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14 juin 2017

Anita Pallenberg, la muse rock et déglinguée des Rolling Stones, disparaît

Si “Sister Heroin”, chanson imaginaire des Rolling Stones avait existé, elle aurait été dédiée à Anita Pallenberg. Muse, mannequin, actrice chez Vadim et Garrel, celle qui passa des bras de Brian Jones à ceux de Keith Richards fut certainement la plus rock et déglinguée d'entre tous. Elle est morte à 73 ans.

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Musique électronique: voici les onze meilleurs albums de 2017 (pour l’instant)

Arca dans l'un des clips de "Piel" (capture d'écran Youtube)

2017 s’annonce comme un très grand cru pour les musiques électroniques. Ces six derniers mois, Kelly Lee Owens a livré un premier disque sublime, Jlin nous a mis une claque avec son néo-footwork, Perc s’est lancé dans de nouvelles expérimentations techno, Maud Geffray et NSDOS nous ont fait voyager dans le Grand Nord… Et Arca à sorti un nouveau LP dont on ne s’est pas encore remis. Les voix sont très présentes sur cet album, comme sur plusieurs autres disques ci-dessous. Car si de l’électronique sont de plus en plus poreuses, ce sont bien les prods qui forment la colonne vertébrale de ce classement.

1. Arca Arca

Après deux albums expérimentaux purement électroniques, le producteur vénézuélien accompagne pour la première fois ses compositions avec sa propre voix, dont les imperfections exsudent un parfum poétique et enivrant. Il signe son disque le plus intime, qui nous plonge dans des vertiges de mélancolie aux accents tragiques et sensuels ; le tout segmenté par les bruitages-signature du producteur, évoquant une violence froide et aveugle, qui contraste avec l’innocente fragilité de ses chants. Une œuvre complexe, sublime, et torturée ; le genre qui résiste aux années et marque l’histoire de la musique.

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2. Maud Geffray Polaar

Premier album en solo de la moitié de Scratch Massive, Polaar a été inspiré à la productrice française par un voyage en Laponie, au fin fond de la Finlande. Planant et entraînant, il comprend douze morceaux qui se fondent harmonieusement les uns aux autres, bien qu’ils possèdent chacun leur univers, de Voices from the Sky et ses envolées electronica à la trance glaçante de High Side, en passant par In Your Eyes, un morceau électro-pop en feat. avec Flavien Berger.

A écouter ici sur Apple Music

3. Kelly Lee Owens Kelly Lee Owens

Difficile de croire que c’est seulement son premier album. Avec Kelly Lee Owens, l’artiste éponyme se révèle au grand jour avec un LP bluffant qui fluctue entre ambient, house et techno, qu’elle accompagne de sa voix éthérée et fantomatique. La Galloise l’a composé à partir de sons qu’elle a enregistrés elle-même pour la plupart, tirés de sa vie quotidienne – que ce soit le bruit d’un escalator, ou encore celui d’un essuie-glace cassé, comme elle nous l’expliquait dans cette interview. Transformer le trivial en sublime : tout un art.

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4. Nathan Fake Providence

Cinq ans après son dernier album, Steam Days, et après une panne créative de deux ans, le producteur anglais a retrouvé l’inspiration grâce à un synthé Korg Prophecy acheté sur un coup de tête, avec lequel il a composé une grande partie de son nouveau disque. Un instrument basique, voire cheap, mais dont les aspérités musicales drainent une puissance émotionnelle qui donne toute sa force à l’album.

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5. NSDOS Intuition Vol. 1

L’ancienne signature du label parisien ClekClekBoom a effectué une série de voyages en Alaska depuis 2016, y restant jusqu’à un mois et demi, pour y enregistrer des sons au gré de ses explorations. Il les a ensuite triturés et assemblés depuis son studio mobile, composant ainsi les six morceaux de son premier album. Parsemé de dissonances, il démarre avec une intro lumineuse et trompeuse qui mène vers des mélodies racées, agressives (Distraction, Translation), et des tracks inquiétantes voire carrément anxiogènes (Orientation, Intuition). Impossible de rester de glace.

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6. Kingdom Tears in the Club

Avec son premier LP, le fondateur du label angelenos Fade To Mind continue d’inventer la musique de club d’un futur dystopique, en pleine décadanse. On y retrouve des pépites purement électroniques (Tears In The Club, Nurture World), aux côtés de morceaux R’n’B très réussis, dont Ezra Rubin signe la production sans dénaturer son style. Parmi eux : Nothin, en featuring avec Syd (du crew Odd Future), What is Love avec la diva SZA, ou encore Breathless, sur lequel on retrouve le talentueux Shacar.

A écouter ici sur Apple Music

7. Perc Bitter Music

Alistair Wells, alias Perc, continue à réinventer la techno avec son troisième disque Bitter Music, ébranlé d’un bout à l’autre par des sonorités noise et indus, quand il n’est pas transpercé par des cris de femme (Spin). Le producteur britannique répète à longueur d’interviews que le climat politique de son pays l’imprègne, puis infuse dans sa musique. Le Brexit ne lui a visiblement pas inspiré beaucoup de clémence…

A écouter ici sur Apple Music

8. Actress AZD

Après l’excellent Ghettoville sorti chez Ninja Tune en 2014, Actress revient avec AZD : un cinquième disque futuriste. Il s’inscrit dans la veine introspective du producteur anglais, bien qu’il s’agisse de son LP le plus dansant, parsemé de petites merveilles de techno funky comme X22REME ou Untitled 7. 

A écouter ici sur Apple Music

9. Jlin Black Origami

Quand elle compose un morceau, Jlin ne revient jamais en arrière pour faire de changement structurel. D’où l’impulsivité indomptable que dégage ce deuxième album néo-footwork, dont les lignes de batteries sont autant de salves tirées par la productrice originaire de l’Indiana, dans le Nord des Etats-Unis. Avec Black Origami, elle signe une œuvre qui évoque l’expressionnisme abstrait ; comme une transposition sonore de la fougue d’un Jackson Pollock, qui n’aurait plus que du noir et des nuances de gris métallique dans sa palette.

10. Casual Gabberz Inutile de Fuir (compilation)

Le collectif de DJs Casual Gabberz organise des soirées à Paris depuis 2013. En février dernier, il a sorti un album de 51 tracks sur lequel on retrouve une quarantaine de producteurs, à qui il a demandé de produire au moins un morceau, avec des influences gabber, hardcore, doom ou encore jumpstyle. On y retrouve Panteros 666, Voiron, Boe Strummer, Canblaster, Evil Grimace, Detente, Aamourocean, Aprile, et bien d’autres, qui réinventent ces différents styles en y mêlant leur ADN musical propre. Le disque sert aussi de BO au documentaire expérimental qui a accompagné sa sortie, réalisé par Kevin Elamrani-Lince. Inutile de fuir, on vous dit.

A écouter ici sur Soundcloud

11. Superpoze For We The Living

Inspiré par les discours eschatologiques et la menace d’une catastrophe naturelle, le producteur originaire de Caen tisse des compositions électroniques contemplatives, élégantes et mélancoliques. Les premiers morceaux sont plutôt lumineux, jusqu’à la track charnière Thousand Exploding Suns, qui marque l’apogée de l’apocalypse, et laisse derrière elle une désolation calme qu’on parcourt sur les quatre derniers titres.

A écouter ici sur Apple Music

Les Inrocks - musique

Avant Rio Loco, tout l'océan Indien réuni à la Réunion

Le festival Rio Loco célèbre du 15 au 18 juin la diversité des sons issus de l'Océan Indien. Au début du mois, à la Réunion, le festival Sakifo rassemblait cette scène foisonnante, autour de la figure tutélaire de Danyèl Waro.

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Lee Ranaldo de Sonic Youth sort un nouveau clip et annonce un album

Lee Ranaldo dans son nouveau clip (capture d'écran Youtube)

Lee Ranaldo, l’un des anciens piliers de Sonic Youth, sortira un nouvel album solo, Electric Trim, le 15 septembre prochain sur le label Mute. Une annonce qu’il a accompagnée avec le clip d’un morceau inédit, Circular (Right as Rain) :

Le disque succèdera à Last Night on Earth (2013), et comprendra 9 titres qui ont été enregistrés entre New York et Barcelone, dont six en featuring avec la chanteuse Sharon Van Etten. Il comprend aussi des contributions de Nels Cline of Wilco (un proche Ranaldo), et de l’auteur Jonathan Lethemn, qui a donné un coup de main pour écrire six morceaux.

Que La Famille

Le chanteur s’est exprimé sur la sortie de Electric Trim dans un communiqué publié sur le site du  label :

“Je suis tellement excité à propos de ce disque, il représente de nouveaux développements, de nouvelles directions pour moi, et je suis impatient de reprendre la route pour jouer cette musique en live. Je suis aussi heureux de collaborer avec Mute pour cette sortie – c’est comme un retour à la maison, puisque Sonic Youth avait sorti ses premiers disques sur Blast First / Mute.”

La conception de l’artwork a elle été confiée à Richard Prince, un ancien proche de la bande de Sonic Youth lui aussi, qui avait dessiné la pochette de Sonic Nurse en 2004.

Découvrez le tracklisting complet de Electric Trim :

01 Moroccan Mountains
02 Uncle Skeleton
03 Let’s Start Again
04 Last Looks [ft. Sharon Van Etten]
05 Circular (Right as Rain)
06 Electric Trim
07 Purloined
08 Thrown Over the Wall
09 New Thing

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Sufjan Stevens donne son avis sur Katy Perry (et on n’a pas tout compris)

Captures d'écran Youtube/ Concert de Sufjan Stevens à Charleston (CA)/ Katy Perry en showcase avec des fans.)

Sufjan Stevens tient un blog sur Tumblr. En général, il y poste des chansons qu’il écoute, quelques unes de ses performances live, ses morceaux inédits et récemment ses dates de tournée à l’occasion de la sortie de son nouvel album collaboratif Planetarium. 

Mais parfois, l’auteur-compositeur-interprète américain se plaît à rédiger des notes, sur des sujets très divers. Aujourd’hui, un de ses posts est dédié à Katy Perry, dans lequel il donne son avis sur un passage de la chanson Déjà Vu, extraite du nouvel album de la chanteuse, paru le 9 juin dernier : “Your words are like Chinese water torture”. En français, on peut traduire par : “Tes mots sont comme de le supplice de la goutte d’eau” (référence à une technique de torture). Sufjan Stevens écrit :

SEIGNEUR JESUS AIT PITIE, et vous pensiez tous que c’était étrange quand j’écrivais “mardi soir, lors des études de la Bible…”

Sufjan Stevens compare le titre de Katy Perry avec les paroles de son morceau Casimir Pulaski Day (du disque Illinois paru en 2005) :  “Tuesday night at the Bible study”. 

Il ajoute ensuite : “Katy Perry devait sûrement assister au même cours de religion . Nous avons probablement participé à des groupes de prières ensemble. J’aime ce monde”

Une histoire de catéchisme (?)

Ce message semble un peu obscur pour certains. Le site Consequence of Sond y voit une critique négative de la part de Sufjan Stevens, quand Stereogum demande simplement si quelqu’un pouvait expliquer ce que l’artiste a tenté de dire.

De notre côté, voici l’hypothèse : Sufjan Stevens n’a jamais dissimulé sa foi et ses postions vs-à-vis de Dieu. Pour lui, les “mots” dont parle Katy Perry sont ceux de la parole sainte, et si on en croit son interprétation, elle n’aurait pas bien vécu ses cours de catéchisme. Sufjan Stevens, lui, s’y rendait tous les mardi soir, apparemment. Et quand on sait que la chanteuse a fait ses début dans une chorale d’église, la théorie se tient.

D’autant plus que Katy Perry est née dans une famille chrétienne conservatrice. En mars dernier lors de son discours au gala de l’association Human Right Camapign, elle confiait qu’enfant, on lui apprenait que l’homosexualité n’était rien d’autre qu’une “abomination”. La jeune femme qui chantait I Kissed a Girl en 2008 a totalement changé de milieu aujourd’hui et affirme que la communié LGBT l’a énormément aidée à se construire.

BFF of 11 ys @shannonwoodward presents to @katyperry, lauding her as global pop star who created soundtrack to our lives #HRCLADinner @HRC pic.twitter.com/6f36zHaNrQ

— Chris Gardner (@chrissgardner) March 19, 2017

Sufjan Stevens sera en concert au festival Days Off à la Philarmonie de Paris avec Planetarium, collectif constitué de Sufjan Stevens, Nico Mulhy, Bryce Dessner et James McAlister, le 10 juillet 2017.

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Anita Pallenberg, muse des Rolling Stones, est décédée

(c) lobstar28 (Flickr Creative Commons)

C’est une bien triste nouvelle. Anita Pallenberg, actrice, mannequin, styliste et muse des Rolling Stones est décédée mardi 13 juin à l’âge de 73 ans , comme l’a annoncé sur Instagram son amie de longue date l’actrice Stella Schnabel. Les causes de sa mort demeurent encore inconnues.

I have never met a woman quite like you Anita.

Une publication partagée par Stella Madrid ???? (@stella__schnabel) le 13 Juin 2017 à 13h14 PDT

Ancienne résidente de la Factory d’Andy Warhol, Anita Pallenberg est une figure de la scène arty new-yorkaise dès les années 60, et mène une carrière de mannequin, puis d’actrice (dans Barbarella de Vadim notamment) et de styliste.

En 1965, la jeune femme rencontre Brian Jones, alors guitariste des Rolling Stones avec qui elle vit une histoire d’amour tumultueuse durant deux ans. Elle le quitte pour un autre Stones, Keith Richards avec qui elle reste douze ans et a trois enfants (dont l’une, Tara, décède en 1976). Au cours de ce passage au sein des Stones, Anita Pallenberg ne joue pas seulement le rôle passif de muse, mais interprète également les célèbres chœurs du morceau Sympathy For The Devil.

En 1970, elle joue aux côtés de Mick Jagger dans le film Performance de Nicolas Roeg :

On l’aperçoit plus récemment dans le Mister Lonely d’Harmony Korine (2007) ou 4h44, Dernier jour sur Terre d’Abel Ferrara (2011).

Diplômée en 1994 de la prestigieuse école Central Saint Martins, l’ancienne mannequin mène en parallèle une carrière de styliste, sans se priver de fustiger ouvertement l’industrie de la mode.

Une autre muse des années 70, la mannequin Bebe Buell, accessoirement mère de Liv Tyler, lui a rendu hommage sur instagram en la baptisant “la sixième Stone”

There was none more beautiful, more unique and more inspiring! The official “sixth Stone”… I will love you forever, dearest Anita. Sleep with the special angels, Gods & Goddesses… RIP ????????????✨????????#anitapallenberg

Une publication partagée par Bebe Buell (@realbebebuell) le 13 Juin 2017 à 15h02 PDT

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Les type beats : musique fast-food ou art de la contrefaçon ?

Si vous tapez le nom des derniers rappeurs du moment – Future, Young Thug, Drake, etc. – dans la barre de recherche de Youtube, il y a de fortes chances pour que le site affiche “type beat” dans les suggestions. Vous pourrez alors écouter des prods composées par des internautes lambda, et y reconnaître des mélodies terriblement similaires à celles de Zaytoven, Mike Will ou encore du Metro Boomin : les grands noms de la production actuelle, responsables de la plupart des tubes de ces dernières années.

Imiter pour mieux régner

Les type beats, littéralement “beats à la manière de”, sont en plein essor. Avec le développement d’Internet, et des logiciels de beatmaking comme FL Studio ou Logic Pro, les producteurs amateurs se sont multipliés et ont inondé Soundcloud, Youtube ou SoundClick de leurs compositions. Un moyen de répondre à une demande croissante et de capter l’attention en rajoutant des mots-clés tape à l’œil comme “Gucci Mane” ou “Meek Mill”.

“Maintenant y a des tutos partout, on t’apprend à refaire les beats de Zaytoven. En trois clics tu peux télécharger un logiciel pour composer tes instrus”, nous explique le producteur Bone Collector, qui a notamment travaillé pour Booba ou Damso.

Avec le temps, la différence de qualité entre professionnels et amateurs est même devenue difficile à remarquer. Les type beats ne sont plus cantonnés aux petits rappeurs indés, et ont envahi l’industrie. “Je suis tombé sur des DJ Mustard type beats meilleurs que les vrais sons de Mustard !”, assure Bone Collector.

“Certains type producteurs sont devenus de vrais producteurs. Ils composent en cinq minutes sur FL Studio, mais ça suffit largement. La seule différence entre eux et Metro Boomin, c’est le marketing”, surenchérit le producteur français Shkyd, auteur d’un billet sur les type beats publié sur Medium.

Le beat de Panda, le tube de Desiigner, avait ainsi été posté sur Youtube par son auteur, un Anglais de 22 ans, sous le titre Meek Mill—Ace Hood Type Beat. Le rappeur de Brooklyn, maintenant signé sur le label de Kanye West, l’avait tout simplement acheté pour 200 dollars. 260 millions de vues plus tard, la rentabilité du geste ferait presque flipper.

D’autres gros noms comme A$AP Rocky ou Fetty Wap ont recours aux type beats. En France, l’exemple de PNL est le plus parlant. Le premier énorme tube du duo des Tarterêts, Le monde ou rien, avait été uploadé sur Youtube par son producteur MKSB sous le titre The Weeknd/Bryson Tiller Type Beat. Le titre a depuis été mis à jour pour préciser que le beat a trouvé preneur.

Reste à comprendre ce qui pousse les artistes à récupérer des imitations de grands producteurs, plutôt que chercher à définir leur propre patte.

“Les type beats répondent à une demande du public, qui a pris le pouvoir et veut entendre certains types de sons”, avance Shkyd.

Certains rappeurs vont même jusqu’à chercher l’inspiration en écoutant des type beats eux-mêmes inspirés de leur propre travail. C’est par exemple le cas du New-Yorkais Joey Badass qui a trouvé le beat de son single Christ Conscious en tapant “Joey Badass type beat” dans Youtube. Une mise en abyme qui frôlerait presque l’absurde si elle n’accouchait pas sur des morceaux aussi dingues.

A cela, il faut évidemment rajouter l’intérêt économique, puisque ces productions, souvent faites à la va-vite, coûtent beaucoup moins cher que des “vraies” prods de compositeurs certifiés.

“Les prix dépendent des contrats. Mes ‘lease’ coûtent 50$. Dans ce cas je prête l’instru au rappeur, ce n’est pas une exclusivité, je peux la refiler à d’autres artistes. Normalement c’est pour des projets gratuits comme des mixtapes. Pour les exclusivités, c’est entre 500 et 1000 dollars puis 50/50 sur les revenus. Tout dépend de la qualité sonore du fichier, s’il veut un MP3, un WAV, ou que je lui envoie l’instru piste par piste“, détaille Bone Collector, qui utilise les type beats pour assurer sa promotion en ligne.

“Je ne mets pas tout mon cœur quand je fais des type beats, c’est surtout un moyen d’attirer les artistes sur mon site”, ajoute-t-il, pragmatique.

“C’est comme les frites au Mcdo, c’est pas très cher, et tu sais ce que tu vas manger”

Aujourd’hui, plus besoin de rencontrer le producteur en studio, c’est maintenant le beat qui vient directement à vous, via une connexion internet. Un système que Shkyd préfère résumer par une métaphore culinaire. “C’est comme les frites au Mcdo, ça va plus vite, c’est pas très cher, et tu sais ce que tu vas manger.” Et ce, même si ce n’est pas toujours très bon…

La qualité n’est pas toujours au rendez-vous, et certains craignent un appauvrissement du niveau général des instrumentaux, qui serait tiré vers le bas par ces reproductions multipliées à l’infini. “C’est triste , pour moi c’est une solution de facilité”, indique le rappeur lyonnais Jorrdee. “Un rappeur doit avoir son originalité”, poursuit-il, en reconnaissant cependant un certain talent aux plus pros des imitateurs:

“Les faussaires ont leur valeur aussi. C’est un art de bien savoir copier”.

A ses débuts, Jorrdee a pourtant lui aussi posé sur des type beats, volés sur le net. “Des trucs inspirés de Soulja Boy. Mais c’était surtout pour m’amuser et le mettre sur Soundcloud, ou pour faire une maquette d’un morceau”, précise-t-il. Maintenant il préfère développer son propre style, et ce même si les efforts ne sont pas toujours payants.

“Parfois j’écoute des rappeurs indés, et y en a cinq qui utilisent la même instru, c’est pas marrant”, regrette-t-il.

Plutôt qu’une uniformisation, Shkyd y voit pour sa part l’occasion pour les MCs de se détacher du lot, par leur talent au micro. “Si tout le monde a les mêmes beats, les artistes doivent se démarquer. Les beats de PNL ne sont pas extraordinaires par exemple, c’est leur interprétation qui est remarquable”, plaide-t-il. Bone Collector défend lui  aussi cette pratique:

“Si on me commande un son pour Wiz Khalifa, je vais écouter ses albums d’avant, demander quel type d’influence il veut… Au final c’est une forme de type beats!”.

De quoi alors s’interroger, de manière plus générale, sur le rôle de la reproduction dans l’art.

“Dans le rap on a théorisé ce concept de type beats, mais dans la folk ou la country on reprend les mêmes mélodies depuis des décennies”, pointe Shkyd avec justesse. Et même avant l’ère d’internet et de Fruity Loops, il suffit par exemple de penser aux ersatz des prods de Dr. Dre qui pullulaient au début des années 2000, quand sa recette grosse basse/synthé/piano était reprise par tout le monde, amateurs ou professionnels. Future, Young Thug ou Zaytoven doivent certainement apprécier le compliment que représentent tous les type beats associés à leurs noms. L’imitation est la plus sincère des flatteries, disait Colton.

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En écoute : le premier extrait corrosif de l’album posthume d’Alan Vega

Alan Vega en interview (capture d'écran Youtube)

Le chanteur du duo Suicide est décédé l’an dernier à l’âge de 78 ans, après avoir composé un dernier LP durant les six dernières années de sa vie. Intitulé IT, ce disque sortira sur le label Fader le 14 juillet prochain, soit un an après la mort d’Alan Vega, à deux jours près.

Selon un communiqué de presse rapporté par Pitchfork, l’artiste a trouvé l’inspiration en “consommant religieusement les informations internationales, et en allant régulièrement se balader seul, tard la nuit, à travers les rues du centre de New-York“.

Un titre disponible à l’écoute

La veuve de l’artiste, Liz Lamere, avec qui il a enregistré les 9 tracks du disque, s’est d’ailleurs exprimée son sujet :

La puissance vitale d’Alan était aussi forte parce qu’il croyait dans sa vision et dans son objectif. Il comprenait qu’on ne peut pas contrôler grand chose de ce qui nous arrive, ou de ce qui se passe dans le monde, mais nous avons le libre arbitre et le pouvoir d’avancer, et de défendre ce en quoi nous croyons.

Le premier morceau du LP, DTM (pour “Dead to Me“, soit “Mort pour Moi“) est disponible à l’écoute ici.

En mai dernier, l’autre cofondateur de Suicide, Martin Rev, a sorti un nouvel album en solo : Demolition 9, son premier disque depuis 2009.

Découvrez le tracklisting complet de IT, l’album posthume d’Alan Vega :

01 DTM
02 Dukes God Bar
03 Vision
04 IT
05 Screamin Jesus
06 Motorcycle Explodes
07 Prayer
08 Prophecy
09 Stars

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Dutilleux & Fauré

Quelle belle initiative que ce rapprochement pianistique entre Henri Dutilleux (1916-2013) et Gabriel Fauré ! Les deux hommes ne purent se rencontrer (Dutilleux n'avait que 8 ans à la mort de Fauré), mais leurs oeuvres cousinent naturellement dans ce superbe album. L'idée de cette association est venue à la pianiste Aline Piboule devant La Nuit étoilée, de Van Gogh. « J'ai la sensation que [Dutilleux et Fauré] ont entretenu tout au long de leur vie un rapport particulier à la lumière », explique-t-elle dans le livret, ajoutant qu'ils « se singularisent fortement par leur esthétique entre ombre et clarté, son et silence ». De fait, la parfaite fluidité des transitions surprend et ravit : enchâssée entre la Ballade en fa dièse majeur et le Thème et variations en ut dièse mineur de Fauré, la Sonate de Dutilleux semble appartenir au même univers musical, l'architecture du Thème et variations trouvant un écho troublant dans le solennel choral de la Sonate et ses turbulents développements. Mais si l'on admire autant la pertinence et l'originalité de ce premier disque en soliste, c'est surtout grâce à l'interprétation. Si elle s'adapte aux particularités de chaque compositeur (son Fauré est gourmand, son Dutilleux tonique), Aline Piboule leur offre à tous deux un jeu puissant et gracieux, aux effusions bien maîtrisées. — S.Bo.

| Dutilleux & Fauré, 1 CD Artalinna 4F.

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Piano Works

Pas sûr que Gabriel Fauré (1845-1924) occupe la place qu'il mérite dans le panthéon musical français. Ce musicien discret, tardivement reconnu par les institutions, n'emprunta pas la voie royale du concert ou de l'opéra, mais celle, plus laborieuse, de l'enseignement, de la musique religieuse et du répertoire joué dans les salons privés. Il se soucia peu de plaire, cultivant son originalité, celle d'« avoir su ouvrir la musique à l'inouï, d'avoir étendu le langage harmonique pour permettre à sa musique de traduire des ethos dont la variété et la subtilité dépassent les affects romantiques », comme l'explique le critique musical Jacques Bonnaure dans un livre-portrait sensible et très juste, qui vient de sortir chez Actes Sud (1). Une ligne de conduite particulièrement nette dans l'oeuvre pour piano seul, inscrite d'emblée dans le refus absolu du spectaculaire… et d'autant plus dense, imaginative et captivante. Après un bel opus consacré à Claude Debussy, le pianiste français Michel Dalberto poursuit avec ce disque fauréen une passionnante exploration de la musique française (prochaines étapes : César Franck et Maurice Ravel). Composées sur quatre décennies, les pièces retenues, enregistrées en public sur un piano Bechstein, ne sont pas les plus séduisantes ni les plus accessibles. Mais Michel Dalberto a pris soin de ses auditeurs, leur ménageant un chemin chronologique qui permet, avec l'ample et délicate Ballade en fa dièse majeur (1880), l'aérien Impromptu nº 3 en la bémol majeur (1883), le noble Thème en ut dièse mineur diffracté en 1895 en remuantes Variations, et cinq Nocturnes évolutifs — du tubesque Sixième (1894) à l'ultime Treizième (1921) —, de faire passer en douceur toutes les audaces harmoniques du compositeur. Michel Dalberto a dû lui-même apprivoiser cette musique, détestée à l'adolescence, et dont il a cherché les clés, passant par la musique de chambre et l'accompagnement du répertoire vocal avant de revenir au piano solo. Il en tire une compréhension intime de l'oeuvre, jouée avec une ri-gueur qui laisse sourdre l'émotion sans la surligner (le Sixième Nocturne déconcertera des oreilles habituées à des interprétations plus souples et ondoyantes, mais le lyrisme est bien là, et quelle élégance !), un dosage adéquat de la pédale forte, et une façon de faire dialoguer les deux mains qui donne l'impression qu'elles s'écoutent réellement l'une l'autre. — Sophie Bourdais

(1) Jacques Bonnaure, Gabriel Fauré , Actes Sud/Classica, 192 p., 18 €.

Michel Dalberto sera en récital le 19 juin salle Gaveau, Paris 8e.

| 1 CD Aparté.

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Discographie

On se souvient d'une photo de Tanguy Destable (alias Tepr) et de Lionel Pierres, prenant la pose, les pieds dans le goémon, au milieu des rochers arrondis par le vent et la mer… Entre 2000 et 2006, depuis Morlaix, dans le Finistère, les deux compositeurs d'Abstrackt Keal Agram, parfois accompagnés de rappeurs (les Français Arm, James Delleck & La Caution, les Américains Atoms Family), ont exploré des terres musicales jusque-là inconnues en France. « En nous servant d'un matériel très basique, un sampler et une boîte à rythmes, nous avions l'impression de composer du hip-hop, mais, avec le recul, c'était autre chose. De la musique électronique de province ? » s'amuse le facétieux Lionel Pierres. A réécouter ses trois albums — Abstrackt Keal Agram, Cluster Ville et Bad Thriller —, réédités dans un coffret intitulé Discographie et agrémenté d'un nouveau morceau, le duo n'a rien perdu de sa puissance et de son étrangeté. Les Bretons, influencés sur leur premier essai par l'Américain DJ Shadow, précurseur du sampling et de la vague abstract hip-hop, ne tardent pas à ouvrir leur horizon. Sur leurs deux disques suivants, au fil de longues plages instrumentales, aux atmosphères changeantes comme le ciel d'Armorique, ils empruntent aussi bien à l'électro rêveuse du label Warp (Boards of Canada) qu'au post-rock tortueux de Tortoise ou à l'indie hip-hop américain (Doseone, Sole, Pedestrian…). Et trouvent ainsi leur propre place, à part. — Erwan Perron

| Coffret 3 LP vinyles, 1 EP, 1 carte de téléchargement mp3, à commander sur http ://abstracktkealagram.bigcartel.com

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Think Bach, Op. 2

Dans la génération des pianistes français jeunes quadragénaires, deux jazzmen s'affirment comme des musiciens d'importance : Baptiste Trotignon et Edouard Ferlet. Ils entretiennent avec la musique classique des rapports intenses, autant comme compositeurs que comme instrumentistes. La qualité de son toucher, sa profondeur et sa brillance donnent au son que Ferlet tire du piano, qu'il joue doucement ou fort, une fermeté, une sensualité sans pareilles. Comme beaucoup de jazzmen, il a avec Bach une affinité qui n'a rien d'anecdotique, comme cela a pu être le cas pour Jacques Loussier et ses Play Bach jazzifiants. Un premier volume de Think Bach en solo avait témoigné de l'authenticité du rapport de Ferlet au baroque, le pianiste repensant Bach à partir de sa propre expérience de la musique improvisée. La façon dont il adapte, recompose, transforme dans un esprit de fidélité quelques partitions de Bach est beaucoup plus que convaincante, parce qu'elle émeut, euphorise, entraîne, comme doit le faire la musique quand elle est ressentie au plus profond. C'est le piano qui est magnifié par le son, son ampleur, sa générosité, Ferlet recourant parfois aux frottés ou aux percussions sur les cordes. Jamais rien de gratuit dans tout cela : seule la musique compte. Le swing, cette façon particulière de se placer non pas au fond du temps mais simultanément en avant et en arrière, prend ici un naturel qui donne le sentiment de danser. Le livret offre des notes réfléchies du musicien, qui aident à comprendre sa démarche. Les pianistes trouveront dans une édition parallèle les partitions complètes de ce Think Bach enthousiasmant. Il est passionnant aussi de découvrir Edouard Ferlet en duo avec un jeune pianiste classique, Paul Beynet, dans Pentagramme (1001 Notes). — Michel Contat

| 1 CD Mélisse/Outhere.

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Broken flowers

Premier signe distinctif, la voix. Grave, ténébreuse. Le genre de timbre à provoquer immédiatement des associations : Lee Hazlewood, Leonard Cohen. Mais ces facilités de critique sont aussi des influences revendiquées par Nev Cottee lui-même. Il est né et vit à Manchester. Il a joué dans un groupe de country-rock, Proud Mary, et garde une fierté d'avoir fait avec eux la première partie de Neil Young. Broken Flowers est son troisième album. Le plus dense, le plus noir, le plus beau. On y entre comme dans l'Histoire de Melody Nelson ; il y a même un prélude. Tous les morceaux s'enchaînent comme les séquences d'un film invisible ou très flou. Tous filent sur la même corde d'une rupture amoureuse. Tous prennent infiniment leur temps, durant jusqu'à neuf minutes (Tired of love). Il y a de vrais violons à l'ancienne et des synthétiseurs modernes. Ici un trait de pedal steel, là des solos de guitare électrique rugissants, comme on a pu en entendre chez Richard Hawley, le voisin de Sheffield. Hawley est un autre modèle de Nev Cottee, comme Tom Waits et — père de tous les néo-crooners — Scott Walker. Avec celui-ci notre homme partage le souci de donner à sa voix un habitat sonore dont la richesse pourrait presque lui permettre de s'absenter. Entre cette matière, travaillée en millefeuille par le producteur Mason Neely, et le chant intimiste et désabusé se crée une tension qui fait de Broken Flowers — à écouter si possible d'une traite — une expérience fascinante. — François Gorin

| 1 CD Wonderfulsound.

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Ongod

Il s'est d'abord fait connaître sous le nom de Youri Blow et revient aujourd'hui à son premier patronyme. Youri Defrance est de Champagne (sa région d'origine), de Bretagne (celle d'adoption) et d'ailleurs. Il est aussi un globe-trotteur qui a sillonné les steppes mongoles, les réserves indiennes américaines, les terres aborigènes et les cités incas, doublé d'un musicien mystique rêvant au Delta blues et croyant aux esprits du vent, des arbres et des rivières. Il les con­voque d'une voix gutturale, très grasse, flirte avec le chant diphonique (ce n'est pas donné à tout le monde), tout en ferraillant avec les cordes dépouillées des guitares, des guimbardes ou d'une vièle mongole : à lui seul, il fusionne les éléments terrestres et spirituels des différentes tribus rencontrées au cours de sa vie. Chez ce bluesman chamane, parti s'initier dans la taïga, les sonorités viennent de loin, mais le voyage est intérieur : entre vibrations vocales viscérales, dissonances électrifiées et souffles organiques, Ongod, album de blues animiste et lumineux, invite à l'introspection, au zen. Avec des mélodies émouvantes, et ce supplément de soul qui fait musique. — Anne Berthod

| 1 CD Wild House Blues.

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Ti amo

On a longtemps pris pour une énigme le succès international de Phoenix, quatuor français du triangle de Rocquencourt. Au fond, il est évident. Ses chansons lisses, pop FM mâtinée de disco italien, soufflent une brise rafraîchissante, joyeusement incolore. L'éternelle vertu d'une musique populaire, consensuelle, sans souci du sens, et dont le seul but serait de faire danser en oubliant ses soucis. Taylor Swift, Christopher Cross ou Phoenix, même combat ? Pourquoi pas. Sauf que l'intention de Thomas Mars et de ses compagnons est tout autre. Leur cinquième album, avec ses titres (Ti amo, Tuttifrutti, Fior di latte, Fleur de lys…) qui se lisent comme la carte d'un glacier, serait un manifeste né de la détresse post-attentats, angoisse exorcisée par la magie de mélodies et de rythmes souriants. Encore faudrait-il réussir à traduire ce sentiment, à l'instar des modèles avoués (ou non) de Phoenix. De Steely Dan aux Pet Shop Boys, de Fleetwood Mac jusqu'à même Abba, c'est leur capacité à marier désillusion, spleen ou doute existentiel aux plus imparables des chansons qui les distingue. Chez Phoenix, rien de tel. La voix de Thomas Mars (entre un Russell Mael sans éclat et un Neil Tennant au premier degré) demeure désespérément impersonnelle, n'offrant aucun décalage avec le solide accompagnement électro-pop 80's de ses camarades. Citer à la fois les Buzzcocks et Lucio Battisti (dans Ti amo) est à double tranchant. Car ces belles références ne font que mettre en évidence le gouffre qui sépare Phoenix de son ambition. On retiendra, en tapotant des orteils, que le groupe a bon goût. C'est déjà ça. — Hugo Cassavetti

| 1 CD Warner.

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Elles & Barbara

Et un disque-hommage de plus ! Enfin, non : deux. Après Goldman, Renaud, Brassens et d'autres, c'est au tour de Barbara et d'Alain Souchon d'avoir droit à un album de reprises. Curieusement, celui consacré à Barbara, le plus périlleux, s'avère de loin le plus réussi. Pourquoi le plus périlleux ? Parce que le répertoire est moins populaire que celui de Souchon, que les chansons portent le poids d'une histoire très personnelle et la marque d'un chant parfois sophistiqué, à jamais singulier. Pourquoi le plus réussi ? Parce que la plupart des treize interprètes - que des femmes - s'éloignent de l'oeuvre originale pour la refaçonner. Parce que, aussi, on n'y retrouve pas seulement les vieux routiers des hommages, mais des invitées surprises, dont Angélique Kidjo, formidable de fougue et de rage sur Le Soleil noir ; la soprano Julie Fuchs, d'une parfaite finesse sur Göttingen (tout le contraire de ce que Natalie Dessay avait fait, ailleurs, sur Perlimpinpin) ; ou Virginie Ledoyen, diseuse-chanteuse très émouvante sur Cet enfant-là - magnifique chanson trop méconnue. Parce que, enfin, et peut-être surtout, la réalisatrice Edith Fambuena a si bien revisité l'habillage musical (combien d'intros sont méconnaissables ?) qu'elle met en lumière la modernité des chansons et l'audace de leur construction. Certes, on passera sur les simagrées de Nolwenn Leroy, mais on reviendra sur la brume énigmatique de Melody Gardot (C'est trop tard) ou l'énergie de Zazie, faisant de La Solitude une incantation électrique et tendue.

Cette liberté, cette hardiesse, on ne les retrouve pas dans le tribute à Souchon. Izïa a beau chanter (très) bien, Katerine, lâcher son ironie, Vanessa Paradis, se montrer toujours précise, les arrangements sont si convenus, si proches des originaux, qu'ils n'ont pas le moindre éclat. — Valérie Lehoux

| Elles & Barbara, 1 CD Mercury.

| Souchon dans l'air, 1 CD Polydor.

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