Actu musique

11 juin 2017

“Tu peux photographier ce que tu veux : ça c’est punk !”

Un peu par hasard, Herbie Yamaguchi a immortalisé derrière son objectif l'explosion punk et new wave au début des années 1980 à Londres. Il expose actuellement quelques-uns de ses clichés à Paris et se souvient de ces années folles.

Télérama.fr - Musiques

10 albums de jazz à écouter dès maintenant

Binker & Moses, l'énergie brute du jeune jazz londonien

Ahmad Jamal, Marseille

Il reste peu de monuments comparables à Ahmad Jamal, pianiste entré dans l’histoire pour avoir redéfini, il y a plus d’un demi-siècle, le jeu en trio. L’influence de sa percussion aérienne, de ses arpèges flamboyants et de son cool imperturbable a traversé les décennies, affectant notamment Miles Davis et le hip-hop des années 90. Qu’il revisite un classique du gospel (Motherless Child), redonne un peu d’air à un standard usé (Autumn Leaves) ou parvienne – et ce n’était pas gagné – à nous rendre supportable Abd al Malik, il démontre dans Marseille que, à bientôt 87 ans, on peut encore compter sur sa vigueur et sa sagesse heureuse. A célébrer les 12 et 13 juin, à l’Opéra de Marseille.

Jamie Saft, Loneliness Road

L’idée de cet album est si insolite qu’elle en devient merveilleuse. Aux dernières nouvelles, Jamie Saft, irréductible expérimentateur que l’on a vu toucher au blues, à la pop ou au métal, œuvrait dans le dub (avec New Zion Trio), à quelques années-lumière d’Iggy Pop en pleine cure de “post pop depression”. Les voici pourtant réunis, le temps de trois titres, dans un contexte résolument jazz, accompagnés par Steve Swallow et Bobby Previte – excusez du peu ! A l’évidence, Iggy a pris du plaisir à crooner sans assurance, en assumant les faiblesses chevrotantes de sa voix. Quant aux plages instrumentales, elles sont d’une beauté sereine, de celle qui peut surgir d’un échange de confidences souriantes, entre vieux amis.

L’Orchestre de la Lune, Dancing Bob

Avec un nom de groupe pareil, on s’attend à de doux toqués, des lunatiques, des libertins rêveurs à la Cyrano. Dès Dancing Bob, sorte de reggae dégingandé roucoulé par un Brad Scott égal à lui-même – donc en roue libre – et agrémenté de solos pimentés à souhait, on ne doute plus du solide sens de la fiesta cultivé par Jon Handelsman (ténor américain implanté depuis bientôt 40 ans à Paris) et sa compagnie de dix musiciens. De sambas givrées en funks classieux, de fanfares rastaquouères en dubs indolents, l’Orchestre de la Lune déploie une large palette stylistique en toute décontraction, alliant spontanéité et savoir-faire. A retrouver le 15 juin au Studio de l’Ermitage.

Binker & Moses, Journey to the Mountain of Forever

Une pochette digne d’un album de Yes ou d’une BD de Vicente Segrelles, un titre échappé d’un Mahavishnu ou d’un Pharoah Sanders, un format double pour en rajouter encore dans la démesure, et puis, derrière tous ces paravents… deux gosses à l’allure voyou, que l’on imaginerait plus experts en petites combines qu’en musique. Quand Moses fouette sa batterie sans relâche, Binker fait rougeoyer son saxophone comme un souffleur son verre. L’alchimie prend, l’assaut crâne de l’instinct et de la juvénilité renvoyant au néant les calculs les plus savants. Dans le second disque, les deux lascars londoniens sont rejoints par quelques invités mais l’intensité, elle, ne retombe pas d’un pouce.

Reis, Demuth & Wiltgen, Places in Between

Quand Joshua Redman ne tarit pas d’éloges sur un groupe, forcément, on tend l’oreille. De Reis, Demuth, Wiltgen, le saxophoniste américain a salué à juste titre l’étonnante habileté à élaborer des histoires : le trio luxembourgeois entreprend chaque morceau comme une narration, un conte de ces émotions rares qui, par éclairs, viennent trouer le quotidien pour ravir l’être intime tapi derrière le personnage social. Narrative, cette musique laisse cependant toute sa place à l’abstraction, la féerie des mélodies développées par le pianiste Michel Reis suffisant largement à susciter l’émerveillement. En concert le 24 juin, au Duc des Lombards.

Bruno Schorp, Into the World

Contrebassiste employé par les solistes les plus talentueux (Eric Séva, Jean-Pierre Como, Fred Soul…), Bruno Schorp est aussi un compositeur privilégiant la méditation et la profondeur, la clarté de la ligne et l’opacité du silence, quand celui-ci exige d’être entendu. Aussi n’est-il pas étonnant de retrouver à ses côtés un saxophoniste aussi précieux que Christophe Panzani, et des invités comme Nelson Veras et Tony Paeleman. Ils participent pleinement à la réussite de cet album, à ses énigmes intimes, ses projections vers des hauteurs de sentiment et ses généreuses respirations. En concert le 16 juin au Sunset, pour fêter la sortie de l’album.

Jef Neve, Spirit Control

On avait quitté Jef Neve en solo, plongé dans un tourbillon d’émotions d’une rare puissance. On le retrouve très accompagné – cordes, trompette, contrebasse, percussions… –, à l’assaut d’un répertoire où alternent langueurs classiques – Crystal Lights et sa belle introduction aux cordes rappelant Villa-Lobos –, cascades d’harmonies dévalant comme d’évidence et grandes embrassées lyriques. Le pianiste belge demeure d’un bout à l’autre d’un goût irréprochable, impeccablement romantique au sens noble du terme, et tout autant jazzman. C’est assez rare pour qu’on salue une nouvelle fois son geste artistique.

Xavier Roumagnac Eklectik Band, Sirènes

L’adhésion à ce disque du batteur Xavier Roumagnac pourrait ne pas être immédiate : thèmes parfois faciles, solos tapageurs et rythmes binaires effaroucheront sans doute les oreilles réfractaires au jazz-rock. Les autres apprécieront les finesses de l’orchestration et le soin porté à l’élaboration d’atmosphères contrastées chargées en sensualités outrancières et tensions électriques, effets rétro et décontraction optimiste. Un plaisir coupable ? A vérifier le 15 juin, sur la scène du Baiser Salé.

Henri Texier, Concert anniversaire Label Bleu

Il fallait bien un All Stars pour célébrer les 30 ans de Label Bleu, maison amiénoise qui a beaucoup fait pour le jazz hexagonal en permettant à des artistes majeurs (Sclavis, Galliano, Ducret, Humair…) d’enregistrer des disques libres et audacieux. Le rôle de maître de cérémonie est naturellement allé à Henri Texier, fidèle au label depuis 1989, qui s’est entouré pour l’occasion de Michel Portal, Thomas de Pourquery, Bojan Z., Edward Perraud et Manu Codjia. L’émulation est palpable, annihilant les différences d’âge et de tempérament dans une énergie festive, comme un feu d’artifice chatoyant.

Joshua Abrams & Natural Information Society, Simultonality

Fondée sur la répétition de motifs paraissant identiques (en réalité soumis à d’infimes décalages qui produisent d’étranges claudications), la musique de Simultonality ressemble à une toupie aux rotations imprévisibles. Le temps peut s’y appréhender soit en vitesse folle soit en arrêt, les deux impressions étant également trompeuses et recevables. Par ses perpétuels bégaiements et ses changements d’axe soudains, le guembri de Joshua Abrams constitue la clé de voûte de l’expérience, pièce maîtresse d’une hypnose jubilatoire aux subtilités bourdonnantes et aux enthousiasmes inédits.

Les Inrocks - Musique

On y était : Alt-J à Rouen, une première date laborieuse

(Crédit photo : Juliette Geenens.)

Nouvel album, nouvelle tournée. Alt-J n’est pas monté sur scène depuis 2015 et la sortie du dernier album, Relaxer, le 2 juin dernier, les pousse dans les salles de concerts du monde entier. Puisqu’il faut commencer quelque part, le groupe originaire de Leeds a choisi de traverser la Manche pour jouer à Rouen, au 106, situé en bord de Seine.

Malgré les années d’activité et moult tournées, la pression se ressent chez les trois anglais. Avec ce troisième disque, le trio s’est risqué dans un univers musical qui leur ressemble, certes, mais s’avère moins accessible. Le public, lui, s’est montré prêt et ouvert à toutes ces expérimentations neuves, dès l’ouverture du concert lorsqu’une six-cordes a entonné 3WW, le single qui marquait le retour du groupe, en mars 2017.

I just want to love you in my own language – @alt_J au @le106 pic.twitter.com/Cxsg4HHXJe

— SixtineLys (@SixtineLys) June 11, 2017

Un set fastidieux sauvé par l’amour du public

A l’image de cet album, riche en expériences quelque fois éparpillées, Alt-J se perd parfois sur scène. Si les harmonies sont sublimes, la batterie se révèle hésitante et il arrive que les voix s’évanouissent plus qu’elles ne s’élèvent. D’un côté, Alt-J s’est imposé avec un set dense, long d’une quinzaine de chansons, sans le rappel. Les quelques morceaux inédits (Deadrush, In Cold Blood, et Pleader) reçoivent l’approbation d’un public étourdi par la chaleur pesante dans la salle et les classiques sont fêtés comme une messe (Taro, Dissolve Me, Breezeblocks, ou encore Left Hand Free). Au milieu du concert, les Anglais se voient forcés de reprendre Mathilda, leur plus célèbre ballade, après que le guitariste ait enchaîné sur le mauvais couplet. Une inattention engendrée par le stress, peut-être. Heureusement, les spectateurs n’attendent du groupe que sa présence. Crispé au début, le show est ponctué de rares “merci” murmurés en français. Mais la bienveillance et la fidélité du public finira par détendre le trio à la fin du set. )

This is from Matilda

A post shared by Sixtine Lys (@sixtinelys) on Jun 11, 2017 at 4:05am PDT

Quand Fitzpleasure clôt ce baptême de tournée, les mains se lèvent pour former un triangle, symbole du groupe à ses débuts. Alt-J avait toutes les cartes en mains pour faire de ce concert un instant mémorable : éloigné de la capitale dans une salle intimiste et face à un public d’initiés et d’habitués. On s’en souviendra finalement comme de retrouvailles maladroites mais sincères.

Les Inrocks - Musique

Yo La Tengo, Marquis de Sade, Dr. John… la sélection vinyle de la semaine

Vous prendrez bien un peu de potion magique des années 70 ? A moins que vous ne préfériez de la (très très) cold wave ou une pépite pop dénichée par le Laboratoire de Toulouse ? A vous de voir, on ne force personne…

Télérama.fr - Musiques

U2 au festival de Bonnaroo, Tennessee, Etats-Unis, 9 juin 2017

Ce soir U2 est la tête d'affiche de ce festival annuel de 2 jours, Bonnaroo. Si l'on exclut la tournée Conspiracy of Hope de 1986, qui comprenait typiquement une set abrégée de seulement 9 titres, il s'agit-là du premier festival de U2, aux Etats-Unis, depuis celui de Devore, le 30 mai 1983. Sa dernière performance dans un festival étant bien entendu celle du festival de Glastonbury, en 2011. En dehors de Glastonbury, les sets complètes du groupe pour des festivals avaient eu lieu lors des 6e et dernière parties de la tournée The Unforgettable Fire. Au début des années 1990, la rumeur courait que U2 emmènerait la tournée Elevation, en Australie avec une série des mini-festivals, en 2002, ce qui, en fait, ne s'est jamais concrétisé.

Setlist

1 - Sunday Bloody Sunday
2 - New Year's Day
3 - Pride (In The Name Of Love)
4 - Where The Streets Have No Name
5 - I Still Haven't Found What I'm Looking For
6 - With Or Without You
7 - Bullet The Blue Sky
8 - Running To Stand Still
9 - Red Hill Mining Town
10 - In God's Country
11 - Trip Through Your Wires
12 - One Tree Hill
13 - Exit / Wise Blood (snippet) / Eeny Meeny Miny Moe (snippet)
14 - Mothers Of The Disappeared

Rappel(s) :
15 - Beautiful Day / Under The Bridge (snippet)
16 - Elevation
17 - Vertigo
18 - Ultra Violet (Light My Way)
19 - One

Il s'agit là de la 9e performance de U2 au Tennessee et sa première à Manchester. Les passages dans cet état ont été rares dans ce siècle, avec seulement deux arrêts entre la tournée originale du Joshua Tree, en 1987 et l'actuelle, trente ans plus tard ; ces dates comprenaient une performance durant la tournée PopMart a Memphis (pour laquelle figurait un retour de Staring At The Sun) et une date 360°, à Nashville (connue pour avoir été la seule performance de The Wanderer face à une audience live, et une version particulièrement émouvante de All I Want Is You pour conclure la soirée). Nous ne parlons pas souvent de la tournée October ici, mais elle a été la distinction de la plupart des performances dans cet état par U2, avec trois dates programmées.

U2 n'a pas emmené la scène complète de la tournée Joshua Tree pour ce festival ; au lieu de cela il a choisi de modifier l'écran vidéo utilise avec la "What" scène de Bonaroo, et ses éléments tels le Joshua Tree géant sur l'écran la scène en forme d'arbre n'ont pas été apportés. Le groupe a apporté quelques changements mineurs lors du soundcheck hmorceaux répètes comprenaient Exit, des parties de Beautiful Day et Sunday Bloody Sunday, et une chanson qui n'était pas encore apparue sur cette tournée : Vertigo.

Rompant sa routine, U2 n'a pas pris la scène d'assaut le Rainy night in Soho des Pogues. Au lieu de cela, il a choisi d'entrer sous les accords de The Whole of the Moon des The Waterboys, en référence à "Strawberry Moon". New Year's Day fait également référence a cette manifestation, Bono chantant "under a strawberry moon". Seules trois titres ont été jouées avant le Joshua Tree, ce soir, alors que A Sort of Homecoming et Bad ne faisaient pas partie de la set. Where the Streets Have No Name est jouée pour la 850e fois. La performance de ce soir de Red Hill Mining Town, est sa 11e, ce qui signifie qu'elle a désormais été jouée en live aussi que la face B du Joshua Tree, Silver and Gold.

Ce soundcheck est le signe annonciateur de ce qui suivra, alors que Vertigo fait ses débuts sur cette tournée pour les rappels, complétée par les visuels de la tournée Vertigo. Cette chanson est apparue pour la dernière fois en dehors de la set principale le 4 décembre 2006. Miss Sarajevo n'est pas jouée pour la première fois sur cette tournée. Egalement absents les morceaux concluant les concerts The Little Things That Give You Away et I Will Follow. Par conséquent One est le titre qui conclut cette soirée, et un concert pour la première fois depuis le 27 novembre 2015. La set de ce soir comprenait 19 morceaux, la plus courte de cette tournée, pour l'heure mais conforme à sa performance au Glastonbury, en 2011. One Tree Hill est dédicacée à la fille de Chris Cornell, Lily. One est, elle, dédicacée a David Wojnarowicz, auteur de la photo de la pochette de ce single.

Merci à U2Gigs pour les commentaires

U2 France