Actu musique

9 juin 2017

Interview : The Drums est de retour et fait sa pop depression en solo

Salut, ça va ?

Jonny Pierce – Ça va ! Je suis excité à l’idée d’entamer ce nouveau chapitre du groupe. Ça fait trois ans que le dernier album est sorti. C’est trois ans de vie. Beaucoup de choses se sont passées. Je suis content de pouvoir enfin en parler.

Raconte…

Alors… J’ai quitté New York, je suis parti vivre à Los Angeles, et puis je suis revenu à New York. J’ai vécu une rupture amoureuse très difficile. J’étais vraiment très amoureux. Je pensais que j’allais passer ma vie avec ce mec… Quand notre relation a commencé à s’ébranler, on a essayé de trouver un nouveau souffle à L. A., car notre vie était profondément ancrée à New York. On pensait que L. A. serait un nouveau départ, mais les choses n’ont fait qu’empirer. Nous avons fini par rompre. Je me suis alors enfoncé dans une profonde dépression. J’ai cru devenir fou. Et tout ça est arrivé pendant que je commençais à travailler sur le nouvel album.

The Drums a toujours exprimé une certaine tristesse derrière ses apparences insouciantes. Ce n’est pas nouveau.

Et c’est peut-être une bonne chose, au final. Ma musique m’a toujours permis de déverser cette peine et d’écrire des chansons très vraies. J’ai passé un an à Los Angeles pour faire la première moitié de ce nouvel album que j’ai titré Abysmal Thoughts. Et puis j’ai craqué, je suis retourné vivre à New York : le soleil californien était devenu synonyme de tristesse à mes yeux. En rentrant à New York, je me suis trouvé une cabane à la campagne. J’y ai installé mon studio et j’ai terminé l’album comme ça. Mais la deuxième moitié des chansons est devenue une sorte de reflet de mon année à Los Angeles. J’y ai juste ajouté un peu d’espoir pour essayer de formuler une nouvelle vision de moi-même.

Jacob, l’un des guitaristes du groupe, a quitté le navire. Ça aussi, c’était dur ?

Jacob était très important pour moi. Il m’a juste écrit un mail, un jour, pour me dire qu’il avait adoré faire partie de ce groupe, mais que ce n’était plus le cas. Il ne voulait plus faire les tournées et tout ce que ça implique. On est toujours amis. On s’envoie des mails. Mais c’est bizarre de passer à une relation comme ça après avoir partagé son quotidien pendant si longtemps avec quelqu’un. Bref, on peut dire que ces trois années ont été marquées par les gens que j’ai perdus. Je crois que je pourrais faire dix albums avec ce que j’ai vécu durant cette période !

Es-tu d’accord pour dire que cet album marque un retour aux premières sonorités du groupe ?

Les premiers retours que j’ai eus allaient dans ce sens. Et si on fait une comparaison avec le précédent album, je suis assez d’accord. Encyclopedia (le troisième opus du groupe – ndlr) était plus tortueux, plus bizarre. Jacob est obsédé par les synthés analogiques ! Je l’ai laissé faire. Là, j’ai retrouvé une totale liberté. Un peu comme sur le premier album, en fait, que j’avais écrit et enregistré à 90 %. La chanson Let’s Go Surfing, par exemple, c’est entièrement moi. J’avais presque fini par oublier à quel point j’étais à l’œuvre dans ce groupe. Je laissais les autres revendiquer un peu ce qu’ils voulaient. En me retrouvant seul pour de bon, j’ai pu lâcher les chiens. Mais l’idée de base n’a pas changé : je veux toujours faire de belles pop songs qui viennent du cœur. Ça peut paraître cheesy, mais ce n’est pas plus compliqué que ça.

Quelle est la nouveauté, alors ?

Je me suis enfin senti capable de parler de sexe et de drogue. Je suis allé plus profondément dans la noirceur. Et, paradoxalement, il y a un vrai sentiment de fraîcheur dans cet album. Je n’aurais pas pu faire ça avec Jacob… La pochette non plus, il ne m’aurait pas laissé faire !

On y voit le mannequin Keon Smith, ton nouveau mec.

Oui, et il renifle mes vieilles baskets en se touchant !

Tu n’as jamais pensé à sortir un album sous ton nom et à laisser tomber The Drums ?

Si, bien sûr. D’ailleurs, j’ai déjà fait un album solo mais il n’est jamais sorti. C’était en 2012, je crois. Il devait sortir avec Kitsuné. On a même signé un contrat… C’est un disque très électronique et très pop. Mais j’ai paniqué au dernier moment. The Drums était une priorité pour moi à l’époque. Je n’étais pas prêt. Je le sortirai peut-être un jour… dans trente ans !

Propos recueillis par Maxime de Abreu. 

L’album Abysmal Thoughts (Anti-/Pias) est disponible le 16 juin, sur Apple Music.

Concert le 20 septembre à Paris (Gaîté lyrique).

Les Inrocks - musique

Ryan Adams, Slowdive et Ride en concert gratuit au Pointu Festival !

Aux portes-monnaie légers qui rêvent de buller en festival, le Pointu Festival s’installe à Six-Fours-les-Plages, sur la côté d’Azur pendant deux jours rythmés et accueillant des concerts totalement gratuits.

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Et niveau programmation, ça ne rigole pas ! L’événement prévoit la venue d’artistes qui concurrenceraient le We Love Green ou le This Is Not A Love Song. Samedi 8 juillet, le groupe de shoegaze anglais Ride, qui fête son retour cette année, est annoncée en tête d’affiche, aux côtés d‘Hanni El Kathib, et de l’ex-guitariste de War On Drugs, Kurt Vile.

Dimanche 9 juillet, une autre bande de shoegazers britanniques sera présente : Slowdive, qui a sorti son nouvel album en mai dernier. Les Dinosaur Jr. donneront une leçon de cool ce jour-là, Ryan Adams accostera lui aussi sur l’Île du Gaou pour y chanter quelques unes de ses belles chansons, et les amateurs de hard rock s’en iront pogoter sous les guitares de Red Fang.

Seul groupe français à l’affiche : The Spitters, formation toulonnaise qui n’est pas sans rappeler Fidlar et autres groupes garages lo-fi. Rendez-vous le samedi 8 pour faire votre avis.

Crazy by THE SPITTERSPlusieurs DJ sets sont également prévus pour maintenir l’ambiance festive au beau fixe, tout au long du festival.

Le Pointu Festival se déroulera les 8 et 9 juillet à Six-Fours-les-Plages sur la resplendissante île du Gaou. L’entrée gratuite et sans réservation. Plus d’infos sur le site et sur l’événement Facebook.

Les Inrocks - musique

Ahmad Jamal : “Mon album est un cadeau à la ville de Marseille”

A 86 ans, le New-Yorkais, légende du piano jazz, signe une ode à la cité provençale, sa “deuxième maison”. A l'heure où la reconnaissance de son talent est universelle, il appuie l'hommage de son dernier disque par deux concerts à l'opéra de Marseille. Rencontre avec ce grand marcheur, amoureux des villes.

Télérama.fr - Musiques

La nouvelle mixtape de Josman est en écoute et on espère que vous êtes aussi prêts que lui

Josman dans le clip de "Prendre L'Air" (capture d'écran Youtube)

Josman continue à s’affirmer sur la scène rap française. Suivant son instinct et ses envies, l’artiste parisien originaire de Vierzon révèle une palette vocale colorée et toujours plus étendue. Il reflète ainsi le zeitgeist d’une génération Y qui a grandit sur la toile, où les millions de titres accessibles en deux clics invitent au décloisonnement des chapelles musicales. Dans sa nouvelle mixtape 000$, le rappeur se réinvente à chaque morceau : son flow est vif et agressif sur Doigt D’honneur ou encore Megazord, syncopé sur le titre 000$, déformé par le reverb sur High Life. Il flirte même avec le R’n’B sur Au Bout… Puis la tape s’achève avec nonchalance sur Merde (Outro).

Des concerts dans la foulée

Josman a signé les prods de quatre morceaux de la tape. Les hit autres ont été composées par Rolla (un beatmaker de Lyon), Hologram Lo’, Myth Syzer, et surtout Eazy Dew – déjà présent sur la première mixtape du rappeur, Matrix (2016).

Pour fêter la sortie de 000$, l’artiste donnera un concert ce soir à Clermont Ferrand, avant un passage au Paris Hip Hop festival le 8 juillet prochain.

A lire aussi >> Josman, meilleur espoir du rap français ? 

Les Inrocks - musique

Le songwriter Grindi Manberg va vous faire fondre sur “September Sunset Murmur”

Souvenir d'un concert inoubliable à El Imperial (Mexico) - Source : page facebook du groupe

Célébré aux Inouïs du Printemps de Bourges (2013) puis lauréat du FAIR (2015), Grindi Manberg n’a cessé de se renouveler et enchaîné les concerts, dont un passage remarqué à la première édition du festival Magnific Society en mars dernier et une tournée mémorable au Mexique. De ses péripéties, il en garde des souvenirs chéris qu’il compte bien nous dévoiler sur son prochain disque à paraître en septembre prochain. September Sunset Murmur en est justement un extrait, à écouter ci-dessous :

Avec September Sunset Murmur, Grindi Manberg reste fidèle à son habituelle mélancolie et ses mélodies sous morphine. Quant à ses riffs de guitare, ils semblent se jeter à cordes perdues dans l’océan… et notre coeur tout mou pourrait bien y passer, si sa voix suave n’était pas là pour nous sauver des flots. Sublime !

See The Ferries Fade Away : son premier album prévu pour septembre

Trois ans après la sortie du maxi Fantasized Lumberton, son premier album See The Ferries Fade Away sortira le 15 septembre 2017 et y invite le réalisateur avisé Robin Leduc. Le Rémois en a récemment publié la cover sur son compte facebook, ainsi que le tracklisting (cf. ci-dessous). Financé par ses fans via une plateforme de crowdfunding, ce disque est hanté par ses souvenirs d’enfance, ses premiers amours et ses voyages. Deux extraits ont déjà été révélés (en plus de September Sunset Murmur) : Ancestor in Asphalt en version acoustique et Lime Green Childhood.

https://www.youtube.com/watch?v=NIdR8abQ0Vg

Découvrez le tracklisting de l’album à paraître
01. Lime Green Childhood
02. September Sunset Murmur
03. Gestures in a Chasm
04. Giant Moa
05. Manchester in Vain
06. Gena
07. Ancestor in the Asphalt
08. Eternal Beasts
09. Ruby Stevens
10. Sulphur Mine

En concert : le 15 juin à la Java (Paris) et le 24 août au festival Cabaret Vert (Charleville Mézières).

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This Is Not A Love Song, le festival qui déclare sa flamme au rock indé

Primal Scream, The Make Up, Chris Cohen, Death Grips… Pour sa cinquième édition, du 9 au 11 juin, le festival nîmois affirme sa belle singularité, dans un secteur gagné par l'uniformisation.

Télérama.fr - Musiques

Nina Kraviz va sortir un nouvel EP sur son label трип

Nina Kraviz dans son clip "Ghetto Kraviz" (capture d'écran Youtube)

Nina Kraviz a créé le label трип (qui se prononce “trip“) il y a trois ans, mais n’avait encore jamais lâché de projet solo dessus. Un tort qui sera réparé le 7 juillet prochain avec Pochuvstvui, un EP de trois titres. Il comprendra un morceau éponyme, et deux versions de You Are Wrong, dont l’une a déjà été révélée lors de son mix fabric 91. La productrice sibérienne installée à Berlin l’avait aussi légèrement remixé pour le festival Sónar :

La galaxie Kraviz

трип possède déjà un répertoire d’une dizaine d’EPs et autres mixtapes, sur lesquels on retrouve des artistes techno comme Bjarki ou encore PTU. Avant Pochuvstvui, il doit sortir Halogen Continues : un album du producteur islandais Biogen, ou plutôt à une compilation de prods qu’il a déjà sorties, sélectionnées par la diva russe – et prévu pour le 23 juin prochain.

Plus tôt cette année, Nina Kraviz avait aussi lancé un nouveau label ambient, expérimental et psychédélique : GALAXIID.

Découvrez le tracklisting de Pochuvstvui :

01. Pochuvstvui
02. You Are Wrong
03. You Are Wrong (Short Version)

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Ray BLK plus badass et inspirante que jamais dans son nouveau single “Doing Me”

Pochette du single "Doing Me" de Ray BLK, paru le 8 juin.

“I am doing me” chante l’artistes anglaise qui vise les sommets. Ray BLK dévoile un single inédit, baptisé Doing Me, qui s’impose comme un véritable hymne à l’acceptation de soi. Dans ce morceau, extrait de son prochain enregistrement dont on ne sait presque rien, Ray BLK affirme que le jugement des autres ne doit pas interférer dans la construction de sa propre identité. Le plus important est de respecter les valeurs auxquelles on croit. Découvrez le titre ci-dessous :

Cette ode à l’amour de soi, primordiale dans une société où les minorités tentent de plus en plus de se faire entendre, puise également sa force dans sa musicalité. Avec des rythmes enjoués très modernes, et une mélodie qui rappelle des classiques de la soul, Ray BLK revendique un R&B sérieux et accrocheur.

Si nous avons déjà dédié un court article à la chanteuse britannique, lors de la sortie de son clip Patience (Freestyle), il y a fort à parier qu’elle se retrouve de nouveau dans nos colonnes, et plus vite que prévu.

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Dodi El Sherbini, un magicien de l’ombre derrière le nouveau Phoenix

Dodi El Sherbini.

Ton nom revient dans nos playlists depuis une paire d’années. Mais on sait peu de choses de toi…


Dodi El Sherbini – J’ai eu l’idée de faire de la musique à l’âge de 30 ans, un peu sur un coup de tête. Mais entre le moment où j’ai pris cette décision et celui où j’ai réussi à sortir des titres satisfaisants, il a dû s’écouler quelque chose comme huit ans. Je suis quelqu’un de très lent. J’ai sorti quelques morceaux rassemblés sur des ep… Mais c’est avec l’album sur lequel je suis en train de bosser que j’ai l’impression de faire quelque chose de pertinent pour la première fois de ma vie. Ma démarche se rapproche plus de celle d’un écrivain qui aurait mis beaucoup de temps à trouver sa voie et son style.

Prendre le temps de travailler, c’est quelque chose qui correspond bien à la manière de fonctionner de Phoenix…

Entre nous, la connexion s’est faite par Bandcamp. Branco est tombé sur l’ep et m’a envoyé un message d’encouragement. On a fini par se rencontrer. J’étais content mais pas forcément surpris, car on a pas mal de points communs dans notre rapport aux mélodies et dans nos références. Ils ont une manière de travailler assez naturelle. Ils prennent leur temps et ils tiennent à fonctionner comme une démocratie ; il faut donc que tous soient d’accord pour sortir un morceau. J’ai bossé avec eux ponctuellement. Les chansons étaient parfois très abouties, mais le principe de l’arrangement consiste à harmoniser et à enrichir certaines parties. Il s’agit d’habiller l’environnement, on peut même changer les accords, composer des séquences entières… Ils m’ont laissé une grande liberté, alors que c’était la première fois que je faisais ça.

A quoi ressemblait ta vie avant la musique ?

(suite…)

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