Actu musique

15 juin 2017

Le nouveau Queens Of The Stone Age s’écoute ici

Pochette de "Villains", septième album des QOTSA.

Des guitares lancinantes, un timbre de voix reconnaissable entre milles… Les Queens Of The Stone Age sont de retour et l’annonce en grande pompe avec le single The Way You Used to Do, premier aperçu du nouvel album, Villains, attendu pour le 25 août prochain. Découvrez le titre ci-dessous :

Ce premier morceau semble indiquer que le groupe poursuit le chemin qu’il avait pris sur le précédent disque, …Like Clockwork, paru en 2009 (déjà !). 

Cette fois-ci, le nouvel enregistrement, long de neuf titres, a été chapeauté par Mark Ronson, producteur entre autres d’Adele, d’Amy Winehouse et de Lady Gaga (rappelez-vous Uptown Funk, c’est lui aussi). Sa présence derrière les tables de mixage en effraiera certains. Jetez un coup d’oeil à la tracklist juste en-dessous :

1. Feet Don’t Fail Me
2. The Way You Used to Do
3. Domesticated Animals
4. Fortress
5. Head Like a Haunted House
6. Un-Reborn Again
7. Hideaway
8. The Evil Has Landed
9. Villains of Circumstance

QOTSA sera également en tournée dans le monde entier. Le groupe passera en France le 7 novembre 2017, à l’AccorHotels Arena à Paris. La billetterie, en ligne ici, ouvrira ses portes le jeudi 22 Juin 2017 à 10h pile. Tenez-vous prêts !

Les Inrocks - musique

L’univers d’Annie Leibovitz en une radio : This is Rock ‘n’ Roll Radio

La Fondation Luma, à Arles, présentera jusqu’au 24 septembre prochain Annie Leibovitz : The Early Years, compilant  les archives du début de la carrière d’Annie Leibovitz. De 1970 à 1983, et bien avant les couvertures de Vanity Fair, la jeune photographe était l’oeil du magazine Rolling Stone, que ce soit sur les problématiques politiques, sociales ou musicales. Ainsi, du président Nixon à John Lennon, sans oublier Arnold Schwarzenegger ou Andy Warhol, elle a immortalisé le monde, alors en plein bouleversement. Pour accompagner cette exposition titanesque, qui réunit plus d’une décennie de clichés, les inRocKs ont imaginé This is Rock ‘n’ Roll Radio. Clin d’oeil aux Ramones, cette webradio rassemble de nombreux musiciens passés devant l’objectif d’Annie Leibovitz. Les Rolling Stones se mélangent ainsi aux Destiny’s Child, et offrent une visite musicale du parcours d’une des plus grandes photographes américaines contemporaines, en attendant de contempler Annie Leibovitz : The Early years cet été à la Fondation Luma.

Les Inrocks - musique

En écoute : “Back Of The Mind”, le premier ep solaire de Courts

Quelques semaines après en avoir dévoilé un premier extrait (le très exalté Any of Us), puis un second (True Say), les cinq anglais de Courts sont aujourd’hui de retour avec Back Of The Mind, un ep idéal pour les apéros estivaux qui commencent à fleurir sur les agendas. Ecoute ci-dessous.

Remarqués par l’animateur radio Zane Lowe, par Nile Rodgers puis par Sir Elton John himself (rien que ça !), Courts fait partie de ces groupes qu’il est impossible à faire rentrer dans une simple case : parfois hip-hop, un peu disco, toujours archi-dansant, le quintet risque fort de rythmer une bonne partie de vos soirées d’été.

Les Inrocks - musique

“Le rock’n roll doit être un geste, une énergie”, Ian Svenonius de The Make Up

Porté par Ian Svenonius, chanteur-leader charismatique et engagé, le groupe américain devenu culte par sa synthèse énergique entre rock’n’roll et gospel, s’est reformé pour une série de concerts, dont deux en France. L’occasion de juger sur pièce du phénomène.

Télérama.fr - Musiques

Le MaMA festival revient et les premiers noms sont tombés !

Le MaMA rempile pour une nouvelle édition à l’automne 2017 avec une programmation riche en artistes locaux et internationaux. Pendant trois jours, le festival donne rendez-vous entre Pigalle et Montmartre pour découvrir douze des plus belles salles de Paris : la Boule Noire, la Cigale et La Machine du Moulin Rouge pour les classiques mais aussi Les Trois Baudets, Le Carmen ou encore le Théâtre de l’Atalante pour les plus confidentielles.

Cette année, les organisateurs du MaMA proposent un véritable marathon musical avec, à l’affiche, le DJ messin Chapelier Fou, Eddy de Pretto, ovni du rap originaire de Paris et Mat Bastard, lancé en solo depuis son départ de Skip The Use en 2016.

Le burkinabé Joey Le Soldat fera une démonstration de son rap aux textes tantôt en français, tantôt en moré et un jeune trio français baptisé Lysistrata se défendra sur scène à coups de guitare et de rock énervé. Gros Mo s’impose comme la garantie d’une ambiance de feu sur le dancefloor, tandis que Le Club du 93 et le rappeur d’Orly, Take A Mic, rappelleront que le rap français n’est pas mort.

Des artistes internationaux seront aussi présents dont le songwriter Chelou, basé à Camden ainsi que le duo de R&B électronique danois, Phlake.

La sélection n’est qu’un avant goût de l’ensemble du line-up du MaMA 2017. Une seconde vague de noms est attendue pour bientôt alors soyez patients !

Tous les premiers noms à découvrir sur le site du MaMA festival. Les billets pour le mercredi, le jeudi, le vendredi ou le pass 3 jours sont disponibles.

Les Inrocks - musique

Yoko Ono enfin créditée pour “Imagine”

Yoko Ono le 14 juillet 2016 à Las Vegas (GABE GINSBERG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Quarante ans après la sortie d’Imagine, la National Music Publishers Association a décidé de créditer Yoko Ono en tant que co-auteure de l’un des plus beaux morceaux de son défunt mari John Lennon.

Une décision annoncée par David Israelite, directeur de cette organisation américaine de protection des droits des artistes, lors d’une cérémonie mercredi à New York, après avoir diffusé une vidéo datant de 1980 dans laquelle John Lennon explique que Yoko Ono mériterait d’être créditée pour Imagine “en raison de son influence et de son inspiration”: 

“En vérité, elle devrait être créditée comme une chanson Lennon-Ono car beaucoup – les paroles et le concept – vient de Yoko, assure-t-il. Mais à cette époque j’étais un peu plus égoïste, un peu plus macho et j’ai comme omis de mentionner sa contribution. Mais ça venait de son livre Grapefruit. Il y a tout une pile de textes à propos “d’imaginer ceci” ou d'”imaginer cela.”

Grapefruit est un livre d’art conceptuel sorti par Yoko Ono en 1964 qui contient entre autres Cloud Piece, un poème où il est écrit : “Imagine the clouds dripping. Dig a hole in your garden to put them in.” (“Imagine les nuages gouttent. Creuse un trou dans ton jardin afin de les y mettre.”)

“C’est le meilleur moment de ma vie” 

Yoko Ono, 84 ans, était présente lors de cette cérémonie avec son fils Sean Lennon, tous deux venus à l’origine recevoir le prix de la Chanson du siècle pour Imagine avant d’apprendre ce changement dans les crédits du morceau. “C’est le meilleur moment de ma vie” a déclaré Yoko Ono en chaise roulante sur scène. Interrogé par le magazine Billboard, Sean Lennon a expliqué :

“Lorsqu’ils ont officiellement reconnu – grâce aux explications de mon père – que ma mère avait co-écrit Imagine, ‘le morceau du siècle’, ça a surement été le jour le plus heureux de ma vie et de celle de ma mère.”

Comme le rapporte Variety, Patti Smith a ensuite interprété Imagine au piano, accompagnée par sa fille Jessie (qu’elle a eue avec le guitariste de MC5 Fred “Sonic” Smith).

Proudest day of my life: The National Music Publishers Association just gave the centennial (song of the century) award to Imagine, but WAIT! Surprise! They played an audio interview of my father saying (approximately) ‘Imagine should’ve been credited as a Lennon/Ono song, if it had been anyone other than my wife I would’ve given them credit.’ Cut to: my mother welling up in tears, and then Patti and Jesse Smith played Imagine! Patience is a virtue! ✌️❤✌️❤✌️❤✌️ (PS they officially declared Imagine to be a Lennon/Ono song and gave my mother a second award! ????)

Une publication partagée par Sean Ono Lennon (@sean_ono_lennon) le 14 Juin 2017 à 16h44 PDT

A sa sortie en 1971, Imagine s’est hissée à la première place du classement 200 du Billboard en Angleterre. Elle a fait l’objet de nombreuses reprises notamment par Joan Baez, Diana Ross, Madonna, ou encore David Bowie qui raconte dans un live de 1983 (voir ci-dessous) avoir demandé un jour à John Lennon ce qu’il pensait de son “rock’n’roll”. Réponse : “C’est bien. Mais c’est juste du rock’n’roll avec du rouge à lèvres dessus.”

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Action Bronson annonce l’album “Blue Chip 7000” et dévoile un nouveau titre

Action Bronson, un mec dans le vent (capture d'écran Youtube du clip "Easy Rider")

Le rappeur du Queens a révélé Let Me Breathe hier, un morceau issu du nouvel album qu’il a concocté, Blue Chip 7000 :

Le single a été produit par Harry Fraud, et joué en avant-première lors du show de Zane Lowe sur la webradio Beats 1. Au passage, le rappeur a annoncé son LP à venir, qu’il a qualifié de “U2 sous stéroïde“. Il n’a pas donné de date de sortie précise, mais espère qu’elle se situera entre fin juillet de début août.

Bronson toujours en Action

Blue Chip 7000 a été produit par Fraud, The Alchemist, et Party Supplies, et comprendra un featuring avec Rick Ross sur le titre 924 7000. Un retour attendu avec impatience, d’autant qu’Action Bronson avait très peu sorti de musique ces derniers temps.

Le rappeur beaucoup de temps à la cuisine : que ce soit ses émissions pour Viceland, ou la participation aux nombreux talks-shows et conférences auxquels il est invité. Le 12 septembre prochain, il publiera aussi son livre “F*ck, That’s Delicious, An Annotated Guide To Eating Well (“Put*in C’est Délicieux, Un Guide Annoté Pour Bien Manger“).

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Shame, à la rencontre du rock anglais de demain

Jeune, anglais et déchaîné, Shame va redonner un coup de fouet à la scène indé. (Crédit photo : DR – Art Rock 2017)

En fouillant sur Internet, on ne trouve pas grand-chose sur Shame. Grâce aux réseaux sociaux, on apprend qu’ils sont londoniens, et sur Youtube on ne compte même pas une dizaine de vidéos. Sur Bandcamp, deux titres se battent en duel. Mais c’est suffisant pour constater que Shame possède une énergie unique et contagieuse. Sans l’ombre d’un doute, ce quintet bien mystérieux s’inscrit dans l’avenir du rock anglais actuel.

Mystérieux mais pas volontairement. Shame ne cache ni son identité ni ses revendications et en concert les cinq jeunes se consacrent tout entiers à leur musique et au public. Malgré une discographie vide et une présence discrète sur internet, le groupe a récemment été vu dans plusieurs festivals de renommée mondiale : le Pitchfork Paris en 2016, le SXSW dans le Texas, en mars dernier… En France, on les a aussi aperçus en première partie de Blossoms au Point Ephémère et aux Transmusicales en février.

“On adore jouer en France”, confient-ils tous les cinq, à l’unisson. “Une fois, on a joué avec Fidlar à Paris [en juillet 2016 à la Maroquinerie, ndlr] et on avait un public de dingues qui n’arrêtait pas de hurler”. Des groupies ? Le mot les effraie. “Oh non. Nous ne sommes pas assez cool pour avoir des groupies,” marmonne Eddie Green, l’un des guitaristes. On peine à les croire quand on se souvient que cette joyeuse bande a fait ses preuves aux premières parties de Fat White Family.

Marié à la scène

Depuis les premiers pas dans le monde de la musique, Shame entretient une relation privilégiée avec la scène. Et si leurs shows sont spectaculaires pour un groupe dont la moyenne d’âge ne dépasse pas les vingt ans, personne n’aurait parié sur eux lors de leur première représentation en 2014. Eddie raconte leur genèse :

“Nous nous connaissons tous depuis le lycée mais nous fréquentions des établissements différents. Juste avant les exams on a commencé à répéter au-dessus d’un pub londonien, à Brixton, qui s’appelle le Queens Head.”

Josh, le bassiste et boute-en-train du groupe, le coupe, très enthousiaste :

“Un jour le proprio s’est pointé et nous a invité à un open mic dans ce bar. On avait pas vraiment eu le temps de répéter avant, on venait de créer le groupe deux semaines auparavant.”

“C’était horrible,” grommelle Sean, le second guitariste à l’apparence taciturne. “Non c’était marrant !” réplique le batteur, Charlie Forbes. Eddie continue : “Le bar ressemblait à une pièce presque vide, et nos concerts consistaient à faire du bruit dans un coin. On y a rejoué un tas de fois pendant cet été 2014.” Et à Josh de s’écrier : “Vraiment, ce groupe est né à partir de rien. C’est comme le big bang ! Boum !”

Ses camarades sourient, mais le chanteur Charlie (encore un) Steen, resté silencieux jusqu’alors, précise : “On jouait quand même chacun de notre côté avant de former une vraie bande.” Avec sa voix grave et son air impassible, personne ne pourrait soupçonner la bête de scène qui sommeille en lui.

Charlie Steen, chanteur dingo en live. (Crédit photo : DR – Art Rock 2017)

En quelques minutes de discussion, il est facile de constater que chacun d’entre eux occupe un rôle selon sa personnalité. Sean le guitariste timide, Charlie le chanteur, calme dans la vraie vie et déchaîné en live, Josh le bassiste cancre. Forbes et Eddie se partagent une posture cruciale pour un groupe aussi jeune : ils s’imposent comme les esprits critiques de la bande, de quoi se stimuler et se lancer des défis en permanence.

Rock’n’roll mais pas oldschool

La musique de Shame ne se repose pas uniquement sur des influences passées et des vestiges du rock britannique. Ils vont plus loin qu’un simple rock à l’anglaise. Il suffit de les écouter en concert pour constater qu’elles sont issues tant du post-punk, que du shoegaze, ou du garage californien… Pour le chanteur Charlie, la question d’un artiste ou d’un album favoris ne se pose même pas. “Notre truc, c’est l’interprétation live.” Eddie parle plutôt d’enrichissement sur le long terme : “Les découvertes musicales te construisent petit à petit et c’est impossible de se cantonner à une seule inspiration !”

L’amitié qui soude les mecs de Shame transparaît sur scène.
(Crédit photo : DR – Art Rock 2017)

Tous assurent écouter des genres très éloignés du rock. Eddie, par exemple, adore la techno. Josh, lui, il n’écoutait que du rap avant d’intégrer Shame. “Ils m’ont emmené dans ce pub un jour et depuis je n’écoute que du punk”. “Au début, tu te disais plutôt : est-ce que je joue vraiment de la basse ?” taquine Charlie Forbes, en prenant une voix d’idiot. Ils rient à la blague.

La cohésion se ressent et fait plaisir à voir. On la retrouve distinctement sur scène. Ils ont beau être nombreux (cinq dans un groupe ça commence à faire beaucoup), ils ne se marchent pas les uns sur les autres, et diffusent une puissance folle, dans n’importe quelle salle de concert.

Sur le chemin du studio

Malgré sa discrétion sur internet, Shame est déjà passé par la case studio et a aussi illustré un de ses titres en vidéo : Visa Vulture, une sérénade à prendre au millième degré adressé à la Première ministre du gouvernement anglais, qu’ils ne portent pas vraiment dans leur cœur. “J’avais les paroles depuis si longtemps, raconte Charlie Steen. Personne ne voulait la sortir”. Les membres acquiescent. “Je détestais tellement cette chanson au début”, soupire l’autre Charlie.

Mais les membres de Shame refusent de se voir comme des artistes engagés. Pour eux, ce morceau s’apparente d’abord à une blague. Quoique Eddie ne se voile pas la face : “Les décisions prises au Royaume-Uni en ce moment affectent surtout les jeunes. Rien que pour nous, en tant que groupe, qui avons envie de voyager en Europe, cette histoire de Brexit nous met clairement des bâtons dans les roues.”

Après Visa Vulture, seuls les morceaux Tasteless et Gold Hole ont été enregistrés et clippés, à l’heure actuelle.

Charlie le chanteur explique : “Nous n’avions jamais enregistré des morceaux qui nous plaisaient vraiment, et nous préférons être patients avant de poster n’importe quoi sur internet.” Le batteur et autre Charlie poursuit :

“Il nous a fallu du temps avant de trouver la bonne personne qui arriverait à produire en studio, ce que nous voulons transmettre sur scène.”

Aujourd’hui, c’est chose faite, assure le groupe. Ils prévoient de sortir leur tout premier album en janvier 2018. “Le 12”, promet Charlie Steen, confiant, tandis que ses acolytes secouent la tête pour le contredire : “Tenons-nous en à janvier 2018, OK ?”  Et Eddie de plaisanter : “Même début 2018 !”

Du côté français de la Manche, nous serons prêts.

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S.Pri Noir plus fort que Highlander dans un nouveau clip parfait

S.Pri Noir dans son clip "Highlander" (capture d'écran Youtube)

S.Pri Noir n’a pas fini de faire parler de lui. Après ses EP 00S Licence to Kill  (2014), puis Le monde ne suffit pas (2015), et des collaborations avec Nekfeu, Rim’K ou encore Still Fresh, le cofondateur du label Nouvelle Ecole compte sortir son premier album dans l’année. En guise de teaser, il vient tout juste de livrer le clip de Highlander, un morceau issu du LP, qui prouve que le jeune artiste à tout pour percer :

Avec son rap conscient aux textes forts, parsemés de punchlines bien senties (“pour un gramme ils en font des tonnes“), ce titre de S.Pri Noir monte en puissance et prend aux tripes. En partie inspiré par le film éponyme, il rappelle le penchant cinématographique de l’artiste, qui avait déjà sorti Skywalker en avril dernier – le premier single du disque à venir :

Ancien sportif de haut niveau

Le rappeur du 20ème arrondissement de Paris s’est entouré des mêmes personnes pour ces deux projets : Reek Starcks, Biggie Joe, et Hugz Hefner signent la prod des morceaux, et TBMA la réalisation des vidéos.

Avant de devenir S.Pri Noir (son pseudo sur MSN quand il s’est lancé, en 2009), Malick Mendosa a tout d’abord rêver de percer comme footballeur. Puis il a viré de bord, et a commencé à rapper en parallèle d’un nouveau sport, le football américain, dont il a été deux fois champion de France.

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Les concerts qu’il ne fallait pas manquer au Festival This Is Not a Love Song… Et les autres

Bobby Gillespie de Primal Scream - TINALS 2017 (photo - Boris Sallin)

“Les tribus n’existent plus en musique ; aujourd’hui, il y a juste la musique, dans une énorme orgie dégueulasse.” Quelques dizaines de minutes après son concert avec Make-Up dans la Grande Salle de la Paloma, Ian Svenonius, leader charismatique et éclairé d’une scène rock underground encore bel et bien vivante, reçoit une poignée de gens des médias pour parler de la sortie française de son best-seller, Stratégies occultes pour monter un groupe de rock (éditions Au diable Vauvert). Ironie de l’Histoire, sur la même scène qui a vu Svenonius s’enflammer comme une torche humaine trois heures plus tôt, jouait Turbonegro. Tout en outrance kitch, le groupe de deathpunk made in Oslo a drainé sur son passage des centaines de membres de la Turbojugend, fan-club historique de la formation norvégienne et gang burlesque au look badass. L’une de tribus rock les plus importantes de ces dernières décennies.

Des outrances scéniques

Dans les dédales de la Paloma, scène de musiques actuelles inaugurée à Nîmes en septembre 2012, et de son jardin éphémère, on en croise partout. Facilement reconnaissables, ils portent des vestes en jean floquées du nom de leur communauté et du logo du groupe : une casquette en cuire façon YMCA. De l’avis général, pourtant, le concert de ce soir n’a pas convaincu outre mesure. Ce qui n’empêchera pas la Turbojugend de passer le week-end à Nîmes. Il faut dire qu’en matière d’outrances scéniques, il y avait de quoi faire.

https://www.youtube.com/watch?v=iqPkI-JbRPY

Comme avec HMLTD, par exemple. A la manière de Richie Finestra face aux New York Dolls dans la série de Martin Scorsese Vinyl, beaucoup ont eu une révélation en voyant les londoniens pour la première fois sur scène. Quelque chose de l’ordre d’un vieux fantasme rock’n’roll ressuscité, dans une époque où épiphanies dubstep et guitares surf peuvent cohabiter sur un même morceau sans faire tiquer. Ou presque. Rencontré quelques heures plus tôt, Henry Spychalski, chanteur du groupe, nous confie à quel point les concerts de HMLTD peuvent susciter des effets puissants d’attirance et de répulsion chez le public : “il y a une communauté qui se crée entre nous et notre public. En revanche, ceux qui détestent sont capables de quitter la salle. On est un groupe qui divise”. On l’avait constaté lors de leur passage dans la salle parisienne du Point Ephémère le mois dernier, on a pu de nouveau le vérifier ce week-end. Tuant maintes fois Ziggy dans une série de gesticulations glam et androgynes, Henry s’est imposé en showman incontesté, tandis que le groupe a tenu son set contre vents et marées, malgré quelques problèmes techniques et, sans doute, la pression de vouloir se montrer trop grand.

https://www.youtube.com/watch?v=LGs4gupmdp0

Pas de problèmes techniques du côté de Royal Trux en revanche, qui jouait sur la même scène. Mais il s’est dégagé de la formation de D.C. une véritable tendance autodestructrice, voire carrément suicidaire, flirtant avec quelque chose de l’ordre de l’escroquerie géniale et radicalement rock. Ce qui n’a rien de nouveau, mais qui surprend encore tant le spectacle donné à voir au public fascine. Sous le regard de Michel Cloup au premier rang, Jennifer Herrema titube une bouteille à la main, braille ses chansons, repart backstage, revient, tout cela au milieu d’un set crasseux et jouissif. “C’est vraiment une honte, tout ça n’est tellement pas professionnel”, lâchera-t-elle en marmonnant, avant de s’allumer une énième clope. Le groupe sort un album live ces jours-ci, qui donne à entendre à quel point Royal Trux est génial. Il n’aura clairement pas été enregistré à Nîmes ce week-end. Mais quelle claque !

https://www.youtube.com/watch?v=0mlVzN4wbG8

Des révélations

Dans un autre style, les bourguignons de Johnny Mafia ont retourné le patio de la Paloma. Une pinte nous a même frôlé l’épaule avant de venir s’écraser sur le visage d’un type dans le public. Une pluie de bière s’est abattu sur les premiers rangs dès les premiers accords de ces sales mômes, que l’on croirait échappés d’un film de Richard Linklater. On pense évidemment à Black Lips, mais aussi à toute la scène slacker époque Mac DeMarco pré-Salad Days. Le genre de groupe à guitares capable d’introduire une chanson par des phrases débiles du genre “la prochaine chanson s’appelle Secret Story, parce qu’on était des grands fans”, qu’on ne pensait pas revoir de sitôt. 

Dans un genre plus garage-revival 60’s, Johnny Mafia recommande au public de TINALS de se déplacer pour assister au concert des Grys-Grys, formation montpelliéraine signé sur le label anglais Dirty Water Records, que nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de voir. Les nostalgiques des Yardbirds peuvent écouter cela ici-même.

https://www.youtube.com/watch?v=8Px7r7Wb-oA

Petite claque également du côté du nord de l’Angleterre, avec la cool performance des mancuniens de Spring King. On vous parlait ici déjà de l’étonnante scène garage de Manchester, en prédisant un avenir radieux à ce quartet. Deux ans plus tard, les voilà signés sur une major et programmés à la même heure que Moderat dans l’un des festivals les plus importants de France. Quelque part entre la morgue post-punk d’un groupe comme Shame (qui jouait juste avant) et la déconne plus chill de Fidlar.

https://www.youtube.com/watch?v=k7Y90pEa4vY

Sous un solide cagnard, jouait dimanche KoKoKo ! Le collectif d’artistes congolais, fringués en combinaison jaune comme les Américains de Devo, s’est associé avec le génial producteur français Débruit, qui poursuit ici son champ d’exploration et d’expérimentation des musiques africaines. Alliant instruments entièrement DIY et musique électronique, cette collaboration fait plus que jouer avec les rythmes hybrides à cheval entre tradition et modernité, elle invente carrément une esthétique nouvelle qui, sur scène, fait se confondre fête synthétique et cérémonie expiatoire.

Des confirmations et des déceptions 

Côté esthétique nouvelle, Danny Brown tient aussi sûrement quelque chose. Malheureusement, le rappeur de Détroit se fout éperdument d’être ici parmi nous et assure un service minimum, multipliant gimmicks un peu vains et signes de lassitude, qu’il revendique insidieusement en portant un t-shirt floqué d’un enfants riches déprimés bien cynique. Au même moment, de l’autre côté du festival, Chris Cohen assure avec grâce un set sensible et quasi-virtuose.

https://www.youtube.com/watch?v=w9iJZWKHYYQ

Le lendemain, Echo & the Bunnymen n’a pas pu s’empêcher de clasher U2 entre deux classiques d’Ocean Rain. “Vous me prenez pour qui ? Cet enfoiré de Bono ?”, lâchera Ian McCulloch, après avoir feint de reprendre un morceau a capella. Un peu plus tard, Requin Chagrin continue de montrer des signes de progression et confirme son statut de groupe incontournable de la pop chantée en français. Après en avoir discuté autour d’une bière, on apprend notamment qu’ils se sont libérés d’un trac paralysant à force de tourner, et qu’un nouvel album est en cours d’écriture.

https://www.youtube.com/watch?v=LWz0JC7afNQ

En parlant d’incontournable, John Dwyer et  Thee Oh Sees étaient encore de la partie, tout comme Stu Mackenzie et  King Gizzard & The Lizard Wizard (que nous n’aurons pas le temps de voir, mais dont nous vous parlions la semaine dernière ici). Ils étaient programmés aux côtés de Black Angels, Primal Scream et Pond. Un peu comme si Pink Floyd, les Beatles et Grateful Dead avaient rejoint le line-up du festival d’Altamont aux côtés des Rolling Stones en 69. Les heurts meurtriers en moins. On se souviendra longtemps de la classe en toute circonstance de Bobby Gillespie et de l’insolente gouaille juvénile d’un Nick Allbrook (leader de Pond) qui va, contre toute attente, fêter ses trente ans cette année.

https://www.youtube.com/watch?v=EcZtAq7CbqQ

En attendant peut-être de voir un jour PIL jouer This Is Not a Love Song à TINALS, on notera une recrudescence dans le public de la pratique du air guitar sur les solos de synthé et que si, comme Ian Svenonius le dit, énorme orgie musicale il y a en 2017, celle-ci est loin d’être dégueulasse.

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U2, 14 juin 2017, FL Raymond James Stadium, Tampa, Floride

Première partie : OneRepublic

Setlist

1 - Sunday Bloody Sunday

2 - New Year's Day

3 - Bad / America (snippet)

4 - Pride (In The Name Of Love)

5 - Where The Streets Have No Name / California (There Is No End To Love) (snippet)

6 - I Still Haven't Found What I'm Looking For

7 - With Or Without You

8 - Bullet The Blue Sky

9 - Running To Stand Still

10 - Red Hill Mining Town

11 - In God's Country

12 - Trip Through Your Wires

13 - One Tree Hill

14 - Exit / Wise Blood (snippet) / Eeny Meeny Miny Moe (snippet)

15 - Mothers Of The Disappeared

Rappel(s) :

16 - Miss Sarajevo / The New Colossus (snippet)

17 - Ultra Violet (Light My Way)

18 - One

19 - Beautiful Day / Singin' In The Rain (snippet)

20 - Elevation

21 - Vertigo

Merci a U2Gigs pour les commentaires (en cours)

Ce soir, U2 donne son 2nd concert en Floride, après Miami. Il n'est pas rare pour U2 de donner 2 concerts en Floride durant une même partie de tournée : c'est déjà arrivé en 1987, 1992, et même en 1997 avec 3 concerts et un public pas terrible. Pour la tournée à 360 degrés, le groupe avait joué un concert par partie et pour Tampa, il y a près de 8 ans de cela, le concert du 9 octobre 2009 était le plus récent dans cette ville.

Il semble que le groupe ait adopté un changement permanent depuis le festival de Bonnaroo : avec en intro, The Whole of the Moon des Waterboys au lieu de A Rainy Night in Soho des Pogues.

Autre changement récurrent depuis Bonnaroo, en fin de concert : Vertigo pour les rappels. Comme pour Miami, elle conclut le concert et plus encore avec une setlist identique en tout point. Bono dédicace One Tree Hill aux victimes du massacre du nightclub Pulse, qui a eu lieu l'an dernier à Orlando. Une petite ondée a poussé Bono à un extrait de Singin' in the Rain pendant Beautiful Day.

Prochain concert : demain, 16 juin au Papa John's Cardinal Stadium de Louisville, dans le Kentucky

U2 France

La Bretagne, terre de festivals : un webdoc pour comprendre pourquoi

De Brest à Rennes, en passant par Morlaix, Saint-Brieuc, Lorient, mais aussi dans les campagnes environnantes, la Bretagne regorge de festivals qui dynamisent les territoires. Dans ce webdoc réalisé par les étudiants en journalisme de l'IUT de Lannion, et disponible sur Télérama.fr, découvrez les enjeux culturels, économiques et politiques qu'ils représentent.

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