plonge dans l’univers sombre et déstructuré du duo berlinois. On avait été très impressionné par leur collaboration avec Bill Kouligas au Unsound Festival à Cracovie l’an passé. Ici, sans visuels mais avec beaucoup de lumières tourbillonnantes, le show est convaincant.

SONAR. IS. LOVE. #sonar2017 ( via @aldo_paredes_o )

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SETH TROXLER & TIGA, MARCEL DETTMAN & DR RUBINSTEIN, THE BLACK MADONNA, MARCO CAROLA

Durant toute la nuit, on va faire des haltes régulières et prolongées sur la scène du SonarCar, installée sous un chapiteau, où Seth Troxler et Tiga effectuent en back-to-back un DJ-set au long cours (6 heures) et de haut vol, propulsant une techno qui frappe et qui vrille. Sur la fin de la nuit, on trouve aussi notre bonheur avec le DJ-set bien funky du binôme Marcel Dettman & Dr. Rubinstein. Quand l’aube pointe le bout de son nez, The Black Madonna passe à l’action sur la grande scène extérieure du SonarPub et elle a visiblement envie de tout faire péter. On termine cette nuit intensive au SonarClub, où le vétéran italien Marco Carola envoie une techno profonde et vrombissante, qui déclenche immanquablement une mer de bras en l’air. A 7h pile, le son s’arrête, on tient encore debout – mais on ne sait vraiment plus comment.

DE LA SOUL, BEAUTIFUL SWIMMERS, DAPHNI & HUNEE

De retour avec un nouvel album après plus de 10 ans d’absence, De La Soul – groupe culte des années 90 – s’empare de la scène du SonarPub pour un set épique, forcément très attendu par le public. Tout de suite, on est mis à l’aise, on sent l’expérience du groupe dans sa façon de jouer avec la foule et de maîtriser le show. C’est sûr, ils ont le sens du spectacle et suscitent une euphorie sur scène et dans le public qui fait plaisir à voir.
C’est au tour du duo de Washington Beautiful Swimmers de faire ses débuts au Sonar. Comme ils sont plutôt habitués à jouer dans des clubs de plus petite taille, le pari semble risqué. C’est avec un set haut en couleurs, bourré de tubes houses et autres pépites électro qu’ils arrivent à convaincre sur la scène du SonarLab. Un bol d’air frais qui contraste avec le reste de la programmation très largement orientée techno cette soirée-là. Après un petit tour obligé aux autos tamponneuses, on termine cette édition du Sonar sur l’inattendue collaboration entre Daphni et Hunee pour un set d’anthologie, propulsant la foule dans une valse euphorique qui restera très compacte jusqu’au petit matin. Il est déjà 7H, le soleil brille de nouveau et fait signe aux ravers que la fête est finie et que cette 24ème édition du Sonar s’achève. Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour la 25ème, en 2018.

So many moments at @SonarFestival up until 7am – final song. ????Thanks for letting us do what we feel on such big festivals – blows my mind! ???? pic.twitter.com/TDfAu6eC7X

— ???? HUNEE ???? (@HunchMusic) June 18, 2017

Les Inrocks - musique

The White Stripes vont sortir une réédition de l’album “Icky Thump”

la pochette de "Icky Thump" (détail)

C’est la bonne nouvelle du jour ! Dix ans après la sortie du sixième album du cultissime duo The White Stripes, Icky Thump va revoir le jour en format vinyle, agrémenté d’une poignée de démos et autres faces B encore inconnues à ce jour. Avec I’m Slowly Turning Into You, Rag and Bone ou encore Little Cream Soda, cette réédition est l’occasion de redécouvrir plusieurs classiques du rock alternatif des années 2000.

Prévue pour cette année, la réédition paraîtra sur le label Third Man Records sous la forme d’un pack contenant trois vinyles, un livre de Polaroïds et des pins, dont vous pouvez avoir un aperçu juste ici. L’occasion de se rappeler que The White Stripes ont apporté beaucoup plus que “popolopopopo” à l’histoire de la musique.

Les Inrocks - musique

Cracki prépare une énorme teuf dans une usine désaffectée près de Paris

Illustration par Cracki Records pour l'événement Facebook.

Il fait beau, il fait chaud, c’est la saison des vacances. Et pour ceux qui n’ont pas la chance de s’échapper de la capitale cet été, Cracki Records organise une soirée des plus dépaysantes, à proximité de Paris. On connaît le label parisien pour ses valeureuses signatures comme le duo Agar Agar et les premiers albums d’Isaac Delusion. Mais c’est avec les “Cracki Party” qu’il a pu forger sa réputation dans le monde de la nuit.

Le samedi 8 juillet prochain, toute l’équipe organise une soirée (plus très) secrète dans une usine désaffectée de 1500 m2, rapporte Paris La Nuit. Et si l’adresse est encore inconnue, on apprend sur l’événement Facebook qu’elle se tiendra dans l’ouest de Paris dans “une friche”, à “deux stations en RER” et six minutes à pied de l’arrêt. Apparemment, c’est la première fois que l’endroit accueille une fête de cette envergure. Il faudra patienter jusqu’au 6 juillet pour découvrir la localisation précise.

Trois DJs, une usine, une soirée prometteuse

Côté line-up, trois artistes sont attendus : Dj Fett Burger, norvégien spécialiste en trance, Eliott Litrowski et LeonxLeon tous deux bien connus des écuries Cracki.

Les pré-ventes sont d’ores et déjà disponibles et ça se passe par ici. Plus d’infos sur l’event Facebook.

Les Inrocks - musique

A quoi va ressembler la musique sur France Inter ? Jocelyn Perrotin, le nouveau directeur, fait le point

photo Radio France/Christophe Abramowitz

Fin de la saison 1 pour Jocelyn Perrotin, le “nouveau” directeur de la musique de France Inter. Successeur de Didier Varrod depuis le mois d’octobre 2016, muet dans les médias depuis, il s’exprime juste avant de se lancer, à la rentrée, dans une deuxième saison sous le signe du changement. “La musique va être un vrai vecteur de communication pour France Inter, nous dit-il dans son bureau de la Maison de la radio. Il y aura une revendication musicale encore plus affirmée à partir de septembre.” Nouvelles émissions, nouvelles chroniques, davantage de vidéo, présence accrue sur les réseaux sociaux : le programme n’est pas encore bouclé, mais les idées sont en place.

Ce mercredi 21 juin, France Inter investit également l’Olympia pour la Fête de la musique. On y retrouvera Fishbach, Gaël Faye, Juliette Armanet, Oumou Sangaré, le projet Lamomali de M, The Charlatans ou encore Kiddy Smile pour 6h de live présenté en public par Michka Assayas, Rebecca Manzoni et… Didier Varrod, tout bonnement retourné à l’antenne après sa décision, après quatre années en poste, de quitter la direction de la musique de France Inter.

Cette soirée à l’Olympia se veut à l’image de la ligne éditoriale que Jocelyn Perrotin a insufflé, ces derniers mois, avec la confiance affichée de Laurence Bloch, directrice de France Inter depuis 2014. A travers cette ligne, il veut “lutter contre certaines idées reçues à propos de France Inter” et ainsi “intéresser une autre génération”. “On fait une radio pour les auditeurs, dit-il. Ici, je ne suis pas dans ma chambre. J’ai toujours ça en tête.”

Jocelyn Perrotin a fait toute sa carrière dans l’industrie musicale. Passé par BMG puis Sony en tant qu’attaché de presse spécialisé radio, il évoluera surtout chez Barclay, label du groupe Universal, où il a passé les vingt dernières années pour terminer directeur marketing. A 48 ans, il récupère un poste occupé par un producteur-journaliste ayant marqué la transition générationnelle, Didier Varrod ayant succédé à un Bernard Chérèze resté 14 ans à la tête de la musique de France Inter. Une maison qui, à l’heure du rap et des réseaux sociaux, “doit vivre avec son temps”, nous dit Jocelyn Perrotin dans cet entretien.

Vous êtes en poste depuis octobre dernier, mais vous ne prenez la parole que maintenant.

C’était volontaire, au grand dam du service de presse de France Inter! Je voulais faire les choses dans l’ordre, appréhender un peu le poste, réfléchir à ce qu’on allait pouvoir mettre en œuvre, avoir une base pour parler de choses concrètes, plutôt que de parler tout de suite pour présenter mon plan… Un plan qui existait, évidemment. Je l’ai présenté à Laurence Bloch quand elle m’a proposé le poste.

Etant auditeur de France Inter et ayant travaillé dans le disque pendant longtemps, notamment chez Barclay, dont le catalogue est très proche de l’ADN de France Inter, j’avais des idées pour le développement de la musique sur la station. Chez Barclay, j’avais eu l’occasion de travailler avec Bernard Chérèze et Didier Varrod. On a fait énormément d’événements, de partenariats, etc. Mais je découvre un métier! On se fait des idées quand on est à l’extérieur, et puis après, il y a la réalité du poste.

Alors, quel est ce plan?

J’ai gardé les mêmes catégories. J’ai gardé le même nombre de titres en playlist. En revanche, sur la couleur de l’antenne, j’ai voulu accentuer deux courants musicaux. Le premier, c’est le rock. Ayant grandi avec Bernard Lenoir, je pense qu’il fallait que cette radio retrouve un peu cette tonalité. Sur les derniers mois, en partenariat, j’ai pris The xx, Gorillaz, Arcade Fire… En concert, par exemple, on a fait Divine Comedy. Voilà pour illustrer cette galaxie, qu’on a également accentuée en termes de playlist.

L’autre axe, pour moi, c’est la musique du monde. Une chaine comme Inter, si on reprend des termes génériques, appuie pas mal sur le “vivre ensemble”. La musique du monde fait partie de ça. C’est infiniment plus politique de passer des musiques venant du monde entier que de donner la parole à certains artistes qui, grosso modo, vont nous faire la leçon. C’est pour ça que j’ai tendance à dire que ma politique, je la place entre Bernard Chérèze et Didier Varrod. Bernard avait ce prisme de la musique du monde, Didier un peu moins.

Comment s’est passée la transition avec Didier Varrod?

Très bien. J’ai beaucoup de chance de lui succéder : pendant 4 ans, Didier a fait infuser la musique sur l’ensemble de la grille, ce qui n’était pas le cas avant qu’il arrive. Il m’a donné cet héritage en faisant en sorte que tout se passe au mieux. Je crois que ça avait été plus compliqué avec son prédécesseur. D’ailleurs, quand Laurence est venue me chercher, elle l’a fait en discutant avec Didier. L’accueil a été très chaleureux. J’ai eu beaucoup de chance. Quant aux producteurs, au début, ils se demandaient ce que j’allais pouvoir leur apporter. Mais on est en train de trouver des logiques de travail. Je suis arrivé de façon assez humble, en posant des questions. A partir de là, les choses se sont faites assez naturellement.

Didier Varrod est parti volontairement, estimant avoir rempli son rôle. Y a-t-il une continuité logique, du coup, plutôt qu’un réel changement de stratégie?

Il m’a transmis le sens de la mission qu’il y a sur ce poste. Il avait envie que perdure ce qu’il a construit. Mais il nous arrive encore aujourd’hui de discuter, et de ne pas être d’accord! J’ai ma sensibilité et mes convictions, je ne suis pas Didier Varrod, donc il y a forcément des différences. Mais c’est bien. Ça vit. Je  ne veux pas parler à sa place mais je crois qu’il est assez content de ce qui se passe. Il voulait vraiment retourner à l’antenne.

La musique française a toujours semblé être une priorité pour lui.

On a toujours des engagements de quotas à respecter, autant sur les productions françaises que sur les nouveautés. On continue de porter la jeune scène française. On le voit sur la programmation de notre Fête de la musique à l’Olympia. Cette scène est très représentée. Juliette Armanet est un partenariat que j’ai pris, et Fishbach est vraiment portée par Inter. Gaël Faye aussi, on le suit depuis longtemps. On est également présents sur le côté patrimonial. On a fait un concert avec Jane Birkin et l’Orchestre de Radio France, par exemple. On était aussi partenaires de l’album en hommage à Gainsbourg. On va aussi accompagner le nouvel album de Bernard Lavilliers , etc.

La petite nouveauté, ce sont les contenus exclusifs. Par rapport à la concurrence – et quand je parle de concurrence, ce sont autant les radios que tout ce qui se passe sur le digital -, on est les premiers à offrir la découverte de certains albums qu’on porte. Pour Biolay, par exemple, on a fait une journée spéciale durant laquelle on faisait découvrir en exclusivité son nouvel album, autant à l’antenne que sur le site de France Inter et les réseaux sociaux.

En arrivant à la tête de France Inter, Laurence Bloch avait estimé que Didier Varrod était peut-être allé trop loin dans la mise en avant de jeunes talents. Y a-t-il eu des directives de ce genre?

Il n’y a pas eu de directives. Laurence Bloch me fait entièrement confiance sur la ligne éditoriale que je mène. C’est aussi notre vocation de développer des artistes français. J’y tiens. En revanche, je suis allé un peu plus loin sur le hip-hop. On ne peut pas réduire le hip-hop aux artistes ayant une approche très littéraire. Le hip-hop, c’est 35 ans d’histoire en France et ça ne peut pas se résumer à deux ou trois artistes. Il y a 60 émissions sur France Inter et, clairement, certains espaces ne sont pas faits pour le hip-hop. Mais j’ai fait rentrer quelques artistes par dose homéopathique. Je pense qu’il n’y aurait pas eu Damso sur France Inter il y a deux ans, par exemple.

Le nom qui a fait jurisprudence – et il y a eu débat -, c’est PNL. Quand on voit leurs résultats, on se rend compte qu’il y a beaucoup de streaming, de téléchargement, mais aussi de ventes physiques. Il y a donc un phénomène de société derrière PNL. Est-ce qu’on peut passer à côté de ça quand on est un média? Je suis allé en parler avec les producteurs un par un. On doit être un relai sur ces choses-là. France Inter doit vivre avec son temps.

Sur la question du numérique, notamment?

Didier n’y pouvait rien à l’époque, le digital n’étant pas encore une priorité pour la maison. J’ai beaucoup souffert, de l’extérieur, de n’y retrouver aucune information sur la musique. Quand je suis arrivé, je suis tout de suite allé voir Christophe Israël, le responsable du pôle digital chez Inter, et on a commencé à réfléchir. Il fallait proposer une offre purement marketing d’un côté – échanges de bannières pour l’industrie musicale, habillage de site, push sur Facebook, etc. – mais aussi une offre éditoriale de l’autre. On est une radio, il faut donc d’abord penser à l’antenne, et ensuite réfléchir à l’extension sur le digital. Par exemple : transformer les contenus musicaux en capsules pour les faire rayonner sur nos réseaux. Le site de France Inter, c’est 13 millions de VU par mois, et la page Facebook, c’est 1 million de personnes. C’est un vrai levier pour la musique.

Vivre avec son temps, pour France Inter, c’est aussi aller chercher un profil comme le votre? Vous venez de l’industrie musicale, pas du journalisme.

Il faudrait demander à Laurence! Mais je pense qu’il y avait la volonté d’un regard extérieur. Ça me parait assez évident. Prendre quelqu’un qui n’est pas du sérail, ça apporte du sang neuf, un nouveau souffle.

Une efficacité nouvelle sur la partie “business” du poste, aussi?

L’efficacité, je ne sais pas. Après, forcément, j’apporte ma culture et un certain savoir-faire, que j’essaye d’adapter à un média comme France Inter. Mais ça reste très différent. Je suis peut-être plus rapide, parfois, car je sais ce que peut apporter une maison de disque. Je connais les rouages, je sais comment demander les choses pour que tout le monde soit gagnant.

Vous bossez avec des journalistes pour la première fois…

Je suis désormais, en effet, dans un rapport inversé à l’industrie du disque! Mais je n’ai pas du tout ça en tête. Mon objectif, c’est développer la musique sur France Inter. Pour le reste, mon rapport au journalisme, c’est une appétence personnelle. Je me suis toujours beaucoup informé. Je suis assez “papier-vore”. Les Inrocks, par exemple, ils m’accompagnent depuis de très nombreuses années. J’ai baigné là-dedans. Je n’ai aucune défiance par rapport aux journalistes. Au contraire, on travaille tous ensemble. Ma mission va dans ce sens.

Quelles sont les difficultés du poste pour l’instant?

Ma première difficulté, c’est d’être boulimique de travail! J’ai lancé beaucoup de chantiers, donc il faut doser, prioriser les choses… Il y a beaucoup de bonnes volontés mais les choses mettent parfois du temps à se faire, c’est une réalité. Il faut être pédagogique. Quand on offre une telle visibilité à The xx ou Arcade Fire, ça bouge un peu les lignes de la maison. Il faut expliquer ce que ça représente et pourquoi on le fait.

Didier Varrod est resté 4 ans à ce poste, Bernard Chérèze presque 15 ans… Et vous, combien de temps vous imaginez y rester?

C’est une expérience. Je suis dans un contexte de mission. Combien de temps elle durera? Je n’en sais rien. Je n’ai pas de plan de carrière. Il y a deux ans, on m’aurait dit que je serai à France Inter à l’heure actuelle, je ne l’aurais pas cru. Quand on me l’a proposé, j’ai été flatté mais surtout, ça m’a surpris. Il a fallu réfléchir à ce que j’étais capable d’apporter. Quand je suis arrivé chez Barclay, pareil, je n’aurais jamais imaginé gravir les échelons et co-diriger le label un jour… On verra bien où tout ça me mène. J’ai toujours fonctionné comme ça. Le challenge m’intéresse. C’est grisant. Epuisant, mais grisant.

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