Actu musique

6 juin 2017

Calvi on the Rocks balance une nouvelle salve de noms avec Nina Kraviz et plein d’autres

Capture d'écran Youtube d'une précédente édition de Calvi on the Rocks

On était déjà excités à l’idée de retrouver Jacques, le duo électronique The Blaze et Paradis au festival corse, qui se tiendra du 30 juin au 5 juillet sur les plages du nord de l’Ile de beauté. Et ce n’était que le début.

L’équipe de Calvi vient d’en rajouter une couche en dévoilant tout son line-up, toujours très orientée musique électronique, avec aussi quelques incursions pop-rock. A l’affiche : la productrice russe Nina Kraviz, Lil’ Louis et sa house made in Chicago, Detroit Swindle (live), Maud Geffray (qui prendra un peu le soleil après son album Polaar et son voyage en Laponie), Las Aves, Superpoze et Flabaire du label D.KO.

What else ? 

On vous balance la suite ? Okay, prenez une grande inspiration : Agar Agar, Clap! Clap! et NIKI NIKI viendront aussi vous faire danser danser, sans oublier Para One, Romare, Yuksek, la très fashion Sita Abellán, SUPA!, Slow Porn, Voilaaa Sound System, Boston Bun, Leon Vynehall, le crew parisien Pain Suprises, et des B2B avec Agoria et Oxia, ou encore Cassius et Busy P de chez Ed Banger.

Auparavant, Calvi avait également annoncé le Sud-Africain Black Coffee, Kerri Chandler, Jeremy Underground, HVOB & Winston Marshall, la Coréenne Peggy Gou, Andreas Tome, Solstice, Bon Entendeur, Rocky et Marco Dos Santos. On s’y voit déjà, les pieds dans l’eau et un mojito à la main.

Le line-up complet est à retrouver sur le site du festival.

Les Inrocks - musique

Ils sortent “Ti Amo”, l’album de l’été: rencontre avec Phoenix

Sur le toit de la Gaîté Lyrique, Paris, mai 2017. © photo Yann Morrison pour Les Inrockuptibles

Le rendez-vous avec Phoenix a été fixé à la Gaîté Lyrique, cet ancien théâtre du IIIe arrondissement de Paris devenu depuis quelques années une salle de concerts et la nouvelle Mecque des cultures numériques. Presque trois ans qu’on n’avait plus eu de nouvelles des quatre garçons, si ce n’est quelques brèves rencontres, comme en 2016 au Festival des Inrocks, où une partie de la team avait fait le déplacement pour le fabuleux concert des Australiens de Parcels à la Boule noire. On les avait aussi croisés plusieurs fois assez tard, dans les environs du IIIe arrondissement justement, et la discussion s’était à chaque fois conclue par un “ça bosse” à la fois mystérieux et terriblement prometteur.

Il faut dire que la dernière véritable apparition publique de Phoenix datait de février 2014, au Palais des Sports de Paris, pour le concert de clôture de la tournée qui avait suivi Bankrupt!, leur dernier album sorti en 2013. Le nouveau s’appelle Ti amo, c’est tout simplement le disque idéal pour l’été à venir. Quoi de mieux que de demander à Branco et à son frère Christian Mazzalai, rencontrés les premiers à la Gaîté, de nous en raconter la genèse.

L’esprit de campus de la Gaîté Lyrique

Christian se lance : “C’est très simple. Le lendemain du concert au Palais des Sports, on est venus ici, à la Gaîté Lyrique, pour visiter l’endroit. On cherchait un spot pour enregistrer notre musique et tester de nouvelles choses. On voulait se fixer un peu, je pense que c’est une réaction normale quand on finit une tournée. On s’est immédiatement sentis chez nous.”

Branco enchaîne : “Les lieux ont toujours été fondamentaux dans l’histoire de Phoenix. On cherche à découvrir et expérimenter de nouvelles choses à chaque fois, donc pour nous c’est important de changer le cadre et le décor pour recommencer à chaque album une nouvelle aventure. On adorait l’esprit de campus qui régnait à la Gaîté. D’habitude, quand on enregistre un disque, on est enfermés et on ne voit personne pendant trois ans. C’était vivifiant, pour écrire de la musique, de croiser des jeunes pleins d’espoir, qui réfléchissent au futur.”

“On a enregistré quelque chose comme 4,7 jours de musique en tout…”

Munis de clés spéciales et autres pass d’entreprise, les membres de Phoenix ont donc posé leurs valises au milieu des artistes 6.0 et des start-uppers de demain pour concocter le nouvel étage de cette fusée pop, qui écrit depuis près de vingt ans les pages souvent inoubliables de pop française– entre apparition phénoménale au légendaire show américain Saturday Night Live (la première pour un groupe français) et concert au Madison Square Garden de New York avec les copains de Daft Punk (Branco fit en effet partie de Darlin’, premier groupe formé par les deux héros casqués).

Christian (guitare). © photo Yann Morrison pour Les Inrockuptibles

(suite…)

Les Inrocks - musique

Son & lumière : Delphine de Vigan et La Grande Sophie en session privée

10'04 - L’une chante, l’autre lit. En un gracieux pas de deux, la musicienne et l’écrivain entament un bouleversant concert littéraire.

Télérama.fr - Musiques

Jean-Luc Le Ténia : six ans après sa mort, “le meilleur chanteur français du monde” a toujours son fan-club

Chanteur marginal, tendrement caustique, Jean-Luc Le Ténia, disparu en 2011, s'était constitué un solide noyau de fans. Des artistes rendent hommage à son répertoire minimaliste et iconoclaste le temps d'un concert le 7 juin.

Télérama.fr - Musiques

Les 7 disques à écouter d’urgence cette semaine

Pochette de l'ep de Bonobo : "Bambro Koyo Ganda"

Les Inrocks vous ont concocté une sélection très chill pour cette semaine, parmi les sorties du vendredi 2 juin dernier. Au programme : un nouveau chef-d’oeuvre d’Alt-J, Beach Fossils, le franco-montréalais Aliochales girls de Chastity Belt, et une incursion dans la musique néoclassique avec Luca D’Alberto.

Beach Fossils – Saumersault

Le troisième album du groupe new-yorkais, entre dream pop et rock indie, est d’une beauté calme, rayonnante et sereine. Dustin Payseur et sa bande ont pris leur temps pour le créer, environ trois ans, passant jusqu’à plusieurs mois sur un seul morceau : un luxe qui se ressent dans la poésie flegmatique du LP. “C’est un peu le disque que j’ai toujours rêvé de réaliser”, nous confiait d’ailleurs le chanteur, dans une interview à lire ici.

A écouter ici sur Apple Music

Alt-J – Relaxer

Après deux LP indie et expérimentaux qui ont rencontré un franc succès, le trio de Leeds était attendu au tournant pour son troisième album. Et le résultat est à la hauteur de nos espérances : avec Relaxer, le groupe se renouvelle tout en restant fidèle à son identité, et déroule des morceaux plus enchanteurs les uns que les autres, de 3WW à Adeline, en passant par une merveilleuse reprise du grand classique de The Animals, House of the Rising Sun.

A écouter ici sur Apple Music

Chastity Belt – I Used to Spend So Much Time Alone

Le girls band de Seattle livre l’album de sa maturité, après deux disques nerveux et des singles gentiment agités comme Pussy Weed Beer. I Used to Spend So Much Time Alone est plus posé, et gagne pourtant en force : il nous enveloppe avec son énergie tranquille, et avance avec fluidité et grâce, guidé par la voix rêche mais apaisante de la chanteuse Julia Shapiro. On l’écouterait bien en road-trip, sur une route de campagne déserte.

A écouter ici sur Apple Music

Luca D’Alberto – Endless 

Le multi-instrumentiste italien a tout joué lui-même sur son premier album, qu’il a aussi composé et arrangé seul. Rêveur, mélancolique, et porté par une grande puissance évocatrice, il ferait sans doute une merveilleuse B.O. de film : de celles qu’on réécoute ensuite en boucle chez soi, car elles portent tout un univers en elles-mêmes. L’artiste néo-classique est d’ailleurs le premier a avoir été signé sur le label 7K!, nouvelle filiale de !K7, qui avait déjà fait quelques incursions vers le classique contemporain avec Brandt Brauer Frick, bien qu’il soit branché musique électronique.

A écouter ici sur Apple Music

Aliocha – Eleven Songs

Le franco-québécois livre un premier album élégant parcouru par sa belle voix enveloppante et légèrement rocailleuse, sobrement accompagnée par ses riffs de guitare. On y retrouve de belles mélodies nourries par ses inspirations folk américaines, qui subliment des paroles désabusées et pleine de grâce.

A écouter ici sur Apple Music

Bonobo – Bambro Koyo Ganda (EP)

Le producteur anglais enchaîne après son album Migration, sorti en début d’année, et vient de livrer le 5 juin dernier un EP de trois titres qui invite à la danse et au voyage. Sur le morceau Bambro Koyo Ganda, présent en deux version (l’une house, l’autre analogique), on retrouve le chant hypnotique des Marocains installés à New-York Innov Gnawa. Puis survient le trippant Samurai, qui monte petit à petit en puissance.

A écouter ici sur Apple Music

Lil Yachty – Teenage Emotions

Nous n’avions pas sorti de sélection il y a une semaine, car trop peu d’albums avaient retenus notre attention. On profite tout de même de cet article pour rendre justice au rappeur d’Atlanta Lil Yachty, et son premier disque Teenage Emotions. Avec ses cheveux rose, sa voix autotunée, et sa “bubblegum trap” parfois aux confins de la pop, comme sur les morceaux All Around Me ou encore FIY (Know Now), il nous fait rentrer dans sa bulle (de Malabar) sur 21 morceaux qui achèvent de l’imposer comme un artiste iconoclaste et avant-gardiste. A suivre de très près.

A écouter ici sur Apple Music

Les Inrocks - musique

The Space Lady, la musicienne culte et cosmique survole la France

L’Américaine Susan Dietrich Schneider, alias The Space Lady, est un des secrets les mieux gardés de la galaxie. Une musicienne des confins de la catégorie « outsider music », qui pendant une vingtaine d’années a joué du Casio en chantant dans les rues, avec sur la tête le casque ailé d’Astérix équipé d’une ampoule clignotante. Selon la légende, elle aurait commencé la musique sur un accordéon trouvé dans une poubelle, et se serait mise à jouer dans la rue à la fin des années 70 pour gagner de quoi nourrir sa famille. Une vie de hippie, de clocharde plus cosmique que céleste. Puis, après la destruction de son accordéon, elle s’est mise au synthé. Dans les rues de Boston puis de San Francisco, The Space Lady faisait donc la manche, mais comme si elle venait d’arriver d’une autre planète, entre deux voyages intersidéraux.

Tout cela peut prêter à sourire (d’ailleurs ça le fait). Mais, comme souvent dans l’art brut et la musique de rue, il y a dans les interprétations de The Space Lady bien plus que de la blague. The Space Lady joue beaucoup de reprises de chansons qui ont sans doute bercé sa jeunesse psychédélique (elle est née en 1943) : Born to be wild de Steppenwolf, I Had too much to dream last night des Electric Prunes, Major Tom de Peter Schilling, All Shook Up d’Elvis, bien sûr des chansons des Beatles, et même Ballroom Blitz de The Sweet ou Ghost riders on the sky de Johnny Cash… Et aussi des chansons composées avec son mari Joel, comme la magnifique Synthesize me.

Toutes ces chansons, et les autres, elle les chante avec une élégance et une douceur distante qui évoquent les Young Marble Giants, Connie Converse ou les débuts de Dominique A. Les hymnes couillus du rock, elle en fait des broderies cristallines synth-pop qui semblent vraiment venir d’une civilisation extra-terrestre un peu plus sage et légère que l’humaine. De la pure space-music, belle comme une étoile filante. Depuis la sortie de son album Greatest Hits en 2013, The Space Lady a commencé à jouer dans des vraies salles (dont une première tournée européenne en 2014), et elle a gagné son statut d’artiste culte. Et le miracle, c’est qu’elle est de retour en France ces jours-ci : ce soir 6 juin chez Grnd Zero à Lyon, demain 7 juin à Petit-Bain à Paris, et jeudi 8 juin à la Malterie à Lille.

Les Inrocks - musique

Musique classique à la carte : revivez la saison 2016-2017

“King Arthur”, de Purcell, “Fantasio”, d'Offenbach, “La Calisto”, de Cavalli, “La Fille de neige”, de Rimski-Korsakov… Quelques séances de rattrapage pour les amoureux des arts lyrique et symphonique.

Télérama.fr - Musiques

“La musique n’est pas de la littérature”: Bob Dylan a (enfin) remis son discours de réception du prix Nobel

Bobo Dylan en concert, le 3 juin 2017, à Munich en Allemagne (© Istvan Bajzat / DPA / AFP)

“Quand j’ai reçu le prix Nobel de littérature, je me suis demandé quel était précisément le lien entre mes chansons et la littérature. Je voulais réfléchir et découvrir la connexion.” C’est par ces mots que Bob Dylan démarre son discours de remise du Nobel de littérature. Récompensé en octobre dernier “pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américain de nouveaux modes d’expression poétique”, l’artiste de 75 ans a entendu la dernière minute pour transmettre son discours, nécessaire à l’obtention du prix.

>> A lire aussi : Bob Dylan, just like a Nobel 

Bob Dylan avait six mois à compter de la cérémonie de remise du Nobel pour y procéder. L’auteur et interprète avait réagi par un long silence à l’annonce du résultat du la distinction prestigieuse, et ne s’était exprimé qu’au bout de deux semaines. Il avait alors jusqu’au samedi 3 juin minuit pour déposer son discours et obtenir ainsi la somme de 8 millions de couronnes suédoises (soit 819 000 euros).

Un hommage à Buddy Holly

Le discours, disponible en ligne, est un long monologue de 26 minutes récité comme un poème sur un fond de piano aux accents jazzy où Bob Dylan revient sur tous sont qui l’ont inspiré. Côté musique, l’artiste rend d’abord hommage à Buddy Holly et sa musique folk, “mort à 22 ans quand j’en avais 18”. Pour la littérature, l’auteur-interprète de “Mr Tambourine Man” cite Cervantes, Melville, mais aussi Shakespeare.

A propos du livre d’Erich Maria Remarque, A l’Ouest, rien de nouveau (1929), qu’il qualifie d’“histoire d’épouvante” il explique : “J’ai posé le livre et je l’ai refermé. Je ne voulais plus jamais lire un autre livre de guerre.” Bob Dylan cite ensuite L’Odyssée : “un bon livre, dont les thèmes ont fait chemin dans les balades de beaucoup d’auteurs… ‘Homeward Bound’, ‘Green, Green Grass of Home’, ‘Home on the Range’, et dans mes chansons aussi“. L’artiste poursuit :

“Si une chanson vous émeut, c’est tout ce qui compte. Je n’ai pas besoin de savoir ce qu’une chanson signifie. J’ai écrit toutes sortes de choses dans mes chansons, et je ne vais pas me demander sans arrêt ce que cela signifie.”

“Nos chansons sont vivantes”

Après avoir rappelé comment L’Odyssée a marqué sa vie, Dylan tente de décrire sa propre vision de la musique face à la littérature :

“Nos chansons sont vivantes dans le dernier pan de la vie. La musique n’est pas de la littérature. Les paroles sont faites pour être chantées et non pas lues… Et j’espère que certains d’entre vous auront la chance de lire ces paroles de la manière dont elles ont été pensées pour être écoutées, que ce soit en concert ou en version enregistrées.”

A travers ce discours poétique, cela ne fait pas de doute que Bob Dylan émet des doutes quant à la légitimité de l’artiste auteur-interprète de recevoir ce prix. Pourtant, il a quand même fait la démarche nécessaire pour l’obtenir.

Les Inrocks - musique

“Goodbye Soleil” : Phoenix chante en français dans son nouveau clip

Et de trois ! Après J-Boy et Ti Amo, les quatre français continuent leur périple dans l’italo-disco et dévoilent le clip de Goodbye Soleil, tube idéal pour l’été à venir. Ecoute.

Entre la langue de Shakespeare et celle de Molière, Phoenix a décidé de ne pas choisir, et marie les deux sur ce morceau, faisant du refrain une très jolie surprise. Quant au clip, il est uniquement composé de souvenirs de vacances (ou de tournée ?) filmés façon VHS : simple, mais efficace.

A quelques jours de la sortie de leur sixième album Ti Amo, les français semblent promettent le le disque de l’été. On vous en parle en longueur dès demain dans Les Inrocks.

On a rencontré Phoenix qui sort l'album de l'été, et c'est demain dans les Inrocks ! https://t.co/vfbnxjsReB pic.twitter.com/bQubnXmsCh

— les inrocks (@lesinrocks) June 6, 2017

Les Inrocks - musique

Art Rock : bien plus qu’un festival familial, un rendez-vous alternatif

Le Art Rock 2017 c'était trois jours de musique à Saint-Brieuc en Bretagne. (Crédit photo : Gwendal Le Flem)

En trente-quatre années, le festival breton a bien grandi. Le Art Rock, situé à Saint-Brieuc, a lieu chaque weekend précédent la Pentecôte depuis 1983. Et il ne se résume pas à une simple fête organisée pour animer la ville, trois jours par an.

A première vue, tout porte à croire que l’événement a été monté pour attirer les familles et enfants du coin, venus se détendre et pas s’initier au punk féministe ou découvrir les nouveau talents du rap francophone. D’abord, le cadre peu dépaysant : en plein centre ville, entouré de bars et de magasins, l’accès s’effectue facilement. Mais fermé aux voitures pour l’occasion, Saint-Brieuc prend une forme inédite et excitante. Ensuite, quelques noms sur l’affiche en aurait laisser plus d’un perplexe. Grossière erreur. Et cette 34e édition, la programmation fait la part belle aux groupes et artistes alternatifs pour le plus grand bonheur des mélomanes initiés, ou de passionnés curieux.

A post shared by Lena Hosdez (@speeencyx) on Jun 5, 2017 at 4:27am PDT

Dès vendredi, les festivités débutent en fin d’après-midi. Une multitude de concerts amateurs se préparent dans les bars à proximité pendant que les festivaliers se rameutent à l’entrée du site divisé en deux scènes principales : la Grande Scène et la scène B installée derrière l’église. La troisième salle, la Passerelle (ou Forum), se trouve sur la place de Saint-Brieuc, elle-même occupée par des tentes de l’organisation et des stands de restauration rapide. Au loin, résonnent déjà les morceaux des Naive New Beaters, coqueluches des pré-adolescents venus en masse découvrir notamment le dernier single du groupe Words Hurt. Mais déjà, la programmation fait preuve d’un bon goût étonnant, avec la présence de Jagwar Ma. Les trois Australiens assurent un set irréprochable devant une foule festive et enthousiaste. Le concert se termine à peine que des jeunes se ruent vers la plus petite scène de peur de manquer Roméo Elvis, (bien qu’elle ne se situe qu’à trois minutes montre en main de la grande). Le rappeur belge se montre tellement chaud qu’on hésite à se bouger pour La Femme. Le groupe français vaut le détour malgré tout, et prouve qu’il ne s’adresse pas seulement à un public de niche parisien. Pendant que la voix soul de la chanteuse belge Coely accompagne la nuit naissante, The Kills déboule sur la plus grande des estrades. Le duo garage américain joue de son magnétisme et la magie s’opère sans efforts.

Alison Mosshart de The Kills sur la Grande Scène du Art Rock 2017. (Crédit photo : Gwendal Le Flem)

Une autre jeune rockeuse s’époumone au Forum : la chanteuse de Sløtface, entourée de trois garçons aux instruments. Le groupe féministe norvégien ne se laisse pas démonter par le peu de personnes présentes et conclut un show bruyant, digne du genre qu’il défend. Las Aves remplira un peu plus la salle mais les clubbers dans l’âme préféreront aller danser au son du set de Cassius, dans la nuit qui se refroidit.

Art Rock 2017 / Vendredi

[LAST NIGHT]C'était fou ! Retour en image sur la première soirée d'Art Rock ! We love you so ❤ ❤Merci Spoon Productions #fantasticelements #artrock2017

Posted by Festival Art Rock on Saturday, June 3, 2017

Pluie bretonne et musiques solaires

Les soirées à Saint-Brieuc se font fraîches, et le samedi souffre de la météo capricieuse de Bretagne partir de 21h. Le soleil s’est montré clément deux heures durant au dessus de la Grande Scène sûrement grâce au virtuose guitariste Bombino, originaire du Niger, et de la performance euphorique d’Ibibio Sound Machine, forte de son incroyable chanteuse anglo-nigérienne. Cléa Vincent échappe de peu à la pluie et profite des derniers rayons pour se dévoiler timidement avant de lâcher prise, se nourrissant de la ferveur du public briochin. Paradis, très attendu au sein d’une audience qui ne dépasse les 20 ans d’âge moyen, a l’air plus absent mais l’efficacité des chansons suffit à combler cette baisse de régime. Du duo parisien au musicien français Clément Bazin, la transition est parfaite. Muni de ses Steelpan, il pousse une foule vêtus d’imper humides à se mouvoir au rythme de ses compositions estivales.

Cléa Vincent, tout sourire,
sur la Scène B. (Crédit photo : Gwendal Le Flem)

On oublie Julien Doré et Deluxe pour jeter une oreille au Forum, à l’abri de l’averse. La formation féminine The Big Moon représente la scène indé londonienne actuelle à coups de riffs acérés et de mélodies qui se moquent gentiment de la pop. En attendant l’arrivée de Parcels, qui promet un concert emplit de bonnes ondes, les festivaliers contemplent l’exposition de pochettes d’albums triées par thème dans la salle d’à côté. Les cinq Australiens entrent en scène dans une ambiance club de jazz à la lumière tamisée : les voilà qu’ils agitent le public en tapotant sur un triangle ou une bouteille de bière. Choix cornélien à faire entre la fin du set de Parcels et celui d’Acid Arab, qui nous donne rendez-vous sur la Grande Scène. Finalement, les deux DJs auront quinze minutes de retard, mais l’attente n’aura pas été vaine à en croire les mines épuisées mais ravies des festivaliers. Les plus motivés iront voir les jeunes rockeurs français de Last Train, que l’on connaît bien chez les Inrocks, et qui ne nous ont pas déçus.

Art Rock 2017 – Samedi

[LAST NIGHT]Retour sur la deuxième soirée du Festival Art Rock 2017 ! ❤ Rendez-vous ce soir (tout de suite) pour ABRA, Thomas Azier, The Black Angels, METRONOMY, Archive, KillASon, BALOJI, Agar Agar, NOVA TWINS, shame, NO ZU, +++Et on espère que vous allez mettre le feu !!!!!Merci Spoon Productions#fantasticelements #artrock2017

Posted by Festival Art Rock on Sunday, June 4, 2017

Dimanche. Le calme règne dans les rues de Saint-Brieuc. C’est le dernier moment (et le plus opportun) pour visiter l’exposition Fantastic Elements organisée par le festival dans le musée de la ville. En milieu d’après-midi, la sensation rock français Radio Elvis et le poète Bertrand Belin montent le son à la Passerelle, tandis que les fêtards de la veille émergent tranquillement. Ce dernier soir débute sous un ciel menaçant. La programmation représente à merveille le parti pris du festival pour la scène alternative. Comme Abra, par exemple qui souffre malheureusement d’un public peu nombreux et de basses bien trop fortes. On délaisse la Grande Scène qu’on retrouve plus tard pour des Black Angels, groupe de rock psyché un peu trop sérieux. Sur l’estrade derrière l’église, un ovni du rap français encore méconnu met le feu au public : KillASon. Il accomplit l’exploit de maintenir les spectateurs enthousiastes, totalement seul sur scène. Agar Agar relève aussi le défi et le single Prettiest Virgin suffit à garder l’attention des festivaliers.

La talentueuse Abra, phénomène R&B du festival.
(Crédit photo : Gwendal Le Flem)

Sur la Grande Scène, Metronomy entonne son entêtant Love Letter mais ceux à la recherche de sensations fortes sont aller former un pogo devant Nova Twins suivi des Anglais de Shame. Ces derniers arrosent la foule de bière et le chanteur embrasse un fan dans la fosse à pleine bouche. Dehors, la pluie a cessé tandis que les notes des tubes d’Archive résonne dans le centre-ville encore animé.

Art Rock 2017 – Dimanche

[LAST NIGHT]Hier soir vous avez mis le feu pour la dernière soirée de cette 34e édition et vous étiez magnifiques !! Merci !ABRA, Thomas Azier, The Black Angels, METRONOMY, Archive, KillASon, BALOJI, Agar Agar, NOVA TWINS, shame, NO ZU, +++ Merci Spoon Productions#fantasticelements #artrock2017

Posted by Festival Art Rock on Monday, June 5, 2017

Plus une goutte de pluie n’est à déplorer en ce dimanche qui s’éteint peu à peu. Alors que certains sont partis se coucher depuis quelques heures pour reprendre la vie normale, les derniers festivaliers prolongent le weekend et s’en vont danser à la Passerelle, sur les mélodies funk de No Zu, jusqu’au milieu de la nuit. Demain pourra toujours attendre.

Les Inrocks - musique

Emel Mathlouthi, la voix de la révolution tunisienne privée de concert

Emel Mathlouthi, exilée à New York, ne s'est pas produite en Tunisie depuis cinq ans. La chanteuse pensait faire son retour dans son pays à l'occasion du festival de Carthage, en août. Apprenant que le concert est annulé, elle réagit vivement, dénonçant une censure politique.

Télérama.fr - Musiques

U2 - The Joshua Tree fête ses 30 ans !

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Afin de célébrer son 30ème anniversaire, The Joshua Tree ressort en
édition Super Deluxe.

Produit par Daniel Lanois et Brian Eno, enregistré par Flood, Dave Meegan et
Pat McCarthy et mixé par Steve Lillywhite, Mark Wallis et Mark Kettle, l'album contient certaines des plus grandes chansons du groupe.

Ces nouvelles éditions Deluxe et Super Deluxe en plus de l'album original contiennent un concert au Madison Square Garden de 1987, des remixes,
B-Sides et Outtakes.

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Les 6 formats du THE JOSHUA TREE – 30TH ANNIVERSARY sont aujourd'hui disponible ici.

1. VINYL SUPER DELUXE BOXSET (with digital download card)
LP 1+2 – The Joshua Tree album
LP 3+4 – The Joshua Tree Live at Madison Square Garden 1987
LP 5+6+7– The Joshua Tree Remixes / Outtakes / B-Sides

LP 1+2 – The Joshua Tree album
Where The Streets Have No Name
I Still Haven't Found What I'm Looking For
With Or Without You
Bullet The Blue Sky
Running To Stand Still
Red Hill Mining Town
In God's Country
Trip Through Your Wires
One Tree Hill
Exit
Mothers Of The Disappeared

LP 3+4 – The Joshua Tree Live at Madison Square Garden 1987
Where The Streets Have No Name
I Will Follow
Trip Through Your Wires
I Still Haven't Found What I'm Looking For
MLK
Bullet The Blue Sky
Running To Stand Still
In God's Country
Sunday Bloody Sunday
Exit
October
New Year's Day
Pride (In The Name Of Love)
With Or Without You
Party Girl
I Still Haven't Found What I'm Looking For
"40"

LP 5 – Remixes
One Tree Hill 2017 Remix (St Francis Hotel)
Bullet the Blue Sky 2017 Remix (Jacknife Lee)
Running To Stand Still 2017 Remix (Daniel Lanois)
Red Hill Mining Town 2017 Mix (Steve Lillywhite)
With or Without You 2017 Remix (Daniel Lanois)
Where The Streets Have No Name 2017 Remix (Flood)

LP 6 – Outtakes
I Still Haven't Found What I'm Looking For (Lillywhite Alternative Mix '87)
One Tree Hill Reprise (Brian Eno 2017 Mix)
Silver and Gold (Sun City)
Beautiful Ghost/Introduction To Songs Of Experience
Wave Of Sorrow (Birdland)
Desert Of Our Love
Rise Up
Drunk Chicken/America

LP 7 – B–sides
Luminous Times (Hold On To Love)
Walk To The Water
Spanish Eyes
Deep In The Heart
Silver And Gold
Sweetest Thing
Race Against Time

Book : Photographs by The Edge, a hardback collection of previously unpublished personal photographs from the original Mojave Desert sessions in 1986. Foreword by The Edge.

Plus : Folio of 8 Anton Corbijn Color Prints from 1986

2. CD SUPER DELUXE BOXSET (with digital download card)
CD1 - 2007 Joshua Tree album
CD2 - The Joshua Tree Live at Madison Square Garden 1987
CD3 – The Joshua Tree 2017 Remixes
One Tree Hill 2017 Remix (St Francis Hotel)
Bullet the Blue Sky 2017 Remix (Jacknife Lee)
Running To Stand Still 2017 Remix (Daniel Lanois)
Red Hill Mining Town 2017 Mix (Steve Lillywhite)
With or Without You 2017 Remix (Daniel Lanois)
Where The Streets Have No Name 2017 Remix (Flood)

CD 4 – The Joshua Tree B-sides / Outtakes
Luminous Times (Hold On To Love)
Walk To The Water
Spanish Eyes
Deep In The Heart
Silver And Gold
Sweetest Thing
Race Against Time
I Still Haven't Found What I'm Looking For – Lillywhite Alternative Mix '87
One Tree Hill Reprise (Brian Eno 2017 Mix)
Silver and Gold (Sun City)
Beautiful Ghost/Introduction To Songs Of Experience
Wave Of Sorrow (Birdland)
Desert Of Our Love
Rise Up
Drunk Chicken/America

Book : Photographs by The Edge – collection of never seen before personal photographs from the original Mojave Desert sessions in 1986 in a hardback book, with foreword written by The Edge.

Plus : Folio of 8 Anton Corbijn Color Prints from 1987

3. 2 CD DELUXE
CD 1 – The Joshua Tree album
CD 2 – The Joshua Tree Live at Madison Square Garden 1987
Where The Streets Have No Name
I Will Follow
Trip Through Your Wires
I Still Haven't Found What I'm Looking For
MLK
Bullet The Blue Sky
Running To Stand Still
In God's Country
Sunday Bloody Sunday
Exit
October
New Year's Day
Pride (In The Name Of Love)
With Or Without You
Party Girl
I Still Haven't Found What I'm Looking For
"40"

4. STANDARD VINYL
The Joshua Tree (double heavyweight vinyl)

5. STANDARD CD
The Joshua Tree

6. DIGITAL FORMATS
3 x digital products : Standard, Deluxe and Super Deluxe audio as outlined above.

U2 France

Affaire Clément Méric : non, les skinheads ne sont pas tous néonazis

Un jeune Sharp se rase le crâne © Alexandra Czmil

“Ce fut la dernière (et si mal comprise) des subcultures d’après-guerre. Mais aussi la première à véritablement influencer le son de la black music anglaise.” Bretelles, bottes lacées, football : le film publicitaire Dr Martens de 2014 rend hommage au Spirit of 69, l’esprit 69, âge d’or des premiers skinheads.


En France, le mot revient chaque 5 mai, depuis qu’en 2013 un jeune antifa est mort sous leurs coups. L’affaire Clément Méric flanque un coup de projecteur sur les boneheads et leur violence. Des “cranes rasés”, qui exhalent pour le grand public un parfum de xénophobie et de svastikas dont la presse se fait le relais assidu. Les mentions “membre de l’ultra-droite radicale” “identitaires“, “ayant fait un salut hitlérien” parsèment les pages de la presse régionale, accolées au nom “skinhead“. Chaque rebondissement juridique de l’affaire est l’occasion de dénoncer cette subculture. Et de la scène  apolitique et anti-raciste, moins médiatique, nulle mention.

La photographe Alexandra Czmil l’explore pourtant depuis des années, non sans difficultés. “Lorsque j’ai passé mon diplôme, ma série de portraits a posé problème au jury.” Alors qu’elle ne capture que les skinheads traditionnels ou “trojans” fans de style et de musique, la question de l’extrême droite lui est posée lors de l’oral. “J’ai vite compris que ce travail serait toujours sur le fil du rasoir et qu’il faudrait toujours se justifier. La culture skinhead est un sujet assez peu développé en France et finalement encore assez tabou.”

Une subculture métissée

Dans les années 60, quand de jeunes prolétaires anglais commencent à se tondre les cheveux, l’heure est à la mixité. Fans de ska et de reggae, ces adolescents se forgent un style à part. Ils cultivent le “dressing smart”, apposant aux codes de la classe ouvrière blanche ceux des rude boys jamaïcains.

Pour le sociologue Gildas Lescop, l’originalité du mouvement se trouve dans ses “emprunts manifestes et revendiqués aux formes culturelles noires des antillais immigrés : musique, habillement, comportement, et même argot”. Ces skinheads de la première heure revendiquent une identité de classe, “pratique” plutôt qu’”idéologique”, à rebours des mods et hippies embourgeoisés. “Les jeunes Blancs et les jeunes Noirs n’ont jamais été aussi unis que pendant l’ère skinhead”, se rappelle Carl Gayle, chroniqueur au magazine Black Music.

À l’origine, les skinheads s’inspiraient des codes et du look des Jamaïcains © Capture d’écran Youtube

En plein essor, le mouvement n’est pas dénué de violence. Dans la rue, dans les stades, les skinheads se font hooligans et sont couronnés “champions de l’atteinte à l’ordre public” par les tabloïds britanniques. “A cette époque, toutes les subcultures véhiculaient une forme d’affirmation d’une certaine identité. Tous cherchaient l’affrontement avec les bandes rivales”, tempère Daniel Schweizer, réalisateur du documentaire Skinhead Attitude. “Mais cela n’a rien à voir avec la violence et la haine qui ont ensuite essaimé dans certains groupes.”

Punks et boneheads

1977. Les punks prennent d’assaut les rues de Londres, et réveillent un mouvement skinhead anémié. Une seconde génération apparaît, adepte du “prêt à provoquer” vestimentaire. Les rythmes jamaïcains laissent place aux sonorités plus rapides et agressives du punk et de la oi! (contraction de Hey you!). Sur les blousons et les tatouages, la croix gammée réapparaît, reine des emblèmes de la provoc’.

C’est à ce moment, observe Daniel Schweizer, que s’opère le “basculement d’une partie des skins dans l’extrémisme de droite”. Un schisme dépeint par Shane Meadows dans le film This is England. Surfant sur la crise économique de la fin des années 1970, le National Front drague la jeunesse ouvrière en quête de rébellion. La perspective du chômage et la politique économique de Margaret Thatcher ouvrent la voie à un patriotisme raciste.

Sorti en 2006, le film This is England retrace le parcours de jeunes skinheads anglais en 1983 © Iolanda Ogando / Flickr / Recadrée

Skrewdriver est le porte-étendard de l’ultranationalisme. Son chanteur, Ian Stuart Donaldson, l’icône des skins extrémistes. Pour Gildas Lescop, “les jeunes tentés par le nazisme adoptent le look skinhead, reniant les racines métissées de ce mouvement”.

Les adolescents en bombers posent en faisant des sieg heil, sous l’œil avide des journalistes, relais de cette culture discordante auprès du grand public. “Le naziskin parvient à s’imposer, parce qu’il fait vendre plus de papier que le skinhead antiraciste ou non-raciste”, constate le sociologue.

Sharps et crypto-fascisme

En réaction, la mouvance antiraciste s’organise. Daniel Schweizer y voit “la nécessité, pour les tradskins ou “trojans” de faire quelque chose contre le phagocytage de leur culture par les mouvements néonazis”. Première et seconde générations se réconcilient autour de la célébration de “l’esprit de 69” et des valeurs d’origine. Les Sharp (Skinheads against racial prejudice) se fédèrent aux Etats-Unis, les concerts de Rock against racism se multiplient. De chaque côté de l’échiquier politique, l’affirmation de la culture skin est un vecteur de légitimité. Authenticité, longévité et classe ouvrière contre visibilité médiatique et violence.

Oi! et Ska : la musique skinhead tatouée sur les bras © Alexandra Czmil

“Un ‘traditionnel’ vous dira toujours qu’un skin d’extrême droite n’est pas un skinhead, mais un bonehead, un crâne rasé”, s’amuse Daniel Schweizer, qui qualifie les deux tendances de “frères ennemis“. Aujourd’hui, celle d’extrême droite adopte un look plus discret. “Les codes du skinhead ne font plus peur, assure le réalisateur. Les extrémistes ont un certain nombre de symboles qu’ils portent à la boucle du ceinturon, pour se reconnaître.” Runes, nombres 18 et 88, croix celtiques… Les indices – légaux – d’un “crypto-fascisme” permettent aux ultras de se reconnaître.

En octobre 2016, 5 000 d’entre eux se rassemblent lors d’un concert en Suisse. Il viennent du monde entier. L’épisode est largement documenté dans les médias, mais “en réalité, le milieu se meurt“, précise la Tribune de Genève. L’affaire Clément Méric porte également l’attention sur les groupuscules d’extrême droite : Troisième Voie et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires sont dissoutes dans les mois suivants.

Revival ou chant du cygne ?

Loin des caméras, “rouges” et apolitiques se rassemblent chaque année à Brighton pour The Great Skinhead Reunion. Ils se voient réintégrés à la pop culture à coups de pubs Dr Martens et Fred Perry, ou par des clips. Beyoncé elle-même s’est entourée de quelques Sharp  parisiens pour illustrer sa chanson Flawless.

“Depuis une dizaine d’années, observe Alexandra Czmil, il y a un regain d’intérêt et une diffusion plus large de l’histoire du mouvement, des codes vestimentaires et des différents styles musicaux qui animent cette scène.”

Moins enthousiaste, Daniel Schweizer voit dans l’époque la “queue de comète” d’une subculture qui a eu son heure de gloire. Pour autant, il n’exclut pas un possible revival, encouragé par les marques, livres et documentaires qui réhabilitent la facette initiale de cette culture, souvent oubliée.

Les Inrocks - musique

Arcade Fire était à Lyon, et c’était magique: on vous raconte

Arcade Fire à New York, le 22 juillet 2016. Theo Wargo / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Deux jours seulement après son triomphe au festival Primavera de Barcelone, Arcade Fire a donc pris la direction de Lyon et de son théâtre antique romain, adossé à la colline de Fourvière. Propulsés en ouverture, les élégants Barbagallo peinent à contenir les trépignements d’une foule surexcitée à l’idée de recevoir la première performance française des Montréalais. Il faut dire que le premier single du cinquième album du groupe n’arrange pas les choses. En quelques jours à peine, Everything Now, campé sur un sample du génial Francis Bebey, a gentiment pris d’assaut les oreilles du monde. Encore mieux, la rumeur qui traînait depuis des semaines chez les plus avertis est subitement devenue une information : Thomas Bangalter de Daft Punk a mis son nez dans le moteur sur plusieurs titres de ce nouveau disque d’Arcade Fire, annoncé pour le 28 juillet.

On comprend alors mieux le semi collapse qui saisit la foule lyonnaise lorsqu’un gigantesque NOW apparait dans le noir, sur l’écran lumineux posé en fond de scène. Seul membre du groupe à avoir fait son entrée, le batteur Jeremi Gara est debout derrière son instrument. Dans cette semi obscurité, le reste de la troupe suit progressivement : Will Butler, Richard Parry, Tim Kingsbury, Sarah Neufeld, et enfin Win Butler et Régine Chassagne, qui déboulent en pleine clameur. Les lights explosent au moment où la clique envoie les premières mesures de Wake Up, traditionnel morceau d’ouverture qui rend déjà dingue les spectateurs. Et que dire quand la bande lancée comme une boule de feu enchaîne avec un Everything Now qui plonge le théâtre antique de Lyon dans une euphorie des plus totales.

On le sait, les concert d’Arcade Fire font gagner quelques années d’espérance de vie, et les Lyonnais massés devant la scène ont l’intention de profiter de l’aubaine. Déjà assimilé, le nouveau single fait partie de la famille, et se marie à merveille avecHaïti, toujours tenu à bout de bras par une Régine Chassagne qui prend son tour de chant. L’enchaînement est parfait avec Here Comes The Night Time, qui lui ouvre une porte royale à l’éternel No Cars Go (ce titre qui vous donne toujours autant envie d’envahir la Pologne). Les quelques malins qui s’étaient imprimés la set list de Primavera sur leur multifunction prennent alors un petit coup au tibia. “Et là ils font In The Back Seat tu vas voir”. Et en fait non mec, c’est le très springsteenien Windowsill qui prend le pouvoir, suivi par un Neon Bible que Régine Chassagne ponctue d’une performance de fée, tournant postée derrière le groupe les pages d’un livre lumineux qui reprend la pochette de leur second album. Puis c’est The Suburbs – traversé par les images de Spike Jonze – et une version du rare et sublime Suburban War qui assurent la transition vers une seconde partie de concert qui sera tout simplement folle les jeunes.

Car retentit alors un Ready To Start joué à l’os qui offre une sorte de nouvelle vie à la soirée. Pas question de s’installer : l’effectif tourne et se déchaîne, Sarah Neufeld délaisse son violent pour les claviers. Régine Chassagne est à la batterie. Will Butler danse de toutes ses forces autour de ses claviers sur la gauche de la scène. L’effort collectif, cette jolie valeur en voie de disparition, est au coeur de la machine Arcade Fire, qui déroule un Sprawl II tout simplement magique pour lequel Régine s’enroule dans une guirlande de Noël – fournie semble-t-il par le public.

L’envolée triophale va plus loin avec Reflektor, le grandiose Afterlife qui se danse les larmes aux yeux et qui donnerait presque envie de se faire larguer pour en profiter un peu plus, et, enfin, un We Exist de très haute tenue qui laisse Fourvière sur le flanc (de colline donc). Il faut pourtant se relever vite car les Montréalais enchaînent sur Creature Comfort, autre extrait de leur cinquième et nouvel album à venir, où New Order semble avoir pactisé avec les Clash et Nine Inch Nails, rien que ça. Le titre est époustouflant de modernité, et les regards se croisent dans la foule comme pour dire, “c’est bon ça on a hâte d’écouter la suite papa”. Arrivent alors les ultra-classiques Neigborhood #3 et Rebellion, qui galvanisent une dernière fois les plus bourgeois des Lyonnais (on aurait vu danser un type d’Ainay), avant que les Montréalais volants ne tirent leur révérence sur In The Back Seat, donc, qui fera finalement son apparition en queue de cortège, porté par une Régine Chassagne toujours aussi émouvante.

Arcade Fire est en conquête et toutes celles et ceux qui se sont procuré des billets pour les Eurockéennes ou les Vieilles Charrues (où ils se produiront cet été) peuvent se féliciter : vous êtes dans le vrai mes enfants.

Les Inrocks - musique

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