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5 juin 2017

On y était : hanté par Oasis, le retour de Liam Gallagher

Le retour de Liam Gallagher à l'Electric Brixton, Londres, le 1er juin 2017. (Crédit photo: Marilyn Kingwill)

La foule se serre à l’extérieur de l’Electric Brixton, salle iconique située dans le sud de Londres, au coeur d’un quartier gentrifié. Les portes n’ouvrent que dans une heure et pourtant, une centaine de personnes s’impatientent de découvrir Liam Gallagher en solo sur scène. Même un célèbre ancien Docteur, héros de la série anglaise Doctor Who, s’est déplacé pour l’occasion, caché sous sa casquette et des lunettes noires dans la queue des VIP.

Effacé de l’industrie depuis la dissolution de son groupe post-Oasis, Beady Eye, le cadet de la fratrie Gallagher a annoncé son retour en fanfares, en mars dernier. Deux jours après son passage dans sa ville natale, le 30 mai dernier, lors d’un concert de charité organisé en hommage aux victimes de l’attentat de Manchester, il s’autorise à célébrer l’arrivée de son prochain album As You Were, dont il présente plusieurs singles, ce soir. La totalité des billets s’est écoulée très rapidement et à quelques heures du début du concert, plusieurs fans désespérés errent sur le trottoir et apostrophent au hasard, en quête d’un ticket à revendre ou d’une invitation libérée à la dernière minute.

H-1 avant Liam Gallagher à Londres : pic.twitter.com/WQEzAoLq3R

— Juliette Gee (@juliettegeenens) June 1, 2017

Dans la salle, l’excitation se ressent, les sourires se dessinent sur tous les visages et l’air est imprégné d’odeur de bières et sueur. Les dramatiques événements survenus à Manchester le 22 mai 2017 ne semble pas occuper les esprits, ou alors, imperceptiblement. Avant même qu’il n’apparaisse sous les lumières de la salle qui rappelle celle de La Cigale à Paris, son prénom est scandé de partout.

Retour doux-amer du fils prodigue

Trois années après la fin de Beady Eye, Liam Gallagher est acclamé comme un fils prodigue. La démarche nonchalante et l’air bougon comme toujours, le personnage n’a pas pris une ride mais détonne avec l’attitude professionnelle des musiciens qui l’entourent. Le bonhomme se revendique comme un artiste solo désormais, mais ne parvient pas à renier son passé. Il l’affirme d’ailleurs lui même en interview au micro de Radio X, le 1er juin : “Je préfèrerais être dans Oasis que de jouer en solo”.

Liam Gallagher à l’Electric Brixton. (Crédit photo : Marilyn Kingwill)

Ce soir, il sait pertinemment ce que son public est venu écouter. Rock’n’roll Star marque une entrée fracassante, suivi du classique Morning Glory et plus tard, Slide Way ou encore Be Here Now. Chacune de ces chansons, toutes composées par son frère Noel à l’époque d’Oasis, sont reprises en choeur avec force et chaleur. A le voir au milieu de la scène, dans sa posture caractéristique, le menton levé et les mains derrière le dos, on se croirait revenu vingt ans plus tôt. Quant à ses morceaux issus de son disque solo, ils n’engagent pas autant de ferveur mais restent écoutés attentivement. Parmi eux, Greedy Soul, pâle copie de Supersonic, la ballade un peu morne Paper Crown ou Universal Gream qui ressemble ironiquement à un remake de Tender de Blur. Le single Wall Of Glass sorti le 31 mai dernier, simple et facile, se voit par très bien reçuLe public se soumet docilement (et avec joie !) à ces chansons qu’il ne connaît pas et qui semblent l’intéresser à moitié. En échange, il attend qu’on le contente des titres cultes d’Oasis. Certains espèrent se souvenir d’une époque qu’ils ont vécu, le temps de quelques minutes. Les autres essayent de saisir ce qu’ils n’ont jamais connu à travers le comeback de Liam Gallagher, dont le charisme souffre tristement de l’absence de son frère.

paper crown⚡️#liamgallagher

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Rock’n’roll star d’un soir

Le chanteur mancunien est bien placé pour comprendre l’engouement que suscite chacune des premières notes des tubes d’Oasis et il n’en veut pas à son audience. Peu bavard, il a l’air encore secoué par la terrible attaque meurtrière au concert d’Ariana Grande à l’Arena Manchester, sans savoir que la tragédie se répètera dans la capitale anglaise, quelques jours plus tard. Le voilà qu’il clôt le show avec un choix peu anodin : Live Forever en a capella, une ode à la jeunesse et à la vie qui établit une connexion saisissante avec le public. Une connexion qui s’opère non pas avec ses propres compositions mais avec le fantôme d’Oasis, une fois encore.

“Soyez prudents et prenez soin de vous”, clame-t-il avant de quitter l’estrade. Les coeurs sont gonflés d’émotions et de nostalgie. Encore chéri du public anglais, Liam Gallagher est resté le sale gosse d’Oasis, rêvant aujourd’hui de son passé de rock star bien vivant dans les mémoires. Ce retour serait-il des signaux adressés à son frère dans l’espoir de remonter sur scène aux côtés de son frère et sous le nom d’Oasis ? Si c’est le cas, pas sûr que Noel n’y réponde un jour, n’en déplaise aux fans les plus fervents.

Les Inrocks - Musique

Arcade Fire au sommet de l’Europe : récit de notre dernier jour à Primavera

(c) Sergio Albert, pour Primavera

Pour une fois, un soir de finale de Ligue des Champions, le coeur de Barcelone ne battait pas pour le football. A part chez une poignée d’irréductibles rassemblés devant un écran géant improvisé, les conversations tournaient davantage autour de l’imminence du concert d’Arcade Fire que de la victoire du Real Madrid. Plus d’une heure avant le coup d’envoi du show des Canadiens, le public s’entassaient déjà contre les crash barrières de la scène Mango. Everything Now, le dernier single du groupe, commence comme ça : “Every inch of sky’s got a star / chaque centimètre du ciel possède une étoile” ; samedi soir, les étoiles dans le ciel de la Catalogne ne brillaient que pour Arcade Fire.

La claque du festival

Sur les coups de minuit, l’intro de Everything Now retentit, tandis que les écrans situés de part et d’autre de la plus grande scène du festival diffusent des images statiques du clip. Le gang de Régine Chassagne et Win Butler déboule alors en combi de voyageur du temps et teddy flanqué du logo EN entouré par un globe terrestre, avant d’envoyer Wake Up et de provoquer un raz de marée sur le Parc du Forum. Débarrassé des jeux de miroirs et autres délires carnavalesques de la dernière tournée, Arcade Fire impose désormais une esthétique rétro-futuriste plus fun, à l’image des effets sonores  vintage des synthétiseurs Korg de William Butler. Ils ponctueront chaque interlude et chaque digression sonore, donnant  insidieusement au show des allures de voyage à bord de l’Entreprise, époque Leonard Nimoy.

Everything Now viendra très vite. Chanté en choeur par la foule, le titre s’inscrit dans la grande tradition de ces morceaux que l’on critique, mais dont les paroles seront systématiquement reprises par le public à chaque concert du groupe. Dévoilé deux jours plus tôt sur une scène planquée sur le site du festival, Creature Comfort devrait également être l’un des moments forts de l’album. Mi-parlée, mi-chantée, la chanson est lâchée en fin de set. Les paroles sont acerbes “God, make me famous if you can’t me it painless / Dieu, fais au moins de moi quelqu’un de célèbre, si tu peux pas rendre les choses moins douloureuses”, mais scandées à la manière d’un crieur public, elles deviennent cathartiques.

Quelques classiques retrouvent aussi leur place dans une setlist qui ne fait que monter en puissance, comme Neon Bible. Sur In the Backseat, Régine est sur le point de lâcher une larme, que l’intro de Ready to Start se charge de réfréner. Le très Funeral enchaînement, Neighborhood #3 (Power Out) et Rebellion (Lies) viendra clôturer un concert particulièrement beau… Win Butler se permettra même de rajouter une couche au sublime, en jouant en rappel le très introspectif Windowsill.

Pond en Marlon

Ce n’est pas parce qu’on a bien terminé la soirée, que la journée avait mal commencé. En début d’après-midi, Pond a balancé 30 000 mégatonnes de psychédélisme futuriste sur Barcelone, tandis que, après la prestation flamboyante de The Make-Up la veille, Royal Trux est venu enfoncer le clou. Histoire sans doute de rappeler que Washington D.C. n’abrite pas seulement un idiot à la Maison Blanche, mais également une scène musicale toujours aussi radicale. On s’attarde devant Angel Olsen, le temps de constater que Not Gonna Kill You est définitivement un grand morceau, puis on file du côté de l’Auditori Rockdeux, où Alex Cameron fait son récital.

On n’aurait, bien entendu, pas manqué Preoccupation, qui jouait bien après Arcade Fire, sur la scène Pitchfork, à une heure déjà bien avancée de la nuit. On n’y trouve que des fans, venus prendre pleine face le riff de Continental Shelf et la violence de Stimulation. L’ambiance est moite, alcoolisée et post-apocalyptique.

On peut rentrer se coucher.

F.M.

Autant vous prévenir, on s’est totalement plantés hier en disant que le samedi serait placé sous le signe du rock indé. Ce sera plutôt la soirée des artistes solos, mais la chose a finalement peu d’importance. Nous y voilà donc : dernière soirée sur le sol barcelonais, avant de troquer l’odeur des toilettes du festival contre celle des couloirs du métro. Le temps s’est certes un peu couvert, mais les tenues des garçons et des filles ne se sont pas allongées d’un centimètre de tissu ; et tous paraissent bien décidés à en découdre et à profiter de ce samedi soir.

Tel Aviv à l’honneur

Chose qui se vérifie très vite, aux abords d’une scène située un peu à l’écart des autres. Là-bas, une petite assemblée attend Noga Erez qui arrive dans ce qui semble être un peignoir de boxe. Accompagnée de deux musiciens, la jeune femme balance sans discontinuer des titres tirés de son premier album, Off The Radar, et ne cesse d’effectuer des danses ultra-communicatives. On ne vous en dit pas plus de peur de vous gâcher la surprise, puisqu’elle jouera aux Bains le 15 juin pour les Inrocks. Sachez simplement que des morceaux comme Toy ou Pity sont incontestablement taillés pour les lives, et que l’Israélienne a une présence scénique qui est difficilement comparable.

Après un tour du coté de la chouette prestation d’Angel Olsen, on se retrouve sur la même étendue d’herbe sèche qu’auparavant. Comme Noga Erez, Autarkic vient de Tel Aviv, et sa prestation est une claque intégrale. Débutant avec une petite vingtaine de personnes devant lui, l’homme en noir finit devant une foule aussi survoltée qu’un raver sous MDMA. Cascade de basses orientales, synthés analogico-hypnotiques, voix noyée dans l’écho : la formule magique prend tout de suite, et la seule chose que l’on pourrait regretter serait finalement la durée de son set, trop court. Malgré tout, l’Israélien se place comme un très gros espoir, et on ne peut que vous conseiller l’écoute de ses titres et remixes.

Un nouvel album de King Krule ?

Le temps d’une micro-pizza rapidement engloutie, et Kelly Lee Owens entre seule sur scène. La jeune femme effectue un show intéressant, mais il ne faut malheureusement pas s’attarder : un peu plus loin, King Krule s’apprête à jouer. Difficile d’être objectif, avec le jeune Britannique. Il y a quatre ans (déjà), ce dernier nous avait offert un véritable bijou avec son premier album, et sa venue était donc ultra attendue ; tant par nous-même que par le public. La nuit tombée, le voilà donc qui arrive avec son groupe, trainant un peu des pieds et vêtu, comme à son habitude, d’une veste beaucoup trop grande pour lui. Pendant une heure, il passera en revue les morceaux de Six Feet Beneath The Moon, et nous offrira plusieurs inédits, dont The Locomotive et Dumb Surfer. Annonciateurs d’un album ? Au vu de la qualité des morceaux et de l’apport du saxo sur ses compos, on ne peut que croiser les doigts. Grâce à la captation de Pitchfork, vous pouvez en tout cas retrouver ces nouveaux morceaux ci-dessous :

Il se fait tard, le froid tombe sur Barcelone et les nouvelles de Londres commencent à arriver. La soirée touche donc à sa fin, mais on ira quand même écouter Skepta, histoire de rendre un dernier hommage aux gouttes de sueur égarées sur le sol de Primavera. Repris en choeur par tous les kids du festival, le rappeur balance un show rageur et maitrisé, avant que les soeurs Haim ne finissent par être annoncées comme la surprise du jour.

Curiosité et conscience professionnelle oblige, on passera à leur concert et en ressortirons avec une conviction : cette édition de Primavera aurait sans doute mérité un meilleur point final. Une foule massive se trémousse néanmoins, et scande les paroles de morceaux tels que le très récent Want You Back. Peut-être qu’on a manqué quelque chose dans la musique des jeunes Californiennes. Peut-être pas, et puis peu importe : après tout, chacun son truc.

X.R.

Les Inrocks - Musique

U2, 4 juin 2017, Soldier Field Stadium, Chicago, Illinois (2nd soir)

Première partie : The Lumineers

Setlist

1 - Sunday Bloody Sunday
2 - New Year's Day
3 - A Sort Of Homecoming / America (snippet)
4 - Pride (In The Name Of Love)
5 - Where The Streets Have No Name / California (There Is No End To Love) (snippet)
6 - I Still Haven't Found What I'm Looking For
7 - With Or Without You
8 - Bullet The Blue Sky / America (West Side Story) (snippet)
9 - Running To Stand Still
10 - Red Hill Mining Town
11 - In God's Country
12 - Trip Through Your Wires
13 - One Tree Hill
14 - Exit / Wise Blood (snippet) / Eeny Meeny Miny Moe (snippet)
15 - Mothers Of The Disappeared

Rappel(s) :
16 - Miss Sarajevo / The New Colossus (snippet)
17 - Ultra Violet (Light My Way)
18 - One
19 - Beautiful Day / Tonight, Tonight (snippet)
20 - Elevation
21 - Three Little Birds (snippet) / The Little Things That Give You Away

Source des commentaires U2Gigs

U2 France