Actu musique

13 juin 2017

“Le Timbre d’argent” de Camille Saint-Saëns renaît à l’Opéra-Comique

Premier-né mal-aimé des treize opéras de Camille Saint-Saëns, “Le Timbre d'argent” était porté disparu depuis… 1914. L'Opéra-Comique le ressuscite jusqu'au 19 juin, dans une version qui fait la part belle au chef François-Xavier Roth et à son orchestre les Siècles.

Télérama.fr - Musiques

Nos meilleurs albums de ce début d’année 2017

Kendrick Lamar en feu dans le clip de "Humble" - Capture @YouTube

ABIGAIL AINOUZ

Michael Nau – Some Twist
Father John Misty – Pure Comedy
Feist – Pleasure
Oren Lavie – Bedroom Crimes
Aliocha – Eleven Songs

JD BEAUVALLET

Kendrick Lamar – DAMN.
Mac DeMarco – This Old Dog
Aldous Harding – Party
Arca – Arcachon
Dirty Projectors – Dirty Projectors

ANA BENABDELKARIM

The XX – I See You
Sampha – Process
Tops – Sugar At The Gate
Damso – Ipséité
Ty Segall – Ty Segall

CAROLE BOINET

Kendrick Lamar – DAMN.
Homeshake – Fresh Air
Young M.A – Her Story
Ty Segall – Ty Segall
Fishbach – A ta merci

CHRISTOPHE CONTE

Temples – Volcano
Diagrams – Dorothy
Entrance – Book of changes
Slowdive – Slowdive
Juliette Armanet – Petite amie

MAXIME DE ABREU

Kendrick Lamar – DAMN.
ÌFÉ – III+IIII
Sinkane – Life & Livin’ It
Fishbach – A ta merci
Ménage à Trois – Australia part III

STEPHANE DESCHAMPS

Endless Boogie – Vibe Killer
Kadhja Bonet – The Visitor
Eloïse Decazes & Eric Chenaux – La Bride
William Z. Villain – William Z. Villain
Babx – Ascensions

DAVID DOUCET

Damso – Ipseité
Fishbach – A ta merci
Kendrick Lamar – DAMN.
Demi portion – 2 chez moi
Electric Guest – Plural

FRANCIS DORDOR

Juana Molina – Halo
Cameron Avery – Ripe Dreams, Pipe Dreams
Bob Dylan – Triplicate
Ennanga Vision – Ennanga Vision
Kendrick Lamar – DAMN.

AZZEDINE FALL

Kendrick Lamar – DAMN..
Mac DeMarco – This Old Dog
Damso – Ipséité
Phoenix – Ti Amo
Homeshake – Fresh Air

JULIETTE GEENENS

Vagabon – Infinite Worlds
Sampha – Process
Kendrick Lamar – DAMN.
Fishbach – A ta merci
Jay Som – Everybody Works

ANNE-CLAIRE NOROT

Entrance – Book of Changes
Father John Misty – Pure Comedy
Laura Marling – Semper Femina
Temples – Volcano
Slowdive – Slowdive


MAXIME RETAILLEAU


Kendrick Lamar
– DAMN.
Arca – Arca
Sampha – Process
Maud Geffray – Polaar
Migos – Culture

GERALDINE SARRATIA

Perfume Genius – No shape
Juliette Armanet – Petite amie
Fishbach – A ta merci
Mac DeMarco –This old dog
Poni Hoax – Tropical Suite



PIERRE SIANKOWSKI

Kendrick Lamar – DAMN.
Damso – Ipséité
Fishbach – A ta merci
Poni Hoax – Tropical Suite
Phoenix – Ti Amo

>> A lire aussi –  Notre playlist 2016 : écoutez les 100 chansons de l’année dernière

Les Inrocks - musique

Emel Mathlouthi jouera finalement à Carthage

Le concert annulé d'Emel Mathlouthi a été rétabli par les organisateurs du festival tunisien. La chanteuse emblématique de la révolution de Jasmin pourra bien se produire dans son pays le 12 août prochain.

Télérama.fr - Musiques

En écoute : “Machine”, le retour surprenant de The Horrors

Très discrets depuis la sortie, en 2014, de leur quatrième album Luminous, les quatre anglais de The Horrors sont aujourd’hui de retour avec Machine, un titre aussi surprenant par ses sonorités que par sa pochette, sur laquelle apparait une sorte de visage qui aurait passé un peu trop de temps à Tchernobyl. Ecoute.

S’ils avaient déjà amorcé un virage assez prononcé dans leur dernier album (dont le résultat avait pu laisser sceptique), ce retour est dans la continuité des morceaux précédents : moins épuré, plus sombre et bardé d’effets, l’époque presque innocente de Still Life semble belle et bien révolue. Malgré tout, la voix inimitable de Faris Badwan continue de mener le groupe anglais avec force et élégance, et nous fait donc attendre la suite avec impatience.

The Horrors seront en concert gratuit le 8 juillet prochain au Festival Fnac Live à Paris.

Les Inrocks - musique

Comment le festival We Love Green est-il devenu aussi cool ?

capture d'écran facebook.com/welovegreenfestival/

We Love Green, festival écolo, se tenait les 10 et 11 juin au bois de Vincennes pour une sixième édition ambitieuse. Son identité continue ainsi de s’affirmer dans un marché surchargé. Rock en Seine, Solidays, Weather, Villette Sonique, Fnac Live et désormais Lollapalooza : les grands événements outdoor en été, ce n’est pas ce qui manque à Paris. Comment alors se démarquer et rassembler autour d’une programmation musicale ?

La présence de Camille, Damso, Nicolas Jaar, Solange, Abra, Alex Cameron, Seu Jorge, Action Bronson, Flying Lotus ou encore Justice (suite à l’annulation de A Tribe Called Quest) n’était pas l’unique réponse cette année.

“Accompagner une génération qui a grandi”

Sur la terrasse des bureaux de We Love Art, l’agence derrière We Love Green (et Peacock Society, en juillet au Parc floral), la directrice Marie Sabot revient aux origines d’un festival ayant pensé son introduction dans le secteur. “On voulait sortir du côté rave party et mélanger les publics, dit-elle, en essayant d’accompagner une génération qui a grandi, a des enfants et n’écoute plus seulement de l’electro.”

Amene ton petit cul je te filerai de la pissaldière en échange d’argent propre @lesnicois

Une publication partagée par Mathilde sam (@mathildesamama) le 10 Juin 2017 à 1h45 PDT

Car derrière les couronnes de fleurs et les bibimbaps bio se cache une équipe issue de la culture de la teuf. Marie Sabot se souvient de “la scène”, celle des rave parties des 90’s et de l’invention d’une “idée très forte d’utopie : quelque chose de merveilleux pendant une nuit et volatilisé le lendemain, sans laisser de traces”. We Love Art s’est inventé comme ça, en 2003, dans le sillon de cette culture liée de près à la musique électronique, mais dont la légitimation et la reconnaissance, à l’époque, restent encore à inventer. En dix ans, We Love Art organisera une cinquantaine de teufs hors-clubs, à la recherche de dancefloors qui s’ignorent, comme l’Aquaboulevard en 2007.

Innovation et storytelling 

C’est à cette époque qu’émerge l’idée d’une prochaine étape : un festival en extérieur. Inspiré par des évènements anglais comme Secret Garden, Wilderness ou End Of The Road, l’équipe de We Love Art envisage de sortir du tout-musique et de proposer de l’innovation autour d’une programmation plus ouverte, pas seulement tournée vers la musique électronique.

“On avait besoin de story telling pour éviter la simple course d’un concert à l’autre” , se souvient Marie Sabot. L’idée d’un festival éco-responsable est ainsi formalisée, mais il faudra cinq années à We Love Art et Because Music, qui s’est associé au projet, pour convaincre la Mairie de Paris et trouver un lieu. Bien que Marie Sabot envisage dès le départ le bois de Vincennes, où est aujourd’hui installé We Love Green, la municipalité finira par proposer le parc de Bagatelle, dans le 16è arrondissement. L’idée est de créer de la mixité sociale et redynamiser un “joyaux méconnu”. We Love Green se lance et passera quatre ans là-bas.

Depuis, le festival est passé de 10 000 à 50 000 festivaliers sur deux jours, et de deux scènes à quatre (dont une en partenariat avec Les Inrocks cette année, sur laquelle on retrouvait Jorrdee et You Man). Et si pour Marie Sabot, “l’économie d’un festival est quelque chose de très compliqué, surtout en ce moment” , We Love Green continue de s’imposer avec son positionnement écolo, pari ayant porté ses fruits jusqu’ici.

Les Inrocks - musique

Real Estate, vrais esthètes du folk-rock

A son quatrième album, “In Mind”, le groupe du New Jersey affirme encore son style hors des modes : chansons rêveuses à guitares dominantes. Rencontre avec Martin Courtney, chanteur, songwriter et porte-voix de Real Estate à l’occasion de leur concert parisien du 14 juin.

Télérama.fr - Musiques

Queens of The Stone Age a terminé son nouvel album : toutes les infos

Josh Homme en live (© Anne Helmond / CC / Flickr)

QotSA a terminé son nouveau LP, la suite de Like Clockwork, sorti en 2013. Et si aucune date de sortie officielle n’a encore été révélée, le groupe vient de teaser ses fans en modifiant la page d’accueil de son site internet officiel, qui présente une vieille télé vintage depuis hier. Elle diffuse huit chaînes très mal captées, que vous pouvez voir ici.

De quoi nourrir les spéculations. La téloche représente t-elle l’album, qui possèderait huit titres ? Et les stickers collés dessus, “Mumbo Jumbo”,“Reclaim Everything”, “1976 Evil” et “Tutti Frutti”, correspondent t-ils aux noms de certains morceaux ?

Un single bientôt révélé

Selon Pitchfork, Josh Homme, le leader du groupe, a comparé le nouveau disque a “une panthère dans les arbres qui surgit de l’obscurité” : une description pour le moins sibylline, qui épaissit encore un peu plus le mystère qui l’entoure. Le frontman aurait aussi précisé que le LP “a un rythme rapide“.

Sa track phare devrait être révélée la semaine prochaine selon les tweets de Chris Payne, DJ pour la radio 104.1 KRZQ au Nevada, qui prétend avoir pu l’écouter :

Currently listening to new @qotsa… oh man, you’re in for a surprise.

— Chris Payne (@deftonesfreek) 3 juin 2017

My contact said radio gets the single in 2 weeks. ????????

— Chris Payne (@deftonesfreek) 4 juin 2017

L’album disponible le 25 août prochain ? 

L’enregistrement du prochain album de Queens of the Stone Age était terminé en mars dernier, d’après une déclaration de Josh Homme rapportée par le site du NME. Puis une photo du groupe a été postée sur Instagram, alors qu’il venait tout juste de boucler le mixage :

An album just got mixed… #joshhomme #queensofthestoneage #qotsa #troyvanleeuwen @mister_theodore #lurssenmastering #jontheodore #michaelshuman @troyvanleeuwen @queensofthestoneage

A post shared by Arthur-Left Front Door Records (@arthur_lfdr) on Apr 23, 2017 at 11:23am PDT

Le même mois, QotSA avait publié une image sur son compte Twitter, qui pourrait correspondre à l’artwork du LP :

pic.twitter.com/jLuTdKnmjq

— QOTSA (@qotsa) 6 avril 2017

Dessus, on peut lire “Coming TwentyFive“, ce qui pourrait signifier que le LP sortira le 25 août prochain, puisque les disques sortent toujours le vendredi, et qu’un vendredi 25 arrive dans deux mois.

L’Homme s’allie à l’Iguane

Josh Homme a enchaîné les projets depuis Like Clockwork, en parallèle de la composition du nouvel album de Queens of the Stone Age. Il a collaboré avec les Eagles of Death Metal sur leur disque Zipper Down en 2015, puis a produit le LP Post Pop Depression d’Iggy Pop l’année suivante… Avant de composer la BO du film In the Fade, réalisé par Fatih Akın et présenté à Cannes cette année.

Le guitariste de QotSA, Troy Van Leeuwen, a lui aussi mené des side-projects : il a sorti un EP puis le disque Echolocation (2017) avec le supergroupe Gone is Gone, qui comprend notamment Troy Sanders (le chanteur et bassiste de Mastodon) et Tony Hajjar (le batteur de At the Drive-In).

Les Inrocks - musique

En Tanzanie, le reportage musical sur l’île aux albinos

photo Marinela Delli

Mais qu’est-ce qui anime le producteur américain Ian Brennan ? Il y a deux ans, il sortait un album de musique enregistrée dans une prison de haute sécurité au Malawi. Quatre ans plutôt, il avait enregistré les chansons de vendeurs de brochettes de souris grillées au bord des routes, toujours au Malawi. Depuis, il a produit une bouleversante compilation de chants interprétés par des vétérans de la guerre du Vietnam – mais Vietnamiens, pour une fois. Après avoir adoré l’indie-rock et fait son travail de producteur dans le monde de la pop au sens large (il a travaillé avec Richard Thompson, Tinariwen, TV On The Radio), cet homme a versé dans une forme radicale, extrême et engagée de production ethno-musicologique : il débusque la musique là où personne d’autre ne va ; là où, à la limite, il n’y a même pas de musique. Il poursuit, dans le monde entier et avec les moyens d’aujourd’hui, l’œuvre de maître Alan Lomax, dont la mission était de « donner une voix aux sans-voix ».

Le martyre des albinos

Son dernier projet, Tanzania Albinism Collective, est un autre voyage aux confins des sociétés humaines. Avec sa femme, la photographe italo-rwandaise Marilena Delli, il s’est rendu sur l’île tanzanienne d’Ukerewe, posée sur l’immense lac Victoria. Là vivent environ 150 000 personnes, dont un nombre important d’albinos. C’est une île refuge, pour une population victime de racisme (au mieux) et de persécutions sur le continent africain. Dans cette partie de l’Afrique, naître albinos est une malédiction. Pas seulement à cause des problèmes de santé liés à cette maladie génétique (troubles de la vue, risques de cancers de la peau), mais pour des raisons culturelles. Les enfants peuvent être abandonnés par leurs parents. Enfants et adultes peuvent être violés, enlevés, tués et mutilés. Les albinos sont surnommés « argent », parce qu’on attribue à leurs organes des vertus magiques. Les morts sont volés, démembrés et vendus. Sur le marché de l’horreur, où cette histoire atteint des sommets, le corps d’un albinos peut valoir plus de 65 000 €.

La peur des instruments

Des musiciens albinos, on en connaît quelques-uns, de la star malienne Salif Keita au rappeur d’ici, le cagoulé Kalash Criminel. Ceux rencontrés par Ian Brennan sont albinos avant d’être musiciens. « A une exception près, personne sur le disque n’avait jamais écrit de chanson ou joué d’instruments. A vrai dire, on a appris qu’ils n’avaient même pas eu le droit de chanter à l’église, un endroit où historiquement tout le monde pouvait s’exprimer, même au temps de l’esclavage ». En collaboration avec l’association humanitaire anglaise StandingVoice, présente sur l’île, Ian Brennan a recruté 18 candidats volontaires à l’écriture et l’interprétation de chansons, en échange d’une petite rémunération et d’un repas quotidien pendant les onze jours qu’a duré l’enregistrement. Des instruments ont été envoyés avant l’arrivée de Brennan et sa femme, pour que les participants puissent se familiariser avec eux, mais personne n’y a touché. « Ils étaient trop intimidés. La première chose qu’on a fait en arrivant, c’est donc de déballer les instruments et que tout le monde puisse les toucher et les malmener un peu, pour les désacraliser. Les instruments ne sont que des outils, qui ne devraient pas être plus intimidants qu’un tournevis. Cette révérence n’est qu’une autre forme de matérialisme, typique de l’Occident où on peut acheter des guitares qui coûtent plus cher qu’une voiture ». Ian Brennan dit aussi « la perfection est l’ennemi du progrès ».  Il est comme ça, Ian Brennan, à toujours tout remettre en question, à prôner l’inversion des valeurs. Par exemple, sur le disque, toutes les chansons font en moyenne une minute (25 secondes pour la plus courte, 1 minute 40 pour la plus longue). « La plupart des chansons duraient vraiment une minute, elles n’ont pas été éditées. Le premier album des Minutemen durait un quart d’heure pour 18 chansons. Les chansons de Daniel Johnston ou Guided By Voices sont souvent très courtes, et pourtant incroyablement belles. Je crois vraiment à l’idée de composition instantanée, à la captation d’un chanson au moment précis où elle naît. Aucun autre version ne retranscrira la pureté et la magie de ce moment ».

L’expression libérée

Et de fait, c’est cette magie qu’on entend sur l’album White African Power. La magie des enregistrements de terrain, des musiques si peu produites et non commerciales. Ces chansons sont hors-format, mais elles raviront les amateurs de musique des marges, d’enregistrements ethniques comme de low-fi et de folk libre. Ces chansons comme des comptines, c’est d’abord de l’expression spontanée, libérée, une occasion (sans doute la première) pour des individus de s’exprimer sous une forme artistique et de partager leur expérience avec le reste du monde. Sans doute la première, mais pas la dernière : les 29 et 30 juillet, cinq membres du collectif (les plus impliqués sur le disque, deux femmes et trois hommes) se produiront en Angleterre pour le prestigieux festival Womad. Ian Brennan : « Aucun n’avait de passeport, aucun n’a jamais pris l’avion, et certains n’ont même jamais quitté l’île. Personne ne sait donc ce que ça va donner sur scène, mais je peux garantir que ce sera spécial, historique, mémorable et unique ».

Tanzania Albinism Collective White African Power (Six Degrees Records)

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